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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 09:08

 

S’agissant du plan de sortie de crise de l’Italie, on peut s’étonner des réactions  superficielles qu’il a engendrées, le plus souvent sous la forme d’éloges visant à souligner le dynamisme du nouveau dirigeant politique. Il faut néanmoins remarquer qu’aucune analyse sérieuse n’a jusqu’ici été publiée.

Le cadre général sur lequel le plan Renzi s’appuie est constitué d’hypothèses  singulières dont au moins deux d’entre elles doivent être soulignées : la « marge » sur le déficit public d’une part, et celle sur le coût de la dette d’autre part. Le plan prévoit en effet que de nouvelles dépenses peuvent finalement être financées par l’accroissement du déficit, lequel n’étant que de 2,6% en 2013, peut se hisser à 3% sans risquer les foudres bruxelloises, ce qui laisserait une enveloppe potentielle de 6 milliards d’euros. Ce même plan prévoit que ces dépenses nouvelles peuvent reposer sur le moindre débours à prévoir en raison d’un coût décroissant du service de la dette, coût décroissant reposant lui-même sur la baisse des taux. Ici la « marge » ainsi imaginée laisserait une enveloppe de 2,4  milliards d’euros.

En dehors du plan de résorption des dettes du Trésor envers les entreprises (60 milliards d’euros) que nous examinerons plus loin, la demande globale devrait augmenter au cours des prochains mois d’un peu plus  de 10 milliards d’euros[1]. Compte tenu de l’effet multiplicateur, cette hausse pourrait entrainer un gain de croissance pour l’année 2013  d’environ 12 à 15 milliards d’euros[2].

En contrepartie, une baisse de la demande globale devrait intervenir du fait d’une réduction de volume de la dépense publique. Dans l’hypothèse retenue d’une baisse du train de vie de l’Etat à hauteur de 7 milliards d’euros pour 2014, nous pourrions avoir une tendance à la contraction du PIB d’un peu moins de 10 milliards d’euros.

Expansion d’un côté, contraction de l’autre, la force expansionniste l’emporte, certes, mais de très peu et surtout elle ne l’emporte qu’au prix d’un accroissement de la dette…autorisée sur la base d’une finasserie comptable : les « marges » sur la dette que nous venons d’évoquer.

Ajoutons que le risque est grand en raison de la non introduction dans le raisonnement des tendances déflationnistes qui augmentent le coût réel de la dette publique alors que le taux nominal pourrait baisser[3].

Reste le grand mystère de la prise en charge par la « Cassa Depositi e Pretiti » (CDP) -c’est-à-dire approximativement l’équivalent de la Caisse Des Dépôts française- des dettes du Trésor sur les entreprises. Un tel transfert développe un gros effet de liquidité sur des entreprises qui pourraient théoriquement investir, voire redistribuer du pouvoir d’achat. Cependant cet effet est contre balancé pour un même montant au détriment de l’aide à l’investissement aux entreprises qui ne pourraient plus bénéficier de fonds de la CDP, désormais mobilisés au titre de la demande du Trésor. Sans recours à une création monétaire, l’idée de transférer 60 milliards d’euros aux entreprises en utilisant les services de La CDP ne correspond à aucun avantage macroéconomique, sauf peut-être en ce qui concerne la notation de l’Etat par les agences.

Le plan Renzi fait ainsi partie des outils de la simple communication gouvernementale.

Il ne produira aucun miracle et laissera le pays dans les difficultés qui sont les siennes.

 Pour autant, on mesure les bénéfices que, théoriquement, il pourrait introduire si la demande globale pouvait bondir de 60 milliards d’euros, au titre du paiement des créances  des entreprises sur le Trésor, à partir d’une pure création monétaire. La prison européenne maintiendra la dure « loi d’airain de la monnaie »[4] et l’Italie comme – à l’exception de l’Allemagne -tous les autres pays de la zone euro ne pourra envisager son avenir sans le rétablissement d’une forme de souveraineté monétaire.

