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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 07:16

Au seuil d’une année nouvelle il est inutile de rappeler les causes ultimes de la grande crise qui se déploie partout dans le monde : une mondialisation, sans projet ni sens, a développé de grands déséquilibres entre pays,  déséquilibres à la fois créés, gommés, et aggravés par la finance. Le fordisme des 30 Glorieuses a laissé la place à un modèle où une épargne et une  production excessives en un point du monde comble et creuse à la fois des revenus, et une production insuffisantes en d’autres points . Le compromis fordien laisse la place à ce que certains appellent le « modèle wall Street ». Avant, parait-il, de passer au « modèle Wall- Mart ». Et s’il est probablement abusif de parler de modèle au vu de l’inventaire de la réalité, il est bien sûr impensable de parler de « compromis Wall Street ».

C’est que le modèle ne peut fonctionner que sur la base d’un endettement sans cesse croissant et donc forcément limité. Le déclenchement de la crise exprime le dépassement du seuil de soutenabilité de la dette. En  2008 mais surtout en 2009, parce que l’endettement privé, est devenu insoutenable, notamment aux USA, la crise financière qui s’en est suivie a pu être contenue par la montée sur le front des Etats. La demande globale, partout dans le monde s’effritant voire s’effondrant, fût réanimée par des déficits budgétaires massifs (5000 milliards de dollars à l’échelle mondiale). Les perfusions les plus gigantesques furent entreprises aux USA et en Chine. Les entrepreneurs politiques de tous  pays n’avaient d’autre choix que cette aussi gigantesque fuite en avant. Et aussi fuite en avant intellectuelle, car quel sens donner à l’action d’entrepreneurs politiques- dits libéraux -obligeant  Keynes à plonger dans la tempête pour sauver Hayek ?

Au seuil de l’année 2010 il apparait que l’insoutenabilité de la dette privée est toujours présente, mais accompagnée par les menaces de l’insoutenabilité de la dette  des Trésors Publics. L’examen de la multitude d’indicateurs, et il est aisé de se les procurer, révèle que la demande globale n’est toujours pas capable d’équilibrer l’offre globale sans crédits supplémentaires …qui ne peuvent naître en situation d’endettement excessif.  D’où le maintien des perfusions même à échelle plus modeste. D’où le vote du 24/12/2009 du sénat US qui ajoute 90 milliards de dollars au plafond de la dette US, le comblement sans limite des pertes de Fannie Mae et Freddie Mac jusqu’en 2012 , la mise en activité d’unités de production industrielle sur dimensionnées en Chine, la construction frénétique de logements , de voitures qui ne peuvent être vendues sans subventionnements disproportionnés, etc.

Les entrepreneurs politiques - au-delà des discours, et interprétations ou avertissements des financiers, des banquiers, de la presse dite spécialisée, etc ,discours et interprétations qui tomberont progressivement dans le comique et le dérisoire-  seront obligés en 2010 d’aggraver les déficits et dettes publiques. Les prévisions de vente de dette souveraine,(plus de 2000 milliards de dollars pour le trésor US en 2010 et déjà 1945 milliards en 2009), minorées parfois pour ne pas effrayer les marchés comme celles de l’Agence France Trésor, ne sont pas en congruence avec les capacités de remboursement. D’où la question déjà évoquée de la répudiation de la dette. (cf « le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats »).

C’est ainsi que le mode de la répudiation de la dette sera la question centrale des années  2010 et 2011. Et pour comprendre ce qui pourrait advenir, il est fondamental d’effectuer un bref retour historique sur le fonctionnement des Etats.

Les Etats et la monnaie

Considérons comme acquis la fondation historique de ces derniers sur la violence. L’Etat repose historiquement sur la monopolisation de l’extériorité, qui caractérise tout groupe humain, par des acteurs soucieux d’utiliser le levier correspondant  à des fins privés. Les libertariens comme les marxistes diront plus tard qu’il s’agissait et qu’il s’agit toujours d’utiliser la contrainte publique à des fins privées. Seuls les paradigmes ultra-libéraux et marxistes sont relativement capables d’interpréter assez correctement les travaux des ethnologues et donner une vision assez convenable de la naissance de l’Etat. Il en va autrement des néo-classiques et des keynésiens, qui glissent ce dernier dans leur modèle, mais ne peuvent rendre compte des conditions de sa naissance, voire même ne cherchent pas à en rendre compte. Or la chose est capitale pour comprendre la finance, sa gestion et sa ou ses crises. Et parce que ces deux écoles ne disent mot de l’essence de l’Etat, ils ne peuvent énoncer une théorie monétaire très satisfaisante.

Lorsque l’Etat est né mais qu’il n’est pas encore Etat de droit, l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées concerne massivement l’accaparement de ressources privées à des fins privées, notamment guerrières. Concrètement il s’agit d’effectuer des prélèvements pour financer  des guerres toujours ruineuses. Des prélèvements qui seront des impôts, des pillages (même Napoléon dira que c’est la guerre qui doit nourrir la guerre, d’où la création administrative d’un « volet extraordinaire » de ressources budgétaires issues du pillage des territoires  conquis) des emprunts obligatoires ou non, de la dilution de métal précieux dans  les  monnaies métalliques, des papiers dépourvus de valeur ou dont on organise la dévalorisation. Il s’agit au fond de renoncer à l’échange volontaire de la théorie des marchés.

Les Etats dans leur version brutale , et les individus qui en tiennent les leviers ,  utilisent la violence prédatrice en s’invitant dans l’espace monétaire pour le faire fonctionner, au moins partiellement, comme machine prédatrice. Mais précisément apparait ici la contradiction fondamentale. Celle du loup dont l’intérêt est que les moutons soient gras : il faut autant que possible, surtout si l’avenir est le passage à l’Etat de droit, respecter les contrats qui existent dans la sphère privée tout en les violant.

Parce que Rome est apparemment moins habile qu’Athènes dans ce difficile exercice, le Denarius ne jouira pas du prestige de la Drachme, et il est vrai que les ruptures de contrat envisagées par Néron et surtout Septimus Severus, ruptures sous  forme de  dilution- politiquement décidée- de métal précieux, développeront déjà les premières apparitions de la loi de Gresham. Il s’agit déjà d’un problème de dette publique et de  tentative de sa répudiation.

En raison même de la nature du fait étatique, les ruptures de contrat, souvent violentes, et toujours très consciemment décidées par les détenteurs du pouvoir, resteront très nombreuses jusqu’au seuil de l’avènement de l’Etat de droit. Durant l’ensemble de cette très longue période, les Trésors fonctionnent à la fois comme Trésor et comme banque centrale, une banque centrale qui n’existe pas et qui naitra dans le premier Etat de droit, c'est-à-dire la Grande Bretagne avec la création en 1694 de la Banque d’Angleterre.

Jusque là on peut considérer qu’effectivement « battre monnaie est un attribut de la souveraineté », ce qu’il faut entendre- plus correctement- comme violence monétaire de groupes privés ( les détenteurs du pouvoir) à l’encontre d’autres groupes privés (les sujets). L’émission de ressources monétaires au profit des détenteurs du pouvoir passe par le seigneuriage, la dilution, plus tard l’émission d’assignats dont on organise la dévalorisation y compris par la voie légale.

