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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:00

On trouvera ci-dessous le texte intégral de mon intervention au titre d'une conférence prononcée  au profit de l’Association « Respublica » le 10 janvier.

  

« Je voudrais commencer par une réflexion sur la possibilité d’établir autre chose que des opinions dans ce qui touche les hommes dans leur vie en société.

Le cognitif du scientifique et le normatif du politique

Les physiciens font cet effort dans leur approche du monde : ils produisent des modèles savants lesquels sont confrontés au réel et en sortent confirmés ou infirmés. Cela ne veut pas dire, sur un plan philosophique, que la réalité est atteignable, ni qu’il n’existe pas de controverses scientifiques.

Pour autant les objets étudiés, par exemple un atome d’hydrogène ou le magnétisme, etc,  s’ils dépendent du mode d’observation, ne dépendent pas de l’action des hommes. Raison essentielle pour laquelle les physiciens sont dans le cognitif et en principe jamais dans le normatif.

Ce n’est pas le cas dans les sciences humaines où l’objet, par exemple le pouvoir ou la monnaie,  produit par l’interaction sociale - comme l’hydrogène ou le magnétisme sont produits par le mouvement de l’univers- dépend aussi d’une volonté transformatrice des hommes : le normatif ne cesse de rôder dans les sciences sociales. De fait, il se mêle au cognitif, chose bien normale puisque les réalités étudiées (pouvoir, monnaie etc.,) sont le fait d’une construction où l’intention joue nécessairement un rôle. Toute la difficulté étant de discerner ce qui, dans une interaction sociale, relève d’un résultat non intentionnel et qu’on appelle un fait social émergent, agréable ou non.

Prenons  un exemple de cette combinaison du cognitif et du normatif. Il s’agit du propos d’une députée européen, Madame Sylvie Goulard qui - répondant  dans une émission de Radio où un interlocuteur lui exposait que tous les prix Nobel d’économie s’étaient prononcés sur l’impossible durabilité de l’euro -  devait s’écrier : « je me moque des prix Nobel, car l’Euro est une construction politique ».  Ici, le savoir des prix Nobel relève du cognitif, tandis que la volonté politique relève du normatif. Ce que disent les prix-Nobel est que le fonctionnement de l’euro (volonté humaine) devra se faire dans une réalité structurelle incompatible et indépassable (Etats comme principe indépassable et ce qu’elles que soient les bonnes intentions de leurs entrepreneurs politiques). 

C’est de manière naturelle  que l’univers accouche de l’hydrogène. Ce n’est pas naturellement que le pouvoir devient Etat, ou la monnaie nationale devient monnaie unique. Les hommes peuvent associer l’atome d’hydrogène à d’autres atomes mais sont incapables de changer l’identité de l’hydrogène. Par contre, ils semblent capables de changer les modalités du pouvoir ou l’identité de la monnaie. Et cette capacité provient d’une volonté transformatrice qui se nourrit d’opinions ou d’intérêts. Depuis très longtemps existe une réflexion épistémologique chez les scientifiques, une réflexion qui semble  beaucoup moins intéresser les spécialistes des sciences humaines, en particulier les économistes, et évidemment beaucoup moins encore les entrepreneurs politiques.

Le « Big-Bang » de l’humanité et le repérage du cognitif

Une façon de s’éloigner des opinions et des intérêts, de démêler le cognitif et le normatif,  est de remonter dans le temps et expliquer l’objet étudié à partir de son apparition. C’est bien ce qui se passe dans les sciences de la nature et les investissements effectués pour remonter jusqu’au possible « Big- Bang ». C’est ce qu’on ne fait pas assez - ce que regrette Jacques Le Goff qui voudrait multiplier les spécialistes de la préhistoire - dans les sciences de l’homme en particulier la science politique ou l’économie.

C’est ainsi qu’on ne peut comprendre sérieusement la République, la démocratie, la monnaie et la mondialisation sans recourir à ce qui fut le probable big-bang de l’humanité. C’est en remontant l’univers que l’on comprend « l’essence » des objets qui le peuplent. C’est aussi en remontant l’histoire humaine que l’on doit comprendre «  l’essence » des objets qui la peuplent. Une réflexion très insuffisamment menée chez les entrepreneurs politiques qui ont pourtant fait leur métier d’approcher tout ce qu’a généré l’interaction sociale depuis l’aube de l’humanité.

