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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 15:00

« Changer l’Europe maintenant » tel est le souhait de Thomas Piketty dans sa chronique publiée par le Monde en date du 20/21 décembre.

Outre une Conférence sur la dette chargée de l’alléger, l’auteur reprend l’idée d’un nouveau parlement de la zone euro, ce dernier étant  à la tête d’un vrai budget fédéral, et légiférant sur des thèmes devenus fédéraux : fiscalité unifiée sur les sociétés, investissements dans les infrastructures et les Universités, etc. La légitimité d’un tel parlement proviendrait de son ancrage sur les parlements nationaux, lesquels désigneraient des députés issus de leurs rangs dans une proportion respectant le poids démographique de chaque Etat.

De telles propositions relèvent de l’incantation et ne respectent pas le principe de réalité.

1) Quelles qu’en soient les modalités, alléger les dettes publiques dans le cadre d’une conférence prévue à cet effet revient à un défaut aux effets dévastateurs sur le système financier planétaire. Il est exact que les 200 milliards d’intérêts payés par l’ensemble des Etats de la zone euro permettraient, en choisissant le défaut, de se redéployer profitablement sur 100 programmes Erasmus[1] porteurs d’avenir. Mais ces mêmes 200 milliards assurent encore aujourd’hui la sécurité du système financier planétaire. En cas de défaut, les bilans bancaires exploseraient et la dette publique qui, en ce qu’elle ne consomme pas de capitaux propres, est la matière première fondamentale des banques. Si donc il est question d’alléger les dettes publiques, il faut aller beaucoup plus loin et reconstruire un tout autre monde. Il est peu probable que les marchés politiques de la zone puissent faire émerger de telles propositions.

2) Ces mêmes marchés politiques ne peuvent engendrer l’idée d’un authentique Parlement aux compétences législatives allant vers le fédéralisme.

On voit mal l’Irlande ou mieux le Luxembourg accepter leur quasi disparition en tant que paradis fiscaux. Si, pour le Luxembourg (700000 habitants dont 50% d’étrangers), le débat pourrait apparaitre marginal[2] , les choses sont autrement importantes pour l’Irlande dont la faiblesse de l’IS constitue la pierre angulaire de sa stratégie économique de braconnage.

Bien sûr on pourrait n’envisager qu’un regroupement de quelques grands pays (Allemagne, France, Italie, Espagne) mais cela reposerait la question du lâchage de quelques autres plus fragiles et dangereux pour l’existence même de la zone euro (Portugal, Grèce etc.) Si certains s’intègrent davantage et fabriquent plus de convergence, que dire du rattrapage des autres qui continueraient de diverger avec les risques politiques et sociaux correspondants?

Mais le problème est en fait beaucoup plus grave. Dans ce nouvel espace qui serait authentiquement législatif, l’Allemagne deviendrait minoritaire avec un pourcentage de députés proportionnel à son poids démographique (37% des députés dans l’hypothèse la plus favorable, celle du scénario des 4 plus grands pays, et environ 25% des députés dans le scénario de l’ensemble de la zone). C’est dire que dans ces conditions, l’Allemagne ne pourrait plus s’opposer aux transferts qui sous-tendent obligatoirement toute union monétaire. C’est par conséquent reconnaitre que le marché politique allemand ne fera jamais naitre ni bien sûr accepter un tel projet de souveraineté d’un parlement de type nouveau. Et il faut le comprendre : pourquoi l’Allemagne se plierait à de tels transferts tuant ses capacités exportatrices qui en font son modèle et au final son vivre ensemble ?

Certes les européistes seraient tentés de considérer que les députés désignés perdent symboliquement leur identité nationale, et qu’il n’y aurait que des députés européens. Comment peut-on imaginer que les députés désignés par le parlement allemand puissent décider de lois budgétaires allant contre les intérêts supérieurs de leur pays et intérêts étroitement surveillés par la cour constitutionnelle de Karlsruhe?

