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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 14:48

Mes lecteurs trouveront dans le présent texte, le résumé et les conclusions provisoires d'un travail que je mène par ailleurs,  et qui va donner lieu à une publication "papier". les habitués du Blog comprendront assez facilement, et ce malgré l'extrême contraction du texte. les autres, devront s'armer de patience, en lisant beaucoup  de mes articles publiés au cours de ces derniers mois.                                                   

L’idée de dette accompagne l’humanité tout au long de son histoire. Ses réalités matérielles peuvent varier : dette de vie, de sang, de travail, obligations diverses, monnaie. Son socle institutionnel aussi : endettement collectif ou individuel, caractère ,public ou simplement privé. Réalités matérielles et socle institutionnel qui sont l’un des moteurs les plus puissants de l’histoire. Lorsque la dette prend la forme monétaire, elle reste tout aussi primitive que la dette de vie envers les dieux. Et cette primitivité provient du fait que  la monnaie  aussi bien que les dieux n’est pas une construction humaine consciente et utilitaire, mais un fait social « dépassant » chaque individu , et fait social que nous avons appelé : « extériorité ».  Pour autant, parce que l’histoire est un processus de privatisation et d’occupation de l’extériorité par des entrepreneurs politiques, la monnaie est devenue un enjeu majeur : celui qui peut la fabriquer peut, dans un même geste, fabriquer de la dette, et se désendetter. Historiquement,  la monnaie fabriquée par le despote servira à se désendetter vis-à-vis des mercenaires qu’il emploie, et à produire la dette fiscale que les sujets auront à lui payer à partir des dépenses courantes des mêmes mercenaires. Le « circuit du Trésor » à la française est ainsi vieux de 5000 ans. Durant la plus grande partie du vingtième siècle, l’Etat français , par la soumission imposée à sa banque centrale, a pu dans un même geste, augmenter considérablement la dette fiscale de citoyens désormais pleinement monétarisés par la montée de l’économie et par la dépense publique, et se désendetter de sommes pharaoniques résultants des 2 guerres mondiales. Les despotes de l’antiquité savaient déjà cela.

Mais, la grande différence, est que durant une partie du vingtième siècle, celle qui va s’achever avec la loi du 3 janvier 1973, la loi d’airain de la monnaie a pu être fort intelligemment abandonnée. Ce qui était souvent très difficile aux époques antérieures où le métal, or ou argent, était aussi aliénant que les dieux. Avec les catastrophes financières déjà décrites, et que l’on analyse à tort comme de simples  crises de finances publiques. De fait, s’affranchir de la loi d’airain de la monnaie, était socialement aussi difficile, que de s’affranchir des croyances religieuses. Ce que ne voient pas suffisamment Reinhart et Rogoff.

La loi de 1973 est ainsi le retour d’un monde « enchanté par les dieux » : la loi d’airain de la monnaie rétablie,  rétablit aussi l’ordre antérieur. C’est que l’aliénation monétaire est intéressante pour au moins un groupe d’agents, ceux que nous avons appelé les rentiers. Aliénation toute relative, puisque de fait imposée aux seuls Etats, le secteur financier restant mécréant, et intéressé par les délices de la multiplication des signes monétaires produits par le dispositif LTRO de notre Banque Centrale Européenne. Avec néanmoins de possibles effets de contagion en boucle: les entrepreneurs politiques allemands, spectateurs de la noyade de leur propre banque centrale par le dispositif TARGET2, pourront ils maintenir la loi d'airain de la monnaie? Question pour l'avenir.

 

En attendant, et pout le présent, restons justes : rentiers et financiers n’ont pu rétablir seuls la loi d’airain de la monnaie, et le monde tel qu’il est devenu. De fait, la grande transformation du monde correspondait aussi à la volonté de repousser les murs du fordisme, et de s’acheminer vers de nouvelles solutions, et solutions qui ont aussi bénéficié de nouvelles grappes technologiques. Les entrepreneurs politiques qui vont construire les nouvelles banques centrales et les « états du monde » correspondants, furent donc sollicités par de nombreux groupes d’agents pleinement acheteurs de l’indépendance des banques centrales, et du retour de la loi d’airain de la monnaie. Le basculement d’un monde vers un autre, n’est pas une affaire simple à expliquer, et nous avons montré qu’il fallait se garder de tout travers moniste.

 

 

 

 

 

 

                              

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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BA 14/03/2012 21:17

Mercredi 14 mars 2012 :

Le budget de l'Union Européenne au bord du défaut, selon le Parlement européen

Le budget de l'Union européenne est "au bord du défaut", les grands contributeurs - fortement mis à contribution pour sauver l'euro - rechignant à augmenter leur participation, a averti mercredi
Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets du Parlement européen.

La Commission européenne doit présenter le 26 avril sa proposition pour le budget 2013, mais il est "peu probable" que les Etats acceptent une augmentation, a estimé M. Lamassoure au cours d'un
point de presse au Parlement européen à Strasbourg avec le commissaire au Budget Janusz Lewandowski.

Les Etats ont imposé un budget d'austérité pour 2012 avec des dépenses limitées à 129,1 milliards d'euros, loin des 133,1 milliards demandés par le Parlement.

Le commissaire au Budget Janusz Lewandoswki a confirmé avoir des difficultés pour trouver 11 milliards d'euros afin de rembourser aux Etats les factures présentées fin 2011, et il a annoncé
travailler à un projet rectificatif nécessaire pour au moins la moitié de cette somme.

"Le budget européen n'a pas un euro de déficit, mais il est au bord du défaut", a lancé Alain Lamassoure.

"Nous sommes face à un problème politique. La France, l'Allemagne, les Pays Bas, la Finlande, l'Autriche, qui sont les pays contributeurs nets, refusent toute augmentation de leur contribution
nationale, car ils sont les principaux supports du fonds de sauvetage de l'euro et ils ne veulent pas payer deux fois", a-t-il expliqué.

http://www.boursorama.com/actualites/le-budget-de-l-ue-au-bord-du-defaut-selon-le-parlement-europeen-50ed664755db6a518316dffc504af25a

BA 14/03/2012 13:51

Mercredi 14 mars 2012 :

La dette des banques espagnoles envers la Banque centrale européenne a bondi en février pour atteindre son maximum historique, à 152,4 milliards d'euros nets, dopée notamment par la récente
injection de liquidités par la BCE.

Le montant est dopé par l'injection de liquidités par la BCE, qui a réalisé en décembre et février deux opérations de prêt sur trois ans, à des taux avantageux, aux banques de la zone euro. La
première a attiré plus de 500 banques pour un montant de 489 milliards d'euros, la deuxième a attiré 800 banques pour 530 milliards euros.

Cette injection de liquidités visait à aider les banques, qui ont du mal à se financer sur les marchés, dans un climat général de défiance.

http://www.boursorama.com/actualites/espagne-nouveau-record-historique-pour-la-dette-des-banques-envers-la-bce-bbda53af2723c8f77acf39ebc7e22363

La BCE a prêté 1118,273 milliards d'euros aux banques de la zone euro.

En décembre 2014, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d'euros supplémentaires.

Et ça repartira pour trois ans.

En décembre 2017, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d'euros supplémentaires.

Et ça repartira pour trois ans.

En décembre 2020, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d'euros supplémentaires.

Et ça repartira pour trois ans.

Et à la fin, ça finira bien.

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