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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 04:40

                

La prise de conscience des turbulences financières et de leurs conséquences fait émerger, dans le langage utilisé, les termes de « régulation » et de « grand retour de l'Etat ». L'idée selon laquelle le politique se serait noyé dans l'économie est souvent évoquée, avec bien évidemment la  critique de l'ultralibéralisme et la volonté d'en finir avec  30 années de domination économiciste.

Mais les projets de refondation sont souvent d'une grande timidité, et certains peuvent se demander si le grand retour de l'Etat n'est pas, plus simplement,  la prise de contrôle des Etats par la finance. Le risque en finance étant global - on dit systémique- et non local comme le risque économique courant, il est seulement maitrisable par une instance en surplomb : le politique. Il n'est donc pas illogique de penser, que le contrôle du risque financier, puisse être mené à bien par le contrôle du politique par la finance. Hypothèse séduisante qui trouve des bribes  de confirmation empirique dans les troublantes circulations de dirigeants de la finance vers l'administration du trésor aux USA, en France ou ailleurs . Circulation bien examinée par Simon Johnson ( The « atlantic » mai 2009) pour ce qui est du cas américain. Hypothèse qui pourrait donner aussi une grille de lecture nouvelle concernant l'indépendance des banques centrales : mieux contrôler les Etats, c'est aussi disséminer leurs pouvoirs et leur retirer la politique de la monnaie, affaire de spécialistes, que l'on découvre plus volontiers chez les dirigeants de la finance.

Parmi les refondateurs les plus éloignés de cette vision du retour du politique, comme aboutissement de la financiarisation du monde, nous avons à l'instar de Paul Jorion, l'idée de la mise en place d'une constitution pour l'économie, comme il existe une constitution politique.


L'idée est à bien des égards  séduisante. La constitution politique serait ce qui aurait historiquement apaisé et mieux encore civilisé les rapports entre les hommes dans l'ordre politique. Il s'agirait d'emprunter ce modèle, et l'appliquer sur un tout autre ordre qui est encore à apaiser et civiliser : l'ordre économique. L'économie serait ainsi un espace encore sauvage, comme le capitalisme du même nom, et il conviendrait de faire œuvre civilisatrice en l'arrimant à une constitution.


Sans doute ce capitalisme n'est-il pas complètement sauvage, et se trouve- t'il déjà enrobé par des règles. Ainsi la finance dispose d'un carcan de règles extrêmement précises, mais elles ne forment pas système, comme le font les règles constitutionnelles de l'ordre politique. Il conviendrait donc de mettre de l'ordre dans un système juridique  encore trop anarchique.


Il n'est pas question ici de vouloir minimiser l'intérêt d'un projet qui reste extrêmement original dans un contexte de grande crise des sciences humaines. Par contre, il convient de s'interroger sur le cadre juridique à construire. S'il ne s'agit que d'un ensemble de règles économiques formant système, en quoi se distingue-t-il d'un droit commercial, d'un droit des contrats, d'un droit du travail etc. ? Et, de ce point de vue, si ces derniers systèmes juridiques sont insuffisants dans leur étendue spatialo- juridique , il suffirait de les élargir et de les compléter.  Si tel n'est pas le cas, en quoi une constitution  pour l'économie entrainerait-elle  une différence de nature ?


Maintenant on voit mal en quoi il y aurait 2 constitutions qui régiraient l'inter action sociale : une pour les activités politiques, et l'autre pour les activités économiques. Parce que dans les deux cas, il s'agirait de règles constitutionnelles, il faudrait bien qu'il y ait harmonie entre les deux ordres, ce qui signifie qu'il y aurait au dessus, des principes plus généraux et donc plus génériques. En clair la constitution est une et ne saurait se décliner en fonction de la nature de telle ou telle interaction sociale. Il ne saurait donc exister une constitution politique, et, une constitution économique. Au demeurant  on ne trouve guère répandue l'expression de constitution politique. On évoque simplement l'idée de constitution pour embrasser l'ensemble de l'interaction sociale. Sur un plan pratique, la règle constitutionnelle- telle que vécue aujourd'hui -est bien  le corps de métarègles , corps sur la base duquel s'enracine des corps de règles spécifiques, correspondant à des interactions sociales, elles- mêmes spécifiques.


Il est exact que la lecture d'une constitution concrète spécifique invite à penser, en première lecture, que pour l'essentiel, seules les questions de l'organisation politique sont traitées dans le détail. Mais précisément le politique est le point d'appui, ou l'extériorité qui fonde le vivre ensemble. Tout le reste est annexe, et il n'existe pas une instance économique indépendante de l'instance politique, en ce sens que ce qu'on appelle économique n'est qu'une variété de politique, mieux encore, l'économique aujourd'hui est probablement un choix politique.


Un examen attentif de l'histoire du vivre ensemble chez les hommes le révèle aisément ces dernières affirmations.

Pierre Clastres a montré il y a bien longtemps, et Marcel Gauchet a repris cette idée, que le religieux fût historiquement la première forme du politique.


Le mythe des anciens et des primitifs, est l'extériorité radicale, le point d'appui du vivre ensemble et de toutes les pratiques humaines. Ce stade est celui d'une commune dépossession, en ce sens que tous, sans exception, obéissent aux forces d'un au-delà, radicalement inaccessible. Cette radicalité est elle-même fondatrice de l'égalité radicale entre des hommes, qui englués dans le mythe, sont aussi les jouets d'un monde fondamentalement holistique.


Dans un second temps du vivre ensemble des communautés humaines, des hommes vont réussir à se distinguer des autres en ce qu'ils se disent être en position de communiquer avec les forces de l'au-delà. Ces hommes, seront les fondateurs de ce qu'on appelle traditionnellement le politique et seront à terme fondateurs de l'aventure étatique. A ce stade, puisque le politique prend naissance dans le religieux, nous aurons le plus souvent des systèmes étatiques où la religion l'emporte encore sur le politique. Il faut toutefois bien comprendre que le politique ne nait pas de ce coup de force de certains (coup d'état fondateur de l'Etat comme aimait le dire Pierre Clastres). Il était déjà fondamentalement présent dans le stade antérieur, celui des premières formes de religion, qui ne sont rien d'autres que les premières formes du politique, en tant que première forme d'extériorité à partir de laquelle tous se rattachent.