La conclusion est donc simple : soit le nouveau parlement émerge comme parlement croupion en ce qu’il ne peut dépasser le cadre de l’ordo libéralisme allemand (une règle constitutionnelle concernant la gestion de l’euro s’impose à lui), soit il n’émergera jamais. En attendant les entrepreneurs politiques allemands peuvent continuer à parler d’Europe et se montrer plus européistes que leurs voisins français : il s’agit de masquer l’essentiel, et au final de gagner encore un peu de temps sur l’inéluctable échéance. Et une échéance qu’il faut effectivement redouter lorsqu’on est allemand, puisque cette dernière signera la fin de la mécanique monétaire qui a abouti à un « subventionnement » sans précédent des exportations et du vivre ensemble qui lui est associé.

 

[1] Le programme Erasmus ne dispose qu d’un budget de 2 milliards d’euros.

[2] Mais ô combien essentiel pour la finance mondiale qui ne pourrait guère accepter ce type de fédéralisme

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Zone Euro
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BA 16/01/2016 18:20

L'Europe allemande.

L'Europe allemande est née en 1992, au moment du traité de Maastricht.

Depuis 24 ans, l'Europe allemande est en place, à la grande satisfaction des collabos.

Depuis 24 ans, l'Allemagne décide, les autres exécutent.

Problème :

A force, même les partisans de la construction européenne ne supportent plus l'Europe allemande.

Dernier exemple en date : le premier ministre italien, Matteo Renzi, est un fervent partisan de la construction européenne. Or Matteo Renzi vient juste de critiquer l'Europe allemande ! Même lui !

Lisez cet article :

D'après le quotidien Il Messaggero, M. Renzi aurait déclaré à ses conseillers: « le temps est venu de tourner la page à Bruxelles. Nous sommes fatigués que ce soit toujours les mêmes qui y commandent, autrement dit Berlin ».

http://www.boursorama.com/actualites/entre-bruxelles-et-un-matteo-renzi-sur-de-lui-le-torchon-brule-4398afe7331122e049c8f304cb549310

BA 12/01/2016 20:20

Mardi 12 janvier 2016 :

Le ministre allemand du développement : « 8 à 10 millions de réfugiés sont en route. »

« Seulement 10% des réfugiés en provenance de Syrie et de l'Irak ont atteint l'Europe jusqu'à présent, et 8 à 10 millions d’entre eux sont encore sur le chemin. »

Cette déclaration, c’est celle du ministre allemand du Développement, Gerd Müller (CSU), auprès du journal Bild am Sonntag.

http://www.bild.de/politik/inland/dr-gerd-mueller/erst-zehn-prozent-der-fluchtwelle-ist-bei-uns-angekommen-44081514.bild.html

Et les conséquences politiques ?

Quelle va être la réaction des peuples européens ?

Pour quel parti politique va voter le peuple allemand ?

Pour quel parti politique va voter le peuple danois ?

Pour quel parti politique va voter le peuple français ?

BA 04/01/2016 13:41

L'espace Schengen agonise.

La Suède, le Danemark, l'Allemagne, de plus en plus de pays européens veulent reprendre le contrôle de leurs frontières nationales.

L'arrivée des migrants est en train de détruire l'espace Schengen.

Lundi 4 janvier 2016 :

La Suède ferme le pont de l'Öresund aux migrants sans papiers.

Pour la première fois depuis un demi-siècle, la Suède, dépassée par l'afflux de migrants, exigeait lundi une pièce d'identité pour tous les voyageurs entrant sur son sol depuis le Danemark. Ce pays est la principale porte d'entrée des réfugiés dans le royaume.

Stockholm impose jusqu'à nouvel ordre aux compagnies de trains et d'autocars qui empruntent le pont-tunnel de l'Öresund reliant les deux pays d'effectuer des contrôles d'identité avant l'embarquement, côté danois, sous peine d'astreintes de 50 000 couronnes (5900 euros) par voyageur.

La mesure a déplu fortement au Danemark, qui craint que les migrants refoulés ne restent sur son sol.

http://www.romandie.com/news/La-Suede-ferme-le-pont-de-loresund-aux-migrants-sans-papiers/663274.rom

Le Danemark instaure des contrôles aux frontières avec l'Allemagne.

