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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 07:03

Résumé: Il n'existe pas d'espace sérieux de négociation possible entre l'Allemagne, ses  satellites et autres pays en situation de servitude volontaire et la Grèce. Le choix de la Grèce sera plutôt une sortie de l'euro que son maintien par réquisition de sa banque centrale. L'avenir du reste de la zone, et donc le maintien ou non de la grande dépression européenne, dépendra très largement du succés ou de l'échec du rétablissement de la souveraineté grecque.

Nous avons souvent souligné que la probabilité du démontage de la zone euro selon le mode panique était  plus élevée que celle issue d’une négociation entre Etats[1]. Le présent texte apporte quelques nuances aux publications antérieures.

Les derniers évènements survenus en Grèce ne modifient pas fondamentalement le paysage. Nous pensons seulement que la montée de l’antagonisme entre la Grèce et les autres pays de la zone est probablement inéluctable  et qu’elle mettra dos au mur le pouvoir grec. Un pouvoir qui n’aura que le choix entre l’aventure de la fin de l’euro et son rejet , brutal et probablement violent, par le peuple grec.

La montée de l’antagonisme résultera de la volonté de sauvegarder le dispositif tel qu’il est par les pays qui en sont encore les bénéficiaires (Europe du nord) mais aussi par les pays du sud dont les entrepreneurs politiques au pouvoir ne peuvent se déjuger sans être balayés par les urnes.

Il existe une alliance objective des pouvoirs en place au sein de la commission, les faucons se trouvant peut-être davantage dans le sud, victime, que dans le nord bénéficiaire.

Ceux du Nord craignent un effet contagion si des conditions trop généreuses se mettent en place en Grèce. Ceux du sud craignent plus  simplement  pour leur  survie. La chaîne reliant tous les pays de la zone face à la Grèce ne peut se briser, alors même que tous restent passagers clandestins[2].

Côté grec, le soutien populaire massif ne peut être déçu et les entrepreneurs politiques au pouvoir sont dans une situation où la trahison est très difficile. Ils seront aidés en cela par des considérations géopolitiques dans lesquelles nous retrouvons l’appui de la Russie et la bienveillance de la Chine.

La tension montant, arrivera un moment où SYRISA abattra ses dernières cartes : le défaut, ou/et la réquisition de sa banque centrale.

En refusant d’honorer les échéances de la dette, le défaut est un moyen de mobiliser les ressources nécessaires au plan de sortie de l’austérité.

La réquisition de la banque centrale est un autre moyen de mobiliser des ressources.

Les autres solutions sont inenvisageables car mobilisant trop de temps du point de vue des marchés politiques grecs, et/ou se rapprochant trop du défaut du point de vue des marchés politiques du reste de la zone.

Un espace de négociation théoriquement nul

Tout d’abord l’idée d’appuyer les dépenses liées à la fin de la crise humanitaire sur les recettes fiscales jusqu’ici non recouvrées (75 Milliards d’euros ?) ne peut être opérationnel en raison du temps très long des recouvrements potentiels.

Par ailleurs, le seul maintien du taux d’endettement (175% du PIB) exige déjà un excédent primaire supérieur à 1%. Calculé sur la base d’une croissance en volume de 2% et un taux de l’intérêt de 2,5%  ce solde primaire de stabilisation de la dette est déjà optimiste en raison d’une déflation plus importante en Grèce que dans le reste de l’Europe. Il est encore plus optimiste d’imaginer des taux de croissance plus élevés permettant de diminuer très progressivement le poids de la dette. La raison en est simple : il faudrait un excédent primaire plus élevé, donc un effet dépressif en parfaite contradiction avec l’idée de croissance plus élevée[3]. Par conséquent l’idée de se donner des marges de manœuvres en réduisant la dette sans passer par un défaut ou une renégociation est totalement irréaliste.

