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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 09:34

Le tableau que l'on trouvera ci-dessous a déjà été publié sur le blog et offre une synthèse de notre ouvrage publié en 2012 (Banques Centrales, Indépendance ou soumission,  chez Yves Michel).

Il reste un bon outil pour les candidats souverainistes sérieux. Un souverainiste sérieux doit avoir le courage d'expliquer qu'une banque centrale ne saurait être une autorité indépendante, et qu'elle doit obéir au pouvoir politique régulièrement désigné par le peuple. C'est ce que nous avons appelé le "mode hiérarchique de gestion de la dette", mode à l'opposé de celui d'aujourd'hui où le souverain doit passer par le marché pour financer sa trésorerie et sa dette. Quand une banque centrale est autorité indépendante et qu'au surplus il lui est interdit de financer le Trésor, l'Etat correspondant cesse d'être souverain. Si les candidats souverainistes connaissaient l'histoire des Etats et la place déterminante qu'ils ont toujours accordée à la monnaie, ils comprendraient que le "mode marché de gestion de la dette" est une anomalie historique menant à une catastrophe planétaire.

 

La fin de cette anomalie permettrait de régler nombre de problèmes : boursoufflure de la finance dans le paysage de la société avec des banques anormalement grosses, avec un endettement de plus en plus massif pour produire de moins en moins de valeur ajoutée réelle, un détournement massif de l'économie réelle au profit des jeux financiers, un abandon des taux de change fixes au profit d'un marché près de 100 fois plus important que ce qui est nécessaire au commerce international, une totale liberté de circulation des capitaux autorisant des  chaines de la valeur optimisées pour bénéficier de coûts du travail mondialement plus faibles, des incohérences et contradictions de statuts avec des sujets devenus déboussolés et incapables de se repérer dans des cadres cohérents, une compétition  entre nations se transformant doucement en agressivité et rancœur, une montée du nationalisme voire du communautarisme pour les plus éloignés du marché compétitif, un retour aux formes les plus barbares de la religion, une dégradation de l'environnement, etc.

Que les candidats classiques des partis traditionnels soient incapables de proposer des solutions sérieuses est assez logique: ils sont issus des groupes d'acteurs qui sont à l'origine de la grande transformation menant à notre anomalie historique. Que les candidats souverainistes n'aient pas pris conscience de la radicalité des mesures à prendre est plus grave et témoigne d'une grande ignorance de l'histoire de la monnaie et des Etats. Ainsi nous continuerons au cours de la campagne à être les spectateurs de cette gravissime  inculture.

Êlections présidentielles: Ce que les souverainistes devraient avoir en tête
Êlections présidentielles: Ce que les souverainistes devraient avoir en tête

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Zone Euro
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commentaires

Laurent 26/02/2017 17:10

Bonjour Jean-Claude, je vais tenter de me procurer votre ouvrage. je crains comme Steve qu'il n'y ait aucun souverainiste dans les candidats à l'élection présidentielle, à gauche parce que c'est ou tabou ou un mensonge pour emporter le suffrages de quelques indécis, à droite parce que Bruxelles produit les conditions dont ils profitent jusque et y compris à l'extrême droite...
je rêve toujours d'une authentique démocratie donc par tirage au sort parmi l'ensemble des citoyens et de ce fait d'une banque centrale contrôlée par une assemblée populaire donc souveraine !!!
Bonne continuation et merci pour vos analyses.

Jean Claude Werrebrouck 27/02/2017 08:26

On peut effectivement rêver....

Steve 14/02/2017 19:26

Bonsoir M.Werrebrouck
Entre la situation financière de la France, la nécessité de traiter d'urgence la société délaissée et déclassée, la violence latente des banlieues ( liée pour une grande part à l'avenir bouché des jeunes) réformer l'état, développer la recherche et l'enseignement professionnel pour aider les industries performantes à se développer, tout en réindustrialisant partiellement le pays, le prochain élu saura difficilement où donner de la tête ( du moins celle dont il disposera). L'ampleur de la tâche et la dureté des décisions à prendre ont de quoi faire hésiter le plus brave. Gageons donc qu'arrivant au pouvoir à peu près au moment où tous commencent de songer à prendre leur retraite, ou d'y être mis sans trop souffrir, le prochain président hésitera avant de commencer à scier la branche sur laquelle il aura mis si longtemps à se hisser et trouvera Bruxelles fort commode pour décider à sa place et porter le chapeau des mesures impopulaires. Le quinquennat n'arrange rien bien sur. Aussi je suis désolé de croire que seul le poids de l'histoire en marche saura assumer le souverainisme salvateur que vous prônez. Pour peu que les différents lobbies militaires qui s'énervent ici où là dans le monde nous laissent survivre encore quelques décennies.
Donc à défaut de posséder un bunker et quelques lingots bien situés, je conseillerais vivement le stage de survie dans une tribu amazonienne ou en papouasie + un dans les navy seals si possible.

Cordialement.

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