Le Danemark a instauré lundi des contrôles à ses frontières avec l'Allemagne pour empêcher l'entrée de réfugiés sans papiers, a annoncé lundi le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen, le jour où la Suède faisait de même à la frontière danoise.

« Cela peut avoir de grandes conséquences pour le Danemark que d'autres pays nordiques mettent le holà à leurs frontières. Cela peut provoquer plus de demandes d'asile », a déclaré lors d'une conférence de presse à Copenhague le chef de gouvernement libéral.

M. Rasmussen est à la tête d'un exécutif qui cherche à limiter les arrivées sur son territoire, et qui avait déjà laissé entendre qu'il réagirait aux contrôles systématiques annoncés par la Suède.

La vague de réfugiés, qui a pris des proportions inattendues entre août et novembre, a instillé des tensions entre la Suède, pays qui a reçu 163 000 demandes d'asile l'an dernier, soit la plus grande proportion par habitant de toute l'UE, et le Danemark, qui n'en a connu que quelque 18.000.

Steve 31/12/2015 18:37

Bonsoir
utre projet sur la table, la Commission a proposé une représentation unique des pays membres de la zone euro au sein des institutions financières internationales, comme le FMI. Là aussi, l’allant est modéré, comme le montre la réaction de Jeroen Dijsselbloem : « Beaucoup de travail doit encore être fait au niveau technique, je ne peux pas dire quand ça reviendra au niveau politique. »
En fait c'est déjà fait: il s'agit du groupe Bilderberg qui non seulement représente l'europe mais aussi les USA, c'est plus simple! Et ils peuvent décider plus vite!

BA 28/12/2015 13:28

Comment meurt une nation ?

1- Une nation peut mourir de vieillesse, quand elle se disloque.

2- Une nation peut mourir par meurtre, quand elle est tuée par une autre nation.

3- Une nation peut mourir par suicide, quand elle accepte de se dissoudre dans un ensemble plus vaste.

Question :

Dans les années qui viennent, la France va-t-elle accepter de se dissoudre dans un ensemble plus vaste, l'Union Européenne ?

La France va-t-elle accepter de devenir une simple région d'un ensemble plus vaste, l'Union Européenne ?

Les décisions concernant la France seront-elles prises ailleurs qu'en France, à Bruxelles et à Berlin ?

Déjà, l'indépendance monétaire de la France est morte.

Déjà, la monnaie de la France est morte.

Déjà, la monnaie de la France s'est dissoute dans une seule grande monnaie, la monnaie unique européenne.

Prochaine étape du suicide de la France : l'armée.

L'armée de la France va-t-elle se dissoudre dans une seule grande armée, l'armée unique européenne ?

Lisez cet article :

Le ministre allemand des Finances défend la formation d'une armée européenne.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/le-ministre-allemand-des-finances-defend-la-formation-d-une-armee-europeenne-538829.html

BA 24/12/2015 17:20

2015 : chiffres mis à jour.

- Union Européenne :

1 005 504 migrants sont entrés dans l'Union Européenne. Record battu.

- Djihad :

L'année 2015 aura vu les djihadistes faire 147 morts en France. Record battu.

- Indice de Développement Humain :

D'après cet indice créé par l'ONU, la France descend à la 22ème place. Je dis bien : 22ème place. Record battu.

La France ne fait plus partie des 20 pays où l'on vit le mieux.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/la-france-ne-fait-plus-partie-des-20-pays-ou-l-on-vit-le-mieux-938897.html

- Découverts bancaires :

Les Français sont de plus en plus souvent dans le rouge. Selon la banque de France, le découvert global des particuliers est passé d'un peu plus de 6 milliards d'euros en 2006 à 7,6 milliards d'euros en 2015. Record battu.

