Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 08:18

De plus en plus souvent se trouve évoquée la question de l'effritement de la rentabilité de l'assurance- vie et il est vrai qu'un processus de décollecte semble s'être mis en place depuis la fin de l'hiver dernier. D'où les débats que l'on rencontre dans la presse spécialisée sur la redoutable concurrence d'un livret A dont le plafond augmente.

Globalement il faut savoir que la matière première privilégiée de l'assuranve- vie se trouve être l'OAT à 10 ans. Cette matière première est abondante et sa quantité disponible n'est que la contrepartie de la dette publique que l'Agence France Trésor doit régulièrmemt vendre pour éviter le défaut de l'Etat. Le marché de l'OAT est aussi intéressant en ce qu'il est extrêmement liquide, en raison de la taille de son émetteur (l'Etat) et relativement plus sûr que le marché des obligations corporates: l'Etat ne fait jamais faillite car il utilise la violence fiscale ou réglementaire pour survivre, alors que les entreprises n'ont que le marché pour lequel il faut se faire humble serviteur.

Lorsque le déficit public augmente, le marché de l'épargne , ici celui de l'assurance-vie, se fait prospère. En effet la quantité de matière première disponible augmente, mais son contenu qualitatif augmente lui aussi, car le taux de l'intérêt doit logiquement lui même augmenter. Quantité et qualité sont au rendez-vous, pour mettre à la disposition des épargnants un produit financier avantageux.

Lorsque, dans le cas de la zone euro, les choses se compliquent et que raisonnablement cette matière première qu'est la dette des PIGS devient dangereuse, le système financier se replie sur de la dette publique mieux réputée. Cela fait baisser les taux. Ainsi l'OAT à 10 ans n'offre que 2,24% aujourd'hui. La matière première grâce aux déficits est abondante mais la qualité baisse: plus question de s'adosser sur de la dette publique rentable mais pourrie, il faut se contenter de dette à basse rémunération.

Le plus curieux dans cette affaire, est que les actuels marchands d'assurance-vie, comptent bien que les choses vont changer grâce à l'énormité de la dette publique. Et de dire comme on peut le constater en lisant "Le Monde" du 26 septembre 2012 dans sa page "Polémique argent": la situation "ne reflète pas du tout la situation dégradée de la France, dont la dette représente 88% du PIB et qui doit réaliser globalement 100 milliards d'euros d'économies pour équilibrer ses comptes. Logiquement les taux devraient rapidement remonter,.." .

Et l'auteur de ces lignes d'en conclure que le marché de l'assurance -vie est loin d'être mort. Comme quoi ll est des situations où la réalité se lit à livre ouvert, et il n'est pas besoin de faire appel à la théorie économique pour comprendre qu'effectivement l'industrie financière se nourrit de la dette publique. La dette publique a pour effet d'augmenter les possibilités de l'épargne. C'est ce que nous avons toujours démontré dans ce blog, et démonstration qui fait l'un des axes majeurs du livre que nous publierons d'ici quelques jours

De quoi aussi remettre le déni de la réalité au placard : les "cigales", sont d'abord les acteurs directs et indirects du système financier qui ponctionnent de la valeur ajoutée sur le PIB. La "bonne presse" devrait parfois se méfier de phrases qui peuvent faire tomber la pomme sur la tête de Newton.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Claude Werrebrouck - dans monnaie et banques
commenter cet article

commentaires

BA 10/10/2012 20:40

Mercredi 10 octobre 2012 :

En un an, les sorties de capitaux d'Italie ont atteint 235 milliards d'euros.

En un an, les sorties de capitaux d'Espagne ont atteint 296 milliards d'euros.

http://www.elconfidencial.com/economia/2012/10/09/el-fmi-advierte-que-espana-ha-sufrido-salidas-de-capital-de-296000-millones-euros-107041/

Les capitaux fuient les Etats d'Europe du sud.

Les capitaux sont placés dans les Etats d'Europe du nord.

Les Etats d'Europe du sud sont en train de faire naufrage, et les Etats d'Europe du nord refusent de leur DONNER des dizaines de milliards d'euros pour les sauver de la faillite.

Le monde entier voit le vrai visage de l'Europe :

la soi-disant "solidarité européenne", ça n'existe pas.

En ce moment, sous nos yeux, la zone euro est en train de se disloquer.

BA 09/10/2012 11:50

Mardi 9 octobre 2012 :

Le président de la BCE : la Banque centrale n'imprimera pas de monnaie face à la crise.

La Banque centrale européenne (BCE) n'imprimera pas de monnaie pour résoudre la crise de la dette en zone euro, a déclaré mardi son président Mario Draghi.

"La BCE ne peut s'engager dans du financement monétaire et ne peut pas remplacer l'action des Etats membres (de la zone euro). Il est trop facile de penser que la BCE peut remplacer l'action des
gouvernements ou leur manque d'action en imprimant de la monnaie. Cela n'arrivera pas", a dit M. Draghi lors de son audition devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement
européen, retransmise par la télévision du Parlement.

"La BCE a déjà fait beaucoup", a-t-il ajouté, en référence aux liquidités mises à disposition des banques et aux programmes de rachat de dette des Etats en difficulté de la région, dont le dernier
en date, l'OMT, a largement contribué à l'accalmie sur les marchés depuis son annonce début septembre.

