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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 08:27

 Résumé:                  

Le présent texte propose un principe d'explication du monde. A partir de postulats simples, il permet de comprendre et de resituer les grands évènements qui semblent mobiliser l'actualité : l'économie comme puissance hégémonique, la décomposition/recomposition des Etats dans la mondialisation, la crise du politique, l'étiolement de la démocratie représentative au profit d'une oligarchie politico-financière, l'individualisme radical, l'effacement progressif des droits sociaux dans les anciens pays développés,etc.

Autant de faits constatés à la "surface des choses", mais faits qu'il convient de relier dans un système global d'explications. Comme tout modèle, il  doit être confronté à la réalité. Aux lecteurs de s'y livrer.                             

Le monde dit post-moderne semble s'annoncer sous l'étendard du marché généralisé et de la démocratie représentative. Pour l'essentiel, il comprend 3 catégories d’acteurs : le groupe des entrepreneurs politiques, celui des entrepreneurs économiques et celui des citoyens/ salariés/ consommateurs/ épargnants ( « CSCE »).

Les producteurs de l’universel

Le premier groupe est constitué d’acteurs en concurrence  pour l’accès à ce monopole qu’est l’Etat. Animés par un intérêt privé -pour l'essentiel le goût du pouvoir - ils professionnalisent une fonction et transforment en métier, l’édiction de l’universel de la société, à savoir la production du cadre institutionnel et juridique général.

A ce titre, il y a  utilisation classique d'outils de la contrainte publique à des fins privées. L’objectif privé est la conquête ou la reconduction au pouvoir, utilité pour laquelle il faut supporter et reporter un ensemble de coûts : programmes se transformant en textes, se transformant eux-mêmes en impôts/dépenses publiques, ou se  transformant en redistribution des niveaux de satisfaction des divers agents relevant du monopole étatique.

La démocratie ne change pas fondamentalement les données du problème puisque la puissance publique ne peut-être que ce qu’elle a toujours été : un monopole. Il y a simplement concurrence à partir d’un appel d’offres : quels entrepreneurs auront la charge de la promulgation des textes qui s’imposent à tous et sont donc bien œuvre d’une entreprise monopolistique à savoir l’Etat ?

Un probable  moyen de limiter l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées serait l’interdiction de la professionnalisation de la fonction politique. Un interdit passant par un texte, on voit mal pourquoi les entrepreneurs politiques adopteraient une stratégie allant contre leur intérêt de reconduction sans limite,  au pouvoir. En démocratie représentative la professionnalisation  de la fonction politique est ainsi devenue un fait quasi hégémonique, avec une nouveauté qu’il convient de souligner par rapport à la forme antérieure de l’aventure étatique : les entrepreneurs politiques de l’âge démocratique cessent de masquer l’accaparement de la contrainte publique à des fins privées par la figure du divin, ou celle du héros souvent tyrannique, et ne sont plus que de simples et paisibles  gestionnaires d’une entreprise profane appelée Etat.

D’où -en terme de vocabulaire- le glissement du « politique » en « bonne gouvernance » et l’idée associée selon laquelle il n’y aurait plus besoin d’un Etat pesant,  surplombant tous les acteurs. L'Etat devient idéologiquement une entreprise qu'il faut gérer comme telle.

Les biens ainsi produits par l’entreprise-Etat, les « règles du jeu social », parce qu’universelles par nature, peuvent ainsi apparaitre comme porteuses d’un "intérêt général". Et la confusion est vite établie : les entrepreneurs politiques auraient ainsi la lourde mission de produire de l’intérêt général, alors qu’ils doivent surtout veiller à un programme de conquête du pouvoir ou de reconduction au pouvoir. De fait,  les textes sont toujours des compromis entre acteurs ou groupes d’acteurs aux intérêts divergents, le pouvoir étant donné à ceux pour qui ces compromis concernent positivement, réellement ou imaginairement,  une majorité d’électeurs.

N'en déplaise aux juristes,nul intérêt général, impossible à définir, ne peut être lu dans un texte, qui par nature, fixant le champ des possibles, est nécessairement fait de contraintes que beaucoup voudraient enjamber et dépasser. Ce qui est réel dans l'intérêt général, c'est la croyance dont il est l'objet.

 

Les producteurs de biens économiques

Le second groupe est constitué d’acteurs en compétition entre eux sur le marché des biens économiques. Les entrepreneurs économiques ont plus de difficulté que les entrepreneurs politiques à s’exprimer avec conviction sur l’idée d’un intérêt général dont ils seraient les producteurs. C’est que les biens économiques ne surplombent pas la société comme le fait son « système juridique ». La baguette de pain du boulanger ne surplombe pas les acteurs comme le fait le Code Civil.

Pour autant, ils disposent d’un outil théologique exprimant la fiction d’un intérêt général : la théorie économique.

Cette dernière prétend enseigner que, mus par des intérêts particuliers, les entrepreneurs économiques fabriqueraient un intérêt général : la fameuse main invisible de Smith. Certains en déduisent d’ailleurs que le paradigme de l’économie, s’il était  suffisamment répandu, permettrait  de se passer de cet universel qu’est l’Etat. Le monde pouvant ainsi passer de son âge politique à son âge économique. Et avec lui, le passage de l’Etat-Nation à la mondialisation…, l’Universel ultime - celui de la fin de l’histoire  qui fût si difficile pour le genre humain - étant l’économie, comme instance bienfaitrice et réconciliatrice de toute l’humanité.

La compétition sur le marché des biens économiques passe aussi par des interventions sur le monopoleur qui fixe les règles du jeu : il faut « capturer »  la règlementation et se faire aider par les entrepreneurs politiques et leurs collaborateurs d’une «  haute fonction publique » pour gagner des parts de marché, être protégés contre des agresseurs économiques, voire pour créer de nouveaux marchés ( 1). 

