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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 09:07

   

Si le système financier a pu atteindre des dimensions jugées disproportionnées, c’est disions- nous en raison d’un processus généralisé de titrisation du réel. Encore faut-il que ce dernier soit titrisable et donc accessible à la titrisation. De  ce point de vue, lorsque le monde réel vit au sein d’un marché muselé voire interdit, le carburant d’une financiarisation sans limite se fait trop rare. C’est le cas lorsqu’un système monétaire international, tel celui de Bretton Woods  surveille étroitement le strict respect du principe des taux de change fixes ; ou lorsque les déficits publics sont gérés hors marché par répression financière; voire enfin,  lorsque la bancarisation d’une société se trouve très limitée .

Autant de faits qui renvoient à l’organisation politique du réel. D’où l’hypothèse suivante : les caractéristiques qualitatives et quantitatives  du système financier renvoient au mode d’appropriation de la contrainte publique à des fins privées,  et donc aux modalités de fonctionnement des Etats.

Si l’on considère 3 états possibles du système financier : un système de banques libres, un système hiérarchisé avec banque centrale dépendante des Etats, et un système hiérarchisé organisant l’indépendance des banques centrales, il est possible d’établir une relation de correspondance entre forme du système financier et forme de l’Etat.

Un objet éphémère : la banque libre.

Une première relation de correspondance peut être lue empiriquement, dans ce qui faisait, à la fin du moyen-âge, l’articulation des familles de financiers pratiquant librement le change des monnaies, aux pouvoirs étatiques monopolisant le monnayage des espèces métalliques. Articulation bien examinée par Boyer- Xambeu ( « Monnaies privées et pouvoirs des princes »- Presses de sc-po- 1986). Plus théoriquement, il s’agit là d’entrepreneurs économiques- des  banquiers privés- en relations plus ou moins conflictuelles avec des entrepreneurs politiques – des princes- utilisant la contrainte publique à des fins privées . Jeu d’acteurs bien connus des théoriciens de l’aventure étatique.

Ce premier mode de congruence, entre système financier et forme étatique, n’avait qu’un avenir limité tant la suite de l’aventure étatique devait confirmer l’unité, entre cet équivalent général qu’est la loi,  et cet autre équivalent général qu’est la monnaie. Toutefois des réseaux de banques libres, travaillant en milieu concurrentiel, ont existé dans nombre de pays, et en particulier en Ecosse entre 1715 et 1845. Des banques libres, émettent ainsi de la monnaie privée sur la base de contrats de monnaie, jouissant des principes de la rigueur des contrats. Cela signifie que le papier émis ne peut être manipulé, sauf à encourir des sanctions juridiques portant jusqu’à la saisie des biens propres des banquiers émetteurs. Parce qu’échange privé, le contrat de monnaie prévoit le respect des droits de propriété des échangistes. Un libertarien comme Hayek, sera au 20ième  siècle, évidemment favorable à la privatisation de la monnaie, comme solution au strict respect des contrats.

En raison de sa nature contractuelle, la monnaie émise par ces banques libres, est un équivalent général contractuel et non légal. C’est dire que les diverses monnaies émises en concurrence, doivent pourvoir s’échanger librement, sur la base de la confiance envers les divers contrats de monnaie. Cela signifie une très grande responsabilité des banquiers, qui sont porteurs d’un intérêt complètement personnel à la valeur de la monnaie qu’ils émettent. Ce qui nous éloigne des libertés autorisées par le bouclier du « too big to fail », et de tout ce qui aura permis sa construction. Au plan étatique, cela signifie encore des entrepreneurs politiques qui se bornent à n’utiliser la violence de la loi, que pour faire respecter la propriété.

