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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 08:49

 

L’utilisation du terme « indépendance » pour qualifier ce qui serait la réalité des banques centrales est à lui seul problématique.

Un signifiant qui ne correspond pas au signifié

 Dans sa conception première, il signifie une absence de relation et donc bien sûr une absence de tout lien hiérarchique. C’est sans doute le paradigme  mathématique qui exprime le mieux cette absence de lien lorsque l’on parle de « variables indépendantes ». Or la réalité des banques centrales ne saurait correspondre à cela, sauf à considérer qu’elles constituent des pièces complètement détachées du système social dans lequel elles s’activent. L’emploi d’un terme qui ne saurait correspondre à la réalité a donc un sens : il s’agit d’exprimer une représentation souhaitée du monde, plutôt que d’en désigner la réalité. Plus correct serait l’emploi du terme autonomie. Expression qui a été largement éradiquée  car trop réductrice aux yeux des promoteurs des nouvelles banques centrales : parler d’autonomie est en effet immédiatement interprété comme dépendance d’un système qu’il faut questionner. Or précisément, il s’agissait au moment de la construction et de la généralisation des nouvelles banques centrales, de se dégager de l’idée de dépendance.

Curieusement, il s’agit toujours de banques  proches des Etats mais dès leur naissance – dixseptième siècle pour la première, mais surtout 19ième pour la France, l’Allemagne, etc. -  elles furent symboliquement relativement éloignées de leurs géniteurs. Pour une raison simple : assurer ou restaurer une confiance monétaire très souvent malmenée historiquement. La monnaie est certes pure convention, mais on le sait, pure convention qui a découlé dans les mondes marchands d’un mimétisme produisant le métal comme loi d’airain. Et chaque fois que les entrepreneurs politiques ont cherché à sortir de leur prison monétaire, le prix en fût très élevé. Les premières banques centrales modernes, bien que de conceptions diverses se rattachent toutes à cette idée : il nous faut, nous entrepreneurs politiques, afficher le respect de la loi d’airain, reconnaitre que la monnaie est- de fait- tout sauf une convention sociale.

Lorsque des évènements graves se produisent - 1848, 1870 en France ; 1914 dans les pays belligérants de la première guerre mondiale – le non respect de la loi d’airain n’est accepté qu’en raison de la reconnaissance du caractère exceptionnel du moment, avec la certitude du retour au métal dès que possible. D’où les très grandes difficultés de l’après première  guerre mondiale, et les gestions calamiteuses des premières années de la crise de l’entre deux guerres. De fait, il faudra attendre la préparation de la seconde guerre mondiale, et ultérieurement les 30 glorieuses, pour que l’humanité accepte de s’affranchir de la loi d’airain de la monnaie.

Le succès d’un mot …

Si le terme d’indépendance est relativement peu employé, il faudra attendre les années 1970 pour le voir monter en puissance. A la même époque se développe parallèlement, dans beaucoup de pays, de nouvelles institutions dites indépendantes. Celles-ci désignées en France par l’expression d’ « Autorités Administratives Indépendantes » sont chargées d’assurer la régulation d’un secteur, et se rapprochent souvent des entreprises pour mieux coopérer, voire les surveiller ou les sanctionner. Encore peu nombreuses en France- environ une quarantaine- elles le sont bien davantage en Allemagne (189) , aux Pays-Bas, en Grande Bretagne etc. De fait, il s’agit d’un vaste mouvement qui correspond à une étape de l’aventure étatique, celle pour laquelle les entrepreneurs politiques - au-delà de la concurrence démocratique qui existe entre eux pour le contrôle des outils de la contrainte publique – sont amenés à partager le contrôle avec des groupes privés. Là aussi le terme « d’indépendance » est incorrect, et la jurisprudence du Conseil Constitutionnel considère encore les AAI comme des administrations de l’Etat, mais il est employé, car il correspond bien à l’idéologie du moment.

Le logiciel du droit traditionnel est fort gêné par cette transformation de forme d’action de l’Etat, d’où en France l’inquiétude d’un Sénat qui parle « d’objets juridiques non identifiés » pour désigner les AAI, ou l’utilisation  d’expressions forts étranges pour le juriste, comme celle de « personne publique sui generis ». Appellation qui deviendra pourtant la règle pour la banque centrale, après le Traité d’Amsterdam qui va en faire une institution particulière présentant des caractéristiques propres, ce que confirmera, en France, le Conseil d’Etat dans un avis en date du 9 décembre 1999.

…Que la science va justifier

Mais cette idée de séparation d’un certain nombre d’entités jusqu’ici rattachées à la machinerie étatique, en particulier les banques centrales, est d’abord le fait de la théorie économique. Théorie économique qui aura parfois tellement peur de la non indépendance qu’elle recommandera l’absence de banque centrale. C’est évidemment le cas de la théorie autrichienne, avec sa forte influence aux USA pour retarder la création de la FED, laquelle ne verra le jour qu’en décembre 1913. C’est que, même indépendante de l’Etat,  une banque dite centrale n’a pas à développer en tant que prêteur en dernier ressort , de par sa seule présence un risque de « moral hazard ». D’où la dissolution de la « Second Bank of the United States » en 1830 par le président Andrew Jackson.

150 années plus tard, lorsque se déploie à nouveau l’idéologie de l’indépendance, avec ce que Jean Pierre Patat va appeler « l’ère des banques centrales », la théorie économique va largement profiter, d’une montée empiriquement vérifiée de la stagflation, pour mettre en valeur les vertus supposées d’une indépendance.

