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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 10:49

 

 

Résumé :

Le rapport franco-allemand de Messieurs Pisani-Ferry et Enderlein concernant la convergence des deux pays ne permet hélas pas de dépasser le langage caoutchouteux de la technocratie. [1] Comprendre les problèmes et les solutions qu’il serait possible d’y apporter passe par l’analyse de la dimension culturelle des deux peuples. Une dimension qui a présidé à des choix institutionnels concrets concernant l’approche de la  monnaie et l’architecture des banques centrales. Comme d’habitude les rapports sur la convergence sont superficiels, inutiles, voire nuisibles. 

Le présent texte tente de décrypter les racines culturelles et les conceptions de la liberté chez les deux peuples. Des racines qui permettent de comprendre l’utopie de toute construction fédérale qui serait de fait une inacceptable violence. La lecture de ce texte -moins facile qu’un  article de presse-  suppose d’y consacrer un peu de temps.

 

Le choix du modèle allemand de banque centrale qui s’est partout imposé à la fin du siècle dernier, fut facilité par la commune croyance en un nécessaire devoir de lutte contre l’inflation. Cette dernière très importante dans les années 70 était attribuée aux largesses de la politique monétaire que – selon la théologie monétariste de l’époque -  les Etats pratiquaient sans modération. De ce point de vue, le dessaisissement radical de la gestion monétaire au profit d’une banque centrale indépendante, organisme simplement soumis au maintien de la valeur de la monnaie, est apparu comme modèle à suivre.

Aujourd’hui, les difficultés d’une mondialisation intimement liée aux causes profondes de la crise en termes réels[2], questionnent le bel unanimisme. Mais surtout, la guerre des monnaies qui semble s’amplifier, passe par l’examen  des racines  culturelles nationales, paramètre  oublié au moment du grand basculement vers l’indépendance.

 

Racines culturelles oubliées dans la mondialisation

 

Les racines culturelles mises à l’écart des raisonnements économiques concernent au moins trois grandes conceptions de la liberté : l’anglo-saxonne, la française et, peut- être plus intermédiaire, la conception allemande.

Les deux premières sont assez tranchées et très radicalement opposées.

L’anglo-saxonne fait de la liberté une dépendance de la propriété qui, selon la loi naturelle de Locke, est elle-même un bouclier au regard des agissements d’autrui. Je ne suis libre que si je dispose de droits de propriété eux-mêmes négociables sans restriction sur un marché. On comprend par conséquent que l’idée de société n’est pas centrale, cette dernière   s’analysant  d’abord  sous la forme d’une somme d’individus dont il faut simplement protéger les droits de propriété. Cela signifie la centralité d’un marché où l’interaction sociale génère des situations concrètes -des résultats économiques- censées justes  si les règles de la justice procédurale au sens de Nozick sont respectées[3]. Clairement, cela signifie qu’un Etat  ne saurait intervenir dans l’interaction sociale au nom d’un intérêt général, intérêt qui ne peut exister que sous la forme d’une  croyance ou « production idéologique » d’importance secondaire. De fait, pour un anglo-saxon, l’intérêt général se ramène à la liberté qui elle-même autorise le « rêve américain ».

 

La conception française est fort différente et la liberté ne passe pas par le bouclier de la propriété,  laquelle ne jouit pas d’une importance première. Perte de prééminence, qui a pour corollaire, une place assez secondaire réservée à un marché devenu souvent objet de méfiance. Ce qui compte est bien davantage la position jugée honorable de chacun dans la société, laquelle est sans doute faite d’individus, mais des individus qui se regardent et observent, avec  attention toute particulière, leur position relative sur l’ensemble de l’échiquier social[4]. Cette caractéristique va jusqu’à s’inscrire dans l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen laquelle précise que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Dans la conception française, la « justice résultat »[5] au sens de Nozick compte beaucoup et correspond à l’idée d’un intérêt général. En revanche, la justice procédurale est assez secondaire et correspond aux conséquences d’une position non centrale accordée à la propriété.