La nouvelle forme du politique sera -elle-même appelée à évoluer. Et on passera successivement d'un Etat enkysté dans la religion à une religion enkystée dans l'Etat, forme étatique qui finira par expulser la première forme du politique en se séparant du religieux : le politique moderne est né.


L'accouchement progressif du politique moderne, rend crédible chez les hommes l'idée  que la société et ses pratiques, sont autant d'instances simplement humaines, c'est-à-dire fabriquées par eux. Ils apprenent ainsi que l'extériorité est une construction dont il sont les seuls responsables, qu'ils peuvent en conséquence en changer. Cette prise de conscience est porteuse de la fin du holisme et de la montée de la personne : si l'échange de dons était la manifestation concrète du holisme et condition de sa reproduction, l'échange marchand intéressé entre les personnes, deviendra la manifestation concrète de l'individualisme et condition de sa reproduction.


Le holisme interdisait l'économie ou la contrôlait avec radicalité. L'individualisme moderne construit tous les ingrédients de la machine économie : fixation des droits et devoirs, définition raffinée de la propriété, affaissement des antiques liens de solidarité....autant d'instances qui vont limiter les « coûts de transactions »- comme disent les économistes- et libérer une économie jusqu'ici interdite.


De même que le succès de l'aventure étatique devait rendre ingrat l'enfant vis-à-vis  de sa mère : la religion ; le succès de l'aventure économique - ce qu'on appelle la croissance ou le développement- devait récemment rendre ingrat l'économie vis-à-vis de sa mère : l'Etat. Il faut que l'Etat se retire, et libère les forces d'un marché plus intelligent que lui, Hayek affirmant même que le marché est beaucoup plus que le marché. Mais cette libération qui est aussi l'émergence récente et rapide de la mondialisation, ne fait pas disparaitre l'extériorité et « dans la tombe l'œil regarde encore Cain » . C'est que l'extériorité prendra de nouvelles formes, par exemple le système des prix . Les prix sont bien un au-delà inaccessible : construits par chacun à son insu, ils constituent un phénomène social incontrôlable, et prennent l'allure d'un phénomène aussi naturel que le mouvement des planètes. La crise est, elle-même, aussi incontrôlable que les tsunamis.


Les hommes ne peuvent se passer de l'extériorité. Cette dernière se transforme, évolue, mais demeure le point d'appui de la société, qu'elle qu'en soit la forme et le niveau de civilisation. Elle était la religion, elle est successivement devenue le politique, puis l'économie. Qu'elle qu'en soit la forme apparente-religion ,politique ,économie- elle est toujours d'essence politique puisqu'elle est la forme historique prise pour assurer la relative cohésion sociale d'un groupe humain. Il est d'ailleurs intéressant de constater qu'il existe au fond des relations d'équivalence qui nous permettent de poser des questions embarrassantes : si l'économie est l'équivalent de la religion, en ce qu'elle est la forme nouvelle de l'irrépressible extériorité, les économistes sont-ils des clercs ou fonctionnaires de la religion des temps modernes ? Et la théorie économique est -elle l'équivalent de la théologie ? Il ne saurait être question  d'aborder ici un sujet aussi délicat. Il est pourtant de très grande importance. Remarquons enfin qu'affirmer -comme très souvent- que l'ultralibéralisme qui serait pratiqué depuis une trentaine d'années serait l'effacement progressif du politique au profit de l'économicité est une expression dépourvue de sens. La société de marché est tout aussi politique qu'une autre, et le marché est, aujourd'hui, ce qui fait société, ce qui maintient un ordre en tant qu'ordre social , donc ordre politique.

Au total, il convient de constater, que très probablement, évoquer une constitution pour l'économie, comme il y a eu une constitution pour le politique, est au moins une appellation maladroite. Une telle expression entraine une confusion sur la nature profonde de ce qu'est l'économie. Et il ne saurait être question de travailler les configurations de l'économie sans connaitre la nature de la matière première.


Les quelques réflexions précédentes ne sont en aucune façon une critique des travaux menés par Paul Jorion aux Etats-Unis. Simplement elles s'attachent à préciser un  vocabulaire, qui risque aussi d'être un matériau pouvant conduire à des inexactitudes de raisonnement.


En revanche, si l'on accepte l'idée que l'économie n'est que la forme moderne de l'extériorité radicale -condition anhistorique de l'homme- il est sans doute possible d'enrichir les résultats des travaux de réflexion qui seront menés quant à sa refondation. Rebâtir, reconfigurer cette extériorité radicale, passera probablement par une limitation  de l'économie : il s'agirait de la ré enchâsser dans des structures juridiques, qui bien sûr restent à inventer, et qui seraient ce que Paul Jorion appelle selon une terminologie  contestable, une constitution pour l'économie. La réalité et la grande brutalité de la crise faciliteront, hélas, l'avancée des propositions.

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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BA 04/09/2009 22:59

L’emploi aux Etats-Unis : 9,7 % de chômeurs en août (le pire chiffre depuis juin 1983).

Vendredi 4 septembre :

La Fed prévoit que le taux de chômage puisse atteindre 10,1 % à la fin de décembre et qu'il continue de monter encore pendant une bonne partie de 2010.

La montée du nombre de chômeurs de longue durée inquiète particulièrement les autorités. La Fed estime qu'elle pourrait entraîner une "perte de savoir-faire" aux conséquences dramatiques pour le pays.

Pour l'économiste indépendant Joel Naroff, "la course aux licenciements a ralenti mais il faudra une vraie croissance avant que le marché de l'emploi aille bien de nouveau".

D'autant plus que les chiffres du ministère ne témoignent pas entièrement de la réalité. Si l'on prend en compte les chômeurs dits "découragés" et les gens contraints par la crise de ne travailler qu'à temps partiel, le chômage touche près de 26 millions de personnes et non pas les seuls 14,9 millions de chômeurs "officiels".

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=c55633c9f2888a7a5790517bdc09e468

BA 02/09/2009 23:23

Mercredi 2 septembre 2009 :

Quelque 70.000 entreprises menacées en France, selon le Medef.

La présidente du Medef Laurence Parisot prévient que la vague des plans sociaux n'est pas terminée et que 70.000 petites et moyennes entreprises sont menacées de disparition cette année.

