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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:08

 

Le N° 343 de Flasheconatixis est intéressant à plus d’un titre[1] : il donne des arguments relativement solides face à ce que ses auteurs pensent être le cout du démantèlement de la monnaie unique.

3 arguments sont ainsi analysés et mis en valeur : un mix d’actifs et dettes externes pesant jusqu’à 6 à 7 fois le PIB de certains pays, une segmentation des chaines de la valeur devenue peu recomposable, enfin un effet d’accumulation et de concentrations  sur des zones constituant planétairement des trous noirs industriels.

Le premier argument part de la constatation qu’une modification souveraine de parité serait aujourd’hui porteuse d’effets financiers autrement considérables qu’à l’époque des Etat-Nations.

S’agissant de la France l’addition des actifs et dettes externes des entreprises, des banques et de l’Etat ne représentait que 60% du PIB en 1990. Cette même addition représenterait en 2016 620% de PIB. C’est dire que dans ces conditions le simple effet mécanique d’une dévaluation de 20% développerait des conséquences gigantesques. Une répartition nouvelle des patrimoines des acteurs considérés représenterait un montant proche du PIB….

Certes, il y aurait en théorie, à l’échelle macroéconomique un large effet de compensation entre acteurs, mais à l’échelle microéconomique nous aurions- répudiation des dettes ou pas- un tsunami colossal.

Le second argument part de la constatation que la montée continue des importations européennes depuis l’ensemble des pays émergents (en pourcentage du PIB, multiplication selon les pays de la zone entre 3 et 5) a eu pour effet de supprimer les concurrents domestiques candidats à la greffe sur les chaines de la valeur. Clairement, une dévaluation ne serait d’aucun effet sur la composition des dites chaines. Dit autrement, l’élasticité/prix à l’importation serait proche de zéro pour l’ensemble des composants importés. Un indice d’une telle réalité serait selon Natixis la poursuite de la montée des importations en volume malgré la récente baisse du taux de change de l’euro.

La conclusion serait alors que toute dévaluation ne ferait que provoquer une hausse de prix des importations, avec ses effets en termes de baisse de revenus domestiques, donc de baisse de pouvoir d’achat, et au final de baisse de la demande intérieure.

Le troisième argument, argument qui ne fait que renforcer le second, repose sur la quasi-impossibilité d’obtenir des relocalisations industrielles. La mondialisation, avantages comparatifs obligent, a abouti à l’émergence de zones à très forte concentration industrielle : Asie du Sud Est, Mexique, etc. Les effets de taille ont ensuite permis un ravitaillement quasi planétaire avec une relative désindustrialisation du reste du monde et même de certains pays émergents. Ces mêmes effets de taille supposent aussi de très grands marchés homogénéisés par le libre- échange et la relative absence de risque de change. On verrait donc mal des relocalisations sur des marchés dont l’étroitesse résulterait aussi du rétablissement d’une souveraineté monétaire.

Au total la dévaluation n’entrainerait que des désavantages.

Il n’est pas douteux que le retour de la souveraineté monétaire sera un chemin difficile. La monétisation envisagée dans le blog[2] dans le cadre du respect de tous les contrats, est la solution la moins périlleuse, mais il est clair que le problème du retour vers davantage d’auto centrage des activités industrielles et agricoles consommera beaucoup de temps, le frein le plus important n’étant pas les capitaux en recherche de valorisation, mais la disponibilité d’une main d’œuvre compétente dans nombre de métiers disparus dans la mondialisation des chaines de la valeur.

Pour autant, les couts sans doute considérables d’un retour à la souveraineté doivent être comparés à ceux du maintien d’un système monétaire aux effets catastrophiques en termes économiques, sociaux et politiques[3]. Entre le rétablissement difficile d’un ordre et la marche vers la barbarie, il faudra choisir.

