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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 08:48

 

Il est inutile de rappeler qu’un réel âge d’or de l’Europe et de l’euro passe par le recyclage des excédents et   de ceux de l’Allemagne en particulier[1].

L’Allemagne d’aujourd’hui n’est pas l’Amérique de 1945

Un certain âge d’or du capitalisme avait été ouvert après la seconde guerre mondiale par une Amérique qui, soucieuse de ses intérêts de long terme, recyclait son considérable surplus commercial en exportant aide et investissements directs vers l’Europe et le Japon. Dans un cadre de guerre froide, un tel transfert correspondait au « containment » de l’Union Soviétique et au maintien de l’hégémonie américaine[2].

Dans un monde que l’on prétend mondialisé, L’Allemagne et son personnel politico-administratif ne mettent en avant que des intérêts strictement nationaux, en particulier ceux d’électeurs rentiers. Il est donc logique et parfaitement justifié, de voir l’Allemagne refuser de construire un grand projet Européen, comme naguère les USA construisaient un projet mondial. Les grecs ne bénéficieront ainsi jamais d’un plan Marshall, et ce d’autant plus que le reste du monde accepte, jusqu’ici, d’absorber le surplus Allemand.

Allons plus loin et ajoutons de la fantaisie au raisonnement. Historiquement, les USA se sont trouvés très vite, après la période de reconstruction, en position débitrice, un peu comme les pays du sud de la zone euro aujourd’hui. Pour autant, le débit fut, comme on le disait dans les années 60, un déficit « sans pleurs ». La raison est simple : les acteurs excédentaires du reste du monde acceptent tous des actifs, quels qu’ils soient, libellés en devise américaine, c’est-à-dire le dollar. Parce que le dollar, en particulier la dette publique américaine, est la liquidité ultime ou absolue, aucun agent n’est venu jusqu’ici exiger un quelconque paiement : être payé en dollars est le mode de règlement le plus universellement accepté. Ce qui n’est évidemment pas le cas des soldes TARGET grecs que la banque centrale allemande ne peut accepter. Les actifs grecs des soldes correspondants n’ont pas la qualité des dollars….même si ceux-ci sont imprimés par des banques américaines sur l’ensemble de la planète. Les USA ont pu poursuivre jusqu’ici à crédit, par déficit régulier et croissant, leur expansion et leur domination mondiale. La Grèce restera bloquée par son déficit. L’Allemagne n’a pas les mêmes intérêts que les USA et ne remplacera jamais ceux-ci sur cet espace réduit qu’est la zone Euro.

La zone euro restera donc, en principe, le parking de ceux qui sont en panne de croissance, parking visité par le meccano BCE qui tente, avec les moyens du bord, de réanimer ce qui est paralysé.

Parmi ces moyens du bord, il y a l’helicopter money. Si les USA poursuivent leur expansion grâce à la création continue de dollars[3], pourquoi la BCE ne pourrait-elle pas réanimer la croissance de la zone euro par le biais d’un déversement de monnaie sur les zones déficitaires ? Le déficit américain nourrit la demande mondiale, ce qui est interdit à l’échelle de la monnaie unique, mais pourquoi alors ne pas remplacer ce déficit interdit, par de l’injection monétaire nourrissant directement la demande dans la zone ? Ce qu’on appelle « l’helicopter money ».

On sait l’opposition radicale du personnel politico-administratif allemand au regard d’un tel projet. Mais on sait aussi que cette opposition s’inscrit dans une représentation du monde qui est l’ordo libéralisme. Si on dépasse cette pure vision pour se plonger vers une argumentation, si possible, plus objective, quels sont les avantages et inconvénients du recours à l’helicopter money  (HM) pour l’Allemagne ?

Le bricolage d’un « ersatz » de transfert.

Nous pouvons pour cela construire un tableau présentant les avantages et inconvénients en fonction des diverses modalités imaginables de l’helicopter money ( HM).

Type de HE et clé de répartition

En % du PIB de chaque pays

En % du PIB de chaque pays

En faveur du sud (grèce)

En faveur du sud (Grèce)

 

Utilisation

Résultats

Utilisation

Résultats

Etat

-Remboursement dette publique

 

-Investissements

-Avantageux pour l’Allemagne

-Risques d’inflation

-Répression financière

-Remboursement dette publique

 

 

-Investissements

-Avantageux pour la Grèce

-Sécurisation relative de l’épargne allemande

-Répression financière

Entreprise

-Remboursement dette privée.