 

La conception allemande est, de fait, une position intermédiaire, assez complexe,  qui tente un dépassement  des deux premières. C’est, précisément, ce dépassement théorisé à partir de Kant et plus tard par les théoriciens de l’ordo libéralisme ( W. Eucken, W. Röpke , F. Böhm, etc.)[6] qui fera de la liberté une réalité qui ne peut s’épanouir que dans une certaine soumission à la société, soumission valorisée sur la base d’une égale participation aux décisions communes. Il y a du holisme dans la tradition allemande, un holisme qui lui-même provient d’un romantisme construit sur le rejet de la Révolution française. Mais le holisme est contrebalancé par une méfiance au regard d’un Etat que l’histoire condamne non pas en tant qu’Etat fort, mais en tant qu’Etat incapable d’assurer la commune liberté. Bizarrement, l’Etat doit être fort pour assurer sa mission de neutralité et de construction d’un intérêt général.

  La liberté allemande passe par la propriété, davantage que dans la loi française et moins que dans la loi américaine. Elle passe aussi par le respect des droits individuels moins que dans la société américaine et davantage que dans la société française. Tout cela conduit à un ordre du marché, peut-être moins échevelé que l’américain mais sans doute plus libéral que l’ordre du marché français.

 

 Liberté allemande  et paradigme monétaire  hégémonique

 

Il se trouve que cette représentation du monde fut aussi théorisée pour justifier l’ordre économique et monétaire en Allemagne, et justification non exempte d’ambiguïtés, qui aboutira à la conception allemande de la banque centrale.[7]

L’ordo-libéralisme allemand, sous-produit d’une histoire pluri-séculaire, n’est  pas facilement compréhensible. Son point de départ est à priori proche de celui des libéraux qui considèrent que l’interaction sociale se doit d’être le fait d’individus responsables de leurs choix. Pour autant, proches de « l’ordre spontané » Hayekien[8], les auteurs de l’école de Fribourg considèrent que le marché génère aussi des situations de monopole et des rentes incompatibles avec un intérêt général.

Il existe donc un intérêt général qui, toutefois, n’est pas « l’optimum » que l’on rencontre dans la théorie néoclassique, laquelle ouvre la voie à la présence d’un Etat parfois chargé d’y conduire. A l’inverse, l’Etat pouvant lui-même introduire des inégalités, les théoriciens préfèrent parler d’une Constitution de l’économie, c’est-à-dire un ensemble de règles analogues à celle des Constitutions  politiques, règles qui s’imposeront à l’Etat comme s’impose à lui la norme juridique la plus élevée.

Les habitués de ce blog comprendront mal l’émergence de règles encadrant aussi bien les choix individuels que les choix politiques et règles censées générer un intérêt général qui ne fait pas l’objet d’une définition précise[9]. Par contre, il importe de voir que la Constitution de l’économie intègre une composante monétaire dont la réalité est de créer un ordre qui - là aussi- dépasse et encadre les choix individuels et politiques.

Bien évidemment, la vision de la monnaie ne peut qu’être normative et les théoriciens de l’ordo-libéralisme  ne cherchent pas à produire une définition de la monnaie issue de son mouvement historique propre (monnaie comme objet politique central selon le blog[10]). Par contre, la monnaie issue d’un projet complètement normatif, devra être sanctuarisée et ne pourra faire l’objet d’aucune manipulation privée ou publique. Sans doute est-elle juridiquement définie, donc définie par l’Etat, mais elle est indépendante des pouvoirs politiques, comme l’ensemble du corpus juridique qui, constitutionnellement, s’impose à l’Etat lui-même. De la même façon que l’Etat est le serviteur des règles juridiques qu’il impose et à ce titre se doit de respecter l’indépendance de la justice, il doit aussi respecter la monnaie dont il assure la définition et le cadre de fonctionnement, en s’interdisant de l’utiliser à son profit sous la forme d’un crédit. Nous retrouvons ici la subtilité allemande  d’Etat suffisamment fort pour ne pas tomber dans les facilités.

Si donc, la sanctuarisation passe par une banque centrale chargée de contrôler la création monétaire classique par des banques insérées dans le marché du crédit, l’Etat ne saurait lui-même être « consommateur » de sa propre monnaie sous la forme d’un emprunt auprès de la banque centrale. Etat et banque centrale ne peuvent que vivre séparément, ce qui va conférer à la dite banque une indépendance, avec toutefois comme objectif constitutionnel de bien respecter la sanctuarisation : la monnaie doit être l’instrument de la stabilité des valeurs et donc la banque centrale aura pour objectif « Constitutionnel » de lutter contre toute dérive inflationniste.

