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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:36

 

               

Les articles consacrés à l’histoire des rapports entre Banques centrales et Trésor (partie 1; partie 2; conclusions) nous ont permis de comprendre l’enjeu de la question de l’autonomie des instituts d’émission au regard des Etats. Curieusement la littérature consacrée à la crise n’évoque que fort rarement la question, tant l’indépendance semble être devenue une réalité aussi naturelle que le mouvement des planètes.

Le présent texte se propose de rappeler les modes d’articulation possible entre banque centrale et Trésor et d’en tirer toutes les conséquences en termes d’états du monde. Projet ambitieux en ce qu’il insinue que l’articulation susvisée serait une variable clé pour comprendre le mode de fonctionnement d’une société. Variable clé ne signifie toutefois pas une vision mécaniciste des choses, laquelle faut-il le rappeler  est erronée dans le domaine des sciences humaines. Pour nous, variable clé signifie plus modestement orientation de l’éventail des possibles. Ni mécanicisme  ni déterminisme, mais congruences fortes avec des caractéristiques elles mêmes essentielles pour identifier un état du monde.

Caractéristiques du scénario de la banque centrale soumise au Trésor.

François Rachline, dans un ouvrage insuffisamment remarqué (« D’où vient l’argent ?- panama ;2006) précise que les banques centrales sont l’outil qui permet l’alimentation monétaire des communautés humaines, lesquelles vont s’affranchir- grâce à ces mêmes banques- de la rareté des métaux précieux, et ainsi ouvrir l’éventail des possibles. Avec les banques centrales les hommes vont comprendre que la monnaie est , selon l’expression  de Bernard Lietar, « réellement crée à partir de rien » (« Au cœur de la monnaie  » ; Louise Michel ;2011). Création institutionnelle qui n’est que convention sociale et création institutionnelle au fond assez parallèle à l’émergence historique de la modernité, qui devait faire prendre conscience à ces mêmes communautés qu’elles ne sont plus gouvernées par les dieux mais bien par elles mêmes : tout devient possible.  Mais aussi création qui libère l’échange marchand de la pénurie monétaire : l’investissement et la production ne sont plus muselés par un crédit lui-même muselé par un stock monétaire largement hors des prises humaines : encore une fois tout devient possible. Les premières banques centrales – Anglaise, Française, etc.-  ne sont pas encore l’outil parfait de l’alimentation monétaire, puisque le détachement vis-à-vis du métal fût fort progressif et ne devient à priori définitif qu’avec la fin de la convertibilité du dollar en or le 15 Août 1971.

Ces banques centrales sont aussi historiquement en congruence avec les premiers épanouissements des formes « Etats de droit » de la grande aventure étatique. Ce qu’il faut comprendre de la manière suivante : le pouvoir monétaire se déplaçant de plus en plus vers les banques, les entrepreneurs politiques réagiront, en coiffant le système bancaire d’une camisole, obéissant elles mêmes à des règles fixées par ces mêmes entrepreneurs. Le système bancaire pyramidal et sous tutelle caractérisait bien un mode de partage très inégal des pouvoirs monétaires entre les banquiers et l’Etat.

Les banques centrales soumises au Trésor- telles que le monde les connaissaient jusqu’au dernier quart du 20ième siècle – engendraient ainsi des caractéristiques précises : finance enkystée dans les Etats, mode hiérarchique de la gestion de la dette publique, répression financière.

Parce que les banques centrales ne sont que le bras armé des Etats, les banques dites de second rang développent une activité qui est entièrement sous contrôle, activité qui à l’extrême se déploie à l’intérieur de ce qu’on appelait – s’agissant de la France- le  « circuit du Trésor ». Ce qui signifie une création monétaire privée très limitée sous le double étau de réserves obligatoires élevées et d’un taux de conversion en billets de banque centrale lui-même élevé.

