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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:47

L’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard,  propose de sanctionner les  « petits un peu ronds » , encombrants passagers clandestins du navire Euro. Puisqu’il est impossible de les amincir par des progrès rapides de productivité, leur permettant tout à la fois de rétablir l’équilibre extérieur, le plein emploi et l’équilibre des comptes publics, il faut en monnaie unique, passer par une dévaluation interne.

Le schéma proposé est ambitieux. Puisque la monnaie unique interdit toute manipulation de la valeur externe de la monnaie, il est urgent  de procéder à une révolution des prix internes. Concrètement il s’agit d’une déflation imposée et généralisée des prix, et si possible déflation coordonnée pour assurer l’homothétie du recul. Plus concrètement encore il est proposé une baisse générale, par exemple de 30%, de tous les prix,  salaires, loyers, transferts sociaux, retraites,  etc.

Il s’agirait bien d’une dévaluation puisqu’il y aurait diminution du pouvoir d’achat international des résidents, en particulier celui les salariés. En même temps, la capacité exportatrice augmenterait en raison de la baisse du niveau général des coûts et des  prix. Et, en principe, l’évolution positive du solde commercial serait porteuse d’un ré enclenchement dynamique de la demande globale, et donc porteuse d’emplois nouveaux. Jacques Delpla voit dans cette proposition, un keynésianisme d’un genre sans doute nouveau, marqué par le double sceau de l’acceptabilité politique (hypothèse d’homothétie dans la déflation et donc d’équité) et de l’efficience économique ( ajustement plus rapide que les politiques traditionnelles de rigueur).

Remarquant toutefois que le poids relatif du stock de dettes serait accru dans les mêmes proportions, il propose à enveloppe constante des budgets bruxellois, un redéploiement  des fonds structurels et de la  politique agricole commune vers les « petits un peu ronds » soumis à la dévaluation interne . On peut imaginer que les dettes privées pourraient également bénéficier de ce redéploiement.

Un tel projet laisse place à de lourdes interrogations.

Tout d’abord il semble bien qu’il s’agit d’une déflation organisée. Cela signifie le rétablissement d’un contrôle des prix avec toutes les difficultés correspondantes. D’abord la mise en place d’une bureaucratie nouvelle chargée du contrôle et de la gestion des litiges. Mais aussi d’inextricables difficultés d’application : dans quelle mesure les prix des marchandises, dont le contenu en input importations  est infiniment variable, doivent ils baisser au même rythme que les marchandises locales ? Faut-il établir des barèmes en fonction du contenu importations de marchandises pourtant produites localement ? Plus encore, faut-il prévoir une diminution des prix des crédits nouveaux, ce qui suppose le contrôle des banques et donc du taux de l’intérêt ? La baisse des salaires pourra t-elle être uniforme ? Et surtout peut-on sérieusement imposer une telle baisse, sans voire apparaitre de gigantesques comportements opportunistes, comme dans le cas des heures supplémentaires à la française dans le cadre de la loi « TEPA » ? La liste des questions n’est évidement pas exhaustive, et seule la mise en pratique peut faire apparaitre l’étendue des problèmes, notamment l’étendue imprévisible d’externalités elles mêmes imprévisibles. Levitt et Dubner (cf « Superfreakonomics ») et plus généralement les bons connaisseurs de la micro économie savent à quel point toute intervention développe des conséquences pour le moins inattendues.

Mais au-delà, une question fondamentale se doit d’être évoquée. Si tous les prix diminuent ,  il est logique que la valeur du stock d’actifs financiers soit rognée dans le mêmes proportions. Pourquoi  jacques Delpla semble soucieux de ne pas déflater  la dette existante, et en contre partie  mobiliser à ce titre les fonds européens devenant indisponibles par ailleurs ? Le coût d’opportunité d’un tel choix a-t-il fait l’objet d’évaluation ?  Pourquoi faut-il ainsi « sacraliser » la dette existante ? Et la réponse consistant à dire qu’une bonne partie de la dette est détenue par des non résidents est insuffisante car l’autre partie est détenue par des résidents  qui eux – mais pour quelle raison ?- ne seraient pas soumis à la même déflation. Pourquoi faudrait-il ainsi créer 2 catégories de résidents, les titulaires de la rente s’opposant à tous les autres ?

