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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 14:10

 

               

 

La soupe primitive humaine parce que fondamentalement holistique ne laissait guère de place au marché et à l’économie. Parce que l’échange marchand, à l’inverse de l’échange primitif de dons, est fondé sur la séparation, il ne saurait lui être accordé une place réelle dans la société primitive.

Beaucoup plus tard « la grande transformation » chère à Polanyi laissait entrevoir une société de marché, dés enchâssant l’individu de sa vieille communauté holistique, et autorisant ce qui allait devenir la révolution industrielle.

Ce qu’on appelle financiarisation est un processus de séparation, de mise à distance, ou d’éloignement vis à vis des contraintes de l’économie réelle. C’est que l’échange marchand , outil indispensable de la division du travail, reste dans une économie non financiarisée trop soumis aux contraintes du réel. L’investissement réel, donc  assujetti  au processus de création de valeur ajoutée à partir de ces éléments très matériels que sont les équipements, les matières premières etc, est une répression temporaire de l’échange marchand : il faut attendre la création de valeur ajoutée avant  sa mise sur le marché. Avec tous les risques associés à l’opération.

La titrisation généralisée du réel

De ce point de vue l’apparition, au 19ième siècle, des sociétés de capitaux  est une libération supplémentaire : il y a déconnexion nouvelle vis-à-vis de la réalité et l’investissement n’est plus l’anéantissement au moins temporaire de la liquidité. Déjà, la course à la liquidité comme jouissance potentielle, sans engagement.

La division croissante  du travail va fonctionner de la même façon : la prise de conscience selon laquelle le coût du recours au marché peut- dans certaines conditions – devenir inférieur aux coûts de la hiérarchie libère les processus d’externalisation et d’émiettement  de la production. Parfois jusqu’à l’infini : des entreprises responsables de marchandises pourtant bien matérielles ne produisent rien d’autre que de la coordination. Comme quoi il est possible de maitriser des actifs sans porter atteinte à la liquidité.

De ce point de vue le modèle « d’accumulation fordien », pour employer le langage des « régulationnistes », n’est pas un progrès  en ce qu’il limite sérieusement l’échange marchand. C’est que le compromis institutionnel de l’époque, ou le mode d’appropriation de la contrainte publique, selon le langage de ce blog, ne fait pas du salariat une marchandise complète : l’Etat-providence, approvisionné par des cotisations salariales, reste sur le côté, et assure une solidarité qui ne passe pas par l’échange marchand. C’est aussi que nombre d’entreprises sont possédées par des propriétaires prisonniers du capital investi, qui par conséquent sont éloignés de la liquidité. C’est enfin que nombre de processus industriels ne sont pas financiarisés, que par exemple, il faut mobiliser des fonds sur des stocks de matières premières qui ne sont pas encore des « commodities » , le risque d’évolution des cours dans le futur pesant de tout son poids.

Mais ces échanges marchands du 19ième et du 20ième siècle, sont encore ancrés sur une marchandise bien physique. Certes ils s’affolent avec la division du travail, y compris bien sûr dans le fordisme, mais ils se nouent à propos de la marchandise. L’échange marchand connait une hypertrophie par rapport à la production finale, mais il n’a pas encore pour support essentiel des titres financiers. L’objet de la présente note, n’est pas de revenir sur les causes de la financiarisation et le passage progressif de « l’accumulation fordienne » au modèle « wall Street ». Il est simplement de repérer le gonflement de la sphère financière et les questions qui en résultent.

