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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 09:07
    On trouvera çi-dessous les 4 réponses aux 4 questions qui me furent posées:
 
 
1- Le Nikkei, l'indice phare de la bourse de Tokyo, au Japon, a chuté de plus de 6% en début de séance jeudi matin. Le rôle des banques centrales américaine et japonaise, qui mènent des politiques beaucoup plus accommodantes que la Banque centrale européenne, sont en cause. Faut-il voir dans cette chute du Nikkei une inquiétude quant aux politiques monétaires menées ? Avec des taux directeurs à zéro ou quasi-nuls et le fonctionnement de la planche à billet à plein régime, les banques centrales ont-elles épuisé toutes leurs cartes pour contrecarrer la crise ?
  
Il faut d’abord reconnaitre que la gestion présente- qui peut choquer les partisans de l’ordo-libéralisme notamment allemand- n’est que la conséquences des erreurs ou politiques passées en matière de dérégulation économique et financière. Si la spéculation et la dette publique et privée se sont emballées c’est bien en raison de règles du jeu et de choix dont nous sommes tous responsables.Et il est vrai que sans dette toujours croissante on ne voit pas comment dans “l’économie monde” l’offre globale de marchandises pourrait être absorbée par une demande équivalente. C’est bien avec des montagnes de dettes publiques et privées qu’on a pu trouver des clients pour construire des logements aux USA, en Irlande , en Espagne etc., qu’on a pu trouver des clients pour des infrastructures civiles et militaires,notamment en Chine et aux USA, qu’on a pu trouver des clients pour l’industrie de la santé ,notamment en France, etc.... Si donc il existe aujourd’hui un état quasi planétaire d’insolvabilité, c’ est bien en raison d’un déséquilibre d’abord économique qui s’est traduit dans un déséquilibre financier. Une montagne de dettes qui apparait dans les bilans et qui bloque l’activité.
Dans ce contexte les banques centrales sont aujourd’hui à la manœuvre et vont jusqu’au bout de ce qui est possible en facilitant la création de nouvelles dettes, avec évidemment de nouveaux risques puisque l’on combat la dette avec de nouvelles dettes. Nous avons là le cas du Japon avec des marchés financiers qui s’interrogent sur l’avenir de la dette publique que l’on accroit, et qui déstabilise l’indice Nikkei. Les plus optimistes répondront simplement que la montée des taux sur la dette publique japonaise est finalement une excellente chose en ce qu’elle anticipe le développement d’une inflation recherchée par la banque centrale. Donc la nouvelle politique japonaise serait la bonne...Mais ce débat sur la remontée des taux sur la dette publique masque une autre réalité: les banques centrales  cherchent, sauf pour la BCE , à faciliter la baisse des taux de change en vue de relancer les machines économiques nationales. Il s’agit toujours comme dans les années 30 d’exporter les difficultés nationales avec la mise en place d’une guerre des monnaies. De ce point de vue la BCE “ordo-libérale” est la banque centrale la plus mal placée et l’industrie allemande a du soucis à se faire avec une baisse du Yen de près de 25% depuis le début de l’hiver dernier. Et de ce point de vue aussi, la mise en cause du Q3E aux USA n’est probablement pas à l’ordre du jour malgré les rumeurs. Il faudra toujours plus d’eau pour continuer à se noyer.
  
 
2- Taux d'intérêt directeurs négatifs, taux de dépôts bancaire négatifs, acceptation d'une plus large palette d'actifs en contrepartie de prêts... Quels autres outils le banques centrales peuvent-elles utiliser pour stimuler l'économie ?
 
