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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 23:00

couverture du livre

 

 Le livre est en vente dans toutes les librairies

 

 

La présente crise de l'entreprise politique UMP en France est une occasion de bien cerner le fonctionnement des marchés politiques.

Les entreprises politiques sont des organisations  en concurrence pour l’accès à ce monopole qu’est l’Etat. Animées par des intérêts privés : le goût du pouvoir, la recherche d'avantages matériels ou symboliques, elles utilisent la puissance idéologique d'un "intérêt général",  et transforment en métier, l’édiction de l’universel de la société, à savoir la production du cadre juridique général.

 Ces organisations sont peuplées d'acteurs validant une certaine division du travail dans l'exercice de leurs fonctions: militants, élus ou éligibles, dirigeants. Si les militants peuvent être assimilés à des actionnaires  soucieux de bénéficier idéologiquement ou matériellement de l'activité des entreprises politiques, les élus ou éligibles peuvent difficilement être comparés aux salariés ou aux entrepreneurs du monde économique. A titre d'exemple un député de démocratie parlementaire n'est pas salarié de l'entreprise politique à laquelle il est rattaché. De fait, il est bien plutôt un entrepreneur politique individuel qui a signé un contrat de franchise avec son parti de rattachement. Situation qui peut, à la limite et selon certaines configurations, être assimilée à de la servitude volontaire.

Pour un entrepreneur politique individuel, il semble en effet évident que les coûts et "barrières à l'entrée" des marchés politiques sont hors de portée. Comme le sont par exemple les barrières à l'entrée du marché mondial de l'aviation civile pour un ingénieur aéronautique décidé à concurrencer directement BOEING ou EADS. le passage par l'adoubement d'un parti, pouvant devenir passage en situation de servitude volontaire, est ainsi une démarche quasi obligatoire pour gagner un mandat sur les marchés politiques.  

   Le contrat de franchise est  réellement asymétrique puisqu'il oppose une offre oligopolistique (les entreprises politiques sont souvent peu nombreuses ou cartellisées) à une demande atomistique (les candidats à l'entrepreneuriat politique sont nombreux). C'est du reste le dirigeant - lui même plus ou moins élu- ou son entourage immédiat, qui distribue les contrats. Les entreprises politiques sont ainsi des organisations qui abritent des entrepreneurs politiques, lesquels sont aussi en concurrence pour l'accés à la distribution ou renouvellement des contrats. On comprend ainsi que les fonctions dirigeantes sont à la fois globales et singulières: elles font de son bénéficiaire un entrepreneur politique individuel, mais aussi un sélectionneur des autres entrepreneurs politiques qu'il franchise, contre redevance, prélevée sur la rémunération publique de l'entrepreneur politique individuel, ayant gagné sur les marchés son accés aux outils de la puissance publique.

   Dans le cadre général de la franchise, franchiseurs et franchisés s'adonnent à un travail   classique d’utilisation de la puissance publique à des fins privées. L’objectif privé est la conquête ou la reconduction au pouvoir, utilité pour laquelle il faut supporter et reporter un ensemble de coûts : programmes politiques se transformant en textes porteurs de réglementations, se transformant eux-mêmes en impôts/dépenses publiques , ou se transformant en redistribution des niveaux de satisfaction des divers agents relevant du monopole étatique. Dans le cadre de cette dernière activité,  ils se heurtent à d'autres organisations du monde économique ou de la société civile, lesquelles se rassemblent souvent en lobbies. De ceci se dégage- notamment en démocratie- un compromis assurant la conquête ou la reconduction au pouvoir.  

 La démocratie ne change pas fondamentalement les données du problème et - de fait -  la puissance publique ne peut-être que ce qu’elle a toujours été : un monopole. Il y a simplement concurrence à partir d’un "appel d’offres" appellé "élection" : quels entrepreneurs auront la charge de la promulgation des textes qui - sous couvert du corpus idéologique "intérêt général"- s’imposent à tous, et sont donc bien œuvre d’une entité monopolistique à savoir l’Etat ? 