Le gonflement, allant jusqu’au gigantisme,  est dû à la titrisation généralisée de la réalité. Tritrisation pouvant mener à une multiplication à l’infinie de la sphère des échanges marchands .Et multiplication à l’infinie,  grandement facilitée par l’irruption des technologies informatiques : Il suffit de penser au trading informatique à hautes fréquences. Cette titrisation ne se borne pas à celle des crédits hypothécaires américains et concerne l’ensemble du réel matériel. En ce sens, il s’agit d’une certaine façon,  de se débarrasser de la réalité qui n’aura plus à produire de la valeur ajoutée,  mais simplement de la valeur. Bien sûr, nombre d’entreprises furent titrisées en France par le processus de privatisation et l’irruption des fonds de pension. Mais la titrisation est aussi celle de la dette publique,  qui autorise cette autre irréalité qu’est la possibilité, pour un simple notateur privé, de déclencher une « attaque des marchés » contre les Etats. C’est aussi la titrisation de la protection sociale,  qui transforme les régimes de retraites en une infinité d’échanges de produits financiers, ou qui génère d’autres  produits financiers à partir des déficits de l’Assurance Maladie,  comme dans le cas de la CADES. C’est aussi,  la titrisation plus connue de la plupart des crédits qu’il faut sans cesse évacuer des bilans : le crédit existe bel et bien, mais tout est fait pour qu’il soit réputé inexistant. C’est aussi,  la déréalisation des stocks les plus divers,  qui peuvent se transformer en une infinité de contrats sur des marchés à termes. Et dans ce dernier cas,  il ne s’agit même plus de déréaliser mais de faire disparaitre une activité économique. Il est même possible de déréaliser des revenus et par le jeu de la constitution d’une bulle, par exemple immobilière, de compenser  une stagnation des salaires résultant elle-même de la disparition du Fordisme. Les exemples pourraient être multipliés, et il y aurait sans doute à évoquer l’infinité des produits dérivés, eux-mêmes dérivés d’autres produits voire indices et indices d’indices etc. c’est que la tirisation peut elle-même être titrisée et ce, sans limite claire. Le processus d’explosion des échanges marchands dématérialisés s’est évidemment nourri d’ entreprises d’un genre nouveau, tels les Hedges Funds ou les fonds de Private-Equity, ou les fonds de fonds etc.

Division du travail industriel et division du travail financier

L’explosion de la division du travail dans l’économie réelle,  avait déjà entrainé une explosion parallèle de la sphère des échanges. Il s’agissait toutefois de diviser  la production pour générer des gains de productivité : le « faire-faire » étant moins coûteux que le « faire ». Il est sans doute possible de se poser une question identique à propos du gigantisme financier : s’agit-il d’une division du travail générant le partage du risque,  comme il s’agissait de partager la production à l’époque du Fordisme ? Sur le théâtre pétrolier, la sphère des échanges strictement financiers, dont JM Chevalier affirme qu’elle est 35 fois plus importante que la sphère des échanges physiques, génère sans doute un partage des risques, chaque opérateur prenant simultanément une position et une couverture.  Sa profondeur (35 fois la sphère physique) est censée sécuriser  l’accès au physique lui-même. Toutefois,  la question est de savoir s’il y a gain global de productivité, par exemple par réduction massive de coûts de stockage et des investissements correspondants. On ne trouve  pas de réponse, dans le rapport sur les causes de la volatilité des prix du pétrole remis par JM Chevalier au gouvernement.  .((http://www.economie.gouv.fr/services/rap10/100211rapchevalier.pdf). Il est  toutefois  douteux qu’à l’échelle planétaire la titrisation des « commodities » ait entrainé une baisse générale des stocks, et le « Just In Time » industriel fût très probablement plus efficace. Il est moins douteux,  par contre, que le système soit aussi un terrain de jeu sur des paris concernant les prix, paris exceptionnellement protégés par des dispositions du code monétaire et financier(ordonnance 2009-15 du 8 janvier 2009 confirmant des textes plus anciens) en dérogation au code civil lui-même (article 1965).

Le gigantisme financier, pouvait ainsi apparaître comme la suite logique de l’échange marchand généralisé- sans limite-  avec l’individualisme qui lui correspond : la fin du holisme est aussi le passage de la solidarité à la simple assurance  des risques, avec pour corollaire  les paiement sur paris, et le respect des dettes de jeu,  qui doivent devenir   juridiquement sur-protégés.

Logique, car résultant aussi de la montée des risques - et de leur couverture nécessaire – liés à la mondialisation exigée par certains acteurs, notamment ceux des entreprises économiques : liberté de circulation des capitaux, taux de change flexible, risques pays etc. Mais aussi montée des risques liés à d’autres facteurs, notamment la couverture assurantielle de ce qui n’est peut être pas assurable, par exemple  les catastrophes naturelles.

Logique aussi, car résultant des dogmes des théologiens universitaires consacrés à l’autorégulation des marchés, et à l’affectation efficiente des capitaux. Dogmes qui iront tous dans le sens d’une prise de risques accrus, notamment des leviers aux dimensions impressionnantes, puisque précisément la « science » enseigne qu’il n’y  a plus de risques... Et comme le risque se doit d’être divisé à l’infini pour devenir proche de Zéro, et que les coûts de transaction sont à peu près nuls, le gigantisme des échanges financiers peut se développer sans limite. Ce qui n’était pas le cas des échanges marchands industriels dont la division du travail ne peut sans cesse être accrue, les coûts de coordination finissant par l’emporter. Et le résultat est impressionnant,  puisque de façon très approximative une seule activité – la maitrise  du risque- a pu  engendrer jusqu’à 30 points de PIB dans les pays les plus financiarisés.

