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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 07:33

 

JOL Press : Le regain de compétitivité des pays d’Europe du sud provient-il exclusivement des politiques d’austérité menées par les gouvernements ou faut-il y voir également des gains de productivité ?
 

J.-C. Werrebrouck : Cela provient effectivement, essentiellement, de la baisse des salaires. Je pense que l’on confond beaucoup productivité et compétitivité. Il faut savoir que la compétitivité peut être obtenue par des gains de productivité, ou simplement par une baisse du coût du travail.

Avec une hausse de la productivité, le « gâteau économique » devient plus grand, pour des investissements en capital et en travail identiques. Cette part supplémentaire peut être utilisée pour baisser les prix de la marchandise produite, pour accroître les profits ou pour augmenter les salaires.

Quand il n’y a pas de productivité, la seule solution pour s’en sortir, c’est effectivement de baisser le coût du travail, directement ou indirectement. C’est ce qui se passe actuellement en Espagne, au Portugal, ou encore en Grèce.

Mais il n’y absolument aucun gain de productivité dans ces pays, sauf dans certains cas rares, sans doute, dans des branches particulières.

JOL Press : Les balances commerciales se rééquilibrent donc aussi,  parce que les citoyens grecs, espagnols ou portugais n’ont plus les moyens de consommer autant, et donc parce que les importations diminuent ?
 

J.-C. Werrebrouck : Dans ce équilibre nouveau des échanges extérieurs, il faut effectivement surveiller les importations, qui se sont véritablement effondrées. On importe moins tout simplement parce que les revenus sont plus faibles.

A côté, il y a bien sûr les exportations supplémentaires induites par la baisse du coût du travail et donc par une compétitivité accrue. On peut vendre moins cher parce que les salaires sont moins élevés.

JOL Press : A long terme, ces pays ne vont-ils pas être pénalisés par la baisse importante de l’investissement qu’ils connaissent ?
 

J.-C. Werrebrouck : Effectivement, ils vont être pénalisés. Parce que si l’on regarde en longue période, depuis un peu moins d’une décennie, il y a un effondrement de ce que l’on appelle la formation brute de captal fixe, c’est-à-dire de l’investissement public et privé pour l’ensemble du pays. La chute est de l’ordre de 40% dans des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne.

Mais c’est vrai aussi pour l’Allemagne, où les investissements en infrastructures ont plutôt diminué, même si, bien sûr, de l’autre côté, les investissements privés de modernisation, de productivité, se sont maintenus.

JOL Press : Où se situe la France au niveau européen ?  
 

J.-C. Werrebrouck : Elle est en bien meilleure position que les pays d’Europe du sud. On s’aperçoit que la formation brute de capital fixe ne s’est pas effondrée avec la crise. Donc effectivement, le pays n’est pas du tout aux abois comme cela peut être le cas de certains pays périphériques.

Cela étant, à partir du moment où les pays du sud font de la compétitivité par la baisse du coût du travail, il est clair que cela commence à gêner la France, sur les produits de moyenne gamme, qui peuvent être produits en Espagne par exemple.

JOL Press : La croissance potentielle européenne n’est-elle pas la première à subir la généralisation de cette logique ?
 

J.-C. Werrebrouck : Je dirais même que l’impact se fait sentir au niveau mondial. C’est la raison pour laquelle la Chine et les Etats-Unis suivent de si près ce qui se passe en Europe. La politique de compétitivité de l’Europe, qui reste une grande économie sur notre planète, gène considérablement l’économie mondiale. Les politiques d’austérité entravent les débouchés, à l’échelle mondiale.

Cette question de compétitivité est une problématique globale. La crise financière, puis économique, c’est d’abord une crise mondiale de surproduction, qui est dûe à une forme de mondialisation. Il y a globalement une insuffisance des débouchés par rapport à la quantité de marchandises produites.

JOL Press : Pourtant, de nombreux économistes considèrent qu’en France notamment, le problème se situe au niveau de l’offre et non de la demande ?
 

J.-C. Werrebrouck : C’est fortement à nuancer. Dans un monde internationalisé, mais avec encore des Etats-nations, autrement dit, ce qui s’est passé jusqu'à la fin des années 80, pour chaque pays, on pouvait dire qu’il y avait un équilibre entre l’offre et la demande. Cet équilibre était dû au fait qu’il y avait, d’un côté, des politiques d’investissement, donc d’offre, et de l’autre côté, des politiques de demande. Le salaire représentait un coût pour les entreprises, mais également un débouché. Et donc, les Etats-nations ont veillé à l’époque à assurer, avec plus ou moins de réussite, l’équilibre entre l’offre et la demande.

Quand vous passez à un stade de mondialisation non réglementé, ce que nous connaissons aujourd’hui, la variable salaire n’a plus cette ambiguïté, à savoir à la fois un coût et un débouché. Elle ne représente plus qu’un coût, puisqu’au fond, chaque pays essaie de produire plus pour exporter ce qui n’est pas absorbé nationalement par la demande interne. Chaque pays veut dégager un excédent important, ce qui n’est pas possible.

Il y a aujourd’hui des cas de déséquilibres colossaux, en Allemagne notamment, qui produit beaucoup plus qu’elle n’absorbe. Si tous les pays, au nom de la compétitivité, produisent plus qu’ils n’absorbent, vous avez une crise mondiale de surproduction. Pour s’en sortir, il faudra réguler la mondialisation, trouver un équilibre planétaire, ce qui pour l’heure, est difficile à imaginer.

