Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:10

La théorie économique enseigne que toute perturbation réglementaire d'un marché, développe des effets contraires aux intentions qui présidaient à la prise de décisions. Taxer les bonus serait oeuvre de justice, puisque ce serait l'aidedes Etats, qui engendre aujourd'hui les profits de banques encore sous capitalisées. La taxation serait ainsi un juste retour des choses. Et du même coup, il est espéré que les banques, qui devront payer elles mêmes la taxe sur les bonus distribués, préféreront augmenter leurs capitaux propres.

Les effets probables risquent de décevoir le populisme des entrepreneurs politiques.

Les banques ne chercheront pas à dilluer le capital, tant que le floue existera sur la définition des capitaux propres, et tant que la liquidité procurée par les banques centrales sera quasi-illimitée, et surtout quasi-gratuite. l'argument selon lequel la taxation vaudrait la "fuite des meilleurs" , notamment vers Singapour, est sans doute plus discutable. Il est en effet de nombreux outils juridiques d'évaporation de la taxation. Celle-çi étant apparemment un tir à un seul coup (seule l'année 2009 serait concernée) , la possibilité de retarder le versement des bonus vient immédiatement à l'esprit. Mais surtout des aménagements juridiques peuvent être envisagées, comme par exemple le passage d'une partie des bonus dans la partie fixe des salaires, ou mieux encore, l'externalisation des activités de trading, faisant du trader un entrepreneur indépendant vendant ses services.

Plutôt que de s'attaquer aux effets, (Le bonus de ceux qui sont le facile bouc -émissaire) Il serait plus sérieux de s'attaquer aux causes du phénomène: les surprenants profits bancaires dans un contexte de crise économique grave. Et la cause ultime de ceux-çi, est bien dans le triangle relationnel entre banques centrales, banques, et Trésors publics.

La fort généreuse politique des banques centrales, vient gonfler sans limite les bilans des banques ,et fait remonter le prix de certains actifs que la crise considérait toxiques. En même temps, cette création de monnaie centrale devient endettement public par l'intermédiaire des banques,grosses acheteuses de cette dette, qui aujourd'hui encore sert à soutenir une demande globale de biens et de services très insuffisante partout dans le monde. Et tant que la demande privée ne prend pas le relai , il en sera ainsi. Les banques deviennent ainsi un intermédiare, prélevant, comme tous les intermédiaires, une marge au titre de l'achat de la dette publique. Comme le coût de la matière première monétaire est - en raison de la générosité des banques centrales-  proches de Zéro, la marge ou valeur ajoutée est pratiquement égale au coût de l'endettement public. Oui, les banques gagnent beaucoup d'argent sur le dos des Etats.

Une mesure plus sérieuse ,que celle de la populaire et populiste taxation des bonus, consisterait à se passer des banques, et  demander aux banques centrales de "ravitailler" les Etats- qui, il faut le rappeler, empêchent la demande globale de s'effondrer. Et de les ravitailler sans discriminations, c'est à dire aux prix pratiqués aujourd'hui au bénéfice des banques, soit un prix proche de la gratuité.

Evidemment le coût psychologique serait élevé: mettre les banques centrales sous l'autorité des Etats est une révolution Copernicienne.La violence de la crise mettra peut-être bientôt la rupture épistémologique à la portée de tous.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Claude Werrebrouck - dans textes de portée générale
commenter cet article

commentaires

BA 31/12/2009 00:32


Et si on s'amusait au petit jeu des prévisions ?

Voici mes prévisions pour l'année 2010 en France :

- La crise financière va connaître une seconde vague, encore plus dévastatrice que la première vague. Sarkozy sera contraint de nationaliser les banques françaises.

- La crise économique sera encore plus catastrophique en 2010 qu'en 2009 : faillites, fermetures d'usines, etc.

- La crise sociale sera un peu comme au moment des émeutes d'octobre-novembre 2005, mais en plus sanglante.

- La crise politique provoquera un changement de ligne : Sarkozy durcira sa politique sécuritaire, autoritaire, identitaire. L'ouverture à gauche sera terminée.