A ce stade , les idéalistes, en quête de perfection, se poseront la question de savoir si cet univers de fonctionement des marchés politiques - notamment en démocratie-peut être amendé.

Un probable moyen de limiter l’utilisation de la puissance publique à des fins privées serait l’interdiction de la professionnalisation de la fonction politique. Un interdit passant par un texte, on voit mal pourquoi les entrepreneurs politiques et les entreprises qui les franchisent adopteraient une stratégie allant contre leur intérêt de reconduction, sans limite, au pouvoir. En démocratie représentative, la professionnalisation de la fonction politique est ainsi devenue un fait quasi hégémonique, et ce,  dans l'immense majorité des pays.

Avec une nouveauté, qu’il convient de souligner par rapport à la forme antérieure de l’aventure étatique : les entrepreneurs politiques de l’âge démocratique, cessent de masquer l’accaparement de la puissance publique à des fins privées par la figure du divin, ou celle du héros souvent tyrannique, et ne sont plus que de simples et paisibles gestionnaires d’une entité profane appelée Etat. D’où le glissement du « politique » en « bonne gouvernance » et l’idée associée, selon laquelle il n’y aurait plus besoin d’un Etat pesant surplombant tous les acteurs. 

 La crise de l'entrepreneuriat politique est un phénomène spécifique. Il peut exister des crises politiques en ce sens que, telle ou telle entreprise politique, est évincée du marché. Il peut aussi exister des crises de régime, avec passage d'une forme à l'autre de l'Etat. En revanche le produit politique, en tant que marchandise aux formes infiniment variées, ne peut disparaitre. Comme si le marché de l'acier ou celui de l'automobile était éternel. la raison en est simple: le politique est une réalité humaine indépassable.

 Une crise de l'entrepreneuriat politique correspond donc plutôt à ce que l'on constate au niveau de l'UMP en France.

Il peut en effet exister, des situations de conflit, pour le contrôle de la machine à distribuer les contrats de franchise, certains contrats pouvant être plus convoités que d'autres: l'adoubement pour un poste de président de la république est plus important, que celui correspondant au rôle de député. Si l'entreprise politique concernée, ne dispose pas de dispositif de sélection clair pour l'accés au contrôle  de la machine à distribuer les contrats, il peut en résulter des conflits avec apparition de forces centrifuges . Notons  que ces conflits sont puissamment nourris par la transformation en métier des activités politiques. Sans recherche continue d'un adoubement nouveau se succédant à l'ancien, la force dévastatrice des conflits pour l'accés au contrôle de la machine serait plus limitée.

 La force dévastatrice est toutefois contenue par la très grande hauteur des barrières à l'entrée (qui serait plutôt ici une barrière à la sortie) qui fait que les scissions sont très difficiles, et ne peuvent être envisagées, que par les entrepreneurs politiques qui peuvent se passer du contrat classique de franchise. Ces entrepreneurs politiques -ainsi protégés davantage par leur enracinement territorial que par l'adoubement d'une grande entreprise politique - sont probablement assez peu nombreux. Ils s'exposent néanmoins aux mesures de rétorsion - adoubement d'un autre entrepreneur politique sur le même territoire- de l'entreprise politique qu'ils viennent de quitter. C'est dire que seule la déligitimation profonde de l'entreprise politique en crise peut autoriser la réussite d'une scission. 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Etats et politiques
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BA 10/12/2012 11:13

Lundi 10 décembre 2012 :

Italie : Mario Monti quitte le pouvoir, et il laisse derrière lui une Italie en ruines.

Italie : recul de 1,1% de la production industrielle en octobre sur un mois, recul de 6,2% sur un an.

La production industrielle a reculé de 1,1% en octobre par rapport à septembre en Italie, selon des chiffres diffusés lundi par l'Institut de statistiques Istat dans un communiqué.

