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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 17:40

 

Il y a peu, La Voix du Nord, rappelait son passé de "Journal né de la Résistance".
N'y aurait-il plus aujourd'hui de raisons pour que ce passé soit toujours vivant ? N'y a t- il aucune raison, aucun motif, aujourd'hui,  pour résister et appeler à Résister. Et pourtant, nous pourrions évoquer la désinformation généralisée, l'abrutissement télévisuel  et tant d'autres...
Prenons un exemple chez notre  "Journal né de la Résistance". 

 Le samedi 19 mars, paraissait sur une pleine page (43) un article qui permettait à des économistes d'une école de commerce nordiste, l’EDHEC, d'asséner sans aucune démonstration leurs  vérités.
 La situation économique de notre pays plonge dans la paupérisation,  pas seulement financière, une part de plus en plus grande de la population. Un "Journal né de la Résistance" se devrait de publier différents points de vue pour permettre à chaque citoyen de se faire une opinion et peut être de résister ou non d'ailleurs, aux choix politico-économiques actuels.
Toujours se reposer sur un comportement passé ne peut en aucune manière justifier la passivité d'aujourd'hui. Pire encore, se référer à un passé pour influencer les esprits est difficilement qualifiable.
RÉSISTER AUJOURD'HUi c'est faire connaître les différents points de vue, c'est expliquer de façon non partisane, c'est INFORMER . Alors Chiche La Voix du Nord........

Et d’abord informer c’est expliquer de quoi l’on parle…

L’ensemble de l’article du 19 mars tourne autour des résultats chiffrés d’un « modèle nouveau ».

Qu’est-ce que ce « premier modèle français de simulation économique sur les conséquences d’une dévaluation du nouveau franc en cas de sortie de l’euro »  qui démontre en toute rigueur mathématique des effets catastrophiques : une baisse du pouvoir d’achat, une forte augmentation des prix, une croissance nulle, une chute de compétitivité, etc?

Les lecteurs de la « Voix du Nord » sont en droit de savoir qu’un modèle, pour les économistes, est un ensemble d’équations comportant des paramètres et des variables. Les équations reposent sur des hypothèses théoriques, des à priori en termes de relation entre croissance et emploi, entre production et exportation, entre salaires et demande, etc. Ces relations  elles- mêmes introduisent d’autres relations, d’autres paramètres fort complexes et toujours discutables. Le tout dépend ensuite du point de vue du chef du modèle qui, tel un chef de cuisine, en combine les innombrables ingrédients. L’ensemble structuré  est ensuite « avalé » par un ordinateur qui en fonction des paramètres introduits « crache » les résultats.

Les modèles sont d’autant plus nombreux que l’on est affamés de chiffres, mais ils sont comme dans la gastronomie un ensemble d’ingrédients dont les proportions, qualités et façon de les combiner font la réalité du met : agréable ou détestable.

Le modèle des économistes de l’EDHEC produit un résultat détestable : toute sortie de l’Euro est une catastrophe. Si les journalistes de la Voix du Nord s'étaient donné la peine d’aller voir d’autres chefs de modèles, et ils sont nombreux, ils apprendraient que la sortie, sans être agréable, est pourtant une nécessité quasi vitale….Pourquoi ne pas laisser parler les 11 prix Nobels d’économie dont certains, disparus, ont pourtant laissé des traces : M Allais, M Friedman,F Hayek, P Kruugman, J Mirrlees, R Mundell, C Pissarides, T Sargent, A Sen, C Sims, J Stiglitz. ? Et si la Voix du Nord les trouve trop savants pourquoi ne pas consulter les centaines d’économistes universitaires, voire d’entreprises et même de banques qui aimeraient aussi s’exprimer, mais qui se heurtent au mur du système politico-médiatique ?

