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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 15:46

 

 On trouvera ci-dessous le texte d’une réponse à Jean Peyrelevade, réponse effectuée sur son Blog. Jean Peyrelevade, aujourd’hui à la retraite, fût un acteur essentiel de la réflexion économique à Matignon au début des années 1980. Il fût au cours de la même décennie, président du Crédit lyonnais. Il réfléchit actuellement, dans la foulée de la grande crise, à la refondation du capitalisme et prépare un livre sur le sujet.

Bonjour Monsieur Peyrelevade ;

L’ensemble de votre raisonnement et celui de vos collègues reposent sur la grande méfiance de l’Etat, donc de ses acteurs appelés hommes politiques, vis-à-vis d’une logique de l’intérêt général. C’est ainsi que vous affirmez que dans la plupart des mondes civilisés l’outil monétaire à été retiré de la main des Etats avec en conséquence l’idée d’indépendance des banques centrales. Cela signifie une forte conviction pour l’approche du « Public Choice » et de la réalité d’un intérêt général à ne pas pervertir.

Et c’est cette conviction qui forme votre univers axiomatique et les théorèmes qui vont lui correspondre. De la même façon que « les nombres sont dans la nature » chez les premiers mathématiciens grecs…avec la crise épistémologique qui devait s’en suivre, lorsqu’il faudra mesurer la diagonale du carré… Les Etats,  sont potentiellement pourvoyeurs d’un intérêt général . Intérêt à construire ou à reconstruire, d’où vos réflexions sur la refondation du capitalisme.

La plupart des économistes acceptent cette épistémé, sauf il est vrai deux écoles de pensée : les libertariens,  d’une part, et Marx d’autre part. Si maintenant on embrasse l’axiomatique de l’une de ces deux écoles par exemple la libertarienne,  l’ensemble de vos raisonnements se trouve compromis.

Reprenons si vous le voulez bien quelques uns des points que vous abordez en réponse à mon intervention du 22 avril :

Point 2 : vous affirmez que « la bonne alimentation monétaire de l’économie suppose un appareil décentralisé de distribution de crédit convenablement alimenté en monnaie centrale » ; et vous insistez sur la capillarité insuffisante d’un système centralisé. Il est pourtant facile de répondre que ce système décentralisé fût un échec réel, et que la politique monétaire indépendante de l’Etat, celle de président Greenspan, est l’une des causes de la grande crise que nous traversons.

Point 3 : vous critiquez mon idée d’un monopole de création de monnaie centrale par le seul Etat, lui-même pouvant devenir banque centrale et distribuant des capacités monétaires aux banques. Vous en déduisez que « la monnaie centrale créée pour financer le déficit public s’ajoute et devient inflationniste » Là encore vous considérez avec l’école du « Public choice » que l’on ne peut faire confiance aux hommes politiques. Le libertarien est fondamentalement d’accord avec vous , sauf que pour lui, la solution inverse, celle que nous connaissons dans la réalité concrète, est aussi l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées : celle de la finance, qui emprunte à un taux proche de zéro, pour acheter de la dette publique  au taux du marché, et devenir simple captatrice de rente, sa valeur ajoutée, colossale, ne devenant qu’une pirouette complètement fictive, puisqu’aucune richesse n’a été créée. Car c’est bien un acte juridique qui a créé le système décentralisé que vous appréciez, et, comme toute règle de droit , elle déplace du bien être- selon l’axiomatique libertarienne - d’un groupe vers un autre (ici, depuis les contribuables vers la finance). Il n’y a donc pas à opposer le système centralisé de Maurice Allais, à celui que vous préconisez. Il y a simplement à reconnaître que ces deux systèmes consacrent des modes d’équilibre différents entre acteurs en compétition pour le contrôle de la contrainte publique. Et le mode centralisé de Maurice Allais est tout aussi capable de limiter l’inflation et d’assurer la capillarité. Le groupe au pouvoir, pouvant par exemple décider, que le déficit public ne se conçoit que dans la limite supérieure de l’investissement public, et que l’approvisionnement en monnaie centrale des banques se réalisant dans des conditions de transparence, qui n’existent pas aujourd’hui dans le contexte d’indépendance des banques centrales . Faut-il rappeler que malgré des injonctions sénatoriales, la FED reste dans une relative opacité ? Combien a-t-elle distribué ? Et à qui ? Sans doute l’histoire révèle t’elle , ainsi que vous le soulignez , nombre de cas de caisses publiques vides associées à une hyperinflation . Mais cette situation ne fait que confirmer l’axiomatique libertarienne qui voit dans l’Etat non démocratique la violence pure et non négociée du prédateur public. La démocratie n’étant que le passage du monopole de la prédation à un marché plus concurrentiel.