D’abord en attaquant le modèle keynésien interventionniste, et en révélant la verticalité croissante de la courbe de Phillips, les monétaristes vont affirmer, que l’injection autoritaire de monnaie supplémentaire, laissera le taux de chômage à son niveau naturel, tandis que la confiance dans la monnaie faiblira en raison de l’inflation . Si Friedman s’insurge contre « la manipulation par l’Etat » de la politique monétaire, il n’ira toutefois pas jusqu’à recommander l’indépendance des banques centrales, en raison des craintes qu’il exprime, au regard d’une telle concentration de pouvoirs, au profit de personnes elles mêmes exemptes de tout contrôle politique. A peu prés à la même époque, T Sargent et N Wallace confirmeront l’ineptie d’une « manipulation par l’Etat » de la monnaie en raison des anticipations rationnelles.

Ces premières attaques se feront aussi sur la base d’un nécessaire retour à la stabilisation des prix, stabilisation érigée en bien public. Il s’agit là d’un retour à la loi d’airain de la monnaie sous une forme modernisée : certes on peut désormais se passer de l’or, mais se libérer de toute contrainte monétaire ne permet pas de promouvoir la confiance des épargnants, lesquels exigeront des primes de risques, et donc feront monter les taux de l’intérêt. Avec les conséquences souvent reprises par ces banquiers centraux entrain de conquérir leur indépendance, à savoir la non maximisation de la croissance et de l’emploi.  Evidemment la démonstration n’est guère convaincante, et il suffit de se plonger dans le passé, pour constater que dans les périodes de forte répression financière, où la notion de prime de risques n’avait guère de sens, la croissance était plus vive, et le plein emploi souvent constaté. De fait, la théorie économique n’a jamais pu être convaincante sur le sujet, et aurait pu  se borner à expliquer quels intérêts, en tout premier lieu, allaient être satisfaits en organisant l’éloignement de l’Etat.

Ces premières attaques au profit de l’indépendance, pouvaient très bien se solder par une indépendance de fait des banques centrales, sans toucher à leur réalité institutionnelle. Il suffisait au fond, de dénoncer toute manipulation politique, et d’exiger que les Etats laissent une complète autonomie de gestion aux banquiers centraux. Mais les développements de la théorie économique iront plus loin et il en découlera une impérative mise en cause organisationnelle des banques centrales.

Des travaux économétriques vont révéler –Bade et Paker (1985), Alesina et Summers (1993), Fischer (1994) – une forte corrélation entre inflation et degré d’indépendance des banques centrales : plus les banques sont indépendantes et plus la stabilité des prix est assurée. Certains de ces travaux en appelleront d’autres à vocation utilitaire. Ainsi GrillI, Masciandaro et Tabellini vont mettre sur pieds un indice, comportant pas moins de 16 variables, permettant de mesurer le niveau d’indépendance des banques centrales. D’autres travaux – notamment la théorie du cycle électoral de Nordhaus (1975) -vont révéler l’irrépressible tentation d’utiliser la politique monétaire à des fins électorales. Travaux qui seront confirmés par de très nombreux autres : Kydland et Prescott (1977), Barro et Gordon ( 1983). Ces derniers vont utiliser la théorie des jeux pour montrer que les stratégies dominantes des entrepreneurs politiques et des agents privés vont aboutir à un « détestable équilibre de Nash ». Avec comme seules solutions possibles pour sortir de ce « dilemme du prisonnier » : la réputation ou la délégation. Comme les entrepreneurs politiques auraient depuis longtemps épuisé leur capital de confiance, il ne reste plus que la délégation du pouvoir monétaire à la banque centrale, laquelle n’aurait comme seul objectif que la stabilité des prix. Tous ces travaux furent à l’origine de très nombreuses thèses universitaires allant souvent dans le même sens, même si parfois des études critiques relativisaient ce formidable engouement pour l’indépendance des banques centrales ( Cukierman 1992).

Hélas, il faut se méfier de tout

Mais bien évidemment, on sent qu’il faudrait aller beaucoup plus loin : qui peut nous assurer de la crédibilité de la banque centrale ? Si la réputation des entrepreneurs politique n’est pas rattrapable, comment forger celle des banquiers centraux ?

Non seulement l’indépendance devient une exigence, mais il faut l’assortir de nouvelles contraintes. D’où, au-delà d’une indépendance juridique, exiger des plans organisationnels et comportementaux, efficients, et donc rassurants, sur l’objectif de stabilité des prix. Là encore, les travaux universitaires se sont multipliés. Ceux de K Rogoff  (1985) conduiront seulement à la prudence : il faut choisir un banquier central très réputé pour sa très forte aversion à l’inflation. Ceux de Blinder (2000) n’iront pas beaucoup plus loin : il faut jouer sur l’effet de réputation pour asseoir la crédibilité.  Plus sévères seront ceux de Walsh (1995) qui, dans le paradigme de la théorie de l’Agence, vont déboucher sur la nécessité  de lourdes sanctions financières automatiques envers le banquier central inefficient.

Mais au-delà des comportements, et de la réputation du banquier central, sur quel corpus théorique doit-il s’appuyer, pour effectivement garantir la stabilité des prix ? Faut-il mettre en avant les hypothèses monétaristes au risque de privilégier le long terme sur le court terme ? Faut-il croire dans la théorie des anticipations rationnelles et « surprendre » les agents économiques dans le court terme ? Faut-il privilégier une règle, telle la règle de Taylor dont la simplicité et le bon sens, se heurte à des difficultés de mesure et à de trop fréquentes interventions de taux ?