Le politique  devient l’art de continuer le jeu de l’économie par d’autres moyens : A charge du politique, de bien vendre la règlementation sur le marché politique où il rencontre, en démocratie,  régulièrement les électeurs. Ce qu’il faut simplement constater à ce niveau c’est que d’autres intérêts privés, ceux des entrepreneurs économiques utilisent à l’instar des entrepreneurs politiques, les outils de la contrainte publique aux fins de satisfaire leurs intérêts.

 

Les citoyens/salariés/consommateurs/épargnants

Le troisième groupe est peut être davantage hétérogène. Il s’agit de tous les acheteurs de biens politiques d’une part, et de biens économiques, d’autre part.

Porteurs de statuts multiples et pour l’essentiel : citoyens plus ou moins engagés dans des valeurs ou croyances, salariés, consommateurs, épargnants, (on les appellera dorénavant les « CSCE »), ils peuvent être en compétition entre eux (groupes d’intérêts), voire connaitre des conflits de statuts, lesquels ne sont pas toujours réductibles à un ensemble de cercles concentriques.

La même personne étant le plus souvent appelée à valider/supporter des rôles différents, Il peut exister  des temps historiques où les CSCE connaissent une grande dissociation : l’intérêt du salarié est dissocié de celui du consommateur ;  l’intérêt du citoyen est dissocié de celui de l’épargnant ; la vision du citoyen est dissociée de celle du consommateur ou de l'épargnant,etc. Mais il peut être des temps historiques où plusieurs de ces intérêts, voire tous vont dans le même sens(2). Bien évidemment les valeurs et croyances du citoyen, variables selon les espaces, apportent des colorations spécifiques à l'Universel : la représentation qu'un Allemand se fait de l'Etat est très différente de celle du citoyen Français. Il en découle des modes de fonctionnement différents des marchés politiques.

La conjonction présente du marché et de la démocratie représentative fait des CSCE un groupe apparemment aussi important que les deux premiers. Parce que clients sur le double marché politique et économique, les entrepreneurs qui leur font face  doivent en principe les satisfaire. La réalité est toutefois infiniment plus complexe : les CSCE peuvent comme les entrepreneurs politiques « capter » la réglementation en achetant avec leurs voix des dispositifs avantageux comme salariés ou consommateurs, ce que certains appelleront  le « social- clientélisme ».

En ce sens, ils sont comme les autres acteurs (entrepreneurs politiques et économiques) attirés par l’utilisation de l’universel afin de satisfaire leurs intérêts privés. L’universel, donc le monopoleur ou l’Etat, est ainsi un champ de bataille important entre les 3 groupes d’acteurs.

Dans un monde dit "postmoderne", faisant valoir ou masquant des intérêts privés, ils cessent d’entrer en conflit sur la base d’idéologies pour ne s’engager que sur des arguments issus de la raison.

D’où la très forte  odeur de  théorie économique dans les discours et débats qui animent le monde. Chacun réduisant l’analyse de l’interaction sociale à une physique sociale, les simples corrélations entre faits - inflation, croissance, chômage, échanges extérieurs, salaires , productivité, etc. - devenant d’indiscutables causalités sur les tables de négociations- avec de possibles moments « TINA » (« There Is No Alternative »). En sorte que si, jadis, le marxisme pouvait selon Jean Paul Sartre  être « l’horizon indépassable de notre temps » la théorie économique, dite orthodoxe, semble pouvoir aujourd’hui lui être substituée.

Mais le jeu social se complexifie aussi en raison de l'évolution des intérêts et rôles affectant les 3 statuts évoqués. Au delà de l'hétérogénéïté des intérêts à l'intérieur de chaque catégorie -dissociation entre entrepreneurs de l'économie réelle et entrepreneurs de l'économie financière par exemple- des conflits ou/et communautés d'intérêts peuvent déboucher sur des stratégies d'alliances ou de rupture,  générant une lente dégradation de la démocratie en oligarchie.

Toutes choses qui méritent davantage d’explications.

 

Mouvement des intérêts et bouleversement des compromis

L’articulation des trois groupes précédemment définis est nécessairement instable en raison du caractère toujours éphémère des compromis passés.

Le groupe des entrepreneurs économiques est probablement le plus éclaté en raison de cette guerre de tous contre tous qu’est la concurrence économique. Par nature, il est plus ouvert, car  les marchés se sentent parfois à l’étroit à l’intérieur d’une structure qui s’est souvent constituée comme Etat-nation hérissé de frontières. Les entrepreneurs économiques sont ainsi amenés à discuter de ces barrières à l’entrée/ sortie que sont  les frontières. Certains - trop faibles- veulent être protégés, d’autres -notamment la finance- souhaitent le grand large. Les négociations qui s’ensuivent avec les entrepreneurs politiques ne peuvent laisser de côté la question monétaire  que le sous-groupe des entrepreneurs de la finance ont historiquement toujours disputé aux entrepreneurs politiques : faut-il privatiser le bien public monétaire

Historiquement, le groupe des entrepreneurs économiques souhaitant l’ouverture et la fin de l’Etat-Nation, l'a emporté. Dans un vieil Etat-Nation comme la France, il affronte durement les entrepreneurs politiques et leurs collaborateurs de la « haute fonction publique » et exige une modification globale des règles du jeu : diminution des droits de douane, adoption des standards internationaux en tous domaines, libre convertibilité monétaire et libre circulation du capital, abandon des pouvoirs monétaires détenus par l’Etat, indépendance de la banque centrale, etc.

Autant d’exigences qui ne peuvent être satisfaites si les entrepreneurs politiques en paient le prix sur les marchés politiques : la non reconduction au pouvoir… Sauf s’il y a bien dissociation des intérêts chez les CSCE d’une part, et passage aisé du statut d’entrepreneur politique à celui d’entrepreneur économique, d’autre part. Passage devenant communauté d'intérêt qu’il nous faut brièvement étudier.

La forme démocratique de l’Etat charrie encore les vestiges de sa forme antérieure, où la figure du divin ou du héros est devenue  « patrie » encore suffisamment sacralisée, pour engluer le citoyen dans une infinité de devoirs, dont parfois celle du sacrifice suprême.

