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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 07:15

                                               

La question du statut des banques centrales n’est jamais évoquée dans le grand débat concernant la crise financière. Il faut pourtant rappeler, pour ne prendre que l’exemple français, que la banque de France, après avoir été nationalisée au lendemain de la guerre, fût entièrement soumise au Trésor jusqu’à la loi du 3  janvier 1973, loi qui devait  instaurer une stricte séparation et surtout une indépendance complète par rapport à l’exécutif. Texte qui devait être confirmé et durci dans le cadre du traité de Lisbonne (article 123).

S’affranchir de la dure loi d’airain de la monnaie

Conçue comme instrument de la reconstruction du pays, la banque centrale de l’après guerre,  allait affranchir la communauté nationale de contraintes jusqu’alors fixées par les croyances monétaires : oui, la monnaie n’est qu’une convention sociale puisque réellement créée  à partir de rien ; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée permet de mettre fin à la loi d’airain de la monnaie. Pourtant dure loi – il est vrai- jusqu’alors ressentie à toutes les époques,  où l’affranchissement vis-à-vis du métal précieux, se soldait invariablement dans le drame ( Système de Law , Assignats, etc.). La gestion monétaire, habilement menée après la seconde guerre mondiale, que l’on soit en France ou ailleurs, a autorisé des investissements publics gigantesques- investissements dont on aurait tant besoin aujourd’hui- en mettant fin à la pénurie monétaire et aux taux d’intérêts associés.

De ce point de vue, l’indépendance aujourd’hui partout constatée des banques centrales, fût un cruel retour en arrière vers l’aliénation monétaire : l’inflation, pourtant disparue depuis longtemps – les années 60 qui précèdent l’indépendance furent beaucoup plus sages que celles qui suivirent -  faisant figure de diable pour les tenants de cette régression.

Bien  que la question de la dette publique ait disparu alors même que l’endettement était gigantesque au lendemain de la guerre, elle  va réapparaitre dès la proclamation de l’indépendance de la banque centrale

La régression indépendantiste

Désormais, il devient interdit aux banques centrales de créer de la monnaie au profit des Trésors, et donc, le recours à l’endettement ne passe plus par l’autorité des exécutifs qui fixaient les prix et les taux (généralement ces derniers  étaient  nuls). A l’inverse, désormais tout passera par un curieux marché aux caractéristiques suivantes : un groupe de banques va détenir le monopole d’achat de bons du Trésor (les fameux « Spécialistes en Valeurs du Trésor » -SVT-  de l’agence France Trésor pour ce qui concerne la France), et il deviendra interdit aux particuliers d’acheter directement, comme ils pouvaient le faire dans  le passé, des bons du Trésor. Situation qui correspondrait- pour donner un exemple simple - à celle d’un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place,  et qui devrait acheter les fruits qu’il convoite,  à un groupe d’entreprises bien ciblé,  à l’exclusion de toutes les autres.

Situation, à tout le moins extraordinaire, qui fait émerger deux   marchés.  L’un sera celui de  la dette publique lequel consacrera le retour  au 19ième siècle, époque où il n’était pas devenu évident que la monnaie n’est qu’une convention sociale. Le  second, sera celui de l’épargne de nombreux ménages qui jusque là se contentaient d’acheter des bons du Trésor, directement auprès des organismes publics chargés de leur diffusion. Ils  achetaient de la matière brute (bons en directs) ; ils achètent désormais des produits plus complexes aux banques, qui se sont réservés l’achat de la matière première, qu’elles transforment en produits d’épargne.

La fin de l’autorité monétaire rétablit ainsi artificiellement la pénurie monétaire de jadis – comme à

l’époque des bases métalliques- et le coût qui lui est associé : désormais, il y aura un service de la dette publique qui représentera la charge d’intérêts d’une ressource, dont la rareté est une construction toute politique.

Le choix du gaspillage de fonds publics

Vu sous un autre angle, l’indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l’inflation, correspond à un intense gaspillage de fonds publics : en interdisant le lien traditionnel entre le Trésor et la banque centrale, et en créant un marché monopolistique par ailleurs, le prix de la dette passe d’une valeur nulle à un prix positif. Cela correspond à 2, 5 points de PIB s’agissant de la France, et aujourd’hui – pour donner un exemple extrême - à 15 points de PIB s’agissant de la Grèce. Le gaspillage des ressources publiques est ainsi une obligation relevant de la loi, et plus encore, s’agissant de l’Euro-zone, de traités internationaux. Quant à la sempiternelle peur des marchés, elle n’est que la conséquence d’une construction politique, puisque ces mêmes marchés ont été politiquement construits.

