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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 09:17

 

  A plusieurs reprises, nous avons souligné la cause profonde de la grande crise, à savoir un choix de mondialisation oubliant dans l'explosion des échanges, la question fondamentale des balances des comptes courants de ce qui reste, les Etats-Nations.

Naguère, pour un bon keynésien, il fallait maitriser la demande interne en fonction de deux objectifs: sa capacité à offrir une quantité suffisante de débouchés internes (objectif 1)... dans la limite du risque d'inondation par les importations (objectif 2). A l'exception du seul pays à monnaie de réserve (les USA), il fallait pour les autres pays développés veiller à ce que la demande globale, largement travaillée par la construction d'un Etat-Social ne débouche pas sur un déséquilibre extérieur engendré par des flux d'importations trop importants.La France est historiquement l'un des pays qui a porté le plus loin possible ce keynésianisme en édifiant un grand Etat-social, ce dernier représentant aujourd'hui 33% de PIB contre une moyenne de 21,6% pour les pays de l'OCDE. Bien évidemment avec la sous-productivité qui, logiquement, caractérise tout système public: Absence du signaux envoyés par les  prix, privilége des structures monopolistiques, faible mise en situation de responsabilisation des acteurs, etc. De quoi engendrer sur les marchés politiques des rentes  solides. En contre partie, il est vrai qu'en privilégiant l'objectif 1 ci-dessus désigné, l'objectif 2 ne s'est maintenu qu'en ayant traditionnellement recours à des dévaluations. Autant de manipulations monétaires qui correspondent au coût d'opportunité de la construction d'un grand Etat social hors marché. 

En mondialisation non régulée, ce qui va compter est moins la demande domestique que la demande mondiale. Il faut donc une offre compétitive et davantage favoriser les exportations, les importations s'auto-limitant par la forte pression sur les salaires résultant de la mise en concurrence de l'ensemble de la main d'oeuvre mondiale. Tous limitent les importations par maitrise de la masse salariale, et tous favorisent les exportations aussi par maitrise de cette même masse salariale. La mondialisation est, par principe, l'avènement de l'économie de l'offre...et une offre par nature excédentaire en raison du choix organisationnel dans lequel elle va se déployer. D'où la crise générale et mondiale de surproduction que nous avons souvent évoquée dans le blog.

Charles Gave dans "Avis de Tempête" qu'il publie dans son Blog "Institut des Libertés" reprend très curieusement ce raisonnement à propos des doutes qui se manifestent de plus en plus clairement sur les émergents. Très curieusement, car de fait, et peut-être inconsciemment, il nie la loi des débouchés de J-B Say, alors qu'étant défenseur du libéralisme, il est officiellement un économiste de l'offre.

Son raisonnement est le suivant:

La politique monétaire américaine a permis d'affaisser durablement le dollar. A moyen terme, cette dévaluation a renforcé la compétitivité US, faisant passer le déficit des comptes courants de 7 points de PIB en 2006 à moins de 3 en 2013. La contrepartie dirait un économiste Keynésien correspond à 4 points de PIB américain que les pays émergents ne peuvent plus produire, ce qui entraine chez eux un effondrement de la croissance. Raisonnement Keynésien que Charles Gave reprend complètement en allant même plus loin. Et il est vrai que nous avons les enchainements logiques suivants:

Perte de PIB acquis sur les USA: 

             --> Recession

             --> Perte des débouchés américains = déséquilibre extérieur

             --> Politique restrictive pour comprimer la demande interne

              --> Baisse des importations

             --> Contagion récessionniste

Pendant de très nombreuses années, le déficit américain a permis à l'ensemble des emergents d'acquérir des points de PIB payés par de la dette américaine. Sans cette dette, les émergents auraient été invités à se développer sur la base d'un modèle beaucoup plus auto-centré.

Charles Gave en conclut brillamment que, chaque fois que le déficit américain se réduit,

 

   

   il en résulte une crise financière ainsi que l'atteste le schéma ci-dessus, extrait du site "Institut des Libertés". De fait cette crise financière doit être lue comme difficulté de la résolution des excédents de production par rapport à la demande globale. Difficultés croissantes avec le temps. Onubre Einz confirme ce résultat en montrant que pour 2013 il a fallu 2,5 dollars de dette publique supplémentaire pour créer un dollar additionnel de PIB américain. 

Bien évidemment le choix de la mondialisation dérégulée (celle qui fût historiquement validée) l'a emporté sur celui de la mondialisation préservant l'équilibre des comptes courants et donc les Etat-nations. La raison en est simple: nombre de groupes d'acteurs y avaient intérêt.

Bien évidemment les entrepreneurs économiques les plus dynamiques, qui par la liberté des mouvements de capitaux pouvaient bénéficier des zones de bas salaires.

Tout aussi évidemment les entrepreneurs de la finance qui -bien avant de se gaver de dettes publiques qu'ils allaient contribuer à générer-  avaient intérêt à la mise en place de structures monétaires et financières régulées par le seul marché afin d'engendrer "l'insécurité" que l'on pourra ensuite "revendre" comme produits de couverture et d'assurance.

Mais aussi les épargnants qui vont bénéficier des produits souvent complexes générés par des dettes de plus en plus importantes.

Peut-être même certains salariés qui vont béneficier de la "plus value relative" découverte par Marx il y a près de deux siècles en captant du pouvoir d'achat sur des marchandises importées à coûts dérisoires.