Le passage du politique à la simple « bonne gouvernance » fera muter  le citoyen supportant des devoirs au profit de l’individu cherchant à « capturer » la règlementation à son avantage. Devenu "individu désirant", Il copie ainsi les entrepreneurs économiques, même si le « capital social » dont il dispose en fait un lobbyiste moins performant.(3)

Parce que moins citoyen, la réalité lui apparait plus émiettée. Et parce que moins citoyen d’un « bloc Etat-Nation » dont il  conteste la légitimité, il ne se représente plus le système économique comme le ferait un keynésien, c'est-à-dire un circuit. Même dépourvu de culture économique, pour lui l’économie est moins un circuit qu’un ensemble de marchés. Changer de statut et passer du citoyen à l’individu c’est aussi changer la vision que l’on a sur le monde.(4)

Le citoyen devenu individu, peut lui aussi vouloir l’ouverture sur le monde, il apprécie les marchandises étrangères moins coûteuses, une épargne assortie d’un taux de l’intérêt positif, etc. Et s’il existe une contradiction entre l’intérêt du salarié et celui du consommateur, il peut capter une réglementation compensatrice de celle qui sera accordée aux entrepreneurs économiques mondialistes.(4)

Dans un monde qui génère des gains de productivité tout en restant fermé dans l’Etat- Nation, la dissociation entre le statut de salarié et celle de consommateur n’est guère envisageable durablement. Historiquement, la crise de 1929 est celle d’une dissociation que les entrepreneurs politiques ont dû réduire en édifiant la sociale-démocratie.

Il est probable que le citoyen devenu individu désirant" ait une grande conscience de la dissociation majeure qui existe entre le statut de salarié et celle de consommateur en recherche de toujours plus de "low cost". Peut-être fait-il aussi un lien, entre l’emploi qu’il trouve trop rare ou trop mal rémunéré et une finance gigantesque, qui élargit l’éventail des rémunérations et développe l’approfondissement des situations rentières. Mais ces prises de conscience ne l’inviteront pas à acheter aux entrepreneurs politiques un dispositif réglementaire rétablissant davantage de cohérence. Et ce, d’autant qu’il est lui-même bénéficiaire d’une rente  – le social-clientélisme – qui se nourrit lui aussi de la rente : la dette publique. La théorie/théologie économique orthodoxe est là pour lui confirmer, si nécessaire, l'effacement de la cohérence du circuit au profit de l'infini éparpillement des marchés auto-régulés. Le moment "TINA" s'épanouit dans le logiciel intellectuel de "l'individu désirant".

Les entrepreneurs politiques et leurs collaborateurs de la haute fonction publique,  restent des personnages fondamentaux malgré la contestation des autres groupes qui, eux-mêmes, sont en conflit entre eux. « L’universel » se trouve sans doute de plus en plus décentré et souffre de déficit de cohérence, ce que certains appelleront la crise de l’Etat, il reste pour autant le lieu d’affrontement qu’il a toujours été et le demeurera. L’ Etat et ses entrepreneurs sont toujours présents et ce, même si dans le monde des apparences leur retrait semble constaté. Ainsi, parce que le citoyen est progressivement devenu individu dissocié, les entrepreneurs politiques -même idéologiquement démonétisés- ne paient pas nécessairement le prix électoral des nouvelles réglementations achetées par les entrepreneurs économiques.

 

Bouleversement des compromis et émergence d’une forme oligarchique d’Etat

 Un autre argument peut intervenir : la grande porosité qui va se créer entre les 2 groupes d’entrepreneurs, et grande porosité qui va dégrader la démocratie au profit de l’oligarchie. Si la capture de la règlementation, par exemple celle qui autorisera la mondialisation, se fait souvent par le harcèlement du régulé sur le régulateur, par exemple celui des 15000 lobbyistes de Bruxelles sur les instances de décision correspondantes, elle peut aussi s’opérer de façon plus radicale : la fusion du régulateur et du régulé.

Ici, le producteur/détenteur de l’universel, c'est-à-dire l’entrepreneur politique, « part avec la caisse » et devient entrepreneur économique. La France constitue un modèle de cette fusion. Mais le même résultat peut être obtenu en parcourant le chemin inverse : le régulé devient le régulateur et  ainsi « ouvre la caisse » au profit de toute une profession. Les USA constituent un modèle de ce second type de fusion.

C’est bien évidemment dans ce qui a toujours constitué le point d’intersection entre intérêts politiques et intérêts économiques que ces fusions sont les plus emblématiques et les plus fondamentales : le système monétaire et financier. Ainsi,  grandes banques et Banque centrale sont en France dirigées par de hauts fonctionnaires. Ainsi aux USA, le Trésor lui-même et la Banque centrale sont généralement dirigés par un banquier. Le résultat de cette fusion est bien évidemment l'ascension vertigineuse de la finance dans le total des PIB avec des entreprises financières dont le total du bilan dépasse couramment le PIB du pays- hôte.

Porosité par harcèlement, ou mieux par fusion, permet aux deux groupes d’entrepreneurs de se dégager partiellement et progressivement des contraintes de l’âge démocratique de l’aventure étatique. C’est que le coût politique de la capture de la réglementation, déjà diminué en raison de la dissociation du groupe des CSCE, diminue encore si les entrepreneurs politiques peuvent connaitre un prolongement de carrière dans l’aventure économique : la perte des commandes de l’universel, une perte qui n'en est pas une puisque simplement confiée à des collègues, peut être point de départ d’une activité autrement rémunératrice. D’où la naissance d’un groupe social en apesanteur, groupe aidé dans ce nouveau statut par le développement du mondialisme, avec, en conséquence, le passage du stade démocratique vers un stade plus proche de l'oligarchie. Ce que certains évoquent en utilisant l’expression de   « surclasse ».

Bien évidemment, le fonctionnement des marchés politiques s’en trouve transformé. Souvent duopoles avec barrières à l’entrée très élevées, la quête de l’électeur médian avait déjà rétréci la distance entre les programmes des deux grandes entreprises que l’on trouvait souvent dans l’âge démocratique des Etats.