 

 



[1] Fin mai 10 milliards seront remis au ménages sur la base d’un chèque ou d’une diminution du prélèvement à la source. Les autres mesures (baisse de la taxe professionnelle, plan de rénovation des écoles, plan jeunesse, etc.)  monterons progressivement en puissance.

[2] Il est très difficile d’évaluer le multiplicateur et de nombreuses controverses alimentent le débat. On trouvera une bonne synthèse de la question chez Éric Heyer : « Une revue récente de la littérature sur le multiplicateur : la taille compte ! » , OFCE, Le Blog, 2012.

[3] Selon Eurostat, l’inflation qui est tombée à 0,5% en mars pour l’ensemble de la zone, n’est que de 0,4 pour l’Italie.

[4] CF Jean Claude Werrebrouck : « La loi d’airain de la monnaie », Médium, N°34, janvier Février mars 2013.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans la zone euro
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BA 09/04/2014 22:02

Bernard Maris vient de comprendre.

L'économiste Bernard Maris vient de publier une chronique explosive dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi 9 avril 2014, page 6 :

"Je vire ma cuti.

J'ai voté oui à Maastricht, oui au traité constitutionnel. Aujourd'hui, je pense qu'il faut quitter la zone euro."

Lisez la suite à la page 6 de Charlie Hebdo.

Bernard Maris dans Wikipedia :

Diplômé de Sciences Po Toulouse en 1968, Bernard Maris obtient ensuite un doctorat en sciences économiques à l'université Toulouse-I en 1975 avec la thèse intitulée « La distribution personnelle
des revenus : une approche théorique dans le cadre de la croissance équilibrée », préparée sous la direction de Jean Vincens.

Maître-assistant (puis maître de conférences à partir de 1984) à l'université Toulouse-I, il devient professeur des universités par concours d'agrégation (science économique générale) en septembre
1994 à l'Institut d'études politiques de Toulouse.

Il est actuellement professeur des universités à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Maris

BA 09/04/2014 19:02

Mercredi 9 avril 2014 :

Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie : les banques de ces sept pays ont dans leurs livres 800 milliards de dollars d'actifs pourris, soit 580 milliards d'euros d'actifs
pourris.

Ces sept pays sont en faillite.

Les banques de ces sept pays sont en faillite.

La question est donc : "En zone euro, QUAND va éclater la prochaine crise bancaire ?"

Lisez cet article :

Zone euro : le FMI inquiet du "fardeau" des créances douteuses.

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde mercredi contre le "fardeau" grandissant des créances douteuses dans la zone euro à l'heure où le secteur financier européen est soumis à un
examen de santé.

"Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du
ralentissement économique", écrit le Fonds dans son rapport sur la stabilité financière mondiale.

Ce stock a doublé depuis 2009 et s'élève aujourd'hui à "plus de 800 milliards de dollars" sur l'ensemble de la zone euro, affirme le Fonds, qui se penche plus particulièrement sur les pays
européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

http://www.romandie.com/news/Zone-euro-le-FMI-inquiet-du-fardeau-des-creances-douteuses/466552.rom

BA 08/04/2014 20:51

La Révolution française n'est pas terminée.

Mardi 8 avril 2014 :

Banques françaises : les salaires des patrons en forte hausse en 2013.

Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas) : 3 440 375 euros.
Augmentation de 8,1 % par rapport à 2012.

Frédéric Oudéa (Société Générale) : 2 711 995 euros.
Augmentation de 8,5 % par rapport à 2012.

Jean-Paul Chifflet (Crédit Agricole) : 2 140 439 euros.
Augmentation de 38,8 %. Je dis bien : augmentation de 38,8 %.

Laurent Mignon (Natixis) : 1 766 120 euros.
Augmentation de 14,8 %.

