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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 13:40

             

Ce que nous appelions fordisme boiteux dans l’article du 19 juillet dernier correspondait à la construction – depuis la fin des trente glorieuses- d’un désajustement macroéconomique entre offre globale et demande globale. La mondialisation (étape 2) permet d’échapper au partage classique des gains de productivité. Mais la demande globale se maintient par « artificialisation de la plus value relative » (étape 3), mais aussi par la magie financière  au profit des ménages (étape 4) et la magie financière au profit des vieux Etats- providence ( étape 5) . La crise elle-même apparaissant comme le dépassement des limites autorisées par la fuite en avant par la dette et donc la dislocation de la magie financière.

Nous disions aussi qu’il n’y aurait pas de rétablissement du paradigme perdu.

 Certains souhaitent apparemment aggraver les choses,  et  soutiennent que  la crise n’est pas mondiale et se borne pour l’essentiel aux vieux pays victimes d’un défaut de productivité devenu abyssal. Point de vue jusqu’ici majoritaire, d’où les purges qu’il faudrait infliger, et que l’on inflige, par exemple aux pays du « club med ». Comme le rappelle fort justement Paul Fabra, la mondialisation est plus que le libre échange, et les « moins bons » ne disposent pas « d’avantages comparatifs » qui faisaient que dans le célèbre exemple du vieux Ricardo, l’Angleterre ne disparaissait pas malgré la surproductivité absolue  du Portugal. Aujourd’hui, la mondialisation, est en théorie, un déménagement autrement radical, puisque tout ou presque, peut être produit à meilleur compte en Asie. Le défaut de productivité n’est pas seulement abyssal : il est irrattrapable. D’où notre proposition -dans  notre article du 16 juillet- d’un accord international sur l’obligation réglementaire d’un équilibre des comptes extérieurs de chaque pays. Les entrepreneurs politiques au pouvoir dans la plupart des pays, parce que nourris à la théorie néoclassique dominante, pensent qu’il y a va de leur intérêt  de continuer à agir  comme avant  le séisme de la crise.

D’autres, apparemment  moins écoutés  par les entrepreneurs politiques présents, pensent que le conflit de répartition de la valeur ajoutée doit connaitre une modification des rapports de forces. S’il y a eu développement de la magie financière, ce que nous appelions la « gigantesque finance » dans notre article du 6 mars dernier, c’est précisément en raison de la chute - en longue période-  de la part des salaires  dans la valeur ajoutée brute. Point de vue repris dans nombre de travaux économétriques et parfois- mais très rarement- contestés s’agissant de la France (Denis Clerc). Approximativement, cette thèse repose sur le mythe du paradigme des 30 glorieuses qui par la redistribution des gains de productivité permettait un partage satisfaisant des PIB. Il s’agit donc d’une pensée issue de la famille keynésienne, pensée qui depuis quelques mois, se structure chez des auteurs anglo-saxons comme Krugman  ou français comme Artus.

Il est tout d’abord exact de constater que le conflit traditionnel de répartition de la valeur ajoutée brute continue de fonctionner au  désavantage des salariés. Le tableau suivant mérite attention :

 Variation prévue de la productivité      Variation prévue de la part des salaires

           Entre  2008 et 20  (en%)                          entre 2008 et 2010 (en%)

Irlande                                  8,8                                                     -1,6

Espagne                               5,5                                                     -0,7

USA                                       4,6                                                     -2,2

France                                  1                                                        -0,4

Zone euro                            -0,2                                                   0,9

Japon                                    -0,6                                                   -0,3

Italie                                      -0,9                                                   0,7

Grèce                                    -1,9                                                   1,2

RU                                          -2                                                       0,6

Allemagne                           -3,4                                                   1,4

 

Sources : Commission européenne et calculs Alternatives économiques 

Il révèle,  en premier lieu, une corrélation entre l’importance des gains de productivité et la chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée brute. C’est particulièrement vrai pour le cas des USA. Cela signifie que la première économie mondiale (14204 milliard de dollars pour 2008 contre 13565 pour la zone euro et 4909 pour le Japon) souffre d’un déficit de demande interne qui ne justifie pas un investissement élevé malgré l’accroissement des profits. Les ménages titulaires de salaires, voient leurs revenus décroître, et se mettent à épargner 6% de ces mêmes revenus en 2010 contre 1% en 2007. Autant dire qu’il ne peut être mis fin à l’abyssal déficit fédéral  (plus de mille milliards de dollars) sans effondrement de l’économie américaine.

