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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 08:31

     La question du taux de change continue de se poser aves les déclarations du premier ministre français et celles du ministre du redressement productif. Il est bien sûr à noter que l'Allemagne ne peut accepter un tel débat mettant en cause le consensus monétaire qui fonde le contrat social allemand. Et c'est bien de cette façon que vient de réagir Steffen Seibert porte parole de la chancelière allemande. Il est à regretter dans cette affaire l'attitude de Benoit Coeuré qui ne se borne à voir dans le taux de change qu'une "passion française", attitude qui soutient le consensus allemand.

Nous proposons à cet égard de reprendre notre article publié sur ce blog le 17 mars dernier:

 

Les débats concernant le taux de change de l’euro rebondissent à la faveur du seuil atteint au cours de ces derniers jours : près de 1,4 dollars.

Certains n’hésitent pas à considérer qu’il s’agit de la conséquence d’un commerce extérieur devenu fortement excédentaire : 158,8 milliards d’euros en 2013, contre seulement 79,2 milliards d’euros en 2012, soit 2,8 points de PIB. D’autres diront qu’il s’agit de la conséquence d’un statut de monnaie de réserve se substituant progressivement au dollar et suscitant une forte mobilisation de l’épargne asiatique.

Beaucoup s’en plaignent et considèrent à l’inverse que cela devrait entrainer une aggravation des comptes extérieurs négatifs de nombre de pays de la zone sud.

Plus grave est le fait que certains considèrent que le taux de change élevé est sans impact sur le commerce intra zone euro. Encore un raisonnement erroné tenu par des responsables de haut niveau.

S’il est exact que les prix des exportations de la France vers les pays de la zone euro ne sont pas impactés par une variation de taux de change - avec toutefois une composante coût des consommations intermédiaires qui peut varier en raison du fait  qu’elles peuvent être importées depuis l’extérieur de la zone- ces mêmes exportations subissent, à destination, un environnement travaillé par une hausse du taux de change.

Prenons un exemple.

Soit une exportation française de produits manufacturés vers l’Italie.

2 cas peuvent se présenter : les produits exportés connaissent un contenu en importations en provenance de l’extérieur de la zone (scénario 1) ou, à l’inverse, il n’existe aucun contenu importé en provenance de ce même extérieur (scénario 2).

Scénario 1.

Dans cette situation, il existe pour les produits exportés une marge théorique plus grande pouvant affronter une éventuelle modification de l’environnement italien. Pour autant, cet environnement est négativement affecté par la hausse du taux de change : des exportateurs originaires de l’extérieur de la zone euro viennent concurrencer en Italie les exportations françaises. L’impact de la hausse de change étant, pour ces exportateurs, logiquement plus important que celui sur les consommations intermédiaires des exportateurs français, il en résulte une dégradation des marges théoriques au détriment de ces mêmes exportateurs français affrontant le marché italien.

Scénario 2.

En l’absence de contenu importé des exportations, les entreprises françaises concernées ne connaissent pas de modification de marge théorique sur le marché italien. Pour autant elles peuvent affronter de nouveaux compétiteurs sur le marché italien, compétiteurs qui sont des exportateurs en provenance de l’extérieur de la zone euro. Il en résulte une baisse des marges réelles pour les exportateurs français, voire une réelle éviction du marché italien.

Le scénario 2 aggrave le résultat négatif du scénario1.

Les choses sont sans doute encore plus complexes : la hausse du taux de change peut entrainer un effet revenu en Italie, une affectation autre à la marge théorique des exportateurs français, etc. Toutefois ces effets en cascade sont de faible portée et s’amortissent rapidement, laissant le problème du taux de change dans son entièreté.

Conclusion : Il est erroné de dire, avec Pascal Lamy en particulier, pour ne citer que ce dernier, que la hausse de l’euro ne constitue pas un problème pour les entreprises françaises qui exportent à l’intérieur de la zone euro.

