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7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 06:38

Le caractère déplorable de la situation économique de l’Italie est maintenant suffisamment connu pour ne pas y revenir. La coalition au pouvoir est très hétéroclite et devra rapidement faire émerger un outil assurant aussi bien la pleine satisfaction de ceux qui souhaitent une diminution de pression fiscale (Ligue) que celle des propagandistes d’une hausse de la dépense publique (cinq étoiles). Cet outil n’est autre qu’une monnaie parallèle dont l’architecture est déjà en discussion. En ce domaine idées et pratiques sont fort anciennes, mais c’est un groupe d’économistes italien sous la direction de Biagio Bossone qui a relancé la question en 2015.

I’objectif est bien évidemment de renouer avec une croissance forte elle-même nourrie par des gains de productivité élevés issus d’investissements de modernisation tout aussi (quantitativement et qualitativement) importants. Tout aussi évidemment, il s’agit de desserrer les contraintes de la monnaie unique qui dans le cas italien imposent un excèdent budgétaire primaire très élevé en raison d’un service de la dette très lourd. Contraintes qui entrainent un climat continuellement récessif avec stagnation voire recul de la productivité et croissance nulle. Et contraintes qui à terme déclassent un pays qui voit son flux d’exportations se rétrécir depuis la naissance de l’euro par rapport à celui de ses voisins immédiats (hausse de seulement 70% du volume des exportations contre hausse de 130% pour la France et 230% pour l’Allemagne)

La victoire des partis dits « populistes » correspond ainsi à la volonté de mettre fin à cette situation.

Le principe de la monnaie parallèle est alors assez simple : il s’agit de construire un instrument de paiement qui ne peut être juridiquement interdit par Bruxelles et qui permet de desserrer l’étau de la contrainte budgétaire. Cet instrument est un « bon de trésorerie » émis par le Trésor lui-même qui servira de paiement de tout ou partie de l’impôt pour son détenteur. Concrètement l’Etat règle ses engagements (achats, subventions, dette) par des Bons, lesquels -au terme d’une circulation correspondant au monde des affaires- viendront en déduction des montants d’impôts à payer au Trésor. Beaucoup de choses peuvent être imaginées ici : qualité des bons assis sur différents types d’impôts (TVA, Revenu, etc.) terme du titre (court terme, moyen terme, etc.), qualité des bénéficiaires ( investisseurs, producteurs, consommateurs, etc.). On peut aussi imaginer un paiement du service de la dette publique par émission de bons de trésorerie, ce qui revient à  diminuer la charge de la dite dette. On peut ainsi imaginer des modalités nombreuses qu’il convient d’instruire en fonction des objectifs et de leur efficience.

Mais beaucoup de questions se posent immédiatement : si le titre est un instrument de paiement, sera  t-il assorti d’un cours légal ? un cours forcé ? Y aura-t-il mécaniquement un marché secondaire du bon de trésorerie ? une loi de «Gresham»? Plus fondamentalement les défenseurs de l’euro proclameront que le déficit caché ne peut l’être très longtemps puisque la procédure revient à augmenter les dépenses publiques tout en diminuant à terme les prélèvements. On cache le non-respect des traités aujourd’hui… mais ils réapparaitront demain disent les défenseurs de la monnaie unique.

A ce risque, la réponse est simple et consiste à considérer que la croissance retrouvée permettra des recettes fiscales supérieures au volume des bons en circulation, croissance et réduction du déficit fiscal allant de pair. En allant plus loin dans le concret, on peut imaginer que le supplément de dépense publique, par son effet migratoire, allège successivement les contraintes comptables de toutes les instances productives. Une commande publique redresse une rentabilité ici… qui permet un règlement de dette là, un crédit ailleurs, un investissement plus loin, etc. De quoi assainir une relation particulièrement complexe en Italie entre banques chargées de créances douteuse et entreprises en difficultés générant lesdites créances. Une situation qui rappelle un peu celle de l’aveugle et du paralytique. Plus la chaine est longue et plus l’efficience des bons de trésorerie est grande. Inversement plus elle est courte et plus l’efficience est faible.

C’est la raison pour laquelle, dans cette affaire, la confiance est importante : si les bons deviennent une quasi monnaie, l’économie italienne pourra redémarrer. Inversement si la confiance est faible ou fragile l’effet risque d’être catastrophique.

Cette confiance peut elle -même être mesurée par la différence entre taux italien et allemand sur la dette publique, ce qu’on appelle le « spread de taux ». Si le lancement des bons de trésorerie réduit le spread de taux, cela signifie qu’il n’y a pas de fuite de capitaux, que la confiance règne, et que rien n’est entrepris pour détruire les effets positifs des bons sur l’activité économique. Dans ce cas le succès est probable et, en longue période, cela peut signifier que le retour de gains importants de productivité peut éviter la dévaluation et le retour de la Lire. Bien entendu cela suppose que ces gains de productivité soient significativement supérieurs à ceux des voisins de l’euro zone et vienne ainsi permettre le maintien de la monnaie unique : l’équivalent d’une quasi dévaluation interne se substituant à une dévaluation externe qui continue de rôder.

Nous ne connaissons pas le chemin qui se dessinera mais il est intéressant de noter que le dispositif qui va peut-être émerger remet en selle des principes radicalement opposés à toutes les croyances et dogmes du monde de la finance. Les bons de trésorerie deviennent une quasi-émission monétaire orchestrée par l’Etat, comme au bon vieux temps où banques centrales et Etats ne formaient de fait qu’une seule et même institution. Réalité qui s’oppose au principe devenu planétaire depuis la prise progressive du pouvoir par la finance partout dans le monde et qui a partout exigé l’indépendance des banques centrales et la fin de toute forme de seigneuriage au profit des Etats. De quoi faire de ces derniers, pourtant souvent propriétaires de leur banque centrale des « interdits bancaires ».

