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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:11

 

Redressement de la France : Les moyens économiques et les fins sociétales

Les Objectifs fondamentaux

1 - Le but de l’action politique est sa contribution à la qualité du « vivre ensemble » dans la société.

2- Parmi les facteurs fondamentaux du bien vivre ensemble, il y a l’importance de la classe moyenne. Plus cette dernière est large et plus l’ensemble est apaisé : confiance entre agents, confiance en l’avenir, confiance et respect dans la démocratie, émancipation visible, etc. (Ce qui ne veut pas dire bien sûr que tout soit réglé).

3 - Le dirigeant politique doit donc se servir des outils de la puissance publique pour reconstruire une classe moyenne aujourd’hui en déshérence. (Cela concerne la France et au-delà l’ensemble de l’Occident, mais aussi ce qu’on appelle aujourd’hui l’impossible « moyennisation » dans les pays « émergés »).

4 - L’immense classe moyenne à reconstruire n’est pas celle d’hier. Celle-ci doit pouvoir ancrer ses nouvelles aspirations d’autonomie, d’inventivité et de dynamisme sur une sécurité sociale retrouvée.

Les moyens principaux

1 - Les outils de la puissance publique doivent être maitrisables ce qui passe par le retour de la pleine souveraineté, sans laquelle le « Démos » se trouve contesté et emprisonné.

2 - Considérant que la valeur travail - même revisitée par des aspirations nouvelles (autonomie, réalisation de soi, etc.) - reste l’instrument fondamental de la socialisation, la reconstruction d’une immense classe moyenne passe par le rétablissement d’un plein emploi productif de qualité, autorisant une croissance inclusive forte et la fin du déséquilibre extérieur.

3 - Dans une réalité qui confirme que le monde restera celui de la cohabitation concurrentielle entre Etats nations, l’arme monétaire est un outil indispensable au rétablissement du plein emploi : elle est un filtre entre un dedans maitrisable et un dehors à maitriser.

4 - Parce que la cohabitation entre Etats nations est fondamentalement concurrentielle, l’arme monétaire est aussi une arme de compétitivité. (Dénoncer le caractère catastrophique des actuelles dévaluations internes).

5 - La compétitivité porteuse du rétablissement des classes moyennes et du bien vivre ensemble passe aussi par des choix privilégiés en termes de branches d’activité : d’abord l’industrie, mais aussi l’agriculture, l’écologie, les technologies numériques. Les activités non porteuses de rendements potentiellement croissants (celles imaginées aux fins du soulagement du poids de la crise, non susceptibles de contribuer à l’équilibre extérieur) ne sont plus à privilégier.

6 - Le rétablissement de la souveraineté monétaire est d’abord un coût élevé pesant sur les classes moyennes dont on veut, pourtant, rétablir la place centrale. Le maintien de la confiance durant la difficile phase de reconstruction suppose donc la promptitude et la non-limitation des moyens de l’investissement.

7 - Cette non-limitation passe par la mise sous tutelle de l’ensemble des outils monétaires et financiers et, en particulier la fin de l’indépendance de la Banque de France.

8 - Une arme privilégiée de la non-limitation de l’investissement est le rachat de dette publique à échéance par la Banque de France.

Les moyens correspondants sont redistribués :

- aux banques chargées d’une mission de service public,

- aux agents économiques sous la forme d’une baisse des prélèvements publics obligatoires,

- à la puissance publique elle-même,

- aux éventuels litiges avec les victimes (non-résidents) de la perte de change.

9 - La mission de service public du système bancaire concerne notamment l’aide au rétablissement de l’équilibre extérieur : relocalisations, investissements substitutifs d’importations, agriculture de proximité privilégiant l’autosuffisance alimentaire, dé-carbonisation etc.

10 - Les moyens nouveaux de la puissance publique doivent privilégier l’avenir : formation, recherche, coopération interétatique - en particulier européenne- sur grands projets, investissements stratégiques, etc.

11 - La méthodologie du retour à la souveraineté monétaire passe par une habile négociation ne portant au départ que sur le questionnement du caractère non approprié de l’ordo-libéralisme allemand : la responsabilité de la fin de l’euro doit reposer sur l’Allemagne et non sur la France.

Conclusion : La fin du QE de l’actuelle BCE - qui augmente la base monétaire et non le crédit et donc l’investissement - et son remplacement par l’achat direct de dette publique participe à une véritable économie de l’offre rétablissant la confiance : l’aisance monétaire renoue avec le multiplicateur du crédit, lui-même encouragé par la baisse des prélèvements publics obligatoires. Parallèlement, les banques et en particulier, celles dites « Spécialistes en Valeurs du Trésors » (« SVT »), sont mécaniquement invitées à construire des produits financiers dont la contrepartie correspond à un investissement réel. (et non plus une dette publique dont la contrepartie est une dépense publique courante). Une croissance forte reconstructrice d’une classe moyenne large est ainsi enclenchée.