Les taux d’intérêt négatifs sont la nouvelle idée pour laquelle les banquiers centraux s’interrogent. Monsieur Draghi s’est déjà déclaré fort inquiet à propos de telles idées. Il faut en effet comprendre qu’un taux négatif est un défaut qui ne dit pas son nom puisque le prêteur n’est pas remboursé sur la totalité du prêt consenti. commencer à parler de taux négatifs c’est déjà aborder la question du non remboursement.
Maintenant accepter en collatéral des actifs plus douteux en échange de monnaie centrale fraiche, c’est aussi reconnaitre un défaut- au moins potentiel- avec des banques centrales qui deviennent de fait d’énormes Bad-Banks. C’est déjà largement le cas avec de précédents dispositifs mis en place ( LTRO, OMT, ELA) par la BCE.
Mais on comprend que ces outils peu orthodoxes sont plus faciles à mettre en place dans des banques centrales non contraintes culturellement et juridiquement par l’ ordo-libéralisme allemand. Ces Banques centrales obéissent à la norme planétaire d’indépendance mais prennent des libertés aux seules fins de sauver les banques et aussi l’économie réelle.
Ce n’est évidemment pas le cas de la BCE qui fut historiquement construite sur la base de l’ordo-libéralisme allemand. C’est dans ce cadre d’un très strict  respect des règles du jeu que la cour constitutionnelle de Karlsruhe s’inquiète du comportement de la BCE qui- prête à tout pour sauver l’euro- franchit le rubicon et en arrive à mettre en difficulté la banques centrale allemande par rapport aux règles constitutionnelles. Concrètement le QE à l’européenne est juridiquement interdit en ce que les règles de l’euro-système pourrait engager les finance publiques allemandes et donc le contribuable allemand qui doit être protégé contre les dérives financières.Jens Weidmann gouverneur de la Banque centrale allemande, se fixe d’abord comme objectif le respect de la contrainte monétaire avant de s’intéresser à la relance de l’économie. Il est en cela un gouverneur d’exception dans le monde et se bat contre le gouverneur de la BCE accusé de laxisme monétaire. L’Europe ne peut pas aisément compter sur sa banque centrale pour relancer l’économie, et si les difficultés et conflits  s’accumulent, il n’est pas impossible que l’Allemagne quitte la zone euro.
.

3- Finalement, la Banque centrale européenne, en refusant de céder rapidement à la planche à billet et à des taux directeurs à zéro comme ses homologues américaine et japonaise, s'est-elle gardée des marges de manœuvres pour la suite ?
 
De fait la planche à billets a déjà commencé comme vu plus haut. Par ailleurs il faut aussi dire que si la planche à billets publique est contrainte par la règle ordo-libérale, elle ne l’est an aucune façon au niveau privé. Le considérable accroissement des bilans des banques – 4 fois le PIB de la France pour les 4 plus grandes banques françaises- n’est rien d’autre que la création monétaire par les banques elles mêmes. Ce qui veut dire que la liquidité ne manque pas et qu’elle est simplement investie dans la spéculation beaucoup rentable que les investissements dans l’économie réelle. Le vrai problème du financement de l’économie est celui de la spéculation financière qu’il faudrait à tout le moins limiter par des règles nouvelles. Et, de ce point de vue une quelconque loi de séparation des activités au sein des banques dites universelles est de peu d’utilité. Il faudrait dans l’idéal pouvoir interdire nombre d’activités financières – purement spéculatives- très éloignée de l’économie réelle. Quand va t’on se rendre compte qu’il y a moins de trente ans il était possible de financer l’économie sans passer par la multitude de dérivés aujourd’hui proposés.?
Aujourd’hui la BCE est à cheval sur 2 groupes d’intérêt ou de conception du monde. D’un côté elle aimerait être beaucoup plus active, en sauvant les banques et les Etats insolvables, ce qu’elle fait partiellement avec les dispositifs mis en place par son gouverneur. Elle aimerait aussi sauver la zone Euro en luttant contre la balkanisation des bilans bancaires que l’on constate partout et en tentant d’homogénéiser les taux d’intérêt sur les crédits dans l’ensemble de la zone. Mais, d’un autre côté elle n’ignore pas qu’il lui faut impérativement respecter l’ordo -libéralisme allemand, qui lui, veut imposer les réformes dites structurelles et pourra en dernière instance recourir à la cour européenne de justice pour sanctionner son prétendu laxisme. Elle ne dispose par conséquent que de peu de marges de manœuvres.

4- Quels bilans pouvons-nous tirer des différentes politiques monétaires menées par les différentes banques centrales ? Leurs effets arrivent-ils à bout ?
     
