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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 18:21

 

L’Irlande qui représente 2% du PIB de la zone euro consommait cet automne 25% des nouvelles liquidités émises par la BCE. Interventions pourtant insuffisantes pour contenir  « bank run » larvé ou/et nécrose du marché monétaire qui se manifestent depuis le début de l’année. Et collaboration insuffisante des entrepreneurs politiques au pouvoir, qui allant jusqu’à 32 points de PIB de déficit budgétaire pour maintenir un système financier pesant 15 fois le PIB du pays, se devaient de réduire encore un peu plus la dépense publique : prés de 10% de PIB sur 3 années.

Le risque de défaut menaçant l’ensemble du système financier mondial, il fallait une consolidation rapidement élevée et construite à l’initiative  de ce qu’on appelait le triumvirat (FMI, Union européenne et BCE) L’aide consentie à la Grèce au printemps dernier, était généreuse et représentait 45% de son PIB. Avec l’Irlande la générosité sera plus grande encore, et l’aide prévue s’établira à 65% du PIB irlandais.

Le BIS Quaterly review de septembre 2010(http://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1009.pdf#page=19)

révèle clairement, que parmi les  « PIGS », l’Irlande est de loin le pays qui dispose en son sein, de la bombe la plus dangereuse pour la finance planétaire. Le total de la dette extérieure publique et privée, représentait en septembre dernier, la somme de 843 milliards de dollars, pour un PIB de seulement 180 milliards de dollars. La Grèce se contentant de seulement 297 milliards de dollars, pour un PIB de 320 milliards de dollars… auquel il faut ajouter une économie souterraine autrement plus importante que celle de l’Irlande…

L’Espagne, dont on dit qu’en raison de son poids, elle entrainerait dans l’abîme l’ensemble de la finance, est pourtant dans une situation moins dangereuse que l’Irlande. Elle dispose certes d’une dette extérieure totale de 1100 milliards de dollars… qu’il faut toutefois comparer à un PIB de 1400 milliards de dollars.

Dans l’insolvabilité généralisée, l’Irlande est donc bien en tête, et c’est la raison pour laquelle « tous veulent l’aider » y compris la Suède et la grande Bretagne, ce qui était loin d’être le cas pour la Grèce au printemps dernier.

Pour autant, l’insolvabilité de l’Etat Irlandais ne peut que s’aggraver, puisqu’il faudra désormais rembourser une nouvelle dette, venant s’ajouter à l’ancienne déjà rapidement croissante. Il sera ainsi difficile de rassurer les marchés. A titre de comparaison, pour bien saisir le pharaonisme des chiffres, imaginons que la France se voit octroyer une nouvelles dette- à moyen terme, c'est-à-dire moins de 4 années- d’environ 1500 milliards de dollars… pour l’aider à s’extirper de son insolvabilité… C’est pourtant ce qui se décide en cet automne 2010 pour l’Irlande.

A cet étranglement vient s’ajouter une autre difficulté : le « tigre celtique », n’était tel, qu’en raison de son caractère de paradis fiscal. Et un impôt sur les sociétés le plus faible d’Europe, était aussi épaulé par une  grande créativité, dans les processus d’optimisation fiscale. C’est dire que la matière première « impôt sur les entreprises», matière propre à maintenir debout les dominos, n’est guère très épaisse, et que le choix est fait de laminer les petites rentes d’un Etat providence, initialement déjà plus réduit que sur le continent. Pour maintenir, contre vents et marée, la rente financière dans son intégralité, il s’agit de s’attaquer aux salaires et à leurs annexes, et ce et y compris par la voie de la pression fiscale sur les revenus du travail.

Ce choix est celui des  entrepreneurs politiques irlandais, bousculés par les entrepreneurs politiques européens, qui conscients du tsunami qui gronde, désirent toujours gagner du temps en imposant de « nouvelles aides » dépourvues de tout bon sens. Le choix initial des entrepreneurs politiques irlandais : gagner du temps en laissant couler le robinet de la BCE, est ainsi contrarié par d’autres entrepreneurs politiques, qui veulent gagner du temps par d’autres moyens, ici en tentant de réduire le spread des taux, aux mimétismes ravageurs dans nombre de pays de la zone. Ces façons différentes de gagner du temps, étant eux-mêmes dictées par l’agenda de chacun au regard du refinancement de « sa » dette sur les marchés. L’Irlande pouvait attendre jusqu’au printemps 2012. Portugal, Espagne, et d’autres encore, sont obligés de commercialiser de la dette beaucoup tôt.