Et peut-être  également les entrepreneurs politiques des vieux Etat-Nations qui pourront offrir des produits de compromis - et beaucoup de rentes petites et grandes - à cet étrange attelage dont la convergence des intérêts n'est évidemment qu'une façade bien lézardée.

Le pouvoir médiatique - lui-même issu d'un capital approprié essentiellement par les entrepreneurs de l'économie et de la finance- se chargera de la promotion de l'idéologie d'un intérêt général- à défaut, celui du célèbre TINA ("There is no alternative) -  pour justifier le nouvel arrangement institutionnel ainsi créé. 

On notera que cette mondialisation dérégulée construite de façon adémocratique en Occident - avec sa pointe avancée dans ce modèle réduit presque parfait (théoriquement) qu'est l'eurozone - ne fut évidemment pas discutée là où elle s'est imposée dans le reste du monde. Les zones nouvelles de développement qui devaient devenir "les émergents" furent arrimées à la mondialisation alors même qu'elles étaient pour l'essentiel constituées de systèmes politiques dictatoriaux.

Le fonctionnement de la mondialisation dérégulée produit ainsi des déséquilibres qui ne sont contenus qu'en les élargissant: la croissance vertigineuse de la dette planétaire, les politiques d'ajustement structurels et d'austérité, et bien sûr leurs effets en termes de tensions sociétales croissantes.

De ce point de vue, les vieux Etats-Nations situés dans cette pointe avancée de la mondialisation qu'est l'euro-zone, sont plus particulièrement touchés: ils connaissaient - en particulier la France -  plus que d'autres la vieille cohérence de l'idée de nation et avaient depuis longtemps dépassé les déséquilibres macro-économiques.

Parce que la mondialisation dérégulée crée dans son fonctionnement plus de déséquilibres et de tensions sociétales, elle développe, en particulier en France des signes de grande dislocation: décrédibilisation générale de l'entrepreneuriat politique, cohabitation difficile entre laïcité et religions réarmées par la violence de la crise, contestation croissante de l'impôt et des formes collectives de protection contre les risques de la vie, développement de l'anomie et effacement de la frontière entre le légal et l'illégal ou le bien et le mal, résistance -face à cette anomie- par défense parfois violente des traditions domestiques ou des communautés renaissantes, etc. De quoi retrouver bientôt le tableau de Hobbes.

Mais de quoi aussi trouver le tableau assez présent de Heidegger:"Tout fonctionne. Voilà ce qui est précisément inquiétant, que cela fonctionne et que le fonctionnement pousse sans cesse plus loin vers plus de fonctionnement encore".

 

 

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans textes de portée générale
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commentaires

BA 08/02/2014 06:54

En Allemagne, à Francfort, la Banque Centrale Européenne mène une politique monétaire parfaitement adaptée ... à l'Allemagne.

Dès sa naissance, l'euro était une monnaie allemande, acceptée par l'Allemagne à condition qu'elle soit adaptée à la démographie de l'Allemagne, à condition qu'elle soit adaptée à l'économie de
l'Allemagne, à condition qu'elle serve l'intérêt national de l'Allemagne.

Dès la naissance de l'euro, l'Allemagne a toujours imposé une politique monétaire adaptée à l'intérêt national de l'Allemagne.

Quant aux élites des autres pays européens, elles acceptent de suivre la politique de l'Allemagne.

La politique de l'Allemagne consiste à défendre l'intérêt national de l'Allemagne, et les élites françaises acceptent de suivre la politique de l'Allemagne.

Comme d'habitude.

La video dure 3 minutes :

https://www.youtube.com/watch?v=SB4YWntTnZI

BA 06/02/2014 21:36

A propos du Crédit Agricoule :

Jean-Pierre Chevallier commente les calculs de l'OCDE dans un billet qui vient juste d'être mis en ligne : l'OCDE vient de déclarer que, pour respecter un leverage de 5 %, il faudrait recapitaliser
le Crédit Agricoule de 67,2 milliards d'euros.

Jean-Pierre Chevallier écrit :

"Les péquenots du Crédit Agricole se sont fâchés (ils menacent de poursuivre tout manant les critiquant) après la publication d’une étude de l’OCDE sur le leverage des banques européennes faisant
apparaitre un manque de capital de 31,5 milliards d’euros pour cette banque afin de respecter un leverage… correspondant à un ratio Core Tier 1 d’origine (sans pondérer les actifs) de 3 % et de
67,2 milliards pour 5 %, alors que ce bon vieux Greenspan exige un ratio supérieur à 10 % (il avait imposé 8 % dans les années 80) compte tenu de la dégradation du système bancaire mondial.

Dans ces conditions, pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, nos péquenots ont logiquement, d’après cette étude de l’OCDE, un manque de
capitaux propres de 67,2 x 2 soit 134,4 milliards d’euros soit très exactement… le chiffre que j’ai retenu pour CASA, l’entité cotée !"

http://chevallier.biz/2014/02/credit-agricole-leverage-et-l%E2%80%99ocde/

BA 05/02/2014 14:49

Mercredi 5 février 2014 :

Un article très important de Jacques Sapir :

Ce que Sartre aurait appelé des "saloperies" …

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une
atmosphère particulièrement délétère. Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans
Direct Matin, et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances.

http://russeurope.hypotheses.org/1940

Hadrien 04/02/2014 16:58

Réponse à JC WEREBROUCK sur:
"le cas du médico-social... qui doit aussi affronter avec lucidité l'ensemble des rentes publiques et privées qu'il génére depuis longtemps.