Tout cela se soldera d’abord très probablement par la rupture du maillon le plus faible c’est à dire la zone-euro, rupture dont les modalités sont infiniment variables et que nul ne peut anticiper. Tout au plus peut-on monter des scenarios dont celui du départ de l’Allemagne comme étant l’un des plus probables. Au delà arrivera la question du défaut général et du redémarrage sur de toutes autres bases. Mais il est toujours très difficile de sauter par dessus sont temps. Avec toutefois une quasi certitude: le temps de l’idéologie de l’indépendance des banques centrales s’achève.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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commentaires

Hadrien 24/06/2013 14:25

Merci de la réponse ci-dessus.
Vous noterez que la solution évoquée est surtout conçue pour résoudre le transitoire, habituellement présenté comme l'argument repoussoir :
"The euro may then remain – for some time – the common currency of less competitive countries. It would ultimately mean a return to the national currencies or to different currencies serving groups
of homogeneous countries."
En ce sens, elle est extrêmement souple...

Hadrien 23/06/2013 19:56

L’union bancaire semble essentiellement motivée par le souci d’une coordination… en cas de sauve qui peut (« testament » de faillite, garanties de dépôts, etc.).
Outre la crainte d’un nouveau séisme à la « Lehmann brothers », n’y aurait-il pas aussi celle d’un éclatement prochain de l’euro, où les banques auraient bien du mal à avaler la moins-value sur les
titres de dette ?

On a vu, en effet, comment le monde des économistes changeait peu à peu son fusil d’épaule, avec le manifeste signé aussi bien par J Sapir (hétérodoxe), JJ Rosa (libéral néoclassique), JP Vesperini
(européen convaincu), etc. :

EUROPEAN SOLIDARITY IN THE FACE OF THE EUROZONE CRISIS
A Strategy under the auspices of European Solidarity :

Our view is that the strategy that offers the best chance of saving the European Union, the most valuable achievement of European integration, is a controlled segmentation of the Eurozone via a
jointly agreed exit of the most competitive countries. The euro may then remain – for some time – the common currency of less competitive countries. It would ultimately mean a return to the
national currencies or to different currencies serving groups of homogeneous countries. This solution would be an expression of European solidarity. A weaker euro would improve the competitiveness
of southern European countries and help them escape recession and return to economic growth. It would also reduce the risk of banking panic and the collapse of the banking systems in the countries
in southern Europe, which would occur if they were forced to leave the Eurozone or decided to do so due to internal public pressure prior to an exit from the Eurozone of the most competitive
countries.

C’est pourquoi il faudrait dans ce cas, comme expliqué en commentaire d'un billet précédent, que tous les pays du sud gardent l’euro nominal, qui se dévaluerait ainsi d’autant dans le libellé de
leur dette, pendant que l’Allemagne et ses satellites formeraient une nouvelle zone mark dont la réévaluation ne pourrait que diminuer la charge de la dette en euros.
Dans un tel cas, les banques, comme détenteurs de titres, sont les seules à perdre (modérément) dans cette opération toute « en douceur »…

Mais peut être leur « anticipation rationnelle » est-elle que les fanatiques de l’Euro(pe) voudront soutenir jusqu’au bout l’impossible monnaie unique pour tous… jusqu’à l’éclatement et le sauve
qui peut ?
C’est en tous cas ce que nous réservent les inconditionnels comme Michel Aglietta, pourtant répertorié « à gauche », dans son dernier livre:
UN NEW DEAL POUR L’EURO(PE) [sic], dont voici le résumé des géniales anticipations:

» La polarisation létale entre pays excédentaires et pays déficitaires ne peut être surmontée en rendant tous les pays excédentaires par la baisse forcenée des salaires. La première étape est
d’inverser la déflation compétitive généralisée à laquelle conduisent les politiques d’austérité engagées [jusque là, d'accord, mais voyons comment!]…
La première application de la coopération budgétaire est donc une politique fiscale en Allemagne pour stimuler la demande intérieure et pour élever le taux d’inflation au-dessus de celui des pays
déficitaires [ce qui est contraire au dogme de son orthodoxie monétaire] …
Et la Banque centrale européenne, en anticipation du lien organique futur qu’elle entretiendra avec le Trésor fédéral comme dans n’importe quel autre pays, pourrait intervenir sur les marchés des
dettes publiques [ce qui est contraire à la Bundesbank qui, en Allemagne, fait partie du cadre institutionnel du marché]… C’est la proposition faite début septembre 2012 par Mario Draghi
d’effectuer des achats illimités sur les marchés secondaires [c'est à dire d'en débarrasser à bon compte les banques] de titres souverains des pays qui feraient une demande d’aide préalable auprès
du MES…
Il serait alors possible de commencer à mutualiser les dettes publiques en émettant des eurobonds [dont l'Allemagne ne veut pas entendre parler].
Dans une seconde étape… il serait temps de convoquer une convention parlementaire réunissant des représentants du Parlement européen et des parlements nationaux pour élaborer la constitution
portant union politique des pays décidés à construire la fédération européenne [Rien que ça!].
L’objet de cette constitution étant essentiellement d’instituer un Trésor fédéral rendant irréversible l’union budgétaire et de lui donner une légitimité démocratique [sans aucun référendum, bien
entendu!] « .

Heureusement que l’auteur n’oublie pas de préciser:
» Or, la loi fondamentale allemande pose un problème concernant la subordination des lois nationales à la loi européenne…
Comme le constate à juste titre Marie-France Garaud [son livre "Impostures politiques", 2010], le garant ultime de la loi n’est pas le Bundestag, c’est la cour constitutionnelle de Karlsrhue [une
paille!]. En France, le suffrage universel [on peut donc s'en servir en le contournant!] crée le droit, en Allemagne il découle du droit [comme c'est dommage...] « .
Et de conclure:
» Ces problèmes hantent les questions de l’union bancaire, de l’émission des eurobonds et des interventions de la Banque centrale sur les marchés obligataires. Un mécanisme doit être créé pour
briser le cercle vicieux entre la crise souveraine et la crise bancaire [si possible en faveur des banques... et pour le plus grand bien de l'Euro(pe), bien entendu!] « .

Comme disait de Gaulle dans ses conférences de presse lorsqu’il voulait conclure à sa guise, « il me semble que quelqu’un avait posé une question » ou fait une remarque… N’était-ce pas: utopie,
utopie ?

Jean Claude Werrebrouck 24/06/2013 09:33



Oui, je suis évidemment déçu par Michel Aglietta qui avait commencé sa carrière en 1976 par une brillante thèse et des ouvrages nous permettant de comprendre pour la première fois ce qu'était
réellement la monnaie.


Pour moi, la sortie se fera très probablement en mode panique, précisément en raison de l'attitude jusqu'au boutiste de ceux qui ayant crée l'euro sont encore au pouvoir aujourdhui...et aussi
ceux dont la carrière fut un travail de bonne gestion de la monnaie unique. Je ne crois pas au maintien d'une sous zone euro et les questions de taux de change se posent pout tous les pays dans
leurs relations 2 à 2. Faire baisser l'euro et augmenter le mark ne règle pas les problèmes entre l'Italie, la France et l'Espagne par exemple.



BA 21/06/2013 21:48

Vendredi 21 juin 2013 :

Grèce : le parti de la Gauche démocratique quitte le gouvernement.

Le rendement des obligations à dix ans a atteint de ce fait son plus haut niveau depuis la fin avril, avec un rendement de 11,30%. Vendredi à la clôture, la Bourse d'Athènes s’effondrait de
6,11%.

(Dépêche Reuters)

L'euro plombé par la Grèce.

L'euro pâtit d'un regain de craintes sur la situation en Grèce et repart à la baisse face au dollar.

http://www.boursorama.com/actualites/l-euro-plombe-par-la-grece-622114a92d8505c9f1bb107c3b851638

BA 21/06/2013 15:23

Vendredi 21 juin 2013 :

Grèce : un petit parti claque la porte de la coalition.

La Gauche démocratique compte deux ministres et 14 élus.
La Bourse d'Athènes chute de 4%.
Pas d'accord sur la réouverture de la TV publique.

La Gauche démocratique (GD, ou Dimar), plus petit parti de la coalition au pouvoir en Grèce, a confirmé vendredi après-midi son intention de quitter le gouvernement d'union nationale, après l'échec
des discussions sur la réouverture de la société d'audiovisuel public ERT.