 

-Investissement

 

-Achat de dettes

-Avantageux pour l’Allemagne

-Risques d’inflation

-Répression financière

-Remboursement dette privée.

 

 

-Investissements

-Avantageux pour la Grèce

-Sécurisation relative de l’épargne allemande

-Répression financière

Ménages

-Epargne

 

-Consommation

-Avantageux pour l’Allemagne

-Risques d’inflation

-Epargne

-Consommation

-Avantageux pour la Grèce

 

 

L’examen du tableau appelle plusieurs remarques:

Si on considère comme résolue la question de l’acceptabilité par l’Allemagne d’une clé de répartition du HM en faveur des pays du Sud[4], une question très brûlante est celle de ses conséquences sur la finance.

Finance en berne et répression financière

De ce point de vue, il faut considérer que le HM est d’abord une forte exception au principe classique de la création monétaire  : la monnaie est jusqu’ici, dans sa totalité, la contrepartie d’une dette, ce que certains appellent « l’argent dette ». Le HM met fin à ce monopole, et introduit l’idée qu’il est possible de créer de la monnaie, bien sûr à coût nul, sans la rémunération qui lui est associée, c’est-à-dire le taux de l’intérêt. Une première conclusion est que l’on entre ainsi dans un mécanisme de répression financière avec, d’une part des risques inflationnistes, et d’autre part le rétrécissement du marché de la création monétaire jusqu’ici réservé aux seules banques. De ce point de vue, le rentier, allemand ou non, peut se poser de légitimes questions concernant la rentabilité de son épargne, question abordée sous un autre angle dans le point qui suit.

Car une autre question complètement liée au mécanisme de la répression est celle de l’affectation du HM entre Remboursements de dettes privées ou publiques, Investissements privés ou publics et épargne. De ce point de vue le HM est un mécanisme d’aggravation des effets déjà constatés sur le QE, à savoir la baisse des coûts donc des taux d’intérêt sur les dettes publiques et les obligations d’entreprises[5]. Là aussi il faut s’attendre à une répression financière accrue et donc une rémunération très faible de l’épargne.

On peut certes imaginer un interdit juridique d’utilisation du HM au remboursement de la dette, et donc une surveillance active de sa bonne utilisation au profit de l’économie réelle. Et il est vrai que sans cet interdit, le HM peut aussi ressembler au QE et à ses inconvénients , à savoir la montée de la spéculation avec tous ses risques. Mais alors, on entre dans un processus d’interventionnisme croissant et à la répression financière s’ajoute un interventionnisme qui n’est même plus couvert par l’idéologie d’un intérêt général lequel n’est concédé qu’aux Etats : en Quoi la BCE est-elle légitime pour surveiller les entreprises et ce de manière très procédurière ? Et en quoi serait -elle garante de la bonne affectation des ressources ?

Une hétérogénéité enfin combattue ?

Une autre question est celle de la capacité d’un HM à réduire l’hétérogénéité entre le nord et le sud . Il est en effet évident que le HM sur les ménages grecs, ne peut que développer les importations à court terme, alors que ce même HM sur les entreprises grecques développera aussi les importations de court terme, pour n’autoriser les exportations que dans le long terme. C’est dire que le processus est beaucoup plus consommateur de temps, qu’une modification d’un taux de change, ce qui nous renvoie à la monnaie unique. Et la comparaison peut être faite avec ce qui était le « QM » américain de l’après-guerre : la reconstruction a certes exigé du temps, mais à l’époque il y avait des barrières douanières et donc des productions nationales en voie de reconstruction, relativement protégées.   

Si l’on dresse un bilan relativement à notre question de savoir si un HM peut produire les effets d’un transfert refusé et pourtant exigé pour le fonctionnement normal d’une zone monétaire, nous disposons des conclusions suivantes :

Un ersatz qui fait des gagnants et des perdants

Parmi les perdants d’un HM nous avons :

- d’abord la finance dont le périmètre d’activité se réduit par la fin du monopole de « l’argent dette » le risque d’inflation, la baisse des taux, et le probable interventionnisme d’une banque centrale ou des Etats, cherchant à limiter la transformation le HM en QE, lequel fut d’emblée matière première de la spéculation.