Parce que libérée de beaucoup de contraintes, la dette publique devient indolore, voire bénéfique : il suffit que le Trésor se fasse exigeant sur l’abondement de son compte à la Banque centrale. Exigence devant toutefois s’inscrire dans un sentier contrôlé de dépréciation monétaire. Cela signifie que la banque centrale se trouve être la principale source – sous contrôle public -  de la création monétaire. Nous sommes bien en mode hiérarchique de gestion de la dette publique, mode qui permet -entre autres - des investissements publics massifs pour un coût en capital, politiquement déterminé c'est-à-dire proche de zéro.

Ce type d’articulation banque centrale/Trésor correspond bien évidemment à de la répression financière, répression jugée insupportable pour les acteurs du système bancaire. Parce que le jeu macro politique du moment laisse davantage de place à l’investissement et à la croissance qu’à celle de la lutte contre l’inflation, il est clair que l’éventail des possibilités se trouve réduit pour le monde financier. Ce qui allait devenir l’immense marché de la dette publique ne peut exister, et avec lui tous les produits financiers qu’il aurait pu engendrer. Les actifs financiers sont eux-mêmes rognés par l’effet ciseau de l’inflation d’une part et des taux de l’intérêt politiquement déterminés, ce qui signifie que leur conservation et leur accumulation dans les bilans bancaires est problématique. Ce qui signifie en conséquence que les activités de financiarisation resteront très limitées avec à l’échelle macroéconomique des  choix privilégiant plutôt des systèmes de protection par répartition que des systèmes par capitalisation.

Mais la répression financière développe d’autres conséquences. Parce que l’inflation affaisse considérablement les taux de l’intérêt réels, l’épargne est elle-même réprimée. D’où une fuite potentielle qu’il faut elle-même contenir par des barrières : contrôle des changes,  restrictions aux mouvements de capitaux, etc. Le scénario de la banque centrale soumise au Trésor est ainsi en congruence avec le stade de l’Etat- nation classique, et l’auto - centrage de son système productif. Mais la répression de l’épargne et de la création monétaire privée développe elle-même d’autres conséquences : les patrimoines financiers des ménages ne comportent pour l’essentiel que des titres privés classiques. Les titres publics –bons du Trésor achetés directement- ne concernent qu’un volume réduit en ce que le Trésor n’a guère besoin de recourir aux marchés pour faire face à la dette publique (avances de l’Institut d’émission et achats imposés d’obligations publiques par le système bancaire). Quant aux patrimoines non financiers, essentiellement l’immobilier des ménages, ils suivent l’évolution des prix en général et ne peuvent se transformer en bulles en raison de la faible capacité du système bancaire à créer de la monnaie privée. Autant de conséquences qui freinent le développement d’inégalités de patrimoines et favorisent à l’inverse la moyennisation de la société. Ainsi, pour ne donner qu’un exemple le patrimoine global ne représentait que 3 fois le PIB dans la France des années 50 ( 6 fois le PIB aujourd’hui).

Bien comprendre la signification de l’indépendance des banques centrales

 Entre soumission et détachement il peut exister beaucoup de postures intermédiaires, et il est exact que la FED ou la BOE sont moins indépendantes que la BCE. S’agissant de cette dernière, il faut reconnaitre que la séparation est radicale, et l’objectif assigné de stabilité monétaire n’est pas une véritable mission de service public. En effet, si cet objectif n’avait pas été fixé par les autorités européennes, il se serait -pour autant - le plus naturellement du monde matérialisé. Il était en effet évident que la stabilité monétaire correspondait et à l’intérêt des dirigeants de la BCE, dans leur quête de notoriété voire de reconduction au pouvoir, et à celui du système bancaire. Un gouverneur sera davantage jugé sur l’inflation qu’il ne le sera sur le chômage ; quant au système bancaire l’intérêt de la stabilité monétaire n’est pas à démontrer.  Une réelle mission de service public n’existe que dans la mesure où les obligations qui en découlent s’opposent ou orientent le fonctionnement des marchés et leurs résultats. L’objectif assigné de stabilité monétaire n’avait pas besoin d’être imposé « de l’extérieur », c’est-à-dire les autorités européennes : il se serait spontanément manifesté, car maximisant les gains à l’échange entre les dirigeants de la BCE et les banques de second degré.

