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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 23:00

                  

 

Les libertariens ont souvent évoqué les notions de banque libre et de monnaie privée[1]. Il s’agit selon eux d’un système monétaire dans lequel n’existe pas de banque centrale, ni de régulateur au sens moderne du terme c’est-à-dire autorité administrative dépendant de L’Etat. Cela implique par conséquent que l’émission monétaire est le fait de banques, une monnaie ne pouvant se prévaloir d’un quelconque Etat garantissant cours légal et pouvoir libératoire illimité. La monnaie porte aussi le nom de la banque émettrice qui entre ainsi en concurrence avec les autres établissements bancaires. Les fonctions classiques de moyen de paiement, de réserve de valeur et d’unité de compte sont ainsi cédées au marché, lequel est censé détecter la ou les banques qui assurent le mieux les dites fonctions.

 

Le mythe de la monnaie comme bien privé parmi d’autres.

 

Le point de vue libertarien est curieusement normatif alors même que ses représentants sont les seuls économistes à s’être efforcés de construire une théorie de la genèse de l’Etat et de sa nature, théorie qui ne soit pas la traditionnelle « pièce rapportée », au beau milieu des raisonnements économiques, afin de les parfaire ou de les compléter. Pièce rapportée, pour les néoclassiques de façon assez magique : l’Etat vient compléter et parfaire le travail des marchés, devenant ainsi la « main  visible » complétant le travail de la « main invisible » ; et pièce rapportée tout aussi magique pour les keynésiens : l’Etat vient corriger les faiblesses du marché, devenant ainsi la béquille du capitalisme.

Curieusement, parce que les libertariens pensent savoir quelle est la vraie nature de l’Etat : un objet social immortel et surtout inattendu (donc involontaire) issu de l’interaction sociale volontaire, ils proposent des solutions peu probables en matière d’organisation monétaire et financière. Peu probables en ce sens que logiquement le fonctionnement des marchés politiques qu’ils décrivent assez correctement ne peut pas déboucher aisément sur des banques libres et une monnaie privée. Nous verrons au contraire que la monnaie, en raison même de la nature profonde du pouvoir est un objet politique complètement central…même si cet objet est parfois confié – au moins partiellement- à des banques privées, mais toujours régulées par une autorité.

C’est ce qui explique qu’empiriquement, banques libres et monnaie privée furent des objets assez rares, et dont l’existence était éphémère. A cet égard, les ouvrages et articles qui soutiennent le caractère courant de la liberté d’émission[2] dans des espaces devenus réellement marchands, doivent être réévaluées et dans bien des cas, les banques libres disposaient de monopoles légaux, ce qui était notamment le cas de la Banque de France de Napoléon qui n’était pas vraiment libre…ni bien sûr banque centrale. Dans d’autres cas, les banques dites libres étaient probablement davantage des concessions politiques au regard de régions encore insuffisamment soumises à un pouvoir central, ce qui peut correspondre à la situation des banques libres d’Ecosse. Précisons enfin que l’absence de banque centrale ne signifie pas banques libres. Il peut en effet exister d’autres formes de tutelles y compris aux USA d’avant la création de la FED.

 

La monnaie comme «  belles histoire » à raconter aux étudiants

 

Les manuels d’économie délivrés aux étudiants sont souvent plus sobres en ce qui concerne la monnaie. Dépourvus généralement de références ethnologiques et sociologiques, et sobrement pourvus de références historiques, la genèse de la monnaie y apparait comme belle histoire de l’aventure de l’échange marchand, échange lui-même peu expliqué, et qui se borne à la problématique du dépassement du troc, dépassement faisant émerger un équivalent général appelé monnaie. Marx grand dénonciateur, avec sa « Critique de l’Economie Politique » n’ira pourtant pas plus loin avec une monnaie qui ne cristallise que de la valeur travail et assure les « métamorphoses de la valeur ».