L’épuisement des entrepreneurs politiques est toutefois bien présent, et les «  blocs au pouvoir » s’effritent progressivement. Tous baignent dans le même paradigme, et tous restent fascinés par la mondialisation. Pour autant, certains prennent conscience de l’existence d’un mur de l’insolvabilité. Aucun ne fait encore le lien entre la construction des autoroutes  de la finance, la mondialisation, la construction de, l’euro etc. Mais certains savent, qu’il existe désormais une forêt de dominos dont l’instabilité est rapidement croissante. Et encore une fois, il suffit de consulter les statistiques de la BRI pour voir à quel point tous habitent un « château branlant ». En affirmant avec naïveté, devant le conseil européen, que la finance doit comprendre que les politiques sont élus par des électeurs, qui sont aussi des contribuables, jusqu’ici trop mobilisés à sauver le système bancaire, la chancelière allemande s’est exprimée dans le langage  de ce blog. Expression dangereuse, pouvant initier l’effondrement généralisé des dominos. Mais en même temps, expression signifiant que les marchés politiques peuvent brutalement faire émerger de nouveaux produits politiques : rééchelonnement de la dette, nationalisation, saisie brutale du système financier, fin de l’Euro etc.

Epuisés par maintenant plus de 3 années de course au gain de temps, les entrepreneurs politiques touchent de la main, et apprécient la dureté du mur de l’insolvabilité. Cette prise de conscience est le début de grands bouleversements sur les marchés politiques : certains entrepreneurs au pouvoir, tenteront de maintenir leur rente de pouvoir par un rapide changement d’offre. D’autres accéderont au pouvoir et seront amenés à négocier le monde de la probable dé mondialisation et de l’euthanasie des rentiers. Les choses ne seront pas simples, et on aurait tort de se réjouir brutalement de la fin de l’étranglement par la finance. C’est que cette dernière présente parfois un angle plus sympathique : son gigantisme, a aussi pour contrepartie, des produits d’épargne appréciés par des contribuables, irrités par ailleurs, de payer pour le maintien, sous perfusion, du système financier.

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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commentaires

BA 01/12/2010 22:25


Le Portugal emprunte des milliards d’euros sur les marchés internationaux.

Mercredi 20 octobre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d'intérêt de 2,886 %.

Deux semaines plus tard, mercredi 3 novembre 2010 : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d'intérêt de 3,260 %.

Quatre semaines plus tard, mercredi 17 novembre : pour un emprunt à un an, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,813 % !

Six semaines plus tard, mercredi 1er décembre : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de ... 5,281 % !

(Par comparaison, pour un emprunt à un an, la France doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,848 %, l’Allemagne doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,686 %.)

Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.

Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.


BA 30/11/2010 23:05


Mardi 30 novembre 2010, vers 22 heures 45 :

Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,667 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,503 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 6,974 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,355 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,857 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


BA 29/11/2010 22:20


Lundi 29 novembre 2010 :

A propos de l'Italie :

- Emprunt à 3 ans :

La dernière fois que l'Italie avait lancé un emprunt à 3 ans, elle avait dû payer un taux d'intérêt de 2,32 %. Lundi 29 novembre, l'Italie a dû payer un taux d'intérêt de ... 2,86 %.

- Emprunt à 7 ans :

La dernière fois que l'Italie avait lancé un emprunt à 7 ans, elle avait dû payer un taux d'intérêt de 1,78 %. Lundi 29 novembre, l'Italie a dû payer un taux d'intérêt de ... 2,30 %.

- Emprunt à 11 ans :

La dernière fois que l'Italie avait lancé un emprunt à 11 ans, elle avait dû payer un taux d'intérêt de 3,89 %. Lundi 29 novembre, l'Italie a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,43 %.