Cet aboutissement de la pensée ordo libérale n’est pas exempt d’ambiguïtés et d’imprécisions, et rien ne vient démontrer que « l’économie sociale de marché » qui va concrètement en résulter, est l’outil interdisant l’apparition de rentes que la théorie, encore une fois très normative, voulait combattre. Ainsi la stabilité monétaire est sans doute favorable à l’émergence d’une classe de rentiers dont les intérêts entrent en contradiction avec les groupes exportateurs, voire les salariés. Et c’est bien la rente financière qui va devoir être intégrée dans la gestion planétaire de la grande crise. La répression financière imposée à l’Etat - interdiction d’une rente monétaire pour ce dernier - peut devenir liberté d’épanouissement pour les rentiers privés.

 

Gestion de la grande crise et retour des approches contraires de la liberté

 

La fin du siècle dernier, qui voit le grand mouvement d’indépendance des banques centrales, correspond de fait à la victoire du paradigme culturel allemand, paradigme qui ne correspond pas exactement, ni au paradigme anglo-saxon ni au paradigme français. Et la gestion de la présente grande crise a pour effet très visible de faire réapparaitre, au-delà de la fiction d’une norme devenue mondiale, les différences culturelles concernant la façon de concevoir la liberté.

C’est le monétarisme américain[11] qui a aidé l’ordo- libéralisme allemand à dessiner les contours des banques centrales du monde à la fin du siècle dernier. Et, à l’époque, la grande peur de l’inflation a engendré le même bouc émissaire à savoir les Etats. Dans ce grand mouvement, les différences culturelles fondamentales furent oubliées. La grande crise les fait réapparaitre et cette fois probablement au détriment de l’Allemagne qui devra choisir entre la fin de son ordo- libéralisme et sa sortie de la zone euro.

Les banques centrales anglo-saxonnes, au beau milieu de la grande crise, ne sont pas soumises à la normativité ordo- libérale. Liberté, propriété et marché ne connaissent pas de limite venant les surplomber. Que le marché dans son fonctionnement débouche sur des situations de monopole et de rente ne gêne que si des droits fondamentaux ne sont pas respectés. Sans doute le niveau des prix est-il une variable importante, mais la monnaie n’est en aucune façon sanctuarisable. Et comme le tout marché l’emporte dans la genèse du ciment social, la vraie contrainte est davantage un niveau d’emploi compatible avec la cohérence sociale. Les gestionnaires de la banque centrale américaine ne peuvent ainsi se couvrir des habits de l’ordo- libéralisme et doivent ajouter une dimension croissance et emploi à leur feuille de route. L’intérêt général se ramenant pour l’essentiel au « rêve américain », la création monétaire massive n’est pas rejetée si elle a pour vertu de maintenir le rêve. Ajoutons que s’agissant des USA, aucune contrainte monétaire extérieure ne s’impose, ce qui signifie une grande liberté dans la création de monnaie. Liberté aujourd’hui complètement assumée pour tenter d’éteindre l’incendie de la crise[12].

 

La banque centrale française est bien évidemment plongée dans le système européen de banques centrales et, de ce point de vue, l’Etat qui lui correspond, sera de plus en plus tenté de cesser l’aventure ordo- libérale. Les rentiers ont massivement profité de ce qu’on a appelé la fin de la « répression financière », mais, parce que dans la tradition française la liberté ne se réduit pas à la propriété et au marché, c’est dans ce dernier pays que la rente financière prend les risques les plus importants, d’où l’attachement considérable des milieux qui en profitent à ce qu’on appelle le « couple franco-allemand ». La banque de France, devenue objet étranger dans son propre pays, sera de plus en plus soumise à de très fortes contraintes impulsées par la crise et la tradition culturelle française.

 

Mais l’Allemagne, elle-même, sera contrariée par sa tradition culturelle. Déjà le comportement de la BCE n’est plus en accord avec la grande tradition ordo-libérale[13]. Alors que naguère, la banque centrale, qu’elle soit européenne ou simplement allemande, se devait d’être l’équivalent d’une cour suprême ou un conseil constitutionnel veillant à la sanctuarisation de la monnaie - exactement comme le principe d’indépendance de la justice et de respect du droit -  la BCE est devenue dépendante d’intérêts privés et publics : le système bancaire européen devenu souvent insolvable, qu’il faut aider[14], et les Etats européens eux-aussi insolvables et qu’il faut, au moins de manière détournée, aussi aider.