Ce gigantisme est dans les apparences un aboutissement rationnel, au fond  le destin logique de l’échange, dès lors que l’aventure humaine entrainât la transformation de l’institution du don holistique et solidariste,  en échange marchand qu’il faut assurer car toujours risqué.

On peut toutefois se poser la question de savoir si cet aboutissement, n’est pas une pathologie, en ce que le système financier serait – selon l’expression d’Alain  Touraine- une « pièce qui se serait détachée du système social ».

Cohérence fordienne et incohérence financière.

L’idée de gonflement sans limite de la titrisation – donc de gigantisme-  est déjà une pathologie en ce sens qu’elle finit par être dépourvue de tout point de repère. Dans l’industrie fordienne, l’émiettement de la production n’entrainait pas le non repérage de la pièce élémentaire, laquelle faisait l’objet d’une consommation productive,  que l’on appelait consommation intermédiaire. Cette dernière était objective, mesurable, et devait donner lieu à traçabilité. Sa valeur marchande, sans doute soumise à davantage de subjectivité, ne connaissait qu’une faible variabilité. Il n’en est pas de même dans l’industrie financière, la pièce élémentaire disparaissant largement par des effets incessants de bouclage : la titrisation de titres déjà titrisés ne connaissant pas de limites, il est très difficile d’imaginer une quelconque traçabilité. Les 3 agences mondiales (Moody’s , Standard § Poor’s, et Fitch Ratings ) s’enracinant, immanquablement, dans la subjectivité pour noter les produits structurés. Il existe un grand écart entre la mesure de la qualité d’une pièce  industrielle et l’opinion d’une agence de notation concernant des  produits structurés. Grand écart lui-même conforté, entre  une valeur plus ou moins objective de la pièce industrielle, et celle soumise aux errances du mimétisme, et des foules noyées par des flots d’informations elles mêmes très subjectives, et qui  fonctionnent en boucles. Comme quoi la gigantesque construction se trouve dépourvue de fondations, d’où l’idée de « pièce détachée du système social ».

Mais il y a plus grave, car les échanges marchands dans le modèle fordien et dans celui qualifié de « wall Street » ne sont pas de même nature. Dans le premier cas, il s’agit d’une division effective du travail aux fins d’ élévation effective de la productivité. Dans le second il s’agit d’une division, non pas pour partager le risque mais bien plutôt pour le transférer. D’où la difficulté de mesurer le gain de productivité qui serait associé à l’échange. Il existe néanmoins un fait objectif : c’est bien le transfert du risque- lui-même  résultant de la marchandisation de tous les actifs imaginables- qui a permis l’endettement croissant , et en retour une valorisation accrue des patrimoines, justifiant une croissance continue de la consommation. Plus brutalement exprimé, si dans le fordisme les gains de productivités pouvaient être redistribués, et donnaient naissance à ce qu’on a appelé les « trente glorieuses », c’est l’endettement croissant, qui tient lieu de gain de productivité dans le modèle « Wall  Street ». C’est le processus de titrisation généralisée, qui a permis la mondialisation, comme la société de capitaux au 19ième siècle a facilité la révolution industrielle. Mais si la révolution industrielle a pu déboucher sur le fordisme, évidement avec le recours des marchés politiques, la mondialisation n’a pas encore débouché, ou ne pourra pas déboucher sur un fordisme mondial, le fonctionnement des marchés politiques, s’enracinant  encore sur des bases étatiques nationales.

Au niveau des Etats, l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées, a donné lieu à un nouveau type de fonctionnement, largement favorable aux entrepreneurs de la finance, et interdisant la vieille redistribution des gains de productivité. L’entreprise mondiale titrisée, fragilisée dans son corps en raison de la titrisation possible de chacune de ses parties, obéissant à de nouvelles normes comptables,  elles-mêmes mises en place dans le cadre d’une adéquation avec la titrisation généralisée, n’a plus à redistribuer aux salariés les gains de productivité. La mondialisation (concurrence) comme les actionnaires  (nouvelle gouvernance) sont  d’ailleurs là pour lui interdire.  si l’entreprise fordienne générait des débouchés par redistribution des gains de productivité, l’entreprise titrisée laisse la place à la finance pour assurer, par un endettement croissant, les débouchés dont elle a besoin. Pour être juste, la mondialisation qui s’est servie de la titrisation généralisée,  assure aussi un « revenu supplémentaire » résultant du prix bas des marchandises importées … mais qui tuent le fordisme ancien. Comme quoi la titrisation généralisée, avec tout ce qu’elle implique, notamment la liberté de circulation du capital, est cause essentielle de la désindustrialisation des anciens pays fordiens.