La finance enkystée dans l’Etat

 Objet historique aujourd’hui disparu, il est difficile d’estimer la taille du système financier qui aurait ainsi pu s’épanouir. Toutefois on peut penser, que le principe de responsabilité extrême sur lequel repose un tel dispositif, aurait bloqué le développement excessif de la liquidité, les bulles correspondantes, la titrisation scabreuse, etc. De quoi finalement penser, que le système financier se serait développé en homothétie avec le réel, ce qui interdit, en principe… des bilans plus lourds que le PIB du pays d’accueil…. Phénomène parfois rencontré aujourd’hui.

La seconde relation de correspondance entre système financier et système étatique, est plus historique, et correspond approximativement aux aventures du  19ième et surtout du  20ième  siècle. Ici, l’équivalent général n’est plus de nature contractuelle : il devient légal. La violence de la loi  (monopole d’émission, cours forcé, inconvertibilité etc.) permettant à des entrepreneurs politiques d’un espace, parfois en conflits avec d’autres entrepreneurs politiques d’un autre espace, de ne plus respecter les droits de propriété des porteurs de monnaie. Désormais, sur la base de l’idéologie d’un intérêt public, par exemple l’idée de nation, se met en place un système financier hiérarchisé, avec banques centrales et banques de second rang. Quelle que soit la forme prise – banque centrale privée ou publique, banques de second rang plus ou moins spécialisées, ou plus ou moins réglementées, voire nationalisées -  les entrepreneurs politiques octroient un monopole d’émission à la banque centrale, tandis que les banques de second rang conservent leur pouvoir de création monétaire, sur la seule base de la libre conversion de leur monnaie. Une monnaie qui n’est plus assortie d’un contrat de monnaie, puisque la base monétaire reste la monnaie centrale. La marche vers l’abandon de l’or et l’inconvertibilité généralisée, procure des marges de manœuvres croissantes au profit des entrepreneurs politiques, lesquels délimitent de plus en plus le terrain de jeu du système financier, un système parfois complètement articulé et cadenassé, à l’intérieur d’un vaste « circuit du Trésor » (France). Terrain de jeu effectivement limité : activités bancaires spécialisées et dûment compartimentées, règlementation stricte concernant les mouvements de capitaux, financement hors marché des déficits publics, large contrôle des prix sur les grands produits de base limitant leur financiarisation,  etc. le métier de banquier se transforme progressivement, le travail de  simple bancarisation croissante , se substituant aux responsabilités lourdes d’un « bank run », devenu impossible dans une situation qui assure la domination/protection  des entrepreneurs politiques, lesquels travaillent idéologiquement au nom d’un intérêt général. Parce qu’il existe désormais un prêteur en dernier ressort, parce qu’il existe une règlementation fine limitant- parfois au quotidien- l’éventail des possibles, le banquier souvent resté privé, n’est plus que l’ombre d’un chef d’entreprise : il est largement déresponsabilisé. Simple gestionnaire, souvent à l’abri d’une concurrence restée très timide, il gère des crédits, dont les modalités relèvent davantage de circulaires, que de contrats individualisés et librement négociés.

Le système financier qui résulte de ce type d’articulation avec l’ordre politique, s’accroit – dans son volume- par la simple bancarisation des activités, mais ne se développe pas par détachement vis-à-vis de la réalité. Parce que les entrepreneurs politiques se trouvent dans l’obligation historique de gérer en hiérarchie – conduite des guerres, reconstruction, édification d’un Etat-providence- peu de place est laissée à ce qui pourrait être le carburant d’une titrisation généralisée. Et Bretton Woods ajoutera sa pierre, afin que le système financier soit préservé du gigantisme qui allait devenir sa maladie de la fin du 20ième siècle. La répression financière correspondant à ce type de monde participe au développement de l’idée d’un intérêt général. Et le marché politique et la forme d’Etat qui lui correspond connait probablement un âge d’or : celui d’un fordisme triomphant.