Sur un an, la production industrielle est en recul de 6,2%, selon le communiqué.

Les analystes de la banque Intesa Sanpaolo s'attendaient à une baisse de 0,5% et vu les résultats du trimestre précédent, ils s'attendent à ce que le dernier trimestre de l'année finisse également
dans le rouge.

La baisse mensuelle de l'indice se retrouve dans tous les secteurs, notamment les biens intermédiaires (-8%), les biens de consommation (-5,5%) et l'énergie (-4,4%).

Sur les dix premiers mois de l'année, la production industrielle a baissé de 6,5% par rapport à la même période en 2011.

BA 09/12/2012 15:47

Nous avions oublié la faillite de l'Irlande, mais l'Irlande vient de refaire parler d'elle.

Comme la Grèce, l'Irlande vient d'annoncer qu'elle sera elle-aussi incapable de rembourser les 85 milliards d'euros du plan de sauvetage.

L'Irlande "a besoin de plus de temps" pour rembourser l'argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé samedi dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, Patrick
Honohan.

Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande a plaidé pour la recherche d'une "solution durable", qui n'aurait pas à être de
nouveau modifiée par la suite.

"En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé", a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

Depuis le 27 novembre 2012, nous savions que les soi-disant "plans de sauvetage" de la Grèce étaient UN ECHEC TOTAL.

Nous savions que les soi-disant "plans de sauvetage" de la Grèce allaient coûter des milliards d'euros aux contribuables français.

Et aujourd'hui, nous venons d'apprendre que le soi-disant "plan de sauvetage" de l'Irlande est lui-aussi UN ECHEC TOTAL.

L'Irlande est en faillite. L'Irlande est incapable de rembourser quoi que ce soit.

La question est donc :

Combien de milliards d'euros ce défaut de paiement de l'Irlande va-t-il coûter aux contribuables français ?

BA 08/12/2012 14:46

Samedi 8 décembre 2012 :

Un article très important sur l'Irlande :

L'Irlande "a besoin de plus de temps" pour rembourser l'argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé samedi dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, Patrick
Honohan.

"Le gouvernement essaie de regagner la confiance des marchés financiers et le plan de remboursement actuel complique cela", a estimé M. Honohan, dans un entretien au quotidien Frankfurter
Allgemeine Zeitung.

L'Irlande, dont les banques avaient été durement frappées par la crise financière, avait dû demander fin 2010 une aide à l'Union européenne, à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI.

Ce plan de sauvetage prévoyait 85 milliards d'euros d'aides sur trois ans en échange de la mise en oeuvre de douloureuses mesures d'austérité.

Plus de 30 milliards d'euros ont été prévus pour renflouer les banques en difficultés Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society (INBS), nationalisées puis fusionnées.

"Cet argent sera assurément remboursé, mais cela doit s'opérer sur une période plus longue", a affirmé M. Honohan.

Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande a plaidé pour la recherche d'une "solution durable", qui n'aurait pas à être de
nouveau modifiée par la suite.

"En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé", a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

En clair, l'Irlande dit à ses créanciers :

"Je suis en faillite. Vous m'avez prêté 85 milliards d'euros. Je vous remercie pour ce prêt. Je ne peux pas vous rembourser comme c'était prévu, mais ce n'est pas grave. Je vous rembourserai plus
tard. Le délai de remboursement sera considérablement allongé. De toute façon, si vous n'êtes pas contents, c'est pareil."

BA 06/12/2012 20:21

6 février 2012 :

Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée !

Si on en croit les sondages, François Hollande sera élu. Le 6 Mai à 20h, son visage apparaîtra sur nos écrans. Quelques heures plus tard à l'ouverture des marchés asiatiques, la Finance, à qui il a
déclaré la guerre, va se venger. Et ce sera d'une simplicité enfantine. Les taux français vont s'envoler. Les fonds spéculatifs, unis, vendront la dette française à découvert. Sans pitié. Et même
avec un certain plaisir. On montera jusqu'à 4.5% sur les taux à 10 ans français.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120206trib000682103/marc-fiorentino-le-7-mai-la-france-sera-attaquee-.html

Jeudi 6 décembre 2012 :

France : taux des obligations à 10 ans : 1,991 %.