Propos recueillis par Rémy Brisson pour JOL Press

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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BA 06/12/2013 15:55

Etats-Unis :

La banque centrale des Etats-Unis achète chaque mois 85 milliards de dollars d’obligations :

- 45 milliards de dollars d’obligations de l’Etat US

- 40 milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires immobiliers.

En 2006, le total des actifs de la Fed était d'environ 800 milliards de dollars.

En 2013, le total des actifs de la Fed est d'environ 3750 milliards de dollars !

http://criseusa.blog.lemonde.fr/files/2013/10/Poli-FED-QE.jpg

Japon :

La banque centrale du Japon (BoJ) achète chaque mois 7000 milliards de yens d'obligations de l'Etat japonais.

« La BoJ alimente un spectaculaire programme d’assouplissement quantitatif. Chaque mois, elle achète sur le marché pour 7.000 milliards de yens d’obligations d’Etat nippones. »

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203157810431-le-japon-emporte-sa-premiere-bataille-contre-la-deflation-633478.php

Europe :

La banque centrale européenne a agi directement, et aussi indirectement.

- Directement : la BCE a racheté 241 milliards d'euros d'obligations des Etats européens périphériques.

- Indirectement : la BCE a prêté aux banques privées européennes 1019 milliards d'euros. Durée du prêt : 3 ans. Taux d'intérêt : 1 %.

Avec cet argent, les banques privées européennes n'ont pas prêté au secteur privé, mais en revanche elles ont acheté des centaines de milliards d'euros d'obligations d'Etat.
Les banques privées espagnoles ont acheté des centaines de milliards d'obligations de l'Etat espagnol.
Les banques privées italiennes ont acheté des centaines de milliards d'obligations de l'Etat italien.
Etc.

« Les banques bénéficiaires de cette manne l'ont toutefois utilisée principalement pour acheter des obligations d'Etat, a expliqué M. Draghi, et les fonds n'ont pas nécessairement alimenté
l'économie. »

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/05/comme-prevu-la-bce-laisse-ses-taux-inchanges_3526260_3234.html

Conclusion :

La banque centrale des Etats-Unis, la banque centrale du Japon, la banque centrale européenne sont devenues folles.

Elles ont créé des gigantesques bulles obligataires.

Quand ces gigantesques bulles obligataires éclateront, tous ces pays connaîtront un effondrement économique et financier.

Hadrien 01/12/2013 21:11

Et, comme un malheur n'arrive jamais seul:

Selon les britanniques, même la réputation du « tank allemand » n’est plus ce qu’elle était :
http://en-voiture.blog.leparisien.fr/archive/2013/01/22/la-fiabilite-des-voitures-allemandes-un-mythe-qui-s-ecroule.html

Sans doute est-ce la raison pour laquelle les allemands insistent tant pour que les statistiques prennent en compte « uniquement les voitures récentes et construites 3 années consécutives sans
modification technique ».
En d’autres termes, proposent des statistiques de pannes uniquement sur les cas de voitures qui avantagent… celui qui les propose !
C’est le billet de tombola organisée au profit des organisateurs de tombola!

Les français se sont laissés prendre à ce palmarès ADAC
http://www.leblogauto.com/2013/05/palmares-adac-les-francaises-bien-placees.html
tous fiers que les françaises ne soient pas trop mal placées derrière Audi et BMW...

pas les britanniques (WARRANTY DIRECT) qui ont trouvé, toutes catégories confondues:
- Audi avant-dernier avec les ex-anglaises MG Rover et Mini
- Renault devant BMW !


À comparer à:

http://www.bfmtv.com/economie/allemagne-hausse-nombre-chomeurs-novembre-655896.html
Après:

http://www.lest-eclair.fr/accueil/baisse-du-chomage-en-france-c-est-le-champagne-ia0b0n148710

Là encore, les britanniques nous rappellaient à plus de lucidité sur les realités, dès janvier 2012:

The Federal Employment Agency (BA) boasts that more German workers are employed than ever before. The current official unemployment total of fewer than 3 million is supposedly the lowest in many
years. These apparently positive figures, which result partly from statistical manipulation, actually conceal a bitter reality: most of the recent rise in employment has been achieved through a
massive growth in the low-wage sector and insecure part-time jobs.

According to government statistics, the number of those employed in Germany in November 2011 increased (in comparison to the previous year) by more than half a million, to 41.6 million. However,
only about 29 million of these jobs were socially insured positions; 7.3 million were so-called “mini-jobs”, where the workers are paid €400 per month or less, while the rest consist of civil
servants, soldiers and self-employed persons.

The BA emphasises that the increase in employment is directly related to the growth in the number of socially insured jobs—an increase of 700,000 last year. However, almost half of these new jobs
turn out to be part-time jobs in low-wage sectors. About 5.5 million people currently work in such jobs.

C'est la compétitivité de la dissimulation...
On voudrait faire supporter aux français plus de sacrifices que nécessaire qu'on ne s'y prendrait pas autrement !

Hadrien 01/12/2013 19:32

En conclusion, laissons parler Michel Santi :

LE FÉTICHISME DES DÉFICITS/EXCÉDENTS

Cette Allemagne, qui s’érige en donneuse de leçon de productivité, n’a pu bénéficier d’une croissance au-dessus de la moyenne européenne qu’à la faveur de sacrifices constants exigés à sa
population. Le moteur à l’exportation allemand ne rugit pas seulement par la grâce de la force productive de ses entreprises. En réalité, c’est aux réformes dites « Hartz » entreprises entre 2003
et 2005 – et qui ont consisté à transférer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier -que l’Allemagne doit d’avoir dopé ses exportations. Ce sont
effectivement les réductions salariales et les réformes drastiques de son marché du travail qui ont amélioré notablement sa productivité, en y comprimant à l’extrême le coût du travail.