A y regarder de plus prés, on peut se demander, si l’indépendance des banques centrales relève de ce qu’on appelle la  montée du libéralisme, ou à l’inverse, procéderait  plutôt d’un hold-up hélas planétaire. Les libertariens ont raison : la loi – en France celle du 3 janvier 1973- n’est que le résultat de la violence de quelques uns, bien décidés à prendre en otage l’ensemble de la population. A un moment où les dettes souveraines deviennent insupportables par l’effet d’un second – voire d’un troisième - hold-up à l’intérieur du premier (il fallait, parait-il, «  payer » pour sauver les banques en 2008, et il faudrait repayer aujourd’hui pour ces mêmes entités présentées comme victimes de la situation grecque)  qui viendra nous libérer ?

 

                                                                                             

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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commentaires

Chris 05/11/2013 13:50

Bonjour,
Auriez vous des données chiffrées illustrant l'émergence des deux marchés que vous évoquez (dettes publiques et épargne).
Merci d'avance

gidmoz 15/01/2012 10:14

@kezkisspass
Vous dites "A 7% pour l'italie, à 5% pour l'espagne, à 11% pour le portugal, vous ne voyez pas une certaine violence... de classe
http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des"
Je n'ai pas peut-être pas tout suivi. Mais je ne vois pas à quoi se rapportent les pourcentages que vous citez pour ces trois pays. J'ai parcouru le très long article de Lordon dont vous citez le
lien. Je n'ai pas vu de rapport avec l'article de Werrebrouck, ni avec mon commentaire. Pouvez-vous préciser votre propos?

Par la loi de 1973, l’État organise une disposition visant à limiter le risque de faire certaines bêtises monétaires. C'est à dire le risque de l’État émette de la monnaie trop facilement. Le
risque de la planche à billets. Le législateur a inventé une formule de limitation de ce risque. Peut-être cette formule est-elle peut-être sous-optimale ou maladroite. Mais était-il possible d'en
inventer une autre? Y voir un complot des "possédants", ou pire le complot d'une "classe" me semble être une thèse bien téméraire.

Le seul but d'une Constitution est de limiter le pouvoir exécutif. L’État se limite ainsi lui-même. Dans une démocratie, il est sage que l’État s'impose des limites légales à son action. Ma lecture
est que la loi de 1973 va dans ce sens. Le législateur a voulu enlever des mains de l’État le pouvoir d'émettre la monnaie. Ou de s'endetter, ce qui revient au même. La barrière est cependant très
limitée.

Ce pouvoir monétaire est transféré à la Banque Centrale, mandataire de l’État. Un mandataire n'est jamais totalement indépendant de son mandant. Pour éloigner davantage ce risque d'une émission
monétaire irresponsable de l’État, le législateur a voulu confier cette tâche à un tiers, c'est à dire aux banques commerciales. Cela me semble sage. Le personnel politique est peu conscient des
risques techniques de dysfonctionnement monétaire. Les fonctionnaires, qui sont des experts gérant la monnaie, sont très conscient des risques de dysfonctionnement.

kezkisspass 15/01/2012 09:04

A 7% pour l'italie, à 5% pour l'espagne, à 11% pour le portugal, vous ne voyez pas une certaine violence... de classe
http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des

gidmoz 15/01/2012 01:53

@Jean Claude Werrebrouck
Pour la loi du 3 janvier 1973, vous dites que les libertariens y verraient un effet de la violence de qquns. Je suis libertarien et ne vois pas comment un libertarien pourrait dire cela. Une unité
monétaire est essentiellement une certaine obligation de l’État. L’État se prête à lui-même, mais indirectement et à un cout élevé. Cela prête à rire.

Une banque qui émet de la monnaie pour ses propres dépenses doit prendre certaines précautions comptables. Il en est de même pour l’État. Mais la solution que l’État paye le prix fort n'est
surement pas optimale. A mon avis, le législateur, ayant rédigé cette loi, souhaitait probablement réduire le risque d'une émission irresponsable de l’État. Je n'y voit aucun holdup, ni aucune
violence de quiconque contre l’État.