En second lieu si la zone euro est en meilleure position sur le plan de la demande globale, elle souffre d’une extrême  hétérogénéité. L’Irlande et l’Espagne sont dans une situation désespérée, et là aussi , une baisse en valeur absolue des déficits publics risque de se matérialiser par une hausse des valeurs relatives, le dénominateur  (PIB) baissant plus rapidement que le numérateur (déficit absolu).La position de Standard § Poor’s qui vient de dégrader la note de l’Irlande est probablement justifiée. Les chiffres concernant la Grèce, ne révèlent pas encore l’importance des mesures prises au printemps dernier, mais rejoindront bientôt ceux des deux pays sus visés : la chute brutale du niveau de l’emploi  se traduira par une augmentation rapide de la productivité et une baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée brute.

De fait, si la zone euro est en meilleure position en termes de demande globale, c’est- fort peu- en raison de la position de la France et presqu’uniquement en raison de la position de l’Allemagne. Si dans ce dernier pays la productivité a beaucoup baissé, c’est en raison des mesures prises concernant le chômage partiel. De fait la croissance allemande nouvelle (jusqu’à plus de 3% de croissance prévue pour 2010) va se traduire par l’augmentation de la productivité sans qu’il soit possible de dire quoi que ce soit sur l’évolution future de la part des salaires.

Nous n’avions pas à notre disposition les chiffres concernant la Chine. Toutefois l’effet de l’énorme plan de relance  a logiquement abouti - en maintenant artificiellement une très forte croissance - à une chute de la part de la consommation dans le PIB, laquelle n’a -avec seulement 32% du PIB- jamais été aussi faible. La Chine est donc aussi dans une position de faiblesse de la demande globale, avec une consommation trop faible mal compensée par des investissements pharaoniques dans le secteur public ou immobilier ( 62 millions de logements neufs seraient aujourd’hui inoccupés).

Au niveau mondial maintenant, selon Natixis, la productivité par tête progresserait de 3% en 2010, tandis que le salaire réel ne progresserait que de 1,5%.

Au total, les partisans d’une répartition de la valeur ajoutée plus favorable aux salariés semblent voir, dans l’inversion d’une tendance lourde d’augmentation de la part des profits, la solution à la crise, et la possibilité de voir le secteur privé, prendre le relai des relances publiques aujourd’hui à bout de souffle.

Les lecteurs de ce blog savent que les deux points de vue exposés mènent également à l’impasse.

 Les partisans de la « logique sacrificielle » ( Stiglitz) ne font qu’accélérer la catastrophe annoncée : la Grèce risque de mourir sur l’autel du « dieu productivité » lequel exige des  sacrifices toujours plus élevés et jamais libérateurs.  

Les partisans de la nouvelle répartition devraient comprendre que la mondialisation, telle que conçue jusqu’à maintenant, est une barrière à toute élévation de la demande globale. Dans les années 30, la barrière à l’élévation de la demande autorisant les débouchés à l’énorme production de masse d’un fordisme naissant, était l’absence d’entrepreneurs politiques, qui ne voyaient pas encore la gigantesque rente qu’ils pouvaient percevoir en faisant naître l’Etat- providence. Ce que Ford avait conçu par tâtonnements successifs : production de masse associée à des salaires élevés- le fameux « five dollars/day » de 1913-  n’était pas généralisable à l’ensemble de l’espace social. La barrière était la concurrence sauvage, empêchant une augmentation des salaires payée par la productivité, et assurant les débouchés de la production de masse. Ce sont les entrepreneurs politiques, qui ont vendu sur les marchés politiques, la régulation globale, c'est-à-dire la généralisation du fordisme : législation du travail, protection sociale etc. Pour le plus grand succès du paradigme fordien, et ce pendant plusieurs dizaines d’années dans beaucoup de pays. Aujourd’hui,c’est d’une nouvelle généralisation dont le monde a besoin. La forme nouvelle de la concurrence sauvage, est ce qu’on appelle la mondialisation dont on pense à tort, qu’elle est l’aboutissement naturel  du libre échange. Elle est au contraire ruineuse en ce qu’elle disloque les sociétés et contrarie des droits fondamentaux (cf. notre article du 5 juillet dernier). Les entrepreneurs politiques des pays dits émergents l’ont parfaitement compris. Les BRIC ne sont pas des entités solubles dans le marché mondial. Ce sont simplement des Etats en développement. Etats reprenant, de façon au moins temporaire,  tout ou partie des recettes qui firent le succès de l’occident.