C’est donc au prix de sacrifices, de privations et parfois d’humiliations de ses salariés que l’Allemagne doit ses excédents commerciaux, et non à une amélioration rationnelle ou qualitative de sa
productivité.
Accepterions-nous dans le reste de l’Europe -et même en Grande Bretagne- de telles mesures « Hartz » sinistres et cyniques, où l’Etat se transforme en grand inquisiteur en exigeant du salarié une
liste de ses comptes et de ses bijoux afin de fixer son indemnité de chômage ou ses prestations sociales? C’est donc au détriment de ses salariés, poussés vers toujours plus de précarité, que les
entreprises et les grandes banques de ce pays doivent leurs succès internationaux.

LA FABRIQUE-À-CRISE EUROPÉENNE

L’histoire officielle du sang et des larmes, l’implosion annoncée des marchés dont on nous explique qu’elle ravagerait l’économie réelle, la disparition cataclysmique de la monnaie unique,
dissimulent de plus en plus mal le tout puissant lobby de nations qui tirent les ficelles et qui est évidemment dirigé par l’Allemagne…

C’est à cette fabrique à crises « Made in Germany » que l’on doit l’intensité sans précédent des « crises des dettes souveraines » comme de ses répliques passées et à venir. C’est grâce à elle que
la très mal-nommée Banque centrale européenne regarde ailleurs pendant que le taux de chômage touche plus d’un jeune sur deux dans certains pays du « Club Med », qui se seraient malencontreusement
trop inspirés de la cigale. En étouffant la solidarité et en attisant les égoïsmes, l’imperium allemand pose les jalons de conflagrations identitaires et sociales en Europe.

LE MODÈLE ALLEMAND (ENFIN) REMIS EN CAUSE !

http://www.jolpress.com/modele-allemand-exportations-excedents-commerciaux-euro-allemagne-article-823033.html

Hadrien 01/12/2013 19:29

QUAND LA FOURMI A MOINS DE PROVISIONS QUE LES CIGALES…

Patrimoine médian PAR PERSONNE (zone euro):
Belgique: 95 KE
Espagne: 70 KE
Italie: 70 KE
France: 55 KE
Pays bas: 47 KE
Finlande: 45 KE
Grèce: 42 KE
Autriche: 40 KE
Portugal: 30 KE
ALLEMAGNE: 30 KE

ELLE SE MONTRE MOINS PARTAGEUSE QUE LES AUTRES…

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1835
Dépense publique EN % DU PIB (Europe):
Danemark: 57,6
France: 56
Grèce: 51,8
Suède: 51,2
Italie: 49,9
Pays bas: 49,8
Royaume-Uni: 48,6
ALLEMAGNE: 45, 3
Espagne: 45,2

ET OBLIGE TOUT LE MONDE À FAIRE COMME ELLE !

http://fortune.fdesouche.com/322587-europe-vente-du-patrimoine-public

Hadrien 01/12/2013 19:18

Comme preuve qu’il s’agit bien d’une erreur (ou falsification) de traduction, voici tous les autres sites… où elle est évidemment absente, mais avec la même gêne évidente (et les mêmes tentatives
d’interprétation):

http://www.lejdd.fr/Chroniques/Axel-de-Tarle/Les-Allemands-les-plus-pauvres-d-Europe-601864

celui-ci se terminant par le très « objectif » commentaire:
Les Allemands ont bien de la chance… d’être « pauvres », c’est une richesse économique!

Axel de Tarlé – Le Journal du Dimanche
dimanche 14 avril 2013
Paru dans le JDD, Et aussi:
Français : spéculez!
Laurence Parisot : trop cool!

Retenez bien son nom… un grand ami du peuple !

Hadrien 01/12/2013 19:07

Voici donc le rapport original de l’étude tant commentée par les médias et d’autres avec une gêne évidente (comme on l’avait souligné):
http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecbsp2en.pdf?0696a13c1992dcabc79eebed533574f2
rapport original que la référence française ci-dessus ne donnait pas… et pour cause:
Le commentaire rajouté en version française est une erreur grossière de traduction, où l’auteur s’est mélangé les pinceaux:
Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte bien:
- Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
- Financial assets (avoirs financiers)

Voici, en effet, le passage du rapport BCE:
« Like household wealth, public and business (net) wealth is further composed of real and financial assets net of total liabilities…
This report only considers the structure of household wealth… Because the information on other forms of wealth is not collected in the survey… »,

qui a donné lieu à l’erreur de traduction :
« En outre, les sommes redistribuées par l’Etat (retraite, sécurité sociale) ne figurent pas dans cette enquête, TOUT COMME LES AVOIR[S] FINANCIERS dont les données sont plus difficiles à
collecter… »,
[selon laquelle l’étude… ne concernerait que le patrimoine immobilier] ???

Alors qu'il est bien précisé:
"Households hold both real and financial assets. The household main residence is clearly the most prevalent real asset, and deposits are the most common financial assets."

La réponse explicite est dans:
ANNEX I / DEFINITIONS OF KEY VARIABLES

NET WEALTH
Net wealth is defined as the difference between total (gross) assets and total liabilities. Total assets consist of real assets and financial assets.

