Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 09:33

 Les débats concernant les dettes publiques semblent devoir devenir l'essentiel de l'enjeu de la prochaine présidentielle française. Nous avons tenté de montrer dans notre précèdent article ( https://www.lacrisedesannees2010.com/2026/10/la-banque-universelle-adore-les-lois-de-finance-tres-deficitaires.html) à quel point les acteurs des débats semblaient, avec une belle unanimité, ignorer la réalité fondamentale du problème.

Une planche à billets de la finance devenue illimitée?

Il est largement inutile de continuer à expliquer simplement le pourquoi fondamental de la gourmandise infinie de dette publique par les institutions financières: les révolutions coperniciennes n'accouchent pas spontanément. Avec toutefois une petite lumière: Les meilleurs spécialistes s'étonnent qu'un Trésor prétendument en faillite continue de bénéficier d'une demande d'OAT très supérieure à l'offre du dit Trésor ( 12 Milliards d'euros demandé contre 6,2 offerts lors de la dernière adjudication). En revanche ils ne vont guère plus loin dans l'analyse et ne se rendent pas compte que la finance droguée par la monnaie qu'elle crée en continue- sa matière première fondamentale quasiment gratuite-    cherche tout simplement à demander toujours davantage de dette publique pour mieux se rentabiliser. Nous renvoyons ici à notre papier précèdent. 

Entre planche à billets de la finance et planche à billets de l'Etat il faut choisir.

Il semble toutefois que les esprits s'ouvrent et que les meilleurs spécialistes s'inquiètent du cout du capital résultant de la demande croissante de dette publique ( 3600 milliards d'euros pour la France....et 40000 milliards de dollars pour les USA). Cette hausse tendancielle n'est guère compensée par les banques centrales qui maintiennent des taux élevés afin de contenir une inflation elle-même nourrie par les déficits publics. Le marché est donc haussier et tous les taux sont contaminés avec pour résultat une contradiction fondamentale entre l'économie réelle et la finance. Un résultat qui présente 2 dimensions: la plus importante étant que les services de la dette publique raréfient les investissements normalement attendus des activités régaliennes des Etats, l'autre étant qu'un cout plus élevé du capital vienne réprimer les activités de l'économie réelle. La planche à billets de la finance étouffe l'économie réelle.

Aucun économiste en vogue ne se pose la question de cette quasi répression du monde réel par la seule finance. Aucun économiste en vogue ne s'est intéressé au monopole strict de la création monétaire par la finance. Aucun économiste en vogue ne se pose la question de l'origine de la planche à billets de la finance. Aucun économiste en vogue ne se pose la questions de l'imapact de cette planche à billets sur les cours des actifs financiers devenus aujourd'hui détachés de la réalité économique concrète. Pourquoi des cours si élevés pour une croissance économique proche de zéro? 

 Je laisse au lecteur le soin de vérifier ces débats et questions. Pour autant si la monnaie est un bien public permettant de faire circuler la valeur comme les routes sont un bien public permettant de faire circuler les citoyens, il serait normal que l'Etat cesse au moins en partie de déléguer la création monétaire à la seule finance. Il serait donc normal que le Trésor retrouve sa souveraineté et impose à ce qui n'est plus sa banque centrale (elle est devenue autonome depuis un demi siècle) un volume d'achat de dette publique. La dette publique ne serait plus gâteau financier monopolisé par les seules institutions financières mais une coproduction monétaire  entre finance et Etat. De quoi exercer une forte pression à la baisse sur les taux et renouer aves un équilibre entre finance et Etat. 

Entre réprimer la finance et réprimer les Etats et leurs économies il faudrait choisir. Un choix encore impossible dans le cadre institutionnel et intellectuel actuel. Et donc nous bénéficieront d'une campagne présidentielle qui restera dans la vision Ptoléméenne du monde. Marx n'a pas tout découvert et ne savait pas tout mais il savait déjà que la dette publique du 19ième- avec un service de la dette régulier de 2,5% du PIB- était déjà une victoire de la finance sur le capital industriel. 

Quelques grains de lumière?

La prochaine campagne électorale sera peut-être le moment  de quelques bribes de réflexion et de quelques questions de bon sens: Pourquoi la banque centrale française qui a déjà avalé environ 20% de dette publique sur le marché secondaire ne pourrait pas relancer un quantitative easing? Pourquoi le quantitative easing jadis envisagé pour la sécurité des bilans bancaires devient -il interdit pour les Etats? Pourquoi ne pas envisager un emprunt public obligatoire? Etc. Hélas, aucune réponse censée ne sera apportée: la finance ne peut que s'opposer avec radicalité à tout ce qui viendrait réduire son marché. Rétablir un semblant d'autorité financière en raccrochant la banque centrale à l'autorité politique consisterait à mettre fin à la planche à billets financière. Un emprunt public serait en revenir aux vieux bons du Trésor échappant au marché de la dette et donc viendrait réduire le monopole de la finance. Etc. Les prochains débats concernant l'élection présidentielle évacueront , dans toute la mesure du possible, de poser les vraies questions et les économistes en vogue seront très mobilisés. Pas de révolution copernicienne en vue. La finance restera un empire granitique et, même les dangers provoqués par un élargissement infini des dettes publique restent une aubaine de marché, par exemple celui des "couvertures" qui se développent aujourd'hui  et redonnent de la vigueur à celui  des CDS et autres dérivés. 

Jean Claude Werrebrouck- 9 octobre 2026.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le Blog de Jean Claude Werrebrouck
  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
  • Contact

Recherche