Mais le problème n’est pas là. Il est plutôt dans le fait qu’une posture disons scientifique aurait d’abord exigé de comprendre dans le détail pourquoi l’Euro ne fonctionne pas, pourquoi il disloque et crée une hétérogénéité croissante entre les nations, pourquoi il commence à introduire de la méfiance dans la construction européenne, pourquoi - plus grave encore- il produit de la suspicion voire de la haine entre les peuples. Mais les économistes de l’EDHEC invités par la Voix du Nord, plutôt que de produire une analyse sérieuse, fouillée et argumentée de la réalité,  préfèrent dire que l’Euro ne marche pas à cause de l’absence de réformes structurelles….C’est tellement évident !

Philippe Pétain en visitant Paris en Avril 1944 ne disait-il pas, en bon connaisseur, et devant un peuple apparemment soudé derrière lui, que les malheurs venaient de ces bombardements génocidaires de la part des alliés ?

 Allons messieurs les journalistes de la Voix du Nord, ressaisissez-vous !

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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BA 26/03/2016 07:44

Chômage : record historique battu.

Chômage, catégories A, B, C, D, E :

6 494 100 inscrits à Pôle Emploi. Record historique.

Variation sur un mois : + 0,1 %.

Variation sur un an : + 3,8 %.

http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/pi-mensuelle-bgdbwe3.pdf

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

- « Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. » (Jacques Attali, sur France 2, débat télévisé « Polémiques » animé par Michèle Cotta)

- « Si le traité de Maastricht était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

BA 22/03/2016 17:47

Aujourd'hui, l'Europe est devenue un GRAND terrain vague, avec tout le monde qui entre, avec tout le monde qui sort, avec tout le monde qui circule, avec la libre-circulation des terroristes, la libre-circulation des kalachnikovs, la libre-circulation des explosifs, la libre-circulation des kamikazes.

Aujourd'hui, l'Europe est devenue un GRAND terrain vague ouvert à tous les vents de la soi-disant « mondialisation heureuse ».

Aujourd'hui, plus personne ne maîtrise le chaos qui s'installe en Europe.

Federica Mogherini pleure car elle comprend que son rêve est devenu un cauchemar.

Qui veut faire l'ange fait la bête.

La vidéo dure 20 secondes :

http://www.lepoint.fr/europe/attentats-de-bruxelles-la-chef-de-la-diplomatie-europeenne-emue-aux-larmes-22-03-2016-2027158_2626.php

15 h 09 – Un responsable français de la lutte antiterroriste : « Nous sommes submergés. »

« 2015 a été difficile, je crains que 2016 ne soit terrible », confie à l'Agence France-Presse un responsable français de la lutte antiterroriste, qui demande à rester anonyme. Sur son écran de télévision, dans son bureau, les images d'une bouche de métro fumante, de l'aéroport dévasté de Bruxelles, siège de l'Union européenne et de l'Otan. "Les attaques de Bruxelles sont clairement une vengeance après la vague d'arrestations, c'est une escalade. Elles prouvent qu'ils ont des hommes prêts à tout moment à des opérations kamikazes, avec des armes, des explosifs, affirme-il. Leur message, c'est : « Nous sommes toujours là, vous ne pourrez pas nous arrêter. » En France, mais aussi en Europe, il y a du souci à se faire, ajoute-t-il. Nous allons subir une vague de terrorisme très puissante, qu'on ne pourra enrayer que partiellement. On attrapera certaines équipes, il n'y a jamais eu autant d'arrestations, mais on ne pourra pas les avoir tous. C'est impossible. Nous sommes submergés."

http://www.lepoint.fr/societe/en-direct-attentats-a-bruxelles-le-bilan-humain-s-alourdit-22-03-2016-2027110_23.php

BA 21/03/2016 08:43

22 mars 1983 : le Parti Socialiste se coupe les veines.

Le 19 février 1983, le président de la République François Mitterrand constate : « Je suis partagé entre deux ambitions : celle de la construction de l’Europe et celle de la justice sociale. Le Système Monétaire Européen est nécessaire pour réussir la première, et limite ma liberté pour la seconde. » (Jacques Attali, Verbatim, Fayard, page 399)

Construction de l’Europe ou justice sociale ? Choisis ton camp, camarade ! Nous connaissons la suite de l’histoire. Nous savons aujourd’hui ce que François Mitterrand choisira de privilégier.

