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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 08:32

 

Nous connaissons maintenant la nature profonde des Etats comme entités très anciennes; celle des banques centrales , comme objets très récents au regard de l'histoire; et enfin celle des liaisons possibles entre les deux.

 

Si les Etats sont -dans leurs « structures génétiques » et donc leur acte de naissance- une extériorité fondamentalement prédatrice au détriment de ceux sur quoi ils règnent, l'émergence des banques centrales fût une étape décisive dans le partage de la prédation avec d'autres acteurs que les souverains. l'idée de partage est en effet opportune pour désigner le fait que désormais les États n'émettent plus - le plus souvent - directement la monnaie, et passent par une agence plus ou moins autonome, mais autonomie toujours limitée par le type de monnaie émise: celle de L'Etat.

 

Ainsi la Banque de France, institution juridiquement séparée de l'Etat, aura le pouvoir d'émettre de la monnaie, mais cette dernière sera tout aussi juridiquement monnaie légale et donc monnaie de l'Etat français.

 

Le cours légal est fort sympathique

 

Naguère l'Etat pouvait payer à partir de ses « débiteurs »: esclaves, seigneuriage, ensemble de la population taxée, etc. Avec les banques centrales, et les formes nouvelles de l'aventure étatique qui vont lui correspondre, il pourra certes perdre quelques avantages, mais il maintiendra le gigantesque pouvoir de payer à partir de sa propre monnaie, et même si le pouvoir de la fabriquer ne sera plus ce qu'il était. Dernier propos qu'il faut du reste nuancer car il fût des époques où les banques centrales étaient entièrement sous le contrôle des Etats.

 

En conservant bien sûr son droit de taxer, l'Etat prédateur, même affaibli par une banque centrale, conserve une grande partie de sa souveraineté: les agents économiques sont intéressés par sa monnaie qui seule dispose du cours légal, monnaie qu'il faut impérativement utiliser.... ne serait-ce que pour pouvoir payer l'impôt. Parce que resté maître de la base monétaire, et que tous les contrats sont libellés dans la monnaie qu'il reconnait, la notion de défaut apparaît relativement difficile: l'Etat a encore les moyens – si l’on ose dire-de faire varier le niveau de la "dette que sa banque centrale lui doit". La dette envers l'extériorité n'est plus infinie, mais le prédateur dispose encore des moyens de décider de son montant.

 

Ce serait évidemment beaucoup plus difficile s'il devait s'endetter envers une monnaie dont il ne maîtrise en aucune façon l'émission. Beaucoup plus difficile, mais pas impossible, ainsi que l'atteste la présente situation, où la pression des Etats de la zone euro a de fait obligé la BCE à fournir les liquidités nécessaires (plus de mille milliards d'euros en additionnant les émissions des 22/12/2011 et 28/02/2012) aux fins de diminuer les pressions sur les budgets publics. Beaucoup plus difficile mais pas impossible, ainsi que l’atteste également ce fait moins connu que fût l’octroi -de 25 milliards d’euros- directement depuis  la banque centrale irlandaise au Trésor correspondant en 2010.

 

L'Etat fédéral américain dispose de ce point de vue d'un avantage considérable sur les autres Etats: s'il décide de bien contrôler sa banque centrale, et il le peut assez facilement dans le cadre de la législation en vigueur, son défaut est impossible. On peut ainsi considérer que les débats d'Août 2011 sur le plafond de la dette fédérale n'avaient aucun sens. Il s'agissait de s'amuser à se faire peur et de "jouer au défaut". Parce que la dette américaine s'exprime en dollars, il suffit de produire davantage de dollars pour continuer à dépenser. L’Etat fédéral n'est d'une certaine façon pas endetté, et chacun sait qu'il ne remboursera jamais. Par contre, ce même Etat peut encore décider de "ce qu'on lui doit", et fixer le niveau du "quantitative easing" auquel la FED devra se soumettre.

 

De fait, l'Etat fédéral américain est dans une position plus avantageuse que celle des Etats plus anciens , et qui étaient en raison de la contrainte générale du métal, dans une position où il leur était depuis longtemps impossible de payer en utilisant une autre monnaie que l'argent ou l'or, ou une forme monétaire assurément convertible en métal . Déjà dans un milieu relativement ouvert, peuplé d'Etats en compétition, aucun d'eux ne pouvait créer et imposer une monnaie d'Etat parfaitement souveraine. D'où les catastrophes comme le système de Law ou les Assignats.