Au-delà, la radicalité de l’indépendance mérite d’être examinée de plus près.

Le passage au mode marché de gestion de la dette publique qui va en résulter peut être mieux compris en prenant l’image d’un propriétaire de verger à qui il serait juridiquement interdit de consommer la récolte  disponible, et qui dans le même geste se verrait obligé de se ravitailler en fruits auprès d’un groupe d’entreprises  bien ciblées , à l’exclusion – juridiquement établie -de toutes les autres.

Cette situation assez invraisemblable est pourtant celle constatée : La BCE ne peut évidemment abonder gratuitement le compte du Trésor, mais ne peut pas non plus entrer dans un rapport marchand direct avec ce dernier. Qui plus est, le même Trésor ne peut non plus entrer dans un relation marchande libre avec n’importe quel type d’acheteurs de dette publique. Ainsi, citoyens et Trésor ne peuvent envisager une relation marchande : seules les banques ont le monopole d’achat de la dette publique.

Sur un plan strictement juridique, cela signifie que l’Etat se voit interdire l’auto production pour ses propres besoins. Comme s’il était juridiquement interdit à l’entreprise Renault de fabriquer des moteurs pour ses besoins de fabrication de voitures. Economiquement cela signifie que s’agissant de l’Etat, celui-ci se doit d’être dans une logique de « buy », celle du « make » lui étant juridiquement interdite. Il est donc juridiquement interdit à l’Etat d’optimiser ses coûts et de procéder aux arbitrages couramment utilisés dans le mode des entreprises. Le gaspillage de ressources publiques devient ainsi une obligation juridique.

Toujours sur le même plan juridique, alors que le mode marché de gestion de la dette publique est devenu obligatoire, il est néanmoins fort particulier et fort sélectif puisque tous ne peuvent pas y participer. En particulier les ménages n’ont pas accès en direct aux bons du Trésor, ne peuvent plus y affecter leur épargne, tandis que les banques se voient offrir le monopole d’achat de la dette…et dans un même geste le grand gâteau d’une bonne partie de l’épargne des ménages qui ne peuvent acheter en direct de la dette publique. Le monopole des banques est ainsi opposable, et au Trésor, et aux épargnants, lesquels ne peuvent nouer entre eux de véritables échanges mutuellement avantageux. L’indépendance des banques centrales est ainsi privative de libertés fondamentales.

Ainsi, bien précisé, cet extraordinaire dispositif du marché de la dette publique, il est possible d’en tirer 2 remarques.

La première est celle d’un spectaculaire retour en arrière : alors que l’invention des banques centrales était devenue à terme un outil de  libération de l’humanité, une humanité jusqu’alors prisonnière de la pénurie métallique, mal compensée par  les douloureuses expériences du crédit et de l’endettement, les lois dites d’indépendances, promulguées dans le dernier quart du 20ième siècle, vont rétablir la loi d’airain de la monnaie. Les Etats dans leur stade démocratique vont retrouver les problèmes de dettes publiques qu’ils avaient si souvent rencontrés dans les stades antérieurs. Rareté et taux d’intérêts élevés vont brutalement s’imposer à des Etats qui se trouveront en compétition pour accéder à la ressource. Curieuse situation qui fera l’interrogation des futurs historiens : pourquoi les hommes se sont-ils brutalement coupés d’un outil essentiel d’accompagnement de ce qu’ils croyaient être le progrès ?