Plus les jours passent, plus l'Italie emprunte à des taux d'intérêt de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus l'Italie se surendette.

Plus les jours passent, plus l'Italie se rapproche du défaut de paiement.

Regardez bien ces graphiques hallucinants :

Italie : taux d’intérêt des obligations à 2 ans : 2,855 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR2:IND

Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,638 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND


BA 29/11/2010 16:19


Lundi 29 novembre 2010, vers 16h15 :

Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.

Les taux d’intérêt de l’Espagne sont en train d’exploser.

L’Espagne fonce vers le défaut de paiement.

Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,666 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,444 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,033 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,246 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,788 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


courtier-or 28/11/2010 20:21


@ J.C. Werrebrouck


Merci pour votre réponse.

Je partage votre avis à propos du vieillisement des élites.

C'est comme-si une certaine génération de français emportait tout avec elle... mais j'assume toute accusation de jalousie à l'égard de nos ainés.

Cordialement,


BA 28/11/2010 16:22


Le plus urgent est aujourd'hui le sauvetage de l'Espagne.

Nous pouvons faire une moyenne pour avoir une idée du coût du sauvetage de l'Espagne :

"cela coûterait jusqu'à 500 milliards d'euros", a estimé cette semaine Cornelia Meyer, PDG de la société de conseil MRL Corporation, sur la chaîne américaine CNBC.

Juergen B. Donges est l’un des économistes les plus influents d’Allemagne. Juergen B. Donges est un ancien membre du groupe des Cinq Sages qui conseillent le gouvernement allemand. Il a calculé que
le sauvetage de l’Espagne coûterait 800 milliards d'euros.

http://www.eleconomista.es/economia/noticias/2633763/11/10/Entrevista-con-Juergen-B-Donges-Rescatar-Espana-costaria-800000-millones-de-euros.html

Donc nous pouvons évaluer à la louche ce que coûterait le sauvetage de l'Espagne : environ 650 milliards d'euros.

Donc, la question qui se pose aujourd'hui est :

"Comment allons-nous trouver l'argent nécessaire au sauvetage de l'Espagne ?"


courtier-or 27/11/2010 15:47


Monsieur Werrebrouck,

En prenant le risque de simplifier, mais c'est pour la bonne cause, j'ai reformulé votre sujet :

La soupe irlandaise ou le goulasch hongrois ?


http://www.courtier-or.fr/int/index.php/113-la-soupe-irlandaise-et-le-goulasch-hongrois.html


Bien plus qu'une éventuelle "sortie de crise", c'est cela qui semble se jouer en ce moment :

L'impact politique et social de l'effondrement de la globalisation.

Cordialement,

M.P.

A propos, c'était bien au Club de l'horloge ?


Jean Claude Werrebrouck 27/11/2010 18:05



Il m'est difficile de répondre de façon nuancée et ce d'autant que je n'ai pas participé à la seconde journée. Toutefois j'ai eu l'impression d'un groupe numériquement en déclin et d'une pyramide
des âges laissanr peu de place la jeunesse.


Bien à vous.



BA 27/11/2010 13:46


Concernant le sauvetage de l'Espagne, les économistes ne sont pas d'accord entre eux.

Première estimation datée du 24 novembre : 500 milliards d'euros.

Pour venir au secours de la Grèce, il a fallu débourser 110 milliards d'euros. Pour l'Irlande, le plan de soutien coûtera 80 à 90 milliards. Le cas espagnol est d'une autre dimension : "cela
coûterait jusqu'à 500 milliards d'euros", a estimé cette semaine Cornelia Meyer, PDG de la société de conseil MRL Corporation, sur la chaîne américaine CNBC.

"Juste après l'Irlande nous avons le Portugal et puis l'Espagne, et l'Espagne sera le gros poisson", a-t-elle jugé.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/11/24/97002-20101124FILWWW00459-l-espagne-trop-grosse-pour-etre-sauvee.php

Une autre estimation datée du 26 novembre : 800 milliards d'euros.

Juergen B. Donges est l’un des économistes les plus influents d’Allemagne.

