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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 14:11

Plan de mon intervention au colloque de la Sorbonne consacré à l’idée de Nation  au XXIe siècle

11 Mars 2016- Amphi Cauchy.

                  Les métamorphoses de la nation et de la monnaie

1) La monnaie comme outil de construction de la souveraineté

               - La monnaie comme enfant du sacré et de l’Etat

                              - Religions primitives comme dette de vie

                              - « Big bang » des l’Etats ou la capture de la dette sacrée

                              - De l’endettement envers les dieux à l’endettement envers la puissance souveraine.

                              - la monnaie comme instrument du règlement de la dette

               - La monnaie dans la dialectique de l’économie et de la puissance souveraine.

                              - L’Etat prisonnier de sa création : liquidité et illiquidité.

                              - Partage du pouvoir : entre la « verticalité » et « l’horizontalité ».

                              - Capture partielle de la monnaie par des banquiers

                              - Dette publique portant intérêt comme marqueur de délitement de la souveraineté

                              - Banques centrales et fin de la loi d’airain de la monnaie

                              - Pleine souveraineté parmi d’autres souverainetés.

                              - La répression de la finance

2) La monnaie comme outil de déconstruction de la souveraineté

               - Le taux de change n’est plus un choix politique mais un prix.

                              - la conférence de la Jamaïque (1976)

                              - la libre circulation du capital

                              - la libération financière comme cession de la puissance souveraine

               - l’indépendance des Banques centrales

                              - Un souverain interdit bancaire

                              - Renaissance et avenir radieux d’un marché de la dette publique

                              - Répression des Etats et souveraineté limitée.

               - Une monnaie sans Etat mais pas sans souverain

                              - Transferts impossibles et « usinage » du délitement social et politique

                              - Réformes structurelles comme destruction des nations

                              - Articulation impossible de la souveraineté limitée dans la démocratie

                              - Délitement généralisé et reconstruction de la haine entre les peuples

                              - Affaissement des Etats (politique) et crise générale de surproduction (économique).

 

               -

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 07:46

 

Qu'est-ce qu'une nation au XXIe siècle ?

 

Vendredi 11 mars 2016, de 17h00 (précises) à 20h00

Sorbonne- Amphi Cauchy

(Accès par la cour d’honneur, rue de la Sorbonne, Paris 5e)

 

Attention pour des raisons de sécurité et d’un nombre limité de places, l’inscription gratuite mais préalable est obligatoire par courriel en écrivant à eric.anceau@paris-sorbonne.fr jusqu’au mardi 8 mars minuit délai de rigueur. Ce programme imprimé et une pièce d’identité seront requis.

 

C’est  aussi un 11 mars (1882) qu’Ernest Renan prononça son fameux discours en Sorbonne : « Qu’est-ce qu’une nation ? ». Soixante-quinze ans plus tôt, Fichte avait prononcé sa série de « Discours à la nation allemande ». Deux conceptions bien différentes, mais proposées, dans les deux cas, à l’occasion d’une humiliation militaire. En ce début de XXIe siècle ressurgit la question des nations, de leur nature, de leur rôle sociologique et économique, de leur place dans les États et dans les institutions internationales d’une planète surpeuplée. On perçoit une grande attente dans le peuple français - et même chez les intellectuels une grande interrogation- qui transcendent les clivages traditionnels. N'est-il pas temps de reprendre les réflexions qui furent si intenses entre les deux guerres ?

 

 

Présidence et introduction Dominique Jamet, journaliste et écrivain

                                    

1 - Qu’est-ce que la nation en 1882 et aujourd’hui ? Perspective historique                   

Eric Anceau, historien, Université Paris- Sorbonne et Sciences-Po Paris

 

2- Entre psychologie et sociologie l'identité nationale, un droit de l'homme ?               

Henri Temple, juriste, universitaire honoraire à Montpellier, avocat

 

3- Entre Marché commun et mondialisation, la nation, seul cadre économique et social ? 

Jean-Claude Werrebrouck, professeur émérite d’économie à Lille 2

 

4- Entre constitution et traités internationaux, la nation, seul cadre démocratique ?                   

Olivier Gohin, professeur en droit constitutionnel, Université Paris Panthéon-Assas

 

Table ronde et questions  avec Pascal Cauchy, historien, Sciences-Po Paris   

Conclusion                                                                          

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:49

Colloque du Samedi 21 novembre 2015
Paris - Maison de l’Amérique Latine - 16h30
« L’Euro, un échec inéluctable ? »
Raisons d’être, conséquences et nécessité de sa disparition
Organisé par la Fondation pour une Europe des nations et des Libertés
en partenariat avec le Club Idées et Nations
Animé par Jean-Christophe MOUNICQ, économiste, et Bruno LEMAIRE, secrétaire général d’Idées Nation
Intervenants :
Alberto BAGNAÏ, Professeur à l’Université de Pescara
Jean-Pierre GÉRARD, Président de l’Institut POMONE
André-Jacques HOLBECQ, Economiste et écrivain
Jean-Jacques ROSA, Professeur à l’Institut des Sciences Politiques de Paris
Jacques SAPIR, Professeur, Directeur d'études à l’EHESS
Jean-Claude WERREBROUCK, Professeur honoraire à l’Université de Lille
Parmi les thèmes abordés, notons :
1. La création de l'euro : Pourquoi une telle erreur économique?
2. La trahison des clercs : pourquoi avoir négligé les avertissements?
3. De la nécessité de mettre fin à la monnaie unique
4. Peut-on rebâtir un système monétaire cohérent et efficace
5. Les différents plans de sortie de l’Euro : comment sortir de l’euro à moindres coûts
6. Sortir de l’euro, c’est nécessaire, mais est-ce suffisant ?
Le colloque sera clôturé par un cocktail dînatoire