A contrario, il est possible d’affirmer- toutes choses égales par ailleurs, en particulier sans faire intervenir les politiques de dévaluations internes -  que toute hausse de l’euro affecte négativement l’ensemble du commerce intra-zone. Chaque Pays voyant ses exportations affectées dans la zone par la présence de marchandises substituables importées depuis l’extérieur de la zone.

Bien évidemment, une hausse du taux de change aggravée par des politiques restrictives menées en commun, et politiques visant la seule recherche de compétitivité, renforce un effet de décomposition : le commerce intra zone voit son poids diminuer. Ainsi entre 2003 et 2013 les exportations françaises vers la zone passent de 69 à 60% du total exporté, tandis qu’aux mêmes dates les importations en provenance de la zone passent de 64 à 60% du total importé. L’Allemagne voit également le poids de ces échanges avec la zone diminuer. Ainsi le poids de ses exportations dans la zone est passé de 63% avant la crise à 37% en 2013. Les comportements de passager clandestin de chaque pays (faire de la compétitivité au détriment des autres) entrainant la déconstruction progressive de l’Europe.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans critique des raisonnements
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BA 11/05/2014 21:14

L'Union Européenne, comme d'habitude, ne reconnaît pas les référendums :

Bruxelles ne reconnaît pas les "référendums" de dimanche en Ukraine.

L'Union européenne ne reconnaît pas les résultats des "prétendus référendums" pour l'indépendance des fiefs de Donetsk et Lougansk des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, a déclaré
dimanche une porte-parole de l'UE.

Selon des sources pro-russes, environ 70% des votants se sont rendus aux urnes dimanche.

Les "prétendus référendums étaient illégaux et nous ne reconnaissons pas leurs résultats", a indiqué Maja Kocijancic, porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

http://www.romandie.com/news/Bruxelles-ne-reconnait-pas-les-referendums-de-dimanche-en-Ukraine/476580.rom

L'Union Européenne ne reconnait les référendums que si les peuples votent comme le veut l'Union Européenne.

1- Premier exemple. Le traité de Maastricht. Le 2 juin 1992, par référendum, le peuple danois dit « non » au traité de Maastricht. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Réponse :

Le peuple danois fut obligé de revoter une deuxième fois : il y eut un nouveau référendum sur le traité de Maastricht !

2- Deuxième exemple. Le traité de Nice. Le 9 juin 2001, par référendum, le peuple irlandais dit « non » au traité de Nice à 53,87 %. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Réponse :

Le peuple irlandais fut obligé de revoter une deuxième fois : il y eut un nouveau référendum sur le traité de Nice !

3- Troisième exemple. Le traité établissant une Constitution européenne. Le 29 mai 2005, le peuple français vote « non » par référendum. Le 1er juin 2005, le peuple néerlandais vote
« non » par référendum.

Voyant le résultat des référendums en France et aux Pays-Bas, les fédéralistes décident de suspendre les référendums prévus dans les autres pays ! Les fédéralistes veulent bien consulter les
peuples, mais à condition que les peuples votent « oui » ! Si les peuples commencent à voter « non », les fédéralistes suspendent les référendums ! Et ça, ce n’est pas de la
démocratie, peut-être ?!

En 2005, quels sont les peuples qui auraient dû être consultés par référendum ?
- Le peuple danois aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple irlandais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple portugais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple tchèque aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
- Le peuple anglais aurait dû être consulté. Le référendum est suspendu jusqu’à nouvel ordre.

4- Quatrième exemple. Le traité de Lisbonne. En réalité, le traité de Lisbonne reprend 98 % du texte de la Constitution européenne, mais la grande différence est que, cette fois-ci, le traité de
Lisbonne N’est PAS soumis à référendum !

Le traité de Lisbonne est adopté par les parlements des Etats européens.

Une seule exception : le peuple irlandais est consulté par référendum. Le 12 juin 2008, le peuple irlandais vote « non » au traité de Lisbonne. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Comme d’habitude, on a refait voter le peuple irlandais une deuxième fois !

Conclusion :

La construction européenne est anti-démocratique. L’Union Européenne est anti-démocratique. Elle doit être détruite.