La seconde est celle de la confirmation de la nature profonde des Etats, laquelle est une réponse à la première question. Si effectivement – ainsi que l’affirme légèrement l’idéologie dominante- les Etats représentent l’intérêt général, on voit mal comment cette invention historique et libératoire de la banque centrale aurait pu connaitre un  retour en arrière aussi brutal. De fait, selon notre paradigme, la création des banques centrales est l’introduction d’un rapport de forces entre finance et entrepreneurs politiques ; et leur évolution, c’est – à –dire le passage au mode marché de gestion de la dette publique, correspond au renversement de ce rapport de forces, où la finance peut s’appuyer sur la cohorte des épargnants, pour imposer un système de règles du jeu devant bouleverser l’ensemble de la société.

Emergence d’un nouveau monde

Désormais, ce n’est plus la finance qui est enkystée dans les Etats, mais les Etats qui sont enkystés dans la finance : le problème de la dette qui avait disparu réapparait en pleine lumière. L’inflation disparaissant, les déséquilibres budgétaires engendrés par le fonctionnement courant des marchés politiques, se transforment en dette publique massive….pour le plus grand bonheur de la finance et des épargnants.

L’inflation maitrisée, et la création monétaire devenant un quasi monopole bancaire, permet un vaste mouvement de financiarisation de l’économie : bilans bancaires hypertrophiés – parfois plus lourds que les PIB des pays d’accueils- sont la contrepartie de la montée d’actifs désormais profitables. Les patrimoines financiers vont exploser car aussi alimentés par cette matière première toute nouvelle qu’est la dette publique. Les patrimoines immobiliers suivront en raison de la création monétaire massive et des innovations financières (titrisation notamment) toujours renouvelées. Explosion des patrimoines qui bien évidemment se manifeste chez ceux qui disposaient déjà d’une capacité d’épargne. D’où la montée bien connue des inégalités sociales.

Mais l’inflation maitrisée, c’est aussi la contestation des systèmes de protection par répartition au profit des systèmes de protection par capitalisation : les taux d’intérêt réels sont désormais positifs et sont aussi garantis par cette manne nouvelle qu’est le service de la dette (2,5 points de PIB pour la France aujourd’hui). Bien évidemment le mode marché de gestion de la dette est d’autant plus facile que celui –ci est profond, et plutôt que de voir les épargnants nationaux se constituer un porte feuille de titres publics acquis en direct auprès du trésor, il est préférable de mobiliser l’épargne mondiale que l’on revendra sous forme de produits sophistiqués, et parfois fiscalement aidés, aux épargnants nationaux. Cela signifie que l’indépendance des banques centrales se conçoit mieux, si elle s’accompagne d’une libre convertibilité monétaire et d’une totale liberté de circulation des capitaux, le tout accompagné d’une forte volonté dérégulatrice, elle-même libératrice de l’ingéniosité financière. Ainsi la dette publique aura souvent tendance à être détenue par des agents non résidents (environ 70% s’agissant de la France).

C’est dire que l’indépendance des banques centrales est en congruence avec l’idée de mondialisation. D’où des Etats exposés et fragilisés, qu’il faudra évaluer par des agences de notation, qui trouvent dans ce nouveau mode de gestion de la dette, l’émergence de nouveaux débouchés. Et le processus de fragilisation peut se faire croissant : parce qu’il faut surveiller le marché qui sanctionne à tout instant le prix de la dette publique, les Trésors seront progressivement amenés à d’apparentes postures de servitude volontaire. Tel est le cas des interminables négociations européennes sur les positions nues sur CDS, et les ventes à découvert, où l’on voit des Etats très fragilisés- Espagne, Italie etc. - n’osant tenter le durcissement de la réglementation, de peur d’affecter la liquidité du marché de leur dette souveraine. D’où aussi le débat devenu éternel sur l’agence de notation publique, que l’on aimerait créer, mais qu’on ne peut mettre en place, sans le risque de voir le marché considérer que son caractère public, est bien le signe de turpitudes dont les Etats seraient coupables. D’où également les débats sur la « règle d’or » , l’automaticité des sanctions bruxelloises ,etc.