Du point de vue des marchés politiques du reste de la zone, de la BCE et du FMI, nous sommes également aux limites du possible et ce, pour plusieurs raisons :

             * La Grèce bénéficie dans le cadre de la première restructuration de sa dette de privilèges qui n’ont été accordés à aucun autre pays. Ainsi au-delà des taux préférentiels accordés par les pays membres et le FESF, la dette grecque figurant à l’actif du bilan de la BCE est gratuite puisque les intérêts versés par le Trésor sont intégralement reversés à ce dernier par la BCE.

              * De la même façon, les taux moyens étant très bas et la maturité beaucoup plus longue que celle constatée dans les autres pays du sud, le passage souhaité par la Grèce à une dette perpétuelle assortie d’un taux indexé sur la croissance revient à un quasi défaut du point de vue des pays du Nord. En toute rigueur comptable, cela signifierait des pertes pour le FESF, les pays prêteurs et la BCE qui verrait se loger à son actif des titres sans valeur. Les pertes les plus importantes étant celles de l’Allemagne au titre des prêts directs et des garanties offertes au FESF[4].

               * Au tota,l nous sommes dans un espace de négociation où, toutes choses étant égales par ailleurs, il n’existe aucune zone d’échanges mutuellement avantageux possibles. Seules l’intervention d’autres paramètres comme par exemple des considérations géopolitiques ou des lobbyings intenses sur les entrepreneurs politiques peuvent modifier- et probablement marginalement- cette cruelle constatation[5].

Identification des stratégies dominantes chez les acteurs principaux

Du point de vue théorie des jeux, les entrepreneurs politiques au pouvoir à Athènes laisseront clairement percevoir cette stratégie - défaut ou/et réquisition de la banque centrale - en face de laquellei les institutions (ex troïka) prendront position.

Hélas, les entrepreneurs politiques grecs se rendront vite compte que cette menace ne peut ouvrir un espace de négociation. Par peur, tous les pays de la zone laisseront à l’Allemagne le monopole d’une décision qui sera…. évidemment imputée au gouvernement grec[6].

Ll’Allemagne, en effet,  aura à choisir entre aider la Grèce au prix d’une disparition de ses privilèges et de risques politiques internes ou maintenir sa position avec les avantages politiques associés au prix d’un risque d’effondrement de la zone.

Il existe toutefois un troisième scénario qui est celui du mensonge assumé par les deux parties. Son contenu serait simple et consisterait à présenter des chiffres irréalistes concernant le futur proche, par exemple celui concernant les recettes fiscales ou la croissance, de quoi permettre un début d’application du programme de SYRISA contre une autorisation allemande. C’est, au demeurant, ce scénario qui devrait l’emporter dans un premier temps. Toutefois très rapidement la réalité devrait à nouveau frapper à la porte et remettre en pleine lumière l’inextricabilité de la situation et donc la décision de SYRISA d’obliger l’Allemagne à choisir entre l’aide ou son refus.

D’où deux scénarios :

1. Décision d’aider la Grèce :

                         - Contestation de la coalition au pouvoir en Allemagne (AFD notamment) 

                             - Montée des populismes dans le sud, notamment en Espagne

                             - Fin des politiques d’austérité

                             - Monétisation massive de la part de la BCE

                             - Décision très consensuelle d’une sortie de l’euro par                

                                les entrepreneurs politiques  allemands.

2. Décision de ne pas aider la Grèce :

                               - Maintien de la coalition au pouvoir en Allemagne.

                               - Maintien des politiques de dévaluation intrerne dans les autres pays.                                                                                                       

                                - Aggravation continue des disparités intra européennes

 Il semble donc évident  - encore une fois toutes choses égales par ailleurs- que le choix de ne pas aider la Grèce domine celui de l’aider. L’Allemagne choisira donc de rester dans l’euro le plus longtemps possible en restant très soucieuse du respect des règles. Ce n’est qu’avec l’aggravation  de la crise sociale dans le sud et la perte de contrôle de ses entrepreneurs politiques que la décision très lourde et très difficile mais consensuelle de sortie de l’euro sera prise par les entreprises politiques allemands.