Mieux, attendu que durant la période de déflation autoritaire, il faudrait continuer à assurer la gestion de la dette publique avec les moyens habituels des agences des Trésors, lesquels passent toujours par des adjudications, faut-il penser que les dites adjudications seraient « déflatées » comme les autres prix ? En clair les agences pourraient-elles imposer le prix de la dette souveraine nouvelle en imposant un taux ? Dans quel Traité de Sciences Economiques à t-on pu lire qu’un acteur de marché -fusse t-il en situation de monopole- pouvait simultanément fixer, et les quantités, et les prix ?

Les dérapages des économistes qui –très imprudemment -se déclarent  libéraux sont saisissants : au nom de l’ajustement et donc du marché, certains sont prêts à restaurer un ordre, à tout le moins autoritaire, porteur de bien des déconvenues.  Comme quoi il est difficile de sacraliser l’ordre spontané de Hayek en édifiant un ordre organisé. Comme quoi il est difficile de conserver le cercle si on le transforme en carré.

Mais s’agit-il par la voie de l’autorité, de protéger des marchés libres, ou plutôt de protéger les ardeurs prédatrices de la rente ?

Car enfin, il est une façon plus simple pour  sortir de l’étau les « petits un peu ronds », et ce peut-être sans même renoncer à la monnaie unique : rétablir une  souveraineté monétaire dont ce blog se fait l’ardent défenseur.

La rencontre européenne des marchés politiques nationaux a débouché sur le drame de la dénationalisation monétaire dans les années 80 et 90. Bien des mises en gardes furent étouffées dans le climat idéologique de ces  années , climat porteur de sacralisation. Et la Raison – comme toujours  et partout- s’est effacée devant le nouvel objet sacré . C’est que rien ne peut être entrepris contre le sacré. La violence de ce que certains commencent à appeler – à très juste titre - la « grande crise » met à nu – peut-être plus rapidement que prévu- les incohérences des choix nationaux et européens qui furent promulgués. Et les adeptes de la dénationalisation monétaire sont aujourd’hui terrorisés par l’énormité des conséquences résultants des décisions des années 90. Face à l’énormité des coûts associés au démantèlement de la zone euro ces mêmes adeptes poursuivent leur fuite en avant en imaginant des dévaluations internes abracadabrantesques. Et bien évidemment, les entreprises politiques sont encore bien plus démunies devant l’épaisseur du brouillard.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans la zone euro
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commentaires

François78 24/03/2010 09:56


Est ce que quelqu'un s'est penché sur la possibilité d'avoir deux monnaies : l'une intérieure par exemple le Franc (pour payer les salaires, les biens de consommation, les loyers ...), et l'autre
extérieure, par exemple l'Euro (pour les biens importés, pour remplir les obligations internationales ...) ?

Il y aurait bien sûr un taux de conversion variable (flottant ou fixé par l'état), permettant des dévalutions "à l'anciennne".

A moins que cette idée ne soit complètement débile ? Mais il me semble avoir lu bien pire, écrit de la main "d'experts" reconnnus.


Jean Claude Werrebrouck 24/03/2010 13:58


Oui bien sûr. c'était l'idée de monnaie commune défendue par nombre d'économistes.Il s'agit d'un système effectivement plus souple et plus réaliste. Nous y reviendrons peut-être.


A-J Holbecq 13/03/2010 11:49


Je ne le vois pas ... mystères de l'informatique.
Mon email est ajholbecq(at)gmail.com

Mais le principal est que nous soyons d'accord ;)


A-J Holbecq 13/03/2010 09:34


Bonjour

Vous rétorquez avec raison "Ce qui me gène par rapport à la masse monétaire c'est que l'intervention de la BCE apparait comme un "plus" "

Sur la quantité de monnaie globale en circulation: si la BCE émets pour la zone euro disons 1000 milliards par an pour l'achat de nouveaux titres de dette pour remplacer ceux arrivant à échéance,
elle peut très facilement, (puisque c'est son rôle d'ailleurs)réguler à concurrence la possibilité de création monétaire par les banques commerciales (taux refi, taux de R.O.), afin que la quantité
totale M3 reste constante ou ne varie que selon ses critères (4,5% par an ;) )

Cordialement

A-J Holbecq


Jean Claude Werrebrouck 13/03/2010 10:00


Oui, alors je suis complètement d'accord avec vous. Et votre proposition est bien ce que je disais dans mon mail (que vous n'avez apparemment pas reçu) à savoir un début de resouveraineté monétaire
et d'élimination de la rente.
Cordialement.