Le cas du médico-légal et de ses rentes ressort précisément des "armes supplémentaires" que l'on a bien voulu laisser "aux idéologues d[u]... libéralisme".
Les médecins (et paramédicaux, pharmacie, etc.) font partie de ces groupes professionnels sureprésentés à l'assemblée qui défendent bec et ongles leur activité "polluée par les marchés politiques"
(tarifs, numérus clausus, etc):
En fait, garder une médecine libérale nourrie par la mutualisation que représente la Sécurité sociale est un non-sens... C'est le principe: les "pollueurs" ne sont pas les payeurs !
Là où nous avons des dispensaires publics, on trouve des médecins-fonctionnaires dévoués qui assurent leur tâche avec autant de compétence... sinon plus (j'en ai fait l'expérience personnelle en
Afrique noire). Et ces dispensaires coûtent bien moins cher que des remboursements d'activité libérale, notammment lorsqu'ils sont directement gratuits sans administration "supplémentaire" de
remboursement!

C'est un exemple parmi tant d'autres du "tabou" des nationalisations que le néolibéralisme s'est évertué à nous faire avaler:
Ainsi, non seulement les tarifs d'EDF et GDF ont bondi depuis leur semi-privatisation, mais encore leur gestion s'avère déficitaire et leurs décisions "malencontreuses" (le choix d'un contrat
d'approvisionnement gazier à tarifs élevés bloqués sur plusieurs années, concédé aux Russes avant la décrue du marché, n'a sans doute pas fait que des malheureux!)

De même qu'avait-on à reprocher à la Poste, monopole étatique séculaire dont le fonctionnement était tel qu'il avait fait dire cette réplique à Gabin, sur dialogues d'Audiard, dans le film "Le cave
se rebiffe" : "cette administration que le monde entier nous envie"...?
On avait ainsi dans toutes les grandes villes des dépôts de courrier jusqu'à minuit (gares, aeroports, postes centrales, etc.) avec distribution assurée le lendemain matin à l'autre bout de la
France.
La "mise en concurrence" n'a amené qu'une chose: on a détruit l'équilibre de la Poste en lui otant ses meilleurs marchés, et l'on n'est même plus assuré d'un acheminement national dans les 48
heures, même avec surtaxes privées !

Et que dire de nos grands établissement publics industriels et technologiques ?...
Nous avions avec Alcatel nationalisée, appuyant sa technologie sur les recherches du CNET, le premier constructeur mondial du secteur des Telecoms.
Depuis sa privatisation, son PDG Tchuruk entiché de "la société sans usine" a quasiment détruit l'entreprise et ruiné son potentiel, sans même avoir l'excuse de la rentabilité pour les actionnaires
puisque ses actions sont descendues au trente-sixième sous-sol !

BA 04/02/2014 07:02

Depuis plusieurs années, l'économie mondiale était en lévitation.

Depuis plusieurs années, l'économie mondiale montait haut, très haut dans le ciel, car elle reposait sur ... le kérosène fourni par les banques centrales.

Les banques centrales étaient devenues des distributeurs automatiques de kérosène.

Mais aujourd'hui, les banques centrales arrêtent de distribuer le kérosène.

Et donc notre avion va reprendre contact avec le sol.

Notre avion a commencé sa descente.

Mardi 4 février 2014 :

La Bourse de Tokyo chute de 3% peu après l'ouverture.

La Bourse de Tokyo chutait mardi peu après l'ouverture, victime d'une inquiétude généralisée pour l'économie américaine, la zone euro et les pays émergents.

Les opérateurs suivaient le mouvement de baisse poursuivi lundi à Wall Street, où le Dow Jones a perdu 2,07%, après avoir enregistré en janvier son pire mois depuis mai 2012, et son pire début
d'année depuis 2009.

A Tokyo comme à New York, les investisseurs ont mal pris la publication lundi de deux indicateurs manufacturiers décevants dans les deux premières économies mondiales, aux Etats-Unis et en Chine.
Cette mauvaise nouvelle a alourdi davantage un climat déjà anxiogène, où les craintes de déflation pour la zone euro s'ajoutent aux turbulences dans les marchés émergents.

http://i10.servimg.com/u/f10/11/06/56/21/m17v10.jpg

BA 03/02/2014 21:29

L'économie mondiale, c'est comme un avion.

Le kérosène qui faisait voler l'avion, c'était la liquidité fournie par les banques centrales.

Aujourd'hui, les banques centrales commencent à fermer le robinet à liquidité.

Quand il n'y a plus de kérosène, l'avion descend et reprend contact avec le sol.

1- Soit l'avion reprend contact avec le sol en s'écrasant.

2- Soit il reprend contact avec le sol tout en douceur, en planant, en atterrissant gentiment, sans aucune casse.

Maintenant, à 21 heures, nous pouvons faire le bilan de la journée de lundi : sur les marchés, c'est la baisse.
Rome : baisse de 2,63 %
Tokyo : baisse de 1,98 %
Madrid : baisse de 1,96 %
Bruxelles : baisse de 1,63 %
Taïwan : baisse de 1,58 %
Bombay : baisse de 1,48 %
Paris : baisse de 1,39 %
Francfort : baisse de 1,29 %
Séoul : baisse de 1,09 %
Londres : baisse de 0,69 %
Moscou : baisse de 0,60 %

Pour la Bourse des Etats-Unis et la Bourse du Canada, le suspens est insoutenable.

http://www.romandie.com/news/n/BOURSEWall_Street_prcup_poursuit_sa_dingolade_RP_030220141952-20-443407.asp

BA 03/02/2014 11:12

Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Argentine, Indonésie, Turquie, Thaïlande, etc : les pays émergents s'effondrent.