L’ Etat enkysté dans la finance 

La troisième relation de correspondance entre système financier et système étatique, est le fait de la présente période. Période qui nous fait passer d’une finance enkystée dans l’Etat, à un Etat enkysté dans la finance. Ce qui ne voudra pas dire la disparition du politique mais simplement un fonctionnement, toujours ô combien nécessaire, sur la base des intérêts supérieurs de la finance. Ce qui ne voudra pas dire non plus libéralisme, et l’image du renard libre dans le poulailler libre, mais échange de services entre financiers et entrepreneurs politiques, avec pour résultat, l’irruption de l’utopie  mondialiste affaissant les frontières, territoires, et institutions, et déployant l’individu libre mais assujetti à ses désirs, consommateur a- national, souvent investisseur planétaire et parfois libéré – malgré lui -- de toute structure productive.

Le point de départ du nouveau paradigme est la fin de Bretton Woods, fin  proclamée par le président des Etats Unis le 15 août 1971. Désormais il n’y aura plus de limite au « déficit sans pleurs » (Rueff) et l’aventure de la mondialisation peut commencer, avec ce que nous appelons l’édification des « autoroutes de la finance ». La construction est un fait juridique, lourd et massif, donc produit par les entrepreneurs politiques. Ce sont les Etats qui vont fabriquer les marchés financiers et la mondialisation. Ce sont donc les entrepreneurs politiques qui vont choisir de « renverser le monde », et de ne plus avoir une finance enkystée dans les Etats, mais des Etats enkystés dans la finance.

Cela commence avec la fin des taux de change fixes et la convertibilité généralisée- décision politique, il est vrai grandement acquise sous la pression des professionnels de la City - avec en conséquence la naissance d’un gigantesque terrain de jeu pour tous les « investisseurs » sur le risque monétaire. Cela se poursuit avec le big-bang du London Stock exchange avec les  « 3 D » qui vont lui correspondre : Déréglementation, Décloisonnement, Désintermédiation. Travail juridique considérable, avec souvent cartellisation des entreprises politiques qui vont en être les promoteurs,  et en bout de piste la privatisation générale de toutes les institutions chargées de dire les prix, notamment les bourses partout dans le monde occidental, mais aussi la fin des professions réglementées comme celle des agents de change. C’est aussi la mise en continu du marché. C’est bien sûr, au nom de la profondeur et de l’efficience des marchés que les Etats cesseront la vente directe de bons du Trésor, pour désormais passer par les marchés offerts par les banques désormais internationalisées par le jeu de la libre convertibilité : les Etats veulent internationaliser leur dette et vont donc tout entreprendre pour assurer une parfaite libre circulation des capitaux. Mais c’est aussi la décision de libérer les banques centrales des contraintes publiques : elles deviennent toutes indépendantes et chargées pour l’essentiel de contenir l’inflation, donc favoriser l’épargne.

On aurait tort de croire que cet immense travail juridique mené sur plus de 15 années correspond à autant de « contrats » déséquilibrés; au détriment des Etats et de leurs entrepreneurs. Et ce n’est pas parce que l’on passe de la finance enkystée dans les Etats, à des Etats enkystés dans la finance, que les entrepreneurs politiques vont perdre à l’échange. De fait, il s’agit souvent d’accords mutuellement avantageux, puisque dans bien des cas, la financiarisation permettra de nouvelles politiques sociales, porteuses de bulletins de vote. Tel est est le cas des prêts « NINJA » (« no income, no job, no assets ») qui correspondent certes à une imposition de la puissance publique, mais sont aussi assortis de dispositifs de couverture, et d’évacuation des risques sur d’autres agents : titrisation généralisée, produits structurés, émergence des CDS, force gravitationnelle de Freddie Mac et Fannie Mae, etc. Bref des contrats qui développent les avantages du clientélisme pour les uns – entrepreneurs politiques- et la déresponsabilisation pour les autres – la finance.