A-J Holbecq 12/03/2010 19:45


Je rajoute que je suis entièrement d'accord avec votre phrase " Alors que le problème est qu'il ne peut y avoir de monnaie unique dans un espace qui restera hétérogène, à moins de créer un grand
État redistributif. "

J'essaye seulement de trouver une "porte de sortie" sans proposer de faire éclater la zone euro... ce qui serait peut être la solution à envisager si rien d'autre ne fonctionne.


Jean Claude Werrebrouck 13/03/2010 09:18


Oui , je reviens sur mon commentaire précédent que vous avez du recevoir par mail. Ce qui me gène par rapport à la masse monétaire c'est que l'intervention de la BCE apparait comme un "plus" qui
peut très bien s'accompagner d'une non modification du comportement des Etats. C'est d'ailleurs ce qui doit génér l'Allemegne aujourd'hui qui pense qu'une aide ne pourra que renforcer les
comportements opportunistes.
A nouveau bon week-end.


A-J Holbecq 12/03/2010 18:08


Bonjour

On m'a suggéré de passer par ici ;) .. mais je ne loupe jamais un de vos articles que je relaie d'ailleurs souvent sur mon autre site http://wiki.societal.org/

Je me permets de répondre à votre réponse à JPD.
Je ne vois pas les choses tout à fait comme vous les présentez.

Admettons (on ne doit pas être loin de la réalité puisque la maturité moyenne des OAT est de 7 ans) que tous les ans 150 milliards d'obligations arrivent à échéance. Dans ma proposition la BCE
monétise de nouvelles obligations de l'Etat français pour ce même montant. L'Etat peut donc rembourser aux détenteurs les obligations arrivant à échéance.

La conséquence directe est que la BCE détient des OAT (qui peuvent être à 50 ou 99 ans), et que même si ces OAT sont émises avec un taux de 1% ces intérêts tombent en Banque Centrale et reviennent
donc à la banque de France et donc in fine à l'état (en imaginant que tous les pays de l'eurozone font de même au prorata de leur participation dans la BCE).

la question reste celle de savoir s'il s'agit de "monnaie supplémentaire" . A mon avis non, puisque - en raisonnant par l'absurde - si les choses restaient telles que maintenant, l'État n'a d'autre
solution pour rembourser ces 150 milliards que d'émettre de nouvelles obligations pour rembourser les anciennes. Comme toute monnaie est bien "monnaie de crédit", l'origine de ces nouvelles
obligations est bien dans un crédit bancaire "quelque part". La quantité de monnaie reste identique dans les deux hypothèses et je dirais que "ma" proposition aurait pour conséquence moins
d'émission monétaire puisqu'il ne faudrait pas, par la suite, émettre de la monnaie supplémentaire qui sera placée en nouvelles obligations émises pour le paiement de ces intérêts. J'espère que je
suis clair.

j'avais proposé à mes amis la simple insertion d'un article 123/3 au traité de Lisbonne. Cet article pourrait être formulé de la manière suivante

"123/3 - Par exception au paragraphe 1, un seul établissement de crédit nommément désigné pour chaque État peut obtenir de la part de la Banque Centrale Européenne les fonds correspondants aux
obligations d'État déposés en contrepartie, pour une utilisation exclusive d'investissements reconnus d'utilité publique ou collective, dans des domaines d'application dont la liste aura été
préalablement définie et votée par le parlement de chaque État. Le taux d'intérêt appliqué à cette émission monétaire sera celui dit "de refinancement" appliqué aux établissements de crédit
privés."

Évidemment, cet intérêt reviendrait dans un "pot commun" et serait repartagé au prorata des parts de chaque État de la zone euro: un État qui emprunterait proportionnellement "trop" serait donc
redevable d'une partie des intérêts qu'il ne récupérerait pas.

Votre critique éventuelle est bienvenue

Cordialement

A-J Holbecq


JPD 12/03/2010 08:54


En réponse à votre commentaire http://www.pauljorion.com/blog/?p=9014#comment-63998 j'avais posté la réponse suivante sur le blog de Jorion, vous demandant votre avis. Mon commentaire a été effacé
(censuré, disons-le) sans aucune justification.

