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11 juin 2026 4 11 /06 /juin /2026 08:54

 Voici un article bien intéressant publié dans les "7 du  quebec." webmagazine politique québequois. ce papier rejoint par d'autres moyens l'idée défendue dans notre note du 12 Mai dernier '(déclin américain ou nouvelle hégémonie?) Bonne lecture.

Depuis des années, les États-Unis ne dépendent plus directement du détroit d'Ormuz pour leur approvisionnement ni pour leurs exportations pétrolières. Cette réalité marque une transformation historique majeure de leur position énergétique mondiale.

Durant plusieurs décennies, notamment après les chocs pétroliers des années 1970, la sécurité du Golfe persique constituait pour Washington un impératif stratégique vital : l'économie américaine demeurait alors fortement dépendante des hydrocarbures moyen-orientaux, et toute perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz menaçait directement sa stabilité économique intérieure.

La révolution énergétique américaine et le déclin stratégique d'Ormuz

Cette configuration a profondément changé au cours des quinze dernières années sous l'effet de la révolution des hydrocarbures non conventionnels. Grâce à l'exploitation massive du pétrole et du gaz de schiste, les États-Unis sont devenus l'une des premières puissances énergétiques mondiales, à la fois productrice et exportatrice. Leur dépendance structurelle au pétrole du Golfe s'est considérablement réduite. L'essentiel de leurs approvisionnements énergétiques provient désormais de leur propre territoire, du Canada ou d'autres partenaires du continent américain. Quant à leurs exportations pétrolières et gazières, elles transitent principalement par les terminaux du golfe du Mexique et non par les routes maritimes du Golfe persique.

Dans ces conditions, un blocus du détroit d'Ormuz ne pénaliserait pas directement les États-Unis, dont l'approvisionnement et les exportations énergétiques ne dépendent plus structurellement des hydrocarbures du Golfe persique. En revanche, les grandes économies asiatiques, fortement dépendantes des hydrocarbures du Moyen-Orient, seraient immédiatement exposées à de graves tensions énergétiques et industrielles. La Chine, l'Inde, le Japon ou encore la Corée du Sud importent une part considérable de leur pétrole depuis les monarchies du Golfe. Pour ces puissances industrielles, le détroit d'Ormuz demeure une artère énergétique vitale. Son interruption provoquerait des tensions immédiates sur leurs chaînes d'approvisionnement, leurs coûts industriels et leur sécurité énergétique. À l'inverse, les États-Unis disposent aujourd'hui d'une autonomie énergétique relative qui les protège largement d'une rupture matérielle directe des flux pétroliers transitant par le Golfe.

Le choc pétrolier comme levier de puissance géoéconomique

Or, dans un système économique mondial interconnecté, les hydrocarbures obéissent à une dynamique de marché étroitement intégrée, de sorte que toute perturbation majeure dans le Golfe entraîne mécaniquement une flambée des prix internationaux du pétrole et du gaz. Cette hausse des prix possède également une autre dimension souvent sous-estimée : elle tend simultanément à renforcer la position des grandes puissances exportatrices d'énergie. Or, les États-Unis figurent désormais parmi les principales d'entre elles.

Dans ce contexte de hausse durable des cours du pétrole et du gaz, les producteurs américains de pétrole de schiste et les exportateurs de gaz naturel liquéfié voient leurs marges et leur compétitivité internationale augmenter fortement. Plus les prix mondiaux montent, plus l'exploitation des hydrocarbures américains devient rentable, y compris dans des gisements auparavant jugés trop coûteux. Cette dynamique favorise particulièrement les grandes compagnies énergétiques américaines ainsi que l'expansion des exportations vers l'Europe et l'Asie.