La porosité puis la fusion ne peuvent que renforcer l’étroitesse de l’éventail de l’offre politique, avec une difficulté de plus en plus grande à distinguer une droite d’une gauche, et au final le sentiment de grande confusion… avec toutefois alignement général sur les impératifs de l’économie. Alignement qui n’est que la conséquence logique du processus de fusion en cours : entrepreneurs politiques et entrepreneurs économiques qui étaient en même temps citoyens ne sont plus que des « individus désirants » pataugeant dans mille conflits d’intérêts ou délits d’initiés . Et aussi, alignement qui développe des effets pervers : les CSCE les plus éloignés d’une possible intégration dans le groupe des oligarques s’organisent en dehors du duopole classique -les partis ayant vocation à gouverner- et deviennent clients d’entreprises politiques nouvelles, étiquetées sous le label de partis contestataires, ou « populistes ».

En mondialisation, les Etats et leurs entrepreneurs ne disparaissent pas, Il y a simple transformation de leur rôle. (6)

 Cette altération passe par une certaine fin de l’âge démocratique au profit de l’émergence d’un stade oligarchique avec une utilisation de la contrainte publique à des fins privées davantage réservé à un petit groupe d’individus.

Pour l’immense majorité, les droits de l’homme semblent se rétrécir à leur définition libérale : vie, liberté, propriété , en abandonnant doucement des droits sociaux que l’âge démocratique avait permis d’engendrer.

Le présent texte se veut  simple grille de lecture du réel ou  contribution à la connaissance d’un monde qui ne cesse de se transformer : non, monsieur Fukuyama, l’histoire n’est pas terminée.

 

(1) Ce que certains appellent le capitalisme de connivence.

(2) Par exemple il est clair que le consommateur d'un pays développé aimera les marchandises en "low-cost" issues de pays émergents...marchandises venant contester son salaire et son emploi. Il est tout aussi clair que l'épargnant préférera l'euro qui le protège contre des dévaluations dangereuses, alors même que son statut de salarié lui indique des intérêts autres. etc.

(3) c'est probablement de cette façon qu'il faut comprendre la dislocation de certains vieux Etats-Nation se heurtant à la modialisation. Par exemple les Ecossais deviennent étrangers à la "Britannité"  et contestent l'entrepreneuriat politique britannique. Chez les Catalans il n'y a pas de patrie espagnole, etc.                                             

(4) Par exemple les français veulent l'euro et refusent les réformes structurelles qui lui sont obligatoirement attachées. On exige sa dimension "drogue" et on refuse sa dimension "poison".

(5) D'où l'ambiguïté d'un socialisme fasciné par les marchés.

(6) Il est pourtant des cas de figure où historiquement l'Etat étant jeune, mal constitué, voire imposé de l'extérieur, le passage à la mondialisation peut devenir dramatique. C'est le cas de tous les "failed states". C'est aussi parfois le passage aux formes pré-étatiques de la prédation ( Etat Islamique?).

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Published by Jean Claude Werrebrouck
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BA 26/10/2014 16:21

Nous sommes dimanche après-midi !

Et qu'est-ce qu'on regarde à la télévision le dimanche après-midi ?

A la télévision, on regarde les stress-tests des banques européennes !

C'est trop mignon, les stress-tests des banques européennes !

On regarde « L'école des fans » !

C'est un programme télévisé trop mignon !

Une douzaine de petits enfants chantent une oeuvre de leur chanteur préféré, un enfant après l'autre. Quand un enfant a fini sa chansonnette, les autres doivent lui donner une note, de 0 à 10 !

A la fin de « L'école des fans », aucun enfant n'a gagné, aucun enfant n'a perdu, tous repartent avec plein de cadeaux, c'est trop mignon !

Hé bé les stress-tests des banques européennes, c'est pareil !

81 % des banques européennes seraient suffisamment capitalisées pour résister au prochain krach !

100 % des banques françaises seraient suffisamment capitalisées pour résister au prochain krach !

Toutes les banques françaises ont gagné, avec la note maximale, 10 sur 10 !

Les banques françaises repartent avec plein de cadeaux, des posters de Dorothée, des disques de Chantal Goya, tout ça !

Regardez bien notre émission télévisée « Les stress-tests des banques européennes » :

http://www.dailymotion.com/video/x2ztk7_l-ecole-des-fans-1982_music

BA 24/10/2014 21:20

Vendredi 24 octobre 2014 :

Budget : François Hollande et Matteo Renzi refusent d'amender leurs projets.

Mercredi soir, la Commission européenne a envoyé un courrier à cinq pays - Italie, France, Autriche, Slovénie et Malte - pour leur demander des explications sur leur projet de budget 2015. Jeudi soir, les questions économiques n’étaient pas au menu du Sommet européen. C’est au programme de ce vendredi matin. Mais dès jeudi, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et le président français François Hollande ont réagi, tous deux sur la défensive, mais dans des styles très différents…

Le jeune et bouillant Italien a choisi d’aller au clash avec le président sortant de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et de publier les reproches de Bruxelles avec un tweet : «openeurope». Matteo Renzi s’est ensuite lancé dans une diatribe sur la nécessaire transparence, la publication des données, de toutes les données, y compris pour savoir «combien on dépense dans ces palais bruxellois, ce qui sera très drôle» !

François Hollande a, lui, évoqué une lettre «administrative», «très banale», qui ne méritait pas d’être publiée et qui s’inscrivait dans un dialogue continu entre Paris et la Commission européenne.

http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203885854449-budget-francois-hollande-et-matteo-renzi-refusent-damender-leurs-projets-1057139.php

Rappel :

La France et l'Italie sont en faillite.

Mais surtout, la France et l'Italie sont deux très gros contributeurs au budget européen. Ce sont elles qui financent le plus (avec l'Allemagne) l'énorme machin « Union Européenne ».

Si la France et l'Italie tombent, tout le château de cartes européen tombe avec elles.

ET DONC la Commission européenne ne peut rien faire contre la France et l'Italie, sinon la Commission européenne se suicide.

