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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 22:00

 

Notre dernier texte « La compétitivité comme suicidaire panique collective » nous fait bien comprendre pourquoi les dettes publiques et privées sont devenues aussi importantes : elles sont  une compensation fondamentale  aux déséquilibres des échanges impulsés par la mondialisation. C’est la prise de conscience, d’abord brutale (en 2008), et aujourd’hui bien établie du caractère devenu himalayen de la dette,  qui a transformé les banques centrales et a fait de leurs « politiques non conventionnelles », la colonne vertébrale de leurs activités. Point de salut sans « Quantitative Easing ». Et il s’agit bien d’une planche de salut car, les évènements du printemps et de l’été dernier- notamment les atermoiements de la FED- ont  montré qu’il était impossible de revenir à la situation antérieure, c’est à dire de ne plus acheter sans limite de la dette publique et de ne plus acheter des titres privés démonétisés.

L’insuffisante demande globale planétaire issue de la mondialisation reste ainsi masquée par un « Quantitative Easing » dont on ne peut plus se défaire sans ruine mondiale. D’abord celle des banques, dont les actifs sont gonflés très artificiellement par la pompe des banques centrales. Ensuite celle des Etats, qui peuvent continuer à se financer par la garantie d’achat de la dette nouvelle à des taux très faibles. Enfin celle de l’économie réelle, qui certes ne bénéficie plus de crédits en quantité suffisante pour assurer l’accumulation, mais qui en premier lieu ne peut à priori plus être la victime secondaire d’un « bank- run » auquel est généralement associé une thésaurisation, et qui en second lieu continue de bénéficier d’énormes dépenses publiques. Au-delà, il faut aussi préciser que le « Quantitative Easing » permet aussi aux émergents excédentaires (Chine) de continuer leur croissance tandis que les déficitaires reçoivent une épargne en quête de rémunération attractive (Inde, Turquie, etc.)

Ainsi donc, quelques banques centrales sauvent le monde en acceptant ce pourquoi elles n’avaient pas été conçues. Jusqu’à quand ?

Logiquement, cette mondialisation engendrant de tels déséquilibres macro-économiques aurait dû connaitre un autre destin, et par exemple la Chine – poids lourd dans le phénomène – aurait dû connaitre une rapide ascension de son taux de change plutôt qu’un accroissement gigantesque de ses réserves en devises. Toute une littérature académique existe – autour de ce qu’on appelle «  l’effet Balassa- Samuelson »- pour expliquer que les pays émergents quels que soient les régimes de change adoptés, connaissent spontanément une pression à la hausse du taux de change. Or la Chine, en adoptant un système à rattachement plus ou moins fixe avec le dollar, a bloqué toute élévation du cours du Yuan et s’est constituée d’énormes balances dollars, converties pour l’essentiel en dette publique américaine.

Acte délibéré- politique par conséquent- pour maintenir un déséquilibre des échanges au regard des USA, avec une production nationale excessive par rapport à la demande interne, différence se soldant en achat de titres publics américains, qui permettent une production américaine alors même que la demande interne se fait insuffisante.

Très simplement, pour prendre l’exemple classique des énormes dépenses militaires américaines, c’est bien avec de la dette publique achetée par la Chine que le système militaro-industriel a pu fonctionner et trouver des débouchés, débouchés potentiellement beaucoup plus faibles si l’Etat fédéral avait maintenu un strict équilibre budgétaire.

 La « Chinamérique », ne fonctionnait sans crise de surproduction globale apparente que par la dette, et ce, pour le plus grand profit de la majorité des groupes  dominants dans les  2 pays. Ainsi La politique de développement et le maintien du groupe au pouvoir en Chine passait par une croissance reposant sur les exportations et la maitrise politique de son surplus, symétriquement les entreprises américaines s’implantant en Chine devaient bénéficier des bas salaires chinois.