Les pays émergents sont en train de provoquer une crise financière mondiale.

Les investisseurs ont retiré 9,1 milliards de dollars des fonds d'actions et d'obligations des marchés émergents dans la semaine arrêtée au 29 janvier, montrent les statistiques d'EPFR Global.
Celles-ci reflètent surtout les décisions d'investissement de la clientèle privée. Dans le détail, les fonds actions émergents ont connu 6,3 milliards de dollars de retraits, soit un flux de
sorties hebdomadaires comparable aux alertes d'août 2011 ou de mai 2013 lors des premières allusions de la Fed à son «tapering». Depuis le début de l'année, les retraits sur fonds actions émergents
atteignent 11,5 milliards. Les fonds obligataires ont connu quant à eux 2,7 milliards de dollars de retraits hebdomadaires.

http://www.agefi.fr/articles/les-fonds-emergents-connaissent-une-forte-decollecte-1306040.html


Lundi 3 février 2014 :

Tokyo termine en forte baisse de 1,98%, inquiète pour la croissance.

La Bourse de Tokyo a terminé la séance de lundi en forte baisse de 1,98%, inquiète des risques pesant sur la croissance mondiale et préoccupée par un rebond du yen nuisible aux groupes exportateurs
japonais.

Les opérateurs ont été pris dans un faisceau de nouvelles décevantes ou inquiétantes qui les ont incité à vendre, particulièrement des titres de petites entreprises.

Ils ont gardé un oeil sur la situation des pays émergents, victimes d'une fuite des capitaux provoquée par la décision de la Banque centrale américaine (Fed) de réduire l'ampleur de son programme
de soutien monétaire à l'économie des Etats-Unis - des liquidités qui ont souvent terminé indirectement sur les marchés émergents ces derniers mois et que les investisseurs retirent désormais.

Les acteurs du marché ont aussi été pris d'un regain d'anxiété pour la zone euro où l'inflation a encore ralenti en janvier, à 0,7%, alimentant les craintes de déflation dans cette région frappée
par une crise de la dette et une cure d'austérité.

http://www.romandie.com/news/n/BOURSETokyo_termine_en_forte_baisse_de_198_inquiete_pour_la_croissance23030220140826.asp

BA 31/01/2014 22:52

Pays émergents : cyclone financier à l'horizon.

Vendredi 31 janvier 2014 :

Le FMI veut une action "urgente" dans les émergents.

Les monnaies de plusieurs pays émergents ont plongé ces derniers jours sur fond de reflux des capitaux étrangers et de doutes croissants sur la solidité de ces économies.

Le FMI s'est dit favorable vendredi 31 janvier à une action "urgente" dans certains pays émergents déstabilisés par des récentes turbulences monétaires, tout en appelant les banques centrales à la
"vigilance" à travers le globe.

"Les turbulences soulignent dans certains cas la nécessité d'une action urgente pour améliorer les fondamentaux économiques des pays et la crédibilité de leurs politiques", a indiqué dans un
communiqué le Fonds monétaire international, sans toutefois désigner précisément de pays.

Depuis plusieurs jours, plusieurs pays émergents (Brésil, Turquie, Inde, Russie, Afrique du Sud, ...) ont vu leur monnaie plonger sur fond de reflux des capitaux étrangers et de doutes croissants
des investisseurs sur la solidité de ces économies.

Cette tendance est par ailleurs aggravée par le retour à la normale amorcée par la Banque centrale américaine, la Fed, qui augure de la fin de l'ère de l'argent facile et nourrit un mouvement de
relocalisation des capitaux dans le pays.

"Même s'il est difficile de désigner un seul déclencheur, les turbulences mettent en évidence les situations difficiles auxquelles plusieurs pays sont confrontés du fait d'un resserrement des
conditions financières extérieures, d'une croissance plus lente et de prix des matières premières moins élevés", explique le Fonds.

Le FMI note toutefois que certaines banques centrales (Turquie et Afrique du Sud notamment) ont répondu "énergiquement" en relevant leurs principaux taux directeurs pour retenir les capitaux
étrangers.

Plus globalement, l'institution appelle l'ensemble des banques centrales à rester "vigilantes" sur les besoins de liquidités des pays dans le monde afin d'éviter qu'une économie se trouve à court
de financement.

Cette mise en garde intervient alors que la Fed vient, mercredi 29 janvier, d'annoncer une nouvelle réduction de ses injections mensuelles de liquidités sans faire la moindre référence aux
turbulences sur les marchés émergents.

http://www.challenges.fr/economie/20140131.CHA9938/le-fmi-veut-une-action-urgente-dans-les-emergents.html

Hadrien 31/01/2014 18:45

Pour d'autres précisions chiffrées, concernant le lien dépenses publiques/croissance au Royaume-Uni:

http://www.les-crises.fr/idee-recue-austerite-uk/

Hadrien 31/01/2014 18:26

S'agissant des USA, James K. Galbraith nous explique en quoi l’image d’Epinal habituelle sur le libéralisme américain est l’économie racontée aux enfants… qui ne savent pas encore compter:

« L’INCREVABLE NEW DEAL
Qu’est-ce qui explique la force de résistance du modèle économique américain?