François Pérol (BPCE) : 1 446 286 euros.
Augmentation de 29,4 %. Je dis bien : augmentation de 29,4 %.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203430862642-banques-francaises-les-salaires-des-patrons-en-forte-hausse-663164.php

En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 de repas.
En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 de repas.
En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 de repas.
En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 de repas.
En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 de repas.
En 2006-2007, les Restos du Cœur ont distribué 81 700 000 repas.
En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 de repas.
En 2008-2009, les Restos du Cœur ont distribué 100 000 000 de repas.
En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 de repas.
En 2010-2011, les Restos du Cœur ont distribué 107 000 000 de repas.
En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 de repas.
En 2012-2013, les Restos du Cœur ont distribué 130 000 000 de repas.

C'est pas bientôt fini ?

C’est la question que les Restos du Coeur se posent en voyant le chiffre effrayant du million de personnes accueillies franchi cet hiver.

http://www.restosducoeur.org/content/bilan-de-la-29e-campagne

BA 05/04/2014 15:39

Construction européenne : les courbes se sont croisées !

Question :

Diriez-vous qu’aujourd’hui pour votre pays c’est plutôt une bonne chose ou plutôt une mauvaise chose d’appartenir à l’Union Européenne ?

Réponse :

- plutôt une bonne chose : 48 % des personnes interrogées

- plutôt une mauvaise chose : 52 % des personnes interrogées.

C'est la première fois que les Français interrogés répondent en majorité : "plutôt une mauvaise chose".

C'est la première fois que les courbes se croisent.

Regardez l'évolution des courbes à la page 11 :

http://www.ifop.com/media/poll/2587-1-study_file.pdf

BA 05/04/2014 07:33

Vincent Brousseau vient de comprendre.

Jeudi 3 avril 2014 :

L’un des deux économistes français de la BCE en charge de la politique monétaire démissionne et rejoint l’UPR pour prendre la tête de liste Centre aux européennes.

Diplômé de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud et titulaire de deux doctorats, l’un en mathématiques et l’autre en économie, Vincent Brousseau a travaillé pendant 15 ans à la Banque centrale
européenne (BCE) à Francfort et était, jusqu’au 1er janvier 2014, l’un des deux économistes français du département de la politique monétaire.

À ce poste situé au sein du département le plus prestigieux et le plus stratégique de la BCE, il a pu analyser, aux premières loges, la naissance et le développement de la crise de l’euro.

Il est l’expert qui, à la Direction économique, a été le premier à attirer l’attention sur le désormais célèbre problème des déséquilibres « Target ».

Il fut aussi l’un des premiers à signaler, en 2009, la manipulation des indices Libor/Euribor dans une publication (hors BCE) qui, sur le moment, passa inaperçue.

Alors qu’il était un « Européen convaincu » à son arrivée au sein de l’institution en septembre 1998, Vincent Brousseau est progressivement parvenu au constat que l’euro n’est pas viable et que les
politiques destinées à le « sauver » mènent les peuples européens à la ruine.

Le ralliement de Vincent Brousseau à l’Union Populaire Républicaine (UPR) est une nouvelle démonstration du sérieux et de la pertinence des analyses et des propositions développées par François
Asselineau depuis sept ans, qui valent d’ailleurs à l’UPR une croissance de plus en plus massive du nombre de ses adhérents.

Vincent Brousseau va prendre la tête de liste UPR de la circonscription Centre pour le scrutin européen du 25 mai prochain.

http://www.upr.fr/presse/communiques-de-presse/lun-economistes-francais-bce-en-charge-politique-monetaire-demissionne-rejoint-lupr

Hadrien 04/04/2014 18:21

PIKETTY: INÉGALITÉS, RECONSTITUTION DU CAPITAL NATIONAL ET... "FORTERESSE ALLEMANDE"?


Il est tout d'abord utile de rappeler que la remontée observée, à partir de 1979/80, sur l’inégalité des revenus aux ÉTATS-UNIS (qui a aujourd’hui retrouvé son niveau de la « belle époque » des
années 20), correspond à la cassure des taux d’intérêt réels qui fit échouer la gauche unie de mai 81 en France, et provoqua le tournant de la rigueur de 1982/83 !

