Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 23:00

   On trouvera ci-dessous la seconde partie de l'interview d'Atlantico: 

 

Faut-il remettre en cause l'indépendance des banques centrales comme le gouvernement japonais menace de le faire ?

 

L'efficacité de l'action d'une banque centrale - notamment auprès des marchés - dépend fortement de sa crédibilité. Celle-ci peut-elle être ébranlée par une remise en cause de l'indépendance des banques centrales ?

Nicolas Goetzmann : Le cœur d’une politique monétaire est la crédibilité de sa banque centrale. Si l’indépendance de la banque est menacée, je ne donne pas cher de la peau de la dette de l’Etat concerné. Le pouvoir le plus important d’une banque est sa capacité à mobiliser les acteurs économiques sur une simple déclaration. Ceci est rendu possible par sa crédibilité. Si vous menacez cette crédibilité, vous mettez à mal son pouvoir même.

En revanche, il me semble que la crédibilité de la BCE est aujourd’hui mise à mal. Son mandat de stabilité des prix a provoqué une politique d’austérité monétaire destructrice de toute croissance. La BCE est crédible dans sa rigueur contre la croissance depuis 2008, voilà pourquoi les taux sont si bas aujourd’hui. Le défi d’aujourd’hui est que cette crédibilité en terme d’austérité soit mise au profit de la croissance, comme le fait aujourd’hui la Fed et la Bank of England. Ce dont l’Europe a besoin aujourd’hui c’est d’une modification du mandat de la BCE, en interrompant ce mandat de stabilité des prix pour mettre en place le "NGDP targeting", ou objectif de PIB nominal.

Jean-Claude Werrebrouck : Si un pays important remettait ouvertement en cause l’indépendance de sa banque centrale et exigeait la monétisation intégrale de sa dette, il en résulterait bien évidemment des mouvements de panique avec en premier lieu un effondrement de sa monnaie. Les choses ne sont pas simples, surtout pour la BCE dont l’indépendance est en principe la plus radicale. C’est la raison pour laquelle il faut, à mon avis, une action coordonnée décidée au terme d’une grande conférence internationale. Une conférence qui déciderait d’une refonte complète de la mondialisation avec l’obligation pour chaque pays d’équilibrer ses échanges extérieurs, donc la fin d’un libre échange devenu le protectionnisme des prédateurs, et surtout l’interdit juridique de la spéculation, celle-ci devenant un délit pénalement sanctionné. Cela passerait aussi par l’interdit de la création monétaire par les banques (le fameux système à "réserves fractionnaires") et le rétablissement de l’autorité monétaire de la banque centrale seule à pouvoir émettre de la monnaie sous le contrôle des Etats.

La configuration actuelle de la mondialisation s’achève avec la crise. Ne cherchons pas les coupables, en particulier la finance si souvent accusée : la finance est comme les gaz, elle occupe tout le volume disponible. C’est au décideur politique de réduire ce volume et aux différents peuples de la Terre de l’y inciter.

    
             

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
commenter cet article

commentaires

karluss 06/01/2013 18:32

mais... malgré tout, il semblerait que les décideurs politiques soient plus influencés par certains lobbies (financiers...) que par les peuples eux-mêmes.

Jean Claude Werrebrouck 06/01/2013 21:06



Tout à fait d'accord



Présentation

  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
  • Contact

Recherche