La réponse est à chercher dans les institutions très robustes qui ont été créées il y a plus d’un demi-siècle par le « New Deal », et par les politiques d’inspiration semblables qui l’ont suivi.
Ces institutions sont toujours bien vivantes.
Ce sont les éléments d’un Etat-providence américain, mais vêtus à la mode du pays: déguisés en système de marché. Si la vérité avait été bien en vue, la théorie économique conservatrice se serait
effondrée depuis longtemps.
Aujourd’hui, aux Etats-Unis, nous avons notre propre version de ces institutions privilégiées, soutenues par les dépenses de l’Etat.

Le secteur militaire est l’une de ces institutions: c’est un secteur public traditionnel, qui puise directement dans le budget et la base fiscale de l’Etat. L’agriculture en est une autre: des
subventions massives vont à la petite fraction de la population active qui y travaille, pour des raisons liées au pouvoir politique qu’ont reçu les zones rurales quand elles sont devenus des états
fédérés.
Et il y en a plusieurs autres, toutes dans des secteurs qui fournissent des éléments de confort aux classes moyennes, essentiellement la santé, l’enseignement supérieur, le logement et les
retraites. Ce sont les secteurs qui ont été créés par le New Deal, le Fair Deal, la Nouvelle Frontière et la Grande Société, puis, dans les decennies suivantes, isolés plus ou moins délibérément
des rigueurs du budget comme de celles du marché.

Les dépenses publiques de santé directement inscrites au budget de l’Etat représentent 6,8% du PIB; en dollars, la dépense publique moyenne par habitant pour la santé aux Etats-Unis est supérieure
à la dépense totale moyenne par habitant en Grande-Bretagne.
Pour le reste de la population couverte, les soins médicaux sont payés par des compagnies d’assurance privées qui jouissent d’avantages fiscaux. Globalement, la part financée par l’impôt se situe
au-dessous de 60% des dépenses totales de santé, soit 9% du PIB. C’est à peu près le double du budjet militaire, même augmenté du coût de la guerre d’Irak.

Les dépenses américaines pour l’enseignement supérieur public sont du même ordre que les dépenses européennes TOTALES: 1,22% du PIB contre 1,14% en Allemagne et 1,13% en France. Et il faut y
ajouter la part privée (1,07% de PIB en plus) centrées sur des institutions dont les dotations de plusieurs milliards de dollars sont motivées au premier chef par le système fiscal.
Enfin, puisque les universités remplissent toute une gamme de fonctions publiques, elles jouissent de subventions directes de l’Etat.

Enfin, les versements de la Caisse de retraite publique, la Social Security, aux personnes agées et d’autres programmes de s »curité des revenus financent environ 8% du PIB américain (la Social
Secyrity en finance à elle seule 4 à 5%).

Essayons d’additionner tous ces éléments: la santé, l’enseignement supérieur, le logement et la Caisse de retraite publique. Ensemble, ils représentent près de 40% de la consommation totale de
biens et services aux Etats-Unis. Et nous n’avons pas encore compté la contribution directe des dépenses publiques, qui pèse 14% du PIB (2% pour les dépenses fédérales, 12% pour celles des Etats et
des autorités locales). Une importante fraction de ces ressources va à l’enseignement public primaire et secondaire.
Faisons le total [54%] et nous constatons que les Etats-Unis ne sont pas une économie de « marché libre » assortie d’un secteur d’Etat sous-développé ou limité. Il s’agit bel et bien d’un pays
post-industriel… où le secteur public assure nettement plus de la moitié de l’activité économique [tout comme en France et en Scandinavie, et plus qu'ailleurs en Europe]
Les Etats-Unis sont simplement un peu moins organisés et efficaces à certains égards, et infiniment plus prodigues à d’autres, qu’il n’est d’usage en Europe. Et particulièrement doués pour déguiser
ces interventions de l’Etat et pour faire participer des institutions parapubliques à l’action. »

[Extrait du livre "L'État prédateur"...]

(Lorsqu’on se retourne avec nostalgie, en Europe, vers les Trente Glorieuses, les libéraux ne cessent de clamer qu’il ne s’agissait que d’un rattrapage… rattrapage de quoi ? James K. Galbraith en
fait ici l’analyse… iconoclaste!)

Hadrien 31/01/2014 18:17

On ne peut qu'être étonné de voir subsister dans un billet aussi clairvoyant, ce "cliché" de la doxa néolibérale sur
"la sous-productivité qui, logiquement, caractérise tout système public: Absence du signaux envoyés par les prix, privilége des structures monopolistiques, faible mise en situation de
responsabilisation des acteurs, etc. De quoi
engendrer sur les marchés politiques des rentes solides."

Doit-on rappeler que c’est sur ces bases étatiques que les Trente Glorieuses ont pu, non seulement assurer le plein emploi, mais construire toute notre industrie novatrice grâce à de magnifiques
symbioses: le nucléaire avec le CEA et EDF, l’Aerospatial avec Ariane et l’Airbus, le ferroviaire (TGV, VAL) avec Alstom et la SNCF, les Telecoms nationalisées avec les recherches du CNET, etc.

Car c’est par la loi que le programme des Trente Glorieuses fut entamé par le CNR en 1945, et complété par les nationalisations de 1981 concernant les dernières sociétés stratégiques.