Ce second scénario doit être étudié en fonction des choix à court terme du gouvernement grec :

Choix 1:La Grèce fait défaut et décide de sortir de l’Euro :

               - Rétablissement du contrôle des changes et des mouvements de capitaux

               - Dévaluation massive de la nouvelle monnaie nationale.

               -Mise en place du programme gouvernemental dans les conditions d’un    équilibre budgétaire retrouvé ( fin de la rente de la dette et utilisation de la marge du solde primaire 2014).

               - Investissements étrangers confortés sur la base de la compétitivité retrouvée.

Variante possible :Réquisition de la Banque Centrale avec monétisation permettant de rembourser toutes les dettes sur la base du nouveau taux de change. Dans ce cas, les contrats sont formellement respectés.[7]

Choix 2 : La Grèce réquisitionne sa Banque centrale et conserve l’euro :

                      - La Banque Centrale monétise et fait face à l’ensemble de ses créanciers

                      - Le marché de la dette publique disparait au profit du financement direct par la Banque Centrale.

                      - Mise en place aisée du programme gouvernemental annoncé.

                      - Mise en place le cas échéant d’un « 100% monnaie ».

                      - La BCE met fin au dispositif TARGET 2 jouant pour la Grèce.

                      - Le marché interbancaire se ferme et les banques étrangères disparaissent.

Ce scénario aboutit à la marginalisation complète de la Grèce. On en déduit que la stratégie correspondante est dominée par rapport au premier scénario.

On peut donc penser que le gouvernement grec choisira la première stratégie : celle d’une sortie de l’euro.

On peut aussi penser que les paiements offerts par la Grèce, au titre de sa  dette publique  aux institutions créancières - BCE, Etats, et peut-être même le FESF, paiements obtenus par monétisation (variante examinée ci-dessus) – deviennent des « balances drachmes » comme il existe des « balances dollars ».

En effet, ces balances sont le reflet de la situation débitrice comme les balances dollars sont le reflet de la dette américaine. Ces dernières ont jusqu’ici toujours été recyclées et on ne voit pas pourquoi les balances drachmes accumulées par les créanciers de la Grèce ne pourraient pas être recyclées, soit auprès des banques, lesquelles pourraient offrir du crédit aux importateurs de marchandises grecques, ou tout simplement l’achat de bons du Trésor.  Scénario à priori surréaliste mais pourtant possible puisque du point de vue des créanciers européens : c’est cela ou rien  mais, en même temps, recyclage permettant d’alimenter la demande interne grecque. De quoi constater que, même dans cette situation, un échange mutuellement avantageux peut se dessiner entre la Grèce et ses créanciers.                 

Les effets de second tour.

Ils dépendent dans un premier temps de ce que sera la réalité grecque après la fin de l’euro. En la matière rien n’est écrit.  Toutefois un développement harmonieux de l’économie grecque est théoriquement possible sur la base du programme de SYRISA.

Il est évident que les premiers temps seront difficiles et consisteront à réparer les dégâts provoqués par 14 années de monnaie unique complètement inadaptée à la réalité grecque : double inondation des importations et de la grande distribution qui lui est associée, avec ses effets dévastateurs sur une industrie et une agriculture peu compétitives.

 Mais aussi, difficultés résultant de ce qui a été associé à la politique de maintien en survie depuis le début des années 2010. Les exigences de la Troïka se sont concentrées sur la compétitivité de court terme, largement artificielle et ont négligé tout programme réel de compétitivité à long terme : chute considérable des investissements privés et surtout publics, recherche inexistante, éducation et université sacrifiées, etc. Le pays, redevenu indépendant, est donc à rebâtir. Cette reconstruction ne pourra passer sous les fourches caudines de la finance et il est probable qu’elle se fera sous répression financière ce qui sera une innovation majeure dans le présent monde.

L’échec est bien évidemment possible en raison des bouleversements économiques et sociaux associés : hausse très importante des prix à l’importation avec produits de substitution absents du marché national, méfiance des investisseurs, résistance des oligarques, difficulté de construire un Etat de droit moderne, impatience des classes moyennes, etc.