Et s’agissant de ces règles, il faut aussi, pour maximiser la crédibilité, que l’on soit assuré qu’elles soient prises à bon escient, ce qui veut dire aussi, un fonctionnement relativement transparent. Quelles seraient donc les règles de transparence ? Les travaux sont ici beaucoup moins nombreux, et il est facile de prendre conscience qu’il doit exister des limites à la transparence, notamment au regard des interventions au quotidien sur telle ou telle banque, la présente période montrant à quel point, des développements  systémiques, sont toujours à craindre, à partir de telle ou telle information.

Si l’on résume le chemin parcouru dans le raisonnement : nous sommes parti d’un constat empirique, la stagflation des années 70, pour mettre en cause la théorie keynésienne justifiant la dépendance des  banques centrales vis-à-vis des Etats, ce qui va justifier la séparation, mais surtout qui va justifier une indépendance au seul titre de la stabilité des prix, et stabilité qu’il faudra assurer par une certaine organisation, et un certain fonctionnement des banques centrales.

Mais la vraie question devient alors : pourquoi la stabilité des prix est-elle devenue si extraordinairement importante ?

Une clef pour comprendre…

De fait, la stagflation des années 70, est favorable à l’économie réelle et aux détenteurs d’actifs réels, et simultanément défavorables aux entreprises financière, et à tout ce qui touche la finance. Cela est très lisible dans les bilans. Dans les entreprises industrielles le passif est rogné par l’inflation, tandis que l’actif se trouve valorisé. Les ménages investissant dans le logement, se sentiront dans les années 70, les plus concernés par cette déformation des bilans : l’emprunteur immobilier voit le poids du remboursement de son crédit s’alléger, tandis que l’actif immobilier s’apprécie continument. Les banques connaissent à l’inverse, la poursuite de la répression financière engagée depuis si longtemps par l’Etat. L’actif devrait pouvoir se développer comme il le faisait pour les entreprises industrielles, mais comme il est composé d’éléments financiers, toute augmentation de taille, se paie d’une dévalorisation absolue importante. A l’inverse, les encaisses monétaires figurant au passif, sont frappées d’une taxe d’inflation. De fait, la stagflation des années 70 ne fait que prolonger, par d’autres moyens, les rigueurs de l’antique «  circuit du Trésor ».

Parvenir à la stabilité des prix est donc une révolte, qui ne peut être menée que par les perdants de l’inflation,  avec en tout premier lieu les banques. Il faut donc parvenir à une redéfinition des tâches des entrepreneurs politiques, dont la maitrise des outils de la contrainte publique, et en particulier les banques centrales, doit être rediscutée.

Si maintenant, il peut être trouvé des économistes qui peuvent démontrer l’impossibilité pour les entrepreneurs politiques d’établir la stabilité des prix, et si l’on peut démontrer que seules des banques centrales devenues réellement indépendantes, sont en capacité d’étouffer l’inflation, il y a possibilité de gagner sur deux tableaux : mettre fin au mode hiérarchique de la dette publique, et passer à une économie de dette.

Mettre fin au mode hiérarchique de la dette publique en interdisant aux Etats de s’approvisionner directement auprès de leurs banques centrales, lesquelles voient leurs liens de dépendance financière coupés, c’est la possibilité pour les banques de second rang de voir s’ouvrir un immense marché de la dette publique. Et un marché qui ne peut que s’accroitre, car le choc désinflationniste qui va se mettre en place va alimenter la dette publique : le resserrement monétaire pour cause de lutte contre l’inflation, augmente le coût du service de la dette en formation, et freine l’augmentation attendue des  ressources budgétaires. C’est ce que constatent Richard Black, Donald Coletti, et Sophie Monnier (1997), auteurs qui, regroupant toute une série d’études croient aussi pouvoir montrer sur un mode utilitariste, que le choix de la désinflation est inefficient sur le plan macro économique. Mais la fin de l’inflation correspond au commencement de la dette.

A ce premier intérêt pour les banques, qui se voient assurées d’un débouché croissant, auprès de celui qui est devenu un client, c’est – à-  dire l’Etat, s’ajoute un second : les actifs bancaires peuvent désormais se développer sans réelle limite, puisqu’ils ne sont plus soumis à l’impôt d’inflation. Si désormais existe dans le système financier un gardien crédible de la stabilité des prix, alors les joies de la dette peuvent s’épanouir. Les bilans peuvent grossir : souvent comparables aux bilans industriels des années 60, les bilans bancaires peuvent désormais dépasser la taille du PIB du pays qui les accueille. Chacun aura évidemment en tête celui de la BNP , banque « plus grosse que la France ». Et curieusement, on pourra même choisir un indice des prix, qui pourra laisser de côté tout ce qui est actif, et en particulier tout ce qui est actif non financier pouvant servir d’appui à des actifs financiers. Nous avons là bien sûr l’immobilier et les « commodities » dont la hausse continue n’infirmera pas la parfaite stabilité des prix, mais qui à l’inverse, pourra nourrir l’économie de dette et donc la finance.

Peut-on alors parler d’indépendance et de crédibilité des banques centrales ? Ces mots n’ont guère de sens. Ce qui s’est produit tout au long de la période de désinflation, qui va parallèlement proclamer l’indépendance des banques centrales, et qui va en Europe édifier la BCE, n’est qu’un progressif basculement de rapports de forces entre acteurs sociaux : les entrepreneurs politiques dans leur quête de reconduction au pouvoir, sont amenés à délaisser de vieilles solidarités, par exemple celles qui se sont nouées au moment de la création du « well fare », au profit de la finance.