Bien évidemment l’émission de bons risquera très vite, comme nous le suggérons, et avec déjà la grande presse économique qui se manifeste bruyamment, d’éveiller des doutes, ce qui peut amener le gouvernement italien à introduire la fin de la libre circulation du capital….et renforcer les doutes… d’où un cercle vicieux possiblement catastrophique Il faut donc comprendre que logiquement les acteurs du monde de la finance vont entrer en guerre contre le gouvernement italien et, de fait, tenter de le renverser. L’arme privilégiée étant de proclamer haut et fort que le gouvernement va ruiner les épargnants…

Il appartient à tous les citoyens du monde de bien comprendre ce qui risque de se jouer en Italie. Il leur appartient aussi  de se rassembler pour soutenir un gouvernement qui pourrait s’enorgueillir de réanimer des « Lumières » depuis si longtemps disparues.

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BA 07/07/2018 13:07

Union Européenne : le début de la déconstruction ?

par Jacques Sapir

La crise qui ronge l’UE depuis plusieurs années a atteint ces derniers jours un nouveau stade. Devenant publique, s’étalant à la face de tous, elle est en train de muter, de changer de nature. Car le fait que des choses soient dites par un certain nombre des acteurs officialise l’état de crise qui était jusqu’à maintenant en partie camouflé par les discours officiels. Mais, cette officialisation engendre à son tour une accélération, voire une radicalisation, de cette crise. De cette situations, il faut donc en dresser un rapide bilan.

Victoire de l’Italie et paralysie de l’Allemagne

La question qui a monopolisé l’attention est celle des « migrants » et, sur cette question, il est clair que Giuseppe Conte, le Président du conseil italien, a remporté une victoire lors du sommet européen du jeudi 28 juin [1].

Il a obtenu que la notion de « volontariat » remplace celle de l’obligation des réglementations européennes et surtout il a obtenu que la question du rôle exact des ONG soit explicitement mentionnée dans le communiqué final. L’Italie sort confortée de ce conseil.

Ce qui est aussi clair, c’est que cette crise s’est invitée en Allemagne. Dans l’affrontement entre la Chancelière, Mme Angela Merkel et son Ministre de l’intérieur M. Horst Seehofer, c’est ce dernier qui sort vainqueur du compromis laborieusement établi dans la nuit de dimanche à lundi [2].

Près de 160 parlementaires de la CSU, le parti de M. Seehofer, mais aussi de la CDU (le parti de Mme Merkel) avaient menacé de voter contre cette dernière. C’est dire l’ampleur de la crise. Un compromis a été trouvé à la toute dernière minute. Mais, si ce compromis garantit, sans doute pour quelques mois, qu’Angela Merkel va rester la Chancelière, il porte en lui la fin des accords de Schengen [3].

Le fait que l’Allemagne reconnaisse la nécessité de places d’internement des migrants à ses frontières va faire tâche d’huile. L’Autriche déjà boucle les siennes et l’Italie en fera de même. On assiste bien à un basculement global de la scène politique, tant européenne qu’allemande. Or compte tenu du poids de l’Allemagne dans l’UE, ceci aura des conséquences importantes.

Au-delà, le conflit, même provisoirement éteint par un compromis de dernière minute, laisse les deux protagonistes en piteuse position. Le gouvernement allemand sera durablement paralysé pour les mois qui viennent. Alors, bien sur, on peut penser à de nouvelles élections. Mais, ces dernières seraient une catastrophe pour le SPD (tombé à moins de 18% des intentions de vote, un score jamais atteint depuis 1949). On peut donc penser que ce dernier parti s’accrochera désespérément au pouvoir, renforçant en fait le blocage politique : le pays est dans une situation de paralysie politique. Cela signifie que l’Allemagne sera dans l’impossibilité d’imprimer sa marque sur la politique de l’UE. La France pourrait-elle se substituer à elle ? Les échecs que vient de subir Emmanuel Macron quant à sa politique européenne indiquent bien que non [4].
 
Une France impuissante

De fait, sur un autre front, on voit aussi se préciser aussi la crise qui vient. L’Allemagne et les Pays-Bas viennent de rejeter le système de garantie des dépôts bancaires, c’est-à-dire la garantie effective des dépôts de 100 000 euros [5].

Or ce rejet frappe de caducité l’Union bancaire qui avait été, il convient de le rappeler, la SEULE avancée de l’UE depuis 2008 sur les questions bancaires et financières. La crise de l’Union bancaire touche aussi de plein fouet la position française car l’Union bancaire avait été le projet soutenu essentiellement par le gouvernement français. Bien entendu, de nombreuses critiques avaient pu être formulées sur l’Union bancaire, et mes lecteurs habituels s’en souviendront certainement [6].

Cette « union » était fragile et n’avait pas le budget suffisant pour faire face à une nouvelle crise bancaire. Ce qui s’est produit le 29 juin n’en est pas moins important. Aucun accord sur le « pot » commun destiné à aider les banques en faillite, ce que l’on appelle aussi le « backstop », et pour secourir les banques en difficulté n’a pu être trouvé. Bien sûr, la décision a été repoussée pour la fin d’année 2018, mais les divergences entre les pays membres sont désormais immenses. Il est désormais très peu probable que les pays de l’UE arrivent à s’entendre sur autre chose que le fait de ne pas s’entendre. Cela met à mal tous les projets et les rêves d’une Europe fédérale qui étaient ceux d’Emmanuel Macron.