Juergen B. Donges est un ancien membre du groupe des Cinq Sages qui conseillent le gouvernement allemand. Il a calculé que le sauvetage de l’Espagne coûterait 800 milliards d'euros.

"Rescatar España costaría 800.000 millones de euros"

http://www.eleconomista.es/economia/noticias/2633763/11/10/Entrevista-con-Juergen-B-Donges-Rescatar-Espana-costaria-800000-millones-de-euros.html

Il faudrait que les économistes se mettent d'accord.

Combien coûterait le sauvetage de l'Espagne ?


HP 25/11/2010 19:07


Il y aurait un moyen tout simple de "sauver" l'Irlande ou plutôt ses banques en faillite : les faire racheter par d'autres banques à l'étranger, collégialement, dettes comprises.
Une façon de renflouer la barque irlandaise au lieu de la charger de nouveaux prêts insupportables.
Oui, je sais, les autres banques peuvent se passer d'une perte et les états n'ont pas l'autorité pour les y obliger. Dommage. Pour le moment ce seraient même les banques qui ont l'autorité sur les
états. Re-dommage.


BA 25/11/2010 16:09


Jeudi 25 novembre 2010, vers 16 heures :

Les investisseurs internationaux n'ont plus aucune confiance dans les Etats d'Europe du sud, ni dans l'Irlande.

Les investisseurs internationaux n'ont plus aucune confiance dans la capacité de ces cinq Etats à rembourser leurs dettes.

Leurs taux d'intérêt explosent.

Ces cinq Etats foncent vers le défaut de paiement.

Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,402 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,188 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,009 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,055 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,931 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


BA 24/11/2010 21:43


Mercredi 24 novembre 2010 :

Italie : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 4,343 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Espagne : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 5,064 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

Ce qui se passe en ce moment même en Espagne est très important.

Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.

Portugal : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 7,016 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Irlande : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 8,864 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Grèce : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 11,921 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


dan_y44 24/11/2010 20:42


juste pour préciser mon propos concernant l'effet taux sur la croissance. il y a une différence avec la période 2004-2007 concernant l effet des taux sur l'économie. Dans la première période, les
taux courts et longs étaient relativement bas,le chômage faible et l'endettement faible, ce qui a encourage le crédit immobilier et crédit conso indexé sur la valeur des biens qui ne faisaient que
monter. Mais aujourd'hui, l'effet miracle de la baisse des taux n'encourage personne a emprunter, soit car la bulle a explosé et la psychologie a changé (chomage, krach immo), soit les prix sont
restés très haut (comme en France) et ils ne peuvent plus monter car le coût de la vie continue de monter sans que les salaires suivent ce qui borne les prix en fourchette haute jusqu'à la remontée
des taux longs (et là,...). Concernant les investissements qui se feraient à taux bas, il y a un intérêt pour les entreprises uniquement si elles sont développées en Asie, où là la croissance reste
forte. La baisse des taux n'encouragera par contre pas vraiment à investir en Europe puisque la consommation est au point mort(investissements non rentables). Au final il faut attendre que le
crédit privé ait suffisamment dégonflé (ie ait été suffisamment remboursé). ça peut prendre des années et les taux ou les décisions politiques n'y changeront absolument rien. A priori les QE et
autres pirouettes monétaires tendent plutôt à créer un climat d'insécurité qui inquiète de plus en plus d'épargnants.


Jean Claude Werrebrouck 25/11/2010 08:19



Tout à fait d'accord.Il y a même une fuite des capitaux vers les émergents où la rentabilité estmeilleure et où existe l'opportunité d'une réevaluation des monnaies (Brésil, Afrique du Sud pour
ne citer que les moins importants d'entre eux).



