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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 04:05

Cet article fait suite aux trois autres publiés les 19 et 22 mai puis le 8 juin. Il clot la série.

Les billets précédents ont pu montrer que la soi-disant «cigale française» ne correspondait nullement à un choix sociétal mais à une contrainte monétaire. Ils ont aussi montré que cette dernière ne pouvait en aucune façon être levée par une dévaluation interne.

Reste alors la question du taux de change qui sera celle abordée ci-dessous.

Cette question n’est évidemment jamais évoquée et nous ne trouvons guère d’analyse en ce sens concernant l’extraordinaire compétitivité allemande qui fait qu’en 2016 son excédent extérieur était de 289 milliards d’euros, soit 8,3% de son PIB….laissant loin derrière la Chine avec seulement 196 milliards d’euros d’excédent (1,8% de son PIB) ou le Japon avec un excédent de 188 milliards d’euros (3,8% de son PIB). Ce caractère extraordinaire l’est d’autant plus que la même Allemagne enregistre un solde budgétaire excédentaire de 23,7 milliards d’euros (0,8% de son PIB) alors même que Chine et surtout Japon connaissent un très lourd déficit. Cette anomalie le serait moins si la compétitivité de l’Allemagne s’analysait dans le cadre d’un taux de change différent. Sans l’euro, une monnaie spécifiquement allemande, poussée par les excédents ne pourrait en principe que s’apprécier dans de considérables proportions…. limitant la compétitivité et donc les excédents. L’euro est ainsi ce qui maintient un taux de change allemand artificiellement bas, et qui sert de base d’appui à une gigantesque subvention de compétitivité au profit de l’industrie allemande.

Ce raisonnement doit toutefois être nuancé car une monnaie allemande réévaluée n’entrainerait pas que des effets prix négatifs sur les exportations, elle développerait aussi, comme nous le verrons, des effets prix positifs sur les importations. Sans qu’il soit possible de donner une évaluation précise en raison de l’opacité des prix de transferts, le contenu importé des exportations (29% ?) viendrait soulager les effets prix d’une réévaluation.

Bien évidemment, le cas de la France serait largement symétrique et l’on peut penser qu’une dévaluation externe aurait des effets positifs. Affirmation qu’il convient toutefois d’ancrer et de nuancer par une argumentation précise.

Le premier argument qui rend de loin préférable une dévaluation externe est son impact immédiat sur les prix à l’importation qui augmentent et ceux à l’exportation qui baissent. Alors que la dévaluation interne suppose une longue, pénible, indirecte, et surtout incomplète contagion sur les prix, la dévaluation externe a un effet immédiat et surtout n’affecte pas directement les rémunérations et donc n’attaque pas le modèle social. Clairement, le salaire nominal ne baisse pas et seuls les produits importés viennent éroder le salaire réel.

Mais il faut aller plus loin que le seul effet prix.

Il existe tout d’abord un effet revenu qui correspond, comme nous venons de le dire, à une baisse de pouvoir d’achat. Cette baisse est elle-même liée à la propension moyenne et marginale à importer. Si, en effet, la consommation est largement composée de produits importés, la hausse de prix des importations affecte directement le revenu des ménages. Cet argument du pouvoir d’achat en baisse fut celui largement utilisé pour combattre - au moment de l’élection présidentielle- les arguments des souverainistes concernant la volonté de mettre fin à l’euro.

Cet effet revenu est lui-même porteur de caractéristiques qu’il convient de décrire. Tout d’abord il importe de repérer les effet de substituabilité : la hausse des prix des marchandises importées va affecter - à la hausse et à la baisse- la demande de marchandises nationales. A la hausse, pour les biens substituables aux importations (par exemple les poulets nationaux seront davantage achetés que les poulets brésiliens), et à la baisse, en raison de l’effet revenu de la dévaluation (globalement parce que le revenu réel baisse, on achète moins). En allant plus loin encore, l’effet de substituabilité sera d’autant plus important que, bien sûr, des productions nationales existent, mais aussi que ces productions sont suffisamment élastiques pour répondre à la nouvelle demande ( l’offre nationale de poulets peut augmenter facilement, mais à l’inverse l’offre nationale de pétrole restera longtemps bloquée).