Or, c’est l’Allemagne qui va être désormais rapidement confrontée à une crise bancaire. La situation de la Deutsch Bank, incapable de passer les tests de robustesse mis sur pied par la Réserve Fédérale aux Etats-Unis [7], va exiger des actions importantes d’ici quelques mois, voire durant l’été.

Il convient de se souvenir que l’Union bancaire avait été initialement conçue comme un moyen d’empêcher un pays d’agir à sa guise, en construisant un système de sécurité à l’échelle de l’UE. Mais, la faillite de fait de l’Union bancaire renvoie les pays de l’UE à la situation qui était la leur en 2008. On voit bien ici que la paralysie qui gagne l’UE va obliger l’Allemagne à « sauver » la DB (ce qu’elle fera certainement au vu de l’importance de cette banque pour son économie). Mais, ce faisant, elle donnera le signal pour que l’Italie procède à un sauvetage massif de ses propres banques en difficulté. Dès lors, au chacun pour soi qui prédomine sur la question des migrants, viendra s’ajouter un chacun pour soi sur la question bancaire, en attendant que ce chacun pour soi ne s’étende à la zone Euro [8].

Sur ce point, il convient de relire le récent article de Joseph Stiglitz qui est désormais fort pessimiste quant à l’avenir de la zone Euro [9].
 
La deuxième phase de l’action du gouvernement italien

La crise de l’UE ne s’arrête pas là. Le gouvernement italien a décidé de passer à une deuxième phase de son action. Après avoir fait preuve de fermeté face aux « migrants » et à certaines ONG, il est en train de prendre des mesures favorables aux travailleurs, comme la pénalisation des CDD quand ils sont utilisés systématiquement [10].

Il est possible qu’il procède dans le cours de l’été à d’autres mesures, comme un relèvement général des salaires et une annulation – partielle ou totale – de la réforme des retraites mise en place par les précédents gouvernements. Cette perspective inquiète déjà la BCE, qui a adressé au gouvernement italien une mise en garde. Mais, porté par la popularité acquise par son attitude sur la question des « migrants » et renforcé par la crise que connaît l’UE mais aussi l’Allemagne, il est peu probable que le gouvernement italien soit véritablement sensible aux avertissements de la BCE.

Et ce d’autant plus qu’il se prépare à des mesures de fond, concernant notamment une importante relance des investissements publics, une réforme qui provoquera une forte montée de son déficit budgétaire.

La crise interviendra donc très probablement cet hiver. Et l’on comprend la stratégie de Giuseppe Conte : affaiblir les institutions de l’UE pour être dans la meilleure position pour négocier. Nul ne sait si cette stratégie sera gagnante, mais, en « portant la discorde chez l’ennemi » comme l’écrivait il y a presque un siècle celui qui allait devenir le Général de Gaulle, il a incontestablement marqué un point important. Il s’affiche désormais comme un dirigeant avec une véritable stratégie alors que Mme Merkel et Emmanuel Macron en restent, eux, à des effets de communication…
 
Une Union européenne discréditée ?

Plus globalement, il convient de se demander si l’UE n’est pas aujourd’hui profondément discréditée aux yeux des électeurs des différents pays. Cela se manifeste dans des attitudes qui vont du Brexit de 2016 en Grande-Bretagne à l’élection de partis eurosceptiques ou eurocritiques en Autriche, Hongrie et Italie. De même, en France, un sondage publié le 4 juillet dans la Tribune, et réalisé par BVA, indique que la politique de l’UE n’est pas ressentie par les personnes interrogées comme favorable. Ainsi, à la question « les orientations économiques de l’Union européenne sont plutôt une bonne chose pour… » les réponses des français sont édifiantes :
 
Les orientations économiques de l’Union européenne sont plutôt une bonne chose pour…

Oui
Non
Ne se prononcent pas

Les entreprises françaises
38%
54%
8%

La situation économique en Europe
41%
52%
7%

L’emploi en Europe
39%
53%
8%

La situation économique en France
33%
60%
7%

L’emploi en France
27%
66%
7%

Sondage BVA-La Tribune du 4/07/2018
 
Plus de 60% des français considèrent donc la politique de l’UE comme mauvaise, que ce soit en ce qui concerne la situation économique en France ou l’emploi. Le désaveu est aujourd’hui massif.

Par ailleurs, dans un sondage réalisé au début du mois de juin par l’IFOP pour le site Atlantico, une majorité de personnes interrogées (58%) considéraient que dans dix ans l’UE serait plus fragile et plus faible qu’aujourd’hui [11].
 
Ces chiffres montrent que la crise actuelle est bien plus profonde que la seule question des « migrants ». L’UE apparaît comme durablement discréditée. Ses deux pays principaux sont aujourd’hui paralysés et les opinions dites « Eurosceptiques » progressent dans l’ensemble des pays. Giuseppe Conte a révélé une crise plus qu’il ne l’a provoquée. Mais, ce processus de révélation peut très bien avoir sa dynamique propre et entraîner un mouvement toujours plus puissant de défiance généralisée. En un sens, on peut considére que le processus de déconstruction de l’UE a commencé. Pourtant, il ne deviendra irréversible que quand ses adversaires proposeront des formes institutionnelles de remplacement.

Jacques Sapir.

BA 03/07/2018 13:04

A propos des migrants qui arrivent en Europe :

L'Autriche menace de fermer ses deux frontières sud :

sa frontière avec l'Italie,

sa frontière avec la Slovénie.

Mardi 3 juillet 2018 :

Compromis migratoire en Allemagne : l'Autriche prête à "protéger" ses frontières.