BA 09/05/2014 06:51

Le peuple français est en train de basculer.

Malgré la propagande des médias français, le peuple commence à comprendre que la construction européenne n'est pas du tout ce qu'on lui raconte.

Les sondages de mai 2014 sont très intéressants : l'opinion publique est en train de se retourner.

Le vent tourne.

Vendredi 9 mai 2014 :

SONDAGE. Quatre Français sur cinq n'ont plus confiance en l'Europe.

A l'occasion de la journée de l'Europe, retrouvez ce vendredi dans vos éditions Nice-Matin, Var-matin et Corse-Matin, un sondage sur la perception qu'ont les Français de l'Union Européenne.

Les eurosceptiques sont de plus en plus nombreux.

L'étude, menée par l'institut CSA pour Nice-Matin et BFMTV, montre l'accroissement de la défiance des Français à l'égard de l'Europe.

A la question : "Diriez-vous que l'appartenance de la France à l'Union Européenne est une bonne ou une mauvaise chose?", 38% des sondés y voient une mauvaise chose (dont 10% une très mauvaise
chose). 51% des sondés y voient une bonne chose (dont 9% une très bonne chose).

Dix ans plus tôt, on comptait seulement 25% d'eurosceptiques.

Parmi les grandes inquiétudes des sondés : l'augmentation du chômage, la diminution de la protection sociale, l'augmentation du nombre d'immigrés due à l'espace Schengen, ou encore la perte de leur
identité nationale ou leur culture.

Ils sont 47% à préférer un renforcement des pouvoirs de décision des Etats membres, quitte à limiter ceux de l'Union Européenne.

Une Union Européenne qu'ils jugent, en grande majorité, trop éloignée de leurs préoccupations quotidiennes (78%) et trop occupée "à faire des règlements tatillons sans raison" (72%).

A l'occasion du 69e anniversaire de la victoire des alliés sur l'Allemagne nazie ce jeudi, François Hollande a lancé un véritable plaidoyer en faveur d'une Union "du progrès". Dans une tribune
publiée par Le Monde, le chef de l'Etat met en garde les Français contre la tentation de sortir de l'Europe, qui selon lui serait synonyme de "sortir de l'Histoire".

http://www.nicematin.com/derniere-minute/sondage-quatre-francais-sur-cinq-nont-plus-confiance-en-leurope.1728611.html

Hadrien 17/03/2014 23:25

Pourtant, l’arrogance des dirigeants allemands n’a plus de limites…

[La financiarisation a réussi à mettre la main sur le pouvoir judiciaire, après avoir mis le joug aux pouvoirs législatifs et exécutifs dans le monde occidental. Il y a dès lors bien des raisons
d’être préoccupé pour l’avenir de la démocratie et la paix des peuples (...)

Le communiqué de presse que la Cour constitutionnelle allemande a publié le 7 février 2014 pourrait représenter «le début de la fin» de la zone euro. La remise en question, par la majorité des
juges de cette cour, du programme mis sur pied par la Banque centrale européenne (BCE) permettant le rachat illimité d’obligations des États membres de l’Euroland («Outright Monetary Transactions»,
OMT) revient à verser de l’huile sur les braises de la crise qui continue de sévir notamment dans les pays dits «périphériques» de l’Union monétaire européenne. Si les acteurs majeurs sur les
marchés financiers globalisés n’ont pas (encore) réagi de manière virulente à la décision de la cour allemande, cela peut être dû à l’incertitude soulevée par le texte qu’elle a publié et dont la
précision juridique contraste visiblement avec l’ambiguïté en ce qui concerne les principes de politique économique (un domaine pour lequel les juges de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe n’ont
pas de compétences institutionnelles, voire de capacité analytique éprouvée)....]