kezkisspass 03/12/2011 00:23

Bonjour,
Blog extrêmement intéressant.
Belle réinformation.
A suivre

surmely alain 08/11/2011 22:52


POUR UN AUTRE FINANCEMENT DES ETATS EUROPEENS


I) Les causes de l’endettement croissant des Etats

Il y a deux racines au problème des dettes souveraines en Europe.La première racine est l’injustice fiscale qui fait porter l’effort de la nécessaire contribution sur les plus nombreux et souvent
les moins riches et qui épargne voire exonère de l’impôt les ménages et les entreprises les plus riches.Comme chacun sait les pauvres ne sont pas riches mais ils sont les plus nombreux.Ce manque à
gagner en termes de recettes fiscales a considérablement appauvri les Etats au point que certains d’entre eux sont quasiment devenus des « paradis fiscaux » comme l’Irlande et que l’endettement
croissant sur les marchés financiers est devenu une nécessité vitale pour ces mêmes Etats.C’est la deuxième racine des dettes souveraines.Les taux de ces emprunts(conditionnés par les notes des
agences dites de notation) destinés à financer les Etats ne cessent de croître au point que l’on peut comparer les dettes souveraines à d’énormes boules de neige dévalant une pente enneigée.En
recourant exclusivement aux marchés financiers pour financer la dette des Etats la conséquence a été le financement inflationniste du déficit budgétaire c’est-à-dire l’exact inverse de l’objectif
affiché par les traités européens.En effet,le coût annuel de la charge de la dette(c’est-à-dire les seuls intérêts) a dépassé 45 milliards d’euros en France en 2011.Cette charge de la dette devrait
atteindre 50 milliards en 2012(soit davantage que l’impôt sur le revenu !) et serait en passe de devenir le premier poste budgétaire de la France.Le problème se trouve aggravé par l’obligation dans
laquelle se trouvent les Etats européens de se financer exclusivement sur les marchés financiers(loi de 1973 dans le cas de la France + dispositifs des traités européens).La Banque de France ne
peut donc pas prêter d’argent à l’Etat français :elle se contente de fabriquer la monnaie(monnaie fiduciaire).Ce sont les banques commerciales et autres marchés financiers qui prêtent à l’Etat
moyennant une rente prohibitive.

II) L’issue : pouvoir de financement des Etats attribué à la BCE et budget fédéral européen

On pourrait donc envisager l’issue suivante à l’actuelle crise qui met en péril les Etats ainsi que le système bancaire:les Banques centrales nationales,via leurs gouvernements
respectifs,attribuent à la BCE le pouvoir de création monétaire,c’est-à-dire une souveraineté monétaire dont elle reste privée,aux fins de financement des budgets nationaux des pays membres de la
zone euro à l’aide de l’actuel FESF (rendu caduc puisque les Etats cesseraient de recourir aux marchés financiers :l’accroissement démesuré des dettes souveraines comme le risque de krach bancaire
seraient enrayés ipso facto),d’une taxe sur les transactions financières(et l’accord de la Chine comme des Etats-Unis n’est pas nécessaire comme voudraient nous le faire croire les organisateurs du
récent G20),d’une fiscalité européenne(type éco-taxes à élaborer)et du transfert des revenus des Etats membres à un budget désormais fédéral.La BCE remplirait son rôle de banque qui consiste à
financer l’activité économique –au minimum celui des Etats-puisque son rôle actuel consiste simplement à orienter l’activité(fixation d’un taux directeur,respect des critères de Maastricht et autre
pacte de stabilité).L’Europe(les Etats # marchés)serait dès lors maitresse du financement des budgets des Etats membres et sortirait de la spirale mortifère du recours aux financements
privés(spéculations sur les dettes,variations des taux d’emprunts,CDS ou Credit Default Swaps aux stipulations pour le moins obscures,absence de surveillance des Etats mal gérés).

III) La direction actuelle : défauts sur les dettes et Krach bancaire ?

Outre le gain qui en résulterait pour les Etats cela leur permettrait enfin de financer des services publics dignes de ce nom,des politiques favorisant l’emploi,la nécessaire transition
écologique,le développement de l’activité économique comme celui des peuples et de s’engager sur la voie du désendettement.Ces mesures-impliquant un approfondissement de l’intégration européenne
via un budget fédéral-devraient être adoptées dans des délais raisonnables,avant que le financement des Etats ne devienne trop aléatoire du fait du fonctionnement inhérent aux marchés des
capitaux(hausse indéfinie des taux d’emprunt du fait de risques croissants..etc) avant que les dettes souveraines ne deviennent incontrôlables (comme dans le cas de la Grèce), et avant que le Krach
bancaire(en mode systémique) ne se produise,les dettes souveraines étant inextricablement liées à des actifs et des intérêts privés.Le prévisible krach bancaire aurait pour premier effet de ruiner
nombre de détenteurs de titres de dettes souveraines et autres CDS fort rémunérateurs jusqu’à présent c’est-à-dire nettement plus rémunérateurs que le classique livret d’épargne populaire.Les Etats
européens ne peuvent plus continuer à être soumis à une telle instabilité financière,économique,sociale et politique.Il y va désormais de leur avenir.


Jean Claude Werrebrouck 09/11/2011 08:13



Merci pour votre contribution pour laquelle je n'ai rien à ajouter.


Malheureusement il y a beaucoup de blocage politique voire intellectuel et c'est sans doute ce  dernier point qui est le plus grave: aussi bien en Grèce qu'en Italie on se prépare à désigner
des dirigeants qui ne sont que des banquiers spécialisés en "technologie financière". Il s'agira encore de trouver de nouvelles rustines hors d'âge....



BA 10/10/2011 21:06


Lundi 10 octobre 2011 :

Le Premier ministre français François Fillon a estimé lundi que l'Europe se trouvait "sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent", affirmant que la crise actuelle pouvait "mettre
en péril 60 années de construction européenne".