Ce sont bien les Trésors publics qui produisent par violence les ressources tant attendues. Ainsi l’assignat créée le 19 décembre 1790 repose sur des biens confisqués ( les biens de Clergé). Il s’agit de papiers imprimés par l’administration que l’on « achète » à l’Etat contre de la monnaie classique qui viendra résorber le déficit public. Cet achat est obligatoire pour ceux des acteurs qui souhaitent acquérir des biens confisqués, lesquels ne se négocient qu’en assignats. Il s’agit donc au fond d’une sorte de modernes bons du trésor puisqu’émis par le trésor,  ce qu’on appelle aujourd’hui de la dette souveraine, sauf que l’Etat n’a pas à les rembourser , puisque le dit remboursement se fera sur la base d’actifs spoliés issus de la violence étatique. Et comme cette première forme de violence est insuffisante pour couvrir les charges publiques, il suffira de remettre en circulation des assignats ayant déjà apporté leur tribut aux détenteurs du pouvoir et aux groupes qui le soutiennent. Concrètement les assignats issus de la vente réelle de biens du clergé ne seront plus détruits ( on faisait semblant de respecter un contrat qui pourtant repose sur un sous-jacent mal acquis) et seront remis en circulation : on ne fait plus semblant et après avoir spolié le clergé on se met à spolier les acquéreurs d’assignats. Si maintenant la machine s’emballe et que nait une méfiance mimétique, alors il suffira aux détenteurs du pouvoir d’imposer l’assignat comme instrument  de circulation. Avec toute la violence nécessaire : le seul fait pour un commerçant de refuser l’assignat comme moyen de paiement est passible de la peine de mort (décret du 8 septembre 1794) . Aujourd’hui, les Etats Unis vont-ils couper la tête des chinois ?

C’est  la loi du 30 septembre 1797 qui organisera avec brutalité la dernière  répudiation active de la dette souveraine française. Après bien des gesticulations, dont l’affranchissement par l’Etat du paiement annuel des arrérages  ( ce qui fût désigné par le terme de « mobilisation de la dette ») et même la naissance acrobatique d’un premier marché secondaire de la dette, il est décidé que le capital sera aux deux/tiers  répudié. Ce que l’histoire appellera la « banqueroute des deux/tiers ».

Les Etats de Droit et la monnaie.

L’irruption de l’Etat de droit devait modifier largement les moyens d’action de ceux qui devaient devenir des entrepreneurs politiques sur des marchés démocratiques. C’est qu’en démocratie, les marchés politiques sont instables, ce qui signifie qu’en théorie tous les groupes constitutifs de la société peuvent être amenés à utiliser la contrainte publique à des fins privées. La démocratie permet, à tour de rôle, aux moutons de devenir  eux-mêmes des loups et inversement. Ce qui signifie par conséquent une main moins lourde de la part de ceux qui désirent utiliser la contrainte publique à leur avantage. La gestion de la dette publique devra donc être revue et corrigée : moins de violence affichée et recours caché aux forces du marché pour la répudiation.

Tout d’abord, l’expérience de la Grande Bretagne fera école : la présence d’une banque centrale ayant le monopole de l’émission monétaire diminue la prime de risque, et c’est la raison pour laquelle la dette souveraine britannique sera durablement moins couteuse. Les Trésors de la plupart des pays vont donc s’équiper d’une banque centrale qui, dans nombre de cas, va devenir la banque du Trésor. La Banque centrale sera ainsi amenée à gérer par voie conventionnelle avec le Trésor le compte de ce dernier. Evidemment des opérations de crédit peuvent être envisagées : avances simples, crédits à plus long terme, mais tout simplement achats de bons du trésor, ce qu’on va en France appeler « planchers de bons du trésor » jusqu’aux débuts des années 1970, et qui signifiait l’obligation de la, part de la banque centrale, mais aussi des autres banques, d’acheter un minimum de bons du trésor. Minimum évidemment politiquement décidé. Les facilités correspondantes peuvent aussi être acquises sur le système bancaire et tous les agents économiques. Il s’agira encore de bons, par exemple ceux de la défense nationale ou d’emprunts, volontaires le plus souvent, obligatoires parfois. En période difficile, guerre, changement de régimes et donc d’entrepreneurs politiques, l’émission de dette souveraine se fait sur des bases moins indolores : cours forcé des billets en 1914, avances illimitées de l’institut d’émission, emprunts obligatoires sur la base de taux organisateurs de la spoliation (Vichy) etc.  Mais le 19ième et surtout le 20ième siècle sont doux et la dette souveraine ne dépasse que fort rarement le seuil de l’insoutenabilité. L’Etat de droit respecte mieux les contrats que son ancêtre. Surtout les entrepreneurs politiques et leurs mandants peuvent se cacher derrière des processus inflationnistes, qui annulent la dette souveraine, sans passer par la violence de sa répudiation officielle. Surtout enfin, ces mêmes entrepreneurs bénéficient d’une croissance encore jamais rencontrée dans l’histoire de l’humanité. La dette est ainsi mangée par les deux bouts : inflation d’une part, croissance d’autre part. Keynes le voulait, les Etats l’ont fait : les groupes rentiers disparaissent  sans le recours à la violence de l’Etat dans sa version brutale. C’est, en idées, le temps de la sociale démocratie et, en théorie, celui du Fordisme triomphant, le fameux compromis fordien. Compromis large, avec utilisation massive de la contrainte publique au profits de classes moyennes de plus en plus nombreuses faisant émerger un Etat providence redistribuant souvent massivement des prélèvements à l’intérieur même de ces classes moyennes, mais laissant le groupe des rentiers en voie de marginalisation.

Mais l’histoire ne s’arrête pas, et des groupes, en quête d’un élargissement de marchés devenus trop provinciaux, vont au nom de l’universalisme des droits, au nom de la liberté , et donc  au nom de la liberté d’échanger ,  exiger des entrepreneurs politiques, l’affaissement des nations et le triomphe du marché. C’est aussi le triomphe de la finance, puisqu’il faudra bien au nom du respect des contrats couvrir les risques d’un marché mondialisé : taux de change, taux d’intérêts, marché des futures risques fournisseurs et risques pays, etc. Sans Finance, et donc sans les entrepreneurs politiques chargés de la promouvoir, pas de réelle mondialisation.Il est  essentiel que les entrepreneurs politiques  abandonnent  leurs outils traditionnels dans le champ de la finance et de la monnaie. Il faut donc  interdire – avec radicalité-leurs activités prédatrices traditionnelles, fussent- elles devenues plus douces.

La perte du pouvoir monétaire.

Cela s’appellera indépendance des banques centrales et lutte contre l’inflation. Mais auparavant, la loi du 3 Janvier 1973, en France, viendra déjà quasiment interdire toute possibilité d’abondement du compte du trésor à la banque centrale. Comme si une entreprise solide et réputée, ou un particulier aisé se voyait refuser un crédit par son banquier traditionnel.  Changement de statut inouï : Le loup qui avait intérêt à ce que les  moutons soient gras et à cet effet avait construit cette belle bergerie qu’est l’Etat Providence, devient subitement mouton. Quelques années plus tard, en 1993, les nouveaux statuts de la Banque de France, en conformité avec ce qui va devenir le système européen de banques centrales, confirmeront une interdiction radicale. Interdiction qui se reportera évidemment sur la Banque centrale européenne. Le loup est devenu le mouton.