Les exemples de postures de servitude volontaire pourraient être multipliés à l’infini tant ce nouveau mode de gestion de la dette publique, affaisse progressivement l’Etat de droit démocratique tel que vécu dans le stade antérieur : nous sommes passés dans le monde des apparences, de la finance réprimée par les Etats, aux Etats réprimés par la finance. Ce qui ne change encore une fois rien quant la nature des Etats : ils sont toujours bien présents, et  seul le basculement des rapports de forces entre les principaux acteurs sociaux explique cette apparence « d’hypo- Etat » naissant. Naguère- en mode hiérarchique de gestion de la dette, et donc en banque centrale soumise- la redistribution de la prédation publique se déroulait assez largement sous la forme de l’Etat providence ; aujourd’hui- en mode marché et donc en banque centrale indépendante- elle se déroule bien davantage sous la forme d’une redistribution vers les rentiers petits et grands, nationaux ou étrangers : ce qu’on appelle le service de la dette.

Forme évidemment instable, puisque ces Etats se sont placés au cœur de la spéculation et à ces risques systémiques complètement planétaires. Forme instable également pour leurs assujettis : la sécurité des couvertures par capitalisation n’est pas celle des couvertures par répartition, et l’ouverture sans limite sur l’extérieur, entraine des contradictions de statuts et de rôles chez les salariés, les consommateurs, les épargnants et les citoyens. Ainsi le salarié est –il parfois amené comme consommateur à détruire son emploi, ainsi le citoyen est –il comme épargnant parfois amené à préférer le marché à la démocratie, etc. Avec plus globalement, selon la formule de Maurizio Lazzarato (La fabrique de l’homme endetté ; Amsterdam ;2011) la  transformation de tous en sujets endettés  : le crédit immobilier se substituant au droit au logement, le crédit d’études se substituant à l’université gratuite, etc.

L’indépendance des banques centrales est aussi largement le point de départ de l’accumulation de la gigantesque dette privée et publique, au cœur de la grande crise actuelle. C’est que leur éloignement vis-à-vis des trésors libère d’une part, la création  de monnaie privée avec  les crédits qui lui sont attachés (« les crédits font les dépôts »,ou plus simplement la « planche à billets » privée), et d’autre part, développe massivement un endettement public que l’on croyait disparu jusqu’au début des années 70. La masse monétaire va ainsi augmenter à un rythme croissant, lui-même sans aucun rapport avec celui de la dépréciation monétaire et la croissance économique : rythme de Plus de 8% dans les années 90 en Europe et aux USA, et surtout rythme de 12% en Europe et 17% aux USA à la veille du déclenchement de la grande crise.

C’est dire que la maitrise de la grande crise des années 2010 passera sans doute par le repositionnement des banques centrales : face à l’imbroglio actuel, les marchés politiques feront émerger le retour des banques centrales sous la hiérarchie des Etats. Selon quelles modalités ? les prochains mois seront en la matière probablement décisifs.

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans banques centrales
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BA 03/10/2011 08:35


Lundi 3 octobre 2011 :

Economie : l'Euro rechute, les Bourses asiatiques plongent avec la Grèce.

Les marchés financiers commencent la semaine en nette baisse, après l'admission par la Grèce qu'elle n'atteindra pas ces objectifs de réduction de dette. Ce matin, l'Euro est retombé à un nouveau
plus bas niveau depuis 8 mois, à 1,3325 $ dans la nuit, avant de se reprendre un peu autour de 1,3335 $ (-0,3%) en début de matinée.

De leur côté, les Bourses asiatiques sont en forte baisse : - 2,3% pour le Nikkei à Tokyo, - 4,9% pour le Hang Seng à Hong Kong, - 2,5% pour l'ASX-200 à Sydney. Le pétrole reperd quant à lui 1,4% à
78,10$ le baril de brut WTI, tandis que l'or rebondit légèrement de 0,6% à 1.632,60$ l'once.