dan_y44 24/11/2010 20:27


La rente financière c'est ce qui je suppose permet aux états de survivre en ce moment (ou pas!). Je suppose aussi que si les épargnants Américains avaient eu un taux d'épargne supérieur à -1% en
2007, il n'y aurait pas eu de crise financière ou que celle-ci aurait été absorbée plus facilement. C'est bien là l'erreur que de croire que l'on se bat contre l'épargne en encourageant les taux à
baisser. Non, cela encourage plutôt à attendre des taux encore plus bas (a 1% le 10 ans par exemple, voire moins car c'est la dépression). Les banques nous encourageaient à emprunter à des taux bas
en 2008, puis 2009, puis 2010. Au final, si les taux remontent (c'est à dire si le flux d'épargne vers les rente de bons d'état diminuent), c est la banqueroute de l'état et l'effondrement des
actifs financés à crédit comme l'immobilier(cf irlande). Merkel va devoir réfléchir à quoi elle pense. Encourager l'investissement par exemple; mais avec 40% d'imposition sur dividendes ou cessions
mobilières, autant regarder son argent tourner en rond pour 1% l'an, c'est plus sûr. Et si les comptes épargne sont taxés, il ne reste plus qu'à retirer l'argent des banques.

Que faut-il comprendre par réduire la rente financière ? les gens sont-ils encore libre de faire ce qu'ils veulent de leur argent? Les hommes politiques doivent-ils décider de la régulation en
faveur d'un accroissement des pouvoirs donnés aux banques et au FMI, donc effectivement de la rente financière que sois disant ils disent combattre en imposant aux peuples des sacrifices qui
mèneront à des probables révoltes ou révolutions ?

Je crois qu'ils devraient cesser d'intervenir dans l'économie, car tout se paye. Là on paye la relance de 2009, qui n'a servi à rien. Mais qui s'en souvient encore?


Jean Claude Werrebrouck 25/11/2010 08:31



La rente financière est une expression ancienne.Avant 1914 existaient des titulaires de rentes publiques: on prêtait de l'argent à l'Etat, qui garnatissait une rente à vie, dans la mesure où les
monnaies (franc germinal) étaient stables.Ces rentiers forts nombreux accaparaient ainsi une part notanle de la valeur ajoutée produite par ailleurs. Avec l'inflation du 20ième siècle la rente
financière a disparu. Et on parlait à l'époque de "répression financière" pour marquer l'idée qu'il était devenu difficile d'être rentier. La rente financière est réapparue depuis une trentaine
d'année (cf "finance gigantesque) avec la dérégulation et l'éloignement de l'Etat vis à vis de la gestion financière.Elle accapare comme au 19ième siècle une part croissante de la valeur ajoutée
(cf "la finance n'est pas le casino ..quoique...)



BA 23/11/2010 22:14


Mardi 23 novembre 2010 : l'Espagne fonce vers le défaut de paiement.

Plus les jours passent, plus l'Espagne se surendette.

- Emprunt à 3 mois :

Le 26 octobre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 3 mois : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 0,951 %. Un mois plus tard, mardi 23 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de ...
1,743 % !

- Emprunt à 6 mois :

Le 26 octobre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 6 mois : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 1,285 %. Un mois plus tard, mardi 23 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de ...
2,111 % !

- Emprunt à 12 mois :

Le 19 octobre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 12 mois : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 1,842 %. Un mois plus tard, mardi 16 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de
... 2,363 % !

- Emprunt à 18 mois :

Le 19 octobre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 18 mois : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 2,009 %. Un mois plus tard, mardi 16 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de
... 2,664 % !

- Emprunt à 10 ans :

Le 16 septembre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 10 ans : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 4,144 %. Deux mois plus tard, jeudi 18 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de
... 4,615 % !

- Emprunt à 30 ans :

Le 16 septembre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 30 ans : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 5,077 %. Deux mois plus tard, jeudi 18 novembre, elle a dû payer un taux d'intérêt de
... 5,488 % !

Lisez cet article très important :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hfSUn5OGl1hBp3bsGBF37q9J4Zpw?docId=CNG.7b035e05269c1bb2e7483bb732e2538a.4c1


dan_y44 23/11/2010 20:59


l'Europe c'est le troisième Age, tout comme le Japon, donc l'euthanasie des rentiers (avec le FMI et la BCE aux commandes), c'est pas pour tout de suite!
En attendant, regardons l'or et le Yen monter en attendant la réforme du système monétaire.


Jean Claude Werrebrouck 24/11/2010 15:38



Oui, mais suivez bien ce qui va se décider pour la période à venir. Madame Merkel vise ouvertement une rédustion de la rente financière.



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