Record historique battu.

Les taux n’avaient jamais été aussi bas.

http://www.bloomberg.com/quote/GFRN10:IND

BA 06/12/2012 16:38

Jeudi 6 décembre 2012 :

Zone euro : la croissance fortement revue à la baisse en 2013, d’après la BCE : chute de 0,3%.

La Banque centrale européenne a déclaré jeudi s'attendre désormais à une contraction du Produit intérieur brut (PIB) en zone euro en 2013, prenant acte de l'accélération de la dégradation de
l'économie dans la région, qui est entrée en récession au troisième trimestre.

La BCE prévoit une contraction de 0,3% en 2013, alors qu'elle tablait encore sur une croissance de + 0,5% en septembre.

Pour 2012, la BCE prévoit un recul du PIB de 0,5%, un chiffre révisé en légère baisse (- 0,4% dans sa prévision de septembre).

BA 05/12/2012 20:37

Les capitaux fuient de plus en plus hors de l'Espagne, hors de l'Italie, hors de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal.

Ces cinq pays vont se déclarer en défaut de paiement, les uns après les autres : ce sera l'explosion de ces cinq bombes atomiques.

Pour mettre à l’abri leurs capitaux, les investisseurs internationaux ont choisi cinq abris antiatomiques. Aujourd'hui, les investisseurs internationaux placent leurs capitaux dans cinq Etats
considérés comme résistants et solides : l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Finlande et le Luxembourg.

http://a407.idata.over-blog.com/1/68/76/76/Dettes/20121021-Target-2-balances.jpg

Nous, Français, sommes surpris de cet afflux de capitaux vers la France. Pourtant, c'est un fait : les investisseurs internationaux considèrent que la France sera un abri antiatomique solide, qui
résistera à l'explosion de la zone euro. Ils se précipitent pour acheter les obligations de l’Etat français.

Lundi 3 décembre 2012, la France a lancé trois emprunts. La France a payé des taux historiquement bas.

Emprunt à 3 mois : le taux a été négatif : – 0,022 %. Ce taux est en baisse par rapport à la dernière émission à 3 mois : c’était – 0,020 % le 26 novembre.

Emprunt à 6 mois : le taux a été négatif : – 0,008 %.

Emprunt à 12 mois : le taux a été de 0,016 %. Ce taux est en baisse par rapport à la dernière émission à 12 mois : c’était 0,019 % le 26 novembre.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00482050-la-france-a-emprunte-6-77-mds-eur-a-court-terme-a-des-taux-encore-tres-bas-516780.php


La dégradation de la France par les agences de notation n’a pas modifié la tendance : les investisseurs internationaux ont continué à se ruer vers les obligations de l’Etat français.

Mercredi 5 décembre 2012 : taux des obligations à 10 ans : 2 %. Record historique battu. Les taux n’avaient jamais été aussi bas.

http://www.bloomberg.com/quote/GFRN10:IND

BA 04/12/2012 15:29

Mardi 4 décembre 2012 :

Zone euro : pas d'accord sur la supervision bancaire, nouvelle réunion le 12 décembre.

Les ministres des Finances de l'Union européenne n'ont pas réussi à se mettre d'accord mardi sur un mécanisme unique de supervision bancaire pour la zone euro, et se retrouveront le 12 décembre
pour tenter d'aboutir.

BA 04/12/2012 10:09

Lundi 3 décembre 2012 :

Le FMI écorne son dogme sur la libre circulation des capitaux.

Après en avoir été l'ardent promoteur, le FMI a admis lundi que la libre circulation des capitaux présentait des "risques" pour les pays émergents et jugé que des mesures de contrôle pouvaient
s'avérer "utiles" pour enrayer une surchauffe de leur économie et de leur monnaie.