Point 6 : Vous souhaitez bonne chance aux rédacteurs de la règle constitutionnelle venant limiter l’ardeur inflationniste des hommes politiques devenant de véritables banquiers centraux. Vous avez sans doute raison. Mais dans l’axiomatique libertarienne, encore un fois, la loi n’est qu’un rapport de forces. Et l’irresponsabilité politique, en particulier financière, que certains déplorent dans beaucoup de pays, est elle-même le produit d’un rapport de forces. Un autre rapport de forces pourrait, par exemple en France, transformer radicalement les règles de la comptabilité publique et responsabiliser davantage les hommes politiques. Gageons que les juristes qui ont si bien réussi à organiser- depuis maintenant près de deux siècles - l’irresponsabilité des responsables, sont aussi capables de parcourir le chemin inverse.

Point 7 : vous soumettez l’Etat à la contrainte de marché. Cela colle bien à l’univers néoclassique qui, n’expliquant pas la problématique de l’origine et du développement de l’Etat, se borne à dire qu’il joue un rôle de béquille des marchés défaillants. Vous en déduisez que l’Etat doit convaincre la société civile de lui prêter. Mais ce marché entre offre et demande de dette souveraine est encore une fois le produit d’une décision politique. C’est bien une loi, en France celle du 4 janvier 1973 qui va interdire à l’Etat de disposer d’un banquier, et va organiser sa fragilité….en créant de nouvelles parts de marché pour la finance. C’est bien une autre loi qui en créant l’Agence France Trésor en 1999 va organiser et renforcer le marché de la dette souveraine. Et la loi de finance annuelle, en confirmant et en renforçant le déficit  traditionnel, donne satisfaction aux groupes bénéficiaires du déficit…et fait la joie des 16 spécialistes en valeurs du Trésor. Là encore ces faits empiriques bruts confirment bien le modèle libertarien de compréhension du monde. Comme quoi il s’agit d’une axiomatique robuste.

Une axiomatique étant elle –même une simple idéologie, j’invite à nous méfier du modèle libertarien qui souffre aussi de difficultés épistémologiques. Le sens de mon propos était beaucoup plus modeste et pourtant très ambitieux : je refuse de discuter des théorèmes émis par ceux qui oublient la réflexion épistémologique. Et je crois que notre grande crise est aussi une crise épistémologique de très grande ampleur.

Bien à vous.

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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commentaires

dan_y44 02/06/2010 22:43


Dans un système libéral, seul le marché se doit de fixer les taux d'intérêts (qui peut le faire mieux que vous et moi ?). Il n'y a point besoin de banque centrale. Les banques centrales créent des
boom monétaires artificiels (taux bas cf greenspann) et des contractions qu'elles amplifient (politiques contra cycliques actuelles = spéculation obligataire = drainage des liquidité provenant des
actions et des matières premières). Les politiques de quantitative easing vont entraîner une nouvelle dépression comme l'explique Fekete.


BA 10/05/2010 21:52


Grèce : Moody’s envisage toujours un “abaissement significatif” de la note.

L’agence de notation Moody’s estime toujours que l’abaissement de la note de la Grèce devrait “très certainement être significatif” tout en reconnaissant que le plan de secours de l’Union
européenne était un “pas en avant”, selon une étude publiée lundi.

“Le changement de notation sera très certainement significatif”, a estimé l’agence, qui entrevoit un abaissement “probable dans la catégorie Baa” contre A3 actuellement.

“Mais un ajustement en catégorie spéculative est également possible”, a ajouté Moody’s, qui a abaissé la note de la Grèce de A2 à A3 le 22 avril.

La décision dépendra “des développements au sein de l’économie grecque une fois dissipé le brouillard né de la panique financière, des mesures de soutien et des mouvements de protestation”.

L’agence prévoit de rendre sa décision dans les quatre semaines sur la Grèce, mais aussi sur le Portugal, dont la note est également à l’examen.