 

La monnaie n’est pas un bien public.

 

    Le souci classificatoire reposant sur la distinction bien privé/ bien public ne nous aide pas non plus beaucoup pour repérer la nature profonde de la monnaie. Si elle  permet l’échange privé et se trouve faire l’objet d’une appropriation privative, on sent bien aussi son caractère social et donc public, puisque sa valeur et sa capacité à circuler dépend fondamentalement d’un consensus social. Son utilité en quelque sorte dépend du regard d’autrui, ce qui n’est pas le cas d’un bien réellement privé. Mais la monnaie ne relève pas non plus véritablement de la théorie des biens publics. Le principe de non exclusion ne s’y constate pas : si on ne peut exclure l’usage d’un panneau de circulation routier, l’accès à la monnaie est plus problématique pour celui qui n’a pas les moyens de s’en procurer par le travail, le capital, la famille, etc. De la même façon, le principe de non- rivalité n’est pas respecté et les économistes évoquent par exemple, à offre de monnaie constante, l’effet d’éviction pouvant être engendré par un Etat trop accapareur d’épargne au détriment d’investisseurs privés.

 

La monnaie comme simple bien mis sous tutelle.

 

Les juristes seront d’un bien meilleur secours pour, au moins empiriquement, qualifier la monnaie. A cet égard la notion de service public selon la définition donnée par Léon Duguit est riche d’intérêt. Selon ce publiciste : « toute activité dont l’accomplissement doit être assuré, réglé, et contrôlé par les gouvernants parce que l’accomplissement de cette activité est indispensable à la réalisation et au développement de l’interdépendance sociale, et qu’elle est d’une telle nature qu’elle ne peut être réalisée complètement que par les gouvernants est un service public ».

Il est à priori possible, relativement à la monnaie, de contester une telle définition qui, rédigée au 19ième,  apparait inactuelle, voire à bien des égards erronée. Ainsi les monnaies locales assurent l’interdépendance sociale et fonctionnent fort correctement sans les Etats. Conçues pour assurer l’interdépendance sociale (elles ne libèrent jamais) les Etats y apparaissent complètement inutiles. Toutefois les monnaies dites modernes sont d’une autre nature, car elles sont réserves de valeur et sont de la liberté (« liberté frappée » disait-on autrefois). Parce que l’interdépendance sociale n’est plus faite de réciprocité volontaire et directement visible pour les acteurs, il faut bien une extériorité, venant garantir la réserve de valeur ou le réel pouvoir libératoire de l’instrument monétaire. Dans le cas de la monnaie locale ,il y a auto production du lien qui fait société. Dans le cas de la monnaie moderne, c’est un extérieur qui doit produire la confiance dans l’interdépendance sociale. La monnaie doit donc être effectivement un bien mis sous tutelle. De ce point de vue, Léon Duguit et son idée de service public, exprime bien une réalité indépassable de la monnaie moderne, idée qui sera repris bien plus tard par Richard Musgrave (1957) sous l’expression de « bien tutélaire ».

 

 Aller  plus  loin pour comprendre la nature de la monnaie.

 

Nous voudrions allez beaucoup loin et montrer que cette dernière idée- la monnaie comme bien tutélaire- désigne une réalité beaucoup plus fondamentale  toujours masquée, à savoir que la monnaie est un objet politique central dont le devenir historique est sa progressive dégradation en objet aux apparences simplement économiques. Et donc une apparence redevable de l’analyse économique. Mais une dégradation ne signifie  pas pour autant, un  changement de nature.