La croissance est ainsi- pour l’essentiel -  non plus tirée par les gains de productivité, mais par un  endettement croissant reposant sur le transfert généralisé du risque, et impulsant un effet d’enrichissement. Le lecteur retrouve ici la logique des « subprimes »- pour le meilleur et finalement le pire -  aux USA , avec ces « clones européens » , et notamment l’Espagne.

Alors que le fordisme était un accord- utilisant certes  largement  la contrainte publique-  mais qui restait relativement cohérent, c'est-à-dire pouvant « faire société », le modèle wall street est fondamentalement un compromis boiteux,  ne pouvant déboucher sur aucune cohérence sociale.

Cohérence pour le fordisme,  en ce sens que les conflits d’intérêt sont largement arbitrés par les entreprises politiques,  qui elles même sont légitimées par le succès : intégration du plus grand nombre, « moyennisation » de la société et « containment » des conflits, croissance très élevée etc. Quelque chose comme l’idéologie d’un intérêt général peut se développer.

Incohérence pour  le modèle « wall Street » qui ne peut réellement arbitrer les conflits d’intérêts,  et ne propose que des  fuites en avant appelées  d’abord « effet d’enrichissement » et ensuite «  bulles »… de plus en plus nombreuses et de plus en plus gigantesques. Bulles suralimentées par de la dette, qui nourrit elle-même une rente dévoreuse, excluant tout compromis arbitré par les entreprises politiques, elles mêmes saignées par la dite rente. Les produits politiques (dépenses budgétaires) étant affectés de façon croissante au service de la dette publique, imprudemment titrisée depuis trente années. Entreprises politiques devenant ainsi massivement délégitimées, car incapables de promulguer l’idéologie d’un intérêt général.

L’expression d’Alain Touraine- « Pièce détachée du système social » est sans doute maladroite- la finance fonctionnant davantage comme prédation- elle reste néanmoins juste, en ce qu’elle exprime cette idée d’incohérence. Pour autant si le gigantisme financier fonctionne comme pathologie sociale, il reste aussi point d’aboutissement d’une histoire humaine, celle de la promotion de l’homme complètement délié, dans une société de marché généralisé, c'est-à-dire  l’ordre spontané hayekien.

Le gigantisme financier est le produit non attendu de la déliaison en cours. Cette dernière survivra t-elle à la crise ?

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Finance et Etats
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BA 27/04/2010 14:30


Mardi 27 avril 2010 :

Grèce : le recul du PIB pourrait dépasser 2 % en 2010.

La Banque de Grèce, qui tablait jusqu'à présent sur un recul du PIB de 2 % en 2010, a estimé mardi que la récession pourrait être supérieure compte tenu du "grand niveau d'incertitude" entourant le
redressement de l'économie du pays.

Un "recul" du PIB "plus grand" que celui prévu par la Banque de Grèce dans son dernier rapport, soit 2 %, "est très probable du fait des conditions actuelles, caractérisées par un grand niveau
d'incertitude", a indiqué le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, devant l'assemblée générale de la Banque centrale.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a0d397e2fe4f1ce359bc531e0be58c2d


BA 27/04/2010 12:02


Mardi 27 avril 2010 :

Les taux grecs à 10 ans restaient très élevés mardi matin (9,5 %), malgré les promesses d'Athènes de réduire son déficit, et les rendements portugais se tendaient au-dessus de 5 %, signe d'une
méfiance des marchés à l'égard de ce pays, confronté aussi à un déficit public abyssal.

Vers 11h00, les taux grecs restaient accrochés au niveau des 9,5 %, et ceux du Portugal s'inscrivaient à plus de 5 %, tandis que ceux de l'Irlande s'approchaient de ce niveau.

"Maintenant, on est même au-delà de l'activation ou non du plan d'aide international (toujours en discussion en Europe) pour la Grèce, car celui-ci ne résoudrait les problèmes que sur le court
terme. Désormais, les marchés parient sur un accident majeur de crédit de la Grèce", explique René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

"Le niveau élevé des taux longs grecs, malgré les promesses d'Athènes pour réduire son déficit et le plan d'aide financier, signifie clairement que le marché anticipe soit un défaut de paiement ou
une restructuration de la dette grecque, soit une sortie de la zone euro", a-t-il ajouté.

Le seul moyen, selon lui, de calmer les marchés serait de créer "un système de mutualisation des obligations européennes", sujet qui a déjà été évoqué au sein de l'Europe et qui serait l'unique
moyen de montrer un font uni européen.