Nouvelle articulation finance /Etat et production d’un monde nouveau

Sans cet énorme travail juridique, qui n’est que la construction politique de ce qu’on appelle la mondialisation, il n’y aurait pas aujourd’hui cet ensemble de faits qui questionnent, mais qui prennent sens et sont parfaitement explicables: montée des dette publiques gérées sur le marché international par des agences spécialisées, chargées d’en réduire le coût; internationalisation du capital des entreprises, et réduction des formes sociales aux fins de  généraliser le modèle par action ; montée des déséquilibres internationaux ( « global imbalences ») avec  forte croissance des inégalités entre groupes sociaux à l’intérieur des pays ; innovations financières permanentes construisant une épargne moderne, ardente consommatrice de dettes publiques désormais marchandisées ;  élargissement considérable des comportements à risques : minimisation des fonds propres, titrisation échevelée et généralisation des activités hors bilan, etc. ; développement sans limite de la spéculation sur les devises, matières premières, produits de base, avec leurs entreprises correspondantes : Hedge funds, souvent équipés de produits systémiques comme le « Exchange Trade Fund », avec effacement de la frontière  morale et juridique,  entre ce qui est réputé « investissement » et ce qui est réputé « spéculation » ; alourdissement qualitatif et quantitatif des paradis fiscaux davantage spécialisés dans la compétitivité règlementaire; montée de la banque universelle et des conflits d’intérêts qui lui sont possiblement associés ; privatisation des organismes d’édiction des normes comptables ; développement d’un complexe « politico-financier », avec élargissement d’une communauté de « fonctionnaires –financiers » (notamment en France ), ou de « financiers- fonctionnaires » (notamment aux USA) ; mutation  des nations en sociétés anonymes plongées dans un milieu concurrentiel avec citoyens actionnaires et Etats transformant, dans le monde des apparences, le politique en simple « gouvernance ».

Ce partenariat exemplaire, faussement libéral et tout aussi faussement keynésien, entre financiers et entrepreneurs politiques développe 2 conséquences.

La première est la plus évidente : les Etats se font dans le monde des apparences beaucoup plus petits, et la finance complètement tentaculaire….avec les revenus correspondants. La réalité est autre : le gigantisme financier est le moyen nouveau de l’aventure étatique. Ce sont toujours les Etats et leurs entrepreneurs qui tiennent les ficelles règlementaires, et donc fixent les règles du jeu. Et un jeu qui permet au moins de gagner du temps, c'est-à-dire de prolonger un fordisme – désormais malade car amputé dès la fin des années 70 de ses magiques gains de productivité- par d’autres moyens : maintenir l’emploi en stimulant les demandes globales par le fantastique développement du crédit, donc de la dette privée (USA, Irlande, Grande Bretagne, Espagne, etc.) ; maintenir l’Etat providence malgré les pertes de ressources fiscales du fordisme déclinant en développant une dette publique d’autant moins couteuse qu’elle se trouve davantage internationalisée ( France notamment) ; et en raison des mêmes causes et avec les mêmes moyens, maintenir la puissance (USA). Le fordisme triomphant n’avait guère besoin d’une finance développée. Son agonie, et l’affolement des entrepreneurs politiques qui s’en nourrissaient, justifient de la part de ses mêmes entrepreneurs, un fantastique investissement vers une finance qui deviendra tentaculaire. Le politique ne s’efface pas, derrière un faux libéralisme et la gigantesque construction financière, et ses entrepreneurs ont besoin de pérenniser un partenariat équilibré avec les banques : Il faut   sauver ces dernières durant la crise … pour que les entrepreneurs en question se sauvent eux-mêmes. Clientélisme et irresponsabilité, restent les objectifs du mariage entre désormais le « petit Etat » et  la « grosse Banque ». Et mariage qui jusqu’ici ne supporte pas l’infidélité.