Dette publique de la France : 2023,668 milliards d’euros, soit 95,2 % du PIB.

Dette publique de l'Italie : 2168,855 milliards d’euros, soit 133,8 % du PIB.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23102014-AP/FR/2-23102014-AP-FR.PDF

BA 23/10/2014 11:36

Depuis des années, la BCE prête des centaines de milliards d'euros aux banques européennes. Avec cet argent, les banques achètent des obligations émises par leur Etat.

Les banques italiennes achètent des obligations de l'Etat italien. Les banques espagnoles achètent des obligations de l'Etat espagnol. Les banques portugaises achètent des obligations de l'Etat portugais. Etc.

Regardez bien les graphiques 3A et 3b :

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=74349

En clair : il ne reste plus que la BCE pour empêcher l'effondrement généralisé des Etats européens.
Malheureusement, cette gigantesque bulle de dette publique continue à gonfler.
Malheureusement, cette gigantesque bulle de dette publique ne peut pas gonfler jusqu'au ciel.
Il arrive toujours un moment où une bulle finit par faire …
… plop !
La Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Irlande, Chypre, la Belgique, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni sont en faillite.

Jeudi 23 octobre 2014 :

La dette publique en hausse à 92,7% du PIB dans la zone euro.

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 317,499 milliards d’euros.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2168,855 milliards d’euros.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 224,129 milliards d’euros.

4- Irlande : dette publique de 209,702 milliards d’euros.

5- Chypre : dette publique de 19,365 milliards d’euros.

6- Belgique : dette publique de 433,274 milliards d’euros.

7- Espagne : dette publique de 1012,606 milliards d’euros.

8- France : dette publique de 2023,668 milliards d’euros.

9- Royaume-Uni : dette publique de 1552,344 milliards de livres sterling.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23102014-AP/FR/2-23102014-AP-FR.PDF

BA 16/10/2014 19:54

Italie : en 2007, les banques privées italiennes détenaient 12 % du PIB en obligations de l'Etat italien. Fin 2013, les banques italiennes détenaient 28 % du PIB en obligations de l'Etat italien !

Espagne : en 2007, les banques privées espagnoles détenaient 7 % du PIB en obligations de l'Etat espagnol. Fin 2013, les banques espagnoles détenaient 30 % du PIB en obligations de l'Etat espagnol !

Regardez bien les graphiques 3a et 3b :

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=74349

Ces graphiques montrent une accélération des achats d'obligations d'Etat à partir de décembre 2011, c'est-à-dire à partir du moment où la BCE a prêté 1019 milliards d'euros aux banques européennes.

En clair : les banques italiennes ont utilisé les prêts de la BCE pour acheter des obligations de l'Etat italien. Elles en sont gavées.

Les banques espagnoles ont utilisé les prêts de la BCE pour acheter des obligations de l'Etat espagnol. Elles en sont gavées.

Normal : plus personne au monde ne veut acheter ces obligations d'Etat pourries.

MAIS MAINTENANT ?

Maintenant, les banques espagnoles sont dramatiquement sous-capitalisées. Maintenant, les banques espagnoles n'ont plus d'argent. Jeudi 16 octobre, elles ont été incapables d'acheter toutes les obligations émises par l'Etat espagnol.

L'Espagne rate un emprunt obligataire.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/10/16/97002-20141016FILWWW00137-l-espagne-rate-un-emprunt-obligataire.php

Directement ou indirectement, il ne reste plus que la BCE pour acheter les obligations de l'Etat espagnol, les obligations de l'Etat italien, les obligations de l'Etat grec, etc.

Directement ou indirectement, il ne reste plus que la BCE pour empêcher la faillite généralisée de la zone euro.

BA 16/10/2014 12:01

Le krach arrive en zone euro.

Accrochez vos ceintures.

Jeudi 16 octobre 2014 :

ALERTE - Emission obligataire : l'Espagne place moins qu'espéré sur 10 et 15 ans.

http://www.romandie.com/news/ALERTE--Emission-obligataire-lEspagne-place-moins-quespere-sur/527917.rom

BA 15/10/2014 12:58

Quand on arrive à ce niveau de dette publique, on n'a plus que cinq solutions :

1- La guerre : par exemple, on attaque des pays qui ont du pétrole et du gaz naturel pour leur voler. Malheureusement, ces pays sont surarmés, et ils seraient capables de nous vaincre, ces cons.

2- L'inflation : malheureusement, les pays développés vieillissent. Les vieux sont de plus en plus nombreux, et donc les politiques suivies ont comme priorité la lutte contre l'inflation.

Quant aux pays émergents, chez eux-aussi, l'inflation baisse.

Chine : l'inflation ralentit à 1,6% en septembre.

L'inflation en Chine a de nouveau nettement ralenti en septembre, à 1,6% sur un an, à son plus bas niveau depuis près de cinq ans, selon des chiffres officiels publiés mercredi 15 octobre, de nature à renforcer les craintes de tensions déflationnistes.

http://www.romandie.com/news/Chine-linflation-ralentit-a-16-en-septembre/527339.rom

3- L'Etat vole l'argent des épargnants. Exemple : Chypre. Malheureusement, ça ne résoud pas le problème. La dette publique de Chypre continue à exploser : elle atteint 112,2 % du PIB.

4- La prière. On prie pour que Dieu vienne nous sauver. Malheureusement, il n'existe aucun dieu.

5- Le défaut de paiement. Malheureusement, le défaut de paiement ruine les prêteurs, le défaut de paiement ruine les épargnants, le défaut de paiement ruine les actionnaires.

Pronostic : on va avoir le 5.

Dans les années qui viennent, de nombreux Etats vont se déclarer en défaut de paiement.

Tant pis pour les prêteurs. Tant pis pour les épargnants. Tant pis pour les actionnaires.

https://www.youtube.com/watch?v=8LaRGDYM_-M

BA 13/10/2014 20:18

Lundi 13 octobre 2014 :

Sur son blog, Jacques Attali écrit :

« Quelque chose va se passer.