Ces dissensions coïncident avec un nouveau hic dans l'application du plan de renflouement international de la Grèce, certaines banques centrales européennes rechignant à reconduire les créances
qu'elles détiennent sur la dette grecque.

Le rendement des obligations à dix ans a atteint de ce fait son plus haut niveau depuis la fin avril, pendant que la Bourse d'Athènes chutait de 4% vendredi.

"Vu l'évolution de la situation et la politique suivie par le Premier ministre, la Gauche démocratique a décidé de se retirer du gouvernement", a déclaré à Reuters Dimitris Hatzisokratis, membre du
comité exécutif de la Gauche démocratique, à l'issue d'une réunion extraordinaire des élus du parti.

(Dépêche Reuters)

BA 21/06/2013 06:56

Vendredi 21 juin 2013 :

La zone euro renforce l'architecture de l'union bancaire.

Sur les 500 milliards d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), 60 milliards d'euros seront consacrés à la recapitalisation directe des banques. Ce montant pourra être révisé par le conseil
des gouverneurs du MES si cela est "jugé nécessaire", a précisé M. Dijsselbloem.

http://www.romandie.com/news/n/La_zone_euro_renforce_l_architecture_de_l_union_bancaire18210620130156.asp

En réalité, le MES n'a pas les 500 milliards d'euros dont parle l'article ci-dessus.

En réalité, ces 500 milliards d'euros n'existent pas.

En réalité, le MES disposera de près de 80 milliards d'euros de capitaux propres, dont 27,1% sont financés par l'Allemagne et 20,4% par la France. Et ensuite, grâce aux fonds qu'il pourra lever sur
les marchés, sa capacité de prêts s'élèvera EN THEORIE à 500 milliards d'euros en 2014.

Je rappelle les sommes que vont payer les Etats européens surendettés pour doter le MES du capital :
- Capital du MES : 80 milliards d'euros.
- Sur ces 80 milliards d'euros, l'Allemagne va devoir payer 21,717 milliards d'euros.
- La France va devoir payer 16,308 milliards d'euros.
- L'Italie va devoir payer 14,330 milliards d'euros.
- L'Espagne va devoir payer 9,522 milliards d'euros.
- Etc.

Pour aider les Etats européens surendettés, les neuneus ont créé une coquille vide, le MES. Mais pour doter cette coquille vide de 80 milliards d'euros de capital, ce sont les Etats européens
surendettés qui vont devoir se surendetter encore plus !

Les Etats européens surendettés vont emprunter des milliards d'euros sur les marchés, et avec cet argent ils vont ensuite doter le MES de 80 milliards d'euros de capital !

Etape suivante : le MES va emprunter sur les marchés des sommes pouvant atteindre EN THEORIE 500 milliards d'euros. Ensuite, le MES pourra prêter ces sommes aux banques en difficulté.

La phrase qui tue : "Si besoin est, les Etats devront aussi mettre au pot avec une contribution pouvant aller jusqu'à 20% de la somme injectée dans les banques pendant les deux premières années du
plan d'aide. Ce ratio sera ensuite ramené à 10%."

Et enfin, le bouquet final, si les banques aidées ne peuvent pas rembourser les prêts accordés par le MES, la France s'est engagée à garantir 142,701 milliards d'euros !

La zone euro, c'est un suicide collectif.

BA 20/06/2013 20:52

Doutes sur Chypre, inquiétudes sur la Slovénie.

Chypre est dans une situation quasi inextricable et une nouvelle aide, quoique encore refusée par les pays de la zone euro, semble inévitable. La Slovénie, dont la situation réelle est toujours
sujette à interrogations, a revu ce jeudi sa prévision de croissance en forte baisse : le PIB devrait reculer de 2,4 % cette année (contre 1,8 % prévu) et encore de 0,2 % l'an prochain (alors que,
jusqu'ici, on tablait sur un retour de la croissance en 2014. Ceci va encore peser sur les mauvaises créances qui encombrent déjà les bilans des banques slovènes et compliquer la tâche de Ljubljana
pour restructurer son secteur financier.

La dette portugaise est-elle tenable ?