Real assets include:
• value of the household main residence (for owners)
• value of other real estate property
• value of vehicles (cars and other vehicles, such as boats, planes or motorbikes)
• value of valuables
• value of self-employment businesses of household members.

Financial assets consist of:
•deposits (sight accounts, saving accounts)
•investments in mutual funds
•bonds
•investments held in non-self-employment private businesses
•publicly traded shares
•managed investment accounts
•money owed to households as private loans
•other financial assets: options, futures, index certificates, precious metals, oil and gasleases, future proceeds from a lawsuit or estate that is being settled, royalties or any other.
•private pension plans and whole life insurance policies.
Current value of public and occupational pension plans is not included.

Total liabilities (debt) consist of:
•outstanding amount of household main residence mortgages and other real estate property mortgages
•outstanding amount of debt on credit cards and credit lines/bank overdrafts
•outstanding amounts of other, non-collateralized, loans (including loans from commercial providers and private loans).

Table 4.1 Net wealth by [demographic and] country characteristics (p.76)
(en milliers d’euros)
Belgium: 206
Germany: 51
Greece: 102
Spain: 183
France: 116
Italie: 173
Chypre: 267
Luxemb.: 398
Malte: 216
Paysbas: 104
Autriche: 76
Portugal: 75
Slovénie: 101
Slovaquie: 61
Finlande: 85

On retrouve bien ici les mêmes données par pays que dans le Huffington Post…
mais noyées avec « demographic characteristics », dans une table portant le même numéro que la précédente, un indice comme quoi ce tableau a dû être enlevé puis remis, comme quoi il y en a plus
d'un que cela a dû gêner !

Hadrien 01/12/2013 18:50

OUI, L’ALLEMAND MÉDIAN EST LE PLUS PAUVRE D’EUROPE !
http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/10/patrimoine-des-europeens-allemagne-france-luxembourg-bce_n_3050676.html
Un constat dont l’ampleur a soudainement pris par surprise les médias, tentant de minimiser la contradiction qu’ils avaient eux-même entretenue:

Comme tentative de justification de la part de certains (dont habsb), on lit que la comparaison favorable aux pays latins s’expliquerait par une plus grande propension à vivre en famille regroupée
en un seul « foyer » (household). Hélas, c’est une explication invalide puisqu’il s’agit de patrimoine des « ménages » qui restent bel et bien des ménages, même à plusieurs (voire célibataires)
dans un même foyer !
On tente aussi de nous dire que l’estimation du patrimoine médian des allemands leur serait défavorable car 44% seulement sont propriétaires. Mais le patrimoine inclue toute forme d’actif…, s’il y
en a !
On a également avancé que cela serait dû à l’apport négatif des allemands de l’Est, ce que dément l’examen des faits puisque ceux-ci étaient propriétaires à 82%, en raison des logements construits
par l’Etat et vendus pour pas cher à leurs titulaires!
En revanche, on peut relever (chez Cecile Renouard et Gaël Giraud) que les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre
300 en France), soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi la population mondiale !

Tout cela démontre (et démonte) l’attitude d’une certaine propagande médiatique visant à nous faire copier la singularité allemande, pour le plus grand bien du capitalisme financier, en occultant
la précarité généralisée et l’inégalité accentuée, supérieures à celles des autres pays européens.
En fait, l’Allemagne est d’autant plus victime de l’austérité austro-allemande que son peuple a mis d’aveuglement à s’y soumettre !
Une leçon que la Commission européenne semble commencer à comprendre...

Hadrien 01/12/2013 18:47

Pourtant, un projet de système de commerce international se donnant pour perspective le développement de tous les pays et non la conquête de nouveaux marchés a existé avec la Charte de La Havane de
1948…

L’ÉQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS: POINT CENTRAL DE LA CHARTE DE LA HAVANE,
UN NOUVEL ORDRE COMMERCIAL MONDIAL ENCORE À CONSTRUIRE

La Charte de La Havane fut signée en 1948 par 53 pays.
La Conférence de La Havane a tenté de traiter une question essentielle : l’articulation entre le commerce et l’emploi. C’est pourquoi elle s’intitulait « Conférence internationale sur le commerce
et l’emploi ». A l’époque, tout le monde croyait au plein emploi. Aujourd’hui, cet objectif a non seulement été abandonné, mais le chômage est devenu la « variable d’ajustement » de l’économie.
La Charte prévoyait la création d’une Organisation internationale du commerce (OIC), totalement intégrée à l’ONU. Le Sénat américain, qui venait de changer de majorité, a cependant refusé de
ratifier le texte. La raison d’opportunité tient à l’immense stock de marchandises détenu par les Etats-Unis au lendemain de la guerre… Il fallait donc que les Etats-Unis puissent exporter sans
limite. C’est le GATT qui s’est imposé et qui a donné naissance plus tard, en 1995, à la tristement célèbre Organisation mondiale du commerce (OMC).
On ne trouvera jamais, d’ailleurs, dans la littérature de l’OMC, l’objectif du plein emploi comme raison du commerce international.
La Charte de La Havane propose une approche qui se situe aux antipodes des conceptions actuelles du commerce international. Pour elle ce commerce ne peut avoir qu’un seul objet : le développement
de chaque pays considéré individuellement, dans un cadre de relations internationales fondées sur la coopération et non sur la concurrence.
La Charte de La Havane ne sépare pas le commerce international et emploi.

L’ARTICLE 1 de la Charte de La Havane, qui en fixe l’objet, est particulièrement clair : « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux
de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. »
On croit rêver !

