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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 09:48

                    

En bloquant toute transformation du FESF en banque appuyée sur la BCE, les entrepreneurs politiques européens limitent encore le risque de monétisation des dettes souveraines et continuent de préférer les ressources publiques, avec il est vrai la contribution des banques au remboursement de la dette. Tel est le sens qu’il faut donner aux décisions du 27 octobre dernier.

Le rôle de la BCE se limitera donc  à l’achat de bonds sur le seul marché secondaire des pays en difficulté. Ces achats sont  devenus non négligeables  (près d’un milliard d’euro par jour au cours de la dernière période) et s’accumulent sur le bilan (170 milliards de dettes souveraine en difficulté).

Au-delà de la technicité apparente , le  compromis obtenu est le fruit de la rencontre entre 2 philosophies monétaires : la loi d’airain de la monnaie a valeur quasi constitutionnelle en Allemagne . Elle ne bénéficie que d’une valeur relative dans la hiérarchie des normes pour la France.

Pour la partie allemande, la volonté de faire payer les banques était en congruence avec celle d’un simple élargissement sans transformation qualitative du FESF : il faut simplement en accroitre sa puissance d’intervention en privilégiant la créativité financière : le rehaussement de crédit, et l’ajout d’investisseurs nouveaux : les véhicules spéciaux.

Pour la partie française, on était prêt, consciemment ou non,  à accroître sans véritable limite le bilan de la banque centrale : il s’agissait donc de protéger les banques : donner de meilleures couleurs à leur bilan et les protéger du défaut, en transformant quantitativement et qualitativement le FESF.

Au regard du compromis obtenu, le point de vue allemand l’emporte magistralement. Mais l’accord ne peut être que fort précaire, en raison de l’énormité des problèmes résultants de l’énormité des endettements publics et privés sur l’ensemble de la zone euro. C’est dire que la partie française n’a pas dit son dernier mot, non par force, mais bien au contraire par faiblesse : les marchés politiques français – mais aussi d’autres pays - finiront par se renverser et bouleverseront les croyances monétaires, probablement dans le sens de ce que nous anticipons dans la « réforme de la finance ».

De ce point de vue, L’Allemagne et ses entrepreneurs politiques, trouvent dans les entrepreneurs politiques chinois, des alliés susceptibles de prolonger l’agonie de la zone euro, et de retarder le probable grand saut vers l’inconnu. Ces mêmes entrepreneurs se feront un cadeau en « portant aide » à l’élargissement du FESF, qui d’une certaine façon, devient partiellement une agence de la dette type «Agence France Trésor ». Il est d’ailleurs amusant de constater que ce FESF en construction,  se trouve en situation d’apprentissage auprès du « Finanzagentur », lequel est l’équivalent allemand de l’AFT. C’est dire que l’on compte bien continuer, grâce à la générosité chinoise, à gérer la dette publique selon son « mode marché » avec  les outils les plus modernes  de la finance traditionnelle..

Le cadeau que les entrepreneurs politiques chinois se font à eux-mêmes est simple à comprendre : outre qu’il est difficile de contester le mercantilisme monétaire d’un généreux investisseur, le dit homme généreux vient surtout prendre des garanties contre un éventuel dérapage de la zone, aboutissant à la monétisation généralisée, et donc à tout le moins, à une dépréciation massive de l’euro. Dépréciation massive sonnant le glas de beaucoup d’exportations chinoises.

Les entrepreneurs politiques chinois n’ont que faire de la loi d’airain de la monnaie. Ils l’ont clairement démontré en 2008 avec un plan de relance pharaonique ( 586 milliards de dollars), plan  largement construit sur création monétaire bancaire et moins par déficit budgétaire. Les chinois savent produire autoritairement de la monnaie pour investir,  quand les européens sollicitent avec peur et timidité le marché. Les croyances monétaires en Chine ne sont pas les mêmes qu’en Europe où un pays- l’Allemagne- veille à l’orthodoxie, et se croit habilitée à punir les incroyants. En bons commerçants, les entrepreneurs politiques chinois savent  se plier aux idéologies locales, comme naguère, où un bon roi avait déclaré que « Paris valait bien une messe ».

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans textes de portée générale
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commentaires

BA 02/11/2011 19:20


Mercredi 2 novembre 2011 :

Un mini-sommet de crise sur la Grèce s'est ouvert mercredi à Cannes autour du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel, ont constaté des journalistes de
l'AFP.

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, celui de la Commission européenne José Manuel Barroso, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker, et la
directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde étaient aussi présents pour cette réunion convoquée après la décision surprise de la Grèce de soumettre le plan européen de
sauvetage du pays à un référendum à l'issue très incertaine.

Grèce : taux des obligations à un an : 224,749 %. Record historique battu.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

Grèce : taux des obligations à 2 ans : 96,685 %. Record historique battu.

Grèce : taux des obligations à 5 ans : 34,584 %. Record historique battu.

Grèce : taux des obligations à 10 ans : 25,466 %.