La nouvelle généralisation, est pour le moment utopique en ce qu’elle bouleverse l’ordre des marchés politiques à l’échelle de la planète. C’est la raison pour laquelle, le paradigme qui sera plus probablement mis en place, passera par  la négociation planétaire de la sortie de la mondialisation. Comme on le sait, même pour ce qui n’est qu’un « second best », les esprits, comme les intérêts, sont encore très loin d’y voir autre chose qu’une utopie rétrograde. C’est la raison pour laquelle les idées en vogue aujourd’hui – idées que nous venons de rappeler dans le présent texte- additionnent leurs forces pour accélérer la course à la ruine généralisée.

Bonne rentrée à toutes et à tous.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans textes de portée générale
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commentaires

mutui online preventivi 10/06/2012 22:31

n'est pas terminée :/

dan_y44 17/11/2010 22:10


On fait des paris pour l'Irlande ?

;-)


BA 27/09/2010 21:24


Lundi 27 septembre 2010 :

La France et l’ancienne zone mark voient leurs taux d’intérêt baisser.

Si la France lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,631 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN10:IND

Si l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,269 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR10:IND

Mais en revanche, le Portugal, l’Irlande et la Grèce voient leurs taux d’intérêt monter.

Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,417 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,568 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 10,898 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

Le Portugal, l’Irlande et la Grèce empruntent à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

Le Portugal, l'Irlande et la Grèce foncent vers le défaut de paiement.


BA 22/09/2010 22:47


- Emprunt à 4 ans :

En août 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 4 ans : il avait dû payer un taux d'intérêt de 3,621 %. Un mois plus tard, mercredi 22 septembre, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 4
ans : il a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,695 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT4YR:IND

- Emprunt à 10 ans :

En août 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 10 ans : il avait dû payer un taux d'intérêt de 5,312 %. Un mois plus tard, mercredi 22 septembre, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 10
ans : il a dû payer un taux d'intérêt de ... 6,242 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Conclusion : plus les jours passent, plus le Portugal doit emprunter à des taux d'intérêt de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.


BA 21/09/2010 16:20


- Emprunt à 4 ans :

En août 2010, l'Irlande avait lancé un emprunt à 4 ans : elle avait dû payer un taux d'intérêt de 3,627 %. Un mois plus tard, mardi 21 septembre, l'Irlande a de nouveau lancé un emprunt à 4 ans :
elle a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,767 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB4YR:IND

- Emprunt à 8 ans :

En juin 2010, l'Irlande avait lancé un emprunt à 8 ans : elle avait dû payer un taux d'intérêt de 5,088 %. Trois mois plus tard, mardi 21 septembre, l'Irlande a de nouveau lancé un emprunt à 8 ans
: elle a dû payer un taux d'intérêt de ... 6,023 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB8YR:IND

Conclusion : plus les jours passent, plus l'Irlande doit emprunter à des taux d'intérêt de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus l'Irlande se surendette.


BA 20/09/2010 21:26


Lundi 20 septembre 2010 :

Les trois graphiques sont incroyables.

Les trois graphiques sont tout simplement incroyables.

Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,394 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,482 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,560 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


BA 18/09/2010 07:43


Samedi 18 septembre 2010 : situation désespérée pour le Portugal, l'Irlande, la Grèce.

Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces trois Etats de rembourser leurs dettes.

Depuis le 10 mai 2010, les taux d’intérêt de ces trois Etats ne cessent de monter.

Les graphiques suivants sont terrifiants :

Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,085 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,293 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,560 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

Plus les jours passent, plus ces trois Etats se rapprochent du défaut de paiement.