L’ARTICLE 2 précise que « les Etats membres reconnaissent qu’il n’est pas uniquement de leur intérêt national de prévenir le chômage et le sous-emploi [...] mais que la prévention du chômage et du
sous-emploi est également une condition nécessaire pour [...] le développement des échanges internationaux, et, par conséquent, pour assurer le bien-être de tous les autres pays. »
Ainsi « les Etats membres reconnaissent que, si la prévention du chômage et du sous-emploi dépend, au premier chef, de mesures intérieures, prises individuellement par chaque pays, ces mesures
devraient être complétées par une action concertée, entreprise sous les auspices du Conseil économique et social des Nations Unies et avec la collaboration des organisations intergouvernementales
qualifiées… »
A quand une réunion sur le plein emploi organisée par l’OMC ?

Ce qu’il y a de radicalement nouveau dans la Charte de La Havane par rapport à la situation actuelle, c’est la recherche de l’équilibre de la balance des paiements comme principe général:

L’ARTICLE 3 énonce que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements d’autres pays. » Autrement dit, la « priorité
aux exportations », qui est le mot d’ordre général de tous les pays, et de la France depuis l’alignement de 1982-1983 sur les politiques néolibérales, ne saurait être une politique acceptable pour
l’OIC.

C’est pourquoi l’ARTICLE 4 de la Charte de La Havane parle du « rétablissement de l’équilibre interne de la balance des paiements » comme d’un objectif fondamental de l’OIC.

L’ARTICLE 6 envisage ainsi des « mesures de protection en faveur des Etats membres exposés à une pression inflationniste ou déflationniste extérieure. » Même chose pour l’article 21 qui détaille
les « restrictions destinées à protéger la balance des paiements ». Par « restrictions » il faut entendre la méthode des contingents, les licences ou les permis d’importation sans fixation de
contingents. Tout Etat membre de l’OIC pourra, par exemple, en vue de sauvegarder sa position financière extérieure et sa balance des paiements, « restreindre le volume ou la valeur des
marchandises dont il autorise l’importation ».

Des normes de travail équitables:
L’ARTICLE 7 de la Charte prévoit que « les Etats membres reconnaissent que les mesures relatives à l’emploi doivent pleinement tenir compte des droits qui sont reconnus aux travailleurs par des
déclarations, des conventions et des accords intergouvernementaux. Ils reconnaissent que tous les pays ont un intérêt commun à la réalisation et au maintien de normes équitables de travail en
rapport avec la productivité de la main-d’oeuvre et, de ce fait, aux conditions de rémunération et de travail meilleures que cette productivité rend possibles. Les Etats membres reconnaissent que
l’existence de conditions de travail non équitables, particulièrement dans les secteurs de la production travaillant pour l’exportation, crée des difficultés aux échanges internationaux. En
conséquence, chaque Etat membre prendra toutes les mesures appropriées et pratiquement réalisables en vue de faire disparaître ces conditions sur son territoire. »
Cet article prévoit aussi que « les Etats membres qui font également partie de l’Organisation internationale du travail collaboreront avec cette Organisation, afin de mettre cet engagement à
exécution » et que l’Organisation internationale du commerce « consultera l’Organisation internationale du travail et collaborera avec elle. »
Nous sommes à des années-lumière des conceptions et pratiques de l’OMC !

Le contrôle des mouvements de capitaux:
L’ARTICLE 12 a un côté irréel quand on le compare à la réalité actuelle de la globalisation financière. Selon cet article, en effet, un Etat membre de l’OIC a le droit :
– de prendre toutes mesures appropriées de sauvegarde nécessaires pour assurer que les investissements étrangers « ne serviront pas de base à une ingérence dans ses affaires intérieures ou sa
politique nationale » ;
– de déterminer s’il « autorisera, à l’avenir, les investissements étrangers, et dans quelle mesure et à quelles conditions il les autorisera » ;
– de prescrire et d’appliquer « des conditions équitables en ce qui concerne la propriété des investissements existants et à venir ». Avec la Charte de La Havane, chaque Etat peut donc contrôler,
en toute légalité, certains des mouvements de capitaux ! Qu’il s’agisse d’investissements de portefeuille ou d’investissements directs étrangers, la Charte de La Havane donne les outils juridiques
pour s’opposer aux offres publiques d’achats (OPA), fusions et acquisitions transfrontalières ou à la pénétration du capital des entreprises cotées par les fonds de placement américains.

Les aides de l’Etat sont autorisées:
L’ARTICLE 13 de la Charte précise que « les Etats membres reconnaissent que, pour faciliter l’établissement, le développement ou la reconstruction de certaines branches d’activité industrielle ou
agricole, il peut être nécessaire de faire appel à une aide spéciale de l’Etat et que, dans certaines circonstances, l’octroi de cette aide sous la forme de mesures de protection est justifié.
»
Là encore nous croyons rêver tellement le formatage des esprits, après plus de vingt ans de néolibéralisme, a fait douter de cette évidence.

L’ARTICLE 14 explique que « tout Etat membre pourra maintenir une mesure de protection non discriminatoire affectant les importations qu’il aura prise en vue de la création, du développement ou de
la reconstruction de telle ou telle branche d’activité industrielle ou agricole ».