Et c’est malheureusement la révolution libérale-conservatrice de Reagan et Thatcher qui y a mis fin pour nous mettre dans les mauvais draps qu’on connaît:
Entre 1986 et 1988, Chirac cédait au privé 10 milliards de privatisations:
INDOSUEZ, PARIBAS, La SOCIETE GENERALE, SAINT-GOBAIN, la CGE et MATRA.
Edouard Balladur, à Matignon en 1993, fera de nouvelles privatisations:
BNP, UAP, ALCATEL, ALSTOM, RHÔNE-POULENC, ELF, La SEITA.
En 1995, le gouvernement Juppé cède à son tour 9,4 milliards d’actifs dont:
USINOR-SACILOR, RENAULT, La CG Maritime, PECHINEY, BULL.
La législature Jospin et le ministère des finances Strauss-Kahn feront beaucoup mieux avec plus de privatisations que Chirac, Balladur et Juppé réunis entre 1986 et 1996, liquidant totalement
l’héritage 1945 + 1981 pour 31 milliards d’euros de cession d’actifs:
Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud
de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE.

Non seulement ces privatisations ont entraîné le chômage pour plaire aux actionnaires, mais elles ont presque toutes été des fiasco techniques:
Ainsi, aujourd’hui, le nucléaire d’Areva est en voie de démantèlement par l’EDF privatisée de Proglio, la participation dans EADS a été bradé à l’Allemagne et l’Airbus A 380 est en retard sur
Boeing à cause d’incompatibilités du cablage allemand. Quant au TGV ainsi que nos VAL, ils ont été copiés par SIEMENS qui a vendu au chinois… qui en produisent maintenant les fac-simile !
Et ne parlons pas d’Alcatel dont le PDG Tchuruk ne valait même pas les 8,50 E de l’heure puisqu’il a détruit l’entreprise qui lui fut confiée par son copain Balladur, en voulant en faire le summum
pour l’actionnaire: une entreprise sans usines, dont la Recherche fut délocalisée en Chine ! Aujourd’hui liée à un autre canard boiteux (Lucent), ses 27 000 brevets sont détenus en dépôt de
garantie… par Goldman Sachs pour un minable emprunt de 2 milliards !

Noter que, parmi ces entreprises privatisées, les seuls profits annuels engrangés par celles du secteur financier relevé par l’État dépassent 30 milliards annuels, dont on s’est volontairement
amputés !
Maurice Allais a écrit notamment à ce sujet : « En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’État s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ
5,2 % du revenu national. »

En fait, nous avons vendu les bijoux de famille, privatisé les banques (et mis la BCE à leur service)… comme le disent les bonimenteurs ultra-libéraux:
« Laissez les employeurs ne payer que le travail de leur salarié, (et non pas tout le reste), et le problème de chômage est vite résolu, comme il l’est dans les pays qui font comme cela »…
Or non seulement nous avons le chômage mais nous sommes maintenant endettés comme jamais auparavant, quoique moins tout de même que « les pays qui ont fait comme cela » avant nous (USA et GB
notamment, comme indiqué plus haut)!

Jean Claude Werrebrouck 01/02/2014 09:48



Je suis d'accord mais il faut faire une distinction entre entreprises publiques qui baignent dans le marché tout en pouvant se fixer des objectifs de long terme et les administrations publiques
qui peuvent engendrer  des activités complètement hors -marchés et souvent phagocytées ou polluées par les marchés politiques. C'est par exemple le cas du médico-social qui certes a bien
raison de se battre pour ne pas sombrer dans le marché mais qui doit aussi affronter avec lucidité l'ensemble des rentes publiques et privées qu'il génére depuis longtemps. En clair, je
pense aussi qu'il ne faut pas donner d'armes supplémentaires aux idéologues de l'ultra-libéralisme.



Hadrien 31/01/2014 17:55

Le nouveau mot d'ordre « Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous! » est la rangaine obsessionnelle de tous ceux qui pensent devoir marcher sur les autres pour survivre… comme à l’age de
pierre.
Mais cette doxa a eu son temps et les peuples excédés le font déjà savoir.
Certains l’ont déjà senti venir:
Ainsi en va-t-il du dernier livre de F. Lenglet « LA FIN DE LA MONDIALISATION » qui a déjà été commenté.
On est éberlué en effet, par le « virage de cuti » du sieur Lenglet qui passait son temps à falsifier ses courbes à la télé pour nous convaincre d’imiter l’austérité allemande, au point que « Le
Monde Diplomatique » en avait fait un article de deux pages sur « la propagande à France 2″ !

Des vues radicalement opposées à si peu d’intervalle sont bel et bien là, à un point qu’on n’imaginait pas:
Comment celui que l’on a vu sur les plateaux télé dénoncer les pays du « club Med »… « pendant que les Allemands » … (relevé par Le Monde Diplomatique), a-t-il pu se fendre d’une analyse aussi
contraire dans son livre que:
« L’Allemagne ne peut aller durablement bien si ses partenaires et voisins ont une compétitivité détériorée et une demande en berne. »
» C’est tout le problème de la politique mercantile d’accumulation de l’Allemagne (et de la Chine): elle se met en péril elle-même, à cause des déséquilibres macroéconomiques qu’elle déclenche.
»
« Il y a là une contradiction profonde, qui conduira à la dislocation de l’union monétaire. La protection sélective aux frontières et la réglementation minimale de la finance est l’un des moyens
d’atténuer cette contradiction, en réanimant la demande intérieure. L’hubris empêche aujourd’hui les allemands de s’en apercevoir. Mais la persistance des difficultés économiques dans la zone euro
devrait leur ouvrir les yeux. »
En tous cas, un à qui elle a ouvert les yeux c’est bien Lenglet !