"Personne ne doit s'y tromper : nous sommes sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent européen, sa prospérité, son contrat démocratique, son unité monétaire, son unité politique",
a déclaré M. Fillon dans un discours de clôture de la journée parlementaire du parti du Nouveau centre (NC).

"Ne croyez pas que j'exagère. Si la faillite d'une banque d'affaires aux Etats-Unis en 2008 a frappé de plein fouet le système financier et a provoqué une récession dans le monde entier, je veux
dire que la crise actuelle peut mettre en péril 60 années de construction européenne", a-t-il mis en garde.

Selon le chef du gouvernement français, "les nostalgiques du protectionnisme, les partisans d'une Europe divisée, les militants d'une sortie de l'euro, toute cette cohorte est à l'oeuvre. Et dans
la confusion actuelle, il faut bien reconnaître que leurs arguments peuvent faire mouche auprès de nos concitoyens", a-t-il relevé.

Abordant le cas spécifique de la Grèce, il a jugé que le pays, "dans une situation difficile, devait renforcer ses efforts. Mais notre devoir de solidarité européenne, c'est de l'accompagner. Dans
une famille on ne laisse pas tomber celui qui marche moins vite que les autres, ou alors il n'y a plus de famille", a poursuivi M. Fillon.

http://www.boursorama.com/actualites/crise-l-europe-est-sur-un-volcan-qui-peut-dynamiter-le-continent-fillon-9f80f84ca7b50e5d1ad1ed0cec3f9420


A-J Holbecq 10/10/2011 12:28


Le "100% monnaie" fait la séparation "espèces scripturales" (monnaie), qui ne peut pas être prêté et se trouverait gérée par des banques de dépôts qui disposeraient en garantie de l'équivalent
monnaie centrale.... ET l'épargne, qui pour Fischer et Allais, n'est pas de la monnaie (mais de l'épargne donc une décision du détenteur de monnaie de s'en passer pendant un certain temps, par un
acte volontaire de transfert de son compte en banque de dépôt vers un compte en banque de prêts). Les banques de prêts gèrent cette épargne et ne peuvent prêter que celle ci (leur rôle est donc
limité à l'intermédiation).

L'augmentation de la masse monétaire (dont une partie sera ensuite épargnée par les bénéficiaires économiques et donc prêtée aux emprunteurs) se fait toujours et uniquement par des versements de la
Banque Centrale au Trésor Public qui est le lieu de transformation de la monnaie centrale en monnaie secondaire.
(le "toujours et uniquement" est éventuellement discutable)

Maintenant je suis tout à fait d'accord avec votre dernière phrase... il ne faut pas que l'injection de nouvelle monnaie au bénéfice du Trésor le soit pour une utilisation "politicienne".


Jean Claude Werrebrouck 10/10/2011 14:36



De fait entre le système actuel et celui que nous pourrions proposer, il y a au delà de la tuyauterie des modes différents du partage du revenu national.


Dans la présente situation il y a subventionnement public de la rente à hauteur du "service de la dette" et donc redistribution mondialisée d'impôts dont l'assiette reste nationale.


Dans celle que nous proposons, la rente monétaire est prélevée par les Etats au profit des bénéficiaires des services publics. Par ailleurs l'investissement public lui même s'effectue sans aucun
prélèvement de rente puisque le prêt de la Banque centrale au Trésoir est assorti d'un taux zéro.


Mais ce changement de tuyauterie- en dehors des questions que j'ai soulevé dans d'autres commentaires- pose d'autres questions: peut-on conserver la libre circulation des capitaux, l'absence de
contrôle des changes, etc..?


De fait, je pense qu'on ne pourra réindustrialiser -et il le faut sinon la balance extérieure n'a pas fini de dramatiquement se dégrader -  qu'avec le retour à l'Etat Nation, retour qui
n'est pas dans le système de valeurs qui s'est mise en place depuis si longtemps. Je vois là une difficulté essentielle qui me rend assez pessimiste.


Bravo par ailleurs pour le dernier billet sur plus loin que jorion.


 



A-J Holbecq 10/10/2011 06:48


@Jean Claude

Allais objectait un certain nombre de choses au système bancaire actuel et je crains que votre proposition soit insuffisante pour "réguler" le système (il y a en France un grand nombre de banques
étrangères, européennes ou non).

Extraits:
" En fait, le système actuel du crédit, dont l'origine historique a été tout à fait contingente [accidentelle, non nécessaire], apparaît comme tout à fait irrationnel, et cela pour huit raisons au
moins :

- la création (ou la destruction) irresponsable de monnaie et de pouvoir d'achat par les décisions des banques et des particuliers ;

- le financement d'investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme ;

- la confusion de l'épargne et de la monnaie ;

- la très grande sensibilité du mécanisme du crédit à la situation conjoncturelle ;

- l'instabilité foncière qu'il engendre ;

- l'altération des conditions d'une efficacité maximale de l'économie ;

- l'altération de la distribution des revenus ;

- et enfin l'impossibilité de tout contrôle efficace du système du crédit par l'opinion publique et le Parlement, en raison de son extraordinaire complexité.