A l'occasion de l'ouverture de l'université d'été de l'organisation patronale, elle a estimé que le soutien aux PME et la réforme des retraites étaient prioritaires, et a délivré un satisfecit à la politique fiscale du gouvernement.

Priée de dire si la vague des plans sociaux était terminée, elle répond dans un entretien publié par Le Monde que "le plus grand plan social, ce sont les dépôts de bilan des PME".

"Si l'on reste sur le rythme du début d'année, près de 70.000 entreprises vont disparaître en 2009 et, avec elles, des centaines de milliers d'emplois", ajoute-t-elle.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=206f02153c91a342c230401ab5a174aa

BA 16/08/2009 09:47

Vendredi 14 août, nous avons appris trois nouvelles :

- 1ère nouvelle :
Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.
Le nombre de faillites a bondi de 38 % d’avril à juin 2009 aux Etats-Unis, montrent des documents publiés par l’administration judiciaire, signe que les particuliers et les entreprises ont payé un lourd tribut à la hausse du chômage et au gel du marché du crédit.
Au total, 381.073 procédures de faillite ont été ouvertes au deuxième trimestre, 15 % de plus que lors des trois premiers mois de l’année, 38 % de plus que lors de la même période l’année dernière.
Plus de 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin, un chiffre sans précédent depuis le deuxième trimestre de 1993.
La hausse des faillites de sociétés a grimpé de 64 % par rapport à l’année dernière et le placement sous la protection du "chapitre 11" a plus que doublé au cours des six premiers mois de 2009 par rapport au premier semestre 2008.

- 2ème nouvelle :
Wall Street a terminé en baisse vendredi 14 août, plombée par une mauvaise statistique de confiance du consommateur américain.
L’indice de confiance du consommateur Reuters/Université du Michigan est ressorti à 63,2 en première lecture en août contre 66,0 en juillet et 68,5 attendu.

- 3ème nouvelle :
Etats-Unis : Colonial Bank, plus gros établissement bancaire à faire faillite cette année.
C’est la 74ème banque à faire faillite aux Etats-Unis depuis le début de l’année. Sa chute est également l’une des vingt plus grandes faillites survenues dans le pays depuis 1980.
Pour toute l’année 2008, 25 banques avaient fait faillite. Depuis le début de l’année 2009, il y a déjà 74 banques en faillite.

Conclusion : tout va très bien, madame la Marquise.

BA 30/07/2009 18:29

Depuis le mois d’octobre 2006, les ménages français empruntent de moins en moins pour acheter leur logement :

http://www.crisedusiecle.fr/france-credits-menages-detail-HAB.html#graph1

Depuis le mois de juin 2008, les ménages français empruntent de moins en moins pour leurs crédits à la consommation :

http://www.crisedusiecle.fr/france-credits-menages-detail-TRES.html#graph1

Depuis le mois de juillet 2008, les entreprises françaises empruntent de moins en moins pour leur investissement :

http://www.crisedusiecle.fr/france-credits-entreprises-detail-INV.html

Depuis le mois d’octobre 2008, les entreprises françaises empruntent de moins en moins pour leur trésorerie :

http://www.crisedusiecle.fr/france-credits-entreprises-detail-TRE.html

Conclusion : les banques distribuent de moins en moins de crédits aux ménages français. Les banques distribuent de moins en moins de crédits aux entreprises françaises. Dans les mois qui viennent, les banques françaises vont donc gagner de moins en moins d’argent.

La deuxième crise financière arrive.

La deuxième crise financière va être terrible pour les banques françaises.

BA 23/07/2009 16:35

L'environnement financier a eu beau se détériorer en 2008, les ménages français sont restés friands de crédits. D'après une étude de l'Observatoire des crédits aux ménages, le taux de diffusion des crédits en 2008 s'est en effet établi à 52,6 % de l'ensemble des ménages. Un des niveaux les plus élevés depuis vingt ans. En tout, ce sont 14,05 millions de ménages français qui disposaient d'un crédit l'an dernier.

Alors que la situation des établissements de crédit suscitait des inquiétudes, les ménages n'ont pas tiré un trait sur leurs projets en 2008 : 9,8 millions de nouveaux crédits ont été débloqués, en légère baisse de 4,4 % après une année 2007 exceptionnelle.

2009 devrait être une autre histoire, les prévisions tablant sur un recul d'environ 25 % sur l'année.

http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/02076325524.htm

Pour les banques françaises, le choc va être terrible.

En 2008, les banques françaises ont distribué aux ménages 4,4 % de crédits de moins !

En 2009, les banques françaises vont distribuer aux ménages 25 % de crédits de moins !

Conséquence concrète : les banques françaises vont gagner beaucoup moins d’argent dans les années qui viennent.

BA 21/07/2009 11:36

Un article génial de Paul Jorion :

http://www.pauljorion.com/blog/?p=3841

BA 19/07/2009 22:14

La pandémie de grippe porcine, qui se propage à une vitesse sans précédent selon l'OMS, pourrait saper les chances d'une reprise de l'économie planétaire cet automne et la plonger dans une phase de déflation, a prévenu vendredi 17 juillet le cabinet britannique Oxford Economics.

Ce cabinet, lié à la célèbre université anglaise d'Oxford, dit avoir extrapolé les conséquences économiques potentielles de la grippe porcine à partir des précédentes épidémies grippales et de celle de pneumonie atypique (ou SRAS) qui avait éclaté en Asie en 2003.

Il en conclut, dans une étude publiée vendredi, que si l'impact économique et social de la grippe porcine est pour l'instant "très réduit", "si les taux d'infections se mettaient à grimper, il faudrait s'attendre à des coûts importants".

Les économies asiatiques avaient su se remettre rapidement après la crise du SRAS, mais "cette fois-ci, un rebond aussi rapide semble peu probable", avance le cabinet, en expliquant que la grippe porcine risque de bloquer chez eux des millions d'employés, et de faire chuter la consommation et les dépenses touristiques dans les pays touchés.

"La perte au niveau du Produit Intérieur Brut pour six mois de pandémie pourrait atteindre environ 5 % au Royaume-Uni", en cas d'infection de 30 % de la population, et d'un taux de décès de 0,4 %, des hypothèses conformes au pire des scénarios établis par les autorités sanitaires britanniques.