Le Portugal, pays également dans l'œil du cyclone par le niveau élevé de ses déficits publics, voyait ses taux longs augmenter dangereusement, illustrant la méfiance des investisseurs. Même
situation pour l'Irlande.

Le "spread" (différence de rendement) entre le Bund allemand, considéré comme la référence sur le marché des taux, et celui des obligations portugaises et irlandaise a atteint environ 200 points de
base, un niveau considéré comme pivot à partir duquel la spéculation démarre, indique-t-on sur les marchés.

La crise grecque a réellement commencé quand le spread a atteint 200 points de base avec le Bund. Cette différence signifie concrètement que pour compenser la méfiance des investisseurs, les
Portugais ou les Irlandais doivent offrir des taux d'intérêt de 2 points de pourcentage plus élevés que ceux de l'Allemagne.

Mais s'ils empruntent plus cher, ils augmentent leurs échéances de remboursement et auront d'autant plus de mal à réduire leur déficit. Un cercle vicieux dans lequel la Grèce est d'ores et déjà
entraîné.

http://www.romandie.com/infos/news/201004271122040AWP.asp


BA 26/04/2010 20:58


Lundi 26 avril 2010 :

Les taux grecs à 10 ans ont atteint un nouveau record lundi en dépassant le seuil de 9 %, entraînant dans leur sillage les rendements des autres pays fragiles de la zone euro, le Portugal en
tête.

A 18H00, les taux longs grecs étaient à 9,388 %, contre 8,680 % vendredi soir, après avoir atteint leur plus haut niveau depuis l'entrée du pays dans la zone euro, à 9,401 %.

Le différentiel avec le Bund allemand à 10 ans qui sert de référence sur le marché s'élevait à 634 points de base, contre 561 vendredi soir.

Les taux grecs à 2 ans, de leur côté, s'établissaient à 12,96 %, contre 10 % vendredi, signe d'une forte défiance à court terme sur la solvabilité du pays et sa capacité à réduire drastiquement ses
déficits.

Autre signe de défiance : les CDS grecs sont montés au-dessus des 700 points, un niveau record, ce qui fait de la Grèce un pays considéré comme aussi risqué que l'Argentine ou le Venezuela.

Parallèlement, les rendements des pays périphériques (les moins sûrs de la zone euro) se sont fortement tendus, faisant craindre une contagion de la crise à d'autres pays de la zone euro.

Or, plus le coût de la dette de ces pays se renchérit, plus cela freine le rétablissement de leurs finances publiques.

Les taux à 10 ans du Portugal - la deuxième cible du marché après la Grèce - ont dépassé les 5 %, pour s'établir à 5,197 %, contre 4,958 % vendredi soir. Les taux à 2 ans ont atteint eux 3,639 %,
contre 2,937 % vendredi soir.

En Espagne, les taux à 10 ans étaient à 4,057 %, contre 3,890 % vendredi, et ceux à 2 ans à 1,872 %, contre 1,696 % vendredi soir.

Enfin, concernant l'Irlande, les taux à 10 ans ont grimpé à 4,907 %, contre 4,777 % vendredi, et les taux courts à 2,994 %, contre 2,344 %.

http://www.romandie.com/infos/news/201004261830040AWP.asp


BA 26/04/2010 16:31


La situation de la Grèce s'aggrave sur les marchés financiers.

En dépit des promesses d'aide du week-end, les marchés financiers ont encore fait monter d'un cran la pression sur la Grèce lundi, le coût du crédit réclamé à Athènes par des investisseurs de plus
en plus méfiants s'emballant à nouveau.

L'écart entre les bons allemands à dix ans, considérés comme une référence, et les bons grecs, ont battu un nouveau record lundi, à 6,32 %. Ce qui signifie que si les autorités grecques cherchent à
se financer sur les marchés, elles auraient besoin pour obtenir des prêts d'offrir un taux d'intérêt avoisinant les 10 %. Soit trois fois plus que ce qui est actuellement réclamé à l'Allemagne.

Et les valeurs grecques ont plongé, l'indice de référence de la bourse d'Athènes perdant 3 % à 1.802,44 points à la mi-journée.

Le ministre des Finances grec George Papaconstantinou devait rendre compte lundi au parlement du résultat de ses consultations du week-end à Washington avec les dirigeants du FMI et de l'Union
européenne sur l'aide réclamée par Athènes pays de la zone euro et au Fonds Monétaire International.

En Grèce, les syndicats en lutte contre le plan de sauvetage et furieux des nouvelles mesures d'austérité qu'il devrait entraîner, multipliaient les mouvements de grève : lundi, les ferries étaient
à quai au Pirée, bloqués par une grève des marins.