Au regard d'une expérience d'au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d'expansion et de récession, on doit considérer que les
deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d'achat ex nihilo par le mécanisme du crédit et le financement
d'investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme."

et il ajoutait:

" ans son principe, une telle réforme rendrait impossibles la création monétaire et de pouvoir d’achat ex nihilo par le système bancaire et l’emprunt à court terme pour financer des prêts de terme
plus long. Elle ne permettrait que des prêts de maturité plus courts que ceux correspondant aux fonds empruntés.

Les banques de prêt et les banques d’affaires serviraient d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Elles seraient soumises à une obligation impérative : emprunter à long terme pour
prêter à plus court terme, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui[20].

Une telle organisation du système bancaire et financier permettrait la réalisation simultanée de conditions tout à fait fondamentales :

1 - l’impossibilité de toute création monétaire et de pouvoir d’achat en dehors de celle de la monnaie de base par les autorités monétaires ;

2 - la suppression de tout déséquilibre potentiel résultant du financement d’investissements à long terme à partir d’emprunts à court ou à moyen terme ;

3 - l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux souhaité par les autorités monétaires[21] ;

4 - une réduction majeure, sinon totale, de l’amplitude des fluctuations conjoncturelles[22] ;

5 - l’attribution à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, des gains provenant de la création monétaire, et l’allègement en conséquence des impôts actuels ;

6 - un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire de la création monétaire et de ses implications."


Jean Claude Werrebrouck 10/10/2011 11:48



Bon , il faut creuser cette idée. Si je supprime le système des réserves fractionnaires par acte réglementaire, cela voudra-il dire que désormais mon banquier devra me demander une autorisation
pour prêter à un client à partir de mon compte? Où, même chose devrat'il emprunter pour prêter? En fait j'imagine que la solution sera un crédit sur la base d'un prêt du Trésor dont la
matière première provient de l'abondement du compte du trésor à la banque centrale, et ce à coût nul. Ce qui renverserazit les choses, le Trésor gagnant sur la différence d'intérêrts payés (nuls)
et d'intérêts à recevoir ( payés par les banques). Ce qui me gène est qu'il faudrait un contrôle démocratique très précis, car les risques d'entente entre bénéficiaire d'un crédit, banquier et
décideurs politiques sont importants. Sans un contrôle précis, il y a problème car la responsabilisation des acteurs n'est pas évidente. Il ne faudrait pas que la distribution du crédit soit une
affaire d'oiigarques.


Que pensez-vous de tout cela?



Jean Jégu 09/10/2011 11:52


En ce premier jour de la primaire socialiste, je partage à 100 % votre conclusion : "A un moment où les dettes souveraines deviennent insupportables par l’effet d’un second – voire d’un troisième -
hold-up à l’intérieur du premier (il fallait, parait-il, « payer » pour sauver les banques en 2008, et il faudrait repayer aujourd’hui pour ces mêmes entités présentées comme victimes de la
situation grecque) qui viendra nous libérer ?"

Trubli a su vous poser de bonnes questions. Permettez-moi de ne pas insister sur nos accords qui sont fort nombreux mais - pour nous faire progresser ensemble - de noter plutôt ce qui nous
différencie quelque peu, sachant que je partage très généralement les propos de AJ Holbecq dans son commentaire précédent.

Vous écrivez en réponse à Trubli : "S'agissant de l'interdit des réserves fractionnaires, le problème est sans doute complexe et je crains des difficultés de financement avec une présence trop
importante de l'Etat...et de ses entrepreneurs politiques. Je crois qu'il faut laisser en vigueur une certaine capacité à créer de la monnaie privée. Mais encore une fois la question est fort
complexe." Sans avancer une argumentation détaillée, je veux simplement témoigner que j'ai longtemps ( une dizaine d'années ) été de cet avis prudent. Malheureusement j'ai constaté que ses
partisans n'arrivent jamais à se faire entendre. Ce serait un retour en France à l'avant 1973, c'est à dire à une situation instable de compétition entre Etat et banques commerciales. Celles-ci se
sont imposées une fois ; elles ne manqueraient pas de le refaire à la première occasion. Personne n'a jamais aboli l'esclavage ou la peine de mort à moitié ; on l'abolit ou on ne l'abolit pas. Le
"100 % monnaie" n'est-il pas la seule position logique. Elle est d'ailleurs tout à fait confortée par ce qui se passe aujourd'hui ; en définitive seuls les états sont garants de la monnaie par
l'endettement public, donc seuls les états sont légitimes pour l'émission de monnaie. La monnaie ne devrait-elle pas naitre de la monétisation des dépenses publiques et mourir de la démonétisation
des recettes publiques ? Il s'agirait bien comme vous le dites "d 'un renversement du monde tel qu'il est. " Mais je ne vois pas en quoi il faudrait craindre des difficultés de financement puisque
demeureraient d'une part la possibilité de prêts sur épargne préalable et d'autre part, en dernier recours si besoin, les prêts exceptionnels consentis pas l'état.