 

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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commentaires

Steve 19/01/2017 07:51

Bonjour
La dette est aussi un instrument de pouvoir qui permet de contrôler le débiteur.
La classe moyenne est celle qui consomme le plus et donc épuise le plus vite les ressources de la planète. Comme une certaine justice demande que tous les humains de notre planète puissent vivre décemment, si nous ne voulons pas que très vite la terre devienne aussi irrespirable que Delhi ou Pékin, il est nécessaire de limiter la consommation de cette classe tant que des solutions énergétiques non polluantes n'auront pas été éprouvées. la seule solution " soft" disponible actuellement est de maintenir une consommation au plus bas par le pouvoir d'achat bas: c'est ce qui est le moins visible comme contrainte.
Le seul gisement de croissance vivable est donc dans le développement de produits modulables et entièrement réparables: par exemple revenir au modèle chassis/carosserie indépendant pour les automobiles. Et avoir du tous les appareils du foyer construits non pas pour être jetés après le défaut d'un pièce mineure mais durables. Le modèle industriel des ordinateurs tours pour lesquels vous pouvez changer chaque pièce facilement et économiquement est à privilégier: la structure porteuse reste, vous pouvez suivre l'évolution technologique en changeant les composants un par un.
Ceci implique la disparition des usines monstrueuses fabricant des produits économiquement monolithiques .
Cordialement.

BA 18/01/2017 10:00

Record historique battu !

Pour empêcher l'effondrement total du système européen, la Banque Centrale Européenne a été obligée de racheter 24,7 milliards d'euros en une semaine !

Vous avez bien lu : 24,7 milliards d'euros en une semaine !

Pour empêcher l'effondrement total du système européen, la BCE est obligée de racheter :

- des obligations d'Etat pourries, qui n'ont plus aucune valeur,

- et aussi des obligations d'entreprise, dont la valeur dépend de la soi-disant « croissance économique », qui ne cesse de baisser en Europe.

Problème :

1- Les pays membres de la zone euro sont en faillite, et ils ne pourront jamais rembourser leur dette publique.

2- A part en Allemagne, les entreprises privées de la zone euro ne connaissent pas la soi-disant « croissance économique », qui aurait dû créer des millions d'emplois dans la zone euro. Rappelez-vous des promesses qu'on nous avait faites au moment de la création de l'euro.

3- Toute la zone euro est en faillite, et il n'y a plus que la Banque Centrale Européenne pour empêcher l'effondrement du système.

4- Malheureusement, une banque centrale n'a jamais pu, ne peut pas, et ne pourra jamais empêcher une crise financière. Lors de la prochaine crise financière, c'est toute la zone euro qui explosera, et sa banque centrale explosera avec elle.

Lundi 16 janvier 2017 :

La BCE a acheté pour 24,7 milliards d'euros d'actifs en une semaine, un record.

http://www.boursorama.com/actualites/la-bce-a-achete-pour-24-7-milliards-d-euros-d-actifs-en-une-semaine-un-record-3171a89d1668028ae8b5e02891fdf5fe

BA 16/01/2017 15:32

Trump se lâche sur l'Europe et prédit la désintégration de l'Union Européenne.

Dans une interview accordée à deux journaux européens, le futur président américain critique Angela Merkel, tend la main à Londres et Moscou, et envisage l’éclatement de l’UE sur fond de crise des réfugiés.

Ceux qui croyaient encore à un possible changement de style de Donald Trump, notamment en matière diplomatique, vont devoir se faire une raison. A moins d’une semaine de sa prise de fonction, le futur président des Etats-Unis a accordé une longue interview aux quotidiens britannique Times et allemand Bild. Les sujets abordés sont nombreux. Tous touchent de près ou de loin à l’actualité européenne - Brexit, avenir de l’Otan, sanctions contre la Russie, menaces protectionnistes, crise des réfugiés, accord sur le nucléaire iranien. Mais au-delà des petites phrases, des critiques ou des ébauches de stratégie sur tel ou tel dossier, cet entretien offre avant tout deux enseignements majeurs : Donald Trump mènera la politique étrangère américaine comme il a mené sa campagne - sans s’embarrasser des convenances - et il n’hésitera pas à bouleverser l’ordre international en place depuis des décennies.

Elu lui-même à la faveur d’une vague populiste, Donald Trump se targue d’avoir été l’un des seuls à anticiper le «succès» du Brexit. Alors que le Royaume-Uni va devoir mener de complexes négociations avec Bruxelles sur sa sortie de l’Union européenne, le futur président américain tend la main à Londres, se disant prêt à conclure «très rapidement» un nouvel accord bilatéral de libre-échange. «Je suis un grand fan du Royaume-Uni, nous allons travailler très dur pour qu’il soit conclu rapidement et dans les règles. Bon pour les deux parties», a-t-il souligné. Ces propos tranchent avec ceux de Barack Obama qui avait prévenu les Britanniques qu’en cas de sortie de l’UE, ils se retrouveraient au bout de la file d’attente pour négocier un nouvel accord commercial. Donald Trump, lui, promet de recevoir très rapidement Theresa May à Washington.

Le magnat de l’immobilier, dont la victoire surprise début novembre a été saluée par les courants nationalistes et souverainistes en Europe (à commencer par le Front national), semble expliquer principalement le Brexit par l’afflux de réfugiés sur le continent européen. «Les peuples, les gens, veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité», dit-il. Sans l’arrivée des réfugiés et de «tous les problèmes qui vont avec, il n’y aurait pas eu de Brexit», ajoute Donald Trump, qui prédit la désintégration progressive de l’Union européenne. «D’autres vont partir» car «les gens sont en colère». Colère, sentiment de perte identitaire, désir de frontières renforcées : les ingrédients qui ont porté Donald Trump à la Maison Blanche pourraient doper les populistes européens.

http://www.liberation.fr/planete/2017/01/16/trump-se-lache-sur-l-europe-et-predit-la-desintegration-de-l-ue_1541676

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