 

Et de ce point de vue, l'adoption progressive et organisée de l'étalon- or est un recul très net de la souveraineté: la loi d'airain de la monnaie va s'imposer à tous, bien davantage que l'Etat fédéral américain d'aujourd'hui. D’où les difficultés, anglaises notamment, dans le retour à l’étalon- or dans les années qui suivirent la première guerre mondiale. D’où aussi les énormes difficultés dans la gestion de la crise des années 30.

 

 C'est  parce que le contexte de l'étalon-or limite la possibilité pour l'Etat de payer avec une monnaie de son choix -qu'il émet souverainement - qu'il doit apporter la preuve de son auto limitation. La banque centrale apparait ainsi comme l'outil de cette auto limitation. Et bien sûr un outil que l'on cherchera souvent – selon l’état des rapports de forces sur les marchés politiques- à retourner à son avantage en délimitant, voire en renonçant à toute forme d'indépendance de la dite banque.

 

Ce sera souvent le cas, de la conjonction du stade de l'Etat-nation dans l'aventure des Etats, avec la fin de l'étalon -or et donc la fin de la loi d'airain de la monnaie. Conjonction qui s'est plus particulièrement matérialisée au vingtième siècle. Dans une telle configuration, la dette publique ne compte guère, et les Etats ont toujours les moyens de payer avec une monnaie produite et fournie par les banques centrales. Reste bien sûr une contrainte: veiller à ce que le pouvoir d'achat international des agents de l'Etat-Nation ne se déprécie pas, ce qui signifie maintenir le taux de change et donc contenir la tentation d'un « déficit sans pleurs », en ce qui concerne les finances publiques. Nous avons  là le contexte bien français, notamment  celui de la quatrième république, où il n'est jamais question de dette et toujours de lutte gouvernementale pour "sauver le franc"….qu’il faudra régulièrement dévaluer.

 

La zone euro est un formidable espace de régression

 

Curieusement, la zone euro constitue une formidable régression. La dette publique est conséquence d'une monnaie qui ne peut s'ajuster aux inégales compétitivités des pays membres. Elle n'est que le reflet de déséquilibres extérieurs que la monnaie unique cache aux acteurs. Le sud ne voit pas directement ses déficits extérieurs grandir (Grèce, Espagne, etc.) alors que le nord en perçoit la contrepartie sous forme d'excédents  (Allemagne , Hollande, etc.). La production insuffisante au sud, insuffisance due à la sous compétitivité en régime de monnaie forte, se lira, à la surface des choses, comme "paresse des acteurs » ( les fameux cueilleurs d’olives qui dansent le Sirtaki) , qu'un Etat entretiendra par des largesses non financées à partir d’impôts qui ne rentrent pas. Phénomène auto entretenu, puisqu'il développera le sous investissement dans des activités compétitives au sud. Non seulement les économies du sud, étouffées par une monnaie inadaptée, se spécialisent vers des activités importatrices nettes (Grande Distribution) qui détruisent le tissus local; mais en rétrécissant la matière taxable, il n'est guère question d'envisager de gros investissements publics de modernisation.

 

Ainsi, parce qu’équipé d'une monnaie qui développe des forces centrifuges, la dislocation à terme du chantier européen est en marche : la fameuse convergence attendue, laisse la place à la  divergence. Avec  ce nœud Gordien qui en découle : Peut-on abandonner l'euro, en tant que poison destructeur de l'harmonisation souhaitée, alors même qu'il est curieusement devenu le nouveau mythe enchanteur pour les peuples? Le petit peuple grec, inconsciente première victime du poison, n’est- il pas le tout premier adorateur de l’euro ?

 

Depuis le début de la crise, c'est bien ce paradoxe que les entrepreneurs politiques européens tentent de gérer, avec ce très lent mouvement vers une nationalisation de l'euro….que bien sûr l’on refuse.