La seconde ne concerne pas directement cet article centré sur le gigantisme financier. Pour autant elle est aussi la conséquence du partenariat entre banquiers et entrepreneurs politiques. Dans le fordisme devenu mutant, le citoyen va apparaitre à tout le moins dissocié. Jadis, en fordisme, au centre de 3 cercles concentriques ( citoyen/salarié/consommateur), il est désormais, en tant qu’enfant du « petit Etat » et de la « grosse Banque » un être dissocié : il tue involontairement son statut de salarié, en satisfaisant ses désirs consuméristes de marchandises mondialisées acquises à l’aide d’ un crédit facile ; Il aime ce sous produit du mariage des Etats et de la finance qu’est la « drogue –euro », laquelle  lui procure un pouvoir d’achat élevé, souvent invisiblement dissocié de sa productivité… dissociation dangereuse pour son emploi ;   Partiellement issu  d’obscures pyramides financières ( CADES, ACOSS  etc.) , il sait que le service public dont il est usager pourrait s’effondrer ; Par ailleurs Il ne voit plus  pourquoi il financerait par l’impôt, le service d’une dette qui gave la finance et aggrave son gigantisme. Jadis enchâssé dans le politique et les institutions de la nation, il se sent à la fois perdu et libéré et veut chaque jour se libérer davantage.

Ce temps de la finance gigantesque n’est évidemment qu’un étape dans l’histoire, et étape peut-être assez brève puisqu’elle n’est que la conséquence du refus de voir s’étioler le paradigme fordien . Un paradigme que l’on maintient artificiellement, avec des bulles qui ne peuvent qu’exploser. Et bulles successives, qui correspondent à un jeu d’acteurs prisonniers du  mythe de la « fin de l’histoire » : marché généralisé et démocratie représentative, sont vécus par tous comme des aboutissements indépassables. L’avenir est à imaginer, mais parce qu’il est interdit de penser, les hommes fabriquent des rustines, alors qu’il faudrait élaborer des stratégies de changement.

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Finance et Etats
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BA 30/06/2011 09:57


Jeudi 30 juin 2011 : les quatre fléaux qui ravagent la France.

1- Dette publique.
France : la dette publique gonfle encore au premier trimestre, à 84,5 % du PIB.
La dette publique de la France a augmenté de 54,9 milliards d'euros au premier trimestre par rapport à la fin 2010 pour s'établir à 1.646,1 milliards d'euros, soit "approximativement" 84,5 % du
produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Insee.
2- Consommation des ménages.
France : la consommation des ménages baisse de nouveau en mai de - 0,8 %.
Les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont de nouveau chuté en mai, de - 0,8 %, notamment en raison d'une baisse des achats alimentaires et de vêtements, a
annoncé jeudi l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques. En avril, elles avaient déjà reculé de - 1,4 % (chiffre révisé), selon l'Insee.
3- Chômage.
Catégories A, B, C, D, E : Chômage en avril 2011 : 4 909 300 inscrits à Pôle Emploi. Chômage en mai 2011 : 4 944 100 inscrits à Pôle Emploi.
Variation sur un mois : augmentation de 34 800 chômeurs. Variation sur un an : augmentation de 156 600 chômeurs.
4- Christine Lagarde.
Déclaration de Christine Lagarde le 13 mai 2011 : "Tous les clignotants sont au vert."

http://www.boursier.com/actualites/economie/pour-christine-lagarde-tous-les-clignotants-sont-au-vert-8544.html?sitemap


BA 28/06/2011 23:41


50 milliards d'euros d'avoirs immobiliers toxiques découverts en Espagne.

La découverte, en Espagne, d'avoirs immobilers toxiques d'une valeur de 50 milliards d'euros inquiète sérieusement les autorités européennes.

Selon les révélations du site espagnol d'informations "El Confidential", le secteur financier espagnol détiendrait pour 50 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques et "non
reconnus".

Découverte lors des "stress tests" des banques espagnoles, cette somme s'ajoute aux 180 milliards d'actifs toxiques déjà détenus par la Banque d'Espagne.

Pour le Boston Consulting Group (BCG), "l'évolution de l'économie ne permettra pas de générer un solde positif suffisant pour compenser ces détériorations". Le BCG estime que les banques
hispaniques ont besoin de 20 à 30 milliards d'euros de liquidités supplémentaires.