C’est dire que l’impérium allemand s’est réduit au strict territoire national, territoire lui-même contesté puisqu’il a bien fallu au travers de péripéties fort multiples en arriver à ce que le contribuable allemand soit sollicité pour financer, banques et Etats européens impécunieux[15]. La seule résistance de l’ordo- libéralisme traditionnel n’étant que celle offerte par la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe. Empiriquement, les racines culturelles allemandes, très gravement menacées, se lisent dans la volonté de maintenir un système de retraites adossé à un vieux pays, système qui font les préoccupations des fonds de pension.

Le respect de l’ordo- libéralisme  n’est donc plus véritablement tenable, sauf à décider de quitter la zone euro. Hypothèse de plus en plus crédible avec l’aggravation continue de la crise. Et hypothèse qui ne ferait que gagner du temps car si les rentiers seraient grandement favorisés par une sortie avec hausse mécanique du taux de change qui s’en suivrait, le groupe des grands exportateurs serait lui  lourdement pénalisé.

La France,  dans ses traditions, et excepté sa classe rentière fondamentalement non entrepreneuriale[16],  ne peut accepter l’ordo-libéralisme. Elle y mettra fin d’une façon ou d’une autre.

L’Allemagne tente de son côté de maintenir sa tradition, alors même que son groupe exportateur très puissant n’y a pas intérêt. La guerre planétaire des monnaies qui se développe, pour  tenter de se sauver des griffes de la grande crise, débouchera sur des conséquences implacables pour une Allemagne dont le solde extérieur est excédentaire de près de 7 points de PIB. [17]

 

Clairement, le « couple franco-allemand » est aussi une alliance entre la rente française et le groupe exportateur allemand. Les rentiers allemands auront de plus en plus de mal à supporter les aides vers les pays du Sud via le FESF, le MES,[18] la fausse mutualisation bancaire, les rachats massifs de dettes publiques par la BCE, etc. Ils ne pourraient en aucune façon accepter les énormes transferts imposés par un fédéralisme complet.[19]

Cette alliance doit logiquement se rompre car les transferts vers le sud seront aussi payés par l’ensemble des contribuables allemands et donc aussi le lobby exportateur, qui aura à arbitrer entre la hausse de la pression fiscale et la chute de ses débouchés.

Cette alliance était clairement favorable à l’Allemagne et tout aussi clairement défavorable à la France. Ce dernier pays en a payé le prix d’une très forte désindustrialisation, assortie d’une fin de la répression financière qui n’a même pas enrayé la chute historique de l’investissement. La fin de cette alliance, fin qui serait aussi très favorable aux rentiers allemands avec gains en actifs du fait du Mark fort, serait théoriquement favorable à la France. On peut donc imaginer de profonds changements à venir sur les marchés politiques allemands et français.

La mésentente franco- allemande ne fait que commencer. Elle ne pourra s’effacer qu’en reconnaissant et en admettant comme indépassable des cultures fondamentalement différentes. La culture appartient à l’invariant d’un peuple et ne peut être remodelée par des choix politiques. Déjà, Benjamin Constant  affirmait que la loi ne pouvait pas tout. Son oubli est porteur du drame européen.

 

 


[1] http://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/Rapport_pisani-ferry_enderlein-VF.pdf. Ce rapport est tout entier écrit dans le langage à la mode, notamment celui de l’Ecole d’Economie de Toulouse.

[2] Concernant l’idée d’un décalage entre offre globale mondiale et demande globale mondiale on pourra lire : http://www.lacrisedesannees2010.com/article-la-loi-de-say-comme-obstacle-à-la-lecture-de-la-grande-crise-115527906.html

[3] Robert Nozick, dans « Anarchie, Etat et Utopie » PUF, 1988, parle de justice procédurale pour évoquer le résultat d’un jeu social, que ce dernier soit de l’ordre du simple jeu (échecs, football etc.) ou du jeu économique. A ce titre un résultat est réputé juste si les procédures qui y ont conduit, ont à chaque étape respecté les droits de propriété fondamentaux. Dans cette conception, que le résultat d’un contrat de travail entre un employeur et des salariés amène le premier à s’enrichir considérablement, n’est pas injuste si le contrat dans toutes ses clauses respecte les droits fondamentaux, notamment ceux de la liberté contractuelle et si, bien évidemment, ces clauses ont été respectées durant le jeu.