Inscription:  http://colloque-euro.eu/

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 06:29
Colloque du  21 novembre 2015: Date à retenir

Je participe à cette table ronde avec mes collègues  Alberto Bagnaï, Jacques Sapir, André-Jacque Holbecq, Jean-jacques Rosa,et Jean-Pierre Gérard.

A l'issue du colloque je serai  heureux de poursuivre nos échanges autour d'un buffet dinatoire.

Au plaisir de vous rencontrer.

Jean Claude Werrebrouck

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 14:30

J'ai ici répondu à un ensemble de questions concernant la mondialisation, l'euro, la Chine,etc.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 07:28

Les réactions se font vives autour de la proposition de Jacques Sapir de construire un "Front de libération nationale" pour en finir avec le drame de l'Euro.. Nous voudrions en termes de questions/réponses succinctes ajouter notre pierre à cette démarche.

Question :Est-il possible aujourd'hui d'évoquer un projet politique sans aborder la question de l'Euro?

Réponse: Non.

Pourquoi?

-Parceque l'euro réduit à trop peu de choses l'éventail des choix politiques;

-Parceque l'Euro est la clé de voute d'un édifice complet qui, de fait, met fin à la démocratie.

Question: Est-il possible aujourd'hui de créer un front puissant contre l'Euro?

- Reponse: Difficilement.

Pourquoi?

- Un front n'émerge que face à un véritable ennemi clairement repérable, or l'euro, simple bouclier d'une réalité autrement complexe n'a pas le visage de l'ennemi clairement identifié;

- Un front n'émerge que dans l'évidence des faits, or l'Euro revêt le masque  de la sagesse et du progrès.

 

Question: Est-il possible de développer un raisonnement solide dans le cadre du paysage politico-médiatique acteul?

Réponse: Non.

Pourquoi?

-Parceque les rencontres et joutes politico-médiatiques mobilisent davantage les émotions que la raison;

-Parceque le système médiatique est mono-centré sur le seul européisme, et défend - souvent sans le savoir - les intérêts gigantesques qui sont dans l'ombre de la monnaie unique;

Parceque la fin de l'Euro ne peut être obtenue que par une démarche préalable d'effacement de sa gangue quasi religieuse.

                                                      Quelles solutions?

Réponse:

-Mettre fin au brouillard qui interdit l'action collective ;

-Shunter radicalement le dispositif médiatique qui conforte l'interdit de la raison;

- Profiter des prochaines élections régionales pour organiser des soirées/séminaires sérieux dans un maximum de territoires

Thèmes abordés:

- Pourquoi mettre fin à la monnaie unique?

- Les difficultés posées par la fin de l'Euro;

- Le système monétaire et financier à reconstruire;

- Les perspectives pour la France et pour le Monde;

Forme pédagogique:

- Partir des problèmes quotidiens des citoyens, des entreprises, de l'Etat, et les resituer dans le corps de règles qu'impose le fonctionnement de l'euro;

- Rendre ainsi bien identifiée et visible la nouvelle forme de la "main invisible";

(Exemples: Les salaires, l'emploi et le taux de change disparu; Les entreprises et la libre circulation du capital; la dette publique et l'indépendance de la banque centrale.)

- Aborder sans détours l'ensemble des difficultés liées à la disparition accidentelle ou décidée de l'Euro, et comparer ces difficultés avec le développement de celles liées à son maintien.

(Exemple: analyse comparative des effets de la dévaluation interne par rapport à la dévaluation externe)

- Montrer que la "réforme de l'Euro", sa démocratisation, est politiquement impossible, et que même sa transformation en monnaie commune est utopique;

- Construire des scénarii sur le monde de l'après Euro: quelles politiques économiques? quel ordre international? Le tout étant aussi de montrer que la fin de la forme présente de mondialisation n'est pas un repliement sur soi, mais aussi la condition nécessaire du respect des peuples et de la démocratie, la possibilité de se projeter dans l'avenir, etc.

Effets attendus de telles rencontres:

- Prise de conscience collective d'une rupture par rapport aux bavardages classiques;

- Obligation - sous pression médiatique - pour tous les partis politiques de se repositionner et de communiquer avec plus de sérieux;

- Désacralisation de l'objet Euro: il est enfin possible d'en parler avec sérieux et honneteté;

- Rendre possible l'émergence d'un authentique "front anti-euro": il n'est pas un sympathique outil d'échanges mais une menace devenue directe sur la république.