Parce que l’euro permet de faire disparaitre tous les coûts de logistique financière (il n’y a plus à acheter à des organismes financiers des couvertures sur risques de change) les entreprises ont pu profiter pleinement des différentiels de rémunérations entre pays ce qui a allongé considérablement les chaines de la valeur. Parce que le contenu importé des productions nationales est devenu considérable pour la plupart des pays, on comprendra aisément que les effets de la dévaluation sur les flux importés sont faibles en volume. Ce qu’on appelle l’élasticité/prix à l’importation en volume est donc devenue proche de zéro dans la plupart des pays (et strictement égal à zéro pour la France).

Bien évidemment, la compétitivité des exportations baisse en Allemagne en cas de hausse du taux de change de la monnaie allemande, mais la baisse des coûts des importations atténue l’effet compétitivité négatif. Tout aussi évidemment, la compétitivité des entreprises françaises augmente en cas de baisse du taux de change français mais cette hausse est partiellement compensée par la hausse des coûts des importations. De ce point de vue, la fin de l’euro et l’apparition de taux de change ne peut que confirmer l’allongement de la chaine de la valeur en Allemagne. Symétriquement elle contestera cette chaine, dans le cas français, avec un outil économique appelé à davantage d’auto-centrage. Comme une réorganisation des chaines de la valeur est consommatrice de beaucoup de temps (le déplacement d’une chaine de fabrication se compte au moins en mois et plus souvent en années) on comprend que l’élasticité/prix des importations en volume peut rester nulle de très longs mois après la fin de l’euro.

Maintenant puisque les exportations des uns – grevées de leur contenu en importations que l’on vient d’examiner- sont les importations des autres, on comprend que très vraisemblablement l’élasticité/prix des exportations en volume ne peut elle- même être très élevée. Elle peut même avoir tendance à baisser avec l’avancée de la mondialisation (elle passe de O,5 dans les années 90 à 0,34 dans les années 2010 pour ce qui est de l’Allemagne et de 0,5 à 0,71 pour les mêmes périodes dans le cas de la France). D’où l’idée souvent affirmée selon laquelle la réapparition des taux de change dans la zone euro ne servirait à rien, alors qu’elle entrainerait une élévation des coûts - probablement élevés- de logistique financière.

On notera toutefois une différence entre France et Allemagne. Compte tenu de ce que nous venons d’examiner, l’Allemagne a davantage à souffrir de délocalisations plus fortes en cas de retour à la monnaie nationale que d’une asphyxie de ses exportations, et ce en raison de la baisse de son élasticité/prix à l’exportation. Cela signifie davantage de « made by Germany » et moins de « made in Germany ». Compte tenu de cette faible élasticité il faudra une forte amélioration du taux de change pour espérer un moindre excédent extérieur. Avec des conséquences sociales probablement difficiles…

S’agissant de la France son élasticité/prix des exportations plus élevée (et qui s’est un peu accrue en raison de sa position en termes de qualité de gamme) peut justifier une baisse du taux de change plus modérée pour rééquilibrer son solde extérieur. Pour autant, elle restera longtemps victime de la difficile reconstruction d’une élasticité/prix des importations réellement positive ( depuis longtemps disparition quasi-complète de tout ce qui relève de la consommation, éléments fondamentaux dans la fixation de la valeur de la force de travail : textile, habillement, cuir, chaussures, meubles, jouets, appareils ménagers et quasiment automobiles, sans compter l’effondrement partiel de l’industrie agro- alimentaire… et donc élasticité nulle de la production et propension à importer considérable). Certes, la baisse du taux de change constituera une opportunité de vente d’actifs extérieurs et donc les premiers moyens d’une relocalisation, mais ceci encore une fois exigera un temps s’exprimant davantage en termes d’années que de mois. Déplacer une branche industrielle n’est pas simple, mais reconstruire des compétences disparues est beaucoup plus ardu.