[4] Ce point de vue est notamment celui bien analysé par Philippe d’Iribarne dans « la logique de l’honneur » Seuil 1993.

[5] La justice résultat, à l’inverse de la justice procédurale, apprécie le résultat du jeu pour le déclarer juste ou injuste en fonction d’une simple opinion de justice. La justice résultat n’intervient en général pas dans les jeux traditionnels (Echecs, football, etc.) où seule compte une justice procédurale ( les règles du jeu ont-elles été respectées ?) mais elle intervient massivement dans le jeu de l’économie et se trouve être à la base des politiques dites de redistribution.

[6] Ces auteurs sont rassemblés dans ce qu’on a appelé l’école de Fribourg qui a connu ses moments de gloire entre les deux guerres mondiales et après la seconde guerre pour engendrer ce qu’on a appelé « l’économie sociale de marché ».

[7][7] Les développements qui suivent s’inspirent partiellement de l’article d’Eric Dehay :  «  La justification ordo libérale de l’indépendance des banques centrales », Revue Française d’Economie, Vol 10, N°1 1995, PP. 27-53.

[8] Cf notamment l’ouvrage majeur de Hayek : « Droit, Législation et Liberté » PUF,1985, et particulièrement le tome I où l’auteur développe sa grande distinction entre les ordres spontanés (plutôt le monde anglo-saxon) et les ordres organisés (plutôt l’ordre français). Soulignons qu’il y a eu de nombreux contacts entre les ordo libéraux allemands et la «  Société du Mont Pèlerin » fondée par Hayek après la seconde guerre mondiale.

[9] On pourra ici s’intéresser à des textes comme http://www.lacrisedesannees2010.com/article-le-monde-tel-qu-il-est-78572081.html, ou « Pour mieux comprendre la crise : déchiffrer l’essence de l’Etat » (texte du 16 février 2010).

[10] Cf http://www.lacrisedesannees2010.com/article-monnaie-bien-sous-tutelle-ou-objet-politique-central-115094856.html

[11] Notamment sous l’égide de Milton Friedman.

[12] Mais également pour éteindre aujourd’hui le risque de grande déflation : de quoi retarder la fin du « Quantitative Easing » pourtant programmé.

[13] Notamment avec les dispositifs LTRO, OMT, ELA et surtout des taux proches de zéro qui finissent par peser sur la rente financière.

[14] Et ce malgré des tests de résistance réussis. Cf : http://www.lacrisedesannees2010.com/2014/10/tests-de-resistance-positifs-mais-bilans-bancaires-fragiles.html

[15] Notamment avec le MES et demain avec l’union bancaire.

[16] Il faut toutefois noter que la rente française est largement inscrite dans l’immobilier, ce qui veut dire que la part strictement spéculative et financière est relativement réduite. Une « euthanasie des rentiers » en ce qu’elle serait davantage slogan que réalité,  présenterait ainsi des risques politiques relativement limités.

[17] On peut estimer qu’une sortie de la monnaie unique pourrait porter l’euro allemand à 1 ,6 dollar. Dans le même temps la banque centrale japonaise ayant de fait déjà dévalué le yen de près de 20% depuis le début de l’année, on conçoit l’énorme contrainte qui pourrait survenir au détriment du lobby exportateur allemand.

[18] 319,7 milliards d’euros selon Jean Pierre Vesperini. CF : « l’Euro’ », Dalloz, 2013.

[19] Plus 10 points de PIB pendant au moins dix selon Jacques Sapir.

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Published by Jean Claude Werrebrouck
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BA 09/12/2014 13:12

Mardi 9 décembre 2014 :

ALERTE – Grèce : la bourse d'Athènes perd plus de 10% après l'annonce de la présidentielle anticipée.

http://www.romandie.com/news/ALERTE--Grece-la-bourse-dAthenes-perd-plus-de-10-apres/544434.rom

BA 05/12/2014 20:18

A la coupe du monde des pays en faillite, les pays européens sont très bien placés.

A la coupe du monde des pays en faillite, dans les 11 premières places, il y a 9 pays européens.