Les
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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 13:36

On trouvera sur le lien ci-joint mon intervention du 20 janvier dans l'émission "Dans la boîte à outils des Etats" (1/3)

Pour une écoute efficace, on peut commencer à 4 minutes 37 secondes.

La partie la plus fondamentale se situe entre 14 minutes 18 secondes et la 27ème minute.

 Dans cette partie se trouve expliquée en quoi le discours allemand sur la recapitalisation de la BCE ne sert qu'à effrayer l'électorat de la coalition allemande.

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-davos-2015-les-defis-de-l-economie-mondiale-13-dans-la-boite-a-outils-des-eta

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 09:07

 

Les Etats sont des cadres d’intégration et de construction des communautés humaines. En très longue période, si d’autres cadres ont pu exister, notamment celui des religions dans leur infinie variété, Il semble qu’aujourd’hui le marché autorégulé s’annonce comme le nouveau principe d’intégration des individus dans un ordre collectif.

Ces cadres sont l’expression du politique comme dispositif général du vivre ensemble avec son liant indispensable : l’idée d’un intérêt général. Ces mêmes cadres ne correspondent pas à ce qui pourrait être une dynamique de l’histoire, avec un temps des religions suivi d’un temps des Etats, puis d’un temps du marché, avec sa vision universaliste que serait la mondialisation.

Une société historique concrète peut mixer les différents cadres avec bien sûr une dominante. Sans vouloir  ni pouvoir être exhaustif, on pourra distinguer des sociétés à religion enkystée dans des Etats ou des sociétés à Etats enkystés dans des religions ; des sociétés avec économie et donc marchés comprimés et/ou surveillés et/ou orientés par des Etats, ou des sociétés dont les Etats ne sont plus que le jouet utilitariste des marchés ; enfin des mondes où l’on retrouve les trois cadres intimement mêlés ou hiérarchisés et en interaction permanente.

Si l’on photographie la grande région Europe, celle qui irait de l’Atlantique à L’Oural, il semble bien que les sociétés qui peuplent cet espace s’organisent autour de 2 grands pôles : à l’ouest, des mondes qui semblent, par un processus de métamorphose, abandonner ce qui était l’Etat-nation au profit d’une mondialisation sans barrière. L’armature des vieux Etats semble devoir être abandonnée au profit d’une nouvelle qui est le marché autorégulateur. A l’est le maintien, voire le retour d’un cadre étatique solide, et entre les deux des communautés humaines travaillées par les forces attractives ou répulsives des 2 pôles.

A l’Ouest, la construction européenne n’est que la fausse barbe de la mondialisation radicale. Il ne s’agit pas de construire un grand Etat comme articulation ou synthèse d’une série de petits Etats-nation, il s’agit d’une dissolution des vieux Etats qui composent la partie ouest européenne. Cette dissolution passe par celle des frontières : fin des identités ou recompositions  culturelles ou sociétales avec développement d’un individualisme hors sol, libre circulation des personnes, disparition d’une souveraineté monétaire, disparition des péages monétaires ( taux de change « dépolitisés »[1] et absence de contrôle dans la circulation des capitaux etc.) , apparition d’agences privées de régulation (Autorités Administratives Indépendantes), recours judiciaire au détriment des cadres législatifs issus de la souveraineté populaire démocratique ( recours aux tribunaux contre une législation sur un smic[2]), Banque centrale séparée des Trésors, etc.

 A cette contestation des Etats « par le haut » va s’ajouter une contestation « par le bas » : celle issue d’une dévaluation interne se manifestant d’abord par une attaque de l’Etat social et le développement de la précarité, cette dernière étant aussi due aux exigences accrues d’employabilité dans un monde beaucoup plus concurrentiel. L’affaiblissement de l’Etat social justifie en retour la perte d’adhésion -  des communautés précarisées et/ou « inadaptées » -  à L’Etat lui-même. Avec bien évidemment une force accélératrice de promotion d’un individualisme aboutissant à la naissance d’une « société hall de gare »[3].

Le moteur de la broyeuse des Etats est bien évidemment l’usine de Bruxelles (il faut établir une « concurrence libre et non faussée ») curieusement animée par des rentiers politiques hors du marché, et  alimentée par les groupes intéressés par la construction de ces nouveaux biens publics que sont les autoroutes de la mondialisation.

La décomposition des Etats-nation européens de l’Ouest fait émerger – au-delà d’un principe général de mutation en « Autorités Administratives Régionales » -  des situations nouvelles, lesquelles dépendent des modalités historiques de construction des dits Etats-Nation.

Lorsque nous avons des Etats incorporant des communautés distinctes (Espagne, Belgique, Grande Bretagne) la dislocation a pour origine la contestation des transferts. Il  s’agit moins de construire un Etat plus petit que de procéder à une analyse coûts /avantages d’une rupture avec l’Etat central.