"Il n'est pas acquis qu'une libéralisation totale (des flux de capitaux, ndlr) soit un objectif approprié pour tous les pays et à toutes les périodes", écrit le FMI dans un rapport, fruit de deux
années de concertation sur un sujet de discorde récurrent entre ses 188 Etats-membres.

Dans son rapport, le FMI souligne ainsi que la libre circulation des capitaux "a souvent" été suivie de tempêtes financières (Mexique en 1994-95, Turquie en 1994...) et note que les économies
"moins ouvertes" ont mieux résisté aux crises récentes.

Dans ce contexte, l'institution ne voit désormais plus d'un si mauvais oeil les mesures que certains pays (Brésil, Corée du Sud...) ont prises pour restreindre les mouvements de capitaux et
atténuer leurs effets néfastes.

"Quand un pays fait face un brusque afflux ou une fuite de capitaux, l'introduction de mesures de contrôle peut être appropriée en fonction des circonstances", indique le FMI.

Cette question ravive des souvenirs douloureux au Fonds. Pendant la crise asiatique (1997-1998), l'institution avait déconseillé tout contrôle de capitaux à des pays (Thaïlande, Indonésie...) qui
s'étaient enfoncés dans la récession alors que la Malaisie, qui avait délibérément pris le parti inverse, s'était rétablie plus vite.

Plus récemment, l'Islande s'est relevée de la violente crise de 2008 en restreignant arbitrairement la fuite de capitaux hors de son économie.

http://www.boursorama.com/actualites/le-fmi-ecorne-son-dogme-sur-la-libre-circulation-des-capitaux-00d3f90cf21922e8b210058c50bbdf99

Le consensus de Washington est un corpus de mesures standard appliquées aux économies en difficulté face à leur dette (notamment en Amérique latine) par les institutions financières internationales
siégeant à Washington (Banque mondiale et Fonds monétaire international) et soutenues par le département du Trésor américain. Il reprend les idées présentées en 1989, sous la forme d'un article par
l’économiste John Williamson soutenant dix propositions fortement inspirées de l’idéologie de l’école de Chicago. (Source : article "Consensus de Washington" sur Wikipedia)

Depuis 1989, depuis 23 ans, le FMI a dit, a répété, a répété encore, a répété toujours qu'il fallait instaurer la libre-circulation des capitaux.

Et aujourd'hui, 23 ans plus tard, le FMI vient nous expliquer que non, en fait, non, la libre-circulation des capitaux n'est pas un objectif approprié pour tous les pays et à toutes les
périodes.

Des neuneus.

Les dirigeants du FMI sont des neuneus.

BA 03/12/2012 11:02

Vendredi 30 novembre 2012 :

Espagne, Portugal, Grèce, Italie : ces quatre Etats foncent vers le défaut de paiement. Pour la Grèce, ce sera le deuxième défaut de paiement en seulement quelques mois.

Lisez cet article :

Que se passe-t-il quand un pays insolvable s'endette encore ?

La solvabilité budgétaire de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce et même de l'Italie n'est pas assurée aujourd'hui : il faudrait un excédent budgétaire primaire énorme, compte tenu des niveaux de
taux d'intérêt et de taux de croissance prévus pour 2013 et 2014, pour stabiliser le taux d'endettement public. Cependant, le déficit extérieur disparaît, mais la demande des épargnants domestiques
pour la dette publique est insuffisante, d'où le niveau élevé des taux d'intérêt.

Pourtant ces quatre pays continuent à s'endetter, soit sur les marchés financiers (Espagne, Italie), soit en partie sur les marchés financiers et en partie auprès de l'Europe (EFSF, ESM, BCE, UE),
soit dans le futur auprès de la BCE (OMT).

Si leur solvabilité budgétaire n'est pas rétablie (on ne voit pas comment elle le serait même en 2015 en Espagne et en Grèce compte tenu de la taille prévisible de l'écart taux d'intérêt – taux de
croissance), cette accumulation de nouvelle dette ne peut que conduire à une situation catastrophique (défaut).