Et il se pourrait même que "la grippe porcine entraîne le Royaume-Uni et le reste du monde dans la déflation", c'est-à-dire une crise économique profonde marquée par une baisse générale et prolongée de la valeur des biens et des actifs, et qu'elle retarde de deux ans le redressement de l'activité économique, prévient le cabinet.

http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/516971/la-grippe-a-pourrait-couter-cher-a-l-economie-mondiale.html

BA 02/07/2009 16:17

Quatre cent soixante sept mille emplois ont été supprimés au mois de juin aux Etats-Unis, un nombre plus élevé que prévu qui a contribué à gonfler le taux de chômage. Ce dernier s'élève désormais à 9,5 %, soit le niveau le plus élevé en 26 ans, et suggère que le chemin vers le rétablissement de l'économie sera accidenté, selon les chiffres communiqués jeudi par le Département du travail.
Même si la récession donne des signes d'apaisement, les entreprises vont probablement vouloir continuer à resserrer leurs coûts et à faire preuve de prudence en matière d'embauches jusqu'à ce qu'elles soient certaines du retour de l'économie en terrain solide.
Quelque 14,7 millions de personnes sont aujourd'hui sans emploi aux Etats-Unis.
La hausse du taux de chômage qui s'établissait à 9,4 % en mai est cependant moins sévère que les 9,6% attendus. Reste que de nombreux économistes s'attendent à ce que le taux de chômage grimpe à 10% cette année, et continue d'augmenter au cours de l'année prochaine avant de baisser.
Depuis l'entrée des Etats-Unis en récession en décembre 2007, l'économie a perdu au total 6,5 millions d'emplois.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=d0e71a4d4a4fd41b103d0ae16c45b7ef

Conséquence : la consommation va continuer à s’effondrer aux Etats-Unis.

Conséquence numéro 2 : l’économie mondiale va continuer à s’effondrer.

BA 01/07/2009 15:49

Récapitulons : les banques européennes ont emprunté 442,24 milliards d’euros à la BCE en juin. Taux d’intérêt : 1 %.

Ensuite, les banques européennes ont déposé 252,067 milliards d’euros à la BCE alors qu’elles ne toucheront des intérêts que de 0,25 % !

Conclusion : les banques européennes empruntent à 1 %, puis elles épargnent à 0,25 %. Pourquoi ? Parce qu’elles savent que la deuxième crise financière arrive. Dans la panique, elles placent leur argent en lieu sûr (à la BCE) même si ça ne leur rapporte rien du tout. Au moins, elles savent que ces 252,067 milliards d’euros seront sauvés.

Regardez bien ce graphique qui représente le montant des sommes que les banques européennes ont déposées à la BCE :

http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=ECBLDEPO:IND

Le graphique récapitule l’évolution sur les 6 derniers mois.
Cliquez sur l’onglet « 5Y » pour voir l’évolution sur les 5 dernières années. Vous verrez que, lorsqu’une crise financière éclate, les banques européennes paniquent et déposent des sommes gigantesques à l’abri, c’est-à-dire à la BCE.

Aujourd’hui, ça recommence. Les banques européennes voient arriver la deuxième crise financière. Elles paniquent et déposent 252,067 milliards d’euros à la BCE. Au moins, ces 252,067 milliards d’euros sont en lieu sûr.

BA 01/07/2009 10:22

Les banques européennes mettent leur argent à l’abri en prévision de la deuxième crise financière qui arrive.

Les banques européennes mettent leur argent en dépôt à la Banque Centrale Européenne, alors que les taux d’intérêt versés par la Banque Centrale Européenne sont quasi-nuls.

Les banques européennes préfèrent placer leur argent à la Banque Centrale Européenne, même si cela ne leur rapporte presque aucun intérêt, car leur argent y sera en sécurité lorsque la deuxième crise financière éclatera.

Regardez bien ce graphique : il montre les sommes d’argent déposées par les banques à la Banque Centrale Européenne.

Depuis quelques jours, ces sommes d’argent déposées explosent. Cela montre que les banques européennes savent que la deuxième crise financière est imminente : elles mettent donc leur argent à l’abri pour le protéger de ce tsunami :

http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=ECBLDEPO:IND

BA 15/06/2009 12:55

Les comptes des banques ne se redressent pas ? Truquons les comptes !

Même si la crise financière s'est calmée (ce que symbolise la décision de dix banques américaines de rembourser les aides du Trésor US), la récession généralisée pèse sur le bilan des banques françaises. Entre l'augmentation des faillites et la chute de l'immobilier, les établissements financiers risquent de continuer à déprécier leurs actifs (toxiques ou non). Et à afficher des pertes. La Société générale ou Natixis sont concernés au premier plan. Que faire pour éviter ces mauvaises nouvelles? Changer les normes comptables, tout simplement.
C'est ce que le lobby bancaire, soutenu par le gouvernement français, est en train d'obtenir. Les autorités comptables de l'Europe, l'International Accounting Standards Board (IASB), ont cédé aux pressions des pouvoirs publics européens. Une réunion s'est tenue mardi à Luxembourg entre les ministres des Finances de l'UE et les représentants de l'IASB. Au menu, la révision de la norme comptable dite "IAS 39".
Les gouvernements ont plein de bons arguments: l'IASB n'est pas un organisme démocratique, son conseil d'administration ne comporte pas de représentants des autorités ou des patrons d'entreprises, etc.), et surtout la norme IAS 39 est critiquable.
Rappelons-le, pour les ignorants de la chose comptable. IAS 39 encadre la manière dont doivent être valorisés les actifs financiers possédés par les entreprises. Et il repose sur la notion de "fair value" (juste valeur), c'est-à-dire de comptabilisation à la valeur de marché (ou "mark-to-market"). Beaucoup de jargon pour décrire une transformation récente de la comptabilité française. Dans la comptabilité traditionnelle, on enregistre l'acquisition d'un bien le jour de son achat et ce n'est qu'au moment de sa cession (à un prix différent) qu'on enregistre la différence (sous forme de moins value ou de plus-value). Avec IAS 39, c'est à chaque fois qu'on présente ses comptes qu'on vérifie si la valeur de l'actif a évolué à la hausse ou à la baisse. Et qu'en conséquence, on déprécie ou non son bilan.