 

Partis d'un refus complet, de venir en aide aux pays victimes de déficits publics qui ne sont que le reflet de déséquilibres extérieurs devenus invisibles, des éléments de solidarité active ou passive, sont venus apaiser les marchés de dettes souveraines: création du FESF, puis élargissement de sa puissance de feu, création du MES, conjonction et élargissement des deux institutions, débats sur les euro bonds, LTRO de la banque centrale européenne, taux directeurs historiquement bas, etc.

 

Ces mécanismes ne peuvent que se développer tant il est vrai que les dévaluations internes - les fameuses réformes du marché du travail partout dans le sud- s'avèrent socialement de plus en plus risquées, et économiquement de moins en moins efficace. Socialement risquées, car les réformes du marché du travail, ne touchent que les salariés déjà trop exposés  à la « falaise de la monnaie forte », les autres, la « sur classe mondialisée », voyant dans cette même falaise, non pas un lieu où l’on se fracasse, mais  une base d’envol pour stratégies mondialistes. Economiquement inefficace ensuite, car la demande globale se rétrécissant, un multiplicateur négatif se déploie.

Puisque le mythe est d'une extraordinaire puissance, l'euro étant le symbole vivant  et sacralisé de l'existence d'une communauté européenne, il suffirait de le nationaliser et d'en faire à la fois une monnaie unique et une monnaie nationale.

 

Et si chaque banque centrale de l’euro-zone émettait sur ordre des Etats des euros ?

 

Concrètement cela signifie que chaque banque centrale de l'euro système soit amenée à financer le Trésor local. La Grèce, comme la France de l'après seconde guerre mondiale, met fin souverainement à la loi d'airain de la monnaie que les traités imposent, et rétablit le vieux mode hiérarchique de gestion de la dette publique. La dette cesse d'être le souci des entrepreneurs politiques, la contrepartie étant bien sûr un effondrement de la valeur de l'euro. Un euro qui ne disparait que pour les Etats qui y renonceraient.

 

Quelles seraient les conséquences, d'une conjonction, des statuts de monnaie unique et de monnaie souveraine, censée dépasser le paradoxe du poison et du mythe enchanteur?

 

Elles sont lourdes et multiples :

 

1 la dette publique perd très largement le sens qu’elle a acquis au cours de ces 30 dernières années. Aussi bien en termes de stocks qu’en termes de flux. En termes de flux les choses sont évidentes surtout si l’on devait s’acheminer vers une situation telle celle examinée dans notre proposition de « révolution du systèmes monétaire ». En termes de stocks les choses le sont également : la spéculation sur dette souveraine disparait immédiatement ca dépourvue de tout sens. De quoi retrouver par conséquent en la matière, la fin de la loi d’airain péniblement obtenue au vingtième siècle.

 

2 Une autre question est celle de la cohabitation, entre monnaie unique et rétablissement de la souveraineté monétaire, sur la base du maintien de cette  monnaie unique. En clair, y aura t-il dislocation ? Curieusement les pays les plus bénéficiaires du rétablissement de la souveraineté et du passage au mode hiérarchique de gestion de la dette, pourraient souhaiter le départ des pays les plus opposés à la fin du présent  dogme monétaire. Et à l’inverse ces derniers pourraient souhaiter le maintien de la zone malgré les cris de leurs protestations. L’enjeu d’un tel débat est bien sûr les échanges extérieurs et le rétablissement de l’équilibre des balances. En clair, la Grèce pourrait souhaiter le départ de l’Allemagne et ce dernier pays pourrait- malgré tout- prolonger son maintien dans la zone, pour continuer à maintenir sa rente  de débouchés sur le sud. On le voit, l’unicité de compte entre monnaie unique et monnaie nationale ne règle pas  la question des taux de change entre pays de la zone.

 

3 Ce qui semble réglé, par contre, est le taux de change de l’euro : il diminue massivement en raison du maintien des croyances en la loi d’airain de la monnaie. La monétisation vaudra dévaluation et compétitivité nettement accrue de l’ensemble de la zone au détriment de l’Asie, de nombre de pays émergents, et des USA. Avec un fort rebondissement de la croissance, la fin du naufrage de l’Europe dans bien des domaines, y compris dans celui de la puissance, mais aussi le risque de guerre des monnaies.

