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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:36

 

La victoire de SYRISA confirme bien que c’est plutôt le mode panique qui sera emprunté pour mettre fin à la monnaie unique. Nous avons souvent insisté sur l’impossibilité d’une négociation concertée en vue du démontage de la zone[1], laquelle déboucherait sur un embrasement généralisé des marchés financiers. D’où l’idée d’un démantèlement selon un « mode panique ». En proclamant que la Grèce resterait dans la zone malgré son exigence de renégociation, le nouveau gouvernement grec semble vouloir respecter l’impératif de ne pas appuyer sur le bouton atomique.

 Il en résulte que c’est bien le mode panique qui finalement devrait émerger.

Pour autant, avec les décisions de la BCE en date du 23 janvier dernier et la victoire de SYRISA le 25, le chemin de la dislocation en mode panique semble clairement se dessiner.

La BCE coupe la branche sur laquelle elle se trouve assise

Les décisions de la BCE ouvrent une brèche importante avec la réanimation des banques centrales nationales et le fait que les achats de dettes ne seront pas  mutualisés à hauteur de 80% du total.

De fait tout se passera comme si l’euro système était mis entre parenthèses, ce qui pose au demeurant de singuliers problèmes juridiques[2]. On sait en effet, depuis le 23 janvier, que les banques centrales nationales achèteront de la dette de différentes catégories, et vont ainsi émettre des euros qui viendront abonder les comptes des banques du second degré qui se trouvent au passif des bilans des dites banques centrales nationales. Un métier qu’elles exerçaient à l’époque des monnaies nationales.

Bien évidemment la communication de la BCE prend soin de souligner que l’achat des dettes nationales sera contrôlé par Francfort et que l’émission correspondante de monnaie, respectera la proportionnalité, qui se trouve dans la répartition entre Etats, du capital de la BCE. Concrètement puisque la Grèce ne possède que 2,9% du capital social de la BCE, elle ne bénéficiera que de 2,9% du QE lancé[3]. Il n’empêche que l’on met tout en place pour un authentique fractionnement, prélude à la disparition de la monnaie unique.

Car il suffira qu’une banque centrale nationale change de « maître »  pour que tout commence réellement à changer.

Que peut-il se passer si SYRISA reprend en douceur le contrôle de sa Banque Centrale ?

On peut en effet imaginer qu’un gouvernement, par exemple le gouvernement grec, décide que désormais le gouverneur de la banque centrale grecque, obéisse au ministre des finances et non plus au gouverneur de la BCE, pour que la zone euro s’enfonce dans des difficultés non maitrisables.

Que pourrait exiger le ministre en question ?

 Par exemple , de détourner complètement le QE de la BCE en exigeant que la Banque Centrale de Grèce garantisse des émissions primaires de dette publique, sous la forme d’un rachat immédiat sur le marché secondaire[4].

La règle européenne d’interdiction de se porter acquéreur sur le marché primaire est formellement maintenue, mais réellement contournée.

 De quoi résoudre le problème de la dette grecque sans passer par la sortie de l’euro.

 On peut même imaginer un rachat complet de la dette grecque, permettant le remboursement intégral au Fonds européen de la solidarité financière (EFSF), soit 141,9 milliards d’euros, l’ensemble de prêts bilatéraux, soit 52,9 milliards d’euros, ou les prêts du FMI, soit 32,9 milliards d’euros, voire les prêts de la BCE elle-même soit 25 milliards d’euro. De quoi aussi soulager les banques grecques qui pourraient bénéficier d’un QE national.

Bien évidemment la troïka pourrait protester, les comptes Target 2 pourraient être gelés, les déplacements de capitaux entre la Grèce et le reste du monde interdits, etc. Il n’empêche que la Grèce par cette audace respecterait intégralement ses engagements, les pays créanciers ayant le choix entre un tsunami financier, résultant d’une aggravation substantielle de leur propre dette, et la sécurité de ne rien avoir perdu sur le premier sauvetage de la Grèce en 2012.

Vers l’explosion

A partir de cette situation, il parait clairement que l’Allemagne, en raison des intérêts et croyances collectives, serait la première à quitter la zone, même si elle aussi serait formellement remboursée du total de ses créances sur la Grèce soit 41,3 milliards  au titre du EFSF et 15,2 milliards au titre des prêts bilatéraux. On pourrait imaginer qu’elle quitterait juste après avoir été remboursée dans les conditions que l’on vient d’énoncer.

Par effet d’imitation, on imagine  mal d’autres pays de la zone respecter les règles imposées par une BCE décrédibilisée et incapable de reprendre les rênes.

 C’est dire que l’orgie monétaire qui résulterait d’une telle situation entrainerait un effondrement du taux de change de l’euro. Un effondrement bien alimenté par toutes les banques centrales du monde, la banque centrale de Suisse n’ayant que pris un peu d’avance sur les autres.  Mais aussi un  euro qui, formellement, disparait en ayant remboursé tous les créanciers.