" JPD dit :
Votre commentaire est en attente de modération
11 mars 2010 à 18:32

André-Jean Holbeck soutient que la solution « à la dette » est en fait très simple. Il suffirait, à échéance des titres, de faire racheter ceux ci par la Banque Centrale (BCE) .. ils seraient ainsi
« stockés » dans des obligations sans limite réelle de durée ou de durée très longue ( emphytéotique ) et personne – des détenteurs actuels – ne serait lésé.
Bien évidemment, les Banques Centrales Nationales étant participantes de la BCE, si les rachats sont au prorata des parts dans la BCE il n’y a strictement aucune nécessité de payer des
intérêts.
En quelques années la dette serait transférée ainsi aux banques centrales et, pour les monétaristes, ils n’auraient rien à dire puisque la quantité de monnaie resterait la même.
Bien évidemment, ceci impose de revoir certains articles du Traité de Lisbonne (Art 123)
Qu’en pensez vous ?
"


Jean Claude Werrebrouck 12/03/2010 11:19


Merci pour votre commentaire.
cette opération revient à monétiser la dette puisque des comptes seront crédités au titre du paiement des titres. Du point de vue des Etats il faudrait fixer la règle de "rachat par la banque
centrale pour solde de tout compte". Sans cette règle il y aurait création nette de monnaie. Cela suppose par conséquent d'imposer aux Etats , pour le futur, le respect de l'équilibre budgétaire.
Je crois qu'un tel dispositif est plutôt un "one shot" qui favoriserait in finé "les grands minces" selon mon expression. Alors que le problème est qu'il ne peut y avoir de monnaie unique dans un
espace qui restera hétérogène, à moins de créer un grand Etat redistributif.
Mais l'idée de Holbeck est sans doute à creuser.
Bien à vous.


BA 04/03/2010 21:00


Jeudi 4 mars 2010 :

Grèce : la grogne sociale monte, le gouvernement évoque un recours au FMI.

La mobilisation s'est amplifiée jeudi en Grèce contre les mesures d'austérité annoncées la veille par le gouvernement, qui n'a pas exclu un "recours au Fonds monétaire international" pour éviter la
faillite.

Au fil de la journée, les annonces de grève de 24H ou arrêts de travail pour vendredi 5 mars n'ont cessé de tomber : le trafic des aéroports grecs sera ainsi paralysé de 12h à 16H locales (10H-14H
GMT), les transports terrestres perturbés, et les écoles primaires et secondaires fermées.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui doit recevoir vendredi M. Papandréou va lui dire "très clairement" que la Grèce doit résoudre elle-même ses problèmes budgétaires, a de son côté affirmé
le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle.

"Nous devons être fidèles au principe selon lequel chaque pays doit résoudre ses propres problèmes", a-t-il ajouté.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=3ee623625c2c3f3c92581302087658fa


BA 04/03/2010 08:46


Mercredi 3 mars 2010 :

Eric Woerth : pas de plan de sauvetage franco-allemand pour la Grèce.

La Grèce n'a pas demandé à ses partenaires européens de lui apporter une aide financière, et la France et l'Allemagne n'ont pas élaboré de plan de sauvetage pour le pays, a déclaré le ministre du
Budget mercredi.

"Aujourd'hui, il n'y en a pas", a indiqué Eric Woerth lors d'un entretien sur France Inter.

Il a précisé que la Grèce avait uniquement demandé la coopération et un soutien politique de la part de l'Union européenne.

http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/woerth-pas-de-plan-de-sauvetage-franco-allemand-pour-la-grece-229801.php


BA 03/03/2010 21:38


L'Allemagne ne proposera aucune aide à la Grèce vendredi.

BERLIN, 3 mars (Reuters) - L'Allemagne ne fera aucune offre d'aide à la Grèce vendredi, qui est le jour prévu de la rencontre la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre grec George
Papandréou à Berlin, a déclaré mercredi Angela Merkel.

La chancelière allemande discutera vendredi de la mise en oeuvre de ces mesures avec le Premier ministre grec. "Je précise qu'il ne s'agit pas de proposer des aides pour la Grèce lors de cette
entrevue, mais d'entretenir les bonnes relations entre l'Allemagne et la Grèce." a précisé Angela Merkel, ajoutant que la Grèce n'avait pas d'autre choix que "d'accomplir son propre travai".