Résumons avant de conclure :

L’euro -sa préparation et sa construction- constitue une formidable réussite pour l’Allemagne et un mauvais choix pour la France qui adopte un taux de change irréaliste dès les années 90 avec la politique du franc fort dans un contexte de dévaluation des monnaies britannique, espagnole et italienne. L’effondrement progressif et continu de l’industrie manufacturière française remonte à ces années de préparation qui vont mener à la camisole de la monnaie unique et la disparition du taux de change. Ces années détruisent progressivement les ressorts traditionnels d’une politique de taux de change.

Il est logique de voir l’Allemagne accrochée à sa rente monétaire. Ce pays tentera le plus longtemps possible de maintenir la monnaie unique…. aussi en raison de ce qu’elle est la clé de voûte d’un système qui se définit en termes de liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes…mais aussi en termes d’interdit monétaire et budgétaire. Il est donc fondamental pour l’Allemagne de voir les autres pays respecter les contraintes budgétaires dont les dérives peuvent emporter le système financier…. et la monnaie unique. Encore une fois, l’Allemagne se moque des réformes structurelles de ses partenaires compétiteurs et ne s’intéresse qu’au bon maintien des règles qui permettent à l’euro, en tant que clé de voûte d’une domination, de se maintenir.

Le président Macron, défenseur – sans doute malgré lui - des intérêts allemands et au-delà de la classe sociale bénéficiaire de la mondialisation dans sa version européiste, va se plier à la logique de la dévaluation interne en attaquant le coût du travail et le système social français dès cet été. Nous avons montré dans le billet précédent que cette dévaluation était techniquement très difficile et particulièrement ruineuse. Elle ne peut que conduire à l’attrition voire l’effondrement d’un pays risquant de s’aventurer vers la fin d’un vivre ensemble acceptable.

La dévaluation externe, techniquement plus facile est, elle aussi politiquement dangereuse car elle devra pendant une longue période de temps accepter de payer les dégâts de ce qui fût les conséquences de la construction historique de l’euro : retrouver les marges de liberté par redéploiement de l’ensemble des chaines de la valeur. Même disparu depuis longtemps les pays de la zone continueront à souffrir de l’euro. Souffrance pour le faire naitre, souffrance pour le faire vivre, mais aussi souffrance à liquider les effets de sa disparition.

Ce redéploiement de l’outil de production suppose des efforts plus complexes que ceux consacrés au rétablissement des écluses sur les autoroutes de la finance. Il suppose d’abord un réel effort d’explication pour obtenir la fin de la peur qui, elle seule, maintient les avantages de l’Allemagne et de tous les acteurs bénéficiaires de cette monnaie unique. N’oublions pas qu’elle est, aussi et surtout, clé de voûte d’un système authentiquement mondialiste et dévastateur des classes moyennes à l’échelle mondiale. N’oublions pas que c’est dans son sillage que les autoroutes de la finance avec, en particulier, l’indépendance des banques centrales, ont pu s’affirmer à l’échelle planétaire. Parce que cet effort est considérable et met en cause l’ensemble des constructions idéologiques de ces 40 dernières années, il n’existe pas de force politiques permettant un tel redéploiement. Les débats concernant l’élection présidentielle ont confirmé cette extraordinaire difficulté. Et les recompositions politiques à venir semblent s’éloigner du vrai problème : le doigt désigne la lune et nous continuons à regarder le doigt.

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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BA 11/07/2017 18:00

Le Royaume-Uni va quitter l'Union européenne.

A propos de ce Brexit, la Commission européenne a évalué à 60 milliards d'euros la somme que le Royaume-Uni devra payer à l'Union européenne.

La réponse du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson est claire : « ils peuvent toujours courir ! »

Mardi 11 juillet 2017 :

Brexit : l'UE peut "toujours courir" pour sa facture, selon Johnson.

Les responsables européens peuvent "toujours courir" pour que Londres paye la facture du Brexit, évaluée à plusieurs dizaines de milliards d'euros, a lancé mardi le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson devant le Parlement.