"Nous avons nos propres responsabilités et nous devons agir dans le cadre de notre mandat", a signifié M. Draghi. Un mandat qui lui interdit de financer les déficits publics en imprimant de la
monnaie, notamment pour éviter de créer de l'inflation alors que l'objectif fixé à la BCE est de la maintenir sous le seuil de 2% à moyen terme.

Les rachats d'obligations publiques effectués par la BCE depuis 2010 sont entièrement stérilisés, c'est à dire que l'institution prend en dépôt de la part des banques le montant de ces rachats pour
éviter de créer de la monnaie.

http://www.romandie.com/news/n/BCEPresident_la_Banque_centrale_n_imprimera_pas_de_monnaie_face_a_la_crise40091020121128.asp

BA 09/10/2012 10:02

Mardi 9 octobre 2012 :

Le FMI craint une aggravation de la crise dans la zone euro.

Le FMI, qui a abaissé ses prévisions de croissance pour la France, se montre tout aussi pessimiste pour l'ensemble de la zone euro. "La crise dans la zone euro reste la plus claire menace sur les
perspectives mondiales", assure-t-il dans ses perspectives économiques, publiées lundi 8 octobre.

Malgré de récentes avancées, la récession semble plus forte que prévu cette année en zone euro et le rebond s'annonce limité en 2013, pire, la crise pourrait encore s'aggraver sans nouvelles
"mesures immédiates", prévient le FMI, qui participe aux trois plans d'aide en cours dans la région (Grèce, Irlande, Portugal).

"La crise de la zone euro s'est aggravée en dépit des décisions politiques visant à la résoudre", constate-t-il. Les indicateurs "restent dans le rouge, ce qui suggère que la faiblesse se répand de
la périphérie vers l'ensemble de la zone euro", touchant tous les pays, y compris l'Allemagne.

http://www.boursorama.com/actualites/le-fmi-craint-une-aggravation-de-la-crise-dans-la-zone-euro-ef23c6e2cce73aae3d33155efcba7249

Lapin 08/10/2012 20:38

Merci à JCW pour cet article.
S'il est vrai que l'industrie financière se nourrit de la dette, état ou corporate, le problème de fond est celui d'un état obèse et qui vit très au dessus de ses moyens depuis quarante ans.
Alors, ne nous énervons pas trop sur la finance, car le vrai coupable dans cette histoire, c'est l'état qui ne sait pas équilibrer ses comptes.
Quant au mode de financement, marché ou banque centrale, il est secondaire car si l'état équilibre son budget, il n'y a plus de sujet
Dois-je de plus ajouter que la monnaie n'appartient pas à l'état, mais à ses citoyens. L'état n'est là que pour en valider la qualité (comme autrefois avec les pièces d'or sur lesquelles le roi ou
l'empereur apposait son sceau).

Jean Claude Werrebrouck 09/10/2012 09:07



Merci pour votre remarque. Permettez-moi toutefois de ne pas être d'accord. Il est ici difficile sur un commentaire de répondre de façon argumentée. Je vous renvoie toutefois à beaucoup
d'articles du Blog et en synthèse à mon court livre publié cette semaine chez Y Michel. Il est annoncé sur le blog.


Bien à vous.



BA 08/10/2012 11:45

Lundi 8 octobre 2012 :

Grèce - "Il faut songer à une restructuration de la dette" - un responsable du FMI.

Les pays européens devraient réfléchir à une restructuration de la dette de la Grèce s'il s'avère que le pays n'est pas en mesure de se remettre sur les rails, estime un responsable du Fonds
monétaire international cité lundi dans un journal néerlandais.

"Une contribution de la part des Etats sera alors certainement un sujet de discussion", dit Menno Snel au quotidien Het Financieele Dagblad.

Ses déclarations illustrent les divergences entre les membres de la troïka - FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne - sur la manière de résoudre la crise de la dette.

Des responsables européens ont dit à la fin septembre à Reuters que le FMI voulait que les Etats passent une décote sur la dette grecque qu'ils détiennent, une perspective rejetée par les pays de
l'UE tant elle leur paraît politiquement périlleuse.

L'Europe préfère donner plus de temps à Athènes en matière de respect des objectifs budgétaires.

Un responsable grec a déclaré samedi que deux semaines de discussions seraient encore probablement nécessaires pour parvenir à un accord entre la Grèce et la troïka sur de nouvelles mesures
d'austérité.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00469275-grece-il-faut-songer-a-une-restructuration-de-la-dette-resp-fmi-370034.php

Encore ?

Encore un défaut de paiement de la Grèce ?

Mais cette fois-ci, ce sont les Etats de la zone euro qui vont subir des milliards d'euros de pertes.

Contribuables européens, préparez-vous à payer.

Contribuables européens, préparez-vous à payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce.

Gérard Torel 01/10/2012 22:39

Question de néophyte : le recours au marché pour le financement du déficit de l'Etat Français depuis quelques années se différencie-t-il du recours ancien à la Banque de France, essentiellement
aussi par l'apparition d'intérêts ?

Jean Claude Werrebrouck 02/10/2012 06:53



Oui bien sûr. Lisez sur mon blog l'histoire des rapportsd entre banque de France et Etat (3 articles).



Présentation

  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
  • Contact

Recherche