Pour le Portugal, Moody’s juge qu’un abaissement de Aa2 à Aa3 est “probable”, tout en prévenant qu’un passage à A1 “ne peut pas être exclu”.

L’agence rappelle, par ailleurs, qu’elle ne prévoit pas de changement à court terme des notes de l’Espagne, de l’Italie et de l’Irlande, les autres pays de la zone euro récemment stigmatisés par
les marchés.


BA 10/05/2010 15:59


Les opérations de rachat d'obligations d'Etats européens, décidées dans le cadre de mesures exceptionnelles visant à calmer les marchés, ont commencé "ce matin", a indiqué lundi le président de
l'institut d'émission européen, Jean-Claude Trichet.

La BCE est restée "totalement indépendante" et n'a pas subi de "pression" pour lancer ces mesures exceptionnelles, a assuré M. Trichet lors d'une conférence de presse à Bâle au siège de la Banque
des règlements internationaux.

Il a également indiqué qu'il était "absolument crucial" que les gouvernements européens atteignent leurs objectifs fiscaux, malgré le plan de soutien sans précédent lancé dans la nuit de dimanche à
lundi.

http://www.romandie.com/ats/news/100510125012.p35cwp4s.asp

Le serpent "ZONE EURO" avait faim.

Le serpent "ZONE EURO" était en train de mourir de faim.

Alors, le serpent "ZONE EURO" a commencé à se dévorer la queue lundi 10 mai 2010.

Le serpent "ZONE EURO" est rassasié momentanément : il ne mourra pas tout de suite.

Mais il mourra bientôt.

L'opération "Ouroboros" continue.


BA 10/05/2010 08:49


La Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon interviennent massivement. La Banque du Japon avait déjà injecté 2.000 milliards de yens dans le circuit bancaire vendredi 7 mai. Lundi 10 mai,
la Banque du Japon a de nouveau injecté 2.000 milliards de yens supplémentaires.

Quant à la Banque Centrale Européenne, combien de centaines de milliards d'euros va-t-elle injecter dans le circuit bancaire ?

Combien de centaines de milliards de dette souveraine grecque va-t-elle acheter ?

Combien de centaines de milliards de dette souveraine portugaise va-t-elle acheter ?

Combien de centaines de milliards de dette souveraine espagnole va-t-elle acheter ?

L'opération "Ouroboros" a commencé.

Lisez cet article :

"la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé des mesures exceptionnelles sur le marché des titres obligataires des Etats et celui des changes.

L'institut monétaire a indiqué qu'il allait d'abord "mener des interventions sur le marché obligataire privé et public de la zone euro" afin de mettre fin aux "dysfonctionnements" constatés, sans
préciser immédiatement quelles formes ces opérations prendraient.

La BCE a aussi annoncé des mesures pour faire face aux difficultés des banques de la zone euro à s'alimenter en dollars, en facilitant leur approvisionnement, via une action concertée avec les
banques centrales des Etats-Unis, du Canada, d'Angleterre et de Suisse.

La Banque du Japon, qui pourrait s'associer à cette initiative, a pour sa part injecté 2.000 milliards de yens (16,7 milliards d'euros) dans le circuit bancaire nippon pour la deuxième journée
consécutive, afin de détendre les conditions d'accès au crédit."

http://www.romandie.com/infos/news/201005100628050AWP.asp


BA 09/05/2010 22:22


L'Allemagne a proposé dimanche soir la mise sur pied d'un vaste plan d'aide financier pouvant être utilisé pour les pays de la zone euro, d'un montant total de 500 milliards d'euros et impliquant
le FMI, a indiqué à l'AFP une source diplomatique européenne.

http://www.romandie.com/ats/news/100509195152.my3fq515.asp

Un plan d'aide de 500 milliards d'euros, et impliquant le FMI ?

Mais avec quel argent ?

Où vont-ils trouver ces 500 milliards d'euros ?

Et qui va payer ?

C’est encore un coup de bluff pour essayer de rassurer les marchés.


BA 09/05/2010 14:14


Dimanche 9 mai 2010 :

Londres refuse de participer à un Fonds d'urgence européen.

La Grande-Bretagne refuse de participer, en y apportant sa garantie, au Fonds d'urgence envisagé pour aider les pays de la zone euro en difficulté, a indiqué dimanche une source diplomatique
britannique à l'AFP. «Nous ne voulons pas participer à un Fonds de secours européen», a souligné cette source.