Il faut vraiment se voiler la face, comme le font trop de dirigeants politiques, pour ne pas voir que quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent : l’une ou l’autre des multiples épées de Damoclès suspendues au ciel de l’Histoire tombera sur nos têtes.

Plus directement, la situation globale de l’Europe, qui s’enfonce dans la déflation, rend probable une faillite d’un des Etats européens, et non des moindres, devenu incapable de rembourser sa dette.

Et la colère des Allemands, devant la dérive des autres, pourrait conduire ce pays à sortir, le premier, de la zone euro.
 
Par ailleurs, la décision attendue de la cour européenne de justice, sur les mécanismes audacieux de solidarité monétaire créés par Mario Draghi, provoquerait, si elle les déclarait contraires aux traités européens, la démission du président de la BCE et un effondrement de l’euro.
 
Plus spécifiquement, la France, dont le déficit budgétaire est désormais hors de contrôle et où les réformes tardent à venir, pourrait se trouver attaquée par les marchés et devenir à son tour insolvable.
 
L’une au moins de ces menaces a de fortes chances de se matérialiser dans les dix-huit prochains mois.

http://blogs.lexpress.fr/attali/2014/10/13/quelque-chose-va-se-passer/

La zone euro est bâtie sur des gigantesques bulles de dettes publiques.

Ces gigantesques bulles de dettes publiques vont bientôt éclater.

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 314,801 milliards d’euros, soit 174,1% du PIB.
2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2120,143 milliards d’euros, soit 135,6 % du PIB.
3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 220,696 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB.
4- Irlande : dette publique de 202,920 milliards d’euros, soit 123,7 % du PIB.
5- Chypre : dette publique de 18,206 milliards d’euros, soit 112,2 % du PIB.
6- Belgique : dette publique de 404,248 milliards d’euros, soit 105,1 % du PIB.
7- Espagne : dette publique de 989,925 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.
8- France : dette publique de 2023,7 milliards d’euros, soit 95,1 % du PIB.

BA 13/10/2014 14:08

Lundi 13 octobre 2014 :

Depuis les référendums en France et aux Pays-Bas (ces deux référendums avaient vu la victoire du « non » en 2005), les européistes savent qu'ils NE peuvent PAS organiser de référendum.

Si les européistes organisent un référendum concernant la construction européenne, les peuples voteront « non ».

Conséquence : les européistes n'organisent plus de référendum.

Depuis 2005, il n'y a plus de référendum.

… mais en Italie, ça pourrait arriver.

Ca se passe en Europe : un référendum pour la sortie de l’euro.

A l’issue de la grande kermesse du «peuple des Grillini» qui s’est tenue à Rome, Beppe Grillo a promis de recueillir un million de signatures en faveur de la sortie de l’euro.

« Il faut sortir de l’euro le plus tôt possible. Nous ne sommes pas encore en situation de défaut, mais les capitaux sont en train de fuir de l’Italie depuis septembre ». Après plusieurs mois de silence radio, le leader du Mouvement Cinque Stelle (M5S), Beppe Grillo, est sorti de sa réserve à l’occasion d’une grande kermesse du «peuple des Grillini» qui a réuni quelque 150.000 personnes selon les services de police (500.000 selon les organisateurs) au Cirque Massimo, à Rome. Un «Woodstock» de trois jours, en plein cœur de la cité éternelle, où il a harangué la foule des militants en promettant de lancer sa campagne visant à recueillir un million de signatures pour son référendum sur la sortie de l’euro. Malgré les objections des constitutionnalistes rappelant que la Constitution interdit d’organiser un référendum en vue d’abroger un traité international, il a promis le dépôt d’une «première loi d’initiative populaire » pour mai 2015.

Qu’il s’agisse de Mario Draghi, le «banquier qui n’a aucun titre pour nous donner des ordres», de Matteo Renzi ou d’Angela Merkel… , le gourou du M5S n’a pas ménagé ses adversaires : les «singes au c… rouge pelé» et les «maçons qui gèrent le pays»… «Nous sommes menacés de défaut de paiement : Matteo, je t’en prie, dépêches toi de faire exploser ce pays pour que nous puissions réaliser ton effet dévastateur. Si vous avez des bons du Trésor, vendez-les au plus vite», a conclu le leader du mouvement populiste. «Regardez-moi : ou nous changeons de cap maintenant ou je me jette par-dessus bord», a même menacé l’ancien comique génois, du haut d’une grue de vingt mètres. Histoire de prendre de la hauteur… Selon les derniers sondages, cinq mois après les élections européennes de mai dernier, le M5S se maintient comme la deuxième force politique du pays derrière le parti démocrate, avec 21% des intentions de vote contre 38,4% pour le parti de Matteo Renzi.

http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203852038823-ca-se-passe-en-europe-un-referendum-pour-la-sortie-de-leuro-1052925.php

BA 09/10/2014 21:23

Samedi 4 octobre 2014 :

L’économiste Henri Regnault est diplômé de l’ESSEC, de l’Institut d’Études Politiques de Paris, et docteur d’Etat en Sciences Économiques.
Henri Regnault écrit ce qui se passera lors du « Fukushima financier » : il nous décrit « le grand spectacle morbide qui nous est promis ».
Lisez cet article :

Risque bancaire + risque souverain + risque de couverture = Fukushima.

Nous venons donc d’analyser successivement et séparément trois risques de contrepartie. Chacun de ces trois risques est inquiétant en lui-même et peut faire d’importants dégâts, mais la véritable bombe thermonucléaire qui déclencherait un séisme financier, difficilement contrôlable, résulterait de la simultanéité de déclenchement des trois, l’un jouant le rôle de détonateur (probablement le risque souverain) qui activerait l’explosion foudroyante d’une interaction des risques bancaires et des risques de couverture, portés à incandescence : un vrai Fukushima financier.