Je note aussi avec intérêt l'invitation que vous fait Karluss a rejoindre le célèbre blog de Paul Jorion, sauf que comme il le dit, " Évidemment, reste le problème de fond sur la fameuse création
monétaire ex-nihilo..." Mais là, je suis rassuré quand je lis vos propos sur le croyances monétaires ! " ... les croyances monétaires : oui, la monnaie n’est qu’une convention sociale puisque
réellement créée à partir de rien ; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée permet de mettre fin à la loi d’airain de la monnaie."

Cordialement
Jean Jégu.


Jean Claude Werrebrouck 09/10/2011 18:47



Merci pour votren commentaire. S'agissant des banques on peut aussi imaginer après leur nationalisation ou plutôt après une réquisition, une modification radicale de la structure juridique, par
exemple un mode de fonctionnement coopératif avec la règle "un homme une voix", ce qui affaisse complètement un certain nombre de comportements, aujourd'hui constatés.



A-J Holbecq 09/10/2011 09:14


Je suis personnellement plus proche du 100% monnaie; la seule banque qui doit pouvoir émettre de la NOUVELLE monnaie est la Banque Centrale. Progressivement toute la monnaie serait nationalisée,
toute la nouvelle monnaie versée à la collectivité par le biais du trésor Public, et ainsi les banques n'auraient plus qu'un rôle d'intermédiation.
http://financerlavenir.fnh.org/propositions/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holbecq/

L’application d’une telle réforme aurait cinq conséquences très positives.
1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

a) la quantité de monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori (stabilité des prix ou taux volontaires de hausse des prix)- la quantité de monnaie deviendrait inélastique au
pessimisme ou à l’optimisme irraisonné des agents économiques
b) la quantité de monnaie en circulation deviendrait une variable totalement sous le contrôle de Banque Centrale sans que le comportement des banques ou des agents économiques puisse influer sur
elle. L’ampleur du « Boom » immobilier et financier de la dernière décennie serait quasiment inconcevable dans un système de ce type.
2. Une meilleure efficacité de l’économie.

a) des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques
b) le paiement du prix des services monétaires
c) l’interdiction de la transformation financière.
3. La fin des distorsions dans la répartition des revenus

Toute création monétaire ex nihilo par un système bancaire privé et commercial donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un «
faux droit », un revenu non gagné,
4. Un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

Dans le « 100% monnaie» l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. Celui-ci serait confié à la Banque Centrale agissant sous un mandat impératif protégé par la
Constitution, mais plusieurs types de décision et de contrôle citoyen sont envisageables.
5. L’attribution annuelle à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, de 70 à 80 milliards de gains provenant de la création monétaire

a) au travers de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’État, comme une recette budgétaire qui peut être estimé à 40 milliards d’euros par an pour la France (environ 80% de
l’IRPP)
b) au travers de la neutralisation instantanée de 800 à 1000 milliard d’euros de la dette publique française, permettant d’éviter une dépense annuelle d’intérêts de 30 à 40 milliards d’euros par
an, qui, il est vrai, sont systématiquement empruntés avec pour conséquence l’augmentation de la dette.


Jean Claude Werrebrouck 09/10/2011 18:54



Oui, je veux bien. Mais ce qui me fait peur dans une telle radicalité c'est la toute préeminence de l'Etat et de ses entrepreneurs. Je ne crois pas que l'on puisse revenir à l'Etat Nation de
notre jeunesse, et notre tâce est de réinventer le monde.



BA 08/10/2011 20:38


Samedi 8 octobre 2011 :

L'Europe se prépare à recapitaliser ses banques.

Les banques européennes pourraient avoir besoin de plus de 100 milliards d'euros d'argent frais pour affronter la crise de la dette souveraine, a estimé samedi l'Irlande, à la veille d'une
rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui devrait être largement consacrée à la recapitalisation du secteur.

Illustration de l'urgence du dossier : Paris et Bruxelles poursuivaient samedi les discussions en vue d'un démantèlement ordonné du groupe franco-belge Dexia, première banque européenne victime de
la crise de la dette.

L'Allemagne et la France ont jusqu'à présent tenu des discours divergents sur le meilleur moyen de renforcer des banques affaiblies par la dévalorisation de leurs avoirs en dettes souveraines des
pays "périphériques" de la zone euro et par les turbulences récentes sur les marchés financiers.

Paris préférerait avoir recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour recapitaliser ses propres banques, tandis que Berlin insiste pour réserver cet instrument à des actions de
dernier ressort, comme le soutien à la Grèce.