Les Trésors n’ont ainsi plus accès au pouvoir monétaire qui, de tous temps, menaçait  les rentiers. Le champ monétaire ainsi dégagé devait autoriser un nouveau développement de ce groupe en voie de disparition dans le compromis Fordien. En même temps le pouvoir monétaire est transféré à la finance. Et les groupes correspondants ont beaucoup œuvré pour orienter les choix des entrepreneurs politiques. Depuis les accords de la Jamaïque du 8 Janvier 1976, qui vont ouvrir l’immense marché de la régulation des changes flottants, au détriment de la souveraineté des Etats, jusqu’aux G20, et la nouvelle régulation financière qui n’en finit pas d’accoucher, le fil conducteur est le même depuis 35 ans. Et il est difficile pour les participants de ces grandes conférences de nier que l’enjeu en est à chaque fois – au-delà des apparences techniciennes  -l’utilisation de la, ou des contraintes publiques à des fins privées.

En 2010 le transfert de la montagne de dette sur les Trésors, repose la question éternelle de la répudiation par un acteur qui reste d’essence prédatrice, qui était depuis la nuit des temps pourvu d’une formidable mâchoire,  mais que la mondialisation a édenté.

Toutefois les entrepreneurs politique n’ont pas disparu et  continuent à travailler pour les groupes qu’ils représentent tout en travaillant pour eux-mêmes. Ce qui va les amener à retourner leurs armes et trouver alliances avec les groupes victimes de la grande crise.

C’est qu’en 2010, une masse croissante d’individus va constater que la crise n’est pas finie, et qu’elle s’est simplement enrichie de victimes nouvelles : Les Etats. Déjà aux USA un mouvement se constitue pour s’inquiéter de l’énormité de la dette souveraine. Des Etats à l’intérieur de la confédération sont au bord de la cessation de paiement. Il en est de même en Europe. Surtout il n’est pas impossible que l’on apprenne dans le grand public ce que tout banquier sait parfaitement : le grand prédateur devenu trop gentil, est lui-même pillé par les banques  qu’il vient de sauver. En achetant des bons du Trésor on se constitue un actif construit sur une matière première à coût d’acquisition presque nul  ( cf  « Taxer les bonus ou l’art de l’immobilisme ») Comme si les maçons construisaient des murs, sans devoir payer les brique et le ciment. C’est que la création monétaire est aujourd’hui en d’autres mains. Il  sera – malgré le technicisme des discours et l’opacité des bilans- de moins en moins  difficile en 2010 de faire comprendre aux victimes déboussolées de la crise, qu’ils paient 2 fois : une fois comme victime de la crise économique, une autre fois comme contribuable devant payer « la valeur ajoutée des banques ».

Quel scénario de déploiement de la crise pour la période à venir ?

La difficile répudiation douce de la dette.

En premier lieu, les banques centrales continueront à injecter massivement des fonds à coût approximativement nul au profit du système bancaire. Les choses peuvent durer longtemps, car le crédit ne peut redémarrer alors que la cause (intermédiaire  et non pas ultime) de la crise est un excès d’endettement. On ne guérit pas un drogué en lui demandant d’accroitre sa consommation de stupéfiants.Ne dit-on pas que le rythme des prêts à l’économie ne cesse de baisser, en particulier aux USA avec une chute de 11% en octobre dernier, dont 18% pour le seul Citigroup ?

Et les choses vont durer, car les banques commencent à subir les « effets de second tour » qui se manifestent par une augmentation des défauts partout dans le monde, y compris en Chine. La base monétaire continuera donc son ascension. Mais toujours sans risque inflationniste immédiat. Nous ne sommes pas dans un monde connaissant une pénurie de marchandises associées à un pouvoir d’achat non négligeable. Durant la première guerre mondiale il y eut augmentation gigantesque de la base monétaire distribuée, d’abord par la banque centrale, ensuite par le Trésor. Il y avait donc un pouvoir d’achat, en face duquel les marchandises échangeables se contractaient puisque, pour raisons militaires, une bonne partie du PIB n’était pas constitué de marchandises échangeables. La situation était donc directement inflationniste. Nous sommes presque dans une situation inversée : l’augmentation considérable de la masse monétaire n’est pas pouvoir d’achat, et les marchandises échangeables ne font pas défaut. Simplement la surliquidité bancaire actuelle continuera à développer des bulles d’actifs toujours dangereuses. Aussi bien en Occident qu’en Asie.

Au-delà, la situation restera donc de tendance déflationniste sur l’ensemble de l’année 2010.

Il n’est pas sûr que la surliquidité permettrait  de supporter une éventuelle nouvelle crise financière dans la crise économique. Ne dit-on pas en cette fin d’années qu’il y aurait 21millions de ménages américains endettés pour un montant supérieur à la valeur de logement ? La BCE ne vient t-elle pas d’annoncer, pour 2010, 187 milliards d’euros de dépréciations nouvelles d’actifs financiers ? Mais cette crise potentielle serait autrement gérée : les Etats épuisés ne pourront plus sauver le système bancaire ,et l’essentiel de l’effort éventuel sera reporté sur les seules banques centrales. Cela pouvait être le choix de septembre- octobre 2008. Et si tel ne fût pas le cas, c’est en raison du malthusianisme aujourd’hui disparu des banques centrales. Probablement aussi  en raison de 35 années de réglementation financière ayant eu pour effet,  d’éloigner les Etats du grand banquet de la finance. Choix extraordinairement coûteux qui ne pourra, le cas échéant, être reproduit en 2010. L’apparition d’une nouvelle crise financière à l’intérieur de la crise économique, serait probablement favorable à l’accélération d’un processus de rapprochement entre Banques centrales et Trésor comme ci-dessous imaginé.

Les voies souterraines du desserrement de l’Etau monétaire et financier.

En second lieu, l’année 2010 verra probablement augmenter le stock de dette souveraine mondiale qui  dépassera en fin d’année très largement le cap des 50 000 milliards de dollars (49500 en fin 2009) . Le risque d’un krach obligataire sera multiplié en raison des maillons faibles qui déjà subissent un spread de taux important (prés de 3% entre le taux allemand et le taux grec en fin 2009). La grande question qui émergera, est celle du rapprochement des banques centrales avec les Trésors : est-il possible pour les entrepreneurs politiques de casser le développement de la rente financière et d’en revenir à une situation où prévalait l’euthanasie des rentiers ? La question se posera régulièrement en 2010 avec  l’élargissement du cercle de ceux qui réaliseront, qu’au nom du désarmement financier des Etats, (indépendance des banques centrales) un puissant marché secondaire de la dette souveraine s’est créée au grand avantage des banques, et au grand désavantage des Etats. Le nombre de ceux qui partout dans le monde, exigeront la fin des rentiers ira croissant et les entrepreneurs politiques seront progressivement  amenés à  réexaminer,  et leurs convictions, et leurs bases électorales. Et c’est bien ce que l’on constate depuis l’automne 2009 dans les débats qui agitent le congrès américain : volonté d’en découdre avec  la FED et ses opacités, menaces de démantèlement des méga banques contre la toute puissante et très écoutée « American Bankers Association » etc.