Face aux pressions de l'Union Européenne et des marchés, le gouvernement grec a décidé de prendre de nouvelles mesures d'austérité qui devraient générer 4,8 milliards d'euros d'économies, soit 2 %
du PIB.

Le ministre des finances allemand Wolfgang Schauble a jugé que cette décision allait dans le bon sens. "Les Grecs prennent ainsi leur responsabilité face à l'Europe et à la monnaie unique" a-t-il
déclaré. "Il est maintenant décisif que la Grèce mette en place rapidement ces mesures d'austérité. Cela devrait immédiatement renforcer la confiance des marchés et la Grèce pourra se refinancer
sur ces marchés" a-t-il assuré.

A l'image de leurs dirigeants, la majorité des Allemands sont, à en croire des sondages, hostiles à un renflouement de la Grèce par les contribuables.

Cependant, quelques voix s'élèvent désormais pour reconnaître que l'intervention de Berlin ou de Paris pourrait être nécessaire pour sauver l'euro et la Grèce de la faillite.

Officieusement, des discussions ont lieu entre les gouvernements de la zone euro sur les différentes manières d'aider la Grèce si nécessaire, ont affirmé des sources européennes.


http://www.lesechos.fr/info/inter/reuters_00234964-l-allemagne-ne-proposera-aucune-aide-a-la-grece-vendredi.htm


BA 03/03/2010 15:52


Mercredi 3 mars 2010 :

La Grèce pourrait faire appel au FMI.

La Grèce pourrait faire appel au Fonds monétaire international (FMI) si l'Union européenne ne l'aide pas financièrement, a déclaré mercredi 3 mars le Premier ministre grec Georges Papandréou, cité
par l'agence de presse ANA.

Georges Papandréou "a laissé ouverte l'éventualité d'un recours au FMI, si l'UE ne soutenait pas le pays financièrement", a indiqué l'ANA. Néanmoins, l'UE a tout de suite affiché sa "solidarité" à
la Grèce.

Cette déclaration a été faite lors d'un conseil ministériel consacré à de nouvelles mesures d'austérité. A l'issue de ce conseil, Georges Papandréou a indiqué que "le peuple grec attendait la
solidarité de l'Europe". "Il s'agit de l'autre partie de l'accord (avec l'UE)", a-t-il déclaré.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/20100303.OBS8618/la_grece_pourrait_faire_appel_au_fmi.html


BA 01/03/2010 13:35


Dimanche 28 février 2010 :

Angela Merkel exclut toute aide financière allemande à la Grèce.

La chancelière allemande Angela Merkel a exclu dimanche toute aide financière de son pays à la Grèce, tout en se félicitant des mesures prises par Athènes pour résorber son large déficit
budgétaire.

La chancelière a également rejeté l’idée d’un soutien bancaire à la Grèce, obtenu par des garanties d’Etat, estimant que cela reviendrait au même qu’une aide étatique directe à la Grèce.

http://www.romandie.com/infos/news2/100228185040.mt9ss045.asp


BA 28/02/2010 20:48


Dimanche 28 février 2010 :

L'euro confronté à des difficultés sans précédent, selon Merkel.

La monnaie unique européenne traverse actuellement la phase la plus difficile depuis sa création il y a une dizaine d'années, et il est essentiel que la Grèce s'attaque à l'origine de ses problèmes
pour rétablir la confiance, a estimé la chancelière allemande Angela Merkel.

Dans une interview accordée dimanche à la télévision allemande ARD, elle a par ailleurs souligné qu'aucune décision n'avait été prise pour le moment concernant le déblocage d'une aide financière
pour la Grèce, confrontée à une forte hausse de sa dette et de ses déficits.

"L'euro traverse certainement la phase la plus difficile depuis sa création", a déclaré la dirigeante allemande dans une interview qui doit être diffusée dans le courant de la journée.

"Et c'est la raison pour laquelle il est si important que nous soyons conscients du fait que, d'une part il s'agit de notre devise commune, et d'autre part, qu'il est nécessaire de véritablement
s'attaquer à la cause des problème à leurs racines", a-t-elle dit.