1- Médaille d’or : Japon. Dette publique de 243 % du PIB

2- Médaille d'argent : Grèce. Dette publique de 317,499 milliards d’euros, soit 174,1 % du PIB

3- Médaille de bronze : Italie. Dette publique de 2168,855 milliards d’euros, soit 133,8 % du PIB

4- Portugal. Dette publique de 224,129 milliards d’euros, soit 129,4 % du PIB

5- Irlande : dette publique de 209,702 milliards d’euros, soit 116,7 % du PIB

6- Chypre : dette publique de 19,365 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB

7- Belgique : dette publique de 433,274 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB

8- Etats-Unis : dette publique de 18004 milliards de dollars, soit 105 % du PIB

9- Espagne : dette publique de 1012,606 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB

10- France : dette publique de 2023,668 milliards d’euros, soit 95,2 % du PIB

11- Royaume-Uni : dette publique de 1552,344 milliards de livres sterling, soit 88,4 % du PIB

(Pour info : la dette publique de la Russie est de 13 % du PIB)

http://cimb.ch/ICMB/Publications_files/Geneva16_2.pdf

BA 04/12/2014 14:05

Jeudi 4 décembre 2014 :

Le secteur bancaire mondial renoue avec le profit, sauf l'Europe.

Le secteur bancaire mondial a renoué avec le profit économique en 2013 pour la première fois depuis la crise financière, à l'exception des établissements européens qui continuent de souffrir davantage que leurs concurrents, selon une étude rendue publique mardi.

Le profit économique est une mesure du profit auquel on retire les coûts d'opportunité, c'est-à-dire les coûts liés au fait de choisir une activité plutôt qu'une autre.

Les banques en Europe sont restées dans le rouge avec un profit économique négatif de 136 milliards d'euros, contre -161 milliards d'euros en 2012, ce qui porte à 600 milliards d'euros depuis 2009 le montant cumulé de leurs pertes calculées selon cet indicateur.

"Confrontées à un environnement économique difficile, les banques de la zone euro ont pour principal défi de prouver leur capacité à dégager durablement des bénéfices et certaines pourraient devoir céder des activités déficitaires", a déclaré vendredi Danièle Nouy, la présidente du Mécanisme de surveillance unique européen.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKCN0JG0WS20141202?sp=true

Hadrien 03/12/2014 17:11

Régulièrement, on a droit, dans la presse française sous influence, et sur tous les plateaux de télévision (à commencer par l’émission « C dans l’air », martelée de trois (re)diffusions par jour), au défilé des pleureuses avec l’inévitable sur-représentation des néolibéraux chantant en coeur les louanges de la balance commerciale allemande comparée à la notre !

Nos déficits commerciaux datent précisément de l’adoption de l’euro-fort (forme fiduciaire: janvier 2002): avant cela, notre balance commerciale était excédentaire et notre croissance supérieure à celle de l’Allemagne.
Dès l’année qui suivit, la France devint commercialement déficitaire pour finir aujourd’hui avec une croissance en panne, celle de l’Allemagne étant pire !
Notre balance extérieure devint pour la première fois globalement déficitaire…
– de peu en 2003, puis :
– de 5 milliards en 2004,
– de 24 en 2005,
– de 30 en 2006,
– de 42 en 2007,
– de 56 en 2008,
– de 70 environ actuellement…

En somme, l'avantage de l'Allemagne, habitués de longue date au handicap du mark-fort, serait d’avoir les lévriers les plus efflanqués de la course européenne, faisant ainsi le bonheur des parieurs dans les tribunes...
Mais à quel prix pour ses habitants ?

Patrimoine médian PAR MÉNAGE (Zone euro)
Luxembourg: 398 KE
Chypre: 267 KE
Malte: 216 KE
Belgique: 206 KE

France: 116 KE

Grèce: 102 KE

Autriche: 76 KE
Portugal: 75 KE
Slovaquie: 61 KE
ALLEMAGNE: 51 KE (17e et dernier sur 17 en 2012)
(Rapport BCE Avril 2013)

Proportion de BAS SALAIRES en Europe (Source OCDE):
ALLEMAGNE….... 22,4%
Royaume-Uni…… 22,5%
Pays-bas………... 18,3%
Espagne………… 14,6%
Italie……………... 12,36%
Belgique………….. 6,37%
France……………. 6,08%
Zone euro………. 14,74%