Il sera très difficile en 2010- sauf peut-être emballement de la crise-de revenir sur 35 années de législation nationale et internationale qui ont consacré la victoire de la finance et de la rente. L’idée étant pourtant, de revenir à une situation où les Trésors seront capables de répudier la dette, comme ils le faisaient si bien, avant la naissance des Etats de droit. Nous retrouvons ici toute l’ambiguïté des Etats  garants du respect des contrats qu’ils cherchent pourtant à violer. Dans ce contexte, le scénario de l’implosion de l’Euro serait un boulevard pour précipiter un rapprochement musclé des banques centrales et des Etats, les premières ne devenant que les gestionnaires obéissants des Trésors, comme au « bon vieux temps ». Un tel scénario vaudrait évanouissement de la dette souveraine au profit de nouvelles aventures. Crise dans la crise (point 1) et prise de conscience du siphonage des Trésors (point 2) seraient une conjonction  éminemment favorable au réarmement des Etats et la répudiation de la dette. La réalité 2010 sera une situation intermédiaire entre cette conjonction et ses effets considérables, et le maintien du statut quo, donc celui du maintien de la présente fuite en avant.

On peut pourtant imaginer un exemple de situation intermédiaire annonciatrice de répudiation de la dette par rapprochement des Banques centrales et des trésors en 2010. Les agences des Trésors chargées de la commercialisation de la dette souveraine (AFT pour le Trésor français) peuvent progressivement renoncer,  aux adjudications compétitives (respect du marché) et imposer des taux proches de zéro (violence réglementaire). Situation qui nous rapprocherait de l’époque où l’Etat, disposant d’une solide mâchoire, pouvait s’affranchir du « paiement annuel des arrérages ». Bien sûr il ne saurait s’agir d’inviter la banque centrale dans le club très fermé des banques SVT ( spécialistes en valeurs du Trésor) ce qui est encore, bien sûr, juridiquement interdit aujourd’hui. Mais si le Trésor est édenté, on peut lui adjoindre des prothèses, le club des SVT étant fermement invité, à faire des propositions d’achat à des prix  très proches du coût d’accès à la matière première, par la banque centrale , qui précisément fournit cette matière première à taux proche de zéro. Voilà qui ressemble au contrôle des marges dans la grande Distribution. Cela suppose une certaine autorité sur les banques centrales. Et si bien sûr les banques étrangères quittent le club pour d’autres lieux plus rémunérateurs, il n’y a pas à craindre d’assèchement de la liquidité, les robinets des banques centrales restant ouverts pour les banques nationales. En clair si HSBC quitte le club rattaché à l’AFT, il est toujours possible d’élargir la part de marché de BNP PARIBAS qui elle aussi fait partie des SVT françaises. Il serait même possible d’envisager la composition d’un club des « Etats nouvellement prothèsés », faisant face aux clubs des SVT, et bien décidés à mettre fin à la «  fausse valeur ajoutée » des banques qui développent encore aujourd’hui l’insoutenabilité des dettes souveraines. Il n’est donc pas impossible de voir apparaitre en 2010 ce club des « Etats prothèsés », club sans doute plus porteur  que le G20.

Le schéma proposé ci dessus n’est qu’une piste possible, parmi les  dispositifs qui se mettront progressivement en place en 2010 sous la conduite d’entrepreneurs politiques qui – poussés par les victimes de la rente financière-ne pourront plus très longtemps se contenter de la fuite en avant.

Vers la guerre monétaire ?

En troisième lieu, les inéluctables tentatives de rapprochement  des Trésors et des banques centrales seront en 2010 porteuses de troubles monétaires internationaux de grande ampleur, et ce  dans un contexte déjà fort complexe. Les contraintes du Trésor américain et déjà les modalités du financement de sa dette, continuent de peser sur le cours du dollar. C’est que d’une certaine façon, ce dernier est émis dans les mêmes conditions que les assignats. Avec toutefois une différence : les assignats étaient en principe gagés sur une richesse réelle , comme les premières coupures fiduciaires l’étaient sur l’or, ce qui n’est pas le cas du dollar de l’époque du « Quantitative Easing ».

Cette baisse est porteuse de deux effets vis-à-vis de la nouvelle seconde économie mondiale (La Chine). En premier lieu les chinois continueront en 2010 à protester pour l’obligation qui leur sera faite de maintenir des réserves en monnaie fondante. A l’inverse des citoyens français de 1794 ils ne sont pas réellement obligés d’accepter des assignats et tenteront de diversifier leurs placements. En termes plus crus, ils partageront le poids de la monnaie fondante avec d’autres acteurs intéressés par les investissements chinois sur leur territoire : Afrique, Amérique Latine, etc. Autre façon d’échapper à ce qu’ils croient être des assignats : le lancement en 2010, en Asie, de la plus grande zone de libre échange du monde , avec création  en mars 2010 d’un fonds d’urgence de devises, et la tentative de populariser  le Yuan comme monnaie internationale. Opération difficile ne se déployant que dans la durée. En 2010 le Yuan restera une monnaie inconvertible, mais, si la Chine ne connait pas de catastrophe, l’ avenir du yuan comme monnaie de réserve, n’est pas impossible.

En retour, les USA seront de moins en moins disposés à voir leur demande globale siphonnée par une monnaie de combat. Même si le déséquilibre commercial des USA est divisé par deux en 2009, il représentera encore 4% de PIB. Accroché au dollar le yuan fluctue au rythme de la devise américaine, ce qui signifie qu’en cas de baisse du dollar, toutes les autres monnaies sont victimes d’un yuan trop faible. En particulier l’euro qui voit le yuan se déprécier de 17% depuis mars 2009 et le Yen qui le voit se déprécier de 11% pour la même période. Cela signifie que tous les pays dont la monnaie n’est pas rattachée au dollar, peuvent en théorie adopter le point de vue des USA. Le risque d’entrer dans une guerre des monnaies est donc relativement important. Déjà des propos équivalents à ceux tenus dans les années 30 à propos des dévaluations massives de l’époque, refont surface : « La Chine exporte son chômage », « il faut compenser l’agressivité monétaire chinoise par des taxations douanières » etc. Déjà très consciente de ce risque la Chine en 2009, a dans la précipitation, décidé de se diriger vers l’auto centrage par le biais de son gigantesque plan de relance  économique. D’où un premier résultat : la chute de la contribution négative des échanges extérieurs à la croissance a pu être compensée par 12% de PIB de la demande intérieure. Résultat spectaculaire.