Ce jeudi matin, le Financial Times s'interroge, compte tenu de la hausse des taux, sur le retour sur les marchés de l'Irlande, mais surtout du Portugal. La vraie question demeure de savoir si la
dette de Lisbonne, prévue à 130 % à la fin de l'année, est tenable. En fait, la question de la restructuration de la dette portugaise est une option, mais une option qui effraie encore. Selon le
FT, l'UE pourrait ouvrir des lignes de crédit « de précaution » pour le Portugal et l'Irlande auprès du MES avant de leur ouvrir, éventuellement, le programme OMT de la BCE. De telles perspectives
ne contribuent pas à soutenir les cours.

L'Espagne.

L'Espagne reste également une raison d'inquiétude. Le FMI, mercredi, s'est ouvertement inquiété du taux de chômage élevé et a exhorté le gouvernement de Madrid à engager des réformes plus amples du
marché du travail. Par ailleurs, le risque bancaire demeure important au-delà des Pyrénées. Les propos, la semaine dernière, du ministre des Affaires étrangères espagnol qui a demandé des moyens «
illimités » au MES a jeté un doute sur l'ampleur des besoins de recapitalisation des banques du pays. Enfin, malgré des améliorations, la conjoncture et le budget espagnol demeurent des sources
d'inquiétudes.

Risque politique en Grèce.

Il y a aussi la Grèce. La coalition au pouvoir a été très fragilisée par l'affaire de la fermeture précipitée de la radio télévision RTE. Or, si la coalition d'Antonis Samaras venait à tomber, de
nouvelles élections mettraient encore en jeu la participation du pays à la zone euro et son désendettement. Actuellement, Syriza, la coalition de gauche, est toujours en dessous, mais très proche
dans les sondages de la Nouvelle Démocratie et les néo-nazis dépassent les 10 % des intentions de vote. Surtout, Pasok et Dimar, les deux alliés de gauche d'Antonis Samaras sont en chute libre.
Pour stopper cette chute, ils pourraient vouloir obtenir plus de concessions du gouvernement. Mais ce dernier est en difficulté, car il sait que même dans le meilleur des scénarios, il devra en
passer par une restructuration.

Un trou de 2 milliards d'euros dès cette année dans les comptes grecs ?

Or, cette dernière pourrait arriver plus tôt que prévu : comme l'indique le quotidien grec Kathimerini, la BCE hésiterait à renouveler les créances grecques qu'elle détient après rachat sur le
marché secondaire. Des banquiers centraux mettraient en garde contre le fait qu'un tel renouvellement de la part de la BCE enfreindrait l'interdiction de financer directement les Etats. Du coup, la
Grèce pourrait avoir besoin de 1,5 à 2 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année. Et l'on sait que le FMI doit disposer d'une visibilité de 12 mois pour continuer à participer au programme.
Autrement dit, la Grèce pourrait devoir revenir au guichet européen rapidement. Dans ce cas, une troisième restructuration de la dette semble inévitable.

L'énigme OMT.

Le programme OMT de la BCE qui prévoit le rachat illimité de dettes souveraines de la zone euro sur le marché secondaire reste un mystère. Mario Draghi ne cesse d'affirmer qu'il est prêt. Mais la
publication du cadre légal se fait toujours attendre. Tout se passe comme si la BCE voulait surtout agiter la menace sans passer à l'acte. Récemment, Mario Draghi a prévenu : il ne rachètera pas de
dette pour sauver un Etat. Un an après avoir été dégainée, cette arme pourrait bien commencer à s'émousser. Or, l'OMT n'a été efficace que parce qu'il a fait peur. S'il est testé, il risque de
devenir pour la BCE ce qu'est le QE pour la Fed...

Ce faisceau d'indications et de craintes n'est pas de bon augure pour l'automne. Si Ben Bernanke perd son pari et que les marchés commencent à paniquer et à vendre en masse, la crise de la dette
européenne pourrait bien connaître un nouvel épisode. D'autant qu'une épée de Damoclès de la décision, attendue en septembre, du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe, continue à peser.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130620trib000771479/la-fed-n-est-pas-seule-en-cause-dans-le-retour-de-la-crise-euro.html

Hadrien 19/06/2013 20:42

Selon G. Ugeux, qui répertoriait les causes, dans son avant-dernier billet (31 Mai):
« Le niveau du salaire minimum (38% en dix ans, dont 16% en termes réels) »
est sans conteste la première des « réalités qui peuvent fâcher » en France…
Et en Allemagne, c’est leur chute libre (-2% /an) qui est la même cause évidente !

