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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 07:09

 

Les réactions au sondage de l’IFOP consacré au protectionnisme et au libre échange (20 Mai 2011) sont nombreuses et souvent négatives. Ainsi un article du Monde en date du 30 juin dernier s’organise autour d’un titre fort significatif : « Absurde démondialisation- Refusons la préférence nationale économique ».

Nous voudrions souligner ici que la démondialisation ne signifie pas nécessairement la fermeture et la déconnexion vis-à-vis du reste du monde. Elle signifie simplement une économie mondiale plus respectueuse des hommes et de leur environnement.

Dans le cadre des anciens Etats-nations, la compétition et la « destruction créatrice » chère  à Schumpeter, les perdants n’étaient pas abandonnés par un Etat providence financé par les gains de productivité. Dans le nouveau cadre de la mondialisation, le travail -à grande échelle- de destruction créatrice perd de sa légitimité, puisque d’une part le filet de sécurité antérieur est attaquable par les marchés, et que d’autre part, le déficit de régulation mondiale donne libre cours au mercantilisme le plus brutal : arme monétaire, paradis fiscaux, conditions de travail inacceptables, etc. les perdants deviennent ainsi des inutiles au monde, et des inutiles qui ne peuvent plus vraiment s’exprimer et exiger des compensations, puisque vivant au sein d’un Etat lui-même en difficulté. Les perdants risquent en effet de le rester, et personne ne peut sérieusement croire que les habitants du Péloponnèse équipés de leurs contestés euros,  rivaliseront - même à moyen terme - avec ceux de Shanghai . Le combat est tout simplement inégal. A ce titre, il n’est pas  souhaitable, ni même moralement acceptable.

De fait, la mondialisation est une belle histoire racontée aux enfants. La réalité est que nous assistons à l’émergence de nouveaux Etats qui entendent bien profiter d’une dérégulation généralisée pour se développer. La mondialisation authentique supposerait l’affaissement de tous les  Etats et la naissance d’organisations de régulation planétaire, donc complètement a- nationales. Force est de constater qu’il s’agit d’une utopie, et les grandes instances de régulation (FMI, BIT , OCDE, etc.) sont internationales et le resteront longtemps puisque les seules transformations envisagées ne concernent que le poids de chaque Etat dans les conseils d’administration. Constatons aussi que la seule instance a nationale de quelque importance est La BCE…laquelle voit son action de plus en plus durement contestée.

Démondialiser consiste simplement à prendre conscience, que ce qui s’avère être  une fausse  mondialisation, est une impasse pour l’humanité toute entière. Les déséquilibres majeurs qu’elle entraine doivent être corrigés, non pas par une fermeture inacceptable et le climat d’agressivité mimétique qu’elle peut entrainer. Il s’agit à l’inverse, d’introduire l’idée que les échanges entre nations doivent être équilibrés. Et ce n’est pas parce que la destruction créatrice est plus efficace ici qu’elle doit développer du chômage et des exclusions là. En clair, les plus efficaces ne doivent pas siphonner la demande globale de ceux qui le sont moins, et qui de ce fait sont victimes. Et les victimes ne doivent plus être vilipendées : la productivité est aussi un trait culturel, et toutes les cultures sont respectables. Il est ainsi inacceptable de demander aux grecs de devenir l’équivalent des allemands.

Aussi,  l’équilibre des échanges dans une économie mondiale, suppose de pouvoir imposer à l’excédentaire-  qui au nom de la liberté des échanges siphonne les demandes globales des moins efficaces-  des mesures propres à la réduction de son excédent : hausse des salaires, réévaluation de sa monnaie,  taxes à l’exportation, etc. Ce qui n’empêche évidemment pas les moins efficaces de s’améliorer, pour éviter une dégradation des termes de l’échange . Dispositif  d’équilibre développant aussi d’autres conséquences. Par exemple, celle d’une baisse du volume du commerce international en raison de la diminution des échanges, entre filiales d’une même entreprise, ne bénéficiant désormais plus de  gains à l’échange fabriqués sur d’inacceptables différences. De quoi reconstruire le corps des ses institutions démembrées que sont devenues les entreprises en mondialisation. Et de quoi aussi diminuer la pression sur un environnement fatigué par des transports inutiles et moralement contestables.

Keynes avait pensé à cet équilibre nécessaire d’une économie mondiale. Conscient du chaos provoqué par la guerre des monnaies dans les années 30, et la montée du protectionnisme qui lui était associé, il militait pour une régulation mondiale qui ne soit pas la mondialisation d’aujourd’hui. Il est temps de revenir sur les projets qu’il défendait à Bretton-Woods.

Dernier point : l’équilibre des échanges n’est en aucune façon l’argument de la préférence nationale souvent évoquée pour d’autres motifs.