Du fait d'IAS 39, le bilan des banques a connu une très forte volatilité, et cela a amplifié la crise. Quand le marché des actifs structurés (CDO, CDS, RMBS, etc.) s'est effondré, les banques ont dû passer des énormes dépréciations, annoncer des pertes gigantesques, et préparer des augmentations de capital pour augmenter leurs fonds propres et ainsi respecter les obligations légales. Et cela au pire moment puisque, en pleine crise, plus personne n'était prêt à leur apporter de l'argent.
Depuis le début de la crise, IAS 39 est accusée de tous les maux par les banques. Qui ont réussi à ce que cette règle soit déjà largement amendée. Une première fois à l'automne 2007. On a autorisé les banques à utiliser la méthode du "mark-to-model" pour valoriser certains de leurs actifs, en l'absence de référence sur les marchés. Au lieu de prendre en compte la valeur de marché (nulle), on se référait à un modèle de calcul établi en interne. Exemple, un CDO avec des prêts subprimes était valorisé, non au cours fixé par le marché ABX (où étaient cotés ce type d'actifs), mais à partir de la probabilité que les prêts subprimes soient remboursés.
A l'automne 2008, alors que la crise est à son summum, nouvel amendement à la règle. Les banques peuvent "reclasser" une partie de leurs actifs en les faisant passer du "trading book" au "banking book". En clair, certains actifs structurés de dette avaient été achetés pour être revendus immédiatement et étaient donc comptabilisés à leur valeur de marché. On a permis aux banques de les requalifier en prêts, donc remboursables à échéance de long terme. Avec, encore une fois, un calcul de valorisation basé sur la probabilité ou non de voir ces prêts rembourser d'ici dix ou vingt ans.
Toutes ces manipulations ont permis d'atténuer fortement les effets de la crise. Rien que pour la Société générale, cela permis d'augmenter son résultat 2009 de 1,5 milliards d'euros. Mais cela ne suffit pas pour les banquiers, qui réclamaient une extension de "l'assouplissement des normes" à tous les actifs financiers. Avec un argument choc: le FASB, l'autorité comptable américaine, l'a déjà fait en avril dernier. Et les banques européennes sont donc désavantagées.
Avec la prochaine réforme, on risque d'aboutir à des effets identiques. Elle permettra, selon la Tribune, à ce que "les titres de dette donnant lieu à remboursements prévisibles ne soient plus comptabilisés à la juste valeur, mais au coût historique amorti, c'est-à-dire selon la méthode des flux de trésorerie actualisés. Un changement qui aura pour effet de ne plus prendre en compte les risques liés au marché (contrepartie, liquidité...), mais seulement le risque de crédit." Et le quotidien économique de prédire que "le principal impact de la révision pourrait donc être d'éviter des pertes futures sur des classes d'actifs qui risquent de subir les foudres du marché, comma la dette d'entreprise et LBO".
Que conclure de tout cela?
C'est d'abord la victoire d'une conception de la comptabilité plus "européenne", et plus à l'écoute des besoins des entreprises, alors que l'imposition récente de la norme IAS 39 (2005) s'était faite sous la pression de la finance anglo-saxonne, et des investisseurs institutionnels américains qui demandaient à pouvoir suivre sur le court terme la valorisation des entreprises dans lesquels ils avaient acheté des actions.
C'est ensuite la preuve éclatante du pouvoir de l'establishment bancaire dans la société actuelle. Les règles comptables sont destinées à contrôler les banques. Quand les règles ne satisfont plus les banques, on change les règles !
Cela montre enfin à quel point les règles comptables sont une vaste fumisterie, et à quel point la comptabilité est le contraire d'une science. La comptabilité est avant tout le résultat d'une lutte entre acteurs institutionnels (banques et entreprises contre gros actionnaires, avec pouvoirs publics au milieu, penchant suivant les moment d'un côté ou de l'autre) pour imposer une vision de l'état des entreprises.

http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/06/les-comptes-des-banques-ne-se-redressent-pas-truquons-les-comptes.html

BA 05/06/2009 23:01

Dans notre grande série « Les banques américaines veulent continuer à présenter des bilans mensongers », voici le dernier épisode :

Les banques américaines veulent limiter la comptabilisation des actifs titrisés à leur bilan.

[ 05/06/09 ]

Harmonisation.

Si l'on en croit le « Wall Street Journal » d'hier, les banques américaines cherchent à contourner les nouvelles règles les obligeant à inclure au bilan leurs actifs titrisés à partir de début 2010, comme elles s'y étaient pourtant engagées.
Après avoir réussi en avril à faire plier leur autorité comptable (la FASB) sur le principe de la juste valeur, plusieurs banques américaines auraient en effet écrit le 1er juin à Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, pour lui recommander la prudence dans l'adoption de cette règle déjà appliquée dans l'Union européenne mais pas aux Etats-Unis.
Les montants en jeu sont considérables - JPMorgan Chase évoque le chiffre de 145 milliards de dollars d'actifs en plus à consolider au bilan - et pourraient, craignent les banques américaines, les contraindre à lever encore massivement des capitaux pour répondre aux exigences de solvabilité.
Les banques françaises verraient d'un très mauvais oeil un nouveau retard dans le processus d'harmonisation comptable internationale.

http://www.lesechos.fr/info/finance/4871776-les-banques-americaines-veulent-limiter-la-comptabilisation-des-actifs-titrises-a-leur-bilan.htm

BA 24/05/2009 21:53

De plus en plus d’Américains se retrouvent au chômage. Le taux de chômage 2009 est désormais estimé entre 9,2 % et 9,6 % par la Reserve Fédérale.

Trois conséquences désastreuses pour les banques :

1- De plus en plus d’Américains ne peuvent plus rembourser leurs emprunts immobiliers pour leur logement : regardez la courbe bleue sur le graphique. Les défauts de paiements explosent.

2- De plus en plus d’Américains ne peuvent plus rembourser leurs emprunts pour l’immobilier commercial : regardez la courbe rouge sur le graphique. Les défauts de paiements explosent.

3- De plus en plus d’Américains ne peuvent plus rembourser leurs crédits à la consommation : regardez la courbe verte sur le graphique. Les défauts de paiements explosent.

http://3.bp.blogspot.com/_pMscxxELHEg/ShHOSI9n-nI/AAAAAAAAFSU/vv1co4fr2qI/s1600-h/FedDelinquencyQ1.jpg

BA 18/05/2009 16:17

L'assouplissement quantitatif, synonyme d'inflation, de déficits et de perte de pouvoir d'achat.