Fait historique qui permet de comprendre au-delà des définitions économicistes des banques centrales, la vraie nature de ces dernières. D’où la définition que nous proposons :

 « une banque centrale est une institution, logée dans l’interface entre pouvoir financier et pouvoir politique, et chargée d’exprimer le rapport de forces entre les deux, par des actions concernant la circulation monétaire, la monnaie elle-même, et la dette. La position relative des deux pouvoirs : absorption plus ou moins complète de l’un par l’autre, séparation radicale/opposition radicale, coopération mutuellement avantageuse, servitude volontaire, etc. dépend des forces que chacun d’eux mobilisent et organisent, et se trouve être la source ultime de la compréhension des faits monétaires ».

Définition à méditer.

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans banques centrales
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commentaires

testing omni tech support 08/10/2014 11:46

Every bank has the tagline that they exist for the service of the customers. However, only a very few banks are able to accomplish what they say. Independent central bank is one of such banks. Thanks a lot for the share.

BA 18/01/2012 11:40

Je confirme les infos ci-dessus.

Je reviens à mon sujet préféré : la zone euro :

Le risque caché : si la Grèce sort de l’euro, c’est l’Allemagne qui explose en premier !

Le débat fait rage chez les économistes allemands. La Bundesbank, qui possède 465 milliards d’euros de créances sur l’Eurosystème, est de plus en plus exposée à l'éclatement de la zone euro.

Lors de la création de l’euro, les pays ont gardé leur banque centrale, bien qu’ils entrassent dans une monnaie unique. La structure formée de toutes ces banques centrales et de la Banque centrale
européenne (BCE) se nomme « l’Eurosystème ». Il s’agit d’une bizarrerie, normalement à une monnaie doit correspondre une seule banque centrale. Une étude d’Eric Dor de l’Iseg met en lumière les
effets délétères de cette construction baroque.

Au lieu d’avoir une banque centrale qui centralise les transactions de l’ensemble des banques européennes, chaque banque est en liaison avec la banque centrale de son pays. La liquidité est fournie
par les différentes banques centrales, et les banques commerciales déposent leurs réserves non pas à la BCE, mais dans leur banque centrale.

Ainsi, quand une entreprise grecque achète un produit allemand, une banque grecque transfère de l’argent à une banque allemande. Et la Bundesbank (la banque centrale allemande) se retrouve avec une
créance d’autant sur la Banque centrale de Grèce. A cela se rajoute les fuites de capitaux : personne ne prête aux banques grecques qui doivent donc se tourner vers leur banque centrale, et en plus
les déposants grecs vident leurs comptes pour les transférer à l’étranger.

On comprend ainsi que les banques centrales des pays exportateurs accumulent des créances de plus en plus importantes sur celles des pays importateurs : les prêts de la Bundesbank au reste de
l’Eurosystème atteignent le chiffre record de 465 milliards d’euros (en octobre 2011) ! En contrepartie, les dettes des banques centrales des pays de la périphérie de la zone euro se sont envolées,
pour atteindre 118 milliards d’euros pour l’Irlande, 108 milliards d’euros pour l’Espagne, 101 milliards d’euros pour la Grèce, 89 milliards d’euros pour l’Italie ou 57 milliards d’euros pour le
Portugal.

Les risques pour l’Allemagne sont énormes. Au cas où la zone euro éclaterait, la Bundesbank subirait des pertes gigantesques sur ces créances, car les nouvelles monnaies (drachme, etc.) perdraient
de la valeur par rapport à l’euro. Dans un tel scénario, la Bundesbank devrait être recapitalisée par l’État allemand, qui verrait sa propre dette publique s’envoler.

Et même sans rupture de la zone euro, la Bundesbank s’expose à des pertes potentielles. En effet, la Banque centrale de Grèce fournit de plus en plus de liquidité aux banques grecques, on l’a vu,
mais en échange de quoi ? En échange d’actifs (le « collatéral »), mais il faut gratter les fonds de tiroir et ceux-ci sont de moins en moins bonne qualité (des bons du Trésor grecs par exemple…).
A un moment il faudra bien enregistrer des pertes sur ces actifs dévalués, et ils seront à la charge de l’Eurosystème tout entier (dont la Bundesbank est « actionnaire » à hauteur de 30%, soit
autant de pertes).

Cette information est stupéfiante. On aurait voulu mettre un mécanisme d’autodestruction au cœur même de l’euro qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

On comprend les cris d’horreur de nos gouvernants lorsqu’est évoqué une sortie de la Grèce de la zone euro : cela provoquerait une implosion du cœur de la zone euro, le pays le plus vertueux,
l’Allemagne, étant le plus touché ! On voit aussi qu’une faillite bancaire en Grèce impacterait instantanément toute la zone euro.

Il s’agit clairement d’un vice de construction de l’euro. Peut-on d’ailleurs encore parler de monnaie « unique » quand plusieurs banques centrales peuvent interagir et créer un risque systémique
?

Philippe Herlin.

http://www.atlantico.fr/decryptage/risque-sortie-grece-euro-explosion-bundesbank-dette-allemande-eurosysteme-philippe-herlin-269086.html

AbsolumentFabuleux 17/01/2012 22:50

Sacré Gizmo... tellement seul, c'est triste... Une solitude qui le pousse à s'imaginer qu'on lui pose des questions. Le seul qu'il trompe, c'est lui même, tellement auto centré sur son monologue
monomaniaque qu'il ne s'aperçoit pas d'une chose : nul ne s’intéresse à sa prose quasi religieuse. Le prosélytisme n'a pas sa place sur l'un des seuls blogs qui tente d'extraire l'économie des
croyances communes. Lisez vraiment M Werrebrouck et sortez de votre prison "intellectuelle".