Je ne vais pas aborder ici, faute de temps, les notions de pouvoir et d’Etat, par contre je vais m’intéresser au concept de monnaie pour comprendre ses liens avec le pouvoir.

N’insistons pas sur ce que j’appelle « la monnaie avant la monnaie et avant l’Etat » - celle proche du « big -bang » de l’humanité -  qui est faite d’objets assurant, non un échange marchand, mais un échange de dons (Malinovski), ou bien d’objets assurant le paiement de la violence sacrificielle envers les dieux créanciers des hommes, ou bien assurant le « paiement du neuf » mettant fin à la logique infernale de la vengeance réciproque.

Plus tard, ou en d’autres lieux, l’échange de dons s’accompagne d’échanges marchands (2 à 3000ans av.J.C) avec apparition de « monnaies anonymes » réserves de valeur liquide et nécessitant l’élection progressive d’un équivalent universel qui sera du métal.

Plus tard encore, le pouvoir politique prendra la place des dieux créanciers des hommes. Désormais les hommes déjà endettés vis-à-vis des dieux le seront bien davantage  envers le pouvoir politique, et la monnaie deviendra un instrument efficace de règlement de la dette envers l’Etat naissant (impôt monétaire). Parmi toutes les dettes envers le pouvoir, dont bien sûr la dette de sang, il y a l’impôt monétaire : l’Etat choisit la forme de monnaie susceptible d’assurer le paiement de la dette que les sujets lui doivent. La monnaie devient ainsi une monnaie légale, effet du pouvoir du prince qui imprimera son visage sur les pièces circulant à l’intérieur d’un espace défini par des frontières.

Vigilant sur la captation de la monnaie, il le sera aussi sur son émission et contrôlera les mines de métal.  Le pouvoir politique, devient ainsi banquier central et s’arroge volontiers une vertu qu’il ne saurait posséder : celle de représenter un intérêt supérieur

Plus tard encore, lorsque la violence du pouvoir s’apaisera sous la pression de sujets qui se révoltent, ou mieux encore tentent de faire fonctionner à leur profit les outils de la violence d’Etat, le pouvoir monétaire sera progressivement partagé entre grands banquiers et Etats. Pouvoir politique et monde de la finance partagent progressivement les outils de la contrainte publique. Le pouvoir cède ainsi de plus en plus souvent une partie de son pouvoir monétaire (le fameux cours légal) qu’il confie à des organisations qui bientôt émettront leur propre monnaie à l’ombre de l’Etat.

Champs de forces et repérage des statuts du pouvoir et de la monnaie

2 champs de forces se dessinent ainsi presque spontanément : la verticalité de l’Etat qui impose des règles du jeu : force juridique du cours légal, d’une fixation de taux de change, d’une définition de l’espace de convertibilité, etc. ; et  l’horizontalité exigée par le monde des affaires surtout soucieux de voir un espace monétaire sans limite, c’est-à-dire pouvant dépasser celle des frontières que les Etats fixent souverainement. Bien évidemment cette horizontalité serait plus satisfaisante encore, si le pouvoir de création monétaire était abandonné par des Etats rendant pleinement autonome leur banque centrale.

Ce survol très rapide de l’histoire est révélateur que la monnaie n’est pas une construction abstraite détachée de l’interaction sociale et obéissant à une raison technocratique. Ce qu’on appelle monnaie est un fait complètement politique, fait qui ne pouvait pas ne pas émerger. Le fait étatique est un fait quasi universel qui se consolide avec un objet, la monnaie, qui l’aide grandement dans son universelle ascension : la monnaie est l’une des épées du pouvoir, l’un des instruments de sa violence. Et même la forme de la monnaie –l’élection du métal précieux – n’est pas un choix qui aurait pu être autre : elle est le simple résultat de l’interaction sociale. Elle est donc un fait social émergent, un fait qui ne pouvait probablement pas être évité. De la même façon la notion de frontière ne pouvait guère être évitée puisque les Etats sont obligés de définir leur espace de prédation en concurrence avec les autres Etats. D’où la notion de souveraineté, notion qui nie l’existence d’un pouvoir au- dessus de celui des Etats. La monnaie devient ainsi –automatiquement pourrions- nous dire un fait de souveraineté. « Battre monnaie est un attribut de la souveraineté ».