Mardi 27 avril, les salariés des transports publics devaient cesser le travail pour six heures, alors que le principal syndicat de fonctionnaires prévoyait une grande manifestation dans la
soirée.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20100426.FAP9728/la-situation-de-la-grece-s-aggrave-sur-les-marches-financiers.html


BA 23/04/2010 11:26


Il y a dès lors deux sorties de crise possible pour la Grèce :

Scénario 1 : les pays européens y vont quand même, aident massivement Athènes, mais sans savoir jusqu'où cette aide va les entraîner. Surtout si d'autres pays ont besoin d'aide dans la foulée.
C'est un engrenage dangereux. Or il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d'euros d'ici 2015 au
titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu'elle va devoir souscrire d'ici là du fait de ses déficits. Le soutien à
la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d'euros. En a-t-on encore les moyens ?

Scénario 2 : la Grèce fait défaut. Elle reconnaît qu'elle ne peut plus rembourser et on entre dans une négociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme on l'a fait jadis pour
l'Argentine. Ce scénario évidemment douloureux pour les créanciers, au premier rangs desquels les banques et assureurs européens, était impensable il y a encore 48 heures pour un pays de la zone
euro. Il est débattu aujourd'hui. Il est encore tabou chez les dirigeants européens. Les marchés financiers sont en train de les forcer à ouvrir les yeux.

http://www.lesechos.fr/info/inter/020496841181-point-de-vue-nicolas-barre-grece-le-scenario-de-la-faillite.htm


BA 22/04/2010 20:55


Jeudi 22 avril 2010 :

Vers 18H30, les taux longs grecs étaient à 8,780 %, contre 8,086 % mercredi soir, après un nouveau niveau record à 8,802 %.

Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, était à près 575 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l'entrée du pays
dans la zone euro en 2001.

Cela signifie que pour emprunter sur les marchés et compenser le manque de confiance des investisseurs, les Grecs doivent offrir des taux d'intérêt de 5,75 points de pourcentage plus élevés que
ceux des Allemands.

Cette flambée des taux grecs a eu des répercussions sur les rendements d'autres pays périphériques (les moins sûrs de la zone euro), faisant craindre une contagion de la problématique de dettes
souveraines.

Les taux portugais à 10 ans du pays ont grimpé à 4,881 %, contre 4,711% mercredi soir.

Ceux de l'Irlande à 10 ans ont eux aussi progressé à 4,767 %, contre 4,600 % la veille au soir.

Les rendements espagnols sont montés un peu moins brutalement à 3,952 %, contre 3,867 % mercredi.

Sous la pression des marchés en raison de leur endettement élevé, ces quatre pays sont parfois appelés "PIGS".

http://www.romandie.com/infos/news/201004221913080AWP.asp

La situation de la Grèce est en train de dégénérer.

La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

Lisez cet article :

Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/22/flambee-des-taux-deficit-record-la-grece-se-rapproche-de-la-faillite_1340986_3234.html


BA 22/04/2010 12:14


Grèce : les taux longs à 8,3 %, le déficit public 2009 revu à la hausse.

Les taux des obligations d'Etat grecques à 10 ans repartaient fortement à la hausse jeudi matin, atteignant de nouveaux sommets, après l'annonce d'une révision à la hausse du déficit public de la
Grèce par Eurostat.

A 11H20 (09H20 GMT), le rendement des obligations grecques atteignait 8,323 %, contre 8,086 % mercredi soir. Il évoluait autour de 6,3 % il y a à peine un mois.

Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s'élevait à 525 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l'entrée du pays dans
la zone euro en 2001.

Depuis trois séances, les taux grecs connaissent une flambée qui fait craindre pour la solvabilité du pays.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=1e09c2e0b9af37851a7105f2f62e83ab


BA 21/04/2010 20:41


Mercredi 21 avril 2010 :

A 18H00, le rendement des obligations grecques était à 8,086 %, contre 7,851% mardi soir. Il a atteint en séance 8,3 % alors qu'il évoluait autour de 6,3 % il y a à peine un mois.

Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s'élevait à 501 points de base en fin de journée contre près de 520 en séance. Il était
à 476 points mardi soir.

Sur le reste du marché obligataire en Europe, les pays périphériques, dont le Portugal, ont souffert dans le sillage de la Grèce.

Les taux longs portugais ont grimpé à 4,711 %, contre 4,616 % mardi soir, faisant craindre une contagion de la problématique de dettes souveraines à d'autres pays de la zone euro.

http://www.romandie.com/infos/news/201004211905080AWP.asp

Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.
Vendredi 16 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,366 %.
Lundi 19 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,618 %.
Mardi 20 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,851 %.
Mercredi 21 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,086 %.