Alors que les ministres des Finances européens se réunissent à nouveau aujourd'hui lundi sur la question grecque, les investisseurs s'inquiètent à nouveau des divisions au sein de l'Europe sur la
gestion de cette crise.

Les rumeurs d'une défaillance de la Grèce sur sa dette sont revenues en force ce week-end, après les dernières informations en provenance d'Athènes, et de nouvelles déclarations du côté de
l'Allemagne, où le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a exclu toute contribution supplémentaire de Berlin au FESF (Fonds européen de stabilité financière).

De son côté, un membre influent de la coalition au pouvoir en Allemagne, le démocrate-chrétien Michael Fuchs, a aussi déclaré au journal "Rheinische Post" que la Grèce était "en faillite" et qu'il
n'y aurait sans doute pas d'autre choix que d'effacer 50 % de sa dette...

http://www.boursier.com/actualites/news/economie-l-euro-rechute-les-bourses-asiatiques-plongent-avec-la-grece-452547.html


BA 02/10/2011 20:52


Dimanche 2 octobre 2011 :

La Grèce manquera les objectifs de déficit qui lui ont été assignés par ses bailleurs de fonds internationaux pour cette année et la suivante, en raison d'une récession plus marquée que prévu, ont
rapporté des sources avant l'adoption par le gouvernement dimanche du projet de budget 2012.

Athènes s'attend à ce que son déficit atteigne 8,5 % du produit intérieur brut (PIB) cette année, alors que l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) avaient demandé que le
déficit ne dépasse pas 7,6 % du PIB, ont dit deux sources citant le projet de loi que devait approuver le gouvernement dans la soirée.

Le projet de budget prévoit que le déficit sera réduit à 6,8 % en 2012, contre un objectif fixé à 6,5 %, précisent-elles.

Le texte table sur une contraction de l'économie de 5,5 % cette année, et 2 % l'an prochain.

Ces chiffres sont conformes à ceux publiés le mois dernier par le FMI, mais bien pires que les hypothèses retenues lors de la négociation du deuxième plan d'aide à Athènes en juillet, qui
prévoyaient un retour à la croissance l'an prochain.

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/objectifs-de-deficit-non-respectes-en-2011-et-2012-pour-la-grece-02-10-2011-1379716_240.php


Bernard Grandchamp 02/10/2011 10:14


Cher Monsieur Werrebrouck,

Je vous lis très régulièrement depuis plus d'un an, et vos billets m'ont permis de mieux comprendre ce qui est réellement en jeu sous la question de "l'enjeu de la dette". En particulier, votre
billet de ce jour montre combien - contrairement à ce que glapissent les "marchés" - les banques privées (libérées de la "prison" des Etats) ont intérêt à ce que ces dits Etats soient
endettés!...

Et si, comme vous le dites aussi très clairement, l'inféodation des banques centrales a été historiquement un "outil essentiel d'accompagnement du progrès", il est désormais non moins essentiel que
tous ceux qui croient dans le rôle émancipateur du politique oeuvrent à nouveau en commun pour un retour de la finance sous le contrôle - sinon la "prison" - des Etats...

Grand merci de continuer à nous éclairer comme vous le faites!
Bien à vous - Bernard Grandchamp


Jean Claude Werrebrouck 02/10/2011 17:27



je vous recommande le site "plus loin que Jorion" qui vient de publier une vidéo remarquable sur le dette. Par aileurs je vais publier demain matin une version ramassée et plus lisible du billet
dont vous faites état.


Grand merci pour vos encouragements.



BA 01/10/2011 13:34


L’Allemagne ne consacrera pas plus d’argent au FESF.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a exclu que l’Allemagne consacre plus d’argent au FESF que les 211 milliards d’euros votés par le Bundestag et le Bundesrat, dans un entretien
au magazine Super-Illu.