Les ministres des Finances des 27 pays de l'Union européenne doivent se réunir à partir de 15h00 (13h00 GMT) pour discuter d'un projet de mise sur pied d'un «Fonds de stabilisation de la zone euro»
visant à octroyer des prêts de l'Union Européenne aux pays utilisant la monnaie unique qui seraient en difficulté.

L'idée de départ était que la Commission européenne puisse emprunter jusqu'à 70 milliards d'euros, en bénéficiant de la garantie de tous les pays de l'Union européenne, y compris ceux comme la
Grande-Bretagne qui n'utilisent pas l'euro, puisqu'il s'agit d'un mécanisme de l'UE, selon des sources diplomatiques.

Pour valider un tel dispositif au niveau de toute l'UE, il faudrait l'approbation d'une majorité qualifiée suffisante des 27 ministres européens qui se réunissent à Bruxelles.

Le refus de Londres d'y participer pourrait contraindre la zone euro à se rabattre sur un mécanisme de prêts garantis par les seuls pays utilisant la monnaie unique, une option également à
l'étude.

http://www.20minutes.fr/article/403317/Monde-Londres-refuse-de-participer-a-un-Fonds-d-urgence-europeen.php

Cette fois, c’est sûr : la zone euro va exploser.

Et peut-être même plus tôt que ce que l’on pensait.


BA 08/05/2010 07:45


La zone euro traverse une «crise systémique», selon Nicolas Sarkozy.

«la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création» et «désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais», a-t-il ajouté.

Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’«un mécanisme de stabilisation», un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé
le plan d’aide à la Grèce.

http://www.20minutes.fr/article/403231/Economie-La-zone-euro-traverse-une-crise-systemique-selon-Nicolas-Sarkozy.php

Il y a donc deux questions qui se posent :

1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?

Avec quel argent ?

Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?

2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes souveraines des Etats européens ?


BA 07/05/2010 16:09


Vendredi 7 mai 2010 :

Les Etats d’Europe du sud voient les taux d’intérêt de leurs emprunts exploser.

Les taux d’intérêt atteignent des niveaux inimaginables.

Regardez ces chiffres ahurissants :

Si l’Irlande voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 5,91 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND

Si l’Irlande voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,37 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB2YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,29 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 2 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 5,88 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de ... 12,43 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de ... 18,73 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR%3AIND


BA 06/05/2010 23:08


Jeudi 6 mai 2010 :

Si l’Irlande voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 5,80 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND

Si l’Irlande voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,41 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB2YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,14 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 2 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 5,73 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d'intérêt de ...
11,31 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d'intérêt de ...
16,36 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR%3AIND


BA 06/05/2010 15:50


Jeudi 4 mars 2010 : l’Espagne a lancé un emprunt à 5 ans. L’Espagne a dû verser un taux d’intérêt de 2,81 %.

Jeudi 6 mai 2010 : l’Espagne lance un emprunt à 5 ans. L’Espagne doit verser un taux d’intérêt de 3,532 %.

Conclusion : en deux mois, l’Espagne a été obligé d’emprunter à un taux d’intérêt en hausse de 25 %.

Mais à part ça, l’Espagne va bien.

L’Espagne va de mieux en mieux.

Tout va très bien, madame la Marquise.

Voici le graphique des taux d’intérêt pour un emprunt à 5 ans :

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG5YR%3AIND


BA 05/05/2010 13:37


Mercredi 5 mai 2010 :

Il existe une menace de contagion des problèmes financiers de la Grèce à d'autres pays membres de la zone euro, estime Axel Weber, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne
(BCE).

"Il existe une menace de contagion sérieuse pour les autres pays de la zone euro et de réactions négatives sur les marchés financiers", a déclaré Axel Weber dans une déclaration au parlement
allemand.

"Un défaut de la Grèce dans la situation actuelle très fragile constituerait un risque important pour la stabilité de l'union monétaire et le système financier", a-t-il ajouté.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE6440AX20100505


BA 04/05/2010 06:24


Plan d'aide à la Grèce : l'Assemblée a adopté le volet français.

Les députés ont examiné lundi soir le projet de loi de finances rectificative intégrant le prêt de 3,9 milliards d'euros destiné à la Grèce en 2010, et l'ont adopté dans la nuit, mardi à 1h20, par
vote à main levée.