 

Historiquement, à l’aube de la naissance du politique et de l’Etat, le pouvoir s’annonce comme instance  récupèrant les propriétés de l’universalisme de toute religion, à savoir l’idée de dette des hommes vis-à-vis des puissances de l’au- delà.  Ce qui était de l’ordre de la dette de vie envers les dieux, devient endettement généralisé envers un pouvoir violent : un « coup d’Etat fondant l’Etat » selon une expression devenue célèbre[3]. Les formes de la dette nouvelle sont autant de sacrifices, variés en qualité, et  variés en quantité de violence: dette de sang,  esclavage généralisé, tribut divers, corvées, impôt. L’impôt moderne, monétaire, trouve ainsi ses racines dans le remplacement du religieux par le politique. Mais la partie de la dette appelée impôt monétaire, n’est vraiment dette que si le pouvoir a la capacité de se faire payer en une  monnaie qu’il a choisi, c’est-à-dire celle qu’il contrôle. Si tel n’était pas le cas, le pouvoir prendrait le risque de se faire payer – la dette des sujets - en une monnaie non admise par ses créanciers, ce qui reviendrait à une libération des sujets vis-à-vis de l’impôt. Par exemple, on voit mal un Etat acceptant de se faire payer en monnaie locale, que l’on pourrait imprimer et qui ne correspondrait qu’à fort peu d’utilité pour lui, tant la monnaie locale échappe à l’universel recherché par l’Etat. Parce que ce dernier exige l’universel seul susceptible de maintenir l’intégralité de la dette des sujets, il ne peut accepter qu’une monnaie parfaitement convertible. Plus concrètement encore, on voit mal un commerçant algérien implanté en France payant ses impôts au Trésor français en Dinars…inconvertibles…

 

La monnaie est le cœur du réacteur du pouvoir en formation

 

On peut ainsi dire, et ce à l’appui des thèses néochartalistes que la monnaie moderne, avec toutes ses caractéristiques, est historiquement la forme choisie par le pouvoir pour le règlement de la partie de la dette des sujets appelée impôt .

Toujours sur le plan historique, la forme choisie par le pouvoir est celle qui rend sa créance la plus universelle c’est à dire la plus liquide possible. Concrètement, parce que le pouvoir exerce des fonctions guerrières coûteuses et qu’il est souvent amené à effectuer des paiements au profit d’autres pouvoirs extérieurs à lui, la forme choisie ou élue -par tous les pouvoirs politiques - sera le métal.

Il est faux de dire que le métal est une valeur en soi, comme pourra l’énoncer Marx et bien des économistes. Le métal est simplement la liquidité universelle qui, spontanément, a généré de l’inter action sociale. Et de la liquidité universelle qu’il affiche, découlera sa fonction réserve de valeur. Liquidité universelle et réserve de valeur sont indissolublement liés.

Ce créancier universel qu’est l’Etat en formation peut aussi contracter des dettes envers d’autres pouvoirs, mais aussi envers des personnes qu’il ne contrôle pas, et qui pourtant sont d’une grande utilité. Il s’agit des mercenaires que l’on rétribuera  en métal. Les mercenaires utiliseront ainsi le métal pour leurs dépenses - de simples dépenses courantes de consommation - auprès des sujets endettés, sujets endettés qui paieront l’impôt à partir des ressources acquises sur les  dépenses des mercenaires.

Le cercle est ainsi bouclé, et le  "Circuit du Trésor" cher à François Bloch Lainé n’est pas une invention de l’Administration française de l’après  seconde guerre mondiale, mais le cœur même de toute chaudière étatique en formation.

Il apparait ainsi que la nature profonde de la monnaie, ce qui constitue en quelques sorte son identité au sens génétique du terme, est fondamentalement politique. Ce n’est pas un bien mis sous tutelle par le pouvoir une fois que celui-ci est né. Il est le moyen de son engendrement et de la violence qu’il génère. C’est la raison pour laquelle la monnaie doit plutôt être désignée comme objet politique  central : elle est ce qui a fait l’Etat. Et elle est aussi l’objet qui en assure son maintien. Telle est sa marque biologique qui permet de bien comprendre les évènements historiques qui la concerne. Elle permet aussi de comprendre ce qui souvent n’est plus discuté, et surtout plus mis en avant, avec l’évolution du pouvoir vers sa forme Etat de droit : « Battre monnaie est un attribut de la souveraineté ».