Conséquences sur le reste de la zone

Il est d’autant plus difficile d’estimer des scénarios que l’on ignore quelle sera l’évolution ultérieure de la Grèce. On peut toutefois envisager quelques pistes à partir de l’observation fine de la logique implacable de TARGET 2.

Le dispositif TARGET 2 est un outil technique qui assure la parfaite fluidité des échanges interbancaires entre les divers pays de la zone. En termes concrets, il s’agit d’une pièce contribuant au bon fonctionnement du marché unique : exportations et importations entre pays sont parfaitement fluidifiées sur la base d’une monnaie unique.

Le problème est toutefois que les échanges ne sont pas équilibrés et après quelques années de fonctionnement, il apparait que le nord est toujours excédentaire et que le sud  -y compris la France- est toujours déficitaire.

De fait, les rapports entre l’Allemagne et les pays du sud y compris la France sont devenus l’équivalent des rapports entre les USA et la Chine, ce dernier pays étant l’équivalent de l’Allemagne et les USA l’équivalent des pays de la zone sud. Ainsi à l’intérieur de la zone euro nous retrouvons les vieux  secrets du « déficit sans pleurs » d’où la magie d’un euro simultanément porteur de la désindustrialisation dans le sud.

Dans le cas des rapports Chine/USA le recyclage des excédents ne posait pas de difficulté et le bilan de la Banque centrale chinoise pouvait accepter sans difficulté les Bons du Trésor US dont la liquidité reste particulièrement élevée et la signature assurée. Tel n’est pas le cas avec les pays de la zone sud au regard de l’Allemagne dont la banque centrale nationale au titre de TARGET 2 est tenue d’accepter les déficits du sud sans réelle contrepartie. L'Espagne ou le portugal ne sont pas les Etats-Unis.

Plus clairement encore, la fluidification des échanges aurait été impossible sans le dispositif TARGET 2. En effet, entre le sud déficitaire et l’Allemagne excédentaire, un marché interbancaire classique aurait  très vite été bloqué et les échanges rendus difficiles. Les Allemands ont clairement conscience que les soldes Target 2 sont dangereux, certains d’entre-eux insistant sur le fait que ces soldes en cas de défaillance des banques centrales du sud pourraient finalement être supportés par le contribuable[8].

C’est précisément ce risque qui rend la politique allemande si impérialiste au regard du sud : Il faut rétablir les équilibres par de puissantes dévaluations internes permettant le retour à l’équilibre des comptes TARGET. En même temps cette logique est collectivement ruineuse puisqu’elle affaisse les demandes globales dans le sud avec ses effets de contagion jusqu’au nord et globalement la stagnation économique de la zone.

L’Allemagne a besoin de conserver ses avantages compétitifs et pour cela, comme la Chine à l’égard des USA, elle a besoin d’un déficit sans pleurs… qu’elle ne peut pas - à l’inverse de la Chine-  accepter. Nous sommes au cœur de la contradiction allemande qui mène l’ensemble de la zone en très grande difficulté.

La conclusion est donc évidente :

Scénario 1 : la sortie de la Grèce de la zone euro est un succès :

Dans ce cas, l’effet dépressif de l’euro n’est plus supporté dans le sud et les entrepreneurs politiques au pouvoir disparaissent en laissant la place à d’autres qui abandonneront l’Euro. Par effet de contagion et d’une insupportable compétitivité de ceux qui ont dévalué, la France suit sans délai, et donc la zone toute entière disparait.

Scénario 2 : La sortie de la Grèce de la zone euro est difficile, voire un échec :

Dans ce cas, les entrepreneurs politiques au pouvoir dans le sud  bénéficient de l’effet Grèce et les politiques de dévaluation internes sont idéologiquement justifiées. D’où de nouveaux succès sur les marchés politiques de ceux qui entrainent le continent vers la dépression continue.

On notera ici 3 réflexions finales :

- L’euro peut encore bénéficier de béquilles : celles qui seraient procurées par un échec de la sortie grecque, échec venant confirmer le bien fondé de l’impérialisme allemand.