HISTORIQUE (FRANÇAIS) DES TAUX D’INTÉRÊT RÉELS
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=2&codeStat=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&codePays=FRA&codeTheme2=2&codeStat2=FR.INR.RINR&codePays2=FRA

FRANCE
1961 0,10
1962 -1,12
1963 -2,70
1964 -0,38
1965 0,66
1966 0,44
1967 0,16
1968 -0,06
1969 0,28
1970 2,60
1971 0,98
1972 -0,49
1973 0,77
1974 0,58
1975 -3,20
1976 -1,57
1977 0,60
1978 -0,11
1979 -0,40
1980 0,93

Hadrien 04/04/2014 15:08

L'HISTORIQUE DES TAUX D'INTÉRÊT RÉELS EST IMPORTANT !

J'ignore pourquoi cet historique édifiant par sa cassure de 1980 (Thatcher/Reagan) a été effacé par le "modérateur", tant pour la partie après 1980 que pour les commentaires.

Je ne recommence pas... mais que l'on sache bien que cette cassure de 1980 est la même que celle rapportée par Piketty sur l'inégalité des revenus (capital/salaire) aux ÉTATS-UNIS, qui a déjà
retrouvé son niveau de la belle époque (années 1920)!

Or, beaucoup a été dit à cet égard sur le livre de Piketty, dont les quelques mille pages se résument presqu'entièrement à commenter les courbes des données collectées: une excellente source de
statisticien pour les économistes, bien que dénuée de modelisation dynamique des phénomènes et de leur invariance...

Hadrien 03/04/2014 20:28

L’ANTI-MODÈLE ALLEMAND
(Jacques Nikonoff: « Sortons de l’euro! »)


DÉFLATION SALARIALE: ALLEMAGNE, FRANCE, ITALIE…

Ce sont les travailleurs allemands qui ont déposé le tribut le plus lourd sur l’autel de l’euro puisqu’ils ont subi, chaque année en moyenne pendant la période 1999-2009, où l’inflation n’était
pourtant que de 1,52%, une perte de pouvoir d’achat de 1,26% de leurs salaires, soit 13,86% cumulés sur 11 ans. Pour les salaires mensuels de 2000 euros, cela fait une perte de plus de 3500 euros
!
Les travailleurs français, par comparaison, ont beaucoup moins souffert. Leurs salaires unitaires ont augmenté de 1,86% en moyenne annuelle entre 1999 et 2009. Comme l’inflation, sur la même
période, a été de 1,75%, le gain est de 0,11%, soit 1,21% cumulés sur 11 ans.
Les travailleurs italiens ont également bien résisté puisqu’ils obtiennent… un très léger progrès: une augmentation des salaires unitaires de 2,27% alors que l’inflation est à 2,25%. Soit un gain
de 0,02% par an en moyenne, ou 0,22 cumulés sur 11 ans !…

L’acharnement des dirigeants allemands à soumettre le salariat de leur pays et à lui imposer une cure d’austérité aura duré dix ans…
La part des salaires dans la valeur ajoutée a fortement baissé en Allemagne, passant de 65,4% en 2003 à 62,2% en 2007, alors qu’elle restait stable en France et en Italie. Le but était de baisser
les prix des produits afin de gagner des parts de marché à l’exportation vis à vis des autres pays partageant la monnaie unique.