 

4 Une autre conséquence est bien sûr la limitation de la financiarisation des activités humaines, surtout si cette solution se déroulait dans le cadre déjà proposé de « révolution des systèmes monétaires »

 

Le rétablissement de la souveraineté monétaire dans le cadre de la monnaie unique permet à nouveau de gagner du temps sur la crise : les problèmes de compétitivité du sud ne sont en aucune façon réglés dans le court terme. Par contre il redonne espoir pour ces mêmes pays qui ne sont plus broyés par des politiques restrictives guidées par le dogme monétaire.

 

Ce rétablissement de souveraineté, est l’avenir le plus probable, car il est le choix le plus avantageux dans le fonctionnement des marchés politiques. La loi d’airain reste en vigueur mais se trouve de plus en plus contestée y compris, très curieusement, par ceux des croyants qui tentent de détourner le dogme par des moyens ingénieux, tel celui qui consiste à monétiser massivement sur la base du patrimoine immobilier : le fameux  « MIEL » ou «  Mobilisation de l’Immobilier En Liquidité » de Guy Abeille, par exemple. Position qui nous fait penser à un Saint Thomas d’Aquin qui, au treizième siècle, continuait à répéter l’interdiction absolue du prêt à intérêt… tout en comprenant qu’il puisse se pratiquer dans certaines conditions. L’aliénation reste majeure et majoritaire. Mais beaucoup d’idées iconoclastes naissantes sont révélatrices du doute qui s’empare des esprits. Il est donc assez probable, que des entrepreneurs politiques européens, prolongent les pressions jusqu’ici exercées sur la BCE en exigeant la possibilité de rétablir – à des niveaux sans doute divers et peut-être négociables-  l’émission monétaire par les banques centrales nationales. Un néo-thomisme en quelque sorte.

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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BA 16/04/2012 10:12

Lundi 16 avril 2012 :

BOURSE/Tokyo : le Nikkei clôture en baisse de 1,74%, inquiétudes pour l'économie.

Tokyo (awp/afp) - La Bourse de Tokyo a terminé la séance de lundi en nette baisse de 1,74%, les investisseurs s'inquiétant de la dette européenne, de la conjoncture mondiale en général et du
renchérissement du yen.

A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a chuté de 167,35 points à 9470,64 points.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a abandonné de son côté 1,43%, soit 11,65 points à 803,83 points.

L'activité a été faible, avec 1,52 milliard d'actions échangées sur le premier marché.

L'angoisse pour la dette européenne est progressivement revenue sur le marché, après une accalmie en début d'année consécutive à l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce et de l'adoption
d'un nouveau plan d'aide européen à ce pays très endetté.

Mais c'est l'Espagne qui est désormais au centre de l'attention, le taux d'intérêt de ses emprunts obligataires à 10 ans frôlant les 6%, un niveau difficilement viable à terme d'autant que ce pays
est en récession.

(Dépêche AFP)

Taux des obligations espagnoles à 10 ans : 6,132 %.

http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

dany 14/04/2012 21:45

"Et de ce point de vue, l'adoption progressive et organisée de l'étalon- or est un recul très net de la souveraineté: la loi d'airain de la monnaie va s'imposer à tous, bien davantage que l'Etat
fédéral américain d'aujourd'hui. D’où les difficultés, anglaises notamment, dans le retour à l’étalon- or dans les années qui suivirent la première guerre mondiale. D’où aussi les énormes
difficultés dans la gestion de la crise des années 30. "

trop simplificateur comme propos. ce n'est pas ce qu'écrit Rueff...

BA 14/04/2012 09:19

Samedi 14 avril 2012 :

Sur son blog, Paul Jorion écrit :

L’ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO : L’INSTANTANÉ.

Ce que vous voyez sur ce graphique produit par l’agence de presse Bloomberg, c’est l’éclatement de la zone euro. Sous la ligne horizontale, on voit les sommes qui quittent de mois en mois
différents pays tandis qu’au-dessus de la ligne horizontale, on retrouve les mêmes sommes ventilées par pays où ces sommes aboutissent.

Les gagnants : 1. Allemagne, 2. Pays-Bas, 3. Luxembourg.

Les perdants (les plus tristes en premier) : 1. Italie, 2. Espagne, 3. Irlande, 4. Grèce, 5. Portugal, 6. Belgique.