"Les sommes qu'ils (les responsables européens : NDLR) proposent de réclamer à ce pays me semblent exorbitantes, et je pense que « ils peuvent toujours courir » est une expression tout à fait appropriée", a ajouté Boris Johnson, héros de la campagne en faveur du Brexit.

Aucun chiffre officiel concernant le règlement financier des engagements de Londres envers l'Union européenne n'a été publié, mais un haut responsable européen avait indiqué à l'AFP en avril que la Commission européenne l'avait évalué entre 55 et 60 milliards d'euros.

https://www.romandie.com/news/Brexit-l-UE-peut-toujours-courir-pour-sa-facture-selon-Johnson_RP/813983.rom

BA 06/07/2017 09:47

Connaissez-vous le « ratio Texas » ?

Moi non plus. Alors lisez cet article très instructif :

« Énorme ! Selon l’agence Fitch, les banques devraient être en faillite !! »

Article en langue espagnole :

http://www.expansion.com/empresas/banca/2017/06/30/5955422e46163f44218b457f.html


https://insolentiae.com/enorme-selon-lagence-fitch-les-banques-devraient-etre-en-faillite-ledito-de-charles-sannat/

BA 05/07/2017 07:55

A propos de l'Europe allemande :

Yanis Varoufakis était le ministre des Finances grec. Dans un livre, il raconte les coulisses de l'Europe allemande.

La phrase terrible qui résume tout est prononcée par le ministre des Finances français, Michel Sapin, qui explique à Yanis Varoufakis :

« Yanis, vous devez comprendre une chose. La France n'est plus ce qu'elle était. »

Cet article montre que l'Union Européenne est comparable à un bus : la Grèce et la France sont assises sur la banquette arrière. Elles n'ont pas leur mot à dire. Elles ne disent rien. L'Allemagne est au volant. L'Allemagne conduit le bus. L'Allemagne va où elle veut, quand elle veut.

C'est ça, l'Europe allemande.

Lisez cet article :

Quand Varoufakis dévoile les coulisses de l’Europe.


https://www.lesechos.fr/monde/europe/030420449881-quand-varoufakis-devoile-les-coulisses-de-leurope-2099055.php#xtor=CS1-33

BA 29/06/2017 14:43

A propos de la ministre des Armées Florence Parly :

Florence Parly : "représentante" de la banque Edmond de Rotschild.

Une info est omise par les médias, mais le chercheur à l'université de Liège Geoffrey Geuens nous a alertés :

Dans le cursus de Florence Parly, on mentionne bien "l'ancienne directrice d'Air France et de la SNCF". On signale également que "son mari, Martin Vial, dirige l'Agence des participations de l'Etat (APE), présente dans les grands groupes de défense français", qu'il est même "membre du conseil d'administration de Thales". Ce qui, par parenthèse, en dit long sur l'endogamie de notre élite.
Mais pour elle, on oublie une casquette : depuis janvier 2016, elle appartient au conseil de surveillance de l’entreprise Zodiac Aerospace. Elle y siège comme représentante du "Fonds Stratégique de Participation", qui n'a rien à voir avec le public Fonds stratégique d'investissement.

Qu'est, en effet, ce FSP?
C'est une émanation du groupe Edmond de Rotschild.
On lit sur leur site:
 « Le FSP est géré par le groupe Edmond de Rothschild. Regroupant six assureurs majeurs en France (BNP-Paribas Cardif, CNP Assurances, Crédit agricole assurances, SOGECAP (groupe Société générale), Groupama et Natixis Assurances), le FSP est un actionnaire de long terme dans le capital de sociétés françaises ».
Voilà donc une ministre (de plus) dont les liens avec la banque et l'industrie sont étroits. Ici avec le groupe Edmond de Rotschild, basé en Suisse, qui, comme le révélait Cash Investigations, dispose de 142 sociétés écrans dans des paradis offshore...

Sans doute entre-t-elle au gouvernement par souci d'équilibre avec son président Macron qui, lui, oeuvrait, à la banque d'affaires Rotschild et Cie, basée à Paris. Voilà un gage de pluralisme.