- Les rentiers victimes d’une finance réprimée qui n’a pas plus les moyens de proposer des produits hautement rentables à sa clientèle. Les pays où la rente est la plus importante, sont aussi ceux où les régimes de retraites par répartition sont les plus fragiles et où le vieillissement démographique est le plus accentué. De ce point de vue l’Allemagne est de loin le pays le plus touché. D’où déjà les réactions indignées des entrepreneurs politiques allemands et responsables des grandes institutions d’épargne, comme les Sparkassen face à la politique de la BCE. A cela il faut ajouter que la baisse de l’euro normalement associée à un HM , ne joue pas non plus en faveur des rentiers et retraités allemands.

Parmi les gagnants, nous aurons vraisemblablement tous les agents qui vont bénéficier du transfert que les règles bruxelloises interdisaient. La fiction d’un transfert par ce tiers qu’est la BCE, deviendra, au moins provisoirement réalité pour les déficitaires : Etats et entreprises, voire ménages du sud.

A noter que pour la nation la plus importante à savoir l’Allemagne, les entreprises notamment exportatrices- donc l’ensemble du secteur industriel- ne sont pas nécessairement défavorables à un HM qui produit de nouveaux marchés dans des conditions de rémunérations non dégradées : la baisse de l’euro joue en défaveur de la valeur ajoutée dégagée par les intrants importés, mais en faveur de la valeur ajoutée à l’exportation. Cette spécificité joue, on le sait, à plein dans une chaine de la valeur très émiettée et ce qu’on appelle une production « by germany ».[6]

Ces conclusions restent très globales et doivent être nuancées en fonction des modalités concrètes du HM que la BCE pourrait théoriquement organiser : déversement plutôt sur les Etats ? plutôt vers les entreprises ? plutôt vers les ménages ?  Et au-delà quelles modalités concrètes de répartitions : PIB ? Niveau de déficit ? importance de la population ? Combinaison de plusieurs paramètres ?

Mais un ersatz qui est aussi un acide destructeur

Il est de ce point de vue évident que l’Allemagne pourrait atténuer son opposition radicale si le HM prenait pour critère l’importance du PIB : les risques associés qui se conjuguent au détriment des rentiers peuvent être compensés par des garanties : suppression de la hantise du défaut du sud et de la hausse des impôts correspondante, amélioration des régimes de retraites, avec indexation sur l’inflation, etc. Plus globalement, prise de conscience qu’il faut choisir entre cette mauvaise solution, et celle de porter le poids de ce qui pourrait apparaitre comme un peuple responsable d’une troisième catastrophe européenne…

De fait l’opposition radicale viendrait plutôt du système financier qui fera tout pour éviter la diminution radicale de son poids dans l’économie.

Si toutefois le scénario du HM devait, malgré les multiples oppositions, se manifester il resterait système assis entre 2 chaises : interventionnisme accru et donc plus de surveillance, plus de règlements, plus de barrières, et moins de marché[7]….sous la houlette d’un acteur- la BCE- situé en dehors du champ politique… Il est clair que le chemin menant au HM a pour destination ultime la fin de l’indépendance des banques centrales….

L’euro ne peut se maintenir qu’avec de gigantesques transferts réels du nord vers le sud. Parce que Politiquement impensable, un substitut, un ersatz de transfert appelé HM, peut être envisagé. Mais la « consommation productive de l’ersatz » fonctionnera comme acide et détruira la clé de voûte du système euro à savoir l’indépendance de sa banque centrale, une destruction qui entrainera l’ensemble de l’édifice euro zone.

 


 

[1] http://www.lacrisedesannees2010.com/2016/02/bien-comprendre-la-logique-devastatrice-de-l-euro.html

[2] On pourra ici s’appuyer sur l’ouvrage de Yanis Varoufakis : « le minotaure planétaire », Enquêtes et perspectives, 2015 .

[3] Et une expansion qui permet aussi l’expansion de biens d’autres pays, le déficit américain nourrissant une demande planétaire croissante

[4] De fait l’opposition Allemande sera forte sur le principe et modérée sur son application car le maintien de l’ouverture des frontières permettrait, en cas de privilège accordé au sud, aux entreprises allemandes d’aller bénéficier, en se délocalisant, des faveurs de la BCE.

[5] Selon le flash eco : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=90851 et le modèle construit à ce effet, l’actuel QE confirme ce point de vue et ajoute une hausse des primes sur titres risqués aboutissant à une réduction de la production.

[6] Nous retrouvons ici l’idée que l’économie allemande est relativement moins  concernée que d’autres  par la question du taux de change.

[7] Comment en effet construire/reconstruire le sud en le laissant au grand vent d’une concurrence assortie d’un taux de change irréaliste ?

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Zone Euro
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BA 06/05/2016 22:23

Double coup de tonnerre !