BA 16/09/2010 22:00


La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries du Portugal.

La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries de l’Irlande.

La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries de la Grèce.

Vas-y, Jean-Claude Trichet ! Continue, Jean-Claude Trichet !

Continue de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries pour essayer désespérément de faire baisser les taux d’intérêt du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce !

C’est efficace !

C’est tellement efficace !

Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,958 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,037 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,550 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND


BA 14/09/2010 23:45


Que faire quand les taux d'intérêt des obligations de l'Irlande explosent ?

Que faire quand les taux d'intérêt des obligations de la Grèce explosent ?

Que faire quand les taux d'intérêt des obligations du Portugal explosent ?

Réponse :

Comme d'habitude, il faut laisser la Banque Centrale Européenne acheter ces obligations pourries.

Lisez cet article :

La Banque Centrale Européenne achète de la dette irlandaise, grecque et portugaise (FT via EuroIntelligence).

So much for phasing out the bond purchasing programme. The latest weekly ECB data suggest that the ECB bought € 237 m worth sovereign bonds last week, the highest since the middle of August,
according to the FT. Still small in absolute size, the paper notes, it is a sign of continuing problems in eurozone bond markets. Irish traders last week reported that the ECB had been in the
market to support Irish bonds, whose yield spread to German bunds rose to new record levels. The article suggested that the ECB was also buying Greek and Portuguese bonds.

http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9652


Dod 14/09/2010 15:57


Tout cela est très bien, mais il y a pire.

Une nouvelle crise de liquidités se profile à l'horizon et cette fois ça a l'air sérieux :

http://www.dailymotion.com/video/xeta8j_courtier-or-septembre-2010-la-crise_lifestyle?


Au moins nous sommes prévenus.


La Gaule 12/09/2010 23:31


Je suis généralement en phase avec votre pessimisme (réalisme), mais je viens de relire votre texte pour la énième fois et je trouve toujours l’avant dernier paragraphe aussi Mallarméen dans
l’articulation que vous faites entre mondialisation, concurrence sauvage, libre échange et dislocation des sociétés. Vous semblez mettre en équivalence les deux premiers termes, tout en sortant
d’office le libre échange du jeu, mais en introduisant une cause première qui serait « la dislocation des sociétés », et là je demande à y voir plus clair ?

- Je ne crois pas d’abord que l’on puisse réduire la mondialisation à une seule « forme nouvelle » de concurrence sauvage. La mondialisation est comme un syndrome dont le principal symptôme
contemporain (car elle ne date pas d’hier non plus) serait le déracinement culturel, lui-même lié à l’extension de l’éducation, à celui des techniques de l’information et des télécommunications, et
à une prospérité considérée comme définitivement acquise.
De tous les facteurs, je crois d’ailleurs que le dernier est le plus important puisque c’est celui qui a donné à l’humanité la grande illusion que toutes les barrières pouvaient s’abaisser, ouvrant
la voie vers un gâteau sans limite qui ne demandait lui aussi qu’à être partagé, soit la mondialisation heureuse. Cette illusion aura donc été commune à tous les déracinés sous leur crâne, depuis
le boat people sur son esquif incertain au trader dans son carrosse d’acier, en passant par les « aventuriers du quotidien » des classes moyennes occidentales.

- Il était donc logique que cette volonté d’abolir toutes les barrières donne au volet économique de la mondialisation la forme du libre-échange. Même si celle-là ne peut se résumer à celui-ci, il
m’apparaît difficile de congédier le libre-échange comme la blanche licorne égarée par hasard en cette forêt. Je sais aussi que le libre échange ne l’est jamais absolument pour ses meilleurs
défenseurs (dont vous faites sans doute partie ?), qui ne manquent jamais d’en faire l’article sans son encadrement réglementaire idéal. Mais je me demande alors si disserter sur l’innocence du
libre échange en économie à plus d’intérêt que le faire sur la pureté du socialisme en politique.