La chancelière a démenti les informations rapportées par les médias allemands selon lesquelles le gouvernement allemand aurait prévu une enveloppe dans son budget 2010 pour une éventuelle aide à la
Grèce.

"Ce n'est absolument pas le cas. Nous avons un traité qui n'inclut pas de disposition pour aider les Etats, pour les sortir du pétrin. La meilleure façon d'aider la Grèce pour le moment est de dire
clairement que la Grèce doit faire sa part du travail, comme elle le fait en ce moment", a-t-elle dit.

Elle a indiqué que la Commission européenne menait une inspection en Grèce afin de s'assurer que les mesures nécessaires soient prises et précisé qu'aucune nouvelle décision n'avait été prise
concernant le déblocage d'une aide.

"Il n'y a eu absolument aucune autre décision de prise. Je voudrais le dire clairement", a-t-elle déclaré. "La Grèce doit faire ce qui est nécessaire pour la Grèce. Mais c'est également important
pour nous tous".

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE61R0JU20100228


BA 28/02/2010 08:29


Samedi 27 février 2010 :

Berlin dément l’existence d’un accord pour aider la Grèce.

Un responsable allemand a démenti les informations d’un journal grec selon lesquelles l’Allemagne et la France auraient accepté d’aider la Grèce à vendre des obligations grecques en échange
d’importants efforts d’Athènes pour réduire son déficit budgétaire.

Les ministères grec et français des Finances et la Commission européenne se sont refusés à tout commentaire sur ces informations.

Le journal grec Ta Nea écrit, en citant des sources bancaires et des responsables non identifiés, que la banque publique allemande KfW achètera des obligations grecques ou fournira des garanties
pour que d’autres banques en achètent.

La Caisse des Dépôts française sera aussi impliquée dans cette aide, écrit Ta Nea, ajoutant que le président Nicolas Sarkozy en a discuté par téléphone avec le Premier ministre grec Georges
Papandreou. Contacté à Paris, l’Elysée n’a pas fait de commentaires.

En échange, le gouvernement grec aurait accepté de prendre des mesures d’austérité supplémentaires représentant quatre milliards d’euros afin d’atteindre son objectif de réduire son déficit
budgétaire de quatre points cette année, ajoute le journal.

Un haut responsable allemand, qui a requis l’anonymat, a démenti l’existence d’un tel accord. « Non, ces informations sont absurdes », a-t-il dit.

Une source parlementaire allemande a néanmoins dit à Reuters que le gouvernement préparait des dispositions budgétaires d’urgence en vue d’une aide possible à la Grèce. Le ministère des Finances
l’a démenti.

Face à une opinion publique allemande très hostile à une aide à la Grèce, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel s’est borné à une vague promesse de prendre « si nécessaire » des mesures
pour assurer la stabilité financière.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=5c63bb46744b57f7d1dbc002de9ea125


charles 27/02/2010 19:40


Cher Jean-Claude Werrebrouck,
A la lecture de vos commentaires, je voudrais simplement vous signaler que l'idée de l'euro-bond a été lancée par Guy Verhofstadt
dans un livre paru en janvier 2009 et disponible en traduction francaise: Sortir de crise : Comment l'Europe peut sauver le monde de Guy Verhofstadt ( Actes Sud )
D'autre part, parageant votre analyse, vous signaler que nombreux à l'exception des "entrepreneurs politiques" et des directeurs de la BCE se triturent les méninges, depuis la proposition de
Daniel
Gros
et Thomas Mayer d'un Fonds monétaire européen, débat qui peut etre
suivi sur le blog de THE ECONOMIST, Free Exchange: http://www.economist.com/blogs/freeexchange/2010/02/emf_roundtable_9
et enfin attirer votre attention sur cette analyse de David Rosenberg sur la taille du 'nuage' en Europe que personne ne semble évaluer avec précision ( ames sensibles s' abstenir ) :"The
global
economy is set to cool off. Not only is China and India warding off inflation with credit tightening measures but most of the fiscal and monetary stimulus thrust in the U.S.A. and Canada is
behind
us as well. And, the fiscal tourniquet is about to be applied in many parts of Europe, especially the PIIGS (referring to Portugal, Ireland, Italy, Greece and Spain — these countries account for
a
nontrivial 37% of Eurozone GDP). Greece’s GDP has already contracted by 3.0% YoY, as of Q4, and is expected to contract 1.1% in 2010 and 0.3% in 2011 as a 13% deficit-to-GDP ratio is sliced
from
13% to 3% (assuming this fiscal goal can be achieved politically). Portugal has a 9.2% deficit-to-GDP ratio that is in need of repair and Spain has a deficit ratio that is even worse, at 11.4%
of
GDP.