Une autre possibilité est celle de la contestation radicale du processus en invoquant le retour au vieil Etat-Nation. Cela donne la montée de populismes de droite dans toute l’Europe avec parfois revendication de vieilles frontières aujourd’hui disparues (Hongrie).

Une autre situation nouvelle  consiste en l’émergence  du recours au communautarisme et le repliement identitaire : le marché pourvoyeur d’individualisme se confronte à des « grumeaux » pouvant alimenter des réseaux mafieux ou, à tout le moins, des espaces anomiques.   

 

Et puisque les Etats sont déconsidérés, la lumière nouvelle apportée par les autoroutes de la mondialisation pourra devenir un impérialisme : il faudra édifier au sein de la technocratie bruxelloise un « Commissariat à l’Elargissement »[4] qui devra justifier son travail par la recherche de nouveaux espaces pouvant répondre aux « critères de Copenhague [5]». La nouvelle frontière étant devenue la Biélorussie, la Moldavie, la Transnistrie et l’Ukraine. L’impérialisme, au moins dans sa dimension messianique, devient ainsi le stade suprême de l’intégration européenne. Certes un impérialisme d’un nouveau genre puisqu’il est censé apporter les droits de l’homme et les libertés individuelles.

 

A l’extrême Est de l’Europe, un monde néo westphalien s’est édifié sur les décombres de l’ex -URSS : La Russie. Il s’agit à n’en pas douter d’un Etat-Nation qui entend reprendre toute la logique de l’ordre Westphalien : Inviolabilité d’une souveraineté mise en exergue, frontière inviolable avec contrôle des mouvements de population, principe de non-ingérence avec sanction brutale à son manquement, mesures d’homogénéisation des populations : mythe fondateur, religion enkystée dans l’Etat ou Etat enkysté dans la religion, monnaie nationale et souveraine, langue, armée patriotique, etc. Bien évidemment l’idée d’un intérêt général passe davantage par des contraintes collectives que par l’explosion des libertés individuelles : le peuple n’est pas une somme d’individus dans un hall de gare.

 

Reprenant les origines- mêmes du concept westphalien ( 16 octobre 1648), le ou les politiques sont des prédateurs qui, sans avoir mis en place (et ne le souhaitant pas) les autoroutes de la mondialisation, cherchent à la vampiriser ou à en bénéficier : libre circulation du capital pour les oligarques en quête de paradis fiscaux, stratégie géopolitique de maximisation des rentes gazières et pétrolières, utilisation contrôlée des technologies numériques, etc. Il s’agit de fait de la reconstruction de la phase mercantiliste parcourue par nombre de vieux Etats-Nations.

Comme dans le vieux monde westphalien  les actions souveraines de l’Etat monopoleur et prédateur développent des externalités qui se règlent mal par un droit international trop imprégné de culture mondialiste et de respect des droits de l’homme. Le mythe de l’empire et celui de sa gloire passée, homogénéise et produit des tendances impérialistes nourries par la possibilité de se greffer sur une mondialisation honnie : le territoire souverain peut s’élargir notamment au détriment d’Etats moins résistants et proches d’un statut de « failed State ».

Entre l’Ouest qui est le seul véritable phare planétaire de la mondialisation diabolisant les Etats, et l’Est qui ne se ressource que par un Etat mercantiliste peu soucieux des droits individuels, s’étire les « failed States » déjà énoncés, territoires devenant des enjeux inter-impérialistes. Ces « failed states » sont ainsi désignés car ils sont de fait écartelés entre les deux pôles.

C’est cet écartèlement qui explique le caractère de structure conglomérale pré- moderne d’un pays aujourd’hui sur le devant de la scène : l’Ukraine.

Ce pays n’a jamais pu connaitre de moment westphalien en raison de l’impérialisme de ses voisins. Espace travaillé par la Russie, l’empire austro-Hongrois, La Pologne et la Lituanie, il n’a connu qu’une courte indépendance en 1917 avant une intégration plus complète dans l’URSS et une nouvelle indépendance en 1991.  Le système westphalien y a toujours fonctionné à ses dépens et les caractéristiques de l’ordre correspondant sont très mal établies : homogénéisation très faible (qui permet par exemple l’édification récente d’une statue du dernier des Habsbourg dans une région Ouest et de maintenir la statue de Lénine à Kharkiv[6]) et donc grande difficulté d’y faire naitre un peuple et une idée d’intérêt général. Cela signifie à contrario des coûts d’hétérogénéité très important avec une grande difficulté de transferts entre régions. Une telle désarticulation rend très difficile l’établissement d’un Etat de droit qui reste prémoderne.

En activant son commissariat à l’élargissement, lui–même influencé par l’activisme polonais, la CEE, heurte de manière frontale la partie Est du pays, elle-même économiquement complètement dépendante de la Russie. Ce dernier pays, lui-même doté d’un Etat qui refuse brutalement la mondialisation tout en la vampirisant, ne peut que réagir négativement à ce qui lui apparait comme une ingérence coloniale dans sa propre zone d’influence.