Insuffisant, diront les Occidentaux et nombre d’autres Etats qui vont exiger en 2010, de façon de plus en plus pressante, une réévaluation du yuan. Sans se rendre compte que la chine, est aussi dans une fuite en avant tout aussi dangereuse. Société aujourd’hui tout aussi inondée par l’économicité que le monde occidental, son Etat, à peine de graves déconvenues, se doit de produire 24 millions d’emplois chaque année. La relance fût classiquement keynésienne avec surtout des investissements pharaoniques d’infrastructures et la naissance de surcapacités industrielles par obligation, de la part de ses dirigeants  d’accepter des crédits bancaires massifs, décidés par un Etat qui lui, n’est pas encore Etat de droit et dispose d’une belle dentition. Mais qui est aussi dans une fuite en avant dangereuse et inquiétante. La base monétaire s’étant accrue de 30% en 2009, les bulles en formation sont nombreuses, notamment dans l’immobilier. La croissance chinoise peut-elle s’effondrer en 2010 en raison même de cette fuite en avant ? Il est impossible de répondre à une telle question. Le risque étant toutefois, que la volonté de maintenir un Yuan sous évalué pour des raisons de politique interne, entraine un réarmement douanier ailleurs dans le monde, accélérant le processus de dé mondialisation déjà bien avancé.

Les 3 points sus-évoqués (difficile répudiation douce de la dette souveraine par une inflation qui restera absente  en 2010 ; tentatives de répudiation par reprise plus ou moins souterraine du pouvoir monétaire, et donc desserrement de l’étau monétaire ; conséquences de la tentative de reprise du pouvoir monétaire sur les taux de change et la situation internationale) constituent la colonne vertébrale du déploiement de la crise au cours de l’année 2010. Son centre de gravité étant le réarmement des Etats face à l’endettement public.

La prise de distance toujours croissante entre les Trésors et les banques centrales a autorisé la mondialisation, et les déséquilibres que cette dernière a elle-même engendrée, par rupture de la cohérence Fordienne. En 2010, le rapprochement pour cause de la répudiation de la dette, de ce qui était séparé, marquera la confirmation du  processus de dé mondialisation.

A partir de ces lignes de force essentielles pourront se comprendre les phénomènes qui vont accompagner la trajectoire de la crise: puissance de la croissance, ou hélas ,plus probablement de la dépression, importance du chômage, niveau d’agitation des marchés politiques , niveau d’agitation des instances médiatiques chargées de l’interprétation du déroulé des  évènements,  rapports de forces autour des tables de négociation internationales, etc...


Bonne Année 2010 à toutes et à tous.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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commentaires

kolclink 03/01/2010


Bonjour,

Comme je le dis depuis un petit moment, pour ce qui concerne la Chine et donc sa monnaie, vouloir entrer de plein pied dans le concert mondial et ne pas accepter les régles liées au rang que l'on
doit y tenir n'est pas durable.. d'une maniére ou d'une autre.
Le commerce ne se fait pas au détriment d'autrui ou pas durablement, là c'est le cas.

La théorie économique basique nous enseigne que la force d'une monnaie provient en théorie de la puissance économique de la zone où elle est frappée/émise.... la Chine tente de nous démontrer le
contraire.

Il faut 4 monnaies de réserve et d'échange, l'USD, le Yuan, l'Euro et le Yen, point barre.


Sophie 04/01/2010


Bravo, je n'en attendais pas moins de vous.Voici qui me remonte le moral pour commencer l'année
Tous mes vœux vous accompagnent pour 2010.

Mais, plutôt que vouloir répudier la dette, ne suffirait-il (sous réserve évidemment que cet ignoble article 104 - 123 maintenant - puisse être purement et simplement enlevé des Traités)qu'à chaque
échéance de remboursement de dette arrivant à maturité, la Banque Centrale rachète ces titres au lieu de devoir réémettre de nouveaux titres?

En quelques années (7 ans?) la dette "au privé" (pour laquelle nous payons de substantiels intérêts), serait devenue "dette à nous même", sans intérêts: ce serait déjà 150 millions par jour
utilisables pour autre chose que d'engraisser les rentiers.


Sophie 04/01/2010


Je rajoute:

Il est tout à fait intéressant de lire les justifications de VGE concernant la loi du 4 janvier 1973 ... et les commentaires qui ont suivi:
http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=DebatVGE


Sophie 04/01/2010


J'essaye de faire le lien .. [http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=DebatVGE]


BA 06/01/2010


Mercredi 6 janvier 2010 :

Une info très importante :

Banque Centrale Européenne : l'Union européenne n'aidera pas la Grèce.

L'Union Européenne ne fournira aucune aide financière à la Grèce, a déclaré Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne, soulignant que le pays n'a pas maîtrisé ses comptes
publics ni travaillé en vue d'améliorer sa compétitivité ces dernières années.

"Quiconque pense qu'en définitive, les membres de l'Union européenne délieront leur bourse pour sauver la Grèce, en sera pour ses frais", a-t-il affirmé dans un entretien accordé au quotidien
italien Il Sole 24 Ore.

http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/bce-l-union-europeenne-n-aidera-pas-la-grece-stark-194020.php


BA 07/01/2010


Troublante liquidation des stock-options chez les grands patrons français.

Un article de la dernière livraison de l’hebdomadaire "Le Canard enchaîné" relève une situation pour le moins troublante.

En pleine euphorie boursière, alors que l’année se termine sur une hausse de 22 % du CAC 40 et qu’une nouvelle progression de 10 à 15 % est prévue par une majorité des analystes en 2010, la plupart
des grands patrons se sont empressé de lever leurs stock-options afin de les revendre.

Plusieurs fonds d’investissement, qui ont observé ces mouvements, ont fait de même. Ces manœuvres pourraient bien indiquer que nous sommes à l’aube d’un nouveau crash boursier.

Il s’agit en effet d’un indicateur qui vaut bien les avis d’experts et les plus savantes analyses économiques.

Les patrons des société cotées en bourse sont obligés de déclarer à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et aux instances dirigeantes de leurs sociétés les achats ou ventes d’actions auxquelles
ils ont procédé.

- Ainsi, Jean René Fourtou, administrateur de Sanofi-Adventis, et par ailleurs président de Vivendi a, le 11 décembre dernier, acheté 234 782 actions auxquelles lui donnent le droit ses
stock-options, et il les a revendues dans la même journée avec un faible bénéfice.

- Le président du groupe Danone (et patron le mieux payé de France selon le palmarès du magazine « Challenge ») lève 329 310 stock-options le 14 décembre, qu’il revend lui aussi le même jour.

- Les dirigeants de la banque BNP semblaient pressés eux-aussi. Michel Pébéreau, président de la banque, lève 79 000 stock-options le 15 décembre. Il s’empresse d’en revendre 62 000 cinq jours plus
tard.

Son bras droit, Baudoin Prot, revend 80 % de ses 47 300 stock-options quatre jours après les avoir touchées.

- Chez Thales, un membre du comité exécutif a revendu, dans la journée, les 10 500 titres qu’il venait d’acquérir.

- Chez Christian Dior (groupe Arnault-LVMH), le directeur général et un administrateur ont, eux aussi, cédé plus de 80 % des actions achetées quelques jours plus tôt.

- Idem chez Bouygues, où deux administrateurs ont liquidé illico 90 % de leurs options.

- Ou encore chez Total, dont un membre du « comité exécutif » s’est défait, en cinq jours, de la totalité des 40 000 actions qu’il venait de se voir attribuer.

Tout cela dans un ensemble inquiétant, durant la deuxième quinzaine de décembre.

Est-ce que cette précipitation est annonciatrice de l’imminence d’un nouveau crash boursier ?