Voilà mes prévisions.

J'espère me tromper. J'espère vraiment me tromper.

Rendez-vous dans un an, sur ce blog, pour faire le bilan.

Bonne année, bonne santé, bon courage à tous.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jFJyhDU7TnurfC2LxWs16bPF1HDQ


BA 28/12/2009 16:17


BNP Paribas : deux dirigeants cèdent des titres.

Michel Pébereau, le président du conseil d'administration de BNP Paribas, a déclaré à l'AMF avoir cédé, le 15 décembre dernier, pour près de 3,4 millions d'euros d'action du groupe bancaire, soit
62.000 titres au prix unitaire de 54,6 euros.

Idem pour Baudouin Prot, le directeur général, qui déclare de son côté s'être allégé pour plus de deux millions d'euros d'actions du groupe bancaire français, soit 37.000 titres au prix de 54,6
euros chacun.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?num=713d98183302a0b8cd9f62c26327a36f

Quand le bateau BNP Paribas coule, les rats quittent le navire.

Michel Pébereau et Baudouin Prot ont un avantage énorme sur 99 % des citoyens français :

Michel Pébereau et Baudouin Prot connaissent l'état réel de la banque BNP Paribas.

Je dis bien : l'état réel.


BA 23/12/2009 18:44


Un million de chômeurs arriveront en fin d'indemnisation en 2010.

Un million de chômeurs épuiseront leurs droits à indemnisation en 2010, après 850.000 cette année, selon une note de Pôle emploi consultée par l'AFP. FO, la CGT et la CFTC criaient lundi 14
décembre à l'"urgence" alors que le patronat admet "un vrai sujet" mais veut "plus d'éléments pour réfléchir".

Patronat et syndicats étaient réunis pour leur négociation sur "la gestion sociale des conséquences de la crise sur l'emploi".

La question des chômeurs en fin de droits, traitée par un groupe de travail qui se réunira entre le 20 et 22 janvier, ne sera pas abordé en séance plénière avant le 26 février, a déploré Stéphane
Lardy (FO). Or, "il y a une urgence sur les fins de droit dont le nombre est en train de monter en flèche, et l'Etat est concerné".

"La problématique des fins de droit, et particulièrement des seniors va exploser dans les mois qui viennent, on demande une solution avant que ce ne soit catastrophique", a souligné Gabrielle Simon
(CFTC), déplorant un service public de l'emploi qui "ne sait réagir que quand la situation est dégradée".

Selon les chiffres de Pôle emploi, "le nombre de sorties du régime d'assurance chômage pour fin d'indemnisation est estimé à 850.000 en 2009, et 1.000.000 en 2010" et "le nombre d'entrées en
Allocation Spécifique de Solidarité est estimé à 149.000 en 2009, et 170.000 en 2010".

Moins de 20 % seraient donc éligibles à l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), environ 450 euros versés par l'Etat sous condition de ressources du ménage.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jFJyhDU7TnurfC2LxWs16bPF1HDQ

En clair :

- en 2010, un million de chômeurs arriveront en fin de droits ;

- 170 000 chômeurs auront le droit de toucher l'Allocation Spécifique de Solidarité (450 euros par mois) ;

- 830 000 chômeurs se retrouveront sans rien.

Vont-ils réagir ?

Comment vont-ils réagir ?

Que vont-ils faire ?


Oppossùm 21/12/2009 00:36


Je me joins à Sophie pour critiquer l'épouvantable présentation du blog.

Sinon, mettre les banques sous l'autorité de l'Etat, pourquoi pas ?

Bon ... il faut tout de voir ce que recouvrira le terme " d'autorité " ...
(Si les crédits sont accordés par des assimilés fonctionnaires ... ça risque d'être ... d'être ... -vous n'avez pas un mot à me prêter ?- Lol!)

Et puis tout dépend de quel Etat il s'agit ... également ... car dans le cas ou il continuerait à protéger une sorte de secteur bancaire en son sein ou bien à son compte ... et bien alors , plus
aucun "recours" ne serait possible ou imaginable !