Au total, la France doit prêter 16,8 milliards d'euros sur trois ans, a précisé la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui assistait à la séance.

Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d'euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales.

(Dépêche d'agence)

J'adore cette dernière phrase : "Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d'euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de
conséquences fiscales..."

... sauf si la Grèce est incapable de rembourser à la France ces 16 milliards 800 millions d'euros.

Mon pronostic :

- La France va prêter à la Grèce 16 milliards 800 millions d'euros.

- La Grèce sera incapable de les rembourser.

- Les contribuables français l'auront dans le c...

- Vous avez aimé les emprunts russes ? Vous adorerez l'emprunt grec.


BA 02/05/2010 21:01


Les ministres des finances de la zone euro ont décidé, dimanche 2 mai, "d'activer" sans délai un plan d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros, dont 80 milliards à leur charge, et le reste
apporté par le FMI.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/02/l-europe-approuve-l-aide-financiere-a-la-grece_1345672_3214.html#ens_id=1268560

Prenons les quatre pays qui devraient prêter le plus :

- 1- L'Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total, soit 22 milliards 336 millions d'euros.

- 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total, soit 16 milliards 776 millions d'euros.

Vous avez bien lu : la France devrait prêter à la Grèce 16 milliards 776 millions d'euros.

- 3- L'Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total, soit 14 milliards 736 millions d'euros.

- 4- L'Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total, soit 9 milliards 792 millions d'euros.

Les Etats européens vont maintenant emprunter sur les marchés internationaux. Ensuite, ils vont re-prêter ces sommes à la Grèce. Enfin, ils ne reverront jamais ces sommes car la Grèce ne pourra
jamais les rembourser.

Cette folie a un nom : ça s'appelle un suicide collectif.


charles 01/05/2010 12:28


Félicitations, Jean-Claude Werrebrouck

Il faut remettre leurs idées reçues en place: crise épistémologique,
crise sociale face à ces agents du système, complètement déconnectés
de la réalité, comme les deux dernières crises viennent de le mettre
en évidence. Il est à craindre que cela soit trop tard, le déni de
réalité de ces grands serviteurs de l'Etat semblant, depuis l'étranger, avoir une dimension pathologique

A ce titre,je ne saurais que vous recommander la lecture d'une
transcription d'un entretien récent avec William C. Black sur la chaine publique américaine, où il évoque un 'environnement criminogénique'

"http://www.pbs.org/moyers/journal/04232010/transcript4.html


BA 30/04/2010 16:15


Moody's abaisse les notes de neuf banques grecques.

L'agence de notation financière Moody's a annoncé vendredi qu'elle abaissait la note de solidité financière (BFSR) et de crédit de neuf banques grecques, maintenant une perspective négative, en
raison des pressions sur le secteur bancaire dans le contexte économique grec.

Moody's pourrait encore dégrader les notes des dépôts et de crédit de ces banques lorsqu'elle réévaluera la note de dette à long terme de la Grèce.

Les neuf établissements en question sont NBG (Banque nationale de Grèce), Eurobank, Alpha, la Banque du Pirée, Emporiki (filiale du Crédit Agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of
Greece (filiale de la Société Générale), Marfin Egnatia Bank et Attica, détaille Moody's dans un communiqué.
Moody's avait déjà dégradé la note de BNG, Alpha, Eurobank, la Banque du Pirée et Emporiki le 31 mars.

L'agence de notation estime que le contexte économique grec a des répercussions sur la solidité du secteur financier local, qui a de plus en plus de mal à avoir accès au marchés interbancaire et
obligataire et s'appuie donc sur le financement de la Banque Centrale Européenne (BCE).

"La BCE va rester une source de financement pour les banques jusqu'à ce que la confiance revienne sur les marchés. Cela dit, le soutien de la BCE n'est pas illimité, rappelle Moody's.

Autre difficulté pour le secteur bancaire : la mise en place de mesures pour redresser les finances est positive pour la solvabilité du pays, mais peut avoir un coût sur la croissance à court ou
moyen terme, souligne l'agence de notation, citant pêle-mêle un risque de hausse du chômage, une baisse des revenus et une moindre rentabilité pour les entreprises.

http://www.romandie.com/infos/news/201004301537040AWP.asp


BA 30/04/2010 07:12


Nous venons d’apprendre que les Etats européens devraient prêter en tout 120 milliards d’euros à la Grèce.