Il n’est vraiment pas impossible que les analystes optimistes qui, comme l’indique le Canard « sont aussi bien payés quand ils se trompent », soient dans l’erreur.

http://www.mecanopolis.org/?p=12309


BA 07/01/2010


Mercredi 7 janvier 2010, sur le site LE FIGARO.FR :

Tout est en place pour une nouvelle catastrophe économique mondiale, a estimé aujourd’hui Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international.

Aux Etats-Unis, “nous avons désormais un système financier qui repose entièrement” sur la croyance que l’Etat lui sauvera indéfiniment la mise, comme il l’a fait en septembre 2008 et dans les mois
qui ont suivi, a-t-il déclaré sur la télévision CNBC.

“Toutes les grosses banques qui sont encore là pensent qu’elles sont à l’abri d’une future faillite parce que c’est ce qui s’est passé l’année dernière, et c’est ce que leur ont vendu” le
secrétaire au Trésor américain Tim Geithner et Larry Summers, conseiller économique du président américain Barack Obama, a ajouté l’économiste.

“Une idée reçue veut que deux crises financière majeures ne peuvent pas se suivre de près, mais je pense que nous allons avoir la preuve du contraire”, a-t-il prédit.

Pour lui, “les douze mois à venir pourraient être vraiment passionnants, les gens pourraient être très positifs pendant que nous nous préparons à une catastrophe énorme”.

Selon lui, les banques n’ont tiré aucune leçon de la crise.

Si l’on prend “les six plus grosses banques aux Etats-Unis, le total de leurs actifs représente plus de 60 % du PIB américain.

Elles ont grossi pendant la crise, dit-il, “et tous les gros sont là, prêts à prendre des risques, comme vous ou moi si nous nous sentions parfaitement protégés”.

Vu la faiblesse des taux aux Etats-Unis, il y a déjà beaucoup d’opérations spéculatives sur écart de rendement consistant à emprunter de l’argent en Amérique pour l’investir dans les pays
émergents, qui sont la “nouvelle frontière” pour les investissements comme pour la crise, a ajouté Simon Johnson, qui enseigne aujourd’hui au MIT, à Boston (Nord-Est).

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/07/01011-20100107FILWWW00720-usa-un-economiste-predit-une-2e-crise.php


BA 11/01/2010


- Lundi 11 janvier 2010 :

Austrian conservative Finance Minister and Vice Chancellor Josef Pröll wants to nationalize Austria's central bankl completely.

http://www.benzinga.com/82342/austrian-vice-chancellor-wants-to-nationalize-central-bank-completely

Traduction :

En Autriche, le ministre des Finances et vice-chancelier Josef Pröll (Parti Conservateur) veut nationaliser complètement la Banque Centrale autrichienne.

Pour le moment, l'Etat ne possède que 70 % de la Banque Centrale. Dans les semaines qui viennent, l'Etat possédera 100 % de la Banque Centrale.

Hypothèse : si l'Autriche nationalise la Banque Centrale à 100 %, cela signifie que le pouvoir politique autrichien veut reprendre le contrôle total du secteur financier autrichien. Pourquoi ?

Parce que les banques autrichiennes ont tellement d'actifs pourris dans leur bilan que le risque est systémique.

Concernant le secteur financier autrichien, le risque d’effondrement est systémique.

- Dimanche 10 janvier 2010 :

Hypo Real Estate Holding AG prévoit de transférer prochainement des actifs toxiques d'un montant de 180 milliards à 200 milliards d'euros dans une structure de défaisance, ou bad bank, rapportait
Der Spiegel dimanche.

http://www.easybourse.com/bourse/actualite/presse-hypo-re-compte-transferer-eur200mds-dans-une-bad-782105

La banque allemande Hypo Real Estate a 200 milliards d'euros d'actifs pourris.

Bon, d'accord.

- Et les banques françaises ?

Combien de dizaines de milliards d'euros d'actifs pourris les banques françaises ont-elles ?

Prenons par exemple la Société Générale.

La Société Générale a 35 milliards d'euros d'actifs pourris, sans compter les produits dérivés ! ! !

Lisez cet article :

Ces actifs illiquides, c’est-à-dire pour lesquels il n’existe pas de marché, sont d’une valeur comptable de 35 milliards d’euros, hors produits dérivés.

http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?&ID_NEWS=130981848

Et en comptant les produits dérivés, ça fait combien de dizaines de milliards d'euros d'actifs pourris dans le bilan de la Société Générale ?

Et la banque BNP Paribas ?

BNP Paribas : deux dirigeants cèdent des titres.

Michel Pébereau, le président du conseil d'administration de BNP Paribas, a déclaré à l'AMF avoir cédé, le 15 décembre dernier, pour près de 3,4 millions d'euros d'actions du groupe bancaire, soit
62.000 titres au prix unitaire de 54,6 euros.

Idem pour Baudouin Prot, le directeur général, qui déclare de son côté s'être allégé pour plus de deux millions d'euros d'actions du groupe bancaire français, soit 37.000 titres au prix de 54,6
euros chacun.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?num=713d98183302a0b8cd9f62c26327a36f


BA 12/01/2010


Mardi 12 janvier 2010 :

N'attendons pas le deuxième round de la crise financière.

Si Nicolas Sarkozy et d’autres dirigeants du G8 se gargarisent encore d’avoir moralisé le capitalisme et évité la chute du système, ils risquent encore d’avoir quelques sueurs froides.

Selon les dernières statistiques financières, les banques s’adonnent avec entrain aux mêmes spéculations qu’avant le premier round de la crise financière. A commencer par les produits dérivés, ces
titres totalement virtuels permettant de parier sur les tendances futures avec des effets de leviers énormes. Les secteurs les plus prisés par les « investisseurs » ? Les matières premières et les
monnaies.

Les chiffres publiés par l’agence fédérale américaine qui supervise les banques, l’"Office of the Comptroller of Currency", sont sans appel : les banques américaines ont joué sur 204 000 milliards
de dollars de produits dérivés au troisième trimestre de 2009. C’est 14 fois le PIB américain, et surtout 34 % de plus qu’avant la crise de l’été 2007.

Evidemment, les « too big to fail » de Wall Street (JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America, Citibank et Wells Fargo), dont la position dominante a été renforcée par les plans de renflouement
Bush-Obama, représentent 97 % de ces volumes ! Preuve qu’ils sont encore plus gros qu’avant leur faillite.

Si certains se défendent que ces valeurs ne sont que des montants nominaux, jetons un œil sur l’exposition officielle de ces banques (ce qu’elles avouent comme « risque » dans leurs bilans) : 484
milliards de dollars au 3e trimestre 2009, contre seulement 199 milliards en juin 2007 !

+ 150 % d’exposition au risque pour un montant 5 fois supérieur à leurs capitaux propres.

Au niveau mondial, selon la Banque des règlements internationaux (BRI), en juin dernier, l’activité sur les dérivés dépassait les 600 000 milliards (10 fois le PIB mondial), 17 % de plus qu’en juin
2007, mais encore inférieur au plus haut de 2008.