TAUX DE SURCHARGE DES COÛTS DU LOGEMENT, défini de façon fort claire :
« pourcentage des ménages dont le coût total du logement représente 40% ou plus du revenu disponible »
Étonnamment, il est en France le plus faible (5,2) de toute l’Eurozone (y compris Autriche 7, Portugal 8,3, etc.)
ALLEMAGNE……... 16,6
Pays-bas………….. 14,4
Espagne…………… 14,2
Belgique……………. 11
Italie………………….. 7,9
Royaume-Uni……….. 7,4
France……………….. 5,2
Zone euro………….. 11,7
(Source : EUROSTAT)

OUI, QUAND LES FOURMIS ONT MOINS DE PROVISIONS QUE LES CIGALES…
Patrimoine médian PAR PERSONNE (zone euro):
Belgique: 95 KE
Espagne: 70 KE
Italie: 70 KE
France: 55 KE
Pays bas: 47 KE
Finlande: 45 KE
Grèce: 42 KE
Autriche: 40 KE
Portugal: 30 KE
ALLEMAGNE: 30 KE
(Même Rapport BCE, Avril 2013)

ELLES SE MONTRENT MOINS PARTAGEUSES QUE LES AUTRES…
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1835
Dépense publique EN % DU PIB (Europe):
Danemark: 57,6
France: 56
Grèce: 51,8
Suède: 51,2
Italie: 49,9
Pays bas: 49,8
Royaume-Uni: 48,6
ALLEMAGNE: 45, 3
Espagne: 45,2

- Mais…"l’Allemagne fait plus de croissance que nous, non ?"
Aux deux derniers trimestres, l’Allemagne a eu une croissance inférieure, et même négative (-0,2%, 0,1%) comparée à celle la France (0%, 0,3%) !
http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-avoir-detourne-croissance-europeenne-ces-dernieres-annees-allemagne-bien-partie-pour-entrainer-zone-euro-vers-fond-nicolas-1704836.html

- « Et le chômage, hein, de l’ autre coté du Rhin, ils ont moins de chômage que nous »…
En manipulant les statistiques en la matière, certes ! Un attavisme culturel ancien leur interdisant de considérer comme autre chose qu’indigne le fait de ne pas travailler (« Arbeit Macht Frei »!). D’où les dissimulations :
À preuve, les protestations de Inge HANNEMANN, l’employée du Pôle emploi allemand qui s’est rebellée contre le système:
http://altonabloggt.wordpress.com/
« Je dénonce les chiffres sur le chômage annoncés par le gouvernement. Nos médias parlent de trois millions alors que nous avons huit millions de chômeurs en Allemagne ! »
Elle a été licenciée, et a monté son blog à ce sujet…
Au dernières nouvelles, le gouvernement allemand la menaçait de la faire interner en asile Psychiatrique !
En confirmation, un article anglo-saxon dénonçant ces mêmes dissimulations, sur le « World Socialist Web » (http://www.wsws.org/en/article […] m-n12.html) dont voici la traduction partielle:

EMPLOI EN ALLEMAGNE: Apparence et réalité
L’agence fédérale de l’emploi allemand (BA) rapportait une nouvelle diminution du chômage.
En fait, les statistiques de cet organisme ont peu de choses à voir avec la réalité sociale.

CHÔMAGE RÉEL
Un regard plus attentif sur ces statistiques révèle tout d’abord qu’un million de sans-emploi n’est pas répertorié dans les chiffres officiels du chômage: Quelques 376 000 de plus de 58 ans sont éliminés des statistiques, de même que 190 000 à un euro de l’heure. Plus de 300 000 engagés dans des occupations de formation ne figurent pas non plus dans ces statistiques. Même chose pour 320 000 sans emploi pour cause de santé.
Manquent également dans ces chiffres tous ceux dont les aides ont été supprimées pour une raison ou une autre. En 2010, le nombre de telles suppressions augmenta de 14% d’une année sur l’autre.
Et les perspectives de suppression du BA pour l’année à venir sont presque d’un million.
C’est seulement sur la base de telles tricheries statistiques que le BA arrive à des chiffres de chômage relativement inférieurs à ceux des autres pays…
Si l’on considère seulement le nombre total des bénéficiaires d’aides, les chiffres officiels gonflent enormément, tout en gardant à l’esprit qu’en sont exclus tous ceux qui, pour diverses raisons, ne reçoivent rien.
En outre, selon la dernière estimation du BA, quelques 5,1 millions de travailleurs employés recevaient une indemnité de chômage ! Ces bénéficiaires justifient d’une forme ou d’une autre de travail, mais leurs revenus sont si faibles qu’ils relèvent des aides aux sans-emploi. Ce groupe inclue 1,4 million de gens qui sont à temps partiel, à contrat limité, ou en « mini-job », ne gagnant pas plus de 400 euros par mois, 230 000 employés à temps partiel dans d’autres catégories, et environ 320 000 qui travaillent à plein temps mais gagnent moins que le miséreuse rétribution de base, malgré 40 heures par semaine.
Le rapport du BA révèle pas mal de choses sur le taux des récipiendaires d’indemnités chômage (Hartz IV). En Juin 2011, 6,1 millions de gens parmi 3,4 millions de familles reçurent de telles indemnités Hartz IV. Dans ces familles, une moyenne de 1,9 millions de gens reçurent environ 340 euros mensuels par personne.