Conclusion :

Endetter davantage, soit sur les marchés financiers, soit auprès de prêteurs publics des pays qui n'assurent pas leur solvabilité budgétaire ne peut que conduire à une catastrophe (défaut à un
niveau très élevé de dette publique).

Dans les conditions présentes de taux d'intérêt et de taux de croissance, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et le Portugal ne sont pas solvables. Si on fait, pour la période qui commence en 2015, des
hypothèses optimistes portant sur le taux d'intérêt apparent sur la dette et sur la croissance de long terme, l'Espagne et la Grèce restent insolvables, ce qui jette bien sûr un doute sur la
stratégie d'accumulation de nouvelle dette par ces pays.

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=67248

BA 01/12/2012 16:53

Mardi 27 novembre 2012 :

Les Européens et le FMI vont alléger la dette grecque de 40 milliards d'euros.

En outre, l'Eurogroupe a décidé de procéder au déboursement des prochaines tranches d'aide pour éviter le défaut de paiement du pays : les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de
prêter à la Grèce un total de 43,7 milliards d'euros bloqués depuis des semaines. 34,4 milliards d'euros seront versés le 13 décembre. Le versement du solde se fera en trois tranches au cours du
premier trimestre 2013.

(Dépêche AFP)

Dialogue entre les Etats européens et la Grèce, le 27 novembre 2012 :

Les Etats européens : - Bonjour, la Grèce. Nous avons une bonne nouvelle pour toi : nous allégeons ta dette de 40 milliards d'euros. Tu as compris ?

La Grèce : - Non ? C'est vrai ? Merci ! Merci beaucoup, mes amis !

Les Etats européens : - Bon, maintenant, tu vas nous rembourser tout le pognon que tu nous dois.

La Grèce : - Mais ... Mais je n'ai plus un rond, mes amis !

Les Etats européens : - Pas grave. Nous allons te prêter 43,7 milliards d'euros. Avec ça, tu vas pouvoir commencer à nous rembourser. Tu as compris ?

La Grèce : - Vous allégez ma dette de 40 milliards d'euros, et ensuite vous me prêtez 43,7 milliards d'euros pour que je puisse vous rembourser ? ? ?

Les Etats européens : - Tu as tout compris.

La Grèce : - Vous êtes des génies, mes amis. Vous êtes de purs génies. Et les 43,7 milliards d'euros, vous les avez ?

Les Etats européens : - Non. Nous n'avons plus un rond, nous non plus. Nous sommes surendettés. Donc nous allons devoir emprunter 43,7 milliards d'euros sur les marchés internationaux, ensuite nous
pourrons te les prêter, … et ensuite tu pourras nous rembourser.

La Grèce : - Je résume. Vous allez vous surendetter davantage, pour pouvoir ensuite me prêter du pognon, et donc vous allez me surendetter encore davantage.

Les Etats européens : - Tu as tout compris.

La Grèce : - Mais ça ne résout pas du tout mon problème de surendettement. Au contraire : ça rajoute de la dette par-dessus la dette déjà existante. En plus, ça ne résout pas du tout votre problème
de surendettement. Au contraire : ça rajoute de la dette par-dessus la dette déjà existante. Toutes ces dettes s’empilent les unes par-dessus les autres, et ça commence à faire beaucoup de
milliards d’euros, toutes ces montagnes de dettes.

Les Etats européens : - Oui, mais nous n’osons pas annoncer aux contribuables que tu es insolvable. Nous n’osons pas annoncer aux contribuables que ce sont eux qui vont payer l’addition. Alors nous
faisons semblant de t’aider, et toi tu fais semblant de nous rembourser.

La Grèce : - Ah ouais d’accord. Des génies. Mes amis sont des génies.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/11/19/20002-20121119ARTFIG00700-artus-la-grece-n-est-ni-l-irlande-ni-l-espagne.php

BA 30/11/2012 15:35

Vendredi 30 novembre 2012 :

Zone euro : le chômage grimpe à 11,7% en octobre, un niveau record.