 

[1] http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=90392

[2] http://www.lacrisedesannees2010.com/2014/08/fin-de-l-euro-et-fin-de-la-privatisation-des-monnaies.html

[3] http://www.lacrisedesannees2010.com/2016/02/bien-comprendre-la-logique-devastatrice-de-l-euro.html

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Zone Euro
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BA 12/04/2016 10:57

Les banques italiennes ont dans leurs livres 360 milliards d'euros de créances irrécouvrables.

Vous avez bien lu : 360 milliards d'euros.

Les banques italiennes sont en faillite.

Alors les banques italiennes ont eu une idée géniale :

les banques italiennes, les assureurs italiens, les gérants de fonds vont verser un total de 5 milliards d'euros dans un fonds. La mission de ce fonds : recapitaliser les banques italiennes !

360 milliards d'euros de créances irrécouvrables d'un côté, 5 milliards d'euros de l'autre côté !

J'éclate de rire !

Comme dirait Christine Lagarde, le problème est réglé, la crise est finie !

(Rappel : dette publique de l'Italie : 2192,001 milliards d’euros, soit 134,6 % du PIB.)

Lundi 12 avril 2016 :

Italie : accord sur un fonds pour aider les banques.

http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021834295393-italie-accord-sur-un-fonds-pour-aider-les-banques-1213244.php

werrebrouck 10/04/2016 07:49

werrebrouck
Il n'y a pas de problème d'insolvabilité pour les banques centrales. Plus exactement il s'agit d'une invention découlant de l'utilisation abusive d'une comptabilité d'entreprises. La BCE n'est pas une entreprise et ne peut faire faillite puisqu'elle a la possibilité de créer exnihilo des liquidités. Si on utilise le langage comptable oui il y a profit et pertes, et oui les pertes viennent manger las capitaux propres...mais cela n'a guère de sens car une banque centrale n'a pas besoin de capitaux propres et les Etats n'ont jamais eu à les refinancer...sauf si on veut jouer à l'entreprise pour faire peur. N'oublions pas que ce sont les allemands qui évoquent en permanence le problème du bilan de la BCE, mais cela aux seules fins de discipliner l'Europe dans le sens de leurs intérêts...mais il est vrai de ,leurs croyances...ordolibérales.

BA 08/04/2016 08:21

Jean-Claude, tu as lu cet article ?

Tu en penses quoi ?

Citation :

Et si la BCE devenait insolvable ?

Oui cet article pose une vraie question et il est parfaitement vrai qu’aujourd’hui les actionnaires de la BCE sont les banques centrales nationales de chaque pays de la zone euro.

Logiquement, la BCE étant tenue de faire un bilan et de devoir équilibrer ce dernier, en cas de pertes, ce sont bien les États membres qui devraient venir recapitaliser la BCE. C’est d’ailleurs la même chose pour l’ensemble des mécanismes de sauvetages européens comme le MES et autres joyeusetés où des pays surendettés doivent emprunter encore plus pour tenter de sauver des pays carrément en faillite.

Mais tout cela c’est de la théorie et à l’épreuve des faits, il y aura deux solutions.

La première c’est l’effondrement systémique, et la deuxième c’est s’asseoir sur toutes les règles classiques pour ne pas vivre un effondrement. Cela relèvera in fine d’une décision politique et géopolitique entre pays européens.

Charles SANNAT

Dans un court article publié hier, ZeroHedge insistait sur un court passage d’un papier publié par la BCE qui, selon le média financier américain, explique brièvement le business model de toute banque centrale : « Les banques centrales sont protégées de l’insolvabilité de par leur capacité de créer de l’argent et donc d’opérer avec un passif. »

Si cette citation est tout à fait véridique, l’assertion selon laquelle « le fait premier marquant de ce rapport est la grosse asymétrie du cœur de l’analyse : comment peut-on parler de profits sans évoquer la possibilité des pertes ? » occulte la réalité.

Ce même papier de la BCE évoque bel et bien ce qui est prévu si une banque centrale, donc potentiellement la BCE, devait perdre de l’argent jusqu’à devenir insolvable. Et sans surprise, ce sont les contribuables européens, via leur gouvernement respectif, qui devraient passer à la caisse.