Le gouvernement autrichien a affirmé mardi être "prêt à prendre des mesures pour protéger" ses frontières après les restrictions à l'entrée de migrants annoncées par son voisin allemand dans le cadre de l'accord politique pour résoudre la crise gouvernementale à Berlin.

Si l'accord trouvé lundi soir est validé par le gouvernement allemand, "nous serons obligés de prendre des mesures pour éviter des désavantages pour l'Autriche et sa population", explique le gouvernement autrichien dans un communiqué.

Il se dit "prêt à prendre des mesures pour protéger nos frontières sud en particulier", celles avec l'Italie et la Slovénie.

Parmi les propositions faites par la chancelière allemande Angela Merkel à son ministre de l'Intérieur rebelle Horst Seehofer figure le projet de refouler vers l'Autriche les demandeurs d'asile arrivant en Allemagne qui ne peuvent être renvoyés vers leur pays d'entrée dans l'UE.

L'Autriche indique donc être prête à prendre des dispositions similaires et à refouler à ses frontières sud les demandeurs d'asile, avec le risque d'un effet domino en Europe.

"Nous attendons maintenant une clarification rapide de la position allemande au niveau fédéral", ajoute le communiqué signé du chancelier conservateur Sebastian Kurz et de ses alliés d'extrême droite (FPÖ), le vice-chancelier Heinz-Christian Strache et le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl.

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Compromis-migratoire-en-Allemagne-l-Autriche-pr-te--prot-ger-ses-fronti-res/933015.rom

BA 01/07/2018 15:43

Angela Merkel ne sait plus quoi faire pour éviter l'éclatement de la coalition CDU – CSU.

Alors Angela Merkel a menti samedi : elle a dit avoir conclu des accords avec 14 pays pour leur renvoyer des migrants déjà enregistrés chez eux, dont la République tchèque et la Hongrie.

Angela Merkel est en train de tirer ses dernières cartouches : des mensonges, encore des mensonges, toujours des mensonges.

C'est le naufrage d'Angela Merkel.

Varsovie dément à son tour un accord avec Berlin sur le renvoi de migrants.

Varsovie a démenti à son tour dimanche avoir conclu un accord quelconque avec Berlin sur le renvoi vers la Pologne de migrants, comme l'ont également démenti samedi la République tchèque et la Hongrie.

"Il n'y a aucun nouvel accord concernant l'accueil de demandeurs d'asile en provenance d'autres pays de l'Union européenne. La Pologne mène une politique d'asile très restrictive et nous ne la changerons pas", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, Artur Lompart.

Angela Merkel, sous pression dans son pays sur la politique d'asile, a annoncé samedi avoir conclu des accords avec 14 nouveaux pays pour leur renvoyer des migrants déjà enregistrés chez eux, dont la République tchèque et la Hongrie.

Mais Prague et Budapest ont immédiatement démenti.

"Aucune négociation entre la République tchèque et l'Allemagne sur cette question n'a eu lieu", a déclaré notamment le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, parlant de "non-sens total".

Bertalan Havasi, la porte-parole du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a indiqué que la position de son pays restait "inchangée depuis 2015".

« Aucun demandeur d'asile ne peut pénétrer sur le territoire hongrois si ce demandeur d'asile est déjà entré en Grèce ou dans un autre Etat membre de l'UE », a souligné pour sa part Bertalan Havasi, porte-parole du Premier ministre hongrois Viktor Orban, cité par l'agence hongroise MTI.

De son côté, Bratislava a rappelé dimanche que la chancelière allemande ne s'était pas adressée à la Slovaquie sur cette question.

"La chancelière Merkel s'est logiquement adressée aux pays d'où viennent les migrants qui arrivent en Allemagne, c'est tout. Comme ces migrants n'arrivent pas en Allemagne depuis la Slovaquie, logiquement, la chancelière n'a pas pu s'adresser à nous. Il s'agit donc d'un non-sens absolu", a déclaré le secrétaire d'Etat Ivan Korcok, cité par l'agence CTK.

Selon CTK, le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini a déjà indiqué vendredi, après le sommet de l'UE, que Merkel n'avait pas évoqué avec lui un tel accord et que le nombre de personnes qui seraient concernées serait proche de zéro.

https://www.romandie.com/news/Varsovie-d-ment-son-tour-un-accord-avec-Berlin-sur-le-renvoi-de-migrants/932460.rom

BA 28/06/2018 22:40

Jeudi 28 juin 2018 :

Le gouffre qui menace d'engloutir la zone euro.

Joseph Stiglitz, chroniqueur, prix Nobel d'économie 2001, est professeur à l'université Columbia (New York).

Les promoteurs de la monnaie unique promettaient la prospérité, mais ils ont refusé de donner aux pays membres les outils qui leur permettaient de traverser les crises.

L'impatience des populations grandit face à l'intransigeance d'une Allemagne qui continue d'imposer à tous l'austérité. Et si l'Italie faisait tout craquer ?

L'euro pourrait connaître une nouvelle crise. La troisième puissance économique de la zone euro, l'Italie, vient de choisir un gouvernement que l'on peut qualifier au mieux d'eurosceptique. C'est la répétition attendue du début d'un scénario déjà vu. Dans la longue histoire d'une monnaie commune mal conçue, la puissance dominante, l'Allemagne, bloque les réformes nécessaires et appelle à des mesures qui ne font qu'exacerber les problèmes en utilisant une rhétorique qui semble destinée à enflammer les passions.

L'Italie est en mauvaise posture économique depuis le lancement de l'euro. Son PIB réel (ajusté en fonction de l'inflation) stagne depuis 2001. Mais la zone euro elle-même n'a guère fait mieux. Ainsi entre 2008 et 2016 son PIB réel n'a augmenté que de 3 % au total. En 2000, un an après l'introduction de l'euro, la taille de l'économie américaine ne dépassait que de 13 % celle de la zone euro, or en 2016, elle la dépassait de 26 %.