[1] On pourra citer bien sûr Friedrich Hayek, mais aussi David Friedman ou Pascal Salin. On trouvera en fin d’article une courte bibliographie.

[2] Parmi eux citons Lawrence H White (1995), Kevin Dowd, ou Kurt Schuler.

[3] Cf l’analyse de Pierre Clastres dans « La société contre l’Etat » ,Minuit,Paris,1974.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Finance et Etats
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BA 16/02/2013 10:15

1- Premier épisode : la Grèce s'est déclarée en défaut de paiement.

2- Deuxième épisode : jeudi 7 février 2013, l'Irlande s'est déclarée en défaut de paiement.

3- Troisième épisode : dans ce long feuilleton, le prochain épisode concerne Chypre.

Samedi 16 février 2013 :

La troïka calcule les conséquences d'une faillite de Chypre.

Les experts de l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, planchent sur les conséquences financières d'une faillite de Chypre au cas où l'île ne recevait
pas une aide internationale, affirme samedi 16 février le journal allemand Bild.

"Des experts de la troïka calculent, notamment sous la pression de Berlin, les conséquences financières d'une faillite de Chypre", écrit le quotidien le plus lu d'Europe, sans citer de source.
Selon cette étude, la Grèce serait le pays le plus affecté, notamment par la faillite des principales banques chypriotes qui y ont un réseau de succursales où environ 10 % des économies grecques
sont entreposées. "Les banques des autres pays de la zone euro ne seraient, en revanche, guère touchées", poursuit Bild.

Chypre a demandé une aide européenne en juin, après que ses deux principales banques, très exposées à la crise grecque, ont demandé le soutien du gouvernement. Lundi 11 février, les ministres des
finances de la zone euro réunis à Bruxelles avaient renvoyé la décision sur l'aide à Chypre à après l'élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche.

L'ensemble des besoins de Chypre est estimé à plus de 17 milliards d'euros. L'île a adopté, à la demande de la troïka, une série de mesures d'austérité pour réduire ses dépenses représentant 7,25 %
du produit intérieur brut sur quatre ans. Toutefois, selon des informations du Frankfurter Allgemeine Zeitung de samedi, les besoins en financement des banques de l'île, initialement estimés à 10
milliards d'euros, pourrait finalement être sensiblement inférieur.

Un audit mené par le fonds d'investissement Pimco, mandaté par la troïka pour estimer les besoin des banques chypriotes, selon divers scénarios, aboutirait à une fourchette de 5,9 à 8,8 milliards
d'euros, abaissant d'autant le coût d'un plan d'aide global. Toutefois, le principal obstacle à une aide à Chypre ne semble pas tant être le montant du plan que l'opposition de Nicosie à un audit
d'une entreprise privée sur le respect des règles anti-blanchiment par les banques locales, une demande très fortement appuyée notamment par l'Allemagne.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/16/la-troika-calcule-les-consequences-d-une-faillite-de-chypre_1833704_3234.html

Miloo 14/02/2013 23:32

C'est bien le cœur du problème, l'état s'accapare le contrôle de la monnaie et en fait un instrument de sa puissance.
La création monétaire étatique s'apparente à de la fausse monnaie, crime moralement inacceptable, surtout lorsqu'il est le fait de la puissance publique.
L'histoire est pleine d'exemples de création monétaire spoliant la collectivité, de Vespasien modifiant la teneur en métal précieux de ses denares, à Rudolf Havenstein détruisant la république de
Weimar...

BA 14/02/2013 18:18

Jeudi 7 février 2013 :

Jeudi 7 février 2013 : l'Irlande est en défaut de paiement.

Perte sèche pour la BCE : 20 milliards d'euros.

Contribuables européens, jeudi 7 février, vous venez de perdre 20 milliards d'euros à cause du défaut de paiement de l'Irlande.