Des accords préférentiels sont possibles:
L’ARTICLE 15 énonce en effet que « les Etats membres reconnaissent que des circonstances spéciales, notamment le besoin de développement économique ou de reconstruction, peuvent justifier la
conclusion de nouveaux accords préférentiels entre deux ou plusieurs pays, en considération des programmes de développement économique ou de reconstruction d’un ou de plusieurs d’entre eux. »

Autorisation de subventions:
L’ARTICLE 18 de la Charte explique: « les dispositions du présent article n’interdiront pas l’attribution aux seuls producteurs nationaux de subventions, y compris les subventions provenant du
produit des taxes ou impositions intérieures [...] et les subventions dans la forme d’achat de produits nationaux par les pouvoirs publics ou pour leur compte. Les Etats membres reconnaissent que
le contrôle des prix intérieurs par fixation de maxima [...] peut avoir des effets préjudiciables pour les intérêts des Etats membres qui fournissent des produits importés. En conséquence, les
Etats membres qui appliquent de telles mesures prendront en considération les intérêts des Etats membres exportateurs en vue d’éviter ces effets préjudiciables, dans toute la mesure où il sera
possible de le faire. »

L’ARTICLE 25 apporte des précisions : si un Etat membre accorde ou maintient une subvention quelconque, y compris toute forme de protection des revenus ou de soutien des prix, qui a directement ou
indirectement pour effet soit de maintenir ou d’acc

Hadrien 01/12/2013 18:45

« Ces pays ont misé sur l’offre »… nous dit-on.
C’est évidemment le modèle que proposent tous les exploiteurs: un maximum de plus-value recyclée dans l’entreprise, et le moins possible pour le travailleur qui ne touche jamais les dividendes de
sa plus value en consommation. Elle est « offerte » en priorité à l’étranger, c’est ça la « compétitivité »… Regardez, bel étranger, comme mes menus sont « compétitifs », mais ne venez surtout pas
voir mes cuisines !
C’est exactement le modèle chinois. Or, si ce modèle peut à la rigueur se concevoir pour un pays « émergent », dont une grande partie de la population n’est pas encore sortie de la pauvreté, il n’a
aucun sens pour les pays déjà développés.
C’est pourtant ce qu’a appliqué l’Allemagne, avec sa déflation salariale en zone euro, mais en plongeant dans la pauvreté l’allemand médian, un fait qu’elle ne peut plus cacher:
http://www.france24.com/fr/20121129-allemagne-pauvrete-disparite-inegalite-censure-rapport-annuel-gouvernement-cdu-fdp-merkel

Tout cela démontre l’attitude d’une certaine propagande médiatique visant à nous faire copier la singularité allemande à l’export, pour le plus grand bien du capitalisme financier, en occultant la
précarité généralisée et l’inégalité accentuée, supérieures à celles des autres pays européens.
En d’autres termes, l’Allemagne, ancien berceau du modèle rhénan, est d’autant plus victime de la globalisation financière que son peuple a mis d’empressement à s’y soumettre !

Comme le rappelait Oncle Bernard (Maris) dans ses chroniques, l’Allemagne devait déjà une bonne part de ses excédents à sa consommation restreinte.
« Mais les allemands… ont réussi à s’appauvrir encore avec Schroeder, qui décida de casser les salaires et de baisser les impôts des firmes pour rendre l’industrie encore plus compétitive.
Résultat: l’Allemagne équilibre son budget, devient super-exportatrice… en ne consommant pas, son niveau de vie médian s’étant effondré ! »
C’était donc ça, l’Europe qui protège ? Une course de lévriers où les banquiers et rentiers applaudissent, en tribune, l’arrivée du plus efflanqué !
Une situation que la Commission européenne commence à peine à « investiguer »…

Hadrien 01/12/2013 18:42

Pénaliser le succès, quel succès? Il faut lire…
L’ANALYSE de la très officielle revue (de la documentation Française)
« PROBLÈMES ÉCONOMIQUES » (Nov. 2013) ?

« S’il est vrai que le ménage allemand médian est pauvre en comparaison de son homologue d’Europe du Sud…
(http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/10/patrimoine-des-europeens-allemagne-france-luxembourg-bce_n_3050676.html),
on ne saurait trop souligner que la richesse y est très inégalement répartie, mais la presse parle peu de ce déséquilibre [et G. Ugeux, pas du tout!].

La richesse moyenne des ménages est en Allemagne presque quatre fois plus élevée que la richesse médiane. Dans la plupart des autres États, le rapport est compris entre 1,5 et 2. Ainsi, en
Allemagne plus qu’ailleurs, la richesse des ménages se concentre-t-elle chez les plus aisés d’entre eux.
Selon nos résultats, le ménage médian des 20% supérieurs de l’échelle des revenus en Allemagne est 74 fois plus riche que le ménage médian des 20% inférieurs. À cette aune, l’Allemagne est le pays
de la zone euro où la richesse est répartie de la façon la plus inégale. »

« En Allemagne, tout comme Autriche, Pays-bas et Finlande, outre la part des infrastructures et celle que possèdent les banques publiques, le patrimoine est en grande partie détenu par les
entreprises. Le Mittelstand allemand, qui représente souvent des entreprises familiales, et qui imbrique ainsi patrimoine privé et celui de l’entreprise, en est l’exemple type. »

« Il semble donc qu’il y ait en Allemagne un problème de répartition des richesses:
- d’une part, la richesse allemande est très concentrée en haut de l’échelle des revenus des ménages,
- d’autre part, une grande partis de cette richesse allemande n’est pas détenue par les ménages, mais par les entreprises et l’État.
Pour le dire autrement, l’opposition en Allemagne aux transferts de richesse en direction du Sud au prétexte que le pays serait plus pauvre que les États qu’il est supposé aider, n’est pas
justifiée. »