Ce jour là, et les jours suivants… bienheureux ceux qui n’auront pas besoin de passer par un distributeur de billets ! Et il faudra des semaines pour reconstruire un service bancaire minimum, à moins que tout ait été prévu en amont, que des pare-feu efficaces aient été conçus et puissent être immédiatement activés … ce dont je doute. Cette année là, vu le blocage probable des transactions sur quelques semaines, vous pouvez raisonnablement tabler sur une chute du PIB de 10 à 20% suivant les pays et suivant la rapidité des parades qui seront mises en place : gros trou d’air ! Nous y laisserons tous des plumes ! Bien sûr, votre cher petit patrimoine sera mis à la torture, avec les instruments adaptés à sa composition et à son montant, sans parler de vos revenus !

Un seul point positif : tous les pouvoirs exécutifs et législatifs de la planète devraient enfin comprendre que les intérêts des banquiers et de la finance ne convergent pas spontanément avec ceux des citoyens et de l’économie réelle, que les dérives de la finance casino doivent vraiment être traitées sans complaisance, plutôt que de solliciter les contribuables ou spolier les déposants. Car la seule alternative qui nous soit présentée, c’est : ou bien vous payez en tant que contribuables, ou bien vous payez en tant que déposants. Si on en est là aujourd’hui, c’est bien grâce à la veulerie, couardise ou incapacité de nos dirigeants qui n’ont pas su profiter de la répétition générale de 2007, 2008 et 2009 (troubles bancaires et assuranciels, Bear Stearns, AIG, Lehman …) pour interdire le grand spectacle morbide qui nous est promis, en cassant tout net la finance casino.

En général, je n’aime pas beaucoup les discours anti-élites, qui relèvent de logiques de boucs-émissaires, mais sur ce cas précis, on est bien obligé de constater que les élites politiques et intellectuelles n’ont pas été à la hauteur de la situation, et que les élites financières se sont laissées plus guider par la cupidité que par la lucidité et le sens de leurs responsabilités citoyennes.

On ne peut donc pas exclure un scénario de Fukushima financier : s’en suivrait alors un grand réajustement financier (un big reset), brutal, dans l’urgence. Si j’emploie ce terme de « grand réajustement », c’est que je préfère ne pas parler d’effondrement économique général, comme d’aucuns l’envisagent. Inutile de stocker des boites de ravioli pur bœuf de votre hypermarché préféré (sauf si vous aimez vraiment la viande de cheval !). Inutile de transformer une pièce de votre appartement en jardin potager hors sol… sauf à envisager une culture à très haute valeur ajoutée… dont la loi de mon pays ne m’autorise pas à faire la promotion. Non, le jour d’après… le soleil se lèvera toujours à l’Est, la terre continuera à tourner sur elle-même et autour du soleil.

Simplement, nous serons moins riches ou plus pauvres, notre pouvoir d’achat aura diminué, non pas par évaporation de la part des anges, mais par captation de la part sacrifiée sur l’autel des turpitudes du casino de la finance.

http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/la_crise_no28.pdf

BA 08/10/2014 17:17

Mercredi 8 octobre 2014 :

Allemagne : les instituts plus pessimistes sur la croissance : + 1,3 % en 2014, et + 1,2 % en 2015.

Les quatre grands instituts de conjoncture allemands révisent nettement à la baisse leurs prévisions de croissance pour la première économie européenne en 2014 et 2015, dans un rapport à paraître jeudi, selon le quotidien économique "Handelsblatt".

Dans leur traditionnelle publication d'automne, qui inspire les prévisions du gouvernement allemand dévoilées mardi prochain, les experts n'attendent plus que 1,3% de croissance du Produit intérieur brut (PIB) cette année, contre 1,9% dans leur dernière publication en avril.

La révision est plus marquée encore pour l'an prochain, avec 1,2% de hausse prévue du PIB en 2015, contre 2% prévue au printemps dernier par les quatre instituts allemands – Ifo (Munich), le DIW (Berlin), RWI (Essen) et IWH (Halle) – .

En avril, le gouvernement avait dévoilé des prévisions très proches de celles des experts, tablant sur 1,8% de croissance cette année et 2% l'an prochain, soit une accélération après deux années poussives (+0,4% en 2012 et +0,1% en 2013).

Les nuages s'amoncellent depuis la rentrée au-dessus de l'économie allemande. Traditionnellement tirée par son industrie, elle souffre d'un passage à vide de ce secteur qui alimente les craintes d'une récession technique.

Selon deux indicateurs décevants publiés lundi et mardi, les commandes à l'industrie ont chuté de 5,7% en août sur un mois, leur plus gros plongeon depuis janvier 2009, et la production industrielle a accusé un recul de 4% ce même mois.

http://www.romandie.com/news/Allemagne-les-instituts-plus-pessimistes-sur-la-croissance-en-2014/525257.rom

BA 06/10/2014 12:24

Et pendant ce temps-là, le pouvoir d’achat des Français est en chute libre.

Lundi 6 octobre 2014 :

France : le commerce de détail en baisse record en septembre (indice PMI).

Le commerce de détail en France a enregistré une baisse record de ses ventes en septembre, pâtissant de la baisse du pouvoir d'achat et de la conjoncture économique morose, selon l'enquête mensuelle du cabinet Markit.

L'indice PMI, qui mesure les variations mensuelles de ventes d'un panel de 300 commerçants de détail français, allant de la grande distribution au détaillant indépendant, est ainsi passé de 45,5 en août à 41,8 en septembre.

Il s'agit de la plus "forte baisse mensuelle depuis un an et demi", note le cabinet. Et sur une base annuelle, "l'activité enregistre son plus fort repli depuis le début de l'enquête", soit depuis janvier 2004, est-il ajouté.

Selon les entreprises interrogées, cette baisse record des ventes s'explique par la conjoncture économique morose, qui fait reculer aussi bien le pouvoir d'achat que les envies d'achats des Français, entrainant une baisse de fréquentation des magasins.

"La faiblesse persistante de l'économie française continue de peser fortement sur l'activité des détaillants qui, malgré de fréquentes remises de prix accordées à leurs clientèles, ne parviennent plus à stimuler les ventes", analyse Jack Kennedy, économiste du cabinet Markit.