Le président du Parlement européen Martin Schultz vient de comprendre !

Le président du Conseil européen Donald Tusk vient de comprendre lui-aussi !

Lisez cet article historique :

Union Européenne : l'Europe est une promesse trahie, selon le président du Parlement européen Martin Shultz.

"L'Europe est une promesse, mais une promesse qui n'a pas été tenue", a déclaré M. Shulz lors d'un débat sur l'avenir de l'Europe organisée à Rome en présence du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, du président du Conseil européen Donald Tusk et du président du Conseil italien Matteo Renzi.

L'Europe "était une promesse faite tous les jours pour davantage d'emplois, davantage de services et de croissance", et des générations d'Européens ont consenti des sacrifices dans l'attente de cette promesse, au moins pour leurs enfants, a expliqué M. Shultz.

Or, a-t-il ajouté, les dirigeants européens continuent à demander des sacrifices, moins de services, plus d'impôts, "pour quoi faire ? pour sauver des banques".

Il y a dès lors "un sentiment d'injustice. Ce n'est pas l'Europe qu'ils voulaient voir", a-t-il ajouté en réponse à une question sur la montée des populismes dans l'Union européenne.

A trop idéaliser l'Europe, à la considérer comme un projet d'Union avec un seul Etat, une seule nation, c'est non seulement "complètement irréaliste", mais aussi dévastateur pour son avenir, a indiqué de son côté M. Tusk.

"Le rêve d'un seul Etat européen, d'une seule nation européenne est une illusion. Nous devons accepter de vivre dans une Europe avec différentes monnaies, avec différentes forces politiques, et la pire chose est de prétendre de ne pas le savoir", a-t-il ajouté.

http://actu.orange.fr/politique/ue-l-europe-est-une-promesse-trahie-selon-le-president-du-parlement-europeen-CNT000000obmAF.html

BA 03/05/2016 08:04

A propos de la décadence :

François Fillon : « La France est dans une situation d'extrême faiblesse parce que nous n'avons pas su enrayer une forme de décadence. »

http://www.atlantico.fr/decryptage/francois-fillon-france-est-dans-situation-extreme-faiblesse-parce-que-avons-pas-su-enrayer-forme-decadence-2682586.html

« Une forme de décadence » ? ? ?

Mais de quand date la décadence de la France ?

Le début de la décadence, c'est le 19 mai 1974.

Le 19 mai 1974, le peuple français choisit un chef de l'Etat qui n'a plus comme priorité l'intérêt national.

Pour la première fois de son histoire, le peuple français choisit un chef de l'Etat qui a comme priorité numéro un : la construction européenne.

L'élection de Valéry Giscard d'Estaing est un tournant historique : à partir du 19 mai 1974, tous les chefs de l'Etat auront comme priorité numéro un : la construction européenne.

De même, tous les premiers ministres auront comme priorité numéro un : la construction européenne.

Exemple : François Fillon.

- La Convention de Schengen entre en vigueur le 26 mars 1995. A partir de ce jour-là, il n'y a plus de frontières nationales. A la place, il y a un gigantesque espace européen de libre-circulation. François Fillon était à l'époque ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. François Fillon était en faveur de la Convention de Schengen.

- Dix ans plus tard, le 29 mai 2005, François Fillon vote « oui » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe. Cette constitution européenne était surnommée « la constitution Giscard. »

- En 2008, le premier ministre François Fillon était en faveur du traité de Lisbonne. Selon Valéry Giscard d'Estaing lui-même, le traité de Lisbonne reprend 98 % de la constitution Giscard. Le premier ministre François Fillon fait adopter le traité de Lisbonne en le faisant voter par le Parlement français, sans le soumettre au référendum.

Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, François Fillon, Nicolas Sarkozy, François Hollande : tous ces européistes sont les responsables de la décadence de la France.

Ils ont été au pouvoir, on les a vus à l'oeuvre.

Conclusion :

Depuis le 19 mai 1974, le peuple français est le premier responsable de la décadence de la France, car il vote toujours pour des européistes.

Aujourd'hui, nous avons la décadence de la France, car nous sommes devenus un peuple décadent.

BA 28/04/2016 16:15

En août 1997, le banquier d'affaires Alain Minc publiait son livre le plus ahurissant : « La mondialisation heureuse. »

Quand on lit ce livre aujourd'hui, on se rend compte qu'Alain Minc a passé sa vie à écrire des âneries.

La mondialisation heureuse pour qui ?