La crise ukrainienne a déjà fourni une illustration de ce phénomène. La rupture progressive entre l'Europe et les hydrocarbures russes a entraîné une augmentation massive des exportations américaines de gaz naturel liquéfié vers le marché européen. Les tensions géopolitiques ont ainsi contribué à renforcer le rôle énergétique international des États-Unis. Une crise prolongée dans le détroit d'Ormuz produirait des effets comparables à une échelle encore plus vaste. Plus les approvisionnements du Golfe deviendront instables, vulnérables ou coûteux, plus de nombreux pays importateurs chercheront à diversifier leurs fournisseurs afin de réduire leur exposition géopolitique. Dans cette stratégie de diversification, les États-Unis apparaissent comme un fournisseur relativement stable, disposant de capacités d'exportation considérables et d'infrastructures énergétiques en expansion continue.

L'instabilité chronique du Moyen-Orient ne constitue plus pour Washington un handicap stratégique comparable à celui qu'elle représentait au XXe siècle. À l'époque où l'économie américaine dépendait directement du pétrole du Golfe, toute perturbation régionale menaçait immédiatement ses intérêts vitaux. Aujourd'hui, la situation s'est inversée : un choc pétrolier mondial peut désormais renforcer les intérêts énergétiques et commerciaux des États-Unis en favorisant une hausse durable des prix des hydrocarbures et l'expansion de leurs exportations.

Crise d'Ormuz et recomposition des rapports de force énergétiques mondiaux

C'est dans ce cadre que nous formulons la thèse suivante : un blocage prolongé du détroit d'Ormuz renforcerait objectivement la position énergétique américaine dans l'économie mondiale. Une raréfaction partielle du pétrole du Golfe sur les marchés internationaux, combinée à une flambée durable des prix, augmenterait mécaniquement l'attractivité des hydrocarbures américains. Les importateurs européens et asiatiques, soucieux de sécuriser leurs approvisionnements, seraient incités à accroître leurs achats auprès des producteurs américains, même à des coûts plus élevés.

Même dans l'hypothèse d'une réouverture du détroit sous contrôle iranien assortie de droits de passage élevés, les effets structurels resteraient potentiellement favorables aux exportateurs américains. L'instauration d'un péage stratégique sur l'une des principales routes énergétiques mondiales contribuerait à maintenir durablement des prix élevés ainsi qu'un climat d'incertitude logistique. Dans un marché mondial extrêmement sensible à la stabilité des flux énergétiques, cette situation pourrait encourager une partie croissante des acheteurs internationaux à réduire leur dépendance au Golfe persique au profit de fournisseurs jugés plus sûrs ou politiquement moins risqués, au premier rang desquels figureraient les États-Unis.

Dès lors, la question du détroit d'Ormuz dépasse largement le cadre régional du conflit entre l'Iran et ses adversaires. Elle touche à une recomposition beaucoup plus profonde des rapports de force énergétiques mondiaux. Le contrôle des routes maritimes, la sécurisation des approvisionnements et la redistribution des marchés du pétrole et du gaz constituent aujourd'hui des enjeux centraux de la compétition géoéconomique internationale. Dans cette nouvelle configuration, les États-Unis apparaissent moins comme une puissance vulnérable aux crises du Golfe que comme un acteur susceptible de transformer l'instabilité énergétique mondiale en levier supplémentaire de consolidation de sa puissance géoéconomique.

En conséquence, le blocus du détroit d'Ormuz comme sa réouverture sous contrôle tarifaire iranien serviraient, dans les deux cas, les intérêts énergétiques des États-Unis.

À cet égard, à en croire les discours officiels, Trump prétend vouloir négocier avec Téhéran et rétablir la libre circulation dans le détroit d'Ormuz. Or, à chaque fois que l'hypothèse d'un accord paraît se rapprocher, il torpille lui-même les négociations par de nouveaux bombardements contre l'Iran, révélant ainsi que la prolongation du conflit et le maintien du blocage du détroit d'Ormuz servent davantage les intérêts géostratégiques et économiques du capital américain qu'une résolution rapide de la crise. Plusieurs médias internationaux ont d'ailleurs relevé le décalage croissant entre les déclarations diplomatiques américaines et la poursuite des opérations militaires contre l'Iran. Symptomatiquement, les États-Unis ont repris leurs frappes contre le sud de l'Iran ce mardi 27 mai au moment même où Washington affirmait poursuivre les négociations avec Téhéran, alimentant ainsi les accusations iraniennes de violation de la trêve.