Oui, monsieur Monsieur le premier Ministre, restaurez la souveraineté de la Grèce tout en proclamant votre attachement à la zone euro : vous rendrez un immense service à une Europe qui sera débarrassée du poison qui la mine.  Une Europe qu’il faudra entièrement reconstruire, par exemple avec de véritables QE qui, au lieu d'alimenter les casinos des banques restées universelles, alimenteront des investissements publics massifs réalimentant et donnant confiance aux vrais entrepreneurs de l'économie réelle.

 

[2] Il est inexact  de dire que les banques centrales nationales vont supporter la dette. Juridiquement c’est l’euro système qui la porte.

[3] L’Allemagne en possède 25,6% et se trouve potentiellement grande bénéficiaire d’un QE dont elle n’a pas vraiment besoin.

[4] On pourrait évidemment se poser la question du marché primaire d’une telle émission de dette. Qui serait acheteur ? la réponse est simple : la réquisition des banques qui se verraient obligées d’acheter de la dette publique immédiatement remboursée par la banque centrale. Les banques devenant simples agents de la métamorphose du marché primaire en marché secondaire.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Zone Euro
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BA 30/01/2015 13:19

Juncker dit « non » à la Grèce et menace la France.

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », affirme notamment le président de la Commission européenne.

Intraitable. Dans un entretien au Figaro (29 janvier, édition abonnés), le président de la Commission européenne adresse une fin de non-recevoir au gouvernement grec conduit par Alexis Tsipras. Sur l’annulation de la dette, Jean-Claude Juncker oppose à la Grèce un « non » catégorique :
« Athènes a accepté deux plans d’ajustement (de redressement, NDLR), elle doit s’y sentir tenue. Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays européens ne l’accepteront pas. »
On a connu le président de la Commission plus conciliant quand, Premier ministre du Luxembourg, il autorisait des dizaines de multinationales à s’affranchir des législations fiscales des pays membres de l’UE.

Les élections ne changent rien, affirme en substance le président de la Commission européenne. Sans prendre beaucoup de gants :
« Dire qu’un monde nouveau a vu le jour après le scrutin de dimanche n’est pas vrai. Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe. Des arrangements sont possibles, mais ils n’altèreront pas fondamentalement ce qui est en place. »
Vous n’êtes pas certain d’avoir compris ? « Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités », ajoute encore Jean-Claude Juncker, qui lâche une phrase terrible, qui résume toutes les limites de la démocratie dans l’Union européenne :
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

La construction européenne est anti-sociale.
La construction européenne est anti-populaire.
La construction européenne est anti-démocratique.
Elle doit être détruite.

Hadrien 27/01/2015 18:58

MODESTE...? BEL ÉPILOGUE, EN TOUS CAS !
(D'après son étymologie, l'épilogue est le discours récapitulatif à la fin des tragédies grecques !)

Et pour nous, de quand tout cela date-t-il ?
Un document assez rare, rassemblé par André-Jacques Holbecq, nous le montre :
https://postjorion.wordpress.com/2013/05/13/272-dette-publique-1970-2012/

On y apprend que la dette publique française, qui était de 20% du PIB en 1970, diminuait et se trouvait à son point bas de moins de 13% en 1973 lorsque fut édictée la loi Giscard-Pompidou du 3 janvier 1973 qui bloqua les possibilités d'avances de la Banque de France au Trésor public, avant que le traité de Maastricht ne les interdise complètement.
L'État français, comme bien d'autres, était renvoyé vers les marchés pour nourrir les intérêts (c'est le cas de le dire) des banques privées et des rentiers, ce qui ne tarda pas à montrer ses conséquences...
Et c'est avec le gouvernement Barre, qui réussit le tour de force simultané de casser la croissance (de 5% à 2,4%), que l'endettement public repassa ainsi au-dessus de 20% à la fin du septennat Giscard (1981), pour ne plus s'arrêter d'augmenter !

Quelle est la seconde date marquante ?
À la veille de l'introduction de l'euro sous sa forme fiduciaire en janvier 2002, la dette publique n'était encore que de 57% en 2001, notre balance commerciale était excédentaire et notre croissance supérieure à celle de l’Allemagne.
Dès l’année qui suivit, notre balance extérieure devint pour la première fois globalement déficitaire…
– de peu en 2003, puis :
– de 5 milliards en 2004,
– de 24 en 2005,
– de 30 en 2006,
– de 42 en 2007,
– de 56 en 2008,
– de 70 environ actuellement…
Et le déficit jumeau de la dette augmenta de 11% entre 2001 et l'annonce de la crise en 2008.

Troisième inflexion, la crise financière elle-même dont les effets sur la dette publique sont édifiants :
de 68% en 2008 à
- 79% en 2009
- 82% en 2010
- 86% en 2011
- 90% en 2012
et l'on s'achemine vers les 100% !

On ne peut que conclure qu'une chose: un État ne doit jamais perdre sa SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE !

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