Le taux de chômage de la zone euro s'est établi à 11,7% de la population active en octobre, contre 11,6% le mois précédent, a indiqué vendredi l'office européen de statistiques Eurostat.

Il s'agit d'un niveau record, qui se traduit par 18,70 millions de personnes au chômage en octobre, dans les 17 pays de l'Union monétaire.

http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Zone_euro_le_chomage_grimpe_a_117_en_octobre_un_niveau_record15301120121105.asp

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

Vous vous rappelez toutes les belles promesses pour nous convaincre de voter « oui » à la création de l’euro ?

- « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992,
RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde
; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de
sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les
employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection
sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15
septembre 1992, La Croix)

La Gaule 30/11/2012 06:03

En cycle de mondialisation, l’entreprenariat politique diffère tout de même de tous les autres sur un point : il n’a aucun intérêt à délocaliser.

Moi, j’aimerais bien –c’est le seul domaine où je serais plus royaliste que le roi néolibéral- mais pas lui. Ici, c’est l’activité est quand même juteuse et probablement moins risquée qu’en
Chine.

Pour échapper à cette engeance, il existe des solutions aux groupes particuliers qui souhaiteraient lui échapper, toutes plus ou moins efficaces.

-L’appel d’offre « plein crédit » avec chèque en blanc joint au bulletin. C’est le vote blanc, dont on se demande ce qui peut le différencier du vote non blanc, sauf qu’il porte implicitement la
mention « tu fais ce que tu veux je m’en tape ». J’observe cependant qu’il se trouve un nombre respectable de personnes pour défendre ce machin.

- L’appel d’offre « pochette surprise », c’est-à-dire le tirage au sort, ici défendu par des gens respectables à défaut d’être nombreux. Il ne supprime pas l’entreprenariat politique, mais le rend
pléthorique et permanent dans l’ombre des cabinets ministériel. Cela pour éviter qu’un éventuel heureux élus –garçon coiffeur ivrogne ou prof d’économie en incubation de méningite infectieuse
gravidique- ne se lance dans des initiatives intempestives, par exemple en matière de politique internationale (« Meuh non, Monsieur Jean Claude ! Vous n’allez pas envoyer des lingots d’or en
chocolat géants à Monsieur Obama ! »).

- La sécession d’appel d’offre, c'est-à-dire l’anarchisme. Le travail au noir quoi ! Si vous voulez que je sois plus clair.

- L’appel d’offre à usage interne, entre initiés, soit la coopérative autonome. Solution qui peut avoir de fâcheuses conséquences si elle est adoptée par les forces de l’ordre et/ou militaires.

C’est dans ce dernier cas de figure que ce qu’il reste de l’état songe avec nostalgie que l’intérêt général, même galvaudé, avait quand même du bon… Avant de s’en voir imposer une nouvelle mouture
par des rustres qui dorment avec leurs bottes et se désaltèrent la bouche fermée.

Mais là, je verse dangereusement populiste.

BA 29/11/2012 23:28

Mardi 27 novembre 2012 :

Hollande : "La résolution de la crise grecque lève les doutes sur la zone euro"

Le président français François Hollande a estimé mardi que la résolution de la crise grecque allait permettre de lever tous les doutes sur l'avenir de la zone euro, lors d'une conférence de presse
commune avec le Premier ministre belge Elio Di Rupo à Paris.

"La résolution de la crise grecque va permettre maintenant de lever tous les doutes sur l'avenir de la zone euro, son intégrité, sa pérennité", a déclaré M. Hollande après l'accord trouvé dans la
nuit de lundi à mardi sur les moyens de réduire la dette grecque.

Fin de citation.