Hydrocarbures, industrie de l'armement et capitalisme militarisé américain

En dernière analyse, les tensions autour du détroit d'Ormuz n'auront pas uniquement bénéficié aux exportateurs américains d'hydrocarbures. Elles auront également contribué à renforcer l'ensemble de l'appareil militaro-industriel étatsunien. Cette guerre contre l'Iran aura stimulé l'expansion des dépenses militaires, la production d'armements, les contrats sécuritaires et les dépendances stratégiques des alliés régionaux de Washington. Elle aura également favorisé l'expansion spectaculaire du budget militaire américain, appelé à passer de moins de 1 000 milliards de dollars à plus de 1 500 milliards à l'horizon 2027. Cette hausse historique des dépenses de défense traduira moins une simple réponse conjoncturelle aux crises géopolitiques qu'un approfondissement de la militarisation structurelle du capitalisme américain et du poids croissant du complexe militaro-industriel dans l'économie des États-Unis. En outre, du fait de la montée des risques géopolitiques, les monarchies du Golfe intensifieront leurs achats d'équipements militaires, de systèmes antimissiles, de technologies de surveillance et d'armements sophistiqués auprès des industriels américains.

Dans cette configuration, la crise iranienne prolongée aura constitué non seulement un facteur de consolidation de la puissance énergétique des États-Unis, mais également un puissant levier de soutien au complexe militaro-industriel américain.

De ce fait, derrière les discours officiels sur la sécurité régionale et la stabilité internationale, la crise d'Ormuz aura participé plus profondément à une dynamique de militarisation du capitalisme américain, où intérêts énergétiques, expansion militaire et logique d'accumulation économique se seront mutuellement renforcés.

En conclusion

Contrairement aux analyses des « experts » médiatiques occidentaux annonçant une déroute américaine au Moyen-Orient, le capital des États-Unis sortira, comme lors des précédentes guerres menées par Washington, renforcé de ce conflit contre l'Iran. Force est de constater que les deux principaux piliers du capitalisme militarisé américain – les hydrocarbures et l'industrie de l'armement – auront tiré d'importants profits financiers de cette guerre délibérément prolongée.

Trump, en agent zélé du capital américain, aura exécuté avec virtuosité la mission que lui avaient assignée ses maîtres. À ce titre, à défaut du prix Nobel de la paix qu'il convoitait tant, Trump mériterait au moins celui de la rentabilisation impériale des conflits.

Khider MESLOUB

 
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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 16:50

La video que nous proposons aujourd'hui est un peu la suite du modèle de compréhension du chaos du monde dans lequel nous sommes plongés et que nous avons tenté de présenter dans la note précédente. ( "comment expliquer le chaos du monde") 

Il nous faut tout d'abord remercier les deux auteurs, Olivier Berruyer et Emmanuel Todd, qui livrent une analyse incomparablement plus solide que celles que l'on peut rencontrer, bien sûr sur les plateaux TV,  les médias, voire même dans les publications académiques. Vous pourrez en particulier découvrir des informations statistiques assorties de commentaires impossibles à découvrir ailleurs....tout simplement parce qu'on ne s'y intéresse pas...

Ces deux heures de présentation de la réalité du monde ne sont toutefois pas exemptes de critiques sur quelques point décisifs. 

-  Le débat  passionnant repose sur un paradigme très anti américain et globalement très anti occidental. Ainsi la guerre en Ukraine aurait été déclenchée par les USA et la victoire probable de la Russie consacrerait le renouveau du pays. 

- La défaite américaine supposée laisse de côté les questions énergétiques. Ainsi il est oublié le fait que l'économie n'est que de l'énergie transformée et que les USA sont de ce point de vue , et de très loin, la première puissance du monde. Aucune mise en avant des stupéfiantes statistiques pétrolières et gazières américaine. Rien n'est échangé à propos de la stratégie planétaire en ce domaine. 