Concrètement, qui devrait prêter combien ?

- 1- L'Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.

Si le prêt total est de 120 milliards, l'Allemagne devrait prêter 33,6 milliards d'euros à la Grèce.

- 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.

Si le prêt total est de 120 milliards, la France devrait prêter 25,2 milliards d'euros à la Grèce.

- 3- L'Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total.

Si le prêt total est de 120 milliards, l'Italie devrait prêter 22 milliards d'euros à la Grèce.

- 4- L'Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total.

Si le prêt total est de 120 milliards, l'Espagne devrait prêter 14,8 milliards d'euros à la Grèce.

http://www.euractiv.fr/sites/default/files/Eurozonefootingthebill.pdf

Ce « plan d’aide » pose quatre problèmes insolubles.

Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.

Deuxième problème : les Etats européens devraient emprunter sur les marchés internationaux, et ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce à un taux d’intérêt de 5 %.

Troisième problème : plusieurs Etats européens devront emprunter à plus de 5 % car ils sont très mal notés par les agences de notation. Exemples : le Portugal doit emprunter à 5,50 %, l’Irlande
doit emprunter à 5,20 %.

Quatrième problème : ces 120 milliards d’euros prêtés à la Grèce seront à fonds perdus car la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.

Conclusion :

ce « plan d’aide » n’est pas un plan d’aide. C’est un gigantesque mensonge destiné à rassurer les marchés internationaux.

C’est du bluff pour faire croire que la Grèce pourra éviter le défaut de paiement.


A-J Holbecq 29/04/2010 18:27


Je vous suis tout à fait.

Voyons une possibilité au niveau de la France pour laquelle la dette à fin 2009 atteint sensiblement 1500 milliards d’euros, générant par des intérêts à payer à 4% une dette supplémentaire de 60
milliards par an.

Pour la simplification de l’explication, admettons ici que la banque centrale décide de monétiser tous les ans 100 milliard d’obligations arrivant à échéance, plus les intérêts dus sur le solde (au
taux moyen de 4%, soit 60 milliards sur une dette de 1500 milliards), et que le budget des Administrations publiques est équilibré hors intérêts à payer.

L’année 1, la banque centrale devrait donc monétiser 100 + (1500 x 4%) =160 Md€
La seconde année la dette serait ainsi réduite à 1400 milliards. La banque Centrale monétiserait 100 + (1400 x 4%) = 156 Md€
Les années suivantes verraient les besoins de monétisation suivants :
152, 148, 144, 140, 136, 132, 128, 124, 120, 116, 112, 108, 104, 100.

Et donc la 16° année le capital de la dette de 1500 Md€ plus les intérêts payés, soit un total d’environ 2000 Md€, seraient donc « gelée », sans intérêts à payer, par un transfert total à la Banque
de France qui rappelons-le, est propriété à 100% de la Nation.

Cette monnaie viendrait effectivement dans le circuit économique en plus de la monnaie existante, mais sur 16 ans !

Les monétaristes ne sont pas choqués que le taux de croissance (annualisé sur 6 mois) de M3 dans la zone euro a atteint près de 13% en 2007, et sa moyenne entre 2002 et 2007 ait été proche de
10%

Néanmoins, compte tenu des besoins d’investissements nécessaire (transition énergétique), il serait souhaitable que la banque centrale accorde, en plus de ce transfert de dette, une centaine de
milliards de crédits nouveaux annuellement, crédits affectés à l’investissement nécessaire.

Évidemment sans intérêts…

Non, la dette n’est pas une fatalité et nous pouvons cesser de nous faire plumer !

A-J Holbecq

Auteur de « Argent, dettes et banques » (ed Yves Michel – 2010)


BA 29/04/2010 09:59


Est-ce que quelqu'un croit encore au soi-disant "plan d'aide" des Etats européens pour sauver la Grèce ?


Selon ce soi-disant "plan d'aide", les Etats européens devraient prêter à la Grèce 30 milliards d'euros à un taux de 5 %.


1- Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.


2- Deuxième problème : les Etats européens savent que la Grèce ne pourra pas leur rembourser ces 30 milliards d'euros.


3- Troisième problème : les Etats européens devraient d'abord emprunter sur les marchés internationaux, puis ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce.


Exemple : le Portugal.