Le graphique a été produit par la rédaction de Bloomberg à partir des données fournies par les banques centrales des différents pays de la zone euro. Un pays dont l’argent sort, en signale les
montants. De même pour un pays qui le reçoit, la réglementation intérieure de la zone euro obligeant le pays receveur de prêter le même montant au pays donneur.

Si des sommes quittent un pays, c’est bien sûr que leurs habitants (riches) craignent de se retrouver du jour au lendemain en possession de lires, pesetas, punts ou Irish pounds, drachmes, escudos,
francs belges, dévalués.

Pour donner un ordre de grandeur, en mars, par exemple, 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne.

N.B. : La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

BA 13/04/2012 18:41

14 avril 1912 :

Le Titanic vire, mais heurte l'iceberg par tribord et le choc fait sauter les rivets, ouvrant ainsi une voie d'eau dans la coque sous la ligne de flottaison. Les portes étanches sont alors
immédiatement fermées par Murdoch afin d'éviter une voie d'eau plus importante. Mais l'eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau. Or, le Titanic ne peut flotter qu'avec au
maximum quatre de ses compartiments remplis d'eau.

Source : article "Titanic" dans Wikipedia.

Cent ans plus tard, presque jour pour jour : le Titanic "ZONE EURO" a cinq compartiments remplis d'eau.

L'eau est entrée dans le compartiment grec, ensuite l'eau est entrée dans le compartiment irlandais, ensuite l'eau est entrée dans le compartiment portugais.

Maintenant, l'eau entre dans le compartiment espagnol et dans le compartiment italien.

L'Espagne et l'Italie entraînent maintenant tous les autres Etats européens vers le fond de la mer.

Comment les Bourses réagissent-elles au naufrage de l'Espagne et de l'Italie ?

Italie : - 3.43%
Espagne : - 3.58%
Suisse : - 0.87%
Pays-Bas : - 1.53%
France : - 2.47%
Norvège : - 1.01%
Russie : - 0.46%
Pologne : - 1.26%
Allemagne : - 2.36%
Belgique : - 1.53%
Royaume Uni : - 1.03%

Le Titanic « ZONE EURO » prend l'eau de toutes parts.

http://www.youtube.com/watch?v=Vxz8p3QdD3Q

BA 12/04/2012 16:23

Jeudi 12 avril 2012 :

Les taux d'emprunt de Rome bondissent lors d'une émission test.

L'Italie a fait face jeudi à une forte hausse de ses taux d'emprunt à trois ans lors d'une émission de dette très suivie par les investisseurs, après le bond de ses taux à court terme mercredi,
signe du regain de tensions en zone euro.

Rome, qui comptait lever entre 3 et 5 milliards d'euros, a presque atteint son objectif maximum en émettant près de 4,9 milliards d'euros grâce à une demande totale de 8,5 milliards d'euros, a
annoncé la Banque d'Italie.

Dans le cadre de sa principale émission, le Trésor a levé 2,88 milliards d'euros de bons à trois ans (échéance mars 2015), contre un objectif maximum de 3 milliards, à un taux de 3,89%, en forte
hausse par rapport au taux de 2,76% enregistré le 14 mars.

Mercredi, Rome, qui avait profité depuis le début de l'année de conditions d'emprunt favorables, avait déjà vu ses taux d'intérêt bondir lors d'une émission de dette à court terme.

L'Italie, qui ploie sous une dette colossale représentant environ 120% de son PIB, a émis jusqu'à présent 168 milliards d'euros d'obligations, selon Intesa Sanpaolo, soit un peu plus du tiers de
son programme total annuel de près de 450 milliards.

(Dépêche AFP)

BA 11/04/2012 14:14

Mercredi 11 avril 2012 :

Espagne : baisse de la production : - 5,1 % sur un an.

La production industrielle espagnole a accru son repli au mois de février, avec une baisse de 5,1% sur un an, selon les chiffres publiés mercredi par l'Institut national de la statistique
(Ine).

Cet indicateur, calculé en données corrigées des variations saisonnières (CVS), avait débuté l'année 2012 dans le rouge, en plongeant en janvier de -4,3%, un chiffre révisé à la baisse mercredi
(-4,2% annoncé auparavant), sur un an, précise l'Ine dans un communiqué.