A se demander si sa position précédente était de l’aveuglement ou de la duplicité. Car l’analyse que nous livre son ouvrage est en tous points remarquable et certains passages sont un modèle de
synthèse:
« Un point d’inflexion intervient juste avant le tournant du siècle, qui provoque l’emballement du commerce, avec deux évènements: la montée en puissance de la Chine avec sa monnaie de combat, le
yuan sous-évalué, et la création de l’Union monétaire européenne autour de l’Allemagne. Dans les deux cas, on bloque un taux de change. Dans les deux cas, la fixité du taux de change stimule le
commerce et provoque l’accumulation d’excédents considérables. La Chine et l’Allemagne gonflent artificiellement leurs exportations, creusent les déséquilibres des balances extérieures de leurs
partenaires et dopent les statistiques du commerce international. »
Tout au plus est-il un peu rapide sur les lois Hartz et ses « sacrifices importants pour les salariés peu qualifiés », ainsi que les sacrifices équivalents de travailleurs chinois dont
l’urbanisation à marche forcée est largement confisquée au profit de « l’accumulation d’excédents ».
Mais les conclusions sont sans ambiguité:
« La mondialisation accroît tout d’abord les inégalités au sein des nations elles-mêmes, dans des proportions qui n’avaient pas été vues en Occident depuis l’avant-guerre. elle atrophie ensuite
l’espace politique national., paralysant les gouvernements. enfin, elle est l’une des causes des nombreuses crises financières qui se succèdent depuis une vingtaine d’années, dans les pays
émergents et en Europe. »

Hadrien 31/01/2014 17:01

En complet accord avec cette analyse de la mondialisation libérale qui désarme les pays socialement avancés au bénéfice des "passagers clandestins" de la politique de l'offre à tout prix:
- prix réels par maintien des bas salaires
- prix apparents par la guerre des monnaies
- coûts délocalisés à double sens (fuite extérieure d'"investisseurs", importation intérieure de main d'oeuvre)
- etc.

L’ennui, c’est qu’en procédant ainsi, on exporte prioritairement l’austérité… à la grande satisfaction des austériens.
Ce n’est plus:
- Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!
Mais:
- Prolétaires de tous pays, concurrencez-vous!

Tout le contraire de la Charte de La Havane, signée en 1948, et sabotée par les États-Unis qui n’y souscrirent pas:

La Conférence de La Havane avait tenté de traiter une question essentielle: l’articulation entre le commerce et l’emploi. C’est pourquoi elle s’intitulait «Conférence internationale sur le commerce
et l’emploi». A l’époque, tout le monde croyait au plein emploi. Aujourd’hui, cet objectif a non seulement été abandonné, mais le chômage est devenu la « variable d’ajustement » de l’économie.
La Charte prévoyait la création d’une Organisation internationale du commerce (OIC), totalement intégrée à l’ONU. C’est malheureusement le GATT qui s’est imposé et qui a donné naissance plus tard,
en 1995, à la tristement célèbre Organisation mondiale du commerce (OMC).
On ne trouvera jamais, d’ailleurs, dans la littérature de l’OMC, l’objectif du plein emploi comme raison du commerce international.
La Charte de La Havane propose une approche qui se situe aux antipodes des conceptions actuelles du commerce international. Pour elle ce commerce ne peut avoir qu’un seul objet : le développement
de chaque pays considéré individuellement, dans un cadre de relations internationales fondées sur la coopération et non sur la concurrence.
La Charte de La Havane ne sépare pas le commerce international et emploi.

L’ARTICLE 1 de la Charte de La Havane, qui en fixe l’objet, est particulièrement clair : « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux
de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. »
On croit rêver !

L’ARTICLE 2 précise que « les Etats membres reconnaissent qu’il n’est pas uniquement de leur intérêt national de prévenir le chômage et le sous-emploi [...] mais que la prévention du chômage et du
sous-emploi est également une condition nécessaire pour [...] le développement des échanges internationaux, et, par conséquent, pour assurer le bien-être de tous les autres pays. »
Ainsi « les Etats membres reconnaissent que, si la prévention du chômage et du sous-emploi dépend, au premier chef, de mesures intérieures, prises individuellement par chaque pays, ces mesures
devraient être complétées par une action concertée, entreprise sous les auspices du Conseil économique et social des Nations Unies et avec la collaboration des organisations intergouvernementales
qualifiées… »
A quand une réunion sur le plein emploi organisée par l’OMC ?

Ce qu’il y a de radicalement nouveau dans la Charte de La Havane par rapport à la situation actuelle, c’est la recherche de l’équilibre de la balance des paiements comme principe général:

L’ARTICLE 3 énonce que « les Etats membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements d’autres pays. » Autrement dit, la « priorité
aux exportations », qui est le mot d’ordre général de tous les pays, et de la France depuis l’alignement de 1982-1983 sur les politiques néolibérales, ne saurait être une politique acceptable pour
l’OIC.

C’est pourquoi l’ARTICLE 4 de la Charte de La Havane parlait du « rétablissement de l’équilibre interne de la balance des paiements » comme d’un objectif fondamental de l’OIC.

BA 31/01/2014 15:38

Pays émergents : cyclone financier à l'horizon.

Vendredi 31 janvier 2014 :

Emergents : l'incertitude politique vient aggraver la crise économique.

Les marchés émergents les plus touchés sont aussi ceux où la situation politique est fragile.

Les pressions sur les devises contraignent leurs banques centrales à remonter leurs taux et prendre ainsi le risque de freiner la croissance. Cela en retour menace la popularité de leurs dirigeants
et pèse sur leur avenir politique, comme dans le cas du turc Recep Tayyip Erdogan et de l'Ukrainien Viktor Ianoukovitch.