The bottom line is that even if the fiscally-challenged countries of Europe do not end up defaulting, or leaving the Union, the reality is that they will have to take draconian measures to meet
their financial obligations. Devaluation was the answer in the past in Greece but it cannot rely on that quick fix this time around without leaving EMU and if it did, then that could make it
even
harder to service its Euro-denominated debts — at least not without a restructuring. And, if Greece did attempt at a debt restructuring, rest assured that Italy, Spain, Portugal and Ireland
would
be next — we are talking about a combined $2 trillion of potential sovereign debt restructuring that would more than triple the $600 billion direct cost of the Lehman bankruptcy."
http://www.zerohedge.com/article/what-do-rising-sovereign-credit-default-swaps-mean


Jean Claude Werrebrouck 28/02/2010 09:47


Merci pour votre commentaire et les noms que vous indiquez.
Je crois qu'à quelques exceptions près, le problème que nous rencontrons dans les analyses et les décisions auxquelles elles conduisent est aussi l'incroyable insuffisante culture générale des
économistes. En particulier s'agissant de l'euro, si les décideurs avaient eu eu en tête autre chose que ce que l'on trouve dans les manuels  sur la nature de la monnaie, peut-être y aurait
-il eu des décisions plus prudentes. Mais cela passait par une grande connaissance de l'histoire monétaire et surtout une bonne culture ethnologique: comment la monnaie est-elle apparue
et pourquoi?


HERAN 26/02/2010 20:03


Bonjour,

Sans vouloir être provocateur, la suggestion de retour aux monnaies nationales en Europe sent un peu le réchauffé, peut-être moins que le retour à la déflation , type DELPLA,dans les pays du
GIPEC.Il semble qu'on prend le chemin d'un relative déclassement de l'Europe face à des nations continents. Que pèsera l'Allemagne seule face à des nations continents et à fortiori la France ? Ces
nations continents pourront imposer des décisions économiques et sociales auxquelles les nations européennes seules ne pouurront résister. Si la zone euro est une zone monétaire allemande de faible
inflation et de faible croissance, le retour aux souverainetés monétaires nationales ne semble pas pour moi une solution immédiate pour lutter efficacement contre le chômage contenu de l'ouverture
des marchés financiers européens et du poids significatf du commerce exterieur.
Il me semble que même avec un retour à un marché financier français cloisonné réglementé comme dans les années 70, contenu du poids du commerce extérieur, une politique de relance nationale
aboutirait à une impasse comme l'a montré l'expérience socialiste des années 80.
Je me demande pourtant finalement, pour paraphraser un essai brillant d'Alain Minc après la chute du mur de Berlin, si nous n'assistons pas à la vengence des nations, notamment en Europe, avec la
possibilité d'un éclatement de la zone euro .


BA 26/02/2010 14:26


Quoi que l'on pense des dirigeants politiques grecs,

Quoi que l'on pense des socialistes grecs,

Quoi que l'on pense des conservateurs grecs,

Chacun d'entre nous peut être sensible au discours historique de George Papandreou devant le Parlement grec.

Ce discours est poignant. Ce discours est pathétique. Ce discours est tragique.

Aujourd'hui, la Grèce se retrouve seule, complètement seule.

Aujourd'hui, devant le Parlement, le Premier ministre grec a prononcé ces deux phrases extraordinaires :

1- "Aucun autre pays ne paiera pour nos dettes. Personne d'autre que nous ne peut résoudre le problème."

2- "Notre devoir est d'oublier le coût politique et de penser à la survie de la patrie."

Ce discours est historique.


http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=6608b5176b7170687705720ef62096d5


BA 26/02/2010 11:39


Vendredi 26 février 2010 :

Selon le Financial Times Deutschland, les banques allemandes ne souscriront pas aux obligations que la Grèce va émettre en février et en mars. Le plus important dans cette information, c'est ceci
:

les banques allemandes nationales ne veulent pas souscrire aux obligations grecques, mais les banques régionales ne veulent pas souscrire elles non plus.