« Le Fonds de secours européen a un plafond de 440 milliards d’euros, 211 milliards incombent à l’Allemagne. Et c’est tout. Terminé. A l’exception des intérêts qui viendraient s’ajouter », a
déclaré le ministre.

La dotation du mécanisme européen de stabilité MES, qui doit remplacer le FESF au plus tard en 2013, sera d’après M. Schäuble moins importante.

« Il ne sera alors question que de 190 milliards au total, pour lesquels nous serons garants, intérêts inclus », a expliqué le pilier du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Une majorité d’Allemands (58 %) considère l’extension du Fonds de secours de la zone euro comme une erreur, indique un sondage à paraître dimanche 2 octobre dans le journal Bild am Sonntag.

http://www.romandie.com/news/n/_L_Allemagne_ne_consacrera_pas_plus_d_argent_au_FESF_011020110910.asp


BA 30/09/2011 22:28


Vendredi 30 septembre 2011 :

Trois banques espagnoles valorisées à quasiment zéro euro.

La Banque d'Espagne a repris trois caisses régionales espagnoles vendredi, mais leur valorisation quasiment nulle fait craindre que l'Etat doive trouver encore d'autres capitaux pour couvrir les
pertes liées aux actifs immobiliers toxiques détenus par les "cajas".

Les trois banques sont NCG Banco, Catalunya Bank et Unnim Banc. La Banque d'Espagne a évalué les deux premières à 0,1 leur valeur comptable, et elle a payé un euro symbolique pour la troisième.

Ensemble, ces trois banques, qui n'ont pas réussi à attirer des capitaux privés et ont donc dû être de fait nationalisées, pèsent à hauteur de 7 % du système bancaire espagnol.

http://www.boursorama.com/actualites/trois-banques-espagnoles-valorisees-a-quasiment-zero-euro-7b7727fd37f7e92f14fd35aefafb45aa


BA 29/09/2011 19:03


Jeudi 29 septembre 2011 :

L’Italie lève 7,85 milliards d’euros avec des taux en forte hausse.

L’Italie faisait appel au marché des capitaux ce jeudi via des emprunts à 3, 4, 10 et 11 ans. Le Trésor italien a ainsi émis pour 7,85 milliards d’obligations.

La demande était au rendez-vous (11,5 milliards d’euros) alors que le Trésor prévoyait de lever entre 5,5 et 9 milliards.

Signe de la méfiance des investisseurs selon la Banque d’Italie, une forte hausse des taux d’intérêt a été constatée.

Pour exemple, les taux à 3 ans ont grimpé à 4,68 %, contre 3,87 % lors de la précédente émission de même échéance.

Même constat pour l’emprunt à 11 ans (5,86 %, contre 5,22 % lors de la précédente émission), et 5,63 % (contre 4,58 %) pour les titres de maturité 2015.

Malgré le plan de rigueur et d’économie adopté il y a peu par le Parlement italien, les marchés ne semblent donc pour le moment pas rassurés par la situation actuelle du pays.

http://www.oblis.be/fr/l%E2%80%99italie-leve-785-milliards-d%E2%80%99euros-avec-des-taux-en-forte-hausse-13374

Plus les jours passent, plus l’Italie emprunte à des taux en forte hausse.

Plus les jours passent, plus l’Italie se rapproche du défaut de paiement.

Et les soi-disant « plans de sauvetage » ne rassurent pas du tout les investisseurs internationaux.


Pascal 29/09/2011 17:59


Y a-t-il quelque ouvrage recommandable à votre connaissance faisant la généalogie de l'émancipation des banques centrales au détriment des Etats assujettis au tournant des années 70 ? Il serait
intéressant de (sa)voir comment les protagonistes de cette évolution ont opéré, qui ils étaient et quelles étaient leurs justifications idéologiques au sujet de quelles motivations particulières,
de quels intérêts privés ...