Soyons sérieux, et voyons qui mérite un « excès d’honneur » ou « d’indignité »… Empruntons les chiffres de la comptabilité nationale (JP Piriou, J Bornay: La comptabilité nationale, « Données
disponibles en 2011, en base 100 pour 1950″) et leurs indicateurs :
« En divisant le salaire moyen par tête (SMPT) par le volume d’heures, on obtient le salaire horaire moyen (SHM) dont l’évolution du pouvoir d’achat (PA) peut être comparé à celle de l’indicateur
Productivité »
PA du SHM: 2000: 538 , 2010: 616 (soit une augmentation de 13%)
Productivité: 2000: 1092, 2010: 1386 ( » de 27%)
C’est donc un retard de 14% du pouvoir d’achat salarial sur la productivité !
Et un retard de 11% du pouvoir d’achat du SMIC sur la productivité !
Vive l’eurolibéralisme et la mondialisation qui amèneront ainsi à terme le pouvoir d’achat salarial au niveau de celui des travailleurs chinois !

Une seule consolation: pour sauver ce qui leur reste en exports (et à nos dépens notamment), les allemands sont encore plus mal lotis que nous !
Et tous les libéraux de brailler: c’est le modèle de « compétitivité » qu’il nous faut!
Bravo, l’Union européenne et son euro-mark!
Et que la BCE continue donc à injecter de l’euro-fort qui fait monter les prix des actifs dans la finance, mais tue la rémunération du travail dans nos échanges !

C’était donc ça « Réformer par l’Europe » (titre célèbre d’un livre de J. Delors) ?
Comme disait Alain Touraine:
« Le mot libéral étant tabou, on en a inventé un autre, le mot Europe ! »

Il est assez cocasse à cet égard de noter les contradictions internes auxquelles cela a conduit, car
la crise spécifique à la zone euro sera non seulement permanente mais divergente, tant qu’une monnaie unique sera imposée à des économies différentes sous un régime libéral.
C’est en effet une singulière ironie historique que ceux-là même qui ont voulu l’Europe libérale, ont oublié la plus élémentaire des règles de leur bréviaire libéral: lorsque des pays aux
développements différents pratiquent le libre échange, celui-ci ne peut survivre que par ajustement des monnaies de part et d’autre (dévaluations/réévaluations).

BA 19/06/2013 11:32

Et la crise de Chypre ?

Plus personne ne parle de la crise de Chypre ?

La crise de Chypre ne fait que commencer.

Lisez cet article du mercredi 19 juin 2013 :

Chypre appelle à nouveau à l'aide.

Le président chypriote a écrit à ses homologues pour leur demander de venir en aide à la première banque du pays, Bank of Cyprus. Une invitation à revoir l'aide mise en place en avril en
profondeur.

Chypre appelle à nouveau à l’aide. Le président de la république hellénophone a, selon le Wall Street Journal, envoyé une lettre aux dirigeants européens pour les appeler à «soutenir une solution
de long terme concernant la liquidité de Bank of Cyprus (BoC). »

« J’insiste sur l’importance systémique de BoC non seulement pour le système bancaire, mais aussi pour l’ensemble de l’économie », ajoute Nikos Anastasiadès.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130619trib000771165/chypre-appelle-a-nouveau-a-l-aide.html

BA 18/06/2013 15:30

Mardi 18 juin 2013 :

François Leclerc écrit :

il n’est pas inutile de lancer un pavé dans la mare, comme vient de le faire le quotidien financier français « Les Échos ». L’ensemble des structures de défaisance (bad banks) créées en Europe
depuis le début de la crise logerait actuellement, selon ses calculs, environ 1.000 milliards d’actifs douteux ou illiquides (invendables). L’hypothèse d’une bombe à retardement est évoquée par un
journal qui ne verse pas dans les titres à sensation en règle générale.