                                                                                Jean Claude Werrebrouck

                                                                            Membre fondateur de l’Association            

                                                                "Manifeste pour un débat sur le libre-échange"

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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BA 04/07/2011 14:24


Lundi 4 juillet 2011 :

Standard & Poor' sème le trouble sur l'issue de la crise grecque.

Standard & Poor's a jeté lundi de nouveaux doutes sur l'issue de la crise grecque en prévenant que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de
titres reviendraient à placer Athènes en situation de défaut sélectif.

La mise en garde de l'agence de notation a du coup donné un coup d'arrêt au rally boursier observé la semaine dernière sur les valeurs bancaires européennes alors que les ministres des Finances de
la zone euro ont donné samedi leur feu vert à une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros à la Grèce.

Par l'intermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), les banques françaises, qui sont les banques étrangères les plus exposées à la Grèce, ont proposé deux plans d'action pour le rollover
de la dette grecque pour couvrir les besoins d'Athènes de 2011 à 2014.

Mais, selon S&P, l'un comme l'autre impliquent des pertes pour les créanciers privés de la république hellénique.

"Si l'une ou l'autre de ces options étaient mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et à défaut d'information complémentaire, nous considèrerions probablement cela comme un cas de défaut", prévient
l'agence de notation américaine dans un communiqué.

"Dans ce cas, nous abaisserions probablement la note souveraine grecque à 'SD', ce qui indiquerait la restructuration dans les faits d'une partie, mais pas de la totalité, de sa dette
obligataire."

En Bourse, les valeurs bancaires européennes, qui avaient profité la semaine dernière d'un certain optimisme autour du dossier grec, sont repartis à la baisse.

Vers 13h15, l'indice de référence Stoxx 600 des banques européennes est en baisse de 1%.

A Paris, les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses du CAC 40.

BNP Paribas, Crédit agricole, et Société générale abandonnent respectivement 1,76%, 1,95% et 2,05%.

CDS GRECS EN HAUSSE

"Le soulagement venu la semaine dernière du vote des députés grecs est maintenant quelque peu éclipsé par cette annonce (de S&P, NDLR)", fait remarquer Marc Ostwald, stratégiste chez Monument
Securities.

La mise en garde de S&P "pourrait venir perturber la succession d'annonces crédibilisant que la situation grecque était de nouveau sous contrôle à horizon 12 mois", soulignent de leur côté les
analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.

Après le court répit de la semaine, les primes de CDS (credit default swaps) de la Grèce sont d'ailleurs reparties à la hausse. D'après le fournisseur de données Markit, les CDS à cinq ans, qui
protègent contre un défaut de la dette publique grecque, ont augmenté lundi de 48 points de base.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110704.REU3701/standard-poor-seme-le-trouble-sur-l-issue-de-la-crise-grecque.html


BA 03/07/2011 21:22


Etats-Unis : en faillite, le gouvernement du Minnesota cesse ses activités.

Faute de pouvoir équilibrer son budget, comme le lui ordonne la Constitution, l'État américain du Minnesota a été forcé de fermer la plupart des services publics. Peuplé de 5,3 millions d’habitants
et grand comme la moitié de la France, le Minnesota présente un trou de 5 milliards de dollars dans ses caisses.

Triste week-end de fête – celle de l’Indépendance américaine lundi 4 juillet 2011 – pour les habitants du Minnesota. Les parcs nationaux, les musées et le zoo sont fermés, ainsi que les aires de
repos sur les autoroutes. Impossible aussi de pêcher dans les lacs de l’Etat, les services délivrant les permis étant fermés.

En faillite, le gouvernement a dû mettre la clé sous la porte, renvoyant chez eux 22 000 fonctionnaires, et suspendant les activités de la majorité des services publics. Avant de rouvrir, ceux-ci
devront attendre la fin de la bataille entre le gouverneur démocrate et la législature républicaine.

Le Minnesota est en faillite : il a un trou de 5 milliards de dollars dans son budget. Or au 1er juillet 2011, date du nouvel exercice fiscal, l’État devait – selon sa Constitution – avoir comblé
son déficit. Pour ce faire, le gouverneur Mark Dayton voulait augmenter les impôts des riches, et les républicains voulaient couper les dépenses publiques. C’est le même débat qui se tient en ce
moment au niveau national entre Obama et les élus républicains du Congrès. Personne ne voulant céder, Mark Dayton a décidé de mettre le gouvernement à l'arrêt, comptant sur le mécontentement
populaire pour forcer les républicains à accepter une augmentation des impôts pour les plus aisés.

http://www.rfi.fr/ameriques/20110702-faillite-le-gouvernement-minnesota-cesse-activites


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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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