Suite et source ci-dessous (Sergio Rossi est professeur ordinaire à l’Université de Fribourg, en Suisse, où il dirige la Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research
Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada)
http://www.hebdo.ch/les-blogs/rossi…

Toutes proportions gardées, cette main mise unilatérale par la cour constitutionnelle de Karlsruhe rappelle l’Anschluss et l’annexion des Sudètes, au nom de l’espace vital d’un seul peuple !
Effectivement, on s’approche du dénouement…

Mais pas celui que nous content les eurocrates endormis !

Hadrien 17/03/2014 23:22

C’est le cas, nous dit-on, des peuples du Sud qui souffrent de l'échange, mais c’est curieusement plus encore celui des habitants de certains pays du Nord au premier rang desquels l’Allemagne…
Car le travailleur austro-allemand, qui est le plus soumis à cette injonction est aussi le plus appauvri, en absolu comme en relatif , faut-il le rappeler:

OUI, L’ALLEMAND MÉDIAN EST LE PLUS PAUVRE DE LA ZONE EURO !
Pour en juger, voici le rapport original de l’étude de la BCE tant commentée par les médias et d’autres avec une gêne évidente, concernant le patrimoine net des ménages en zone euro :
http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/ot…

Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte :
- Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
- Financial assets (avoirs financiers)

MEDIAN NET WEALTH OF HOUSEHOLDS ( = MÉNAGES)
(en milliers d’euros)
Luxemb. : 398
Chypre : 267
Malte : 216
Belgium : 206
Spain : 183
Italie : 173
France : 116
Paysbas : 104
Grèce : 102
Slovénie : 101
Finlande : 85
Autriche : 76
Portugal : 75
Slovaquie : 61
Germany : 51

[INÉGALITÉ DANS] LA RÉPARTITION DE LA RICHESSE EN EUROPE, par VoxEU.org/Londres,
repris dans la très officielle revue « Problèmes économiques » (Novembre 2013)

« La richesse moyenne des ménages est en Allemagne presque quatre fois plus élevée que la richesse médiane. Dans la plupart des autres États, le rapport est compris entre 1,5 et 2. Ainsi, en
Allemagne plus qu’ailleurs, la richesse des ménages se concentre-t-elle chez les plus aisés d’entre eux. »
Richesse moyenne/richesse médiane
1. Allemagne: 3,8
2. Autriche: 3,5
Autres pays: entre 1,5 et 2

Depuis qu’on nous vante de tous côtés les « succès » de la politique de « l’offre » allemande, quel est le bénéfice d’une telle politique… pour la grande majorité d’un peuple dont on constate que
son patrimoine médian, au total, s’avère si faible (le dernier de la zone euro) et accroît les inégalités (la médiane y est quatre fois plus faible que la moyenne, contre deux fois seulement en
France) ?
Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?
Poser la question, c’est y répondre à la façon développée plus haut: tous les bénéfices en sont allés aux actionnaires (en Allemagne, mille ménages ont plus de cent millions d’euros en actifs, un
nombre supérieur en proportion à celui des USA!) et aux entreprises elles-mêmes (afin d’accentuer la perpétuation du schéma!)

A-t-on perdu de vue à ce point, en Europe comme ailleurs, la distinction entre les fins (le bien-être de la population) et les moyens (la « compétitivité »)

Hadrien 17/03/2014 23:17

Oui, car après l’ESCROQUERIE N°1 du dogme microéconomique,
(l’ « optimum » de Pareto, déjà vu ici),

L’ESCROQUERIE N°1 du dogme macroéconomique néoclassique, c'est « LA THÉORIE DES AVANTAGES COMPARATIFS »

Au deuxième rang de la doxa néoclassique, figure en effet la « théorie des avantages comparatifs » que la plupart des économistes libéraux ânonnent avec délectation comme défense inconditionnelle
du libre-échangisme, sans en comprendre les hypothèses sous-jacentes:

Rappelons ici le schéma théorique élaboré par Ricardo (1772-1823) pour convaincre ses compatriotes de l’inocuité du libre-échange, à son époque d’industrie naissante, c’est à dire encore en
économie de pénurie :
Si l’Angleterre et le Portugal, deux nations aux échanges maritimes intenses, produisent à la fois du vin et du drap, le Portugal ayant une productivité supérieure dans les deux produits, celui-ci
a néanmoins intérêt à se spécialiser dans le domaine (vin) ou le rapport de sa productivité à celle de l’Angleterre est le plus favorable, laissant à ce dernier le domaine (drap) ou le rapport lui
est le moins défavorable.
Les deux pays en sortent bénéficiaires, par un accroissement net de leurs productions respectives.