DÉLOCALISATIONS DE L’ALLEMAGNE VERS LES PÉCO…

[Pour les produits "haut de gamme" comportant encore un salariat allemand bien rémunéré], la stratégie des grandes entreprises allemandes, soutenue par les gouvernements Schröder puis Merkel, a été
de développer l’importation d’entrants bon marché en provenance des PECO, zone d’influence traditionnelle de l’Allemagne. Cette stratégie a permis à l’industrie allemande de réaliser un véritable
tour de passe-passe. Elle a pu offrir des produits d’exportation très compétitifs « bénéficiant de marque associée au Made in Germany, malgré leur peu de contenu en travail allemand. » [Bulletin de
la Banque de France]
Contrairement à un mythe bien entretenu, les exportations allemandes ne correspondent à aucun progrès technologique ou industriel. Sur la période 1998-2009, la valeur ajoutée manufacturière
allemande a stagné en Valeur, alors que les exportations augmentaient de 74%. Par quel miracle? Parce que l’Allemagne exporte des importations ! Un exemple illustre cette réalité: la fameuse
Porsche Cayenne qui sort de l’usine de Leipzig… (et fabriquée à 85% hors d'Allemagne).
D’ailleurs, pour bien enfoncer le clou, l’étude de la Banque de France fait observer que la période d’accélération des délocalisations des PECO « a correspondu avec la période de croissance très
faible de l’Allemagne et qu’au sein de l’UE, on observe des relations inégales de type centre-périphérie « entre l’Allemagne et ses partenaires, à l’instar d’une métropole et de ses colonies dans
un Empire. »


L’EUROPE EN EMPIRE ALLEMAND ?

Joschka Fischer, le Vert qui a été ministre des affaires étrangères et vice-chancelier , s’alarme maintenant de cette stratégie à laquelle il a pourtant donné la première impulsion: « Il n’est plus
possible d’ignorer le changement fondamental d’orientation stratégique de la politique européenne de l’Allemagne. Objectivement, la tendance est à une Europe allemande, un choix qui n’a aucune
chance de succès. » Lui n’en doute pas, mais personne ne peut dire si cette stratégie n’a aucune chance de succès.
L’un des plus clairvoyants, en France, a été le Général Pierre-Marie Gallois, ancien de la France Libre et du réseau de résistance Combat. Il fut un ardent militant pour le NON au référendum sur le
projet de traité constitutionnel européen en 2005. Pour lui, le projet allemand issu de la réunification « est de faire de l’Europe un empire. Qu’est-ce qu’un empire? C’est la juxtaposition d’États
différents sous une même autorité ».
Quand l’Allemagne était coupée en deux États, elle était pour le fédéralisme. Depuis qu’elle est réunifiée, elle ne l’est plus… À cet égard, l’arrêt de la Cour constitutionnelle de Karlsrhue du 30
juin 2009 est symptomatique: il précise que « l’Union européenne, même après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, n’est pas un État fédéral, mais reste une association d’États souverains ».

Hadrien 03/04/2014 20:11

LA FORTERESSE ALLEMANDE... AU PROFIT DE QUI ?


L’ALLEMAND MÉDIAN EST LE PLUS PAUVRE DE LA ZONE EURO !

Pour en juger, voici le rapport original de l’étude de la BCE tant commentée par les médias et d’autres avec une gêne évidente, concernant le patrimoine net des ménages en zone euro :
http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/ot…

Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte :
- Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
- Financial assets (avoirs financiers)

NET WEALTH OF HOUSEHOLDS ( = MÉNAGES)

Table 4.1 Net wealth by [demographic and] country characteristics (p.76)
(en milliers d’euros)
Luxemb. : 398
Chypre : 267
Malte : 216
Belgium : 206
Spain : 183
Italie : 173
France : 116
Paysbas : 104
Grèce : 102
Slovénie : 101
Finlande : 85
Autriche : 76
Portugal : 75
Slovaquie : 61
Germany : 51

Depuis qu’on nous vante de tous côtés les « succès » de la politique de « l’offre » allemande, quel est le bénéfice d’une telle politique… pour la grande majorité d’un peuple dont on constate que
son patrimoine médian, au total, s’avère si faible (le dernier de la zone euro) et accroît les inégalités (la médiane y est quatre fois plus faible que la moyenne, contre deux fois seulement en
France) ?
Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?

Poser la question, c’est y répondre à la façon développée plus bas: tous les bénéfices en sont allés aux actionnaires (en Allemagne, mille ménages ont plus de cent millions d’euros en actifs, un
nombre supérieur en proportion à celui des USA!) et aux entreprises elles-mêmes (permettant la perpétuation du schéma!)