La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

D’autres Etats européens la suivront.


BA 20/04/2010 13:30


Plus les jours passent, plus la Grèce doit emprunter sur les marchés internationaux à des taux d'intérêt de plus en plus élevés.

Plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.

- Emprunt à 3 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois. La Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 1,67 %. Mardi 20 avril, la Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 3,65 % !

- Emprunt à 6 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,55 % !

- Emprunt à 12 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,85 % !

- Emprunt à 10 ans :

Mardi 20 avril, le taux de l'obligation à 10 ans a battu tous les records : il est au-dessus de 7,8 % !

Lisez cet article :

http://www.romandie.com/ats/news/100420100329.eznyqfk9.asp


BA 20/04/2010 10:02


Le plan d'aide à la Grèce pourrait se révéler très insuffisant.

La Grèce pourrait avoir besoin de 80 milliards d'euros d'aide financière pour éviter la faillite, près du double du montant prévu par le plan européen, a affirmé le président de la Bundesbank, Axel
Weber, cité indirectement mardi par le Wall Street Journal.

La situation de la Grèce empire et "les chiffres changent tout le temps", a rapporté au journal une personne proche du dossier, après une réunion à huis clos de parlementaires, au cours de laquelle
M. Weber s'est exprimé.

"La situation financière de la Grèce pourrait être pire que ce qu'imaginent de nombreux observateurs", souligne le Wall Street Journal, et la Grèce pourrait avoir besoin au total de 80 milliards
d'euros d'aide.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/20/le-plan-d-aide-a-la-grece-pourrait-se-reveler-tres-insuffisant_1339997_3234.html


BA 19/04/2010 10:50


Le président permanent de l'Union européenne, le Belge Herman Van Rompuy a présenté jeudi 15 avril à Bruxelles son premier recueil de haïkus, "une forme de poésie légère" à la mode du Japon.

"Trois vagues déferlent /
abordant ensemble au port /
le trio est rentré", avait-il déclamé sous le regard intrigué de la presse internationale.

Le petit recueil sobre et élégant de 124 pages à couverture bleu ciel, édité par une maison d'édition flamande spécialisée en poésie, rassemble un quart des haïkus composés par M. Van Rompuy. Tous
écrits en néerlandais - sa langue natale - ils sont traduits avec beaucoup de finesse en français, anglais, allemand et... latin, respectant autant que possible l'un des sévères codes du haïku :
écrire trois vers de respectivement cinq, sept, cinq syllabes.

"Absent deux jours /
un monde qui a changé /
le verger en fleurs".

http://www.lesechos.fr/depeches/insolite/afp_00245085-herman-van-rompuy-presente-son-premier-recueil-de-haikus.htm

En exclusivité mondiale, voici cinq nouveaux haïkus que vient d’écrire Herman Van Rompuy :

« Dans notre bateau /
Dont le nom est : ZONE EURO /
Coulant sous les flots ».

« Elle n’est pas pérenne /
L’Union Européenne /
Après l’iceberg ».

« Le Titanic coule /
L’eau salée s’engouffre /
Et remplit les soutes ».

« Quand vient le naufrage /
Nous partons à la nage /
Chacun pour sa peau ».

« Le capitaine dit : /
Les femmes et enfants d’abord /
Bonne chance à tous ».


BA 16/04/2010 21:39


Vendredi 16 avril 2010 :

A 18H00, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans est remonté à 7,366 %, contre 7,123 % jeudi et le "spread" (différentiel avec l'emprunt allemand à 10 ans qui sert de référence au marché)
s'élevait à 428 points de base.

http://www.romandie.com/infos/news/201004161911040AWP.asp

Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.
Vendredi 16 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,366 %.


BA 15/04/2010 16:06


Grèce : le FMI enverra lundi une mission pour discuter d'un prêt.

Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi qu'il enverrait lundi 19 avril une mission de ses représentants à Athènes pour discuter des conditions permettant un éventuel prêt à la Grèce, qui
traverse une grave crise financière.

http://www.romandie.com/ats/news/100415134601.2cqtu5wr.asp

C'est terminé.

L'Union Européenne est morte.

Maintenant, son cadavre va pourrir.


BA 14/04/2010 19:29


Mercredi 14 avril 2010 :

A 18H00 (16H00 GMT), le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans est remonté à 7,034 %, contre 6,815 % mardi vers 16H00 GMT, et le "spread" (différentiel avec le Bund allemand à 10 ans) s'est
rapproché des 400 points de base, en s'établissant à 390 points contre 367 la veille.

http://www.romandie.com/infos/news/201004141858040AWP.asp

Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.