-S’il y a en fait une équivalence entre les quatre termes que vous avancez, elle est entre la concurrence sauvage et la dislocation des sociétés. Cette équivalence est même LA condition à
l’arbitrage et l’inventivité du fait politique moderne. La révolution industrielle au dix neuvième siècle, de par la concurrence sauvage qu’elle a induit, a été dans toute l’Europe LA dislocation
définitive de la société de l’ancien régime, et cet effondrement réclamait l’essor d’une classe politique particulièrement féconde afin d’ériger un nouveau type de société.
C’est une histoire analogue qui se produit sous nos yeux aujourd’hui avec des paramètres d’ordre culturel très différents.
L’énorme nuance tient dans le fait que si le couple concurrence débridée/effondrement ne semble aboutir en occident à rien d’autre qu’aux ruines de nous-mêmes, il produit dans d’autres parties du
monde une métamorphose fantastique, qui ouvrent la voie à des formes sociales et politiques aussi originales qu’imprévues, tout en restant tributaires de leurs passés propre.

- Il résulte de tout ceci que, concrètement, si la mondialisation ne contribue pas plus en Chine qu’en occident au rééquilibrage en faveur de la demande, ce jeu perdant/perdant ne l’est tout de
même pas dans les mêmes termes pour les deux parties.
La Chine est en passe de se retrouver au pire dans la situation des Etats Unis en 1929, avec un énorme appareil productif en panne ou en léthargie, à charge pour elle comme vous dites d’appliquer
les recettes qui ont sorti les nations occidentales de l’ornière par la suite.
Celles-ci, au contraire, n’ont plus cet appareil en réserve derrière elles aujourd’hui, et l’éventualité d’un nouveau New Deal à notre convenance, dont rêvent maintenant beaucoup de monde (même
Patrick Arthus !) est donc logiquement absurde, ce que vous avez raison de souligner.

Cette critique mise à part, je trouve certains éléments de votre terminologie toujours aussi bien vus. Je crois par exemple que le mot « généralisation », en ce qu’il renvoie obligatoirement à des
faits, des structures, et des techniques précises, est beaucoup mieux choisi pour parler de notre dramatique moment historique que le mot « mondialisation », chargé lui d’une connotation abstraite
presque métaphysique.
Je suis d’ailleurs toujours surpris à ce sujet de la religiosité qui accompagne certains commentaires de votre texte, religiosité dont le symptôme presque obligé est l’angélisme. Rares semblent
être les personnes en effet qui ont réellement pris la mesure du gigantesque tour de passe qui est intervenu ces trois dernières et minuscules années.
Je ne sais s’il est encore bien utile d’agiter le chiffon rouge du «partage des richesses » sous les naseaux des pays du nord ouest, dans la mesure où ceux-ci ont surtout à présent le monopole
d’une dette insondable et funeste, alors que le capital productif file toujours plus à l’est du monde chaque mois qui passe.
D’autant plus que pour moi le miracle annoncé de la monétisation de la dette n’est qu’un mirage de plus. Cette technique –appelons là ainsi, cela fera toujours moins déprimant que de parler d’un
outil- ne serait utile que dans le cas où il existerait chez l’homme occidental une volonté puissante volonté d’accoucher en parallèle d’un nouveau dynamisme économique - industriel en particulier
(au passage je ne me gargarise pas forcément du mot « croissance » non plus). Une véritable révolution culturelle en fait, et, de cette révolution, je ne vois pour l’instant pas le moindre
lampion.
Les pays du sud devront donc s’y faire et, pour leurs doléances futures, effectuer rapidement leur changement d’adresse. Cela va concerner pas mal de monde aussi chez nous, avec chagrin…
Je ne me formalise plus non plus à goûter tous vos plats, invariablement et habilement relevés au piment de l’entreprenariat. Rien ne m’interdit non plus de considérer –au hasard et en vrac-
Scipion l’africain, Spartacus, Pompée, César, voire Attila, comme des entrepreneurs débrouillards sur les marchés politiques de leur temps.
Je crois aussi que, lorsque vous laissez entendre que les difficultés du moment seront aplanies par un règlement planétaire, vous ne perdez pas de vue que ce genre d’arrangement vise d’abord à
consacrer un nouveau maître du monde. C’est pourquoi il n’intervient généralement qu’après quelque cataclysme conflictuel. Je résume avec gros bon sens : « rien de bien nouveau depuis cinq mille
ans »
Je n’ai pas le choix. Ce genre de préoccupations vous vaut sans doute dans votre milieu habituel pas mal de blâmes mais aussi d’éloges. Dans le mien, elles me font invariablement passer pour un
excentré ennuyeux (un dingue quoi !).