Le 22 mars 1983, François Mitterrand choisit la construction de l’Europe. Il nomme un nouveau gouvernement, le troisième gouvernement Mauroy. Il choisit de rester dans le Système Monétaire Européen. Il s’engage, comme son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing, dans une politique européiste. Il entraîne derrière lui le Parti Socialiste dans cette nouvelle politique : pour le Parti Socialiste, la priorité absolue n'est plus la justice sociale. La priorité absolue, c'est la construction de l'Europe.

Cette trahison du Parti Socialiste était-elle nécessaire ?

Pour répondre, regardons l'évolution du chômage, l'évolution des Restos du Coeur, l'évolution de la dette publique.

Chômage (uniquement la catégorie A) :

François Mitterrand est élu en mai 1981 : à ce moment précis, au deuxième trimestre 1981, le taux de chômage était de 5,9 %, soit 1 424 000 chômeurs. Deux ans plus tard, au premier trimestre 1983, le taux de chômage était de 6,7 %, soit 1 614 000 chômeurs. De mai 1981 à mars 1983, le chômage n'avait donc augmenté que de 0,8 %. Il était quasiment stabilisé.

Et aujourd'hui ?

Aujourd'hui, le taux de chômage est de 10 %, soit 3 813 500 chômeurs ! Le chômage a explosé depuis la trahison de mars 1983 !

Le graphique est ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%B4mage_en_France#/media/File:Ch%C3%B4mage_france_1975-2014.JPG

Si nous regardons les chiffres du chômage toutes catégories confondues (catégorie A, B, C, D, E), il y a aujourd'hui 6 490 500 inscrits à Pôle Emploi !

http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/pi-mensuelle-fbsa23.pdf

Restos du Coeur :

En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 de repas.
En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 de repas.
En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 de repas.
En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 de repas.
En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 de repas.
En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 de repas.
En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 de repas.
En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 de repas à 870 000 personnes.
En 2014-2015, les Restos du Coeur ont distribué 128 500 000 repas à 950 000 personnes.

Dette publique :

En mai 1981, la dette publique était de 92,2 milliards d’euros actuels, soit 20,8 % du PIB. Deux ans plus tard, en mars 1983, la dette publique était de 145,5 milliards d’euros actuels, soit 25,3 % du PIB. Elle n'avait donc augmenté que de 4,5 % du PIB.

Et aujourd'hui ?

Aujourd'hui, la dette publique est de 2103,230 milliards d’euros, soit 97 % du PIB ! La dette publique a explosé depuis la trahison de mars 1983 !

Le graphique est ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#/media/File:Dette_publique_France_1979-2014T2.png

Conclusion :

Le 22 mars 1983, la trahison du Parti Socialiste n'a servi à rien :

- La construction européenne est un échec total.
- La justice sociale n'a pas eu lieu. Au contraire, la France connaît une régression sociale historique.

Le 22 mars 1983, le Parti Socialiste a pris une lame de rasoir et il s'est coupé les veines. Depuis, il se vide de son sang.

Dans le camp d'en face, le résultat est identique : quand les européistes de droite dirigeaient la France, la crise économique s'aggravait, la crise sociale s'aggravait, le chômage augmentait, et la dette publique explosait.

Les européistes du centre (Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre), les européistes de gauche, les européistes de droite ont tous fait la même expérience : pour eux, la construction européenne est une priorité absolue.

La construction européenne est une expérience qui a complètement foiré.

Jacques Payen 20/03/2016 19:17

Les articles de fond et éditoriaux du "Midi Libre", en Languedoc, autre journal "né de la Résistance", sont tout aussi indigents et souvent malhonnêtes. Il faut bien survivre ! Avec la pub des maitres. Et donc écrire ce qu'ils souhaitent lire.

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