Enfin faire de l'Etat un unique banquier centralisé du pays, c'est aussi une extraordinaire tentation pour lui d'aller, sous les pressions démagogiques, corporatistes et médiatiques, vers une
conception monétaire ne répondant nullement aux principes de base d'une monnaie saine. (Quand on voit comme il équilibre son budget et vers quel état d'endettement , pour le profit de certains, il
nous a mené !)

Bon , je dis ça, j'ai rien dit.


Jean Claude Werrebrouck 21/12/2009 10:40


Oui, je suis d'accord, le blog n'est pas très lisible et je vais essayer de l'améliorer. Malheureusement je ne suis pas très doué.
Pour le reste il faut inventer de nouvelles formes de contrôle public. cela passe par l'affaiblissement des entrepreneurs politiques qui se nourrissent de tels contrôles en termes de pouvoirs et de
reconductions au pouvoir.Cela signifie probablement une interdiction juridique de transformer le politique en simple branche d'activité susceptible de générer des carrières professionnelles:
l'activité politique ne peut être une profession. Il faut donc concecoir de nouvelles formes de démocratie. je suis d'ailleurs persuadé que cette crise débouchera, à terme, sur des bouleversements
politiques majeurs.


Sophie 20/12/2009 17:04


Ce "thème" du blog (écriture blanche sur fond noir) est quand même assez nul et les commentaires sont quasi illisibles (pas de séparation entre commentaires)
N'y aurait il pas d'autre "thèmes" chez over blog
(exemple: http://pourlecommunisme.over-blog.com/article-l-ecosocietalisme-et-moi-39692376.html )


BA 20/12/2009 15:43


Je recopie l'article concernant la FDIC dans Wikipedia :

"Le Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) est une agence fédérale américaine dont la principale responsabilité est de garantir les dépôts bancaires faits aux États-Unis, jusqu'à concurrence
de 200 000 dollars en 2009."

Quand une banque fait faillite, la FDIC rembourse à chaque client le montant de ses dépôts.

Problème : aux Etats-Unis, les banques sont de plus en plus nombreuses à faire faillite.

Conséquence : la FDIC a voté un budget 2010 en augmentation de 55 % par rapport à 2009.

La FDIC se prépare à subir une année 2010 encore plus catastrophique concernant le nombre de banques en faillite.

La FDIC a même prévu d'embaucher 1 643 collaborateurs supplémentaires en 2010.

En clair : la FDIC se prépare d'ores et déjà à la deuxième crise financière.

"Le nouveau budget garantit que nous soyons bien préparés pour traiter un nombre encore supérieur de fermetures bancaires l'année prochaine, si cela devait être nécessaire, et de fournir un suivi
pour un nombre accru d'institutions en difficulté."

"Le budget opérationnel va s'accroître de plus de 1,4 milliards (55 %) par rapport à 2009, principalement en raison du cycle de faillites bancaires."

"Le comité a également approuvé l'accroissement du nombre de collaborateurs en 2010 qui atteindront le chiffre de 8 653 à la place des 7 010 que comptait la FDIC en 2009. La quasi totalité de ces
employés seront embauchés sur une base temporaire. Ils seront engagés principalement pour aider à la fermeture de banques; d'assurer le suivi relatif à la gestion et à la vente des actifs des
banques fermées ".

http://faillitesbancairesusa.over-blog.com/article-suivi-hebdomadaire-des-faillites-semaine-du-vendredi-18-decembre-2009-41467347.html


Sophie 19/12/2009 11:04


100 fois d'accord avec vous. Rejoignez-vous les propositions d'Allais sur ce sujet de la création monétaire ? (je suppose qu'on peut approuver certaines de ses propositions et pas d'autres).

Je suppose que vous avez lu son article sur Marianne (sinon, vous le trouvez ici: http://tinyurl.com/yeu2mo5 )

J'ai mis en lien "votre site" , non pas "mon site" (je n'en ai pas) mais un site que j'aime beaucoup "Dette et monnaie"


BA 18/12/2009 10:32


Etats-Unis : les défauts de paiement atteignent des niveaux jamais vus.