BA 17/01/2012 19:56

Mardi 17 janvier 2012 :

FESF : la Finlande ne contribuera pas plus.

Le ministre des Finances finlandais ne veut pas d’une augmentation des garanties du pays au Fonds européen de stabilité financière (FESF), alors que se développent les conjectures d’une éventuelle
contribution plus importante des pays notés AAA.

« Les engagements de la Finlande ne seront pas augmentés; c’est notre préalable depuis longtemps et nous nous en tiendrons à ce principe », a dit Jutta Urpilainen, cité mardi par le site de
Kauppalehti.

L’agence Standard & Poor’s a ramené lundi sa note sur le FESF de AAA à AA+, laissant penser que le fonds risquait de solliciter davantage les Etats contributeurs pour conserver sa capacité de
prêt effective.

(Dépêche Reuters)

BA 16/01/2012 21:25

Lundi 16 janvier 2012 :

Mario Draghi (BCE) : « Sans triple A, le FESF doit être renfloué. »

Strasbourg (Parlement européen) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a estimé lundi que le Fonds de secours européen FESF, privé de sa note AAA par Standard and
Poor's, devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l'état.

Il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA pour que le FESF conserve la même capacité ou puisse prêter au même taux, même après une dégradation, a-t-il dit lors d'une
audition devant le Parlement européen.

(©AFP / 16 janvier 2012 20h33)

En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l'Europe : l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils de payer des contributions supplémentaires au FESF pour aider les autres Etats de la zone euro ?

BA 16/01/2012 20:25

Lundi 16 janvier 2012 :

FESF : Standard and Poor's abaisse d'un cran la note à AA+, n'exclut pas de la relever.

L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a abaissé lundi d'un cran à AA+ la note du Fonds de soutien européen (FESF), mais n'exclut pas de la relever à AAA si des garanties
supplémentaires devaient lui être accordées, selon un communiqué.

Cette décision est la conséquence de l'abaissement de la note de la France et de l'Autriche, qui faisaient partie des Etats notés AAA et permettaient au Fonds, par leurs garanties, de bénéficier de
la note optimale de SP.

(©AFP / 16 janvier 2012 19h34)

En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l'Europe : l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils d'apporter des garanties supplémentaires au FESF pour aider les autres Etats de la zone euro ?

BA 15/01/2012 22:04

En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l'Europe : l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils de payer davantage pour aider les autres Etats de la zone euro ?

Dimanche 15 janvier 2012 :

Un grand patron allemand évoque une sortie de l’Allemagne de l’euro.

Le patron du géant allemand des gaz industriels Linde, Wolfgang Reitzle, a pris position pour une sortie de l’Allemagne de la zone euro au cas où l’on ne parviendrait « pas à discipliner les pays
en crise », dans une interview au magazine Spiegel, à paraître lundi 16 janvier. « Si on ne parvient pas à discipliner les pays en crise, l’Allemagne doit se retirer », déclare M. Reitzle, ajoutant
« ne pas croire personnellement qu’il faille sauver l’euro à tout prix ».

Selon l’hebdomadaire, M. Reitzle est le premier patron d’une entreprise cotée à l’indice Dax des 30 valeurs vedettes de la Bourse de Francfort à prendre une telle position.

« Ce scénario n’est à mes yeux pas souhaitable, mais il ne doit pas non plus être considéré comme tabou », a souligné le chef d’entreprise, qui considère qu’après le choc des premières années lié à
sa sortie de l’euro, l’économie allemande pourrait retrouver toute sa compétitivité.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-grand-patron-allemand-evoque-une-sortie-de-l-Allemagne-de-l-euro_6346-2032422-fils-tous_filDMA.Htm

gidmoz 15/01/2012 11:37

@Jean Claude Werrebrouck
Vous me demandez de regarder votre définition de la Banque Centrale. Ci-dessus, j'ai dit tenu quelques propos sur votre définition.

Votre définition de la Banque Centrale est politique, et sociologique. En ce sens, de nombreuses autres définitions conviendraient tout aussi bien. Je préfère une définition purement juridique.
C'est à dire en terme de qui fait quoi, qui est responsable de quoi? quelles sont les obligations de qui?

L'économiste doit analyser les liens juridiques de fait, et qui définissent une Banque Centrale. L'économiste ne s'intéresse pas aux terminologies administratives. Il analyse les liens d'obligation
existants. Cette méthode économique me semble plus féconde pour définir une Banque Centrale. Elle reconstitue une réalité juridique plus pertinente.

De ce point de vue juridique, L’État détient un monopole monétaire. Il le confie à une Banque Centrale. Cette Banque Centrale est une Administration publique, ou une société commerciale. Cette
Banque Centrale est un agent économique qui a reçu un mandat de l’État pour gérer le monopole monétaire de l’État. Elle organise une coproduction de la monnaie avec les banques commerciales. Les
règles administratives de cette coproduction sont imposées par la Banque Centrale.

La Banque Centrale, mandataire de l’État, a reçu et accepté la mission d'émettre la monnaie avec certains objectifs. Elle doit maintenir une valeur suffisamment stable à la monnaie. La Banque
Centrale organise son règlement administratif en sorte que l'endettement de l’État soit facilité.