Réponse :

La mondialisation heureuse … pour les 10 % les plus riches.

Mais c'est la mondialisation MALHEUREUSE pour 90 % de la population.

Sur le site internet forbes.com, Panos Mourdoukoutas écrit :

Le rêve brisé : 90% des Américains sont dans une situation pire aujourd'hui qu'elle ne l'était au début des années 1970.

http://www.forbes.com/sites/panosmourdoukoutas/2016/04/23/lost-dream-90-of-americans-are-worse-off-today-than-they-were-in-the-early-1970s/#7c72543e5dde

Pour la vaste majorité des Américains, l’économie de leur pays est dans un état de stagnation prolongée, bien pire que celui du Japon. C’est en tout cas le constat lorsqu’on prend en compte les revenus réels, c’est-à-dire ajustés à l’inflation.

90 % des Américains gagnent plus ou moins le même revenu réel qu’au début des années 70, d’après une étude récente publiée par le Levy Economic Institute. La stagnation économique du Japon remonte au début des années 90.

Aux Etats-Unis, la stagnation économique n’a pas atteint les 10 % restants, qui ont assisté à une augmentation conséquente de leurs revenus réels durant la même période.

Ce constat tranche avec celui des décennies qui ont précédé les années 70, soit à partir de la fin des années 40, lorsque les revenus réels des 2 groupes ont fortement augmenté durant la même période. Même si les 90 % connurent une progression plus élevée de leurs revenus que les 10 % les plus riches.

Pour faire simple, pour la grande majorité des Américains, le rêve d’une vie meilleure s’est évaporé au début des années 70.

Comment expliquer ce changement majeur dans la distribution de la richesse durant ces 4 dernières décennies ?

Cette période a coïncidé avec l’ouverture grandissant de l’économie américaine au commerce mondial et aux investissements étrangers. La mondialisation est donc le premier suspect qui vient à l’esprit.

L’ouverture économique a mis en concurrence les entrepreneurs et les travailleurs américains avec leurs pairs étrangers. Pour les 10 % les plus riches de la population, ceux qui disposent des compétences requises, l’ouverture de l’économie américaine fut une bonne chose, une source d’efficacité et d’opportunités qui se sont traduites par des revenus plus élevés.

Pour les 90 % restants de la population, ceux qui ne disposent pas des compétences adéquates ou de compétence limitée, l’ouverture de l’économie américaine fut une mauvaise chose, une source de perte d’emploi et de revenus inférieurs.

Mais un autre élément peut expliquer cette situation.

Ces changements dans la distribution de la richesse se sont empirés après la Grande Récession, ce qui nous amène au second suspect : les politiques de taux planchers, qui ont dopé la valeur des actions et des obligations, profitant directement aux 10 %, les plus susceptibles de posséder ces actifs.

Il ne faut donc pas s’étonner de l’énorme soutien dont jouissent Donald Trump et Bernie Sanders, qui accusent la mondialisation et Wall Street de tuer le rêve américain.

Panos Mourdoukoutas.

Regardez bien la figure 6, intitulée « Index of Real Average Income, 1945−2014 » :

http://www.levyinstitute.org/pubs/sa_mar_16.pdf

werrebrouck 28/04/2016 08:03

Laurent
Oui mais il ne faut pas oublier que les économistes qui sont les vedettes des médias sont aussi généralement en situation de conflit d'intérêt... tandis que les autres restent campés derrière les solides murailles de l'Université; Ainsi va le monde;

Laurent 27/04/2016 23:01

Votre publication est intéressante parce qu'elle tente de réflechir hors du cadre de l'ordo-libéralisme mais tant qu'à en sortir, je pense qu'il faudrait oser aller plus loin. La démocratie a-t-elle un sens si les citoyens ne peuvent décider de l'affectation des dettes ? Pour le dire autrement, à quoi sert la finance ? Pourquoi devrions-nous lui céder notre souveraineté, cela est-il justifié au regard des résultats ? Le rendement offert par la finance aux rentiers est très semblable à un bucheron assis sur la branche qu'il est train de scier : chaque crise vide les portefeuilles des petits épargnants et aucun investissement dans l'économie réelle n'est assuré par cette même finance. Par exemple, que l'on soit pour ou contre le nucléaire, la finance n'y mettra pas les pieds, la finance cherche les situations de bulle parce que ce sont les plus rémunératrices : aucun intérêt, ni pour les ménages, ni pour les entreprises de l'économie réelle. Seules quelques multinationales ont les capacités de profiter de cette économie spéculative ! j'aurais tendance à dire qu'il faut oser donner un grand coup de pied dans la fourmilière de la haute finance et oser reprendre notre souveraineté en créant nos propres monnaies citoyennes.
Cependant, en restant dans le cadre, peuvent se créer des monnaies fondantes donc non thésaurisables ou dédiées c'est à dire pour payer par exemple uniquement des produits européens ou des services de proximité... pour éviter que le QE4people ne file à l'exportation. Mais même si la BCE verse une rente de 500€/mois par ménage européen, l'Allemagne profitera quand même de cette manne car les Européens continuerons d'acheter VW ou Mercedes ou Bosch ou Siemens ou même Lidl !!! Je crains que nos économistes de haut niveau soient d'un conformisme confondant... je croyais que l'innovation était le moteur de la croissance apparemment pas chez les économistes institutionnels ??!!