Il faut donc comprendre, que cette dislocation planétaire propre à la mondialisation, suppose des taux de change adaptés, taux de change qui vont aussi développer des effets pervers sur une masse monétaire qui, théoriquement en très forte croissance (contrepartie de l’excédent extérieur), devra être contenue par toute une série de politiques de « stérilisation des liquidités ».

La logique de la mondialisation s’étant ainsi maintenue, les déséquilibres se sont rapprochés de l’insupportable pour les créanciers publics et privés, d’où la crise et la transformation en profondeur de la mission des banques centrales.

Cela étant un « Quantitative Easing » qui se pérennise faute de solutions à la crise développe des effets  pervers non négligeables.

 

Des effets pervers redoutables

 

Tout d’abord, la dette publique, bénéficiant de taux artificiellement bas aussi en raison des achats massifs des banques centrales, devient une matière première de mauvaise qualité pour tous les acteurs qui en font un minerai financier de base. Comment produire un actif financier performant, si une partie de la matière première est peu performante, et ce même si sa liquidité est quasiment garantie ? Le problème concerne la finance classique. Il concerne donc aussi les épargnants.

Il concerne aussi, ces autres grossistes en achat de dette publique que sont les compagnies d’assurance dont les bilans deviennent déséquilibrés, les engagements réels ou potentiels, n’étant plus suffisamment garantis par des titres à faibles rendements. Déjà, les assureurs parlent de répression financière et se disent victimes des politiques non conventionnelles des banques centrales. Ils sont d’ores et déjà tentés par des hausses de tarification. C’est donc aussi l’épargne, par exemple les contrats d’assurance vie, qui est concernée par les flux débordants de l’aisance quantitative.

Les banques sont à priori les grandes bénéficiaires, les actifs étant gonflés artificiellement. Toutefois la croissance étant faible, l’investissement même assorti d’un taux bas est peu justifié et surtout, son coût d’opportunité est beaucoup trop élevé par rapport aux activités directement ou indirectement spéculatives. Ainsi le montant des opérations de couverture ( 477 milliards de dollars/ jour à l’échelle du monde) s’accroit alors même que les flux d’investissements décroissent. D’où le maintien de bulles spéculatives gonflées avec la matière première fournie par les banques centrales.   Une matière première qui n'est pas exempte de coût en raison - tout au moins pour le LTRO européen- de sa contrepartie en consommation de collatéral devenu trop rare dans les échanges interbancaires.

 S’il est à priori impossible de ne pas accroître le flux de liquidités empêchant un approfondissement de la crise, existe-t-il un moyen de disposer d’un « Quantitative Easing » plus efficace et moins polluant ?

Les banques centrales savent qu’elles ne font que contenir la crise et cherchent à rendre plus efficace le « Quantitative Easing ». Ainsi la BCE réfléchit à une intervention directe sur les entreprises en leur accordant le crédit qu’elles peinent à trouver dans le réseau bancaire. Moins brutalement, elle pourrait essayer  de relancer la titrisation en se portant directement acquéreuse des crédits aux entreprises. Affaire à suivre.

Une autre possibilité est d’imaginer ce que certains appellent le « Quantitative Easing for the People » (QEP), idée reprise de façon surprenante par le président du régulateur financier britannique Lord Adair Turner. Il s’agirait d’un financement direct des ménages dont les comptes bancaires seraient crédités par les banques centrales.

Certains voient dans un tel financement le début d’un revenu de citoyenneté, revenu régulièrement évoqué depuis  plusieurs dizaines d’années. Un tel dispositif ne garantit pas une immunité globale et se trouve porteur de lourds effets pervers.

En premier lieu si de façon indirecte il apporte de la liquidité aux banques, celles-ci ne sont pas davantage invitées à investir et à réduire leurs inclinations spéculatives. En second lieu, aucune solution n’est trouvée au problème fondamental de la mondialisation qui est celui des déséquilibres. A l’inverse, il risque d’accroitre mécaniquement le flux des importations à proportion de la propension à importer des ménages. Poussé aux limites, le dispositif n’est évidemment pas viable macro-économiquement : Les émergents ne recevraient plus en paiement des excédents que des actifs trop visiblement démonétisés.