Comme le disait (presque) Jean Gabin : "Ce n'est plus un gouvernement, c'est un gigantesque Conseil d'administration !"

http://www.francoisruffin.fr/florence-parly-reprensentante-de-la-banque-edmond-de-rotschild-

BA 28/06/2017 17:41

L'Union européenne, c'est le tonneau des Danaïdes.

L'Union européenne, c'est un gouffre financier, qui appauvrit les classes populaires, qui appauvrit les classes moyennes, et qui demande toujours plus d'argent aux CONtribuables.

Mercredi 28 juin 2017, nous venons d'apprendre que, dans les années qui viennent, il manquera 20 milliards d'euros par an au budget de l'Union européenne !

20 milliards d'euros par an !

CONtribuables, préparez-vous à payer pour remplir … le tonneau des Danaïdes.

Lisez cet article :

La combinaison du Brexit et de nouveaux défis coûteux comme la défense européenne vont représenter un "trou" de jusqu'à 20 milliards d'euros par an pour le budget de l'UE, a prévenu mercredi le commissaire européen en charge du dossier.

Le Royaume-Uni "était un contributeur net malgré le rabais accordé à Margaret Thatcher" et "il nous manquera entre 10 et 11 milliards d'euros chaque année" après son départ, a souligné Günther Oettinger lors d'une conférence de presse.

« Dans le même temps, l'UE doit financer de nouvelles mesures, en matière notamment de défense, de sécurité et de migrations », a-t-il ajouté, lors de la présentation d'un rapport de la Commission sur l'avenir du budget européen à 27.

Avec ces nouvelles dépenses, "le trou total pourrait donc être jusqu'à deux fois plus élevé" que celui laissé par le seul Brexit, a écrit M. Oettinger dans un texte publié mercredi à cette même occasion.

Il y aurait ainsi jusqu'à 20 milliards d'euros d'écart entre le niveau des recettes post-Brexit et celui des dépenses annuelles nécessaires, selon le commissaire, invitant les Etats membres à "ne pas faire la politique de l'autruche" et à exprimer des choix clairs, entre la quête de nouvelles ressources et des coupes dans le budget de l'UE.

https://www.romandie.com/news/Brexit-nouveaux-defis-un-trou-de-20-milliards-dans-le-budget-UE_RP/809997.rom

BA 25/06/2017 20:45

Les Etats-Unis achètent des hommes politiques français !

Les Etats-Unis paient des hommes politiques français pour faire la promotion de la construction européenne !

D'octobre 2013 à janvier 2016, la ministre des Armées Sylvie Goulard était payée 10 000 dollars par mois par un organisme américain chargé de faire la promotion de la construction européenne !

Lisez cet article ahurissant :

Sylvie Goulard a été rémunérée pendant deux ans par un think tank américain.

Sibyllin, Le Canard enchaîné évoquait cette semaine des "ménages" quand elle était eurodéputée. Sur sa déclaration d'intérêts au Parlement de Strasbourg, Sylvie Goulard mentionne d'elle-même un poste de "conseiller spécial" auprès de l' "Institut Berggruen" pour des revenus "supérieurs à 10.000 euros mensuels".

Selon nos sources, via sa propre société de conseil, elle a été rémunérée par cet institut d'octobre 2013 à janvier 2016. "Tout était déclaré et ces sommes étaient brutes", insiste un proche de l'ancienne ministre.

Créé et financé par Nicolas Berggruen, fils du richissime marchand d'art Heinz Berggruen, l'institut Berggruen, dont le siège est en Californie, est une organisation à but non lucratif chargée de "réfléchir aux systèmes de gouvernance". Sylvie Goulard, qui se destinait au Quai d'Orsay, a-t-elle été bien inspirée d'être appointée par cet organisme pendant plus de deux ans, pour près de 300.000 dollars ? "Le Berggruen fait la promotion de l'Union européenne et contribue au débat d'idées", jure-t-elle, parlant "d'un non-sujet"… à plus de 10.000 dollars par mois.

http://www.lejdd.fr/politique/mais-pourquoi-sylvie-goulard-a-t-elle-quitte-le-gouvernement-3371234

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