Après le redressement de l'année dernière marqué par un taux de croissance de 2,4 % - ce qui est insuffisant pour rattraper une décennie de ralentissement -, l'économie de la zone euro donne à nouveau des signes d'essoufflement.

L'euro semble avoir été conçu pour échouer. Du fait de son existence, les Etats membres ont perdu les principaux mécanismes d'ajustement dont ils disposaient (le taux d'intérêt et le taux de change). Mais, plutôt que de créer de nouvelles institutions pour aider les pays en cas de difficultés, l'UE a imposé de nouvelles structures (souvent basées sur des théories économiques et politiques fumeuses) concernant le déficit, la dette et même les mesures structurelles.

L'euro devait apporter la prospérité à tous les pays membres, ce qui devait renforcer leur solidarité et encourager l'intégration européenne. Mais il s'est produit exactement le contraire, car il a freiné la croissance et semé la discorde.

Le problème ne tient pas à un manque d'idées sur la manière de progresser. Dans deux discours ( l'un en septembre dernier à la Sorbonne et l' autre en mai en Allemagne à l'occasion de la remise du prix Charlemagne qu'il a reçu pour son action en faveur de l'unité européenne), le président français, Emmanuel Macron, a présenté une vision claire pour l'avenir de l'Europe. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a jeté un froid en suggérant un  financement ridiculement insuffisant des investissements nécessaires dès maintenant.

Le problème essentiel d'une zone monétaire est de trouver le moyen de corriger l'inadéquation du taux de change, ce dont souffre l'Italie actuellement. La réponse allemande consiste à faire porter tout le poids de cette correction par les pays les plus faibles qui connaissent un chômage de masse et une croissance anémique. Nous savons où cela mène : plus de souffrance, plus de chômage et une croissance encore plus faible.

Et même si la croissance revient, le PIB ne peut atteindre le niveau qu'il aurait eu avec une politique adéquate. Il faudrait au contraire que les pays les plus forts (où les salaires sont plus élevés et la demande plus importante grâce aux investissements publics) acceptent de financer une plus grande partie de l'ajustement nécessaire.

A travers la zone euro, les dirigeants politiques sont de plus en plus paralysés : les électeurs veulent rester dans l'UE, mais ils veulent aussi la fin de l'austérité et le retour de la prospérité.

Les dirigeants leur disent qu'ils ne peuvent avoir les deux. Espérant toujours un changement d'état d'esprit dans les pays du nord de l'Europe, les dirigeants restent inflexibles, et la souffrance de la population augmente.

Le Portugal, avec à sa tête Premier ministre socialiste António Costa,  constitue une exception. Son gouvernement a ramené le pays sur la voie de la croissance (elle était de 2,7 % l'année dernière) et il est très populaire. En avril 44 % des Portugais estimaient que sa politique donne de meilleurs résultats que ce à quoi ils s'attendaient.

L'Italie pourrait devenir une autre exception, mais dans un sens très différent. L'hostilité à l'euro vient tant de la droite que de la gauche. Un parti d'extrême droite, la Ligue, est maintenant au pouvoir. Son dirigeant, Matteo Salvini, un politicien expérimenté, pourrait mettre à exécution les menaces que des dirigeants néophytes ont hésité à mettre en oeuvre dans d'autres pays. La taille de l'Italie est suffisante, et elle compte suffisamment d'économistes créatifs pour gérer un abandon de facto de l'euro en établissant un système souple à double devise qui aiderait à rétablir la prospérité.

Ce serait une violation des règles de la zone euro, mais c'est Bruxelles et Francfort qui auraient alors à supporter le poids d'un départ de jure de l'Italie qui compterait sur la paralysie de l'UE pour empêcher une rupture définitive. Quel que soit l'aboutissement de cette manoeuvre, la zone euro se retrouverait en lambeaux.

Les choses pourraient se passer autrement. L'Allemagne et les autres pays du nord du continent peuvent encore sauver l'euro en faisant preuve de davantage d'humanité et de souplesse. Mais, ayant vu si souvent le début du scénario qui se joue, je ne pense pas qu'ils vont changer d'attitude.

Joseph Stiglitz


https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301881720694-le-gouffre-qui-menace-dengloutir-la-zone-euro-2188018.php

BA 26/06/2018 11:21

Mardi 26 juin 2018 :

Baromètre politique : la popularité de l’exécutif s'effondre.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe atteignent pour la première fois leur record d'impopularité après un peu plus d'un an de mandat.

Pour autant, le gouvernement ne semble pas être le seul à perdre des points sur l'échiquier politique dans un contexte socio-économique tendu sur le plan national et international.

Le baromètre politique Odoxa du mois de juin affiche une chute record de la popularité du président et de son gouvernement auprès des sympathisants politiques de tous bords et concitoyens. Une première depuis le début du quinquennat.

La part de Français estimant qu’il est un "bon président" baisse de 5 points pour tomber à 41%, les Français estimant au contraire qu’il est "un mauvais président", progresse de 5 points pour atteindre 59%.

Plus populaire auprès des cadres (61% de satisfaction), des Français au plus hauts revenus (53%) et sympathisants LR (plus 5 points sur le mois), le chef de l'Etat s'effondre complètement auprès des partisans de la gauche et chez la classe populaire. Près de deux-tiers de ces derniers, dont 64% des ouvriers et employés, estiment qu'il est "un mauvais président".

https://www.franceinter.fr/politique/barometre-politique-la-popularite-de-l-executif-s-effondre

BA 22/06/2018 10:49

Un article mensonger, écrit par un menteur :

Citation :

« Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus dans la nuit de jeudi à vendredi sur un vaste accord mettant fin à huit années de crise, d'austérité et de plans de sauvetage pour la Grèce.