Au-delà des aspects juridiques – les banques centrales disposent de statuts interdisant le QEP- un réel problème politique se poserait, les citoyens n’étant pas rattachés à des banques centrales mais à des Etats. Sans compter que les banques centrales ne sont en aucune façon des espaces de délibérations citoyennes.

Le « Quantitative Easing » est donc une solution sans avenir, une solution qu’il faut pourtant porter à bout de bras le plus longtemps possible, faute de l’émergence sur les marchés politiques d’acteurs susceptibles de mettre fin à la mondialisation dans ses caractéristiques présentes.

Toutefois, il semble préparer la solution contre laquelle il est censé se battre, en nous rapprochant d’époques antérieures où la souveraineté monétaire- et souveraineté sans la loi d’airain de la monnaie- allait de soi, c’est-à-dire approximativement la seconde partie du vingtième siècle. C’est que l’indépendance des banques centrales – concept mensonger pour les lecteurs de ce blog –  se retourne dans les faits, puisque désormais les grands Etats se trouvent à nouveau financés à taux presque nul et ce pour des montants devenus illimités. Comme au beau milieu du vingtième siècle où chacun savait, qu’indépendance ou pas, publiques ou privées, les banques centrales validaient un rapport de forces -politiques/ finance- dans lequel le premier terme l’emportait largement sur le second. Et ce rapprochement est aussi celui des conditions faites à l’épargne : Après l’épargne libérée nourrie par la mondialisation et cette matière première qu’est la dette publique, épargne libérée qui faisait la fortune de toute une armada de conseillers en patrimoine, nous nous rapprochons de la répression financière tant dénoncée au cours des 30 glorieuses.

Les aventures lointaines du « Quantitative Easing   avancé » mènent -elles  à la reconquête de la souveraineté monétaire ? Mènent-elles au retour d’un stade- sans doute modernisé- des « Etat-Nations » ?

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Dette
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commentaires

AbsolumentFabuleux 12/10/2013 17:44

Malheureusement, l'affrontement est inévitable.Quant à la brutalité, elle est relative.
Jusqu'à récemment, seules les catégories les plus populaires étaient touchées, les catégories de nos jours les moins combatives, les moins politisées. Celles presque habituer à leur sort au bout de
30 ans de paupérisation. J'ai presque envie de dire des catégories amorphes, heureuses d'avoir un peu de pain et des jeux.( télévisés). Mais de plus en plus de catégories qui jusqu'ici étaient bien
intégrées sont à leurs tour touchées. Et vu la déliquescence du système, cela va empirer. Et je doutes que ces catégories acceptent d'être écraser pour qu'une minorité de plus en plus réduite
puisse continuer à profiter des restes du système. Il y a en fait deux solutions : soit l'affrontement commence dans les urnes et est politique, soit on va vers un monde à la mad max. Je préfère le
premier type d'affrontement.