L'ALLEMAGNE EST LE PAYS LE PLUS INÉGALITAIRE D'EUROPE :

Répartition de la richesse en Europe, par VoxEU.org/Londres,
repris dans la très officielle revue « Problèmes économiques » (Novembre 2013)

« La richesse moyenne des ménages est en Allemagne presque quatre fois plus élevée que la richesse médiane. Dans la plupart des autres États, le rapport est compris entre 1,5 et 2. Ainsi, en
Allemagne plus qu’ailleurs, la richesse des ménages se concentre-t-elle chez les plus aisés d’entre eux. »
Gaphique 3 : Richesse moyenne/richesse médiane
1. Allemagne: 3,8
2. Autriche: 3,5
Autres pays: entre 1,5 et 2

« Selon nos résultats, le ménage médian des 20% supérieurs de l’échelle des revenus en Allemagne est 74 fois plus riche que le ménage médian des 20% inférieurs. À cette aune, l’Allemagne est le
pays de la zone euro où la richesse est répartie de la façon la plus inégale. »
Graphique 4 : Richesse médiane des 20% sup/richesse médiane des 20% inf
1. Allemagne: 73
2. Autres pays: de 42 à 3

Hadrien 03/04/2014 19:36

Suite de l'HISTORIQUE DES TAUX D'INTÉRÊT:

BA 03/04/2014 18:34

Jeudi 3 avril 2014 :

« SCOOP : faites comme le nouveau ministre des Finances, rien à la banque tout en actifs tangibles !… »

Bref, Michel Sapin aurait donc trois comptes au Crédit patates avec les montants ci-dessous :
- 768,36 euros
- 4,67 euros
- 3 456,76 euros

À mon avis, les 3 456 euros c’est son compte courant, les 4,67 euros un vieux Livret A, et les 768,36 euros un CEL ou un PEL ouvert pour faire plaisir à son banquier il y a 6 ans lorsqu’il a
utilisé des droits à prêt pour son crédit travaux… (enfin c’est ce que j’aurais fait à sa place).

Bon, en clair, Michel Sapin n’a pas un kopeck traînant dans les banques. Tout est en actif tangible.

http://www.lecontrarien.com/

En tout, quand on additionne tous ses comptes bancaires, Michel Sapin a seulement 4226,79 euros à la banque !
Normal : Michel Sapin connaît l’état réel des banques françaises.
Michel Sapin sait que, depuis 2008, les banques françaises sont en faillite.

Et Manuel Valls ?

Mercredi 2 avril 2014, page 2, le Canard Enchaîné publie la déclaration officielle de Manuel Valls :
Manuel Valls n’a presque rien à la banque !
En tout, quand on additionne tous ses comptes bancaires, Manuel Valls a seulement 1481,17 euros à la banque !
Normal : Manuel Valls connaît l’état réel des banques françaises.
Manuel Valls sait que, depuis 2008, les banques françaises sont en faillite.

Hadrien 03/04/2014 17:01

CETTE "GUERRE QUE LES RICHES SONT EN TRAIN DE GAGNER"...

C'est en grande partie celle des rentiers dont parle Piketty dans son "Capital au XXe siècle", c'est à dire ceux pour qui, à partir d'un certain niveau, l'argent doit pouvoir s'auto-reproduire par
l'inégalité r > g (taux d'intérêt supérieur à la croissance).

HISTORIQUE MONDIAL DES TAUX D’INTÉRÊT RÉELS
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=2&codeStat=FR.INR.RINR&codePays=FRA&codeTheme2=2&codeStat2=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&langue=fr

FRANCE
1961 0,10
1962 -1,12
1963 -2,70
1964 -0,38
1965 0,66
1966 0,44
1967 0,16
1968 -0,06
1969 0,28
1970 2,60
1971 0,98
1972 -0,49
1973 0,77
1974 0,58
1975 -3,20
1976 -1,57
1977 0,60
1978 -0,11
1979 -0,40
1980 0,93

Jean Claude Werrebrouck 04/04/2014 09:22



Merci pour cette série qui s'arrête malheuresement à 1980. Qu'en est -il au delà?



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