Vous semblez me demander aussi mon avis de libertarien. Pour un libertarien, le monopole monétaire de l’État est tout aussi nuisible, destructeur et absurde que le serait un monopole étatique de la
fabrication des chaussures. La monnaie ne peut évidement pas se gérer correctement par le moyen centralisé d'une Banque Centrale. La monnaie est, par nature, un bien intermédiaire a priori
quelconque. Les nombreux exemples de free banking durant trois siècles, et dans tous les pays développés, le montrent bien. La volonté d'endettement de l’État a motivé chaque nationalisation de la
monnaie.

Thomas Mayer est chef économiste de la Deutsche Bank. Il affirme être de l'école autrichienne d'économie, comme le sont la plupart des libertariens. voir article de Contrepoints.org sur l'analyse
de Mayer. http://www.contrepoints.org/2011/10/04/48782-en-economie-je-suis-autrichien Mayer évoque la création d'une monnaie fondée sur un panier de biens de consommation. Je suppose qu'il vise un
panier de commodities et autres biens disposant d'un cours mondial. C'est, amha, une bonne idée lorsque le moment sera revenu pour la dénationalisation de la monnaie, c'est à dire le retour du free
banking.

Otto Hottentot 14/01/2012 23:10

Comme souvent, excellent article.
Si je peux me permettre une question, vous qui devez connaître bon nombre de ces banquiers, pensez vous qu'ils "savent" parfaitement ce que vous expliquez dans cet article, ou bien sont-ils
aveuglés par un système de valeurs qui leur permet de justifier leur action prédatrice et intéressée au nom de la recherche du bien commun ?

Si je peux me permettre une critique, vous pourriez vous permettre de faire un petit effort pour être plus clair. Du fait de la relative complexité des concepts présentés, je pense en effet qu'un
effort pour les présenter encore plus clairement pourrait éviter à certains lecteurs de ne lire que la moitié de la première phrase de chaque article.

Jean Claude Werrebrouck 15/01/2012 09:14



oui, je pense que les hommes ne savent que rarement ce qu'ils font, tout simplement parce qu'ils sont le plus souvent dans une prison intellectuelle. c'est aussi le cas des économistes qui
généralement ne disposent pas d'une culture générale suffisante, déficit bien entretenu par l'Université mais surtout par les écoles.


Vous avez sans doute raison sur le second point et je vais essayer de m'améliorer.



BA 14/01/2012 00:33

Vendredi 13 janvier 2012 :

Pronostic : cinq Etats du sud de l'Europe vont quitter la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, Chypre, Grèce).

Standard and Poor's abaisse de deux crans la note de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal et de Chypre, tous les quatre avec perspective négative.

La zone euro va exploser : les cinq Etats du sud de l'Europe ne pourront pas rester dans la zone euro.

Lisez cet article :

Sont abaissées de deux crans les notes : de l'Espagne, qui chute à un simple A avec perspective négative ; de l'Italie, qui chute à BBB+ avec perspective négative ; du Portugal, qui passe à BB en
catégorie spéculative ; et enfin de Chypre, qui passe à BB+ en catégorie spéculative.

Sont abaissées d'un cran les notes : de la France, qui tombe à AA+ sous perspective négative, de l'Autriche, qui tombe à AA+ sous perspective négative, de la Slovénie, de la Slovaquie et de
Malte.

Se maintiennent en revanche : le AAA de l'Allemagne, sous perspective stable, ainsi que le AAA de la Finlande, quant à lui sous perspective négative.

Tous les pays de la zone euro sont désormais en perspective négative, sauf l'Allemagne et la Slovaquie.

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/13/la-bourse-de-paris-dans-le-rouge_1629457_1581613.html#ens_id=1626411

BA 13/01/2012 21:40

Vendredi 13 janvier 2012 :

Grèce : taux des obligations à un an : 396,637 %.
Grèce : taux des obligations à 2 ans : 163,237 %.
Grèce : taux des obligations à 5 ans : 51,697 %.
Grèce : taux des obligations à 10 ans : 34,364 %.

Le ministre de l'Economie François Baroin a confirmé sur France 2 que la France avait perdu son triple A auprès de Standard & Poor's, avec une note abaissée d'un cran, à AA+. "Ce n'est pas une
bonne nouvelle, mais ce n'est pas une catastrophe", a-t-il estimé sur France 2.

"Aujourd'hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette, et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu", avait affirmé plus tôt Valérie Pécresse.

Pour sa part, le conseiller spécial du président français Henri Guaino s'est évertué, à cent jours de la présidentielle, à défendre le chef de l'Etat, qui sera candidat selon toute vraisemblance,
et à replacer l'abaissement de la note de la dette à long terme de la France dans le contexte de la crise de la zone euro.

"Vous voyez bien que toute la zone euro est en crise, a-t-il fait valoir. Le mauvais coup qui pourrait être porté contre la France, c'est que la zone euro explose", a-t-il ajouté.

http://www.romandie.com/news/n/_Perte_du_triple_A_Sarkozy_reunit_ses_principaux_ministres130120122001.asp

BA 13/01/2012 18:56

Vendredi 13 janvier 2012 :

Les banques suspendent les négociations sur la dette de la Grèce.

Les banques ont annoncé vendredi qu'elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, et laissé entendre qu'elles
pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie.

L'Institut de la finance internationale (IIF) écrit dans un communiqué que, "en dépit des efforts des dirigeants grecs", la proposition des banques d'abandonner 50% de la dette de l'Etat grec en
leur possession, "n'a pas abouti à une réponse ferme et constructive de la part de toutes les parties".

"Dans ces conditions, les discussions avec la Grèce sont suspendues pour permettre une réflexion sur les bénéfices d'une approche volontaire" ajoute ce texte publié au nom de l'Américain Charles
Dallara, directeur général de l'IIF, et du Français Jean Lemierre.