Abdel 01/11/2011 17:31


"Les chinois savent produire autoritairement de la monnaie pour investir, quand les européens sollicitent avec peur et timidité le marché"

Le but des allemands est de presser le citron européen pour leurs excédents et ensuite le jeter apres avoir détruit les industries des concurrents (surtout France et Italie ) ?


BA 01/11/2011 14:30


Dimanche 2 mai 2010 : chute du domino grec.

Après une semaine de discussions, la zone euro a validé, dimanche 2 mai, l’accord négocié entre Athènes, le FMI, et la Commission européenne pour aider la Grèce à éviter la faillite. Au total, les
Grecs se verront prêter 110 milliards d’euros sur trois ans sous forme de prêts bilatéraux.

http://www.euractiv.fr/economie-finance/article/2010/05/02/fmi-zone-euros-pretent-110-milliards-deuros-grece_67164

Dimanche 28 novembre 2010 : chute du domino irlandais.

Après l'Irlande, l'Europe craint l'effet domino.

Comme prévu, les pays de la monnaie unique s'apprêtent ce dimanche soir à donner un feu vert définitif à un plan de renflouement de 85 milliards d'euros pour Dublin. Mais ils cherchent à aller
au-delà. Avec l'espoir de contrer durablement la défiance des investisseurs et d'empêcher la chute d'autres ¬dominos dans la zone euro.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/11/28/04016-20101128ARTFIG00207-apres-l-irlande-l-europe-craint-l-effet-domino.php

Mardi 3 mai 2011 : chute du domino portugais.

Un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros pour le Portugal.

Le premier ministre démissionnaire, José Socrates, a annoncé aux Portugais, mardi 3 mai dans la soirée, que son gouvernement était parvenu à un "bon accord" avec les délégations de l'UE et du FMI
chargées de négocier le programme d'aide financière demandée par le pays pour un montant de 78 milliards d'euros sur trois ans.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/05/03/le-portugal-conclut-un-accord-avec-l-ue-et-le-fmi-sur-un-plan-d-aide-financiere_1516514_3234.html

2011 ? Ou alors 2012 ? Chute du domino italien.

Les investisseurs internationaux n'ont plus du tout confiance dans la capacité de l'Italie à rembourser ses dettes.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND


BA 31/10/2011 10:22


Samedi 29 octobre 2011 :

Rien ne va plus pour l'Italie. Les investisseurs ne semblent pas croire à un miracle, redoutant semble-t-il que Rome sombre à son tour dans le chaos financier.

Alors que le pays doit faire face à un endettement colossal, le coût de son financement s'est à nouveau envolé vendredi lors d'une émission obligataire test.

De plus en plus inquiétant : les taux d'intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes.

Pire encore, un niveau record a été enregistré avec un taux de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération de même type.

Les analystes considèrent la situation d'autant plus préoccupante, estimant qu'un tel niveau ne peut être longtemps soutenable pour l'économie italienne, cette dernière affichant une très faible
croissance et le stock de dette demeurant très élevé, s'établissant désormais à 1900 milliards d'euros , soit environ 120 % du PIB. Des chiffres vertigineux qui pourraient effectivement en effrayer
plus d'un ...

Les taux des titres à échéance 2014 ont quant à eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 s'élevant désormais à 5,81 % contre 4,03 %,
tandis que ceux des titres à échéance 2017 s'établissaient à 5,59 %, contre 2,33 %.

http://www.leblogfinance.com/2011/10/italie-les-taux-dinteret-depassent-le-seuil-de-risques.html

Lundi 31 octobre 2011 :

Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,143 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Plus les jours passent, plus l'Italie emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus l'Italie se rapproche du défaut de paiement.

L'Italie sera le quatrième domino à tomber.


BA 29/10/2011 11:18


A propos du sommet européen :

L’accord du jeudi 27 octobre n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux. L’Italie est toujours obligée de payer des taux d’intérêt qui continuent à augmenter.

Les taux d’intérêt de l’Italie sont repartis à la hausse.

Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,023 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Vendredi 28 octobre 2011 : l'Italie a lancé un emprunt sur les marchés internationaux. Et ça a été un carnage.

Malgré l’accord européen pour tenter de juguler la crise, le coût de financement de la dette colossale de l’Italie a encore grimpé vendredi lors d’une émission obligataire test, les marchés
continuant de douter de la crédibilité du gouvernement Berlusconi.

Signe le plus inquiétant, les taux d’intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre symbolique des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes, en s’inscrivant à un niveau
record de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération similaire.

Les taux des titres à échéance 2014 ont eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 à 5,81 %, contre 4,03 %, et ceux des titres à échéance
2017 ont progressé à 5,59 %, contre 2,33 %.

http://www.romandie.com/news/n/CRISELe_cout_de_la_dette_italienne_grimpe_encore_malgre_l_accord_europeen281020111510.asp


AbsolumentFabuleux 28/10/2011 22:43


Toujours la clarté dans l'analyse sans pour cela sacrifier à la rigueur.


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