En 2010, les banques américaines vont subir un deuxième tsunami : le tsunami des défauts de paiement.

Regardez ces graphiques incroyables : ce sont les taux de défaut de paiement aux Etats-Unis.

- Taux de défaut sur les prêts pour l'achat de maisons individuelles :

http://www.crisedusiecle.fr/usa-problemes-credits-detail-CO6.html

- Taux de défaut sur les prêts à la consommation :

http://www.crisedusiecle.fr/usa-problemes-credits-detail-CO5.html

- Taux de défaut sur les cartes de crédit :

http://www.crisedusiecle.fr/usa-problemes-credits-detail-CO8.html

- Taux de défaut sur les prêts aux entreprises :

http://www.crisedusiecle.fr/usa-problemes-credits-detail-CO3.html
 
- Taux de défaut de paiement sur tous les prêts :
 
http://www.crisedusiecle.fr/usa-problemes-credits-detail-CO1.html


BA 16/12/2009 23:26


Mercredi 16 décembre 2009 : aux Etats-Unis, les pertes totales de crédit pour les banques seront comprises entre 2 100 et 2 600 milliards de dollars.

Pour l’instant, les banques américaines n’ont perdu que 1 600 milliards de dollars.

Il leur reste donc encore un tiers de pertes à reconnaître dans les mois qui viennent.

Il leur reste donc entre 500 et 1000 milliards de dollars d’actifs pourris dans leurs bilans.

Ce sont de soi-disant " actifs ", mais en réalité ce sont des actifs pourris. Ce sont des crédits qu’elles ont accordés, mais qu’elles ne récupèreront jamais. Ce sont des créances irrécouvrables.
Leur valeur réelle est égale à zéro.

Lisez cet article :

Les établissements financiers ne sont pas sortis d’affaire.

Les pertes liées à l’immobilier commercial continuent de peser sur les banques qui tiennent toujours serrés les cordons du crédit.

Depuis le début de la crise, les banques américaines ont perdu 1.600 milliards de dollars selon Goldman Sachs.

Mais ce n’est pas fini : ce dernier estime entre 2.100 et 2.600 milliards de dollars les pertes totales de crédit pour le secteur… Ce qui veut dire qu’il resterait encore un tiers de pertes à
reconnaître.

http://www.lesechos.fr/info/finance/020270790461-les-etablissements-financiers-ne-sont-pas-sortis-d-affaire.htm

Et en France ?

Combien de centaines de milliards d’euros d’actifs pourris les banques françaises possèdent-elles ?


ULTEC 11/12/2009 19:18


Merci Mr Werrebrouck pour cet article parfaitement éclairant pour qui, comme moi, n'est en rien compétent en la matière. Simple citoyen, j'essaie de comprendre, et vous m'y aidez, comme aussi le
blog de Paul Jorion où vous contribuez de temps à autre. La rupture que vous appelez épistémologique n'aura un coût psychologique que pour une poignée d'irréductibles prédateurs. Pour les autres,
nous tous, ce sera un grand bol d'oxygène! En effet, si rien d'important n'est entrepris par les pouvoirs publics, le poids de la dette qui pèse sur nos têtes et celle de nos enfants sera tel qu'un
tsunami social pourrait bien advenir. Mais les entrepreneurs politiques se sentent encore en mesure de différer (pour combien de temps) les prises de décision radicales. Le réchauffement climatique
est certes grave, mais la bombe sociale me semble-t-il est un danger tout aussi certain. Mais ... peut-être se disent-ils que la révolution verte offrirait l'occasion de repartir comme avant :
croissance verte, oui bien sûr, mais surtout croissance! Ne rien bouger de fondamental et voir si le vert redonnera un second souffle à la machine économique. Je me dis ça ...Quant à une plus juste
répartition des profits et une économie de la croissance en humanité ... c'est bien là le plus grand des bouleversements épistémologiques totalement inaccessible aux pouvoirs de toute nature qu'ils
soient.


Présentation

  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
  • Contact

Recherche