- Rien non plus n'est échangé sur l'IA et les puissances de calculs qui leurs sont associées. Rien n'est exprimé sur les débats contradictoires en ce domaine et rien n'est exprimé sur la construction de la "Pax silica" laquelle pourrait connaitre quelque parenté avec le vieil oligopole pétrolier d'avant la seconde guerre mondiale. 

Au delà de ces remarques la conversation entre les deux hommes est d'un très grand intérêt.  Bonne écoute.

 

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18 janvier 2026 7 18 /01 /janvier /2026 08:22

On trouvera ci-dessous une vidéo réalisée à l'occasion des 200 ans du Figaro, manifestation pour laquelle Emmanuel Todd fut invité. Cette vidéo servira de point de départ à une réflexion que nous menons dans le cadre du Blog et qui s'intitulera probablement : " Comment expliquer le chaos mondial". Bonne écoute.

 

 

 

 

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 09:12

Nous  nous permettons aujourd’hui de publier un extrait de la préface de Ruy Blas écrite par Victor Hugo en 1838. L’histoire ne se répète jamais mais elle est pourtant la grande matière première avec laquelle les sciences humaines peuvent tenter d’échapper au simple bavardage.

Bonne lecture.

« Au moment où une monarchie va s’écrouler, plusieurs phénomènes peuvent être observés. Et d’abord la noblesse tend à se dissoudre. En se dissolvant elle se divise, et voici de quelle façon : le royaume chancelle, la dynastie s’éteint, la loi tombe en ruine ; l’unité politique s’émiette aux tiraillements de l’intrigue ; le haut de la société s’abâtardit et dégénère ; un mortel affaiblissement se fait sentir à tous au dehors comme au dedans ; les grandes choses de l’état sont tombées, les petites seules sont debout, triste spectacle public ; plus de police, plus d’armée, plus de finances ; chacun devine que la fin arrive. De là, dans tous les esprits, ennui de la veille, crainte du lendemain, défiance de tout homme, découragement de toute chose, dégoût profond.

 

Comme la maladie de l’Etat est dans la tête, la noblesse, qui y touche, en est la première atteinte. Que devient-elle alors ? Une partie des gentilshommes, la moins honnête et la moins généreuse, reste à la cour. Tout va être englouti, le temps presse, il faut se hâter, il faut s’enrichir, s’agrandir et profiter des circonstances. On ne songe plus qu’à soi. Chacun se fait, sans pitié pour le pays, une petite fortune particulière dans un coin de la grande infortune publique. On est courtisan, on est ministre, on se dépêche d’être heureux et puissant. On a de l’esprit, on se déprave, et l’on réussit. Les ordres de l’Etat, les dignités, les places, l’argent, on prend tout, on veut tout, on pille tout. On ne vit plus que par l’ambition et la cupidité. On cache les désordres secrets que peut engendrer l’infirmité humaine sous beaucoup de gravité extérieure. Et, comme cette vie acharnée aux vanités et aux jouissances de l’orgueil a pour première condition l’oubli de tous les sentiments naturels, on y devient féroce. Quand le jour de la disgrâce arrive, quelque chose de monstrueux se développe dans le courtisan tombé, et l’homme se change en démon.

 

L’état désespéré du royaume pousse l’autre moitié de la noblesse, la meilleure et la mieux née, dans une autre voie. Elle s’en va chez elle, elle rentre dans ses palais, dans ses châteaux, dans ses seigneuries. Elle a horreur des affaires, elle n’y peut rien, la fin du monde approche ; qu’y faire et à quoi bon se désoler ? Il faut s’étourdir, fermer les yeux, vivre, boire, aimer, jouir. Qui sait ? A-t-on même un an devant soi ? »

 

Préface de Ruy Blas (1838)

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20 novembre 2024 3 20 /11 /novembre /2024 08:17

Nous publions ci-dessous une interview de Marcel Gauchet réalisée par l'équipe du site lescrises.fr. L'entretien consiste en la présentation commentée du dernier livre de l'auteur "Le noeud démocratique, Aux origines de la crise néolibérale". Cet ouvrage est un peu la synthèse de toute l'oeuvre de Marchel Gauchet. 