AbsolumentFabuleux 12/10/2013 15:23

Je peux préciser, grosso modo, ce que je pensais sur l'un de mes commentaires d'un précédent article. Le revenu universel, (ou QEP si vous préférez ), est possible en limitant les effets pervers
sous conditions : - d'une interdiction de création monétaire par les banques de second rang ( prêts en fonction des seuls dépôts ), - d'une banque centrale, sous contrôle de l'Etat ( système
hiérarchique ), alliée à une banque nationalisée pour accorder des prêts sur création monétaire aux entreprises. Le tout : revenu universel + banque de second rang sans pouvoir de création
monétaire + banque de prêts "monétaire" aux entreprises + système hiérarchisé = au final moins de création monétaire qu'avec le système de l'open market actuel. ( Il est toujours étonnant de voir
que le système antérieur était critiqué pour sa création monétaire alors que l'actuelle est bien supérieure et même avant la crise ). La limite du taux de croissance de la monnaie dépend du taux
d'utilisation des capacités productives et de la limite des gains de productivités pour limiter l'inflation interne ( on exclut l'inflation importée : la hausse des prix des matières premières
par épuisement n'a pas à être compensée par une compression artificielle des revenus internes pour remplir un objectif d'inflation. C'est ridicule ( sauf pour un rentier évidemment)).
On passe d'un contrôle indirect, et insuffisant, de la création monétaire par les taux, à un contrôle fin par les quantités.
Pour ce qui est du revenu universel, celui ci serait mis en place en dernier ( après réforme de la banque centrale et des banques de second rangs ) et progressivement : pilotage à vue. Il peut
être réduit à un revenu limité au niveau des minimas sociaux. Un complément pouvant être mis en place en remplacement total des cotisations sociales ( l'entreprise ne verse plus rien : c'est
la banque centrale qui verse l'équivalent des cotisations aux régimes sociaux ). Permet une baisse du coût du travail.
Avec ceci, interdiction de vente de biens durables : ceux ci seront loués avec réparation et entretien à la charge du loueur ( permet la construction de biens durables, qui peuvent suivre la
technologie car modulables et qui entraîne la multiplication des jobs locaux d'entretiens et de réparations : la production devient secondaire ). Pour éviter la gabegie généralisée, dont le seul
effet est la multiplication des postes politiques, arrêt de la décentralisation : suppression des départements. De plus, toutes les communautés de communes et autres regroupements remplacent
les communes sous jacentes qui disparaissent. Sans oublier la suppression du Sénat ( qui n'a pour but que le conservatisme du système), du président de la république ( un premier ministre
suffit : un roi républicain, comme tout roi, est inutile ) et une réduction du nombre de députés au nombre de 100 avec élection proportionnelle ( chaque député représentant l'ensemble des
français, nul besoin de multiplier les postes ).
Ceci en premier lieu.

Jean Claude Werrebrouck 12/10/2013 15:36



Oui, je suis entièrement d'accord...mais vous voyez bien que cela passe par un affrontement brutal avec certains groupes sociaux que  vous euthanasiez..... La lutte des classes, cela existe
encore, le problème est qu'en capitalisme avancé des clases exploitées sont aussi, plus marfinalement , il est vrai, exploiteuse. L'histoire n'est vraiment pas simple.



elet 10/10/2013 09:49

Je ne parle pas que des décideurs, mais aussi des économistes de tous bords, Alexandre Delaigue, Piketty, ceux qui publient chez Alternatives Economiques...
Une telle charte mondiale doit leur sembler encore plus utopique qu'une Europe fédérale.

Piketty évoque un impôt mondial qui pourtant parait encore plus improbable quant à ses chances d'être appliqué suite à un accord des pays.

Jean Claude Werrebrouck 10/10/2013 10:01



OUI, vous avez raison



elet 09/10/2013 21:28

Concernant un accord de la Havane réactualisé, presque personne dans les milieux économiques n'en parlent, pourquoi ?

Sur la dévaluation monétaire :

http://www.captaineconomics.fr/theorie-economique/item/350-condition-marshall-lerner-theoreme-elasticite-critique

Jean Claude Werrebrouck 10/10/2013 08:50



On n'en parle pas parce que les décideurs ne veulent pas en entendre parler: vous voyez bien que la Charte de la Havane n'est pas favorable au libre échange, à la libre circulation du capital,
etc.. Au surplus ces décideurs nouveaux n'en ont jamais entendu parler lors de leur formation en économie.



Hadrien 09/10/2013 21:21

On imagine aisément que cet "équilibre des échanges extérieurs, et ce pour toutes les nations" renvoie à un accord du type "Charte de La Havane"... que les américains ne voulurent pas signer (alors
que l'air du temps de l'après-guerre s'y prêtait davantage).