Lisez cet article très inquiétant pour la Grèce :

Les banques allemandes évitent la dette grecque.

Eurohypo et Hypo Real Estate, les deux premières banques allemandes spécialisées dans les financements publics, ne souscriront pas aux obligations que doit émettre prochainement la Grèce, écrit le
Financial Times Deutschland vendredi.

Deutsche Postbank compte pareillement s'abstenir, ajoute le quotidien financier, citant des sources et des banques.

La Grèce doit émettre un nouvel emprunt cette année, peut-être ce mois-ci ou début mars. Elle doit lever une vingtaine de milliards d'euros pour couvrir des échéances en avril et en mai.

Deutsche Bank ne veut participer au placement qu'en tant que banque d'investissement, mais ne veut pas elle non plus souscrire aux obligations, écrit encore le FTD.

Il ajoute que les plus grosses banques régionales, comme BayernLB et Landesbank Baden-Württemberg, se sont abstenues de tout commentaire. Mais selon des sources des banques régionales, il est
devenu quasiment impensable d'investir dans la dette grecque, observe le quotidien.

La Grèce est le premier pays à avoir sollicité un engagement politique de soutien depuis qu'existe l'union monétaire, les craintes entourant sa situation financière ayant déclenché une attaque des
marchés, qui a plombé l'euro et provoqué une forte hausse des rendements obligataires du pays, rendant le service de la dette encore plus difficile.

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE61P08H20100226


BA 25/02/2010 23:50


Jeudi 25 février 2010 :

Le marché obligataire européen a continué de progresser jeudi profitant de nouvelles déceptions sur l'économie américaine mais surtout d'un regain de méfiance sur la capacité de la Grèce à
appliquer son plan de redressement budgétaire.

Le rendement de l'emprunt grec à 10 ans a progressé, signe d'une nervosité des marchés et surtout de leur méfiance sur l'avenir financier de la Grèce.

L'obligation grecque affichait un rendement de 6,640 % à 18H00 HEC (17H00 GMT), soit une progression de 13 points de base par rapport à 6,51% la veille.

Les commentaires de l'agence de notation financière Standard & Poor's indiquant que la note souveraine de la Grèce pourrait à nouveau être abaissée "d'ici un mois", ont ajouté à
l'inquiétude.

Inquiétude mesurée aussi par l'écart (le spread) qui s'établissait entre le Bund allemand et l'obligation grecque à 354 points : la Grèce doit offrir un surplus de rémunération de 3,54 % par
rapport à l'Allemagne pour attirer des investisseurs.

http://www.romandie.com/infos/news/201002251925040AWP.asp

Le spread n'arrête pas d'augmenter depuis le jeudi 11 février.

Jeudi 11 février : 273 points.
Vendredi 12 février : 292 points.
Lundi 15 février : 305 points.
Mardi 16 février : 339 points.
Mercredi 17 février : 320 points.
Jeudi 25 février : 354 points.

Concrètement : pour emprunter à 10 ans sur les marchés, l'Allemagne emprunte à un taux de 3,099 %.

En revanche, depuis le jeudi 11 février, la Grèce est obligée de payer de plus en plus cher lorsqu'elle emprunte sur les marchés. La Grèce doit aujourd'hui emprunter à un taux de 6,64 %.

Pour la Grèce, c'est une véritable tragédie.

La situation de la Grèce devient de pire en pire.


François78 25/02/2010 16:38


Extraordinaire. Je ne suis pas économiste du tout, encore moins économiste en chef du FMI, pour tout dire ,je suis un béotien. Mais j'ai eu la même idée que Monsieur Blanchard, avant de la réjeter
devant les mêmes objections que vous formulez aux deux premiers paragraphes de votre billet, situés après l'intitulé "un tel projet laisse place à de lourdes interrogations"
Je voulais reprendre des études d'économie, mais je crois que je ferais mieux de m'abstenir ..
.


BA 25/02/2010 11:40


Olivier Blanchard propose une recette miracle pour sauver CE QUI NE PEUT PAS être sauvé.

A mon humble avis, ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 pays européens.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 pays différents.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 peuples différents.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 histoires différentes.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 cultures différentes.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 mentalités différentes.

Ce qui ne peut pas être sauvé, c'est une monnaie unique pour 16 visions du monde différentes.


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