Les technocrates et rentiers politiques de l’organisation bruxelloise ne se rendent même pas compte du caractère violent et donc impérialiste de leur armada de normes ultra-libérales, les fameux « critères de Copenhague », normes qui détruisent un double système de valeurs et d’intérêts locaux.

Plus curieusement encore, les allemands ne se rendent pas compte - qu’initiateurs rigoureux, dogmatiques, et exigeants de l’ordo- libéralisme européen- ils risquent d’être les premiers concernés par les conséquences de l’affrontement inter-impérialiste.

Cet affrontement sera toutefois encore mieux évité qu’à Fachoda[7] : la haine de l’Etat-nation, avec ses contradictions, comme celle de la curieuse intangibilité des frontières, a produit l’affaissement de la puissance militaire. L’impérialisme de l’organisation de Bruxelles ne peut être que messianique et se bornera dans un premier temps aux habituelles exhortations concernant « l’impérieuse nécessité de réformes structurelles ». Un messianisme lui-même désargenté face à l’énormité des besoins qu’il faudrait rassembler  pour extirper l’Ukraine de sa tutelle russe[8].

 



[1] Selon la savoureuse expression de Jens Weidmann, président de la Bundesbank

[2] Rumeur persistante s’agissant de la présente négociation Transatlantique. Cf l’article de Lori M.Wallach dans le Monde Diplomatique de novembre 20123.

[3] Expression chère à Alain Finkielkraut.

[4] Son actuel responsable est le Tchèque Sefan Füle.

[5] Ces critères ou conditions, sont annoncées dans l’article 49 du Traité de Lisbonne et relèvent, pour l’essentiel de la conception ordo libérale allemande.

[6] Cf l’intéressant article de Georges Nivat : « Vers une troisième Europe » dans Le Monde du 23 et 24 mars 2014.

[7] Lieu de la dangereuse rencontre ( Sud Soudan actuel) entre les armées britanniques et française en 1898.

[8]Bruxelles propose 15 milliards d’aide, alors même que la dette de l’Ukraine se monte à 140 milliards (80% de son PIB), sa partie court terme étant évaluée  à 65 milliards d’euros. N’oublions pas également les coûts potentiels de désorganisation dont celui de l’Est industriel tourné vers la Russie.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:42

On trouvera dans ma présente vidéo mon intervention du 21 janvier au colloque Espace Sentein :

 

On touvera dans la présente vidéo mon intervention du 21 janvier au colloque Espace Sentein.

 


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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 23:00

 

Une prochaine crise financière  peut connaitre son épicentre en dehors de la zone euro, mais sa force dévastatrice aura pour théâtre principal la zone euro. La raison en est qu’il s’agit de la zone la plus fragile du globe. Ses conséquences seront évidemment planétaires.

Face à la crise potentielle, des outils insuffisants ou improbables.

Les instruments mis en place pour protéger la zone euro aggravent la situation (politiques budgétaires)[1], ou ne permettent pas le réaménagement institutionnel, par ailleurs souhaité (MES, LTRO, OMT, Union bancaire, etc..).

Les transformations imaginées sont elles-mêmes irréalistes (émission de titres publics à l’échelle de la zone) ou fondées sur des hypothèses insuffisamment robustes.

Parmi ces dernières, on pourra citer celle imaginée par des proches des milieux bancaires[2] lesquels proposent des transferts vers le sud par des fonds d’épargne souscrits par des investisseurs du nord, essentiellement allemands, avec garantie du gouvernement allemand. Il s’agit d’un moyen d’échapper à des transferts directement publics et donc inacceptables du point de vue allemand[3].

Ce schéma est peu convaincant. Il suppose qu’effectivement les dettes soient converties en capital productif permettant l’alignement progressif de la productivité du sud sur celle du nord (privatisations dans de meilleures conditions que celles prévues par les structures de cantonnement).

Toutefois, cette hypothèse correspond aussi à une satellisation économique du sud (sous-traitance). Il est par ailleurs erroné d’imaginer que du point de vue du contribuable allemand, l’exportation de capital qui s’en suivrait réduirait les risques sur les positions Target2. Il parait en effet évident que les positions créditrices Target 2 seraient entièrement remboursées par la BCE - voire la banque centrale allemande- en cas d’explosion de la zone[4].

Aussi difficilement robuste est la position adoptée par les experts de l’Institut Veblen[5]. Ces derniers proposent que la BCE émette des obligations pour le compte de la dette de chaque Etat à concurrence de 60% des PIB correspondants. Simultanément la même BCE émettrait des obligations aux fins de collaborer avec la BEI dans le financement d’un gigantesque programme d’investissements en termes d’infrastructures européennes.

A priori l’idée est intéressante et devrait permette des taux très faibles sur les dettes comprises dans la limite des 60% puisque les porteurs de titres BCE, bénéficieraient de la garantie de non- défaut que l’on reconnait à toute banque centrale. De quoi se rapprocher du mode ancien de financement direct des Trésors par l’institut d’émission. Pour autant, il n’est pas sûr que l’on ne retombe pas dans l’interdit juridique du financement direct des Etats. Par ailleurs, il est clair que les dettes se situant au-delà des 60% seraient beaucoup plus visibles sur les marchés….et visiblement beaucoup exposées au risque de défaut avec la prime de taux correspondante.