La notion "d'approche volontaire" fait référence à l'accord qui avait été conclu fin octobre entre les créanciers privés de la Grèce et les dirigeants de la zone euro. Les premiers s'étaient alors
engagés à renoncer d'eux-mêmes à recouvrer environ 100 milliards d'euros sur leurs créances afin d'éviter une faillite désordonnée du pays.

Quelques minutes après l'annonce des banques, une source proche des négociations a dit à l'AFP à Athènes que celles-ci traversaient un état de tension "extrême", et que les parties impliquées
devaient "prendre conscience de la très grave situation" pour "éviter le pire".

http://www.boursorama.com/actualites/les-banques-suspendent-les-negociations-sur-la-dette-de-la-grece-a7680ce899f296e29006dddc42fdc63a

BA 13/01/2012 13:11

Vendredi 13 janvier 2012 :
Italie :
Dans le cadre de la principale émission, le Trésor italien a placé 3 milliards d'euros de titres à échéance novembre 2014 dont les taux ont fortement diminué à 4,83% contre 5,62% lors de la
dernière opération similaire le 29 décembre.
Le Trésor a également émis environ 779 millions de titres à échéance juillet 2014, et 971 millions de titres à échéance 2018, à des taux qui se sont inscrits respectivement à 4,29% et 5,75%.
La Banque d'Italie ne compare pas ces taux avec ceux d'autres opérations totalement similaires.
Mais selon les analystes, le taux des titres à échéance juillet 2014 a diminué par rapport au taux de 4,93% enregistré lors d'une opération comparable le 28 octobre, tandis que le taux des titres à
échéance 2018 a en revanche un peu progressé par rapport au taux de 5,62% enregistré lors d'une émission comparable le 13 octobre.


http://www.romandie.com/news/n/CRISEL_Italie_reussit_a_lever_475_mrd_EUR_le_maximum_prevu130120121201.asp


- La BCE prête des dizaines de milliards d’euros aux banques privées italiennes.
- Avec cet argent, les banques privées italiennes achètent des obligations de l’Etat italien.
- La BCE rachète les obligations de l’Etat italien aux banques privées italiennes.
- Tout cet argent circule en circuit fermé. Tout cet argent ne redescend pas dans l’économie réelle.
- En Italie, l’économie réelle continue de se détériorer.
- Tout va très bien, madame la marquise.

gidmoz 12/01/2012 15:22

L'économie s'intéresse d'abord aux transferts de droits de propriété. Une définition utile en science économique est donc une définition juridique. C'est à dire une définition permettant de dire
qui est propriétaire de chaque chose, qui est responsable de chaque obligation. Il importe aussi de qualifier de "contrat" toute obligation, même non commerciale. Le concept de contrat s'élargit
alors aux obligations non commerciales.

La référence sociologique au signifiant-signifié, représentation abstraite, est une approche insuffisante pour l'exigence de la science économique. Les termes de "naissance", de "génétique" me
semblent impropres à la définition des relations avec une Banque Centrale. De la même manière parler de "convention" est pertinent en sociologie, mais pas en économie. En économie, une convention
est un contrat. Sinon, ce n'est pas un concept pertinent pour la science économique.

Tout concept sociologique qui ne peut pas se traduire en termes de droit de propriété ou d'obligation contractuelle n'est pas opérationnel pour l'analyse économique. Le concept de droit de
propriété est suffisamment large pour qu'il puisse englobe tous les droits, à condition d'adopter un concept de "propriété élargie". Le concept de "contrat" est, lui aussi, encore plus large,
puisque certains osent outrepasser le concept d'obligation acceptée qui lui avait donné naissance. Ainsi le concept de de "contrat social" est si éloigné du concept de contrat que, amha, il s'agit
d'une deuxième sens, distinct du mot "contrat".

La monnaie est devenu aujourdhui une chose que le droit positif a omis de définir. La monnaie est devenu un OJNI, "Objet Juridique Non Identifié". La nature de la monnaie est ainsi laissée à
l'appréciation de l'économiste. En lisant ce qui est écrit sur mon billet de banque, je découvre le mot "BCE". J'en déduis que la BCE l'a imprimé et émis. Et puisque ce billet me donne un droit, ce
droit provient nécessairement de la BCE. Mon droit de propriété sur ce billet est donc une "certaine" obligation de la BCE.

Je considère ainsi que chaque unité monétaire est une "certaine" obligation de la Banque Centrale. En effet, une unité monétaire, un billet de banque a de la valeur pour la seule raison que ce qui
qui l'a émis, imprimé représente une "certaine" obligation envers le possesseur du billet. Sinon ce billet n'aurait aucune valeur.

On peut valablement se poser la question de savoir en quoi consiste cette "certaine" obligation de la Banque Centrale". Et surtout comment le possesseur d'un billet de banque ou d'une unité
monétaire serait le bénéficiaire de cette obligation de la Banque Centrale. On se pose aussi la question de savoir par quel procédé la Banque Centrale parvient à donner de la valeur à chaque unité
monétaire. La réponse est le monopole monétaire de l’État.

L'interdiction, de fait, de la circulation ou de l'émission de monnaie concurrente, oblige chacun à utiliser la monnaie légale. La monnaie légale a de la valeur car toute autre devise est, de fait
interdite. Ou plutôt, toute autre devise subit un cout de circulation prohibitif, la rendant plus couteuse à utiliser que la monnaie légale. L'autre manière de créer un monopole étatique est de
rendre plus couteuse, par qq obligations légales, une éventuelle concurrence. Ensuite la régulation de la Banque Centrale permet d'ajuster le niveau de valeur de cette monnaie légale.