En l'absence d'un tel accord, pour les pays d'Europe, le retour à l'indépendance monétaire serait déjà un grand pas, car la compensation automatique par le change est difficilement réfutable par
les libéraux: il fait partie de leur bréviaire d'économie néoclassique !

Jean Claude Werrebrouck 10/10/2013 08:46



Oui la Charte de la Havane est bien oubliée....je pense d'ailleurs que peu d'économistes en ont connaissance.....alors les jeunes étudiants quui sortent de l'Université, et plus encore d'une
grande école.....Voilà pourquoi tout le monde "pense à l'envers".



elet 09/10/2013 17:07

" l'obligation de maintenir un équilibre des échanges extérieurs et ce pour toutes les nations."

Par quel moyen obtenir cet équilibre ?

Jean Claude Werrebrouck 10/10/2013 08:41



Par une négociation internationale au terme de laquelle, la règle d"équilibre devient équivalente de celle que l'on cherche à imposer aux Etats aujourd'hui. En cas de déséquilibre, les pays
excédentaire sont invités à réevaluer leur monnaie et les déficitaires à dévaluer. La " méta règle" internationale étant qu'il doit y avoir partage dans la modification de parité: en cas de
déséquilibre entre 2 pays, l'excédentaire (le plus compétitif) doit prendre en charge la moitié du changement de parité, et le déficitaire ( le moins compétitif) prenant en charge l'autre moitié.
C'est la seule façon d'éviter ce que j'évoque dans mon texte. Allez voir sur le blog j'ai déjà pas mal publié là dessus....des idées qui peuvent bien sûr être critiquées...



Christian VICENTY 09/10/2013 15:33

Cher Monsieur WERREBROUCK, cher Jean-Claude,

Que de temps passé depuis l'époque où j'étais votre élève à l'IRA de Lille (1978-1979), où nous étudions avec et grâce à vous ce qu'étaient à l'époque la rente pétrolière, le mode de production
asiatique ...

J'y ai sincèrement souvent repensé ensuite au cours de ma carrière (toujours en cours), y compris en divers postes ou mission à l'étranger, au cours de ma carrière (ex-URSS, Chine, Japon, Corée(s),
Arabie Saoudite, pays baltes, scandinaves et de l'Est, Turquie, Allemagne et autres pays de l'UE ...), donc en étant confronté aux réalités comparatives et transversales des choses dans divers
pays, par rapport à la lecture "habituelle" de l'évolution du monde ...

Nous pourrions continuer à échanger sur ces éléments par rapport à vos productions, si vous le souhaitez, étant content d'avoir pu reprendre contact avec vous, à partir de votre article dans "La
Tribune" : "La compétitivité, une panique collective suicidaire".

Bien à vous, demeurant à votre disposition,

Christian

Chargé de mission Chine, Russie à la Mission stratégique et des études économiques / pièce 3339 / Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services / Ministère du Redressement
productif / 67, rue Barbès – BP 80001 / 94201 Ivry-sur-Seine Cedex / tél : 01 79 84 33 86 / http://www.dgcis.redressement-productif.gouv.fr/

elet 09/10/2013 14:28

Concernant le protectionnisme, sachant que la majorité des produits sont composés d’une multitude d’intrants, composants, sous ensembles…venant de partout, comment fait on pour savoir ce qui est
produit en France, en Allemagne, Corée, Chine, pays de l’Est ? A moins de tenir une comptabilité pour chaque produit et remise régulièrement à jour, ce qui parait dément à réaliser…

Jean Claude Werrebrouck 09/10/2013 16:18



La fin de la mondialisation, déjà plus ou moins commencée avec la balkanisation du système financier, ne signifie pas le protectionnisme. On peut très bien continuer à échanger des quantités
croissantes de marchandises. Simplement la fin de la mondialisation signifierait l'obligation de maintenir un équilibre des échanges extérieurs et ce pour toutes les nations.