Le Fonds monétaire international (FMI), de son côté, estime que les besoins de capitaux des banques pourraient atteindre 200 milliards d'euros, l'équivalent de la moitié des ressources du FESF.

http://www.boursorama.com/actualites/l-europe-se-prepare-a-recapitaliser-ses-banques-6ea948bfeef844473da7fbd872901851


BA 08/10/2011 16:28


Samedi 8 octobre 2011 :

Dette : Christine Lagarde à l'Elysée, tractations avant un sommet Sarkozy/Merkel.

La directrice générale du Fonds monétaire international, qui avait été la première à appeler fin août à une recapitalisation "urgente" des banques européennes et qui reste très attendue sur ce
sujet, a quitté l'Elysée après une heure d'entretien avec le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy sans faire de déclaration.

A Berlin, dimanche, le président français et la chancelière allemande Angela Merkel, dont les divergences sur la manière de recapitaliser les banques européennes ont été démenties à Paris,
devraient rechercher un terrain d'entente.

La France s'est ralliée à l'idée d'une opération coordonnée au niveau européen, après avoir martelé pendant des semaines que les établissements français resteraient solides même en cas de faillite
de la Grèce.

http://www.boursorama.com/actualites/dette-christine-lagarde-a-l-elysee-tractations-avant-un-sommet-sarkozy-merkel-7154fb6c737a703c56492826bf2ea2c2


dan_y44 08/10/2011 11:19


vous omettez le fait que les banques et les états ont fusionné. ce sont les mêmes pouvoirs. le pouvoir des états et des banques croissent avec la dette publique. le pouvoir de contrôle des banques
sur les états, et le pouvoir des états sur les citoyens. les banques sont elles dépendantes des états pour leur recapitalisation a coup de dette. la boucle est bouclée : cela démontre que le
système étatico-bancaire n'est qu'un, et qu'il est de moins en moins au service du citoyen, mais qu'il est un MOYEN d'asservissement.


BA 07/10/2011 18:28


Un conseiller du FMI annonce la "débâcle bancaire dans deux ou trois semaines."

L'américain Robert J.Shapiro était interviewé par la BBC. Il est très alarmiste.

"Je pense que dans deux ou trois semaines, nous assisterons à la débâcle des dettes souveraines qui entraînera une débâcle du système bancaire européen."

Relevée par l'excellent site ElectronLibre, c'est l'inquiétante déclaration de l'américain Robert J.Shapiro, membre d'un comité consultatif au Fonds monétaire international, à la BBC mercredi
soir.

"Je ne parle pas simplement d’une banque belge relativement petite (Dexia, ndlr), mais je parle des plus grandes banques du monde, des plus grandes banques en Allemagne, des plus grandes banques en
France, qui impacteront les banques au Royaume-Uni. Cela s’étendra partout".

Pour les spécialistes, l'Américain entend par ces propos mettre la pression sur les autorités européennes pour qu'elles prennent des dispositions dans la crise de la dette avant qu'il ne soit trop
tard.

http://www.sudouest.fr/2011/10/07/un-conseiller-du-fmi-annonce-la-debacle-bancaire-pour-dans-deux-ou-trois-semaines-520250-5096.php

Pour les anglophones, voici le site du FMI : on explique la biographie de Robert J. SHAPIRO, conseiller du FMI.

Robert J. SHAPIRO is the Chairman and co-founder of Sonecon, LLC. He is a Senior Policy Fellow of the Georgetown University Center for Business and Public Policy, Chairman of the U.S. Climate Task
Force, Director of the Globalization Initiative at NDN, and Director of the Axson-Johnson Foundation in Sweden. Mr. Shapiro was Under Secretary of Commerce from 1997 to 2001. Prior to that
appointment, he was co-founder and Vice President of the Progressive Policy Institute and the Progressive Foundation. He was also a senior economic advisor in the presidential campaigns of Bill
Clinton, Al Gore, John Kerry, and Barack Obama. Shapiro holds an M.A. and a Ph.D. from Harvard, an M.Sc. from the London School of Economics and Political Science, and an A.B. from the University
of Chicago.

http://www.imf.org/external/region/advisorygroups/members/AGWH.htm


BA 05/10/2011 14:41


Quand l'Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d'intérêt de 0,300 % environ.

Mercredi 5 octobre 2011, la France a lancé un emprunt à 3 mois : la France a dû payer un taux d'intérêt de 0,340 %. Les taux sont en baisse par rapport à la précédente émission.

Et le Portugal ?

Mercredi 5 octobre 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,972 % ! Les taux sont en hausse par rapport à la précédente émission.

http://www.romandie.com/news/n/BONDSLe_Portugal_emprunte_722_mio_EUR_a_trois_mois_taux_en_legere_hausse051020111310.asp

Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux qui augmentent.

Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

Le soi-disant "Fonds Européen de Stabilisation" ne stabilise rien du tout.

Et les soi-disant "plans de sauvetage" ne rassurent pas du tout les investisseurs internationaux.


BA 05/10/2011 00:25


Mardi 4 octobre 2011, vers 23 heures :

Un événement d'une importance historique :

Italie : Moody's abaisse la note souveraine de la dette italienne.

L'agence d'évaluation financière américaine Moody's a annoncé mardi qu'elle abaissait à A2 la note souveraine de l'Italie, contre Aa2 auparavant, en raison des risques pour le financement sur les
marchés de la dette à long terme, de l'atonie de l'économie et des incertitudes politiques.

Moody's a assorti sa décision d'une perspective négative, ce qui signifie qu'elle pourrait encore abaisser la note des obligations d'Etat italiennes à l'avenir.

http://www.romandie.com/news/n/_Italie_Moody_s_abaisse_la_note_souveraine_de_la_dette_italienne041020112310.asp


Karluss 04/10/2011 17:46


vous rejoignez le Grand débat engagé chez Paul Jorion, il devrait d'ailleurs publier votre article sur son blog qui reste la référence et demeure l'un des plus visité. Son succès mérité permettrait
de vous faire mieux connaître. Évidemment, reste le problème de fond sur la fameuse création monétaire ex-nihilo... Bien cordialement.


Jean Claude Werrebrouck 04/10/2011 19:20



c'est effectivement tout le problème...qui est quand même essentiel! Mon article sera publié lundi prochain dans la Tribune et une autre versio a été publiée dans le cercle des Echos la semaine
dernière.


Bien cordialement



Trubli 04/10/2011 16:26


Bonjour M. Werrebrouck,
j'aimerais savoir comment vous vous situez dans votre réflexion actuelle :
doit-on garder un système monétaire avec une banque centrale ou faut-il les supprimer ?
Faudrait-il un système basé sur les monnaies libres ? Peut-on encore faire confiance au principe des réserves fractionnaires ?


Jean Claude Werrebrouck 04/10/2011 19:30



Vous posez là une redoutable question et j'hésite.


Je crois qu'il n'est plus pensable de parler de système sans banque centrale. Je crois donc qu'il faur en revenir à la banque centrale obéissante d'antan, laquelle est efficace pour tuer la rente
et empêcher son retour.


Maintenant vous parlez de monnaie libre. si vous entendez par là les monnaies parallèles, alors oui le projet est intéressant. A cet égard je vous recommande la littérature de Bernard Lietar et
en particulier un ouvrage très original "Au coeur de la la monnaie" - Yves Michel- 2011.


S'agissant de l'interdit des réserves fractionnaires, le problème est sans doute complexe et je crains des difficultés de financement avec une présence trop importante de l'Etat...et de ses
entreprenurs politiques. Je crois qu'il faut laisser en vigueur une certaine capacité à créer de la monnaie privée. Mais encore une fois la question est fort complexe.



Trubli 03/10/2011 12:04


Bonjour,

j'ai noté ceci : "l’indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l’inflation"
Selon vous quelle autre solution pouvait-on envisager face à la stagflation des années 70 ? Un blocage généralisé des prix ? Un blocage des salaires ?


Jean Claude Werrebrouck 03/10/2011 14:44



La décision de séparation de la banque de france du Trésor est antérieure au développement de l'inflation dans les années 70: la première crise pétrolière date d'octobre 1973 et la loi de
séparation de janvier 1973. En dehors de l'année 1963 et surtout 1969, les prix sont restés particulièrememnt sages avant la séparation. Il n'y a donc pas de lien entre séparation et inflation.


Mais ce qui compte est effectivement la masse monétaire créee et ce n'est pas parce qu'il y a soumission de la banque centrale que la masse monétaire augmente, sauf circonstances exceptionnelles.


A l'inverse la sépartion correspondait aussi à la libéralisation du multiplicateur du crédit privé. Et donc la masse monétaire va augmenter par le fait des banques. La loi de séparation
correspond de fait au lobbying des banquiers: elle est une immense aide au secteur financier comme il y a pu avoir une aide à d'autres branches professionnelles à d'autres époques. simplement
cette aide çi fût beaucoup plus durable et se trouve relayée par le discours concernant la mauvaise gestion des finances publiques.


Ce qui est vrai, et je ne dis pas que le fonctionnement des marchés politiques n'entraine pas d'intenses gaspillages et une fort mauvaise gestion. Par contre il est possible d'améliorer les
choses en mettant fin à l'aide publique illimitée à la finance. Ce qui suppose un renversement du monde tel qu'il est.



A-J Holbecq 03/10/2011 09:33


"Situation qui correspondrait- pour donner un exemple simple - à celle d’un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place, et qui
devrait acheter les fruits qu’il convoite, à un groupe d’entreprises bien ciblé, à l’exclusion de toutes les autres."


J’adore...


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