Qu'est-ce qui vient après 1 000 milliards de dollars ? De l'inflation... beaucoup d'inflation.

- Il y a quelques temps, le FMI a doublé ses estimations concernant les pertes du secteur bancaire, les faisant passer à 2 000 milliards de dollars (alors que de nombreux économistes privés mettent ce chiffre entre 3 000 et 4 000 milliards de dollars). De plus, le gouvernement américain de 2009 ne compte pas uniquement son budget en milliers de milliards de dollars, il compte ses déficits budgétaires en milliers de milliards. Selon les dernières estimations, le tout premier budget du président Obama produira un déficit de 1 841 milliards de dollars en 2010. Et c'est là l'hypothèse optimiste.

- Mais où est le choc suite à cette nouvelle choquante ? Où est la stupeur ? Où est le scandale face au coût exorbitant du renflouage des spéculateurs égoïstes de Wall Street ?

- Il n'y en a pas. Pas de choc. Pas de stupeur. Pas de scandale... et la raison en est très simple : quasiment personne ne comprend... littéralement. Les chiffres sont simplement trop gigantesques. « L'ampleur de ce que le président Barack Obama se propose de faire à l'économie américaine est si énorme, d'une telle portée, et potentiellement si désastreux que le Parti Républicain a du mal à le décrire », écrit Byron York, correspondant politique en chef du Washington Examiner.

- « Les experts ès relations publiques du parti républicain luttent contre ce que les universitaires appellent une insensibilité de portée, continue Byron York. Cela nous affecte tous ; nous pouvons comprendre quelque chose sur une petite échelle, mais nous avons du mal à comprendre la même chose sur une échelle gigantesque. Cette insensibilité de portée est un obstacle majeur pour la compréhension du budget 2010 de 3 600 milliards de dollars de l'administration Obama. Les gens ont simplement du mal à comprendre un si grand chiffre ».

- Pas étonnant qu'un déficit de 2 000 milliards de dollars semble flou et peu problématique. "Un sondeur républicain essaie de l'expliquer", continue York, "en demandant aux gens d'envisager un dollar comme une seconde -- un dollar, un petit 'tic' de votre montre. Un million de secondes, explique le sondeur, font 11 jours. Un milliard de secondes égalent 31 ans. Et 1 000 milliards de dollars égalent 310 siècles... Après avoir passé en revue les chiffres du budget Obama avant qu'ils ne soient formellement soumis au Congrès américain, Peter Orszag, directeur du budget, a déclaré que le déficit de cette année se montera à 1 841 milliards de dollars -- 89 milliards de plus qu'estimé précédemment. Si vous écoutez le tic-tac de votre montre, cela représente environ 570 siècles".

- Et n'oublions pas que le budget Obama part du principe que l'économie augmentera au taux annuel de 3,5 % d'ici la fin de l'année 2009. C'est déjà un bon chiffre quand les temps sont faciles. Lorsqu'ils sont difficiles, comme ce que nous vivons actuellement, un taux de croissance de 3,5 % n'est rien de plus qu'une folie. Nous sommes donc d'avis que le déficit budgétaire réel sera bien plus profond que les chiffres déjà vertigineux avec lesquels joue le camp Obama.

- Qu'est-ce que tout cela signifie pour les investisseurs ? Difficile à dire exactement... mais pas si difficile à dire de manière vague. Un déficit de financement de 1 841 milliards de dollars, ça fait un très grand trou à combler. En fait, c'est un trou si profond que les recettes fiscales ne suffiront pas à le combler. Les capitaux étrangers et/ou l'épargne interne pourraient en théorie y parvenir. Mais dans le monde réel, ce n'est guère probable -- pas avec des taux d'intérêts limités à 3 % ou 4 % sur 10 ou 30 ans. La "solution" la plus probable au déficit de financement est aussi la plus expéditive : le gouvernement s'achètera des obligations à lui-même.

- Cet antique remède contre l'imprudence budgétaire s'appelait autrefois dévaluation de la devise. Aujourd'hui, cependant, ce processus s'est doté d'un air de sophistication en s'attribuant le titre d'"assouplissement quantitatif". Le nom est différent, le résultat est identique : l'inflation.

- Les marchés financiers en ont déjà reconnu l'odeur. Depuis le 18 mars 2009, date où la Réserve fédérale a annoncé son intention d'acquérir 300 milliards de dollars de dette du Trésor, la plupart des marchés ont commencé à prendre en compte une menace inflationniste. L'or, les matières premières et les rendements obligataires ont commencé à grimper, tandis que la valeur du dollar s'est orientée à la baisse.

- "Nous assistons à un désendettement dont l'échelle, dans le monde, est absolument vertigineuse", avertit John Mauldin, rédacteur de la lettre Outside the Box. "Et pour compenser, les gouvernements vont devoir émettre des quantités gigantesques de dette souveraine pour traiter leurs déficits. Mais qui les achètera, et à quel prix ? Dans quelle devise ? Même si nous comprenons ce défi, son résultat final n'est pas clair -- sinon une volatilité stressante à mesure que le marché réagit".

- Nous sommes d'avis que la volatilité sera bien moins stressante pour ceux qui auront une part significative de leurs actifs en or et en matières premières. Ce stress pourrait même se transformer en plaisir pour les détenteurs d'or si, comme nous le prévoyons, les gouvernements mondiaux mettent un tel enthousiasme à commettre le vol furtif qu'est la dévaluation monétaire. On peut déguiser le processus de dévaluation avec du jargon de Harvard, l'entourer de whitepapers de la Fed et le rebaptiser "assouplissement quantitatif". Mais même avec tout ça, on a toujours le même procédé de dévaluation monétaire, qui produit les mêmes résultats : l'inflation et la perte de pouvoir d'achat.

Eric J. Fry.

http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090518-1816.html

BA 16/05/2009 14:46

L’explosion du chômage aux Etats-Unis entraîne une conséquence dévastatrice pour les banques. De nombreux Américains sont licenciés. Comme ils se retrouvent au chômage, ils n’ont plus les moyens de rembourser leurs emprunts.

Conséquence : ils arrêtent de rembourser leurs emprunts immobiliers, et ils arrêtent de rembourser leurs crédits à la consommation. Les défauts sur les cartes de crédit atteignent un niveau record en avril 2009.