BA 08/09/2010 21:17


Mercredi 8 septembre 2010 :

Regardez ces graphiques ahurissants :

Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,804 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,009 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,816 % !

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

Plus les jours passent, plus ces Etats empruntent à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

Plus les jours passent, plus ces Etats se surendettent.

Plus les jours passent, plus ces Etats se rapprochent du défaut de paiement.


BA 07/09/2010 16:55


Mardi 7 septembre 2010 :

La Banque des Règlements Internationaux vient de détruire le peu de crédibilité qui restait aux "stress tests" des banques européennes.

La Banque des Règlements Internationaux vient de montrer que les "stress tests" des banques européennes, c'était du pipeau.

Prenons l'exemple des banques françaises :

1- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 4,9 milliards d'euros de dette portugaise : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 15,1
milliards d'euros !

2- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 11,6 milliards d'euros de dette grecque : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 20
milliards d'euros !

3- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 6,6 milliards d'euros de dette espagnole : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 34,7
milliards d'euros !


Lisez cet article :

Le Wall Street Journal a également cité un économiste de Royal Bank of Scotland, qui a estimé incompatibles les montants de titres de dette publique détenus par les banques européennes tels que les
comptabilise la Banque des règlements internationaux (BRI), et tels qu'ils apparaissent dans les tests.

D'après la BRI, les banques françaises détenaient, au 31 mars 2010, 35 milliards d'euros de dette de l'Etat espagnol et 20 milliards d'euros de dette de l'Etat grec.

Or, selon les tests, quatre banques représentant près de 80 % des actifs du secteur (BNP Paribas, Crédit Agricole, Natixis et Société Générale) n'en détenaient respectivement que 6,6 milliards
d'euros et 11,6 milliards d'euros.

Seules sept des 91 banques européennes soumises à ces tests censés vérifier leur solidité financière avaient été recalées, dont cinq caisses d'épargne espagnoles, une banque allemande fortement
investie dans l'immobilier, et une banque grecque.

"Nos conclusions mettent à mal un but essentiel des tests de résistance, à savoir de rassurer les investisseurs et les banquiers dans le monde entier quant à la santé du système financier
européen", a affirmé le Wall Street Journal.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iPhT0tsFD_QoSgWoDo0xf0Mv6VWQ


courtier-or 01/09/2010 17:51


Monsieur Werrebrouck,

Le paradigme est effectivement perdu, mais la tentative chinoise présage un gamble de transition.

A titre personnel, je pense qu'il s'agit d'une certaine façon d'une quadrature de cercle :

Les revenus des chinois ne sont pas faits pour monter de 30 à 500 euros en l'espace de deux ans et les nôtres ne sont pas faits pour descendre à ce même niveau c'est à dire de 1000 à 500 euros sur
la même période.

Le crash du paradigme est à mon sens inévitable, mais les chinois gardent le potentiel économique que nous n'avons plus.

Sauf évennement guerrier, la Chine est partie pour gagne la course. La question est : Es-que cela vaut la peine, au vu des limites des ressources du modèle économique productiviste ?

Voir notre commentaire ici :

http://www.courtier-or.fr/int/images/stories/Depeches/Juin_1/Courtier_or__Juin_1.html

Bonne journée.


Apocatime 01/09/2010 07:00


Félicitations pour votre article...

Votre vision de l'économie est certainement plus en phase avec les réalités que celle émanant de nos élites...

En tout cas, je constate avec joie que vous prônez le programme politique proposé par le parti de François Asselineau : l'UPR à savoir une sortie en douceur de l'Union Européenne et une reprise en
mains de nos institutions financières...

http://www.facebook.com/#!/pages/Francois-Asselineau-Union-Populaire-Republicaine/367713397611


shuniata 31/08/2010 13:54


JC Werrebrouck a une inimitable et très pertinente façon de présenter les choses. je renouvelle mes très sincères félicitations pour la qualité du travail et l'encourage à continuer à nous en faire
part

merci à lui


ghost dog 27/08/2010 17:14


Cher M.W

je viens sur votre blog pour vous remercier de la réponse rédigée sur le blog de Paul. En vous lisant je comprends que ma vision est finalement assez confuse et que les choses sont bien plus
complexes.