EMPLOIS SOUS-PAYÉS

Un fort pourcentage de ceux évacués des statistiques du chômage est constitué de jeunes imigrés ou de jeunes femmes. Munk appelle ces jeunes gens « l’armée de réserve des peu qualifiés sur le marché du travail ». Ces jeunes hommes et femmes sont inéluctablement amenés à accepter les travaux les moins bien payés.
Il n’est donc pas surprenant que le nombre de travailleurs mal payés augmente en Allemagne.
Selon une étude divulguée par « Prognos AG Reseach Company », quelques 1,2 million de gens gagnent moins de 5 eurs de l’heure et 5 millions moins de 8,50 euros (brut).
Si l’on considère le secteur des bas salaires selon les standards internationaux (définissant un bas salaire comme inférieur aux deux tiers de la moyenne), alors presque un travailleur sur quatre en Allemagne est un salarié pauvre. Cela se monte à environ 10 millions de travailleurs.
Le nombre officiel de pauvres en Allemagne est également en augmentation régulière. En 2009, le bureau fédéral des statistiques comptait approximativement 12,6 millions de pauvres. Les plus touchés par la pauvreté sont les sans-emploi et les personnes seules.
Cette croissance de la pauvreté en Allemagne est due largement aux politiques de la coalition SPD-Verts menée par le chancelier Schröder, qui mit en oeuvre en 1998 les plus grandes coupes budgétaires sociales depuis la seconde guerre mondiale.
Un chômage élevé, un secteur croissant de bas salaires et des coupes sévères dans les dépenses sociales sont à la base d’un désatre social qui ne peut que s’agraver avec le développement de la présente crise.
Les statistiques officielles tentent de le camoufler en le maquillant. Mais, contrairement aux statistiques, on ne peut pas falsifier l’expérience vécue de millions de gens.

- Oui, mais "la monnaie, hein, la monnaie… c’est le point fort de l’Allemagne, et donc de l’euro ?"
PETIT RAPPEL ICONOCLASTE
Durant les deux derniers siècles:
– la France, tout comme l’Italie, n’a jamais fait défaut…
– L’Allemagne 6 fois ! (Prusse 1813, Hesse 1814, Schleswig-Holstein 1850, Allemagne moderne 1932, 1939, 1948)
– L’ « Ecole autrichienne » 5 fois ! (Autriche-Hongrie 1816, 1868, Autriche 1938, 1940, 1945)
– Le Royaume-Uni 4 fois (1822, 1834, 1888-89, 1932)
– Les États-Unis 3 fois (9 États 1841-1842, 10 États 1873-83, USA 1933)
– La Chine 3 fois (1921, 1932, 1939)
– Le Japon 2 fois (1942, 1946-1952)
Les préjugés ont la vie dure…
Mais avec un peu de patience, si l’on reste dans la roue des allemands sous l’euro, ça finira bien par nous arriver, nous aussi !

werrebrouck 04/12/2014 08:57

Je pense que le vrai changement doit passer par un droit/obligation de maintenir des échanges extérieurs équilibrés. A bien réfléchir c'est là une condition nécessaire (mais pas suffisante) au rétablissement de la démocratie. Aujourd'hui les choix dits démocratiques sont complètement pollués par l'économie, laquelle manifeste son opposition à ce type de choix par le biais de la concurrence internationale. Je compte faire un billet là dessus .

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