Ces accords permettront aux Grecs de ne commencer à rembourser une partie des prêts qu'à partir de 2032, contre 2022 jusqu'à présent.

Ils se sont également entendus sur le versement d'une toute dernière tranche d'aide, de 15 milliards d'euros, contrepartie aux 88 dernières réformes accomplies par la Grèce ces dernières semaines. »

Fin de citation.

https://www.romandie.com/news/Apr-s-huit-ans-la-crise-de-la-dette-grecque-s-ach-ve/929930.rom

C'est un mensonge.

Ces accords NE mettent PAS fin à huit années de crise.

Ces accords font ce qu'ils ont toujours fait depuis huit ans.

Ces accords rajoutent 15 milliards d'euros de dettes sur les épaules de la Grèce.

Ces accords rajoutent des montagnes de dettes supplémentaires, par-dessus les montagnes de dettes qui écrasent la Grèce depuis huit ans.

Si les pays membres de la zone euro étaient VRAIMENT solidaires entre eux, les pays riches auraient donné de l'argent à la Grèce.

Mais dans le monde réel, les pays membres de la zone euro NE sont PAS solidaires entre eux.

Dans le monde réel, les pays européens riches ont refusé de donner de l'argent à la Grèce : ils n'ont fait que prêter, encore prêter, toujours prêter.

Résultat : aujourd'hui, la Grèce est encore plus en faillite qu'avant !

Dette publique de la Grèce : 317,407 milliards d'euros, soit 178,6 % du PIB !

Les pays européens n'ont fait que repousser le problème à plus tard.

La Grèce ne commencera à rembourser ces prêts que dans quatorze ans, en 2032 !

BA 19/06/2018 14:31

Bruno Le Maire : « L'Europe est dans un processus de décomposition. »

Sur l’Europe, Bruno Le Maire dresse un constat alarmant.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, était l’invité de BFM TV mardi 19 juin.

« L’Europe est dans un processus de décomposition sous nos yeux », s’est alarmé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur BFM TV.

Et de pointer du doigt « les Etats qui se replient sur eux-mêmes ». Selon lui, la question migratoire ou celle du risque financier, notamment, « ne peuvent avoir de solutions que européennes ».

https://www.lopinion.fr/video/phrase/l-europe-bruno-maire-dresse-constat-alarmant-154052

BA 19/06/2018 08:41

Angela Merkel est confrontée à la crise politique la plus grave depuis qu'elle a pris le pouvoir en 2005.

La coalition entre la CDU d'Angela Merkel et la CSU d'Horst Seehofer se fissure.

Horst Seehofer donne deux semaines à Angela Merkel pour trouver une solution au problème des migrants.

Trump attise la crise en Allemagne alors que Merkel obtient un sursis.

Le président américain se réjouit de la crise qui secoue le gouvernement allemand. La CSU bavaroise maintient la pression sur Angela Merkel dans les questions migratoires.

Angela Merkel a obtenu lundi un  sursis de deux semaines de son alliée bavaroise (CSU) pour trouver un accord européen, tandis que Donald Trump soufflait sur les braises en critiquant sa politique migratoire.

« Le peuple allemand est en train de se retourner contre ses dirigeants alors que l'immigration secoue la coalition déjà fragile de Berlin », a écrit le président américain sur Twitter, évoquant une criminalité « très en hausse » en dépit de statistiques officielles prouvant le contraire.
 
Son ingérence dans les affaires allemandes, qui fait écho aux vives critiques dans son pays à cause de sa politique de « tolérance zéro » sur l'immigration, intervient après un rappel à l'ordre du nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, qui avait annoncé le mois dernier vouloir soutenir « d'autres conservateurs en Europe ». Entre autres son ami Jens Spahn, le jeune ministre de la Santé, qui affiche son opposition à Angela Merkel sur les questions migratoires.

Ingérence

Cette nouvelle étape dans la dégradation des relations germano-américaines intervient alors que la chancelière est confrontée à la crise politique la plus grave depuis qu'elle a pris le pouvoir en 2005.

Après un week-end de tractations intenses, le ministre de l'Intérieur  Horst Seehofer s'est dit prêt lundi à « refouler immédiatement » les migrants en provenance d'autres pays de l'Union européenne (UE) si la chancelière ne trouve pas une solution européenne d'ici au sommet des 28 et 29 juin.

« Nous souhaitons beaucoup de succès à la chancelière », a déclaré le président de la CSU Horst Seehofer, estimant ne pas être responsable de décisions qui ont divisé l'Europe - en l'occurrence celle d'Angela Merkel de laisser venir plus d'un million de réfugiés en Allemagne entre 2015 et 2016.

« Il est inexplicable que les gens qui n'ont pas le droit de pénétrer sur le territoire entrent tout de même », a-t-il dit, alors que son parti la CSU veut parer un succès du parti populiste AfD aux élections qui ont lieu en Bavière en octobre.

Macron et Conte à Berlin

Signe de la persistance du conflit entre les deux alliés historiques, la chancelière a assuré qu'il n'y aurait aucune fermeture « automatique » aux demandeurs d'asile en cas d'échec de ses efforts.

« Nous ne voulons pas agir de manière unilatérale, non-concertée et dommageable pour des tiers », a déclaré la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui se réserve le droit de rejeter si nécessaire une décision de son ministre. Dans ce cas, le gouvernement allemand pourrait éclater début juillet.