Je pense notamment à votre réponse concernant les rapports Nord/Sud.
Je me suis mal exprimée certainement en affirmant que sans exploitation du sud , il ne pouvait y avoir d'Etat-providence. C'est effectivement trop caricatural et certainement faux.

cependant je crois qu'il faudra tout de même examiner un jour ce problème d'inégalité dans la répartition des richesses au niveau mondial, le programme du CNR est-il généralisable à toutes les
nations ?


Jean Claude Werrebrouck 27/08/2010 17:51



Bonsoir, Je ne connais pas le programme du CNR. Sauf qu'il a débouché sur un contrôle public de la monnaie, ce qui est une bonne chose.



Boreas 27/08/2010 14:49


Bravo, Monsieur Werrebrouck, très bel article.

Je suis un de vos fans.

Surtout, continuez.


BA 27/08/2010 10:12


Gribouille écrit : " Est-ce que le vrai changement ne serait pas le retour des Etats ?"

Oui.

J'ajouterais : nous, Français, nous ne pourrons jamais nous sortir de ce naufrage si nous restons dans l'Union Européenne.

Le Titanic "UNION EUROPEENNE" a percuté l'iceberg. Nous devons maintenant quitter le Titanic "UNION EUROPEENNE" dans le calme, dans l'ordre, sans paniquer.

Concrètement : la France doit sortir de l'Union Européenne, de l'OTAN, de l'OMC.

La France doit reprendre le contrôle de ses frontières.

La France doit reprendre le contrôle de sa défense.

La France doit reprendre le contrôle de ses lois.

La France doit reprendre le contrôle de sa monnaie (retour au franc le plus vite possible).

Pour savoir quelles doivent être les mesures prioritaires, je vous renvoie au programme du Conseil National de la Résistance : il a été écrit en 1944 et il est d'une actualité brûlante. Il a été
réalisé dans les années 1944 - 1946 par les gouvernements de Charles de Gaulle, puis de Félix Gouin.

Un seul exemple en ce qui concerne les mesures prioritaires :

- 8 mai 1945 : fin de la Seconde Guerre Mondiale.

- 2 décembre 1945 : le gouvernement de Charles de Gaulle nationalise la banque de France et les banques françaises. Le pouvoir politique prend le contrôle du pouvoir monétaire. Le pouvoir politique
prend le contrôle du pouvoir bancaire.

C’était écrit dans le programme du Conseil National de la Résistance, publié le 15 mars 1944 :

« le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques
»

http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance


Gribouille 27/08/2010 09:23


Il me semble que tout le raissonnement internalise la logique de mondialisation dans le sens où, on doit augmenter les salaires, mais c'est la mondialisation qui fait pression sur eux pour les
compresser toujours davantage.
1) Je pense que l'impact de la mondialisation est un bouc émissaire bien pratique. Il ne faudrait pas oublier que 70 à 75% des échanges se font entre voisins, ce qui laisse peu de place aux
échanges entre continents. Que le salarié a 13 fois plus de chances de perdre son emploi à cause des gains de productivité que de la délocalisation de son emploi en Chine ou ailleurs (Sur 100
chomeurs, en moyenne 5 ont perdu leur emploi à cause d'une délocalisation selon les études). Enfin que l'industrie manufacturière ne recule pas dans les pays développés quoiqu'on prétende car, par
exemple en France la part de l'industrie dans le PIB est stable, et la VA porduite continue de croitre au rythme de la croissance française.
2) Après ce constat, il serait peut être souhaitable de torouver pourquoi on a le sentiment collectif de de vivre dans une impasse alors que l'accumulation des statitisques montre un visage
différent. Il est évident que la prétendue menace de la concurrence étrangère ont rendu les salarés raisonnables aussi bien sur leurs revendications salariales que sur leurs avantages sociaux, et
les Etats n'ont pas hésité intervenir dans le dialogue social pour montrer le pays attractif aux investissements étrangers. Il est aussi probable que si le sommet de la mondialisation des échanges
date de 1913, il est clair que la volonté des Etats d'ouvrir de vastes marchés aux entreprises, à l'exemple de la zone Euro, a modifié le visage de la globalisation. La globalisation qui fait tant
de mal aux populations concernées ne serait-elle pas en réalité, celle d'un monstre qui s'est retournée contre son créateur. Les Etats en favorisaant des entreprises de taille Européenne ou
continentale, puis mondiale, ont créé un contrepouvoir aux Etats, constitué d'oligopoles économiques, qui ont rapidement mis en concurrence les Etats pour le choix d'implantation de leurs activités
en réclamant sans cesse de nouvelles baisses de charges, impôts, salaires, charges sociales, tout en transférant le coût des infrastructures à la chage des populations qu'ils menaçent de chômage ?
Nul besoin de brandir la menace du chinois, quand vous savez qu'un entreprise n'a qu'à franchir la frontière de France vers l'Allemagne et d'Allemagne vers la France, pour obtenir ce qu'elle veut
quand il n'y a plus de monnaie nationale qui l'empêche d'exercer son chantage.
Finalement, est-ce que le vrai changement que nous attendons ne serait pas le retour des Etats ?