C’est pour cela que la BRI a réuni ce week-end à Bâle les principaux banquiers centraux et privés, afin de discuter des « excès de risque », ou en d’autres termes : « Comment éviter un effondrement
inévitable. »

Même le Financial Times, porte-voix de la City de Londres, s’alarme de cette nouvelle folie spéculative semblable à celle qui avait mené le système à la faillite. Dans sa tribune du 7 janvier, John
Authers écrit :

« On a rarement vu les marchés revenir aussi promptement sur les lieux du crime (…) Pétrole et métaux, monnaies des pays exportateurs de matières premières et marchés émergents (…) les
investisseurs se ruent là où les bulles explosaient il y a encore un an. Le pétrole, qui avait perdu plus de 100 dollars par baril, est revenu à un plus haut post-crise de 82,5 dollars (…) les
monnaies sujettes au « carry trade » suivent la remontée de ces prix (…) le Chicago Board Options Exchange Vix Index, qui mesure la volatilité ou les ‘craintes’ sur la bourse américaine, est à son
plus bas depuis la crise (…) le retour de l’optimisme en Occident a conduit les investisseurs à faire exactement les mêmes paris qu’avant la crise. »

En France, les banques sont en si bonne santé que la Société Générale, après avoir déprécié ses actifs de 12,5 milliards d’euros, vient d’annoncer la création d’une structure de « cantonnement »
(comprendre fosse à purin) pour y déverser 38 milliards d’euros d’actifs toxiques.

N’attendons pas le 2e round de la crise financière, qui se soldera par un KO, pour mettre le système en banqueroute organisée et établir un système de crédit à taux de change fixes entre les
monnaies souveraines de chaque nation. C’est une question de survie immédiate, car cette fois-ci, il n’y aura plus d’argent pour les banques et les Etats aussi feront faillite.

http://weinstein-forcastinvest.net/n%E2%80%99attendons-pas-le-2e-round-de-la-crise-financiere/


BA 14/01/2010


La Jamaïque en défaut de paiement (Standard & Poor's).

L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a abaissé jeudi 14 janvier les notes de dette de la Jamaïque à des niveaux correspondant à un défaut de paiement, après une offre de
restructuration faite par le pays à ses créanciers.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/14/01011-20100114FILWWW00802-la-jamaique-en-defaut-de-paiement-sp.php

Dette : les Etats plus risqués que les entreprises.

Hier courtisés par les marchés pour sauver des pans entiers de l'économie, les Etats sont aujourd'hui décriés par les investisseurs à cause de l'explosion de leur dette. A en croire le marché, le
risque de défaut sur la dette des Etats européens est devenu supérieur à celui des grandes entreprises.

En début de semaine, et selon les indices Markit, les investisseurs devaient payer 63.000 dollars pour assurer l'achat de 10 millions de dollars de titres de dette d'une entreprise avec une
échéance 5 ans. A comparer avec les 71.500 dollars à débourser pour un investissement de même somme en obligations d'Etat, rapporte le Financial Times. Normalement, l'inverse prévaut. La crise a
tout changé.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/01/14/04016-20100114ARTFIG00733-dette-les-etats-plus-risques-que-les-entreprises-.php


BA 17/01/2010


Les dettes publiques pourraient provoquer une nouvelle crise.

Les dettes publiques colossales, aggravées par les généreux plans de sauvetage anti-crise, pourraient être à l'origine de la prochaine crise économique si elles n'étaient pas rapidement assainies,
avertit le Forum économique mondial dans un rapport publié jeudi 14 janvier.

"Bien que leur intervention se soit avérée vitale, les gouvernements doivent désormais faire en sorte de ne pas devenir la principale cause de la prochaine crise", explique le rapport annuel du
Forum sur les risques globaux de 2010.

Mettant particulièrement en cause les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui accusent des déficits budgétaires gigantesques, le Forum estime qu'il est grand temps pour les gouvernements de mettre un
terme aux mesures extraordinaires prises l'année dernière face à la crise.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/14/les-dettes-publiques-pourraient-provoquer-une-nouvelle-crise_1291907_3234.html


ARNAUD 17/01/2010


Cher Jean-Claude,
Votre article est un régal d'intelligence et de culture historique, non partisane ajouterai-je.
Vous évoquez aujourd'hui les moyens de rembourser une dette, en passe de capter par ses seuls intérets le budget de l'état.
Et vous soulignez, a juste titre, la spoliation qui ne manque jamais d'avoir lieu lorsque la réalité des remboursements vient frapper a la porte. A ce titre les lois spoliatrices de la révolution
francaise et l'hyperinflation qui l'a accompagnée sont un exemple a mediter. Le coup de Roosevelt fait aux détenteurs d'or en 1933 est lui aussi un modèle du genre.
Cela étant, la ou je me permets de ne pas être d'accord avec vous, c'est lorsque je vous vois passer beaucoup de temps sur la filouterie des banques dont les tours de passe-passe aggravent cet
endettement.
Alors voila, à mon avis, et bien que vous ayez raison quant à la susdite filouterie, les états sont plutot prisonniers d'une autre folie, la même que celle du coiffeur americain gagnant 2000 $/mois
et s'achetant une maison a 500.000 $, a savoir L'INCAPACITE ABSOLUE A EQUILIBRER DEPENSES ET RECETTES.
Ce que chacun d'entre nous, et ce, quelque soient ses opinions politiques ou philosophiques, pratique chaque jour avec son budget familial, a savoir ne pas dépenser plus que ce que l'on gagne,
voire même à épargner, les états obèses et corrompus, aux mains d'une classe politique parasitaire et incompétente ne peuvent s'y résoudre.
Et crise ou pas crise, tant que cet état de fait perdurera, il n'y a aucun espoir.
Alors, bien sur, la crise vient tout chambouler, puisque l'absence de croissance et d'inflation d'un coté et la chute des recettes fiscales de l'autre, interdisent aux états de rembourser en
monnaie de singe. Et comme la dette est une fonction exponentielle, on connait déja la fin de l'histoire...
L'autre point sur lequel , décidément, je ne suis pas d'accord avec vous, c'est cette solution de débasement de la monnaie par QE qui serait LA solution, simple et presque indolore.
C'est oublier un peu vite que 50% de l'actif des assureurs vie est composé de dette francaise, que les banques centrales en sont bourrées, que les sociétés en ont pas mal, et que les sicav
monétaires en ont aussi 50%.
Alors, je crois, et je me trompe peut etre, que la seule solution pour éviter l'exemple de l'Argentine, de la France de 1793, ou de la République de Weimar, consiste à tout simplement faire des
économies et tailler dans les dépenses.
Et entre nous, il ya du travail, travail ingrat et difficile dans des circonstances normales (allez dire aux sénateurs que leur nombre sera divisé par trois ou aux ptits gars de la SNCF que la
subvention de l'état s'arrète et que leur budget devra peu ou prou s'équilibrer...)et qui peut vite vous faire pendre a un lampadaire; mais le mur de la dette qui s'annonce est tel qu'apres le
n'importe quoi, nous aurons un gouvernement de crise et que celui-ci à l'instar du Napoléon d'après chaos, peut prendre des décisions impossibles en temps normal.
Au final, la seule chose a espérer est que cette crise, inéluctable, ne nous mêne, ni a la guerre, ni a une privation de nos libertés.
Merci encore pour vos commentaires, et surtout continuez à nous éclairer.