En février, le recul a été particulièrement marqué dans les biens de consommation durable (-14,8%), les biens d'équipement (-10,6%) et les biens intermédiaires (-6,8%).

Les biens de consommation non durable sont également dans le rouge (-4%). Mais l'énergie en revanche repasse dans le vert avec une hausse de 7%, conséquence "principalement" de la bonne santé des
secteurs "Production, transport et distribution d'énergie électrique".

Sur l'ensemble de 2011, la production industrielle espagnole a baissé de 1,8% par rapport à 2010, rappelle l'Ine.

Ces mauvais chiffres surviennent alors que l'Espagne a renoué avec la récession au premier trimestre 2012, accumulant deux trimestres consécutifs dans le rouge. Après une faible croissance, de +
0,7%, en 2011, le gouvernement conservateur a prévu un recul de - 1,7% du PIB en 2012.

Lundi, l'Espagne a annoncé un effort supplémentaire de dix milliards d'euros qui touchera les secteurs sensibles de l'éducation et de la santé, dans un pays frappé par un taux de chômage record qui
devrait bondir cette année jusqu'à 24,3% de la population active, selon les prévisions du gouvernement.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/04/11/97002-20120411FILWWW00340-espagne-baisse-de-la-production.php

La Gaule 11/04/2012 01:30

Pour résumer les choses de manière imagée, le système monétaire européen fut une manière de remplacer (en 1979 je crois) le serpent monétaire par un reptile plus gros, moins joli dans les tons de
ses écailles, plus lourd et plus lent.
Après une cure de jeûne de vingt ans –mais ces bêtes sont coriaces- voilà que l’on ressortirait le monstre du vivarium souterrain où il avait été abandonné. Mais vingt années d’un régime sec ont
été fatales à la robe de l’animal. Le voilà devenu monochrome !
Si vous observez ses écailles à la loupe, vous ne voyez plus en effet que des euros, ou plutôt le même euro.
Un tel aboutissement m’amène à me poser un certain nombre de question, même si elles vous paraîtront encore et toujours comme des questions de néophyte à l’humour (trop) facile :

- Qui croira qu’un euro grec vaudra un euro français, et, à fortiori, un euro allemand dans un tel système ? Pas les allemands en tout cas et vous le laissez entendre vous-même !

- Quel sera le nouveau rôle de la BCE ? Fixer pour un temps T le taux de change d’un euro idéal, en somme un ECU bis, plus une banque centrale pour lui donner de la substance ? Au bout du compte,
créer une monnaie commune qui n’enchantera personne, car elle aura précisément gardé la substance poisseuse d’une monnaie unique !

- S’agit-il alors d’un plan de reconversion en douceur des travailleurs de la BCE, en attendant de déterminer plus clairement à quoi ils pourraient être réellement utiles ? (Pour M. Draghi, pas de
problème, il a la prestance d’un excellent maître d’hôtel).

- S’agit-il encore d’une simple stratégie sémantique, visant à conserver ce qu’il y a eu de pire dans les arrières pensées des bâtisseurs de la monnaie unique, se servir d’elle comme d’un levier
magique pour accoucher d’un peuple européen indivisible, exprimant d’une seule voix sa volonté unitaire ? Vu l’évolution des choses, je ne pense pas au contraire que cette couleuvre là sera avalée
avec plus d’appétit que les précédentes.

Je reconnais malgré tout implicitement que votre solution aurait un intérêt, mais à titre purement transitoire, afin de donner du temps au temps dans une situation de crise où le gaz fuirait par
tous les tuyaux de l’usine européenne.
Au-delà, le constat de BA me parait relever d’un indépassable bon sens.

Jean Claude Werrebrouck 11/04/2012 09:11



vous avez mille fois raison! Il ne peut s'agir que d'une transition....qui permet de liquider la dette publique quand même.... et qui est le prélude à la restauration de vrais taux de change.


Je pense pourtant que c'est une trasition assez probable le jour où les pouvoirs politiques ne pourront plus faire autrement en raison de "troubles sociaux" risquant de devenir incontrôlables.



BA 10/04/2012 18:38

14 avril 1912 : le Titanic percute un iceberg.

Cent ans plus tard, presque jour pour jour, mardi 10 avril 2012 : le Titanic « ZONE EURO » percute plusieurs icebergs.