Avant une rencontre décisive, mardi, avec Emmanuel Macron , qui veut relancer l'UE avec elle, Angela Merkel devait recevoir lundi soir le nouveau Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont le pays refuse désormais l'accès à ses ports aux navires d'ONG secourant des migrants en Méditerranée.

Rome a illustré sa fermeté en barrant la route à l'Aquarius et ses 630 naufragés, provoquant des tensions européennes jusqu'à l'accueil du bateau par l'Espagne.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301840781997-trump-attise-la-crise-en-allemagne-alors-que-merkel-obtient-un-sursis-2185067.php

Angelilie 18/06/2018 02:31

Beau blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). Au plaisir

BA 11/06/2018 08:39

Dimanche 10 juin 2018 :

Les Suisses votent contre une révolution monétaire.

Les banques suisses pourront finalement continuer de battre monnaie. Les Suisses ont rejeté massivement une initiative dite « Monnaie pleine » dimanche .

75,7 % des électeurs ont voté contre ce plan radical visant à donner à la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale helvétique, le monopole de la création monétaire dans le pays, a annoncé le Conseil fédéral. Et donc à l'ôter aux banques commerciales suisses.

Actuellement, un peu plus de 10 % de la masse monétaire est émise par la BNS sous forme de pièces et billets, les près de 90 % restants, la monnaie dite scripturale, étant créée de manière électronique par les banques, notamment lorsqu'elles octroient des crédits.

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0301799886633-les-suisses-votent-contre-une-revolution-monetaire-2182751.php

Création monétaire par les banques privées

Dans le système monétaire actuel, la monnaie est essentiellement scripturale (environ 90 %) : elle est créée par les banques par un jeu d'écritures, sur simple demande, et dans certaines limites, en échange d'une promesse de remboursement (émission d'un crédit bancaire). Il y a ainsi création monétaire lors de l'octroi d'un crédit, et destruction monétaire lors du remboursement de ce crédit. En zone euro par exemple, 93 % de la masse monétaire est créée par l'émission de crédits ouverts par les banques commerciales.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire

BA 10/06/2018 09:00

C'est la fin de la soi-disant « mondialisation heureuse ».

Nous entrons dans une nouvelle période : la démondialisation.

Le G7 se termine par un fiasco.

Trump saborde le G7, et menace ses alliés de nouvelles taxes.

Le président américain Donald Trump a fait volte-face ce week-end contre ses alliés d'Europe et du Canada, qu'il a menacés de droits de douanes alourdis, après un sommet du G7 qui s'est fini en fiasco.

Des tensions qui tranchent avec "l'unité" affichée lors d'un sommet en Chine réunissant notamment les chefs d'Etat chinois, russe et iranien sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les Etats-Unis.

Samedi, Donald Trump a brusquement retiré son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales.

Sa délégation et lui-même avaient pourtant donné leur aval à ce document en 28 points péniblement négocié par le "Groupe des sept" (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon).

Donald Trump a justifié ce camouflet infligé aux vieux alliés des Etats-Unis par des propos de Justin Trudeau, l'hôte du sommet, lors de sa conférence de presse de clôture.

Le Premier ministre du Canada, pays frappé comme l'Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douanes américains sur l'acier et l'aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient "insultantes", au regard de l'histoire entre les deux pays. Comme l'Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

"Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer", a déclaré le Premier ministre, qui avait auparavant loué le consensus trouvé par les sept sur une série de sujets. Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était salué par tous comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

Quelques heures plus tard, piqué au vif par ces paroles, le milliardaire a tweeté, depuis Air Force One, qu'il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final.

Il a aussi traité Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible"... alors qu'il avait dit la veille que la relation bilatérale n'avait jamais été aussi bonne dans l'histoire des deux pays.

Surtout, Donald Trump a renouvelé sa menace de tarifs sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus que les deux métaux jusqu'à présent frappés.

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-saborde-le-G7-et-menace-ses-alli-s-de-nouvelles-taxes_RP/926011.rom

BA 08/06/2018 12:42

Partout dans le monde, les dettes privées constituent de gigantesques bulles.

Malheureusement, ces bulles de dettes privées vont éclater.

Economie : doit-on craindre les morts-vivants de la dette ?

Deux économistes, Dany Lang et Steve Keen, annoncent dans une tribune, ce dimanche 20 mai 2018, un prochain "krach bancaire" équivalent à celui de 2008. Selon eux, sous trois ans, les dettes privées contractées dans des économies "zombies", dopées artificiellement, ne seront plus soutenables et entraîneront un écroulement financier planétaire. Entretien avec Dany Lang, co-auteur de la tribune "Les morts-vivants de la dette et le méga krach à venir".

TV5 Monde : Vous annoncez un krach financier à venir aussi important que celui de 2007-2008 : quelles en sont les causes principales ?

Dany Lang : La cause principale c'est l'endettement privé qui est reparti comme avant la crise de 2007-2008. Dans un certain nombre de pays comme la Chine, Hong-Kong, l'Australie, le Danemark, l'Irlande ou la Suède, l'endettement privé est arrivé à des niveaux complètement délirants par rapport à la création de richesses. Si je prends l'Irlande par exemple, le taux de croissance du crédit a été supérieur à 20% sur les deux dernières années alors que la croissance du PIB (La richesse nationale créée, ndlr) n'en est pas du tout à ce niveau là. Pour ces pays, le rapport entre la dette privée  — les crédits accordés — et le PIB — est supérieur à 150% : les banques ont prêté à des ménages ou des entreprises qui ne vont jamais rembourser. A un moment les marchés vont s'en rendre compte, et à ce moment là il y aura un mouvement de panique qui mènera à un effondrement.