Sophie 18/01/2010


Arnaud, vous écrivez " Alors, je crois, et je me trompe peut être, que la seule solution pour éviter l'exemple de l'Argentine, de la France de 1793, ou de la République de Weimar, consiste à tout
simplement faire des économies et tailler dans les dépenses."

Je ne pense pas: il suffit simplement d'autoriser la BCE ou la BDF à monétiser les obligations d'Etat(s).

Néanmoins il y a du bon sens dans ce que vous écrivez, mais moi je l'écrirais plutôt ainsi " Alors, je crois, et je me trompe peut être, que la seule solution consiste à tout simplement faire des
économies hormis les investissements et réduire très progressivement les dépenses de fonctionnement - car les salaires des fonctionnaires font aussi leurs dépenses qui irriguent l'économie - qui
doivent être couvertes par les recettes en temps normal".


BA 20/01/2010


Des nouvelles de la bulle bancaire chinoise.

Plus précisément : des nouvelles de la montgolfière chinoise, qui continue à gonfler de plus en plus vite.

Lisez cet article :

Chine : un autre responsable de la commission de régulation bancaire a déclaré à Reuters que la vive hausse du crédit lors des deux premières semaines de janvier entraînerait probablement un
changement de politique.

L'instance de régulation pourrait recourir à davantage de mesures administratives pour infléchir la croissance du crédit, les mesures prises par la banque centrale n'ayant pas été suffisamment
efficaces jusqu'ici, a-t-il ajouté.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=cf5593408be84de240a25adf7d3893ad

Pourquoi les dirigeants chinois vont-ils être contraints de faire " un changement de politique " ?

Réponse : parce que les dirigeants chinois ne parviennent pas à contrôler la bulle des crédits bancaires, qui continue à grossir.

En 2009, les banques chinoises ont accordé un montant record de 9.600 milliards de yuans de prêts (989 milliards d'euros).

En 2010, rien que pour les deux premières semaines de janvier, les banques chinoises auraient accordé 1.100 milliards de yuans de prêts (114 milliards d'euros).

Vous avez bien lu : seulement pour les deux premières semaines de janvier, les banques chinoises auraient accordé 1.100 milliards de yuans de prêts (114 milliards d'euros).

A comparer avec les 9.600 milliards de yuans de prêts (989 milliards d'euros) accordés POUR TOUTE L'ANNEE 2009.

Conclusion : la bulle bancaire chinoise s'est emballée. La montgolfière chinoise gonfle de plus en plus vite. Rien, ni personne ne peut plus la contrôler.

" Plop ! "


BA 22/01/2010


Jeudi 21 janvier 2010 :

La banque hypothécaire allemande Hypo Real Estate (HRE), nationalisée l’an dernier, a annoncé jeudi son intention de créer une structure de défaisance pour évacuer 210 milliards d’euros d’actifs
dégradés, soit environ la moitié de sa somme de bilan.

HRE devient la deuxième banque allemande à faire appel à une « bad bank » après l’établissement régional WestLB en décembre, qui prévoit lui de se débarrasser de 85 milliards d’euros d’actifs.

http://www.news-banques.com/hypo-real-estate-va-parquer-la-moitie-de-ses-actifs-dans-une-bad-bank/012113619/

La banque allemande Hypo Real Estate annonce qu'elle a 210 milliards d'euros d'actifs pourris. Ce sont de soi-disant "actifs", mais leur valeur réelle est égale à zéro.

Une autre banque allemande, WestLB, annonce qu'elle a 85 milliards d'euros d'actifs pourris.

Et les banques françaises ?

Combien de dizaines de milliards d'euros d'actifs pourris les banques françaises ont-elles ?

Jusqu'à quand les banques françaises vont-elles continuer à mentir sur leur soi-disant " bonne santé " ?


BA 26/01/2010


France : consommation de produits manufacturés : + 1 % en 2009.

Cette hausse de la consommation s'explique par la prime à la casse. L'Etat a distribué une prime à la casse de 1 000 euros pour l'achat d'une voiture neuve.

Lisez cet article :

Tous les économistes s'attendent en effet à un "contrecoup", une fois dissipés les effets d'aubaine de la prime à la casse. Celle-ci est tombée de 1.000 euros en 2009 à 700 euros début 2010, puis
devrait descendre à 500 euros au 1er juillet.
Sans la hausse des achats d'automobiles en 2009, "les dépenses de consommation en produits manufacturés auraient baissé de 0,3 %", a calculé Mathilde Lemoine, économiste chez HSBC.
Son arrêt progressif et la fin des mesures de relance du gouvernement lui font désormais prévoir "une baisse des dépenses des ménages au premier semestre 2010".

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=839bace37ca849ce7ca500ea000762c2

Autrement dit :

- en France, les ménages sont fauchés : ils ne peuvent plus consommer par eux-mêmes ;

- l'Etat a donc aidé les ménages : l'Etat a distribué aux ménages des dizaines de milliards d'euros pour qu'ils puissent consommer (crédits d'impôt pour l'achat de logements écologiques, prime à la
casse, prime de rentrée scolaire, prime de Noël, prime à la cuve, etc.)

- conséquence : le déficit budgétaire a explosé ; l'Etat s'est surendetté à la place des ménages ;

- ce cercle vicieux est très dangereux : c'est l'Etat qui soutient la consommation à bout de bras. Quand l'Etat arrêtera de distribuer toutes ces aides et toutes ces primes, la consommation
s'effondrera.

- Conclusion : dans les pays occidentaux, le libéralisme économique est mort. Les dirigeants politiques, même quand ils sont libéraux, sont contraints de faire intervenir l'Etat par dizaines de
milliards pour empêcher l'effondrement de l'économie.

C'est l'Etat qui tient l'économie à bout de bras.

Nous en sommes là.


Kathleen Morand 22/02/2010


Vivement la mort de la dette!
Il ets o>ù le contrat qui me lie avec les Etats, les banques et autres grands argentiers qui me maintiennent en esclavage, m'obligent à m'ereintre pour payer des factures, des impôtes, des
fgrais qui ne font qu'eugmenter et pour lesquels je ne suis en rien responsable ?
Nulle part!
Alors je cesse d'être un mouton et j'arrête de payer.
Je ne suis contre l'argent en tant qu'"intermédiaire" qui puisse différer ou conserver un échange.
Par contre, je refuse que cet argent serve à quantifier ou valoriser les biens et/ou les services.
Il serait tellement plus simple de se baser sur la satisafction des 2 parties pour conlcure l'échange.
Prenons exemple sur nos enfants qui échangent, dans les cours des écoles, des choses de valeurs très différentes d'un point vue monétaire. Se sentent-ils frustrés, lésés, trompés pour ça ?
Non.
Et le sont-ils concretement ?
Je ne pense pas.
Mais la plupart des gens, ceux qui confondent leur valeur intrinsèque avec le nombrede zéros qu'ils ont sur leur compte en banque, vont non seulement probablement le penser, mais PIRE: le faire
remarquer à ces gamins... et qu'est-ce que ça va engendrer ? Le conflit, l'envie, la jalousie, bref que du bonheur...
Moi je dis: vive l'Amour, le bon sens, le respect, la mesure, la raison et le partage.
A bon entendeur...je pratique le troc!

;-)


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