Quel est en réalité le choix qui se profile, que les débats en cours n’explicitent pas ? Il n’y a à terme que deux solutions :
- soit les États porteront la charge financière de ces pertes,
- soit le système financier risquera de s’écrouler si les créanciers et gros déposants sont fortement impliqués, car les banques sont débitrices ou créditrices entre elles.

On croit dans ces conditions deviner par avance la tournure que ces discussions prennent – le recours aux finances publiques – avec la circonstance aggravante d’une absence de mutualisation de la
dette entre les États, ou de son plafonnement si le MES intervient. Ce qui aura comme conséquence d’amplifier les déséquilibres au sein de la zone euro, d’augmenter la dette publique et d’alourdir
la charge du désendettement, avec comme seule solution de rallonger encore son calendrier déjà étiré. Ou bien même de rendre insolvables des États, avec comme seule issue de restructurer leur
dette. En prenant leurs distances avec le FMI, qui le souligne avec l’exemple de la Grèce, les autorités européennes se voilent la face une fois de plus. Telle est la dynamique dans laquelle nous
nous trouvons, si rien ne vient l’interrompre.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=55020

karluss 16/06/2013 17:29

après s'être appuyé sur l'Europe, l'Allemagne ferait cavalier seul ? Les rats quittent le navire pour reprendre votre métaphore favorite... Mais leur balance commerciale va souffrir, c'est par le
top non plus, de quoi fragiliser leur budget.

Jean Claude Werrebrouck 18/06/2013 15:51



Oui, mais il existe un autre problème non évoqué dans l'interview, c'est celui de TARGET 2 bien exprimé par Pierre Jean Raugel. Sur le plan bancaire les déséquilibres du sud vis à vis de
l'Allemangne figurent comme actifs douteux sur le bilan de la banque centrale allemande et juridiquement sur celui de la BCE. Cela signifie qu'en théorie, viendra le moment où le Trésor Allemand
sera améné à recapitaliser la BCE pour des montants hors de portée pour le contribuable allemand. Plus l'Allemagne reste en zone euro et plus la facture sera en théorie hors de portée. Bien sûr
en théorie car de fait le départ de l'Allemangne ou l'explosion de la zone fera que tous les compteurs seront remis à zéro. De ce point de vue "Les Echos" de ce matin évoquent avec une relative
insouciance la déflagration potentielle qui surplombe et rôde sur la zone .



BA 15/06/2013 00:05

Vendredi 14 juin 2013 :

Hans-Olaf Henkel, Professeur honoraire à l'université de Mannheim (Allemagne), ancien dirigeant d'IBM en Allemagne, a présidé le "Bundesverband der Deutschen Industrie", l'équivalent allemand de
l'organisation patronale française, de 2000 à 2005.

En 1992, Hans-Olaf Henkel était pour l'euro.

Mais ça, c'était avant.

Aujourd'hui, il vient de changer d'avis.

Hans-Olaf Henkel écrit :

Si l'on veut sauver l'amitié franco-allemande, renonçons maintenant à la monnaie unique.

Le constat est indéniable : les relations franco-allemandes n'ont jamais été aussi tendues depuis soixante ans, époque où de Gaulle embrassait Adenauer. J'estime que cette dégradation doit être
imputée principalement à l'euro. Moi qui en étais jadis un fervent partisan, je reconnais avoir commis là une faute professionnelle grave et je me rends à l'évidence : l'euro est désormais trop
fort pour la France et trop faible pour l'Allemagne.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/14/si-l-on-veut-sauver-l-amitie-franco-allemande-renoncons-maintenant-a-la-monnaie-unique_3430120_3232.html

Sa conclusion est claire :

L'Europe méridionale tenait jadis l'Allemagne dans le plus grand respect. Lors de la récente visite d'Angela Merkel à Athènes, il a fallu déployer 7 000 policiers pour assurer sa protection. Le
fossé entre les pays de la zone euro et les autres est de plus en plus alarmant. Seuls les Roumains sont encore désireux d'adopter la monnaie unique. L'éventualité d'une sortie du Royaume-Uni de
l'Union européenne n'est sans doute pas étrangère aux décisions prises au sein de la zone euro en vue de centraliser, d'égaliser et d'harmoniser. Avant que l'amitié franco-allemande n'en soit la
victime collatérale, finissons-en avec la monnaie unique !

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