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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 23:00

couverture du livre

 Le livre est en vente dans toutes les librairies

 

 

Les "Echos" en date du 23 novembre nous apprend que le gouvernement aurait l'intention de mettre à contribution les banques dans  le cadre de son pacte pour la compétitivité. L'idée serait de hâter sa mise en oeuvre en contournant les délais du crédit d'impôt par le biais d'un préfinancement bancaire. Ce préfinancement, d'abord imaginé par le biais d'Oséo, serait ainsi complété par un appel direct aux banques, appel assorti d'une demande de modération de taux compensé par une garantie publique.

De quoi satisaire nombre d'acteurs du jeu économique en renforçant la "machine à faire de la dette"

L'appel aux banques pour préfinancer le crédit d'impôt permet  à l'Etat d'accélérer la mise en oeuvre de son pacte de compétitivité sans lui même le financer. Il pouvait  accélerer les choses en acceptant un déficit plus élevé et en préfinançant lui même le crédit d'impôt. Il semble préférer être substitué par les banques, préférence qui connait évidemment un prix en termes d'allocations des ressources: celui de la différence de taux entre des obligations publiques à court terme (moins de 2% aujourd'hui) et celui qui correspondra aux prêts bancaires au titre du préfinancement du crédit d'impôt. (on évoque une plage allant de 3 à 4%) .Cette substitution avantage l'Etat et se trouve être un cadeau aux banques, cadeau payé par les entreprises qui constateront un avantage moins important que celui légitimement anticipé.

On peut s'étonner que le pacte de compétitivité retenu par les entrepreneurs politiques au pouvoir en France renforce son aspect "usine à gaz" dès lors qu'il faut concrètement agir. De fait, il résulte de choix et contraintes bien antérieures dont tout naturellement l'importance du déficit public et ses modalités de financement, dans le cadre d'une indépendance de la BCE et de celui de l'interdit de la création monétaire par les Etats. Cette péripétie ne renforcera pas non plus l'efficacité d'un pacte de compétitivité d'essence non coopérative   . Les événements des dernières semaines concernant les vastes redéploiements de l'industrie automobile à l'intérieur de la zone euro sont là pour nous montrer que les pactes de compétitivité espagnol appellent d'autres pactes en Belgique ou en France qui en cumulant leurs effets entrainent l'ensemble de la zone vers l'abîme. L'échec maintenant assuré de ces pactes "usines à gaz non coopératives" va t'il déboucher sur les questions essentielles de la mondialisation et de l'euro?

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans textes de portée générale
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commentaires

BA 27/11/2012 15:55

Mardi 27 novembre 2012 :

Sans le vouloir, involontairement, Jean-Claude Juncker fait rigoler tous les journalistes quand il répond aux questions sur la Grèce en 2022.

Plus personne au monde ne croit Jean-Claude Juncker le joueur de pipeau.

Plus personne au monde ne croit ses prévisions sur la Grèce en 2022 : regardez cette vidéo hilarante à la 24ème minute :

- Question du journaliste : L'objectif est toujours d'obtenir une dette grecque à 120% du PIB ?

- Juncker : Le fait est que l'objectif de 120% sera maintenu, mais la cible dans la mesure où le délai est en cause a été reportée à 2022.

[Rires dans la salle]

- Juncker : Ce n'était pas une blague !

http://www.bloomberg.com/video/juncker-lagarde-rehn-on-greek-debt-aid-plan-oynfmcsZTKOeFZMahWN_kw.html

- Question : Is the goal still to get Greece’s debt to 120% ?

- Juncker : The fact is that the target of 120% will remain, but the target as far as the time frame is concerned has been postponed to 2022.

[Laughter in the room]

- Juncker : That was not a joke !

BA 27/11/2012 07:26

Mardi 27 novembre 2012 :

Accord entre le FMI et la zone euro pour réduire la dette grecque à 124% du PIB d'ici 2020.

La zone euro et le Fonds monétaire international se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi pour réduire la dette grecque à 124% du PIB d'ici 2020, ont indiqué des sources européennes, une
décision qui ouvre la voie au déblocage de l'aide financière pour la Grèce.

Après une douzaine d'heures de réunion, les ministres des Finances de la zone euro et le FMI se sont entendus pour que la dette grecque soit ramenée à 124% du PIB d'ici 2020, contre un objectif
initial de 120% défendu par le FMI, selon ces sources, qui n'ont pas précisé les modalités pour parvenir à cet objectif.

Concernant le nouveau prêt à la Grèce, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d'euros bloqués depuis des semaines. Une première tranche d'un
peu plus de 34 milliards devrait être versée le 13 décembre. Le versement du solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013.

(Dépêche AFP)

Petit rappel :

Vendredi 2 novembre 2012 :

Or le niveau de la dette grecque n'est pas viable et l'hypothèse d'arriver à un taux d'endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement
estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/02/la-cour-des-comptes-grecque-juge-anticonstitutionnelles-des-coupes-dans-les-retraites_1784785_3234.html

Dette publique de la Grèce :

2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé
107 milliards d'euros de dettes.

2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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