L'apport essentiel de la conversation nous parait être la grande question du "faire société", question régulièrement posée à partir des nombreuses analyses plus ou moins économiques que l'on trouve dans notre blog. Depuis des dizaines de milliers d'années,, les humains ont généré spontanément les moyens de "tenir ensemble". Ce fut d'abord les Dieux. Ce fut ensuite beaucoup plus récemment l'ordre hiérarchique généré par l'Etat. Ce que nous appelons la question du "Big bang" des Etats dans le blog. Marcel Gauchet pense que la mise en cause fondamentale de la hiérarchie et la radicalisation de l'idée de liberté ont fait disparaître les ingrédients qui faisaient que "l'atome" (l'individu) restait élément d'une 'molécule' plus ou moins grande (la société). Une disparition engendrant  la crise de l'ordre démocratique.

Longtemps, les économistes ont considéré que la liberté de l'atome engendrait un ordre de marché lui-même porteur d'un intérêt général : "l'atome libre" fabrique la stabilité  moléculaire. Ce n'est manifestement plus le cas aujourd'hui. 

Marcel Gauchet est très souvent critiqué par nombre de spécialistes des sciences humaines en particulier les sociologues et politistes. Nous pensons au contraire qu'il est un grand penseur de notre temps.  Il  a su, à partir de mots simples, produire avec beaucoup d'humilité un modèle de représentation du monde dépassant largement les interprétations de ses critiques.

Le livre n'a été publié qu'en Octobre dernier et fournit les bases d'une interrogation nouvelle : Comment interpréter ce qui est en train de se passer, à savoir  l'ascension d'un nationalisme étroit, associé à un ultra libéralisme échevelé, encouragé par la numérisation ? 

Si l'on s'en tient aux enseignements de Marcel Gauchet, nous sommes passés d'un monde de l'économie enkystée dans un ordre hiérarchique ( l'Etat-Nation) à un monde de totale liberté des marchés (mondialisation), monde  tuant l'ordre hiérarchique de l'Etat-Nation. D'où l'évolution de l'identité de ce qu'on appelle l'entreprise : entité articulée à un Etat-Nation, puis entreprise  multinationale, puis entreprise globale. Le phénomène curieux que l'on constate avec la vague Trumpiste est l'articulation d'un Etat-Nation réarmé avec l'entreprise globale qui en est la négation. La vague Trumpiste est-elle susceptible d'inventer une nouvelle façon du "tenir ensemble"?

Bonne écoute et bonne réflexion.

PS: nous tenterons prochainement de lire les évènements présents à partir de la grille de lecture proposée par Marcel Gauchet. A ce titre nous recommandons au delà de la vidéo de lire de façon attentive l'ouvrage. 

 

 

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14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 17:01

Nous proposons ici une vidéo correspondant à un débat avec  Pierre Dardot. Dans cet enregistrment, ce dernier, philosophe de profession,  est interrogé par Olivier Berruyer dans le cadre de sa chaine Elucid. Bonne écoute.

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15 octobre 2023 7 15 /10 /octobre /2023 07:33

Nous avons publié de nombreux articles consacrés à l'énergie , articles repris dans un certain nombre de revues. Sur le blog nous avons: 23 articles et vidéos consacrés à la question:

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/03/retour-sur-le-marche-de-l-electricite.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/03/les-dessous-d-un-marche-de-l-electricite.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/02/qui-s-interessera-au-demantelement-du-faux-marche-de-l-electricite.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/02/les-chemins-divergents-de-l-electricite-et-de-l-industrie.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/01/peut-on-transformer-le-marche-europeen-de-l-electricite.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/01/la-revision-des-contrats-de-fourniture-d-electricite-quelle-realite-partie-2.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2023/01/la-revision-des-contrats-de-fourniture-d-electricite-quelle-realite-partie-1.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/12/dernier-pdg-d-edf.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/12/la-destruction-programmee-d-edf-l-audition-d-henri-proglio.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/12/audience-de-l-ifri-energie-climat.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/12/electricite-un-debut-de-prise-de-conscience-7.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/11/l-overdose-financiere-la-face-cachee-de-la-liberalisation-du-secteur-de-l-energie.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/11/la-crise-energetique-francaise-comme-construction-politique.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/10/mettre-fin-au-pretendu-marche-de-l-electricite.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/10/edf-la-dialectique-du-demantelement-et-de-la-nationalisation.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/09/prix-de-l-electricite-un-probleme-sans-solution.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/09/marche-de-l-electricite-vers-une-crise-du-couple-franco/allemand.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/09/electricite-passer-d-un-capitalisme-de-connivence-bureaucratique-a-un-service-public-rationnel.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/09/le-g7-et-le-prix-plafond-pour-le-petrole-russe-consequences.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/08/edf-va-t-on-achever-la-bete-apres-l-avoir-tant-saignee.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/07/ce-que-pourrait-etre-une-nationalisation-d-edf.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/02/en-route-vers-une-nouvelle-crise-de-l-energie.html

http://www.lacrisedesannees2010.com/2022/01/delirante-annee-2022-l-equivalent-de-40-du-budget-militaire-de-la-france-pour-sauver-le-marche-de-l-electricite.html

Nous proposons aujourd'hui un entretien avec Aurélien Bernier, entretien  réalisé par Olivier Berruyer dans le cadre d'Elucid. Aurélien Bernier n'est pas simplement journaliste et son travail pour lequel il a consacré plusieurs livres est impressionnant. Il est certainement l'une des très rares personnes qui en France maitrise bien les contours du marché de l'électricité. L'audition qui dure 1H30 apporte des précisions fondamentales que l'on peut résumer en quelques points:

- l'origine chilienne du modèle qui sera retenu en Europe. 

- les caractéristiques de la matière première électricité par rapport aux autres produits et services, ce que nous  avions déjà brièvement évoqué dans le blog.

- l'impossibilité de faire fonctionner un marché de l'électricité sans une bureaucratie d'accompagnement extraordinairement lourde. La Commission de Régulation de l'Energie, ses 200 fonctionnaires et ses nombreux satellites est une monstruosité bureaucratique.

- La très difficile dynamique de l'offre compétitive avec des acteurs qui deviennent spontanément des passagers clandestins, voire simplement prédateurs de l'outil de production.

- La quasi impossibilité pour la France de sortir du marché selon les modalités  de L'Espagne et du Portugal: les interconnexions sont beaucoup trop importantes pour une vraie sortie et les actuels débats sont voués à l'échec. Le gouvernement français le sait maintenant.

- L'impossibilité d'un chambardement réel en raison du caractère constitutionnalisé des règles européennes du jeu. Il n'y a pas de plan B possible pour le gouvernement français sauf à quitter l'Union Européenne.

- Et surtout l'impossibilité d'une nationalisation qui au-delà de fausses entreprises qui ne font que du négoce rencontrerait  l'hostilité du Groupe Total Energie et d'Engie. De quoi revenir à 1981....après avoir quitté l'Union européenne...Cela fait beaucoup.

Au delà de ces points essentiels, on regrettera l'oubli du processus historique qui a amené EDF dans une situation aussi critique. La volonté de créer un marché de l'électricité devait passer par l'abandon, voire le démantèlement,  d'une entreprise qui était la plus performante de la planète dans son domaine.

Bonne réflexion à partir de ce très riche échange qui  nous confirme que les décideurs, c'est-à-dire le personnel politico administratif n'avait pas une connaissance précise de ce qu'était l'industrie de l'électricité. Un personnel qui ne voit toujours pas que l'invention d'un marché de l'électricité est un outil parfaitement incapable de nous faire parvenir à l'indépendance énergétique....l'indépendance ne s'atteint pas avec de purs players sur les bourses mais avec de vrais industriels. 