- La disparition de l'euro dans ce nouveau schéma, n’est pas concertée. Nous restons dans un espace de décisions non coordonnées.

- Parce que la BCE a pris conscience qu’elle disposait de moyens illimités pour éteindre une crise financière, la disparition de l’euro selon le « mode panique » semble être une hypothèse aujourd’hui plus éloignée.

 

                             

              

 

 

 

 

 

[1] Cf.: http://www.lacrisedesannees2010.com/article-le-big-bang-de-la-fin-de-l-eurozone-et-l-univers-financier-dans-le-monde-d-apres-116367504.html

[2] Cf. : http://www.lacrisedesannees2010.com/article-l-euro-implosion-ou-sursaut-43801089.html

[3] Nous renvoyons ici aux travaux de Natixis qui présentent un modèle de réduction de la dette grecque par l’élévation du solde primaire. Les conclusions sont sans appel : la contraction du PIB par diminution de la demande globale contrarie toute volonté de sortie par allégement de la dette. C’est dire que le projet de budget 2015 dans lequel la Troïka exigeait un solde primaire de 4,5 points de PIB était tout simplement irréaliste, voire scandaleux.

[4] 79,8 milliards d’euros selon l’institut de conjoncture Allemand (IFO).

[5] Nous pensons par exemple à l’Argentine et à l’intervention du Venezuela puis de l’Iran qui, après la crise de 2000 va entrainer de larges bouleversements. Nous pensons aussi à ce qui est la grande industrie militaire qui a eu beaucoup d’influence sur les entrepreneurs politiques grecs.

[6] L’Allemagne, comme on le verra, sera amenée à prendre des décisions historiques majeures, décisions dont elle a peur elle-même.

[7] http://www.lacrisedesannees2010.com/2015/02/la-petite-grece-viendra-t-elle-a-bout-de-l-allemagne.html

[8] HW Sinn avait même estimé que la faillite du sud pourrait représenter un  cout équivalent à 40% di PIB Allemand, les agences de notation pouvant ainsi trouver une justification pour la dégradation de la dette Allemande.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans la zone euro
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BA 25/02/2015 16:30

Mercredi 25 février 2015 :

Grèce : après l'accord, les questions qui fâchent.

Quelle forme prendra le "nouveau contrat" que la Grèce veut conclure avec ses partenaires d'ici fin juin ? Le journal allemand Rheinische Post faisait circuler mercredi un chiffre pour un éventuel troisième programme d'aide, 20 milliards d'euros, sur la foi de sources proches de la coalition au pouvoir à Berlin.
Ce serait pour Athènes un sérieux revers que de devoir se soumettre à nouveau à un programme assorti de conditions draconiennes et alors que les précédents (en 2010 puis en 2012) ont transformé le pays en "colonie de la dette" et volé leur "dignité" aux Grecs, selon les dires du bouillant ministre des Finances Yanis Varoufakis.
La Grèce préférerait une ligne de crédit, mais "il est plus probable qu'on aille sur un nouveau programme qu'une ligne de crédit", confiait mardi un haut responsable européen.

http://www.lepoint.fr/economie/grece-apres-l-accord-les-questions-qui-fachent-25-02-2015-1907739_28.php

Dette publique de la Grèce : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

Si le troisième programme d'aide est mis en place en juillet, la dette publique de la Grèce augmentera de 20 milliards d'euros.

La dette atteindrait environ 335 milliards d'euros, soit environ 187 % du PIB.

De toute façon, la Grèce est en faillite, alors un peu plus ou un peu moins ...

CP 23/02/2015 12:09

Bonjour,
votre blog est intéressant bien que complexe pour moi, qui ne comprends pas bien la politique économique.