TURQUIE: Touché par un scandale politico-financier, le gouvernement du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et son parti AKP ont vu leur popularité chuter. Il affronte notamment la confrérie du
prédicateur musulman, Fethullah Gülen, et va devoir passer l'écueil des élections municipales à la fin mars où plusieurs villes importantes ou symboliques pourraient basculer dans le camp de
l'opposition, notamment Ankara et Istanbul. La Banque centrale vient de remonter fortement ses taux pour défendre la Livre turque malgré l'opposition du gouvernement qui craint que cela ne freine
la croissance économique et ne creuse les déficits. Les résultats des municipales vont conditionner la décision de M. Erdogan, à la tête du gouvernement depuis 2003, de se présenter ou pas pour la
présidentielle d'août 2014. Atteint par la limite des trois mandats, il devra quitter son poste de Premier ministre à l'issue des législatives de 2015.

UKRAINE: Le pays est la proie d'une forte contestation après la décision du gouvernement du président Viktor Ianoukovitch de renoncer à un accord de libre-échange avec l'Union européenne et de se
rapprocher économiquement de la Russie. Elu en 2010, il a maintenu sa majorité parlementaire aux législatives de 2012 mais l'opposition réclame maintenant des élections anticipées. Le Premier
ministre, Mykola Azarov, et son cabinet viennent de démissionner. Du fait de ces incertitudes, la demande pour les devises est actuellement deux fois plus forte qu'en temps normal. Si la plupart
des économistes estiment que la baisse actuelle de la monnaie locale, la hryvnia, pourrait contribuer à relancer l'économie, ils craignent aussi qu'une escalade des tensions dans le pays entraînent
une ruée de la population, ce qui rendrait incontrôlable l'effondrement de la devise nationale.

ARGENTINE: Victime d'une crise économique sans précédent en 2001 qui l'a obligé à faire défaut sur sa dette, le pays n'a toujours pas accès aux marchés financiers internationaux. La présidente,
Cristina Kirchner, au pouvoir depuis 2007 et réélue en 2011, ne peut en principe se représenter en 2015. Elle a confié la politique économique au ministre, Axel Kiciloff, contesté par les milieux
d'affaires et qui défend le principe d'une forte intervention de l'Etat dans la vie économique. Mais les réserves monétaires fondent à vue d'oeil et le pays est en proie à une forte inflation.

AFRIQUE DU SUD: Elu en 2009 pour cinq ans, le président Jacob Zuma s'appuie sur le parti historique ANC au pouvoir depuis 1994 dont la figure historique était Nelson Mandela. Mais Jacob Zuma, qui
se représentera lors de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu avant l'été, a été hué en décembre lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela. Il est la cible d'accusations de corruption
dans un pays où les inégalités sont encore très fortes malgré la fin de l'apartheid en 1991.

THAILANDE: Le pays est touché depuis trois mois par une nouvelle vague de contestation visant le gouvernement de la Première ministre, Yingluck Shinawatra. Des élections législatives doivent avoir
lieu ce dimanche mais le déroulement en est perturbé, notamment pour les procédures de vote par anticipation. Boycottées par l'opposition, ces élections devraient voir la victoire du parti Puea
Thai, au pouvoir, mais le pays a perdu entre 200 et 500 millions de bahts (entre 5 et 12,5 millions d'euros) par jour depuis le début de la crise il y a trois mois, selon la Chambre de Commerce de
Thaïlande.

INDE: L'économie du pays est atone mais la Banque centrale vient de décider de remonter ses taux pour défendre la roupie et lutter contre l'inflation, ce qui risque de freiner encore la croissance.
Le parti du Congrès au pouvoir est en position délicate avant les élections prévues cette année et le président, Manmohan Singh, a indiqué qu'il laisserait la place à Rahul Gandhi, un héritier de
la dynastie qui a dominé la vie politique indienne depuis l'indépendance, en cas de victoire. Mais le parti d'opposition Bharatiya Janata Party, formation hindoue nationaliste dirigée par Narendra
Modi, semble mieux placée pour l'emporter.

HONGRIE: Le forint, la devise de ce pays de l'Union européenne qui ne fait pas partie de la zone euro, a fortement baissé ces derniers jours alors que la Banque centrale s'est lancée depuis 2012
dans une politique de baisse des taux pour soutenir l'économie. L'OCDE vient de souligner que le potentiel économique du pays est bridé par un faible niveau d'investissement et par
l'interventionnisme du gouvernement conservateur du Premier ministre Viktor Orban. Des élections législatives vont avoir lieu le 6 avril. Le parti de Viktor Orban apparait comme le favori mais les
principaux partis de l'opposition ont décidé de former une liste électorale commune pour augmenter leurs chances.

RUSSIE: Le rouble a été attaqué sur les marchés et la Russie traverse une période de stagflation (faible croissance et inflation). La dégringolade de la monnaie nationale est toujours vue avec
inquiétude par la population, qui a vécu depuis la chute de l'URSS plusieurs dévaluations traumatisantes mais n'a pas affecté pour l'instant la popularité de Vladimir Poutine, très élevée. Cette
chute devrait aussi avoir un effet positif pour le budget, dont la majorité des revenus proviennent des exportations d'hydrocarbures vendus en devises. "Le côté négatif, c'est que la population va
immanquablement ressentir les effets de la hausse de l'inflation avec le temps",relève Nikolaï Petrov, de la Haute école d'Economie de Moscou.

http://www.romandie.com/news/n/FOCUSEmergents_L_incertitude_politique_vient_aggraver_la_crise_economique70310120141401.asp

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