Lisez cet article :

https://fr.goldbroker.com/news/scoop-irlande-restructuration-dette-crise-zone-euro-bce-202.html

BA 13/02/2013 22:37

Les privilèges des fonctionnaires européens.

Sur son blog, Jean Quatremer écrit tout ce que gagne un fonctionnaire européen :

Les salaires vont, pour le grade 1, de 2654 à 3003 €,

pour le grade 2, de 3003 à 3398 €,

pour le grade 3, de 3398 à 3844 €,

pour le grade 4, de 3844 à 4350 €,

pour le grade 5, de 4350 à 4921 €,

pour le grade 6, de 4921 à 5568 €,

pour le grade 7, de 5568 à 6300 €,

pour le grade 8, de 6300 à 7128 €,

pour le grade 9, de 7128 à 8065 €,

pour le grade 10, de 8065 à 9125 €,

pour le grade 11, de 9125 à 10.324 €,

pour le grade 12, de 10.324 à 11.681 €,

pour le grade 13, de 11.681 à 13.216 €,

pour le grade 14, de 13.216 à 14.954 €,

pour le grade 15, de 14.954 à 16.919 €,

pour le grade 16, de 16.919 à 18.371 €.

Ces salaires sont versés sur 12 mois.

Au salaire brut, il faut ajouter une indemnité d'expatriation de 16 % du salaire (pour les non-Belges ou ceux qui n’avaient pas antérieurement à leur recrutement leur domicile en Belgique) ou de
dépaysement (4 %).

Outre la gratuité de l’école européenne (les non-fonctionnaires y ont exceptionnellement accès, mais doivent payer entre 5000 et 10.000 € par année scolaire), les fonctionnaires ont droit à de
généreuses allocations familiales (373 € par enfant et par mois jusqu’à 26 ans),

à une allocation de naissance (198 € à chaque enfant),

à une allocation de foyer (170 € par mois majorés de 2 % du traitement de base),

à une allocation scolaire (253 € par enfant et par mois),

à une allocation d’installation (839 € pour une famille, 497 € pour un célibataire, versés lors de l’installation).

En outre, les eurocrates ont droit à un aller-retour par an dans leur pays d’origine (et des jours de congé supplémentaires selon la distance : 6 jours au-delà de 2000 km, un calcul qui a dû être
fait avant l’invention de l’avion).

Les femmes ont droit à 20 semaines de congé maternité, les congés payés sont compris entre 24 et 30 jours ouvrables et la retraite représente 70 % du montant du dernier salaire.

Dernier point : en vertu de l'accord de siège conclu entre l'Union et la Belgique, les fonctionnaires sont dispensés de payer la TVA lors de la première année d'installation. A cela s'ajoute, pour
les voitures, une "remise diplomatique" à vie accordée par les constructeurs qui va de 7 à 20 % (une berline allemande à 60% de son prix, ça ne vous tente pas?).

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/02/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-salaire-des-eurocrates-sans-jamais-oser-le-demand.html#more

BA 11/02/2013 22:32

Le dernier sommet européen a montré que le Royaume-Uni était à la tête du camp des pays vainqueurs.

Les grands vainqueurs du sommet européen de vendredi sont les pays suivants : Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni. Ils ont obtenu une baisse de 3 % du budget
européen pour la période 2014-2020. Le budget européen sera au niveau minable de 1 % du PIB de l’Union Européenne.

Et dans l'autre camp ?

Les vaincus du sommet européen sont la France, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, le Portugal, tous les pays qui voulaient une augmentation du budget européen. Ils ont perdu. Ils ont perdu la bataille.
Et leur défaite est d'abord une défaite de François Hollande.

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février 2013, David Cameron est apparu comme le chef du camp des vainqueurs : l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède se
sont tous ralliés à la logique anti-fédéraliste du Royaume-Uni.