Les banques regardent avec terreur la mer se retirer. La deuxième vague de la crise financière va arriver. La deuxième vague sera très violente.

Pourcentage des défauts sur les cartes de crédit en avril 2009, et en mars 2009 :

Citigroup : 10.21 %, 9.66 %

Wells Fargo : 10.03 %, 9.68 %

JPMorgan Chase : 8.07 %, 7.13 %

Discover Financial Services : 8.26 %, 7.39 %

U.S. credit card defaults rose in April to record highs, with Citigroup and Wells Fargo posting double digit loss rates.

http://www.calculatedriskblog.com/2009/05/cnbc-record-credit-card-defaults-in.html

JLM 11/05/2009 15:49

J-C Werrebrouck questionne la pertinence d'un projet de "constitution pour l'économie", mais ne doute pas de la nécessité de mettre un peut d'ordre dans l'économie. Le terme "constitution" est-il mal choisi, risque-il d'introduire un redoublement et une confusion entre l'économique et le politique? Prenons cette question par l'autre bout. Au sens commun, une constitution résulte d'une "assemblée constituante". Ainsi, un réseau internet composés tant de personne que d'associations et suffisamment large que pour représenter une large majorité du peuple serait "constituant" ; une constitution proposée de cette façon serait par la même politique. Mais ce mode n'est pas sans danger, nous attendons d'une constitution qu'elle transcende l'intérêt des parties, ici, qu'elle ne soit pas l'expression de la revanche des "grugés" contre "les financiers". Sans doute est-ce dans l'approche par " la théorie des systèmes et de leur régulation" que nous pourrions tirer quelques sagesses et trouver l'extériorité nécessaire, mais c'est alors reconnaître la nature conflictuelle des rapports économiques entre groupes sociaux et donc la nécessité d'en débattre politiquement.

§


Lorsque Werrebrouck envisage "l'économique" comme succédant au religieux et au politique dans le registre de l'extériorité radicale, il semble en effet possible de concéder que nous ne maîtrisons pas la complexité du système économique: les experts et l'homme de la rue sont aussi bien dépassés par les évènements! Certes, nous voyons bien que les mieux placés feront tout ce qu'il peuvent pour garder la direction du train, quitte à le laisser foncer dans le brouillard et nous faire, tous ensemble, nous écraser sur le mur. Devant cette perspective, nous pouvons nous rassembler et, au sens banal et commun, tenir une assemblée constituante par laquelle seront désignées les pratiques économiques qui nous paraissent dangereuses et dont nous ne voulons plus. Il sera toujours temps, par après, de revenir sur d'éventuelles questions de vocabulaire.

Sortir du débat académique risque d'emmener trop loin. Ainsi, en réponse à l'annonce de cet espace collaboratif par Paul Jorion, A-J Holbecq proposait judicieusement une liste de prescriptions relatives à la monnaie, dont celle-ci : "article 3 : toute monnaie ne peut être émise que par les Banques Centrales".

Cette proposition n'est-elle pas trop précise? Il semble en effet qu'elle présuppose une "organisation étatique" ; du même coup, elle écarterait toute autre forme d'organisation émettrice. Par exemple une "coopérative mondiale des semences paysannes" - en lutte contre l'égémonie des semanciers de type "Monsanto"- pourrait avoir une base sociale sufisemment large que pour créer son réseaux d'échange intégré - nouriture, vêtement matériel agricole, etc. Inversément un regroupement de multinationales pourrait créer sa propre monnaie.

L'économique doit-il préjuger de la forme d'organisation politique? Est-il posssible de dégager quelques "principes universels" auxquels devrait répondre tout mode d'organisation économique particulier ? Plus grave encore, l'idée de la "nécessité d'une régulation de l'économie" pourrait être instrumentalisée comme mode de reprise en main de la domination du "capital" sur le "politique".

BA 11/05/2009 10:08

Le miracle des tests.

Ainsi donc, les Citi, Bank of America, et autres Wells Fargo n'auraient besoin collectivement que de 75 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires pour supporter les pertes futures provoquées par leurs centaines de milliards de dollars d'actifs toxiques. On les croyait moribondes, on les découvre convalescentes, voire pour certaines déjà remises sur pied. C'est la divine surprise qu'ont réservée les résultats des « stress tests » effectués par l'administration Obama sur les 19 plus grandes banques du pays.

Au moment où la dégradation de l'activité économique semble se ralentir - les chiffres du chômage américain en avril ont été moins catastrophiques que prévu -, ces conclusions plutôt rassurantes sur l'état de santé de la finance américaine ne pouvaient mieux tomber. Elles confortent les fragiles espoirs d'une prochaine sortie de crise. Du coup, dès vendredi, les Bourses mondiales reprenaient leur marche en avant, tandis que le pétrole se rapprochait du seuil des 60 euros. Une première en six mois.

A y regarder de plus près pourtant, ce regain d'optimisme semble bien prématuré. Il faut dire que les conclusions quasi miraculeuses de ces tests de résistance ne doivent rien au hasard, et encore moins à une analyse objective de la situation. D'abord, parce qu'ils n'ont de stress que le nom. Ainsi, le scénario macroéconomique censé être le plus sombre retient-il peu ou prou les hypothèses du scénario moyen des agences de notation (- 3,3 % de croissance en 2009, + 0,5 % en 2010, et un taux de chômage de 10,3 %).

Ensuite, on l'a appris depuis, parce que les besoins en capitaux annoncés jeudi soir ont fait l'objet d'un marchandage en règle entre les autorités et les patrons des banques concernées.

Mais Washington avait-il vraiment le choix ? Sur les 700 milliards de dollars du TARP (les fonds débloqués par le Congrès pour faire face à la crise financière), il ne reste plus que quelque 100 milliards de dollars. Or, après le scandale des bonus AIG, impossible de retourner devant le Congrès pour obtenir une nouvelle enveloppe pour sauver Wall Street. Il faut donc faire avec ce reliquat. Et les besoins ne manquent pas. Le nouvel appel au secours de Fannie Mae, qui réclame 19 milliards de dollars supplémentaires, en témoigne.

Plus qu'à une opération d'assainissement des banques, Washington s'est livré avec ces tests à une opération de communication, dont il faut bien dire qu'elle a réussi. Au moins pour l'instant. A plus long terme, le doute est permis.