On note immédiatement que ce schéma ne fait aucunement mention de la demande. En d’autres termes, la demande est supposée absorber la production, quelle qu’elle soit, ce qui est conforme à une
économie de pénurie.
D’où la première hypothèse sous-jacente:

Hypothèse 1: On est en économie de pénurie, dite « contrainte par l’offre », dans chaque pays.

On note d’autre part qu’il n’est pas fait mention non plus de la monnaie, les échanges des deux denrées pouvant être effectués directement sur la base de leurs valeurs travail. C’est, au contraire,
sur cette même base que l’on peut établir le cours du change entre les deux monnaies respectives ayant cours dans les deux pays.
Celles-ci apparaissant ici comme « un voile », selon l’expression des monétaristes, elles sont équivalentes à une monnaie commune.
D’où la deuxième hypothèse sous-jacente:

Hypothèse 2: Il y a monnaie commune, le change ne reposant que sur la valeur travail de chacun des deux pays.

On notera, au passage, que le schéma induit sous ces hypothèses implique des rendements constants pour les deux denrées.
On notera, enfin, l’absence de toute autre ressource que le travail dans ce schéma. C’est évidemment préjudiciable à sa validité à l’époque de Ricardo (provenance du coton, possession des terres à
vigne…?), mais ça l’est moins aujourd’hui pour nos produits à forte valeur ajoutée.

Nous en resterons donc aux deux hypothèses mises en évidence ci-dessus…

Point n’est besoin d’être économiste pour comprendre l’absurdité de l’hypothèse 1 à notre époque:
Elle stipule l’adéquation au schéma de Ricardo d’une économie de pénurie comme le fut l’économie de type soviétique entre ses états-républiques après la guerre… Elle ne concerne absolument pas à
l’économie d’abondance actuelle qui est au contraire « contrainte par la demande »: la (sur)production est asservie à la demande, d’où le chomage (absent du schéma ricardien) en présence des
limites de la demande. Cette simple intervention dans les équations classiques le démontre immédiatement.
Aussi est-il particulièrement inquiétant de lire un « prix Nobel d’économie » (Paul Krugman: « La mondialisation n’est pas coupable! ») nous faisant l’apologie de la mondialisation actuelle sur la
base de ce schéma ricardien dont un autre « prix Nobel » (Samuelson) disait qu’il mériterait un « prix de beauté de l’économie »…!

Quant à l’hypothèse 2, elle est contredite par le système financier en place qui est une structure parallèle à celle du travail (la fameuse « économie réelle »):
Ainsi, la Chine manipule son taux de change en rachetant massivement la dette américaine en dollars obtenus par ses exportations. C’est une manière de maintenir un taux artificiellement bas de sa
monnaie, privant ainsi son peuple d’un pouvoir d’achat mérité par son travail, mais permettant d’abattre la concurrence.
Le même phénomène a lieu plus discrètement sur l’euro à chaque accès de faiblesse de celui-ci, nonobstant notre absurde politique d’euro-mark fort… De sorte qu’il est particulièrement hilarant
d’entendre, à chacune de ces occasions, le coeur des européistes béats clamer: même les Chinois s’inclinent en confiance devant note monnaie… unique !
Aussi doit-on dénoncer avec vigueur l’imposture d’énoncés pseudo-scientifiques clamant le (faux) théorème sans hypothèses :
« Dans le libre échange de deux produits du travail, entre deux pays aux coûts de production différents, la spécialisation engendre une richesse totale supérieure à l’autarcie pour chacun des pays,
même si la compétitivité de l’un est supérieure à celle de l’autre pour chacun des produits. »

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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