- Chômage :

Chômage, catégories A, B, C, D, E :

6 475 100 inscrits à Pôle Emploi. Record battu. Variation sur un mois : + 0,2 %. Variation sur un an : + 4,9 %.

http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/pi-mensuelle-ctpale3.pdf

- Mal-logement :

La Fondation Abbé Pierre dénombre 3,8 millions de personnes souffrant de mal-logement ou d’absence de logement personnel. Record battu. Se référant aux résultats des enquêtes « sans-domicile » de l’Insee, la Fondation Abbé Pierre souligne que la proportion de personnes sans-abri a augmenté de 50 % de 2001 à 2012. Record battu.

- Restos du Coeur :

50 000 bénéficiaires de plus en un an. C'est plus d'un million de bénéficiaires par an. Record battu.

- Front National :

Second tour des élections régionales : 6 820 477 voix. Record battu.

BA 23/12/2015 15:13

Mardi 22 décembre 2015 :

Les capitales européennes n’envisagent aucune réforme de la zone euro en 2016.

Les manques révélés par la crise grecque ne poussent pas les Européens à agir. Berlin refuse catégoriquement de faire un nouveau pas dans l’Union bancaire.

Les dirigeants de la zone euro avaient pris tôt leurs bonnes résolutions pour 2016. A l’été dernier, alors que le Grexit menaçait chaque jour, ils avaient promis qu’ils tireraient très vite les leçons de la crise pour renforcer la gouvernance de la monnaie unique. 2016 pointe maintenant son nez, mais le moins que l’on puisse dire est que ces bonnes résolutions paraissent déjà oubliées avant même que l’année soit commencée. « Il y a beaucoup moins d’allant pour aller vers plus d’intégration. Ce manque d’appétit est inquiétant », relevait mi-décembre un officiel du FMI.

Agenda de réforme réduit au minimum

L’agenda 2016 de réforme de la gouvernance de la zone euro devrait donc être réduit au minimum . Les Européens ont pourtant une feuille de route, le rapport rédigé fin juin par les cinq présidents des institutions européennes (Commission, Conseil, BCE, Parlement et Eurogroupe). « Ce rapport des cinq présidents n’a pas bénéficié d’un soutien très large », reconnaît un diplomate européen. Si bien que les chefs d’Etat et de gouvernement, qui devaient l’étudier depuis six mois, ont attendu le dernier sommet de l’année, le 18 décembre, pour le mettre à l’ordre du jour, promettant alors seulement d’examiner « rapidement » les propositions faites par la Commission.

Beaucoup de réticences

A l’automne dernier, Bruxelles avait en effet mis sur la table plusieurs projets de court terme pour relancer le processus d’intégration, inspirés par ce rapport des cinq présidents. Principale difficulté, la proposition de créer un système de garantie commune des dépôts bancaires, troisième pilier de l’Union bancaire. Angela Merkel a encore redit mi-décembre qu’elle « rejetait » ce projet, l’Allemagne préférant s’en tenir à des systèmes nationaux pour ne pas avoir à payer pour les turpitudes de banques étrangères. « Je comprends les interrogations allemandes. Il y a encore beaucoup de risques au sein des bilans bancaires », expliquait en novembre Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, aux « Echos ».

Celui-ci propose donc de s’attaquer également à ces fameux risques (concevoir un mécanisme de restructuration des dettes souveraines, harmoniser les législations nationales sur les faillites bancaires ou sur la définition des capitaux propres, etc.) pour rassurer Berlin. «  Les ministres européens des Finances sont d’accord pour traiter en parallèle ces deux dossiers de la garantie des dépôts et des risques bancaires, sauf Wolfgang Schäuble, qui insiste pour aboutir d’abord sur le second », explique un diplomate européen.

Représentation unique dans les organisations internationales

Autre projet sur la table, la Commission a proposé une représentation unique des pays membres de la zone euro au sein des institutions financières internationales, comme le FMI. Là aussi, l’allant est modéré, comme le montre la réaction de Jeroen Dijsselbloem : « Beaucoup de travail doit encore être fait au niveau technique, je ne peux pas dire quand ça reviendra au niveau politique. »

http://www.lesechos.fr/monde/europe/021575762578-les-capitales-europeennes-nenvisagent-aucune-reforme-de-la-zone-euro-en-2016-1186996.php

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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