Jean Claude Werrebrouck 29/09/2011 19:10



Hélas, pas à ma connaissance. Maintenant il est clair que la relative disparition de l'inflation dans les années 60 est un excellent terreau de renaissance de le rente qui sévissait si bien au 19
siecle, Ce qu'il faudrait étudier dans le détail, sont les débats parlementaires qui se produits à l'occasion du vote de la loi du 3 janvier 1973. Mais c'est vrai que tout un climat s'est
constitué dans les années 70, mettant en cause les capacités régulatrices des Etats.


Sur la rente, on peut relire mes papiers du mois de janvier.



BA 27/09/2011 16:56


D'accord.

En attendant, les Etats européens continuent de se suicider : les Etats européens continuent d'emprunter sur les marchés internationaux.

Mardi 27 septembre 2011 :

Le domino grec est tombé, puis le domino irlandais est tombé, puis le domino portugais est tombé. Maintenant, le domino espagnol va tomber.

Ou alors le domino italien ?

Taux en hausse pour l'Espagne et l'Italie.

Espagne :

Le Trésor espagnol a émis mardi pour 3,225 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois, avec des taux en forte hausse par rapport à la dernière émission de ce type le 23 août, a annoncé la Banque
d'Espagne.

Les taux ont augmenté, à 1,692 % pour l'émission à 3 mois (contre 1,357 % le 23 août 2011), et à 2,665 % pour celle à six mois (contre 2,187 % le 23 août). Le Trésor visait une émission d'entre 2,5
et 3,5 milliards d'euros.

Italie :

Le Trésor italien a émis mardi 14,5 milliards d'euros d'obligations à court terme, dont les taux d'intérêt ont bondi à des niveaux records, signe de la méfiance des investisseurs. Cette émission
était le premier test pour l'Italie sur le marché obligataire depuis l'abaissement de sa note souveraine en début de semaine dernière par l'agence Standard and Poor's, ce qui a attisé les craintes
d'une contagion de la crise de la dette à la troisième économie de la zone euro.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/09/27/97002-20110927FILWWW00502-taux-en-hausse-pour-l-espagne.php


BA 27/09/2011 14:10


Je ne suis pas d'accord avec votre expression : "finance enkystée dans les Etats".

La finance, la banque, le crédit, la monnaie sont des services publics : ils doivent être nationalisés. Ils doivent devenir des monopoles d'Etat.

Il ne faut donc pas utiliser cette expression : "finance enkystée dans les Etats".

De même, il ne faut pas utiliser l'expression : "police enkystée dans les Etats".

De même, il ne faut pas utiliser l'expression : "armée enkystée dans les Etats".

De même, il ne faut pas utiliser l'expression : "justice enkystée dans les Etats".

De même, il ne faut pas utiliser l'expression : "diplomatie enkystée dans les Etats".

Mais en revanche, dans quelques années, j'espère qu'on pourra utiliser l'expression : "finance monopole d'Etat".


Jean Claude Werrebrouck 27/09/2011 14:24



"La finance , la banque , le crédit , la monnaie sont des services publics" . Ok cela correspond à votre souhait. Seulement la réalité historique fût infiniment variable; Il est des périodes où
le poids de l'Etat est extrême et d'autres où ce dernier ce fait plus léger. D'où mon expression que je retourne (finance enkystée ou Etat enkysté)


Plus important est le fait que je souhaite montrer à quel point cette affaire d'indépendance des banques centrales est la clé de voûte du système. Et c'est la mise sous tutelle qu'il faut
réintroduire comme premier élément de solution à la crise. Je suis étonné que partout on parle de dette sans jamais se poser la question de son origine réelle.



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  • : La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • La crise des années 2010, réflexion sur la crise économique globale
  • : Analyse de la crise économique, financière, politique et sociale par le dépassement des paradigmes traditionnels
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