Le modèle Etat+ Monnaie+ frontières est donc devenu de façon presque spontanée un modèle universel, ce qu’on appelle le stade de l’Etat-Nation. Voilà pour le cognitif.

Par contre s’il est des forces qui s’imposent à tous (les hommes ne font pas l’histoire qu’ils veulent), il est aussi des opinions pouvant correspondre à des choix (les hommes font l’histoire)…et nous pénétrons, probablement au-delà des opinions dans ce qui pourra être le normatif. Avec probablement une frontière floue entre le cognitif et le normatif.

L’introduction du normatif : les aires culturelles ou idéologiques 

Lorsque les Etats deviennent  République ou démocratie, les choses peuvent devenir fort complexes, car vont intervenir maintenant, des opinions sur l’essence du pouvoir et de la monnaie. Opinions que l’on ne rencontre pas dans une discussion de scientifiques sur la nature de l’hydrogène.

Si l’on est anglais la démocratie doit être contenue, car le choix majoritaire d’un peuple peut très bien contrarier les libertés individuelles. Les droits de l’homme au sens anglo-saxon  (vie, liberté, propriété) peuvent être bafoués par une majorité. Dans le monde anglo-saxon, il existe surtout des individus et la société n’est que le résultat inattendu de l’interaction sociale.

Si l’on est allemand, la démocratie ne peut s’inscrire que dans le cadre d’un respect de la Totalité, voire la soumission au groupe, avec curieusement un respect des choix du groupe que même l’Etat doit respecter. L’Etat se doit d’être fort, non pas pour imposer ses choix, ceux des entrepreneurs politiques au pouvoir, mais pour respecter les lois que le groupe s’est fixés. L’Etat ne peut manipuler le droit des gens et se trouve prisonnier de règles qui le dépassent.

Si maintenant on est français, la démocratie c’est d’abord l’égalité. Il n’existe pas de liberté sans l’égalité, ce qui peut signifier une altération de la valeur propriété si fondamentale pour les anglo saxons. L’Etat peut beaucoup de choses   s’il respecte l’égalité.

En résumé, dans le monde anglo-saxon la démocratie c’est le respect de la propriété, bouclier de la liberté ; dans le monde germanique c’est la soumission au groupe : ma liberté s’exerce dans le cadre d’un groupe ; dans le monde français, c’est l’égalité qui fait ma liberté.

Ces opinions viendront travailler les deux axes dessinés dans l’histoire humaine depuis son big-bang : l’axe vertical du pouvoir et de la monnaie, et l’axe horizontal du monde marchand et de la monnaie.

Le monde anglo-saxon voit d’un mauvais œil le fait que le pouvoir se mêle de monnaie. La monnaie doit être une affaire privée et si une monnaie s’impose c’est en raison de la confiance particulière que l’on accorde à tel ou tel banquier qui, suffisamment sérieux, procure une grande sécurité et donc une grande valeur à la monnaie qu’il crée. Liberté, propriété  et marché, ne contiennent pas de limite venant les surplomber. Maintenant, s’il faut une banque centrale pour régler le marché interbancaire, il convient qu’elle soit plutôt privée, ou au moins  indépendante. Avec le souci de la protection des banques du second degré, y compris lorsqu’elles ont créé une bulle  de dettes. C’est dire que, dans le monde anglo-saxon, l’indépendance l’est par rapport à l’Etat mais ne l’est pas par rapport à la profession.La verticalité n’est plus que pointillé et l’horizontalité s’impose.  

Lorsque l’on est français, lorsque  donc l’Etat bénéficie d’une place essentielle, la souveraineté monétaire reste une affaire importante et la Banque centrale est  privée, mais d’essence complètement publique (Bonaparte en est le créateur). Son travail sera massivement celui d’un contrôle des banques du second degré et un financement du Trésor : la verticalité s’impose à l’horizontalité. 

Lorsque l’on est allemand, il y a méfiance d’une confusion entre banque centrale et Etat. Il faut une banque centrale complètement indépendante,  qui ne se laisse manipuler ni par les banquiers ni par le Trésor. Et son objectif est clair : garantir la valeur de la monnaie comme un Conseil Constitutionnel garantit le respect de la Constitution. La verticalité s'impose à tous. 