Il n’y a donc que G. Ugeux pour croire que « L’Allemagne est la locomotive de l’Europe par sa taille et par sa performance…entraine l’économie européenne » et « sans la santé de l’Allemagne, nous
serions dans le pétrin absolu ».
Nous y sommes déjà à cause du modèle teutonique dans lequel on nous a entraînés: « Tout pour les entreprises exportatrices, rien pour la consommation intérieure »… Un modèle, somme toute, semblable
à celui de la Chine !
Sauf que l’Allemagne y rajoute son tropisme de monnaie forte, propre à l’école monétaire austro-allemande… En somme, la double peine !
On ne s’étonnera pas de la solution allemande:
Restrictions salariales dans les services à l’intérieur, sous-traitance industrielle aux PECOS hors zone euro pour ré-exporter à l’extérieur… dont la zone euro qui en fait les frais !

Mais sans doute est-ce là pour G. Ugeux « le message d’une région du monde dont la jalousie maladive tient lieu d’admiration pour ceux qui réussissent »…

Hadrien 01/12/2013 18:40

LA COMMISSION A-T-ELLE PERDU LE NORD ? interroge le banquier Ugeux [http://finance.blog.lemonde.fr/2013/11/13/leurope-investigue-lallemagne-la-commission-a-t-elle-perdu-le-nord/#comments]
NON, SIRE, ELLE A RETROUVÉ LA CHARTE DE LA HAVANE !

Là encore, l’auteur précité ci-dessus (Jacques Nikonoff) confirmait quelques évidences dans son livre et sur son blog:
Les politiques de mondialisation ont été inventées dans un but: réorganiser le travail à l’échelle mondiale pour assurer un bon niveau de profit aux détenteurs du capital. Les délocalisations sont
une application du libre-échange, notamment avec les pays à bas salaires et absence de règlementation environnementale et sociale. Les gouvernements successifs ont encouragé les délocalisations,
car ils en attendaient une spécialisation française dans les productions à haute valeur ajoutée où se trouverait l’avantage comparatif national. [On a vu ce qu'il fallait penser de ce schéma
ricardien aujourd'hui faux, car né à l'époque d'une économie de pénurie... contrainte par l'offre].

Or, des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie font déjà des produits à forte valeur ajoutée, provoquant la perte à terme, pour les pays occidentaux de toute possibilité d’avantage
comparatif… dans une économie d’abondance.
Et la mondialisation repose sur la recherche de l’accumulation du profit privé partout où c’est possible à l’échelle planétaire, sur l’exploitation et sur la mise en concurrence universelle des
travailleurs.
La mondialisation a ceci de redoutable qu’elle dissuade les nations de faire des réformes « progressistes », autrement dit des réformes sociales en faveur de la population pour améliorer son niveau
de vie.
Beaucoup de citoyens ont fini par intégrer l’idée qu’ils doivent toujours être plus performants, au détriment de la qualité de leur vie, pour rendre les entreprises plus compétitives dans le cadre
de la concurrence internationale. Ils sont prêts à des sacrifices (comme baisses de salaires, dégradation de l’environnement) pour garder leur emploi et conserver une partie de leur protection
sociale, convaincus qu’il n’y a rien d’autre à faire.
Dans le système néolibéral, on fait croire qu’il y a compétition entre commerce international et sauvegarde des économies nationales.
[G. Ugeux: L’Europe cherche-t-elle à pénaliser le succès?]

Hadrien 01/12/2013 18:32

BARROSO FAIT SON « COMING OUT », D’AUTRES LEUR « COME BACK » :

Quelle mouche a donc piqué José Manuel, s’interroge le banquier G. Ugeux, pour oser ainsi questionner: « Ces surplus sont-ils mauvais pour l’économie européenne? »
C’est que Barroso a eu beau faire l’âne pour avoir du son pendant dix ans, le voila qui s’apprête maintenant à passer la main sans demander son reste, comme il l’a déclaré ces jours-ci sur toutes
les antennes…
Après ces dix années de bons et loyaux services rendus à la pensée unique des lobbies qui régissent Bruxelles, il semble éprouver quelqu’appréhension quant à l’accueil dans son pays et ailleurs,
pour l’état dans lequel il laisse l’Union et plus particulièrement la zone euro !
C’est qu’on a des pudeurs devant l’histoire…
Il était donc temps, maintenant que sa décision est prise, d’employer ce qui lui reste de mandat à faire en sorte de laisser un message correctif de tout ce qu’il a fait. Rappelez-vous, dira-t-il à
ses compatriotes, je le leur avais bien dit… en partant !
Comme quoi il y avait sans doute plus de duplicité que de naïveté dans sa participation complice à ce cinéma de l’austérité-compétitivité voulu par les classes dirigeantes… et seriné pendant tant
d’années.