Dans ce contexte, le Fonds de restructuration bancaire (FROB) initié par le gouvernement espagnol en 2009 pourrait prendre possession de 20 % du secteur bancaire national.

Les actifs toxiques espagnols correspondent à des saisies immobilières, des emprunts à des promoteurs véreux ou insolvables, et des hypothèques irrégulières.

Pendant les années 2000, la spéculation immobilière s'est emballée pour atteindre, au plus fort de la bulle, plus de 800.000 nouveaux logements construits en 2005. Selon une estimation de la
Fondation Alternativas, en 2009, il existait deux logements par habitant en Espagne.

Déjà mises à mal par les problèmes grecs, les banques européennes, très exposées à la dette hispanique, pourraient connaître des pertes énormes si l'Espagne - "trop grande pour être secourue par
les fonds de sauvetage européens" selon le Nouvel Observateur - rencontrait de graves difficultés.

http://www.lecho.be/actualite/entreprises_finance/50_milliards_d-avoirs_immobiliers_toxiques_decouverts_en_Espagne.9076038-3027.art

Article en langue espagnole :

http://www.elconfidencial.com/en-exclusiva/2011/banca-50000-millones-activos-toxicos-ocultos-20110624-80524.html


BA 27/06/2011 21:40


Lundi 27 juin 2011 :

La réunion des chefs d’Etat et des chefs de gouvernement européens n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux.

Les taux des obligations d’Etat continuent à exploser.

Portugal, Irlande, Grèce : les courbes des taux sont inversées !

Portugal : taux des obligations à 2 ans : 14,632 %. Record historique battu.
Portugal : taux des obligations à 3 ans : 15,765 %. Record historique battu.
Portugal : taux des obligations à 10 ans : 11,681 %. Record historique battu.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux des obligations à 2 ans : 14,047 %. Record historique battu.
Irlande : taux des obligations à 3 ans : 15,500 %. Record historique battu.
Irlande : taux des obligations à 10 ans : 12,095 %. Record historique battu.

Grèce : taux des obligations à 2 ans : 29,382 %.
Grèce : taux des obligations à 3 ans : 29,365 %.
Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,806 %.


BA 26/06/2011 23:54


Dimanche 26 juin 2011 :

Grèce : pas de participation des banques britanniques.

Il n'y a pas de projet spécifique sur la table prévoyant la participation des banques britanniques à tout plan pour la Grèce impliquant la participation du secteur privé, a déclaré dimanche le
Trésor.

Selon le journal The Observer, le gouvernement britannique a appelé les banques du pays à prendre leurs pertes sur les titres de dette souveraine grecs inscrits dans leur portefeuille, dans le
cadre d'un plan européen visant à empêcher que les problèmes grecs ne se transforment en nouvelle crise financière.

"Le Trésor suit la situation de près, mais aucun projet spécifique pour une implication du secteur privé n'est au programme", a dit une porte-parole du Trésor.

Les "Big Four" ou quatre grandes banques britanniques - Lloyds, Barclays, Royal Bank of Scotland et HSBC - ont une exposition relativement limitée à la Grèce.

Elles sont plus exposées à d'autres pays de la zone euro traversant une zone de turbulences, comme l'Espagne et l'Irlande.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/06/26/97002-20110626FILWWW00143-grecegbpas-participation-des-banques.php


BA 25/06/2011 21:46


Samedi 25 juin 2011 :

Une majorité d'Allemands n'a plus confiance en l'euro en raison de la crise que traverse la monnaie unique liée à la quasi-asphyxie de l'économie grecque, selon une étude du prestigieux institut
Allensbach à paraître demain.

Au total, 71 % des personnes interrogées affirment avoir "moins", "à peine" ou "pas du tout confiance" en l'euro, selon ce sondage publié par le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Seuls 19 % déclarent à l'inverse avoir "une grande" ou "une très grande" confiance en la monnaie unique, selon la même source.