L’État mandate une Banque Centrale pour gérer son monopole monétaire. Que cette banque centrale soit une administration de l’État, ou soit un établissement juridiquement distinct importe peu. La
banque Centrale exécute le mandat que lui a confié l’État. La banque Centrale ne souhaite pas prêter directement aux agent économique. Elle organise la collaboration avec les banques commerciales.
La banque Centrale établit des règles de collaboration. Ces règles sont essentiellement pragmatique, administratives. Elles sont modifiées lorsqu'elles dysfonctionnent.

Ainsi, vous posez la question de savoir s'il existe un "corpus théorique" qui garantirait la "stabilité des prix" ? Ma réponse est négative. L’État a confié à la Banque Centrale, un mandat
impossible à satisfaire. Ou plutôt un mandat dont la réussite dépend du niveau des dépenses de l’État.

Pour bien comprendre cette analyse, il faut se souvenir que la monnaie-papier fut toujours initialement une monnaie privée dans une zone de free banking. Des dizaines d'exemples historiques, et
dans de nombreux pays riches, et depuis le 17e siècle, l'attestent. Voir les trois liens de mon papier. http://gidmoz.wordpress.com/2011/09/20/crises-monetaires-et-free-banking/

C'est toujours une volonté de l’État de s'endetter davantage qui a interrompu le free banking. Cette étatisation de la monnaie fut soit brutalement par décret, soit en imposant des restrictions
légales rendant impossible la continuation de la banque libre. Aujourdhui, le mandat de l’État à la Banque Centrale prévoit une possibilité d'endettement de l’État.

Cet endettement étatique est incompatible avec la stabilité des prix. Les gains de productivité des entreprises permettent une baisse de 2% annuels des prix des marchandises, du moins en prix
réels. Les dépenses de l’État induisent une inflation qui empêche de voir cette baisse des prix réels. Seul l'économiste la voit. Cette baisse de 2% des prix réels permet à l’État de dépenser
davantage. Une augmentation apparente de 3% des prix signifie, de fait une inflation des prix de 3%+2%=5%.

Le monopole monétaire de l’État est le seule cause structurelle des dysfonctionnement monétaire. Le choix de telle règles monétaire est un aménagement inutile lorsque l’État, le pouvoir politique,
peut le contourner le jour ou il le souhaite.

Le free banking, c'est à dire la dénationalisation de la monnaie, est le seule formule intellectuelle logique et cohérente d'un bon fonctionnement de la monnaie. Tant que le scénario de la
dénationalisation de la monnaie ne sera pas évoqué, aucune construction intellectuelle de la monnaie ne conviendra. Sauf elle parvient à singer un fonctionnement concurrentiel de la monnaie. les
économiste monétaires actuels sont face au même problème que celui que se posaient les économistes soviétiques. Ils étaient contraints de trouver des modes de fonctionnement des monopoles
étatiques.

Un congrès de mathématiciens se réunit pour savoir combien font 2+2, mais avec l'interdiction de prononcer le nombre 4. Les débats d'économie monétaires pendant lesquels n'est pas évoqué le free
banking sont tout aussi stériles que ces congrès de mathématiciens.

La question de l'indépendance de la Banque Centrale est un vrai problème pour éviter les intrusions de l’État dans son fonctionnement. Mais le mandant est le véritable maitre de son mandataire quel
que soit le mandat. Une Banque Centrale ne sera donc jamais indépendante. Seul la liberté totale d'émission monétaire donnerait une véritable indépendance des banques vis a vis de l’État.

BA 12/01/2012 14:58

Jeudi 12 janvier 2012 :

Italie :

Le Trésor italien a réussi jeudi à lever 12 milliards d’euros d’obligations à court terme, soit le maximum prévu, pour sa première émission de l’année.

Les taux d’intérêt des titres à un an ont chuté lors de cette opération très attendue par les investisseurs à 2,735% contre 5,952% lors de la dernière émission similaire datant du 12 décembre.

Espagne :

Le Trésor espagnol a emprunté jeudi 9,986 milliards d’euros, le double de son objectif, profitant de taux d’intérêt en forte baisse pour sa première émission obligataire de l’année, selon les
chiffres publiés par la Banque d’Espagne.

Soutenue par une demande très importante (18,7 milliards), l’Espagne en a profité pour émettre plus d’obligations que prévu à 3, 4 et 5 ans, à des taux plus avantageux que lors des émissions
précédentes, s’étalant de 3,384% à 3,912%, contre 4,871% à 4,848% les dernières fois.

Le Trésor espagnol souhaitait au départ lever 4 à 5 milliards d’euros, mais avait prévenu qu’il s’agissait d’une fourchette indicative, pouvant être modifiée en fonction des conditions du
marché.

Celles-ci ont été très bonnes, sans doute grâce à l’action de la Banque centrale européenne (BCE), qui a réalisé fin décembre une importante injection de liquidités auprès des banques de la zone
euro, ces banques commençant peut-être à utiliser cet argent frais sur les marchés.


http://www.romandie.com/news/n/_L_Espagne_profite_du_calme_des_marches_pour_emprunter_2_fois_plus_que_prevu120120121101.asp

A-J Holbecq 12/01/2012 14:27

C'est amusant parce qu'hier soir sur "ciné émotion", à la télé, je me suis régalé à voir le très bon film " Un homme d'exception", biographie romancée de la vie de John Nash.

Albert 12/01/2012 14:09

Excellent article.Je vais le proposer à un site ami.

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