Bien sûr cela entrainerait la recomposition progressive des chaines de la valeur.



Hadrien 08/10/2013 20:29

Je bois du petit lait à la lecture de ce billet... car sa logique et sa conclusion sont semblables à celles du commentaire que je venais de poster sur le blog de G. Ugeux:

L’endettement public auprès du marché (des rentiers et de leurs banquiers) est un impôt payé aux riches, qui accroît ainsi inutilement les inégalités, et se soustrait à la croissance (la vraie, à
la source, celle du savoir et du savoir-faire par la recherche et l’innovation). C’est aussi se mettre à la merci de ceux qui reluquent les dividendes des bas salaires en Asie ou ailleurs, et
fustigent chez nous les enseignants et/ou les chercheurs sans comprendre que ce sont ceux qui permettent le développement.
Durant les Trente Glorieuses, la monétisation directe a permis un taux de croissance élevé, souvent supérieur au taux d’intérêt réel (g > r). Ce fut une exception que la « révolution
conservatrice » s’est empressée de stopper et même d’inverser, par le recours au marché !

C’est ce qu’explique Thomas Piketty dans son dernier livre (Le Capital au XXIe siècle):
« L’inégalité r > g n’a rien à voir avec une quelconque «imperfection» du marché. Bien au contraire : plus le marché du capital est «parfait», au sens des économistes, plus elle a de chances
d’être vérifiée… au-delà d’un certain seuil, la fortune se reproduit toute seule, à un rythme beaucoup plus rapide que la croissance économique. Il s’agit d’une logique redoutable dans ses
conséquences à long terme, ce dont même les plus fervents défenseurs du marché feraient bien de se soucier. »
Mais Piketty est un « européiste » bon teint, et ses recommandations ne sauraient enfreindre le sacro-saint carcan de l’euro:
« L’impôt progressif sur le revenu a été la grande innovation fiscale du XXe siècle. L’impôt progressif sur le capital pourrait jouer un rôle comparable au XXIe siècle. Il est l’institution
adéquate permettant à la démocratie et à l’intérêt général de reprendre le contrôle des intérêts privés et des dynamiques inégalitaires à l’oeuvre, tout en préservant l’ouverture économique et les
forces de la concurrence, et en repoussant les replis nationalistes, protectionnistes et identitaires, qui ne mèneront qu’à des frustrations plus terribles encore.
Le problème est que de tels impôts ne peuvent pas être prélevés correctement au niveau strictement national : il faut aussi passer à l’échelon régional, continental, voire mondial. Cela peut
sembler utopique. Mais c’est d’une certaine façon dans cette voie que se dirigent les projets actuellement débattus de transmissions automatiques d’informations bancaires internationales. »

Reste à savoir si la solution que permet la souveraineté monétaire (contrôle des capitaux inclus) n’est pas de loin préférable et surtout plus réaliste:
Après des decennies « d’Europe », on n’a même pas vu le début d’une harmonisation fiscale et/ou sociale. Croire à une « socialisation mondiale » par la finance alors qu’on assiste précisément à
tout le contraire, ça « peut sembler utopique »… car ça l’est !

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NB: Magré ses mille pages, et indépendamment de ses conclusions fiscalistes, "Le Capital au XXIe siècle" m'a paru un titre surfait !

Jean Claude Werrebrouck 09/10/2013 11:05



Oui  " Le Capital" publié au 19ième siècle avait une toute autre dimension! Il y a beaucoup de " longueurs" dans le livre de Thomas Picketty, mais c'est quand même un ouvrage de qualité
qui démontre bien ce que  l'auteur souhaite finalement cacher: l'utopie mondialiste qui fait tant rêver le plus grand nombre au seul profit de quelques uns.



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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
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