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4862570-le-miracle-des-tests.htm

BA 09/05/2009 20:55

Résultat des stress tests : c'était du pipeau.

Les grandes banques américaines auraient négocié avec les autorités les résultats de leurs "stress tests", tests de résistance à un approfondissement de la crise, affirme samedi 9 mai le Wall Street Journal sur son site internet.

Rendu public jeudi 7 mai, ce bilan de santé des banques de Wall Street, sensé évaluer les montants des recapitalisations (auprès des marchés ou de l'Etat) que devront encore consentir les banques américaines pour surmonter la crise, avait de fait surpris par sa relative modestie.

Il indiquait que les 19 plus grandes banques américaines pourraient encore perdre 600 milliards de dollars avant la fin 2010 si la récession s'approfondissait, et que pour surmonter ce scénario, 10 d'entre elles allaient devoir renforcer leur capital pour un total de 74,6 milliards de dollars.

Alors que certains économistes tel Nouriel Roubini présentaient le système financier américain comme au bord de la faillite (Le Monde du samedi 9 mai 2009). Et que fin avril, le FMI avait affirmé que les banques américaines auraient besoin de 275 milliards de dollars de capitaux supplémentaires d'ici 2010, pour nettoyer leurs comptes.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources concordantes des banques et des autorités, le chiffre calculé à l'origine par la Réserve fédérale (Fed) était beaucoup plus élevé.

Le quotidien des affaires indique qu'il était de "plus de 50 milliards de dollars" pour Bank of America, avant d'être réduit à 33,9 milliards, d'"environ 35 milliards de dollars" pour Citigroup, avant de chuter à 5,5 milliards, ou encore de 17,3 milliards de dollars pour Wells Fargo, montant ramené à 13,7 milliards.

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/05/09/polemique-sur-les-tests-de-solidite-des-banques-americaines_1190772_1101386.html

BA 08/05/2009 15:17

L’arnaque du 2 avril 2009.

Le 2 avril 2009, pendant que le monde entier avait les yeux tournés vers le G20 de Londres, les Etats-Unis ont assoupli leurs normes comptables.

L’organisme qui fixe les normes comptables aux Etats-Unis, le FASB, a changé les normes comptables pendant que tout le monde regardait le sommet du G20 à Londres.

Le FASB a introduit une nouvelle norme comptable, la FAS 157-e, qui permet aux entreprises américaines de présenter des bilans en hausse de 20 %, comme ça, comme par magie, d’un seul coup de baguette magique !

Cette arnaque est racontée à cette adresse :

http://www.pauljorion.com/blog/?p=2638

Cette arnaque est racontée à cette adresse pour les anglophones :

http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601109&sid=awSxPMGzDW38&refer=home

Le résultat ne s’est pas fait attendre : les banques américaines ont présenté des résultats en hausse miraculeuse, contredisant toutes les prévisions des analystes financiers !

Mais en France, Christine Lagarde fait la gueule. Christine Lagarde veut que les normes comptables soient changées en France aussi. Christine Lagarde veut que les banques françaises puissent présenter des bilans maquillés elles-aussi.

Lisez cet article :

La ministre française des Finances s'est dit par ailleurs "particulièrement frustrée" sur l'assouplissement des normes comptables.

Les Européens l'ont réclamé début avril, alors que l'association qui fixe les normes comptables aux Etats-Unis, le FASB, a assoupli de manière unilatérale les règles d'évaluation des actifs pour soulager les bilans des banques américaines.

Pour bénéficier d'un traitement équivalent, les Européens avaient demandé que l'IASB, l'organisme qui fixe les normes comptables en Europe, soit saisi du sujet, mais sans résultat jusqu'ici.

"On avait demandé à la Commission Européenne de se manifester haut, fort et clair vis-à-vis de l'IASB, pour leur demander de se saisir de ce sujet-là en particulier. Et il ne se passe rien. Donc je vais me manifester", a souligné Mme Lagarde.


http://www.lematin.ch/flash-info/economie/fonds-speculatifs-normes-comptables-paris-met-pression-europe

BA 04/05/2009 09:28

"Certains ont trouvé que les critères n'étaient pas assez sévères, d'autres que le stress test était basé sur des projections économiques trop pessimistes, avec une prévision de contraction de l'économie de 3,3 % cette année", résume Gregory Volokhine, de Meeschaert New York.
Selon M. Volokhine, le marché prévoit que les stress tests concluront " au besoin de plus de capital pour les banques, et c'est pour cela que ces dernières ne sont pas satisfaites : cela suggère que ça va entraîner d'une façon ou d'une autre une augmentation de la participation de l'Etat dans les banques ".
"Sans le dire clairement, le gouvernement se donne l'occasion de nationaliser les banques aux bilans les plus faibles et en manque de fonds propres", renchérit Douglas McIntyre, analyste du site 247WallSt.
Selon lui, les banques réalisant un faible score au "test", vont voir échouer leur tentatives de se tourner vers les marchés privés de capitaux, ce qui fera du gouvernement fédéral "le prêteur de dernier recours".

Le soulagement apporté par les résultats meilleurs qu'attendu des banques au premier trimestre n'aura été que de courte durée. L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) l'admet dans un rapport sectoriel publié vendredi: "la crise du crédit est plus dure que nous l'envisagions".
L'agence "estime que la moitié des banques ayant passé le test pourraient avoir besoin de lever du capital additionnel".
Selon des estimations citées par M. McIntyre, le géant Bank of America pourrait ainsi nécessiter jusqu'à 70 milliards de dollars supplémentaires, après avoir déjà bénéficié de 45 milliards d'aide publique.

Une note récente de Morgan Stanley affirmait que les grosses banques régionales SunTrust, KeyCorp et Regions Financial allaient devoir lever de nouveaux fonds. La grande banque Wells Fargo serait un cas limite....
Les récentes prévisions économiques renforcent le scénario d'une intervention de l'Etat, estiment plusieurs analystes.
"Les pouvoirs publics risquent d'être contraints de prendre des mesures supplémentaires pour restaurer la stabilité financière, alors que la région fait face à sa pire récession depuis plus d'un demi-siècle", déclare David Song, du site CFDTrading, citant la projection du FMI d'une contraction de 1,3 % de l'économie mondiale cette année.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=6e9d7d6bfa82e69d6771b6b809f073d1

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