Justement je voulais vous demander pourquoi le gouvernement Grec ne prend pas la décision de faire défaut et reprendre la main sur sa banque nationale afin d'émettre sa monnaie, comme vous l'expliquez dans votre article?
Merci

CP 24/02/2015 15:55

Que les Dieux de l'Olympe vous entendent car il est intolérable de voir cette humiliation jour après jour.
Je suis SYRIZA

JC werrebrouck 23/02/2015 14:25

Je pense que c'est ce qui va se faire d'ici quelques mois. Mais auparavant la Grèce va négocier jusqu'au bout pour au final constater qu'il n'existe pas de coopération possible...et tenter de dissocier les pays en servitude volontaire de l'Allemagne.

BA 22/02/2015 19:20

Manolis Glezos, député européen membre de SYRIZA : « Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion. »

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu' « entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

Manolis Glezos écrit :

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.
L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.
Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.
Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.
Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.
Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.
Dommage et encore dommage.
Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.
Mais, avant que le mal ne progresse.
Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.
Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.
D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.
Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

BA 22/02/2015 11:29

2008 : dette publique de la Grèce : 263,284 milliards d'euros, soit 112,9 % du PIB.

En 2008, les autres nations européennes auraient dû accepter de subir des pertes. Elles auraient dû accepter que la Grèce fasse défaut sur la totalité de sa dette publique. Mais, malheureusement, elles n'ont pas voulu subir des pertes.

En 2008, l'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

2009 : dette publique : 129,7 % du PIB.

L'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

2010 : dette publique : 148,3 % du PIB.

L'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

2011 : dette publique : 170,3 % du PIB.

En début d'année 2012, la Grèce a fait défaut : 115 milliards d'euros de dettes ont été effacés.

2012 : dette publique : 157,2 % du PIB.

L'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

2013 : dette publique : 175,1% du PIB.

L'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

Troisième trimestre 2014 : dette publique de 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

L'Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C'est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d'euros à la Grèce en faillite. »

Dans le Quart Livre, chapitre VIII, Rabelais écrit :

Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file. Le premier à sauter derrière son compagnon était dans la foule. Il n’était pas possible de les en empêcher. Vous savez en effet que c’est le naturel du mouton, de toujours suivre le premier, où qu’il aille. De plus Aristote dit au livre IX de l’Histoire des Animaux que c’est le plus sot et le plus inepte animal du monde. Le marchand, tout effrayé de voir devant ses yeux périr et se noyer ses moutons, s’efforçait de les en empêcher et de les retenir de toutes ses forces. Mais c’était en vain. Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient.

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Quart_Livre

L'histoire de la zone euro se terminera de la même façon :

« Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient. »

BA 21/02/2015 10:40

Chiffres Eurostat publiés le jeudi 22 janvier 2015 :

Dette publique de la Grèce : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.
En clair : la Grèce est en faillite.
Or que lisons-nous aujourd'hui ?

« L'autre élément important, c'est que la BCE, puisqu'un accord a été trouvé, va pouvoir réintroduire la dérogation qui permettait aux banques grecques de se refinancer normalement à son guichet en utilisant les dettes d'Etat comme collatéraux, autrement dit comme garantie. Ceci permettra, in fine, à l'Etat de financer une partie de ses besoins par l'émission de bons à court terme. »

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150220trib73620a4fa/accord-sur-la-grece-a-l-eurogroupe-sur-un-financement-de-quatre-mois.html

Dans les quatre mois qui viennent, voici ce qui va se passer :
1- La Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.
2- La Grèce va quand même continuer à émettre des obligations d’État.
3- Les banques grecques vont quand même acheter ces obligations d’État.
4- Ensuite, les banques grecques vont refourguer ces obligations d’État à la BCE comme collatéraux.
5- La BCE va quand même accepter ces obligations pourries, et elle va quand même continuer à prêter des milliards d'euros aux banques grecques.
6- La Grèce va continuer à se surendetter. De toute façon, elle ne remboursera pas sa dette.
7- En Grèce, les européistes vont continuer à empiler des caisses de dynamite par-dessus les caisses de dynamite déjà existantes.

Encore quatre mois à empiler des caisses de dynamite supplémentaires.

Encore quatre mois de fuite en avant.

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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