Taux des obligations italiennes à 10 ans :
19 mars : 4,84 %.
20 mars : 4,90 %.
21 mars : 5,00 %.
26 mars : 5,03 %.
27 mars : 5,12 %.
30 mars : 5,12 %.
3 avril : 5,16 %.
4 avril : 5,37 %.
5 avril : 5,45 %.
10 avril : 5,68 %.

Taux des obligations espagnoles à 10 ans :
5 mars : 4,97 %.
9 mars : 5,00 %.
12 mars : 5,06 %.
13 mars : 5,13 %.
14 mars : 5,17 %.
15 mars : 5,18 %.
16 mars : 5,20 %.
20 mars : 5,23 %.
28 mars : 5,33 %.
30 mars : 5,35 %.
3 avril : 5,45 %.
4 avril : 5,69 %.
5 avril : 5,75 %.
10 avril : 5,98 %.

BA 09/04/2012 22:05

Taux des obligations italiennes à 10 ans :
19 mars : 4,84 %.
20 mars : 4,90 %.
21 mars : 5,00 %.
26 mars : 5,03 %.
27 mars : 5,12 %.
30 mars : 5,12 %.
3 avril : 5,16 %.
4 avril : 5,37 %.
5 avril : 5,45 %.

Taux des obligations espagnoles à 10 ans :
5 mars : 4,97 %.
9 mars : 5,00 %.
12 mars : 5,06 %.
13 mars : 5,13 %.
14 mars : 5,17 %.
15 mars : 5,18 %.
16 mars : 5,20 %.
20 mars : 5,23 %.
28 mars : 5,33 %.
30 mars : 5,35 %.
3 avril : 5,45 %.
4 avril : 5,69 %.
5 avril : 5,75 %.

Le Titanic "ZONE EURO" prend l'eau de toutes parts.

http://www.youtube.com/watch?v=Vxz8p3QdD3Q

BA 07/04/2012 10:37

A l'époque de l'URSS, les réalités économiques étaient différentes, mais les réalités politiques étaient exactement pareilles :

le sentiment national, ça existe.

L'égoïsme national, ça existe.

Dans le cas de l'URSS, c'est exactement comme dans le cas de l'Union Européenne :

- Les partisans de l'URSS n'ont pas compris que le sentiment national existait dans chacune des 15 nations de l'URSS.

Les partisans de l'URSS n'ont pas compris que l'égoïsme national existait dans chacune des 15 nations de l'URSS : comme d'habitude, cette construction supranationale est morte après avoir tenu
quelques décennies.

- Les partisans de l'Union Européenne n'ont pas compris que le sentiment national existait dans chacune des 27 nations de l'Union Européenne.

Les partisans de l'Union Européenne n'ont pas compris que l'égoïsme national existait dans chacune des 27 nations de l'Union Européenne : comme d'habitude, cette construction supranationale mourra
après avoir tenu quelques décennies.

Dernier exemple en date de ces forces centrifuges qui sont en train de tout faire exploser :


Le président-candidat Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi à Paris en présentant son projet que la France demanderait le gel de sa contribution au budget de l'Union européenne s'il était réélu, une
économie annuelle selon lui de 600 millions d'euros.

"Je vous annonce que la France demandera à ce que sa contribution au budget européen soit gelée, ce qui représentera une économie de 600 millions d'euros par an", a déclaré Nicolas Sarkozy lors de
sa conférence de presse.

La contribution annuelle de la France au budget de l'UE s'élève actuellement à près de 19 milliards d'euros, soit la deuxième contribution après l'Allemagne.

La France, avec huit autres pays européens, avait entamé en 2011 un bras de fer avec Bruxelles, pour éviter que les contributions nationales n'augmentent pour la période 2014-2020, face au contexte
de rigueur généralisée.

http://www.boursorama.com/actualites/sarkozy-la-france-demandera-le-gel-de-sa-contribution-au-budget-de-l-ue-efc70ef6a61426a5ace4653f8461f41c

BA 05/04/2012 18:05

Pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne restera au niveau ridicule de 1 % du PIB de l'Union Européenne.

Les neuf Etats européens les plus riches ont refusé d'augmenter le budget de l'Union Européenne pour la période 2014-2020.