Inutile d’insister également sur les 4 grands principes définis par le groupe de Glienicke[6], lesquels aboutissent à la négociation d’un futur traité….consommateur de temps alors même que la crise ne fait que s’approfondir.

Gravité et origine de l’éruption de dettes

Car le vrai problème est celui de l’aggravation continue de la dette qui va encore s’accroitre, après 400 milliards d’euros supplémentaires en 2013, et de –selon les différentes prévisions- 50 à 250 milliards d’euros en 2014. C’est dire qu’en 2014, il faudra encore « rouler » la dette sur des montants toujours croissants si l’on prend la précaution de retrancher les recettes exceptionnelles de privatisation. Ainsi la seule Italie doit continuer à rouler une dette qui a encore pris 6% de PIB supplémentaire sur la seule année 2013….[7]

Et ce vrai problème n’est que le reflet d’un autre : la crise générale de surproduction inhérente au choix d’une mondialisation mal édifiée. Alors que, dans un contexte d’Etat-Nation, il existe une régulation potentielle permettant d’équilibrer offre globale et demande globale (ce que certains ont pu appeler la régulation fordiste[8]), dans une mondialisation non concertée, l’offre nationale peut partiellement se passer d’une demande nationale, laquelle devient mondiale. En conséquence, les salaires versés  n’ayant plus vocation impérative à alimenter la demande nationale, se doivent de baisser aux fins de permettre aux entreprises de rester bien placées dans la course à la compétitivité internationale. Offre mondiale croissante d’une part et demandes nationales comprimées d’autre part, développent une surproduction à l’échelle de la planète. Il en résulte qu’il existe un écart, que l’on peut artificiellement combler avec une dette croissante. On peut ainsi observer qu’historiquement il faut une croissance de la dette de  plus en plus forte pour obtenir une croissance économique de plus en plus modeste. Ainsi pour ne prendre que le cas britannique dont on se targue d’une sortie de crise, il faut noter qu’en 2013, 35 milliards d’euros de PIB supplémentaire ont été obtenus avec un déficit de 130 milliards d’euros.

Pendant des décennies, la surproduction chinoise est absorbée par la gigantesque dette américaine, laquelle permet aussi de financer un déficit public américain nourrissant une offre domestique elle-même excédentaire par rapport aux revenus distribués. Au total, la dette planétaire publique et privée doit s’accroitre au rythme de l’écart grandissant entre offre planétaire et demande planétaire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la Chine est entrée dans le club des nations endettées (58% de son PIB pour la seule dette publique)[9].

Ainsi, mondialement, la croissance de la dette –publique et privée- est la condition nécessaire de la croissance économique. Mais la croissance de la première peut aussi être très supérieure à celle de la seconde car la dette est aussi engendrée à des fins spéculatives, s’il existe un dispositif juridique l’y autorisant. Dans ce dernier cas, le développement de l’économie réelle est régulé par son coût d’opportunité : Les gains extraits de la spéculation sont-ils supérieurs ou inférieurs à ceux permis par les activités économiques réelles ? Voilà une question qui n’est jamais posée dans ces termes par les régulateurs des marchés financiers.[10]

En ce début d’année 2014 la zone-euro vit dans un contexte étrange.

Calme apparent et craquements potentiels

Vue de loin, la zone apparait solide avec un excédent commercial conséquent d’environ 250 milliards d’euros. La dette des pays du nord, importante et liquide en fait une matière première recherchée par les épargnants, en particulier japonais et chinois. Deux faits qui font, potentiellement, de l’euro une monnaie de réserve.

Vue de près, les choses sont fort différentes. La zone est fragmentée avec des taux d’intérêt- au bénéfice de l’économie- très variable : les emprunts à 10 ans se négociant à 9,5% en Grèce, à 4% en Espagne, mais à 0,6% en Allemagne[11]. La fragmentation se lit aussi dans les écarts d’inflation -2,9% en Grèce, 0,1% au Portugal, 0,3% en Irlande et en Espagne, 0,7% en Italie, mais 1,2% en Allemagne et aux Pays- Bas. C’est dire qu’il est faux de considérer que les spreads  sur la dette publique se rapprochent et que, globalement, ces derniers diminuent dans le sud. Compte tenu des risques de déflation, les écarts se maintiennent. Notons aussi que l’emprunt irlandais du 15 décembre dernier, que l’on dit fort réussi, disposait d’épais boucliers pour affronter le marché : émission syndiquée,  garantie de la très protectrice BCE, et bon rendement dans un espace planétaire qui s’en trouve de plus en plus dépourvu.[12] Au-delà, les dettes publiques se nationalisent : des banques domestiques couvrent les émissions domestiques de titres publics, ce qui maintient évidemment des différences de taux.

Cette fragmentation au désavantage du sud continue à détruire le tissu industriel de la région[13] avec un recul des activités correspondantes de 30% pour l’Espagne et la Grèce[14].