 On peut au moins espérer que les actuels négociateurs français en discussion avec les allemands savent pourquoi ils sont perdus. Perdre en sachant pourquoi est quand même préférable au fait de perdre sans même comprendre. Espérons que Bruno Lemaire comprend pourquoi il aura perdu dans quelques jours.

 

 

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11 septembre 2023 1 11 /09 /septembre /2023 07:17

Olivier Berruyez vient de publier sur son site une excellente vidéo consacrée aux dangers du système bancaire. Après un rappel des règles de fonctionnement d'une banque à partir de la présentation d'un bilan simplifié, l'auteur met en évidence l'immense danger du passage à la financiarisation et le développement incontrôlé de la banque universelle. En fin de vidéo l'auteur insiste beaucoup sur la spécificité du système français beaucoup plus dangereux, de par son poids extravagant, que les systèmes bancaires européens et en particulier allemand.. Mais le plus important est le danger chinois qui pourtant n'est qu'entrevu par l'auteur lequel  précise toutefois qu'il est trois fois supérieur au danger américain. 

Bonne écoute

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19 juin 2023 1 19 /06 /juin /2023 06:00

Nous publions ci-dessous une vidéo extraite de la chaine ELUCID  créée par Olivier Berruyer. Concrètement il s'agit d'un interview d' Emmanuel Todd. Le titre brutalement asséné est suivi d'un contenu tout aussi radical: avec comme hypothèse centrale, l'abandons par  les élites européennes du projet européen au profit d'un ralliement complet au monde anglo-saxon. Les arguments développés relèvent d'une description intéressante: déplacement de la richesse depuis les banques suisses vers les paradis fiscaux Anglo- saxons , montée de la confiance envers l'OTAN au détriment de Bruxelles, etc. Simultanément, Emmanuel Todd s'interroge sur les fondements d'un tel mouvement en développant sa thèse de l'irrationnalité de l'élite européenne, une élite incapable de se rendre compte de réelles difficultés américaines qu'il croit pouvoir lire dans des statistiques démographiques indiscutables: augmentation de la mortalité infantile aux USA, baisse de l'espérance de vie, etc. 

La pensée d'Emmanuel Todd, toujours vigoureuse, pourrait encore s'affiner en prenant en compte les grands mouvements du monde: délitement de l'Etat-Nation à l'occidentale dans l'idéologie de la mondialisation (avec son exception américaine), et construction d'autres Etats, qualifiés naguère de périphériques ou "mous", et  se nourrissant de la même mondialisation. Cet élargissement du cadre permettrait de mieux saisir ce qu'il appelle la fin de l'Europe, à savoir un effondrement provoqué par un projet devenu celui d'un autre temps. Une construction à contre -temps sur laquelle des noyés cherchent à se raccrocher. Dans ce cadre élargi on pourrait ainsi mieux saisir ce que Todd appelle l'irrationnalité. l'élite européenne n'est pas irrationnelle, elle joue simplement un mauvais jeu car n'en connaissant pas les règles fondamentales. Plus concrètement si l'élite allemande avait eu conscience de ces réalités fondamentales, elle aurait pu mieux construire et sécuriser ses relations avec la Chine et la Russie. L'élite allemande n'est pas irrationnelle, elles est simplement insuffisamment compétente. 

Bonne écoute et bonne réflexion..

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27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 08:43

 

Nous avons à plusieurs reprises souligné la progressive évolution des banques centrales en proto-Etats. Cela ne doit pas étonner les historiens de la monnaie qui peuvent nous rappeler les antiques hôtels des monnaies voire les banques centrales d'avant la prétendue indépendance de ces dernière acquises à la fin du siècle dernier. La vidéo proposée  s'appuie sur la monnaie digitale de banque centrale pour montrer les dérives possibles de l'avenir de la monnaie et la grande confusion qui pourrait résulter de ce qu'on pourrait appeler les "hôtels des monnaies à l'ère du numérique".  La vidéo proposée est bien évidemment caricaturale et manque d'une réelle profondeur d'analyse. Elle nous servira néanmoins d'introduction à un prochain billet.

Bonne écoute.

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