Lorsque l’on introduit des cultures et les volontés et normes sociales correspondantes, le couple verticalité/horizontalité (cognitif) demeure, mais prend des couleurs différentes.

Quelle norme culturelle va finalement s’imposer et comment gérer la crise ?

Conseils sur la gestion de la crise européenne 

Le modèle – très étranger à la culture française- de  l’indépendance de toutes les banques centrales dans le monde va s’imposer à la fin du 20ièmesiècle. Mais sur une base fort ambiguë s’agissant du contenu du concept  d’indépendance : la conception anglo-saxonne est différente de la conception allemande. L’une doit garantir la valeur de la monnaie et l’autre non.

Cela signifie que la crise financière de 2008 a été gérée sur une logique de « bail-out »….que l’Allemagne a dû accepter – malgré elle - en raison d’une insuffisante surveillance de son propre système financier désormais très malade.

Dans la logique propriétariste du monde anglo-saxon, l’effondrement financier est aussi un effondrement monétaire, et donc un effondrement de la société….que l’Etat, malgré lui, doit garantir. Il est donc paradoxal mais logique, que la stratégie du "bail-out" soit finalement retenue….ce qui –au-delà du prélèvement fiscal massif - devra passer par un endettement supplémentaire des Etats …facilité par du "Quantitative Easing"….mettant potentiellement en cause la stabilité monétaire. Précisément, cette mise en cause n’est guère acceptable quand on est allemand, et aujourd’hui l’Allemagne exige que l’on se prépare à une stratégie de « Bail-In » même timide en raison du sacro- saint respect de la monnaie, comme bien aussi respectable que l’indépendance de la justice. Clairement le "Quantitative Easing" est une atteinte portée à la valeur de la monnaie.

Dans la logique égalitaire de la France, le « Bail- out » présente un caractère plus scandaleux, car avec une banque centrale obéissante, le poids de la crise aurait pu être reporté en totalité sur une émission monétaire faisant suite à de lourdes sanctions sur les propriétaires et créanciers des banques.

Maintenant ces différences culturelles, et notamment la conception allemande, empêchent la construction européenne et probablement va déboucher sur  la fin de la forme actuelle de l’euro.

 Le présent de la zone euro est le produit de forces de dislocation non voulues mais bien réelles : cloisonnement des marchés financiers, «  spreads » de taux, « spreads » d’inflation, etc.

Il peut être mis fin à cette dislocation par d’énormes transferts de ressources vers le sud, comme il existe des transferts nationaux entre la région parisienne et le bassin minier du Nord- Pas- De- Calais. Le problème est que l’Allemagne ne peut en tant qu’Etat souverain accepter de tels transferts que ses marchés politiques, surveillés par la cour Constitutionnelle de Karlsruhe,  ne peuvent générer.

Il pourrait aussi être mis fin – mais sans doute provisoirement- à cette dislocation en recourant à un "Quantitative Easing" massif et sélectif de la part de la BCE. Au-delà de l’interdit juridique, le problème est que l’Allemagne ne peut accepter l’érosion monétaire qui selon elle pourrait en résulter.

Bien évidemment  le passage au fédéralisme complet avec une BCE à la française est tout simplement impensable.

Les objets et institutions tels l’Etat ou la monnaie engendrés par l’interaction sociale depuis le big-bang de l’humanité, devraient faire l’objet d’une étude approfondie ( le côté cognitif) avant toute manipulation et transformation (le côté normatif). A l’inverse de l’hydrogène qui reste hydrogène, les objets sociaux sont évidemment transformables, mais lorsque les différences culturelles sont importantes les surprises peuvent devenir grandes, voire dangereuses. La construction européenne ne peut faire l’économie d’une telle réflexion, laquelle mènera à effectuer des choix plus apaisés. Evitons les risques de confrontation en manifestant de la  pugnacité dans l’erreur, et passons de ce qui divise à ce qui pourrait rassembler. 

   Mesdames et messieurs je vous remercie pour votre attention. »

 

-

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans conférences et débats
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commentaires

BA 25/01/2014 07:11

Au Royaume-Uni, les LibDems sont un parti libéral, classé à droite. Les LibDems sont un parti favorable à la construction européenne.