C’est dans ce contexte général que des cygnes noirs[15] peuvent se manifester tout au long de l’année.

Ils sont nombreux, et constituent une piste de réflexion du G21:

Deux d’entre-eux ont déjà été examinés : le « cas Peugeot » le 14 novembre 2013 et le cas « sortie de l’Italie de la zone euro » le 11 décembre 2013. D’autres cas peuvent être cités :

- Les « tests de résistance » des banques que la BCE va organiser tout au long du printemps 2014 confirment  et mettent en lumière les analyses de KPMG selon lesquelles les créances douteuses sous le tapis des banques se montent à 1500 milliards d’euros dont 600 pour l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Il s’agit d’un premier catalyseur potentiel déclenchant une panique et l’effondrement du château de cartes. On comprend mieux aujourd’hui la prudence de la BCE qui ne souhaite pas que soient évoqués dans les tests de résistance l’hypothèse d’un défaut sur les dettes publiques qui inondent les bilans des banques européennes. On comprend aussi mieux les récents assouplissements obtenus dans le comité de Bâle[16]

- Le passage obtenu à Bruxelles d’une stratégie de « Bail-out » (on fait payer les contribuables) à une stratégie de « Bail-in » partiel (les actionnaires et créanciers supportent partiellement les faillites bancaires) n’est pas accepté par les marchés qui prennent peur et entrainent un effondrement. Il s’agit d’un second catalyseur potentiel possible[17].

- La Grèce et/ ou le Portugal, incapables de faire face à l’accroissement de leur dette publique, bloquent les négociations du printemps prochain avec la « Troïka » et quittent la zone Euro. Il s’agit d’un troisième catalyseur potentiel possible.

- Le référendum prévu au titre de l’indépendance de la Catalogne ( 9 novembre 2014) se déroule malgré la grande bataille juridique qui s’est mise en place sous la houlette du premier ministre espagnol et donne un oui à l’indépendance. Ni Bruxelles, ni Madrid  ne reconnaissent  l’indépendance. Que faire de la dette publique espagnole ? Faut-il la partager ?[18] Il s’agit d’un quatrième catalyseur potentiel possible[19].

- Les élections européennes de juin 2014 font apparaitre une montée des populismes venant bloquer les négociations concernant des contrats de redressements des pays du sud voulus par l’Allemagne, et contrats déjà repoussés en Décembre 2013 sous la houlette de nombreux  pays. Les capitaux quittent le sud pour rejoindre le nord et entraînent une fragmentation financière extrême. La reprise est définitivement bloquée dans le Sud. Voilà un cinquième catalyseur potentiel possible.

- Les marchés prennent conscience que l’union bancaire décidée le 18 décembre dernier n’est qu’un leurre : l’Allemagne empêche la mutualisation des risques, la caisse de mutualisation ne sera opérationnelle qu’en 2026, cette dernière est beaucoup trop réduite face au risque potentiel ( 56 milliards alors que le coût du sauvetage 2008 des banques s’est monté à 1611,9 milliards, que les risques aujourd’hui sur les seuls produits dérivés à l’échelle mondiale s’évaluent selon Alpha Value à 693000 milliards de dollars, que la dite caisse de mutualisation ne pourra pas emprunter, etc.). Là encore un nouveau catalyseur est possible : le sixième.

- Devant le premier succès du « Tapering » (réduction de 10 milliards de création monétaire mensuel par la FED)  de Monsieur Bernanke, son successeur à la direction de la FED, Janet Yellen, constatant la forte reprise de l’économie américaine (4,1% au dernier trimestre 2013) décide de mettre fin au « Quantitative Easing » et à ses effets pervers sur l’inflation des actifs[20]. Il en résulte un dégonflement de tous les actifs bancaires et une possible panique financière….qui ici toucherait en priorité les pays émergents connaissant des déséquilibres extérieurs. Là encore, un nouveau catalyseur potentiel : le septième.  

Il serait bien sûr possible de multiplier les situations concrètes à l’origine du déclenchement d’une nouvelle panique financière.

Dans ce contexte 2 aspects doivent être mis en avant :

Tout d’abord l’existence d’un milieu très propice à la contagion : perte générale des légitimités politiques[21], recul général de la raison au profit des émotions, montée de l’individualisme radical et des effets de foule, eux-mêmes facilités -nouvelles technologies obligent- par les interconnexions à la vitesse de la lumière.

Ensuite les probabilités d’occurrence des évènements déclencheurs signalés ne sont probablement pas indépendantes, l’une pouvant agir sur l’autre, et plusieurs pouvant « rôder » et faciliter le déclenchement d’une autre ou de plusieurs autres.

Conclusion

Sachant qu’une nouvelle crise financière non contrôlée aboutirait au délitement complet du tissu social (la monnaie est aussi ce qui « tient » les rapports sociaux et ce qui préserve de la violence immédiate), d’une part, et que d’autre part, les Etats n’ont plus les moyens, ni la crédibilité pour reprendre « en grand » la procédure du « bail-out » de 2008, ni celle d’un «  bail-in »

-insupportable pour les créanciers et déposants-  il parait évident que les monnaies seront renationalisées. D’où la fin de l’indépendance des banques centrales.