Les détaillants français ont réalisé en septembre des ventes largement inférieures à leurs objectifs, l'écart étant "le plus marqué depuis 11 mois".

En outre, du fait de promotions fréquentes pour tenter de relancer l'activité, les marges brutes des commerçants se réduisent également fortement, le "taux de contraction atteignant un plus haut depuis 8 mois", signale Markit.

Malgré cela, les commerçants se déclarent optimistes quant à leurs perspectives d'activité en octobre.

Pour le reste de l'année, ils se montrent prudents, partagés entre l'attente des achats de Noël, qui va sans nul doute donner un coup d'accélérateur aux ventes, et les doutes inhérents à la conjoncture économique, marquée par un taux de chômage élevé et un manque de confiance des consommateurs.

En conséquence, les commerçants français réduisent fortement leurs achats, "la baisse enregistrée au cours du mois étant en outre la plus forte jamais observée depuis le début de l'enquête", relève Markit. Parallèlement, le prix des achats diminuent pour le 2e mois consécutif, devenant ainsi le "plus marqué depuis juin 2009", est-il ajouté.

Malgré cela, le volume des stocks augmente pour le 7e mois consécutif.

Dernière conséquence de cette activité atone: les commerçants français réduisent de nouveau leurs effectifs en septembre, le taux de suppression de postes atteignant son plus haut niveau depuis un an et demi.

http://www.romandie.com/news/France-le-commerce-de-detail-en-baisse-record-en-septembre-indice/524357.rom

BA 03/10/2014 11:35

Vendredi 3 octobre 2014 :

« La BCE à court de solutions, les bourses européennes vacillent… ! »

Hier, Mario Draghi a pris la parole lors de sa traditionnelle conférence de presse et, en gros, il a parlé pour ne rien dire ou plus précisément Mario Draghi n’a pas cherché, cette fois, le conflit avec l’Allemagne ou à jouer au plus malin avec les autorités économiques et politiques allemandes.

Pire, il n’a pas cessé de demander avec insistance à tous les pays jugés comme peu vertueux, comme la France et l’Italie, à faire encore plus de réformes structurelles.

Le message implicite délivré à l’issue de cette conférence de presse est clair et sans ambiguïté. Au moment où j’écris ces lignes, c’est l’Allemagne de Merkel qui tient bon les cordons de la bourse européenne et refuse fondamentalement toute création monétaire pure de forte ampleur et un quantitative easing européen de grande importance.

L’Allemagne de Merckel est un pays vieillissant et l’inflation, même modérée, serait particulièrement mauvaise pour l’économie germanique. D’ailleurs, Angela Merkel l’a expliqué sans détour aux autorités françaises. Ce faisant, l’Allemagne, depuis le début de la crise en 2007, joue uniquement sa propre partition et poursuit ses propres intérêts en ne s’intéressant qu’à la marge aux difficultés de ses voisins.

En gros, l’Allemagne se penche sur le sort malheureux des autres pays européens uniquement si cela lui permet de rafler à bon compte quelques beaux actifs ou si cela menace sa propre stabilité, comme ce fut le cas avec les épisodes grecs où les banques allemandes, bourrées de titres grecs pourris, se seraient effondrées, sans interventions publiques fortes.

Nous en sommes donc au même point qu’en 2007 ou presque. Aucun des pays européens qui se portaient mal ne se portent mieux.

Les fragilités intrinsèques à l’euro sont toujours là et rien n’a fondamentalement changé.

Depuis le début de la crise, la dette des pays européens dont celle de la France a considérablement évolué et à la hausse.

Les réformes, aussi souhaitables qu’elles soient, sont fondamentalement illusoires dans un contexte économique anémique. Il n’y a pas de travail, pas de boulot, le chômage est en hausse partout et sa stabilisation est en réalité en trompe-l’œil.

Alors que peut faire Mario Draghi ?

Pas grand-chose, ou plus grand-chose. Il est, pour le moment, réduit au silence par l’Allemagne et sous la menace de la cour constitutionnelle allemande qui pourrait bien mettre fin à toute tentative crédible de planche à billets européenne et sans planche à billets, point de planche de salut en tout cas à court terme.

Rien n’a donc changé, la seule arme dont Mario Draghi a su user d’une main de maître est celle de la parole. Car avec de simples mots et de simples phrases, Mario Draghi tient l’Europe la tête hors de l’eau depuis l’été 2011, pourtant depuis il n’a rien fait, rien ou presque… Certes, les taux sont à 0 mais cela n’a rien changé. Les taux sont même négatifs pour les dépôts bancaires et cela ne change pas grand-chose non plus.

Le plus grand risque désormais, et la chute des marchés d’hier l’a particulièrement bien montré, c’est que les marchés ne croient plus en la capacité d’action de la BCE et dans un tel contexte, voir l’euro s’effondrer et retourner vers la parité 1 pour 1 avec le dollar est parfaitement envisageable, le tout accompagné d’attaques sur les dettes souveraines ou encore de panique bancaire.

La crise n’est pas finie. Elle ne l’a jamais été. Nous avons vécu une pause très longue dans cette crise basée sur la croyance que la BCE pouvait tout, et le marché ne lutte jamais contre une banque centrale en mesure d’imprimer autant de papier qu’elle le souhaite, mais si les marchés constatent une impuissance de la Banque centrale européenne, alors ce sera la curée.

Charles SANNAT

http://www.lecontrarien.com/2014/10/03

Christophe D 01/10/2014 22:30

Une très bonne suite à ce texte peut être trouvée dans ce texte visionnaire : "Aspects politiques du plein emploi", par Michal Kalecki, de... 1943 !!!
http://frappermonnaie.wordpress.com/2012/04/07/aspects-politiques-du-plein-emploi-par-michal-kalecki/
Où l'on voit comment les intérêts des entrepreneurs économiques peuvent rencontrer ceux des épargnants et de la rente contre... l'emploi !

Christophe D 01/10/2014 22:16

L'économie par ses acteurs : excellent texte !
Bravo et merci

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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