BA 22/04/2016 14:57

Neuf pays de l'Union Européenne sont en faillite.

La Grèce, l’Italie, le Portugal, Chypre, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Irlande, le Royaume-Uni sont en faillite.

Chiffres Eurostat publiés le jeudi 21 avril 2016 :

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 311,452 milliards d’euros, soit 176,9 % du PIB.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2171,671 milliards d’euros, soit 132,7 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 231,345 milliards d’euros, soit 129 % du PIB.

4- Chypre : dette publique de 18,964 milliards d’euros, soit 108,9 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 434,186 milliards d’euros, soit 106 % du PIB.

6- Espagne : dette publique de 1072,183 milliards d’euros, soit 99,2 % du PIB.

7- France : dette publique de 2097,103 milliards d’euros, soit 95,8 % du PIB.

8- Irlande : dette publique de 201,266 milliards d’euros, soit 93,8 % du PIB.

9- Royaume-Uni : dette publique de 1662,984 milliards de livres sterling, soit 89,2 % du PIB.

Vendredi 22 avril :

Les « sages » allemands prônent un mécanisme de faillite des Etats.

Des experts allemands veulent imposer des pertes aux investisseurs sur certaines dettes de la zone euro.

C'est une proposition qui ravive le funeste souvenir de 2010 quand, à Deauville, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont émis l'idée de faire payer les créanciers des Etats en crise. Funeste, car cette déclaration a fait paniquer les marchés. La proposition du Conseil allemand des experts économiques, une institution respectée outre-Rhin et surnommée « conseil des sages », aura-t-elle le même effet ? Sans doute pas. Depuis la crise grecque, les Européens et la Banque centrale européenne ont mis en place des pare-feu aptes à rassurer en partie les investisseurs.

Les « sages » considèrent qu'il faut aller plus loin. Ils l'ont déjà dit par le passé, mais leur dernier rapport annuel souligne la nécessité d'instaurer un mécanisme de faillite des Etats dans la zone euro. « La création du Mécanisme de stabilité européen (MES) a servi à limiter les risques de contagion en période de crise », rappellent-ils. Problème : l'existence de tels dispositifs peut avoir des effets anesthésiants et inciter les investisseurs à sous-évaluer les risques. « Un mécanisme de faillite pour les pays pourrait pousser les créanciers à mieux calculer les primes de risque, sur la base de la probabilité de défaut des Etats », écrivent les auteurs. Avec une idée en tête : si les investisseurs évaluent mieux les risques, alors les pays de la zone euro seront obligés de mieux contrôler leur dette. La plupart des « sages » partagent les idées de la Bundesbank, qui milite pour des mécanismes de discipline. « Toutefois, pour les pays qui sont déjà trop endettés, il faudrait qu'ils puissent envisager de se délester d'une partie de leur fardeau à travers un mécanisme de faillite. »

Comment faire ? Répliquer la méthode FMI : pas d'aide financière du MES sans une analyse de soutenabilité qui, dans les cas où un programme d'ajustement économique ne suffit pas, peut déboucher sur un rééchelonnement de la dette, voire une réduction de la valeur nominale des titres détenus par les investisseurs. Les « sages » concèdent que des négociations devront être menées avec les créanciers avant d'appuyer sur le bouton rouge.

Favorable à une mutualisation des dettes, Peter Bofinger, le seul keynésien des « sages », a averti dans « The Telegraph » que ce projet était « le moyen le plus rapide de faire exploser la zone euro ».

http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021860404550-les-sages-allemands-pronent-un-mecanisme-de-faillite-des-etats-1215558.php

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