Page 13, la BCE mentionne clairement, via le point 2.1.2 Règles de couverture des pertes :

« Pendant la crise financière, tout un nombre de banques centrales ont augmenté la taille de leur bilan de façon considérable via l’introduction de politiques monétaires non standards. Ces nouveaux programmes, combinés à l’introduction de nouvelles règles moins contraignantes (…), augmentent le risque de pertes.

Des pertes, en particulier si elles devaient se prolonger durant plusieurs années, pourrait affecter la réputation d’une banque centrale et sa crédibilité tout en affaiblissant l’efficacité de ses politiques monétaires. Pour couvrir ses pertes, la banque peut les reporter dans l’attente de profits futurs suffisants pour les annuler. En cas d’échec, la banque centrale peut être recapitalisée par l’État, en théorie via des transferts de titres d’État négociables ; une situation peu acceptable politiquement parlant pour de nombreux états, un tel événement étant susceptibles d’arriver lorsque les gouvernements ont leurs propres difficultés économiques.
Résolution des pertes
Sur base des réponses au questionnaire, voici les modes de résolution possibles :
1. Utilisation de filets de sécurité spéciaux, par exemple de provisions spécifiques pour couvrir les pertes.
2. Utilisation des réserves lorsqu’elles sont disponibles.
3. Report des pertes, pour que le trou enregistré durant une année puisse être gommé par des profits futurs.
4. Droit sur profits futurs, une mesure similaire à la précédente à la différence que les pertes ne sont comptabilisées sur le bilan de la banque centrale.
5. Recapitalisation directe par le gouvernement ou les actionnaires, événement qui a lieu le plus souvent lorsque toutes les autres alternatives ont été épuisées. »

Alors oui, la BCE n’écrit pas noir sur blanc qu’elle devrait être recapitalisée par les gouvernements si elle devait être en état d’insolvabilité durant plusieurs exercices. Mais, en définitive, il n’y aurait pas d’autre solution. Et vu que ce papier a été rédigé sur base de formulaires envoyés par les banques centrales, rien ne dit que la BCE n’a pas elle-même remplit l’un d’eux…

http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/banques-centrales/et-si-la-bce-devenait-insolvable.html

BA 06/04/2016 18:52

A propos de Frédéric Oudéa, le patron de la banque Société Générale :

« Panama papers » : le patron de la Société générale peut-il être poursuivi pour faux témoignage ?

La Société générale est l’un des plus gros clients du cabinet panaméen Mossack Fonseca, dont les données internes ont donné naissance aux « Panama papers ». Or son patron, Frédéric Oudéa, affirmait en 2012, face aux sénateurs, que la banque française n’avait plus aucune activité dans le pays. S’expose-t-il à d’éventuelles poursuites pour faux témoignage, comme se le demande Jérôme Kerviel ?

Frédéric Oudéa, comme le reste des personnes auditionnées, a prêté serment avant d’être entendu par les sénateurs. Il n’existe pas, à proprement parler, de délit de parjure en France – c’est une notion de droit anglo-saxon.

En revanche, comme l’a rappelé le président de la commission d’enquête, Philippe Dominati, avant l’audition, les personnes entendues dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire jurent de dire « toute la vérité ».

Dans le cas contraire, elles s’exposent aux peines prévues par les articles 434-13 (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende) et 434-15 (trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende) du code pénal.

En échange de leur serment, les personnes auditionnées bénéficient d’une protection face aux éventuelles pressions et poursuites en diffamation via l’article 41 de la loi sur la presse. Ce dernier indique en effet que « ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage ni les propos tenus ou les écrits produits devant une commission d’enquête créée, en leur sein, par l’Assemblée nationale ou le Sénat, par la personne tenue d’y déposer ».

Le sénateur PCF veut saisir le bureau du Sénat.

Comme l’explique le site du Sénat, d’éventuelles poursuites judiciaires peuvent être exercées « à la requête du président de la commission » ou, quand le rapport de la commission d’enquête a été publié et qu’elle n’a plus d’existence, « à la requête du bureau du Sénat ».