Alors, au milieu de la nuit, ce pauvre Mario Monti a crié contre David Cameron cette phrase historique :

« On ne peut pas accepter la logique d’un Etat dont nous ne savons pas s’il sera encore membre de l’Union Européenne en 2017 !»

Et pourtant, oui, ils l'ont fait, les pays européens du nord ont accepté cette logique.

Et les pays européens du sud ont perdu la bataille.

Je trouve cette phrase de Mario Monti historique.

Ce sommet des jeudi 7 et vendredi 8 février 2013 est historique.

La soi-disant "Europe fédérale" est morte avant même d'être née.

L'idée européenne est morte.

BA 09/02/2013 13:15

En septembre 2011, il y a eu une information importante :

11 septembre 2011 :

Budget de l'UE : neuf pays entament un bras de fer contre Bruxelles.

Neuf pays européens, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni vont faire savoir lundi à la Commission que sa proposition de futur budget de l'UE (2014-20) est trop élevée face au contexte de
rigueur généralisée, selon des sources diplomatiques.

"La proposition de la Commission européenne est trop élevée. Les hausses de dépenses du prochain cadre multiannuel sont nettement excessives par rapport à ce qui est requis pour une stabilisation
du budget européen", indique un projet de déclaration conjointe obtenu l'AFP, qui doit être rendu public lundi.

Les ministres des Affaires européennes d'Autriche, du Danemark, d'Allemagne, de Finlande, de France, d'Italie, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni doivent approuver ce document lors d'une
rencontre lundi à Bruxelles, avant une réunion avec leurs homologues de l'ensemble de l'UE.

http://www.20minutes.fr/economie/784994-budget-ue-neuf-pays-entament-bras-fer-contre-bruxelles

Mais ça, c'était en septembre 2011.

Ensuite, il y a eu mai 2012, l'élection de François Hollande. Et la France a changé de camp. Après mai 2012, la France a rejoint le camp des Etats européens favorables à une augmentation du budget
européen.

Enfin, il y a eu le vendredi 8 février 2013 : les chefs d'Etats et de gouvernements d'Autriche, du Danemark, d'Allemagne, de Finlande, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni ont gagné une
bataille historique.

Ils ont obtenu une baisse de 3 % du budget européen.

Et la France se retrouve dans le camp des vaincus.

Pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne sera au niveau minable de 1 % du PIB de l'Union Européenne.

Et il reste des bisounours qui croient encore à "l'Europe fédérale" ?

J'éclate de rire !

BA 08/02/2013 21:09

Vendredi 8 février 2013 :

L'Union Européenne adopte pour la première fois un budget en baisse, pour la période 2014-2020.

"La Commission européenne aurait préféré, c'est vrai, des montants plus élevés, mais c'était le meilleur résultat qui pouvait être atteint à l'unanimité", a déclaré son président, José Manuel
Barroso.

De sources européennes, on a souligné que cela correspond à une baisse de 3% du budget pour la période 2014-2020 par rapport aux sept années précédentes.

http://www.lalibre.be/toutelinfo/afp/453937/l-ue-adopte-pour-la-premiere-fois-un-budget-en-baisse.html

En clair : pour la période 2014-2020, le budget de l’Union Européenne sera au niveau minable de 1% du PIB de l’Union Européenne.

Et en 2021 ?

En 2021, le budget de l’Union Européenne atteindra le niveau gigantesque de 1,1 % du PIB de l’Union Européenne ?

Ou alors le budget de l’Union Européenne atteindra le niveau titanesque de 1,2 % du PIB ?

En 2021, soyons fous, le budget de l’Union Européenne atteindra 1,3 % du PIB ?

Une citation de Charles de Gaulle :

Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri, en disant : «
l’Europe, l’Europe, l’Europe ! » , mais ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien.

(Charles de Gaulle, 14 décembre 1965.)

La soi-disant « Union Européenne », ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien.

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