Le jeudi 28 avril 2010, le taux d'intérêt des obligations du Portugal à 10 ans atteignait 5,809 %.


http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=GSPT10YR%3AIND


Le Portugal va donc emprunter à un taux de 5,809 %, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce à un taux de 5 % !


En clair : le Portugal va se surendetter encore plus, et il va perdre de l'argent encore plus !


Ce soi-disant "plan d'aide" est complètement pipeau ; il ne sert qu'à essayer de rassurer les marchés internationaux.


BA 28/04/2010 17:27


Mercredi 28 avril 2010 :

Voici une information très importante concernant le conseiller officieux d’Angela Merkel, Hans-Werner Sinn.

Hans-Werner Sinn est un économiste allemand, président de l’institut de recherche économique Ifo. Il vient de dire tout haut ce que tous les dirigeants européens n’osent pas dire à leurs opinions
publiques :

la Grèce ne remboursera jamais les prêts que pourraient lui accorder les Etats européens.

Lisez cet article :

La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière à l’Allemagne, estime le président de l'Ifo.

La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière que l’Allemagne entend débloquer dans le cadre d’un mécanisme de soutien européen à Athènes, a prévenu mercredi un influent économiste allemand.

A la question de savoir s’il croyait au remboursement de l’aide financière à l’Allemagne, Hans-Werner Sinn, président de l’institut de recherche économique Ifo, l’un de ceux qui conseille le
gouvernement, a répondu sur la radio MDR : « à dire vrai, non ».

http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00247948-la-grece-ne-remboursera-jamais-l-aide-financiere-a-l-allemagne-estime-le-president-de-l-ifo.htm

Nous pouvons donc maintenant prévoir ce qui va se passer :

1- l’Allemagne ne prêtera pas un seul euro à la Grèce, car l'Allemagne sait que la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit ;

2- l’Allemagne laissera la Grèce se déclarer en défaut de paiement ;

3- l’Allemagne préfèrera renflouer les banques allemandes ruinées par le défaut de paiement de la Grèce ;

4- la France la jouera de façon plus sournoise : elle commencera par prêter quelques centaines de millions en urgence, puis, quand la Grèce aura fait défaut, la France renflouera les banques
françaises.

De cette façon, les dirigeants français pourront dire :

« Vous avez vu ? La France a prêté à la Grèce ! La France a fait preuve de solidarité ! La France n’a rien à se reprocher ! »


BA 28/04/2010 10:27


J’aimerais quand même rappeler quelques chiffres.

Ces chiffres, ce sont les chiffres du coût de sauvetage de la Grèce de 2010 à 2015.

Chose étonnante : personne dans les journaux télévisés, ni dans les informations à la radio, ni dans la presse papier n’a cité ces chiffres.

Mais il y a une exception.

A ma connaissance, en France, seul Nicolas Barré a donné ces chiffres :

« il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette
actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à
plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »

http://www.lesechos.fr/info/inter/020496841181-point-de-vue-nicolas-barre-grece-le-scenario-de-la-faillite.htm

Quand on connaît ces chiffres, tout devient clair :

1- L’Allemagne ne veut pas prêter 8,4 milliards d’euros à la Grèce car l’Allemagne sait que la Grèce ne pourra jamais les lui rembourser.

2- La France n’acceptera de prêter 3,9 milliards d’euros à la Grèce que petit à petit, au compte-goutte, en regardant bien l’évolution de la situation grecque.

Pourquoi ?

Parce que la France, elle-aussi, a parfaitement compris que la Grèce ne pourra jamais lui rembourser ces 3,9 milliards d’euros.

Lisez cet article disponible sur le site lejdd.fr :

Lejdd.fr : Qu’est-ce qui garantit le remboursement des Grecs ?

Christine Lagarde : L’accord en cours de négociation le précisera, mais nous ne décaisserons pas l’intégralité des sommes tout de suite. Nous le ferons au fur et à mesure des besoins et en cas de
défaut de paiement, nous mettrons aussitôt le pied sur la pédale du frein.

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Lagarde-Solidaires-pas-complaisants-188597/

Conclusion : la Grèce ne pourra jamais rembourser les prêts que pourraient lui faire les Etats européens.

Conclusion numéro 2 : les Etats européens le savent. C’est pour cela qu’ils ne lui prêteront pas tous ces milliards d’euros.


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