François Baroin a été ministre de l'Economie et des Finances de juin 2011 à mai 2012. François Baroin vient de publier un livre, "Journal de crise". Il raconte une réunion secrète qu'il a organisée
pour prévoir les conséquences concrètes d'un éclatement de l'euro. Il baptise cette réunion "Black Swan".

François Baroin raconte cette journée de novembre 2011 : c’est la page 13 et les suivantes :

Cette hypothèse-là, le "cygne noir", je ne l'avais pas imaginée jusqu'alors. Je réunis autour de moi trois personnes de confiance. Discrétion obligatoire. Ils ne devront en parler à personne, ni à
la presse, évidemment, ni même à leur entourage. Le rendez-vous a lieu dans mon bureau, au sixième étage à Bercy. C'est une discussion sans documents. Pas de traces. Chacun sait que l'objet seul de
la réunion, s'il était connu, pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Nous sommes dans l'obligation d'imaginer une implosion de la zone euro et ses terribles conséquences. Même si j'espère et crois que nous parviendrons à un dénouement "heureux", je rappelle que nous
ne pouvons pas exclure à 100 % le pire scénario. Le pire ? La sortie de la Grèce de l'euro, un effet de contamination, une théorie des dominos qui entraînerait l'éclatement de la zone euro et de
facto la sortie de la France. Un scénario cauchemar. Je demande à ces personnes de confiance de travailler sur deux hypothèses : le coût de la sortie de la Grèce de la zone euro pour la France et
deux types de pertes : celles du secteur banques-assurances d'une part, et celles de l'éclatement de la zone tout entière d'autre part. Je veux pouvoir, si nécessaire, donner ces informations au
président et au Premier ministre. Il nous faut tout envisager : combien de temps prendrait cette sortie de l'euro ? Comment s'organiserait la fabrication d'une nouvelle monnaie ? Quelles seraient
les conséquences d'une telle annonce ? Comment éviter un bank run, une panique bancaire, lorsque les clients se ruent dans les banques pour retirer tout leur argent ? Quel pare-feu faudrait-il
mettre en place ? Quel montant ? Quel plan pour sauver l'épargne, le système bancaire et au bout du compte notre économie ? Un fil rouge, un seul : protéger les économies des Français. Rien ne doit
filtrer. Pour éviter un affolement général, mais aussi une défiance des marchés, des attaques contre l'économie de notre pays, et un effet boule de neige.

http://www.amazon.fr/Journal-crise-Fran%C3%A7ois-Baroin/dp/2709639645/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1353187307&sr=1-1

Ce livre de François Baroin montre la différence entre les paroles et les actes des dirigeants politiques européens :

- Dans leurs paroles, devant les caméras de télévision, les dirigeants politiques européens nous disent avec un grand sourire : "La crise de la zone euro est finie. Tout va bien. Tout s'arrange.
Nous contrôlons la situation."

- MAIS AU MEME MOMENT, dans leurs actes, dans le plus grand secret, ils préparent l'éclatement de la zone euro.

C’est une belle bande de menteurs.

Des menteurs de droite, des menteurs du centre, des menteurs de gauche.

BA 27/11/2012 21:33

Mardi 27 novembre 2012 :

La grosse rigolade de la journée !

Lisez cet article :

Hollande : "La résolution de la crise grecque lève les doutes sur la zone euro"

Le président français François Hollande a estimé mardi que la résolution de la crise grecque allait permettre de lever tous les doutes sur l'avenir de la zone euro, lors d'une conférence de presse
commune avec le Premier ministre belge Elio Di Rupo à Paris.

"La résolution de la crise grecque va permettre maintenant de lever tous les doutes sur l'avenir de la zone euro, son intégrité, sa pérennité", a déclaré M. Hollande après l'accord trouvé dans la
nuit de lundi à mardi sur les moyens de réduire la dette grecque.

http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Hollande_La_resolution_de_la_crise_grecque_leve_les_doutes_sur_la_zone_euro67271120121806.asp

La crise grecque est résolue !

Youpi, la crise grecque est résolue !

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