Le Parti Travailliste est un parti classé à gauche, et il est lui-aussi favorable à la construction européenne.

Coup de tonnerre ! Les LibDems et le Parti Travailliste viennent de faire alliance à la Chambre des Lords pour empêcher l'organisation d'un référendum sur l'Union Européenne !

C'est encore un coup d'Etat anti-démocratique.

C'est le dernier exemple en date qui confirme que la construction européenne est anti-démocratique.

La construction européenne s'éloigne de plus en plus de la démocratie.

La construction européenne se rapproche de plus en plus de la dictature.

Samedi 25 janvier 2014 :

Coup de frein pour le projet britannique de référendum sur l'UE.

Le texte prévoyant l'organisation d'un référendum sur une sortie de l'UE du Royaume-Uni d'ici à 2017 est menacé de ne jamais voir le jour. La Chambre des Lords a décidé de le renvoyer devant la
chambre basse du Parlement.

Les conservateurs ont accusé leur partenaire de coalition les LibDems et l'opposition travailliste de vouloir "tuer" le projet de loi soutenu par le Premier ministre David Cameron. Les deux partis
sont opposés au référendum.

Après avoir franchi le 10 janvier son premier obstacle à la chambre haute du Parlement britannique, le texte a subi vendredi un spectaculaire coup de frein. Une majorité de 87 Lords a demandé, au
cours d'un débat houleux, d'amender la question posée par le référendum (Pensez-vous que le Royaume-Uni doit rester membre de l'Union européenne?).

Le parlementaire conservateur Bill Cash a d'ores et déjà estimé que le projet de loi était "mort", regrettant la guérilla menée par les travaillistes et les libéraux-démocrates. "Même s'ils n'osent
pas l'admettre, ils ne pensent pas que le peuple britannique doit avoir son mot à dire", a également fustigé Lord Hill, leader des Tories à la chambre haute.

http://www.romandie.com/news/n/Coup_de_frein_pour_le_projet_britannique_de_referendum_sur_l_UE99250120140145.asp

BA 24/01/2014 22:34

Olivier Delamarche, le 22 janvier 2014 :

La vidéo dure 10 minutes, et c'est excellent !

http://www.youtube.com/watch?v=2LxCFjf2tQ0

BA 22/01/2014 13:48

Les prêts des banques européennes au secteur privé sont en bleu :

http://www.zerohedge.com/sites/default/files/images/user5/imageroot/2014/01/November%20Eurozone%20Loan%20Creation.jpg

Ce graphique montre que le LTRO (1019 milliards d'euros) est un échec total : les banques européennes prêtent de moins en moins au secteur privé.

En Europe, les prêts au secteur privé s'effondrent.

L’économie réelle n’a pas du tout profité des 1019 milliards d'euros du LTRO.

En réalité, que font les banques européennes des 1019 milliards d'euros que leur a prêtés la BCE en décembre 2011 et en février 2012 ?

Réponse : plutôt que de prêter au secteur privé, chaque banque préfère prêter à son Etat.

Conséquence : pour plusieurs Etats européens, la dette publique a commencé à baisser.

Mais en revanche, pour d'autres Etats, la dette publique continue à augmenter.

Mercredi 22 janvier 2014 : Eurostat publie les chiffres de la dette publique du troisième trimestre 2013.

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 317,310 milliards d’euros, soit 171,8 % du PIB. Ces deux chiffres sont en hausse.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2068,722 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB. Ces deux chiffres sont en baisse.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 210,965 milliards d’euros, soit 128,7 % du PIB. Ces deux chiffres sont en baisse.

4- Irlande : dette publique de 204,696 milliards d’euros (en hausse), soit 124,8 % du PIB (en baisse).

5- Chypre : dette publique de 18,403 milliards d’euros, soit 109,6 % du PIB. Ces deux chiffres sont en hausse.

6- Belgique : dette publique de 393,603 milliards d’euros, soit 103,7 % du PIB. Ces deux chiffres sont en baisse.

7- Espagne : dette publique de 954,863 milliards d’euros, soit 93,4 % du PIB. Ces deux chiffres sont en hausse.

8- France : dette publique de 1900,848 milliards d’euros, soit 92,7 % du PIB. Ces deux chiffres sont en baisse.