C’est ce que va demander le sénateur PCF Eric Bocquet : « Je vais saisir le bureau du Sénat par rapport à cette problématique. Le PDG de la Société générale a déclaré en 2012 à la commission d’enquête que sa banque s’était retirée de Panama. Tout ce qu’on apprend depuis le début de la semaine est en contradiction avec ses déclarations sous serment », a-t-il annoncé à Public Sénat.

http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/06/panama-papers-le-patron-de-la-societe-generale-peut-il-etre-poursuivi-pour-faux-temoignage_4897190_4890278.html

BA 05/04/2016 13:08

Vendredi 12 décembre 2014 :

Frédéric Oudéa, patron de la banque Société Générale, nous le jure, la main sur le cœur :

« Nous ne sommes dans aucun soi-disant paradis fiscal. »

http://www.franceinter.fr/video-f-oudea-nous-ne-sommes-dans-aucun-soi-disant-paradis-fiscal

Les banquiers sont des menteurs.

Les banquiers nous prennent pour des cons.

Devant les caméras de télévision, les banquiers jurent, font des serments, font des promesses, alors qu'ils savent qu'ils mentent effrontément.

Les banquiers sont les plus grands menteurs de la planète.

BA 05/04/2016 11:31

« Panama papers » : comment des proches de Marine Le Pen ont exfiltré de l’argent de France.

L’enquête conduite par Le Monde en partenariat avec le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) a permis de mettre au jour un système de dissimulation d’avoirs financiers, organisé dans des centres offshore d’Asie et des Caraïbes par le premier cercle de fidèles de la présidente du Front national (FN), au premier rang desquels l’homme d’affaires Frédéric Chatillon et l’expert-comptable Nicolas Crochet.

http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/05/panama-papers-comment-des-proches-de-marine-le-pen-ont-exfiltre-de-l-argent-de-france_4895769_4890278.html

BA 30/03/2016 18:07

Un cauchemar.

En 2017, le second tour de l'élection présidentielle sera un cauchemar.

Mercredi 30 mars 2016 :

Présidentielle 2017 : François Hollande éliminé dès le premier tour quel que soit le candidat de droite.

Les intentions de vote de 1er tour pour l’élection présidentielle de 2017 sont toujours plus défavorables à François Hollande. Le chef de l'Etat poursuit sa chute dans les sondages (-4 points face à Juppé et Sarkozy au 1er tour en 2017) et serait donc éliminé quel que soit le candidat de la droite, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde diffusée ce mercredi.

14 % des voix pour Hollande si Juppé était face à lui.

Dans l'hypothèse d'une candidature d'Alain Juppé à la présidentielle, le chef de l'Etat ne recueillerait que 14% (- 4%) d'intentions de vote, contre 31% pour le maire de Bordeaux (stable), 26% (+1%) pour Marine Le Pen, 10% (+1,5%) pour Jean-Luc Mélenchon, et 8% (stable) pour François Bayrou.

En l'absence de candidature Bayrou, Alain Juppé est crédité de 36% et François Hollande de 15%.

16 % des voix pour Hollande si Sarkozy était face à lui.

Si Nicolas Sarkozy était le candidat de la droite, François Hollande recueillerait 16% (-4) des voix, contre 27% (+1) à Marine Le Pen, 21% (stable) à Nicolas Sarkozy, 13% (stable) à François Bayrou, et 11% (+1) à Jean-Luc Mélenchon.

Nicolas Dupont-Aignan est crédité de 5% à 6% d'intentions de vote, Cécile Duflot de 3%, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou de 1,5%.

Primaire à droite :

Pour la primaire à droite, Sarkozy perd 6 points, à 26% d'intentions de vote.

Avec 26% d'intentions de vote des personnes certaines de participer à la primaire à droite, Nicolas Sarkozy perd 6 points en deux mois sur Alain Juppé, toujours largement en tête malgré un léger recul, à 42% (-2).

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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
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  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
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