C’est ce à quoi mène le raisonnement. Le vrai problème étant maintenant d’imaginer l’arrangement institutionnel nouveau qui devrait émerger, notamment en Europe.



[1] La moins-value sur recettes fiscales fut pour la France de 14,3 milliards d’euros en 2013, et le déficit public de 74,9 milliards, soit 2,7 de plus que prévu.

[2] Olivier Garnier, Daniel Gros et Thomas Mayer lesquels se sont exprimés dans Les Echos su 8 janvier : « Il faut convertir les dettes de la zone euro en capital ».

[3] Cette inacceptabilité s’est renforcée récemment avec les débats sur la pauvreté des allemands. Cf. notamment : http://www.lejdd.fr/Chroniques/Axel-de-Tarle/Les-Allemands-les-plus-pauvres-d-Europe-601864.

[4] Cf les conclusions du présent papier.

[5] James K.Galbraith, Stuart Holland et Yanis Varoufakis qui viennent de publier un petit ouvrage : « Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro », Les Petits Matins, 2014.

[6] Groupe de 11 allemands impliqués dans la réflexion économique politique et sociale . Les 4 principes sont celui de la préférence pour le « bail in », la solidarité au travers notamment d’une assurance chômage européenne, l’extension de la démocratie, et le renforcement de la mise à disposition de biens communs.

[7] Les dernières informations  d’Eurostats concernant une diminution de la dette (22 janvier 2014) pour certains pays ne doivent pas tromper : elles correspondent à des achats de dettes autorisées par des baisses de taux, une diminution de la trésorerie des Trésors correspondants et à des recettes exceptionnelles. Au-delà les charges de dette en fonction des capacités contributives augmentent partout.

[8] Point de vue de ce que l’on appelle encore l’école  -très   française- de la Régulation.

[9] 215% en ajoutant la dette privée, dette dont Jean Luc Gréau aime toujours à rappeler l’importance pour la bonne compréhension de la crise. Cf. http://forumdemocratique.fr/2014/01/17/pays-bas-nouveau-domino-europeen-par-jean-luc-greau/.

[10] On sait que tous ont la main qui tremble lorsqu’il s’agit de limiter les activités spéculatives. On sait que dans leur univers micro-économique, la peur de réguler provient de l’idée selon laquelle il existe un risque de diminution de la liquidité aux conséquences néfastes sur l’économie réelle. Cf. par exemple les récents débats bruxellois concernant la révision de la Directive sur les Instruments Financiers (Mifid)

[11]Chiffres pour fin 2013, fournis par XERFY.

[12] 3,75 milliards d’euros ont ainsi été levés sur 10 ans au taux de 3,543%.

[13] Cf Charles Gave dans son article du 13 janvier 2014 : http://institutdeslibertes.org/le-chemin-de-croix-europeen-deuxieme-station/

[14]S’agissant de la France, Altares et Alpha Value (21 janvier 2014) confirment le recul continu de l’investissement des PME: 14,4% de l’Ebitda et 1% du CA en 2008 et seulement 10,9% de l’Ebitda et 0,77% du CA en 2014. L’INSEE confirme lui que l’investissement global s’est replié de 1,8% en 2013 après 1,9% en 2012.

[15] Au sens de Nassim Nicholas Taleb.

[16]Notamment celui concernant les ratios d’effet de levier et de liquidité, voire les calculs de pondération des actifs.

[17] La politique du bail-in a été validée à Bruxelles le 11 décembre 2013 et prévoit qu’actionnaires et détenteurs de dettes devront participer à hauteur de 8% du coût du naufrage. Son application retardée au 1/1 2016  ne fait pas de ce changement une bombe potentielle pour 2014.

[18] On notera que le premier ministre Britannique, aux prises avec un problème semblable (mais beaucoup moins grave) avec l’Ecosse, prend les devants et veut rassurer les marchés en proclamant que la dette totale restera sous le contrôle de Londres. En clair, il est moins couteux de  payer pour l’Ecosse, que de voir les taux flamber.

[19]Signalons un excellent dossier de la Revue « Politique étrangère (IFRI, Hiver 2013-2014, Vol 78) intitulé : «  Les Etats d’Europe peuvent-ils éclater ? ».  Les auteurs insistent sur la double vulnérabilité du contrat social « sociétés civiles et Etats » et « populations et UE ».

[20] Les effets d’une fin du « Tapering » sont en théorie très nombreux : la modification du rapport offre/demande de titres entraine une réallocation du portefeuille des agents, avec aussi vente d’actifs étrangers, baisse du taux de change chez les émergents et diminution de leur base monétaire. Processus qui a beaucoup marqué l’été 2013.

[21] Jacques Sapir évoque l’idée de « guerre civile froide ». Cf. http://forumdemocratique.fr/2014/01/17/la-guerre-civile-froide-par-jacques-sapir/

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