Le fédéralisme en Europe, c'est bon pour les bisounours qui croient encore au petit papa Noël.

Lisez cet article :

Le président-candidat Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi à Paris en présentant son projet que la France demanderait le gel de sa contribution au budget de l'Union européenne s'il était réélu, une
économie annuelle selon lui de 600 millions d'euros.

"Je vous annonce que la France demandera à ce que sa contribution au budget européen soit gelée, ce qui représentera une économie de 600 millions d'euros par an", a déclaré Nicolas Sarkozy lors de
sa conférence de presse.

La contribution annuelle de la France au budget de l'UE s'élève actuellement à près de 19 milliards d'euros, soit la deuxième contribution après l'Allemagne.

La France, avec huit autres pays européens, avait entamé en 2011 un bras de fer avec Bruxelles, pour éviter que les contributions nationales n'augmentent pour la période 2014-2020, face au contexte
de rigueur généralisée.

Une précédente lettre réclamant, fin 2010, un gel du budget de l'UE, avait réuni Nicolas Sarkozy, l'Allemande Angela Merkel, le Britannique David Cameron et les Premiers ministres Mark Rutte
(Pays-Bas) et Mario Kiviniemi (Finlande).

"La dépense publique européenne ne peut s'exonérer des efforts considérables des Etats membres visant à maîtriser leurs dépenses publiques", écrivaient les cinq dirigeants européens dans leur
courrier.

Le budget actuel de l'UE représente environ 1% du Produit intérieur brut européen, soit 143 milliards d'euros environ par an et quelque 1.000 milliards d'euros sur sept ans.

http://www.boursorama.com/actualites/sarkozy-la-france-demandera-le-gel-de-sa-contribution-au-budget-de-l-ue-efc70ef6a61426a5ace4653f8461f41c

BA 04/04/2012 13:22

Dans le cas de l’URSS, il y avait 15 nations :

l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, l’Estonie, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, l’Ouzbékistan, la Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan,
l’Ukraine.

L’URSS était un État fédéral. L’URSS avait une monnaie unique : le rouble.

En décembre 1991, l’URSS a explosé. Le plus important, c’est ceci :

EN DECEMBRE 1991, IL Y AVAIT DES BOMBES ATOMIQUES SUR LE TERRITOIRE DE L’URSS. En conséquence, les 15 nations de l’URSS ne se sont pas fait la guerre les unes contre les autres, car elles étaient
retenues par la terreur d’être vitrifiées. Il n’y a donc pas eu de guerres entre les 15 nations de l’URSS. Il y a eu simplement un divorce.

Aujourd’hui, l’URSS n’existe plus.
Aujourd’hui, chacune des 15 nations indépendantes a sa monnaie.

1-Arménie. Monnaie : le dram.
2-Azerbaïdjan. Monnaie : le manat azéri.
3-Biélorussie. Monnaie : le rouble biélorusse.
4-Estonie. Monnaie : l’euro.
5-Géorgie. Monnaie : le lari.
6-Kazakhstan. Monnaie : le tengue.
7-Kirghizistan. Monnaie : le som.
8-Lettonie. Monnaie : le lats.
9-Lituanie. Monnaie : le litas.
10-Moldavie. Monnaie : le leu moldave.
11-Ouzbékistan. Monnaie : le sum ouzbek.
12-Russie. Monnaie : le rouble.
13-Tadjikistan. Monnaie : le somoni.
14-Turkménistan. Monnaie : le manat turkmène.
15-Ukraine. Monnaie : la hryvnia.

Conclusion : comme toutes les constructions supranationales, l’URSS s’est effondrée.

Conclusion numéro 2 : comme toutes les constructions supranationales, l’Union Européenne s’effondrera.

Conclusion numéro 3 : les nations de l’Union Européenne reprendront leur indépendance.

Conclusion numéro 4 : les nations de l’Union Européenne reprendront leur monnaie.

Conclusion numéro 5 : l'euro rejoindra le gigantesque cimetière des monnaies mortes et enterrées.

Jean Claude Werrebrouck 07/04/2012 09:42



Merci BA pour ces informations. Mais il faut reconnaitre que la monnaie unique de l'URSS était fort différente et que les réalités économiques de l'époque et de la zone étaient fort éloignées de
ce que l'on connait en europe.



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