Barroso s’est sans doute mis à relire Jacques Nikonoff:
L’augmentation des exportations, disait ce dernier, est toujours interprétée par les économistes néolibéraux comme la preuve de la « compétitivité » d’une économie. Mais cette « compétitivité »
commerciale est-elle un bon indice ? Ces excédents sont plutôt l’indice de l’austérité à l’intérieur et des déficits commerciaux pour l’extérieur…
Ainsi, en 1995, les Allemands avaient en moyenne un PIB par tête de 23 600 euros alors que celui des français n’était que de 20 200 euros, soit 17% de moins que celui des allemands.
Mais en 2009, le PIB par habitant en France fut de 29 990 euros, et celui des Allemands 29 100 euros bien que l’Allemagne soit alors devenue le premier exportateur mondial.
Pourtant, en 2009, l’Allemagne réalise 73% de son excédent commercial dans dix pays européens de la zone euro, provoquant chez ces derniers d’énormes déficits de leur balance de transactions
courantes.
Aujourd’hui, après avoir ainsi maintenu l’Europe en croissance nulle, voire négative, les allemands sont toujours aussi excédentaires… mais sont eux-même très proches du 0% de croissance, malgré
leurs efforts pour aller pomper ailleurs la consommation d’autrui !

C’est malheureusement conforme à l’analyse lucide de Guillaume Duval dans son livre « Made in Germany », il y a près d’un an:
« L’Allemagne qui se porte mieux après le départ de Schröder, c’est un peu comme « ça fait tellement de bien quand ça s’arrête! » : L’austérité de fer qu’il avait imposée s’étant quelque peu
relachée avec Angela Merkel, l’économie allemande a pu reprendre son souffle.
Du côté de l’emploi, on a assisté à une multiplication des petits boulots – les minijobs, disent les allemands – de quelques heures par semaine pour moins de 400 euros par mois. Ils ne donnent lieu
qu’au versement de cotisations sociales très réduites et aucun droit à pension de retraite et autres prestations. Mais ces personnes… sortent des statistiques du chômage !
Pour autant, la rémunération réelle (inflation déduite) du salarié moyen allemand n’avait toujours pas retrouvé en 2012 son niveau de 2000: il s’en faut encore de 1,5% selon les chiffres de la
commission européenne (tandis que celle des français s’est accrue de 11,8% et celle de la zone euro de 4,4% en moyenne).
Bref, même si l’économie allemande s’est incontestablement mieux portée sous Angela Merkel, elle n’a pour l’essentiel que compensé les effets massivement négatifs de la période Schröder, tant en
termes d’emploi que de revenus. »
Sur le chômage:
» Le déséquilibre démographique y a plutôt trouvé un avantage pour l’économie germanique… Au delà du développement massif des petits boulots outre-Rhin, c’est aussi un effet de la divergence de
trajectoire démographique: entre 2000 et 2012, la population allemande entre 15 et 64 ans a diminué de 1,7 millions de personnes! (alors qu’elle s’est accrue de 2,8 millions en France). De quoi
relativiser sérieusement les mérites de Gerhard Schröder et d’Angela Merkel !
Ce recul démographique explique pour l’essentiel l’absence totale de bulle immobilière chez nos voisins. »
Sur les comptes sociaux:
À terme, ce vieillissement constitue incontestablement une des menaces les plus importantes pour l’économie et la société allemandes. Une menace nettement aggravée par les dispositions prises par
Gerhard Schröder, mais aussi par Angela Maerkel en 2007, pour limiter les cotisations retraites afin d’abaisser le « coût » du travail. Elles préparent une paupérisation massive des futurs
retraités, ce dont les allemands commencent seulement à prendre réellement conscience avec un certain effroi. »
http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/981331-l-enorme-dette-cachee-de-l-allemagne

BA 01/12/2013 08:32

Samedi 30 novembre 2013 :

Le magazine "Observer" publie un sondage sur la Grande-Bretagne et les autres pays de l'Union Européenne. L'étude a porté sur plus de 2.000 personnes interrogées en Grande-Bretagne, et plus de
1.000 dans chacun des autres pays, France, Allemagne et Pologne.

- 62 % des Polonais pensent que l'Union Européenne est une bonne chose
- 55 % des Allemands pensent que l'Union Européenne est une bonne chose
- 36 % des Français pensent que l'Union Européenne est une bonne chose (je dis bien : 36 % des Français !)
- 26 % des Britanniques pensent que l'Union Européenne est une bonne chose

Ce sondage est historique.

Ce sondage montre qu'aujourd'hui, en France, seule une petite minorité soutient encore l'Union Européenne.

Les résultats des élections européennes de mai 2014 seront intéressants à observer.

Lisez cet article :

Europe : l'écart se creuse entre la Grande-Bretagne et le reste de l'UE.

Les Britanniques sont une minorité à penser que l'Europe est une bonne chose, selon un sondage, dans le même temps les pays de l'UE estiment de plus en plus que la Grande-Bretagne apporte peu de
bénéfices au reste de l'Union.

L'écart se creuse entre la Grande-Bretagne et les autres pays de l'Union européenne, selon un sondage réalisé dans quatre pays et publié samedi 30 novembre.

L'enquête du magazine Observer réalisée par l'institut de sondage Opinium en Grande Bretagne, France, Allemagne et Pologne, montre que les Britanniques ont une vision de l'UE qui se dégrade.

Seuls 26% des Britanniques pensent que l'UE est une "bonne chose"

Dans le même temps, les pays de l'UE estiment de plus en plus que la Grande-Bretagne apporte peu de bénéfices aux 28 pays de l'Union. Le Premier ministre britannique David Cameron a promis un
référendum sur l'adhésion du pays à l'Union européenne avant la fin 2017, s'il devait être réélu en 2015.

L'enquête montre également que seuls 26% des Britanniques pensent que l'UE est une "bonne chose", contre 62% de Polonais, 55% d'Allemands et 36% de Français.

http://www.rtl.fr/actualites/info/international/article/l-ecart-se-creuse-entre-la-grande-bretagne-et-l-europe-continentale-7767489613

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