La défiance à l'égard de l'euro ne cesse de grimper chez les Allemands : en avril 2011, ils n'étaient encore que 66 % à affirmer ne pas avoir confiance en la monnaie européenne.

En 2008, moins de la moitié des personnes interrogées partageaient cette opinion.

"Les citoyens allemands sont plus sceptiques qu'il y a un an face à la monnaie unique. La crise grecque est passée par là", constatait récemment Peter Matuschek, analyste de l'Institut allemand de
sondage Forsa.

"Certains estiment s'être suffisamment serrés la ceinture ces dernières années pour que l'Allemagne soit performante. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent maintenant aider d'autres pays qui
n'ont pas fait les mêmes efforts", assurait également Dominik Hierlemann, politologue de la fondation Bertelsmann.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/06/25/97002-20110625FILWWW00489-les-allemands-moins-confiants-dans-l-euro.php


HP 25/06/2011 20:45


Il existe une infinités de systèmes économiques possibles, il est probable que l'effondrement rapide et douloureux de celui-ci en fasse émerger plusieurs incompatibles. Mais tous basés, par dégout
de celui-ci, sur le rejet des dettes, actions, et en général de tout ce qui n'a pas d'assise dans la réalité.
Je ne serais pas malheureux que la transition se passe très mal pour les promoteurs et profiteurs du système : boursicoteurs, traders, rentiers, et les politiques qui les ont protégés.


BA 23/06/2011 19:59


Jeudi 23 juin 2011 :
La réunion des ministres des Finances européens n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux.
Les taux des obligations d’Etat continuent à exploser.

Portugal, Irlande, Grèce : des records historiques ont été battus aujourd’hui.

Concernant ces trois Etats en faillite, les courbes des taux sont inversées !

Portugal : taux des obligations à 2 ans : 14,392 %. Record historique battu.
Portugal : taux des obligations à 3 ans : 15,320 %. Record historique battu.
Portugal : taux des obligations à 10 ans : 11,424 %. Record historique battu.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux des obligations à 2 ans : 13,702 %. Record historique battu.
Irlande : taux des obligations à 3 ans : 15,162 %. Record historique battu.
Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,788 %. Record historique battu.

Grèce : taux des obligations à 2 ans : 28,636 %.
Grèce : taux des obligations à 3 ans : 29,528 %.
Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,876 %.


BA 22/06/2011 21:06


Der Spiegel (le Miroir) est le plus grand et le plus influent hebdomadaire allemand d'investigation, créé par Rudolf Augstein en 1946-1947.

Der Spiegel est un grand magazine d'enquêtes et d'investigation allemand de tendance centre gauche.

(Source : Wikipedia)

Pour Der Spiegel, la cause est entendue : l'euro est mort.

Regardez bien la photo de couverture :

http://www.spiegel.de/spiegel/0,1518,ausg-4929,00.html

Nachruf auf eine gemeinsame Währung = "Nécrologie de la monnaie unique."


BA 21/06/2011 18:40


JCW écrit : "marché généralisé et démocratie représentative, sont vécus par tous comme des aboutissements indépassables."

La démocratie représentative est morte le 29 mai 2005 : les représentants étaient pour le oui, le peuple a voté non.

Terminé.

Fini.

Maintenant, on doit passer à autre chose : on doit instaurer la démocratie semi-directe. Concrètement : le pouvoir législatif appartient aux représentants, ET AUSSI au peuple tout entier (cela
imposera la tenue de plusieurs référendums par an).

Mardi 21 juin 2011 :

- Emprunt à 3 mois :

Quand l'Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d'intérêt de 1,01 %.

Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d'intérêt de 1,02 %.

Et la Grèce ?

Mardi 21 juin 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : elle a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,62 % !

Les taux sont en hausse : c'était 4,06 % lors de la précédente émission en mai 2011.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/06/21/97002-20110621FILWWW00478-la-grece-emprunte-1625-md-a-462.php

Conclusion :

Plus les jours passent, plus la Grèce emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.


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