Jean Claude Werrebrouck 27/08/2010 11:14



Retour des Etats?


Oui sans doute, et c'est l'idée centrale de ce blog . mais pour cela il faut bien comprendre la nature profonde de l'Etat. Car ce sont des décisions avec supportrts juridiques qui ont crée
l'environnement et le milieu dans lequel les acteurs vont jouer. Sur ce point je vous conseille de lire des papiers plus anciens et notamment ceux du 16 février 2010 et du 12 novembre 2009.



BA 26/08/2010 20:26


Christine Lagarde pour la restriction budgétaire.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé aujourd'hui que les gouvernements devaient désormais s'orienter vers des politiques de réduction des dépenses pour contrebalancer les mesures de
soutien à l'économie mises en oeuvre pendant la crise économique.

"Il est désormais clair que nous devons nous éloigner de la stratégie de relance que nous avons été contraints d'adopter (...) et prendre des mesures de restrictions budgétaires, qui sont demandées
par les marchés", a déclaré la ministre lors d'un déplacement en Suisse.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/08/26/97002-20100826FILWWW00552-lagarde-pour-la-restriction-budgetaire.php


Ldf 26/08/2010 19:51


Bonjour Mr Werrebrouck,

Merci pour ce très bel article.
Je me demande si l'économie souffre effectivement d'un problème généralisé du passager clandestin comme vous le sous-titrez bien (tous le monde baisse ses coûts pour vendre à une demande que la
baisse des coûts assèche, personne ne veut payer son billet) ou si il n'y a pas une volonté diabolique de faire baisser la demande de pétrole en liquidant les classes moyennes (je vous l'accorde
c'est tiré par les cheuveux).


Jean Claude Werrebrouck 27/08/2010 07:45



Bonjour,


Non, je ne crois pas aux théories du complot.Et il n'existe pas de volonté diabolique de faire disparaitre les classes moyennes. Le monde est fort complexe, et même en dictature il est difficile
pour le despote d'assurer une véritable stratégie. Marx continue d'avoir raison:"les hommes font l'histoire, mais ils ne savent quelle histoire ils font". Alors les classes moyennes
disparaissent ? mais personne ne le souhaite vraiment ..même ceux qui contribuent à leur disparition. Et pour la plupart des acteurs la réalité humaine et sociale restera ce qu'elle a
toujours été: une boîte noire.



Alexandria 26/08/2010 17:00


Bonjour, et merci de cet article stimulant. La « négociation d'une sortie de la mondialisation » semble en effet n'être pas près d'effleurer les esprits des élites économiques. Je voudrais
signaler ce qui me semble être une coquille dans le tableau : là où la colonne de g. donne une fourchette 2008-2020, celle de droite (% de l'évolution des salaires) donne 2008-2010. Rétablir 2020 ?


Jean Claude Werrebrouck 26/08/2010 18:29



Merci pour votre observation, il s'agit effectivement d'une coquille: ce n'est pas 2020 mais 2010.


Bien à vous



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