TV5 Monde : La dette privée est donc devenue un problème plus important que la dette des Etats ? Pour autant les responsables politiques ne semblent pas alerter sur ce problème de dette privée et continuent de vouloir uniquement réduire la dette publique : pourquoi ?

D.L : Ça l'était déjà à l'époque des subprimes (prêts immobiliers à taux d'intérêt variable aux États-Unis à l'origine de la crise financière de 2007-2008, ndlr). On nous fait de la dette publique une obsession, alors qu'on devrait être beaucoup moins inquiet à son propos : contrairement à un ménage, un Etat ne part jamais à la retraite. Il n'y a aucun moment où un Etat devra rembourser toute la dette qu'il a, puisqu'une fois qu'une dette arrive à échéance, un Etat peut toujours réemprunter. Une dette devient un problème pour un Etat quand le taux d'intérêt qu'il paye est supérieur à son taux de croissance économique (la France a depuis deux ans des taux d'intérêt d'emprunts à 10 ans de seulement 0,8% en moyenne et sa croissance actuelle du PIB est de 2%, ndlr). Là, ça peut devenir un problème et il faut se désendetter, mais on n'est pas du tout dans cette situation.

Avant la crise des subprimes, la dette publique des Etats n'était pas élevée, comme celle de l'Irlande, qui était de 20%, ce qui est très peu. Mais la dette privée a été transformée en dette publique, c'est ce qui explique l'élévation de la dette de l'Irlande après la crise, par le sauvetage des banques en rachetant leurs créances douteuses. Si les dirigeants n'alertent pas sur ce problème de dette privée c'est qu'ils sont conseillés par des économistes néo-classiques. Dans les modèles utilisés par cette théorie, les banques n'existent pas. Donc, comme les banques n'existent pas, il n'y a pas de dette privée. Tout comme la monnaie qui n'est pas véritablement prise en compte. Etonnamment, les banques centrales commencent à ne plus utiliser cette théorie néo-classique et utilisent de plus en plus des modèles post-kéneysiens.

TV5 Monde : L’économie réelle ne se porte donc pas aussi bien qu’elle le semble ?

C'est une reprise qui est extrêmement fragile, puisque si les Chinois et les Américains ont fait le nécessaire pour sortir de la crise avec des politiques de relance soutenue depuis 2008, ça n'a pas été le cas en Europe avec des politiques au contraire d'austérité ou de rigueur budgétaire. En Chine, l'Etat a ordonné aux banques de continuer de prêter pour alimenter une bulle immobilière qui est absolument délirante.

L'économie réelle ne se porte pas si bien que ça, en particulier dans des pays comme l'Irlande, qui malgré ce qui est dit, a une croissance du PIB absolument artificielle, puisqu'elle est liée à ce que des multinationales déclarent leur activité là-bas. En France, depuis Hollande et Macron, ce sont des politiques d'austérité qui se succèdent. On ne peut pas d'un côté demander à nos économies de courir le marathon et d'un autre leur attacher des boulets aux pieds de plus en plus lourds. La reprise actuelle est dûe à la conjoncture mondiale, par l'optimisme des entrepreneurs qui investissent, mais en empruntant pour financer leurs projets. Vues les politiques d'austérité et le niveau d'endettement déjà très élevé, on n'est pas reparti sur une croissance qui est saine.

Les économies "zombifiées" telles que nous les définissons sont le problème qui va créer le krach : ce sont des pays comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Japon, tous "shootés" au crédit avant la crise des subprimes et dans lesquels le niveau de la dette privée reste extrêmement élevé. Ce sont des "zombies de la dette". Aux Etats-Unis, en ce moment, ils se sont remis à faire des subprimes, en particulier avec les véhicules Uber : les chauffeurs de VTC qui achètent des voitures Uber ont des taux d'intérêt de 25% ce qui est délirant et tout le monde sait qu'ils ne rembourseront jamais. Donc les banques titrisent pour passer ces emprunts à d'autres… Mais pour autant, on pense que le krach ne viendra pas des Etats-Unis, parce que malgré tout, leur taux de croissance du crédit est raisonnable par rapport à d'autres, comme la Suède, l'Irlande, la Norvège, l'Australie.

TV5 Monde : Quelles seraient les solutions à appliquer pour éviter ce prochain krach financier ?

Il serait possible d'éviter cette crise en menant les bonnes politiques, c'est-à-dire des politiques qui prennent en compte le problème de la dette privée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.  La première solution c'est donc de prendre à bras-le-corps ce problème de surendettement et de procéder à des annulations de dettes. Nous suggérons donc que la Banque centrale procède à de la création monétaire directement sur les comptes des ménages et des entreprises surendettés, en posant comme condition que cette création monétaire soit utilisée pour rembourser les dettes. C'est ce qu'on appelle le "Quantitative easing for the people", (création monétaire pour les gens, par jeux d'écriture comptable, ndlr).

Il faut aussi faire des politiques de relance et stopper celles d'austérité. Quand les ménages ne consomment pas, quand les entreprises n'investissent pas, il faut que l'Etat dépense. Le Portugal a depuis 2 ans et demi entamé cette politique là et va mieux : augmentation du salaire minimum, baisse des impôts pour les classes moyennes et populaires, hausse des pensions de retraite, etc. Le problème en Europe n'est pas un problème d'offre mais de demande, et la demande est relativement atone sur le continent. La question n'est donc pas de savoir s'il va y avoir une prochaine crise majeure, la question est de savoir quand. Nous, de notre côté, nous disons 36 mois.

https://information.tv5monde.com/info/economie-doit-craindre-les-morts-vivants-de-la-dette-238025

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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