9- Royaume-Uni : dette publique de 1431,399 milliards de livres sterling (en hausse), soit 89,1 % du PIB (en baisse).

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22012014-AP/FR/2-22012014-AP-FR.PDF

Jean Claude Werrebrouck 22/01/2014 14:36



Oui, je m'interoge. Est-ce en raison d'une chute des taux? de recettes exceptionnelles? ...



BA 20/01/2014 20:29

Lundi 20 janvier 2014 :

Chômage : les prévisions mondiales sont alarmistes.

Catastrophique. Le rapport annuel de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), publié lundi, dresse un constat des plus sombres sur l’évolution de l’emploi l’an dernier. Si les gouvernements
ne prennent pas les mesures énergiques qui s’imposent, la tendance est appelée à se dégrader encore plus.

Fin 2013, le monde recensait environ 202 millions de chômeurs. Un chiffre en hausse de près de 5 millions par rapport à l’année précédente. L’essentiel de cette dégradation (45 %) est due aux pays
de l’Asie de l’Est et du sud. Il n’y a guère que l’Amérique latine qui soit parvenue à limiter la casse avec seulement 50.000 chômeurs supplémentaires.

Dans l’immédiat, note l’OIT, aucune amélioration n’est en vue. Selon ses prévisions pour 2014, le taux de chômage global va encore augmenter à 6,1 % de la population active avec 4,2 millions de
chômeurs supplémentaires. D’ici à 2018, 40 millions d’emplois devraient être créés. Ce qui sera loin d’être suffisant pour intégrer les 42,6 millions de personnes qui devraient entrer sur le
marché. Aussi, l’Organisation s’attend-elle à ce que le nombre de sans-emplois atteigne le chiffre record de 215 millions de personnes d’ici là.

Outre cette probable croissance du chômage, l’OIT souligne plusieurs faits alarmants. Le premier concerne l’allongement de la durée moyenne du chômage. « Elle a doublé par rapport à la situation
d’avant crise », relève-t-elle, avançant le chiffre de 9 mois pour la Grèce ou encore de 8 mois pour l’Espagne. Même aux Etats-Unis où la reprise économique est là, le chômage de longue durée
affecte 40 % des chercheurs d’emplois.

Une évolution problématique. Car pour l’OIT, les chômeurs de longue durée subissent immanquablement une perte de qualifications. D’où la difficulté grandissante, au fur et à mesure du temps, pour
les réinsérer dans le circuit de l’emploi.

Drame social

Un autre constat alarmant concerne la qualité des emplois qui ont été créés. L’OIT souligne une décélération de la croissance de l’emploi salarié, lequel n’a augmenté que de 28,1 millions de postes
en 2013. Loin des 35 millions observés annuellement en 2011 et 2012. L’Europe centrale et orientale, l’Asie du sud et de l’est sont les deux grandes zones géographiques les plus affectées par ce
phénomène.

Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que les emplois répertoriés comme « vulnérables » par l’OIT (travailleurs indépendant, travailleurs familiaux, les deux catégories ayant un accès limité
à une protection sociale) ont fortement progressé. « L’emploi vulnérable s’est accru de 13,4 millions de postes en 2013 contre une hausse de seulement 5,3 millions en 2012 et 3,3 millions en 2011
», note l’Organisation.

Seule éclaircie dans cet environnement morose : le nombre de personnes actives pauvres continue son repli. En 2013, 375 millions de personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour contre
environ 600 millions au début des années 2000.

Face à ce drame social qui n’en finit pas, l’OIT plaide plus que jamais pour des politiques actives de l’emploi : aide à la recherche, politique de formation, etc. Les pays de l’Organisation de
Coopération et de Développement Economiques (OCDE) n’ont consacré en 2011 que 0,6 % de leur PIB à de telles politiques, relève le rapport. Or, selon l’OIT, un doublement du montant permettrait de
créer « près de 4 millions d’emplois au sein des pays développés et de l’Union européenne ».

Par ailleurs, compte tenu de la faiblesse de la demande, des incertitudes concernant son évolution et de l’amplitude de leur trésorerie, « les grandes entreprises tendent à racheter leurs propres
actions, à accroître leur dividende, plutôt que d’investir dans l’économie réelle », déplore l’OIT.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203255715741-chomage-les-previsions-mondiales-sont-alarmistes-644179.php

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