BA 14/04/2010 11:44


Grèce : une aide de 90 milliards d’euros évoquée, au lieu de 30 milliards.

Les ministres des Finances de la zone euro n’excluent pas la nécessité d’un volume de crédit total de 90 milliards d’euros sur plusieurs années pour aider la Grèce, loin du plan de 30 milliards
d’euros annoncé dimanche, affirme le Handelsblatt mercredi 14 avril.

Les 30 milliards d’euros ne constituent qu’un « premier pas », écrit le journal en citant un membre du conseil des ministres allemand. Au bout du compte, le montant final pourrait être « au moins
deux fois plus élevé », selon cette source.

« Un volume de crédit allant jusqu’à 90 milliards d’euros n’est pas exclu », ajoute le journal en citant cette fois des sources proches de la Commission européenne.

Lors de leur conférence téléphonique, les ministres des Finances ont discuté d’un soutien à la Grèce « sur une période de trois ans », le temps que la Grèce mette en place solidement son programme
d’assainissement des finances publiques, précise le Handelsblatt.

En cas d’aide prolongée à la Grèce, la facture pour l’Allemagne, qui sera la plus lourde au sein de l’Union Européenne, serait donc nettement supérieure au chiffre de 8,4 milliards d’euros annoncé
lundi par un porte-parole du ministère des Finances, souligne le journal.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i2KWq5sim0rbSV605Pd6WC0F13cQ

... et bien sûr, l'Allemagne acceptera de prêter 19 % du prêt total à la Grèce.

Et la marmotte enveloppe le chocolat dans le papier alu.

Et le petit papa Noël dépose les cadeaux dans les souliers des enfants.


BA 13/04/2010 21:53


Mardi 13 avril 2010 :

Les rendements des obligations d’Etat grecques sont repartis à la hausse mardi, malgré une émission réussie de bons du Trésor (T-bills) qui a suscité une forte demande sur le marché.
A 18H00, le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans est remonté à 6,815 %, contre 6,637 % lundi.
Le différentiel (« spread ») avec le Bund allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché, est remonté également à 367 points de base, contre 346 points de base la veille.

http://www.romandie.com/infos/News2/201004131844050AWP.asp

Je suis en total désaccord avec cette expression de Romandie.com : « une émission réussie de bons du Trésor ».

En réalité, cette émission de bons du Trésor a montré que la Grèce se surendette, avec des taux d’intérêt qui explosent.

- En janvier 2010, pour emprunter à 6 mois, la Grèce avait versé 1,38 % de taux d’intérêt. Aujourd’hui, la Grèce doit verser 4,55 %. Ce n’est donc pas une émission réussie.

- En janvier 2010, pour emprunter à 12 mois, la Grèce avait versé 2,20 % de taux d’intérêt. Aujourd’hui, la Grèce doit verser 4,85 %. Ce n’est donc pas une émission réussie.

Et pour les emprunts à 10 ans ?

Pour emprunter à 10 ans, la Grèce devait verser 6,637 % de taux d’intérêt hier, lundi 12 avril. Aujourd’hui, c’est reparti à la hausse : la Grèce doit verser 6,815 % de taux d’intérêt.

Cette semaine, nous allons voir le taux de l’obligation grecque à 10 ans repartir à la hausse, puis repasser au-dessus des 7 %.
La propagande médiatique, la propagande de Jean-Claude Trichet, la propagande de la BCE, la propagande de Jean-Claude Juncker, la propagande de Christine Lagarde, etc, n’y pourront rien
changer.

Leur méthode Coué atteint ses limites.


BA 13/04/2010 15:30


Mardi 13 avril 2010 :

La Grèce emprunte à court terme, facilement mais cher.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=23fdfd24bf5fbe4c2baa315ab7888b85

Bilan de l’emprunt grec :

- Emprunt à 6 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %.
Aujourd’hui, elle lance de nouveau un emprunt à 6 mois, mais elle doit verser un taux d’intérêt de 4,55 % !

- Emprunt à 12 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %.
Aujourd’hui, elle lance de nouveau un emprunt à 12 mois, mais elle doit verser un taux d’intérêt de 4,85 % !

Conclusion : la Grèce se surendette de plus en plus. La dette publique grecque est en train de s’emballer.


BA 13/04/2010 08:37


Dans les Etats européens, la dette publique s'est emballée. Selon la Banque des règlements internationaux, la charge de la dette va atteindre 10 % du budget de tous les Etats européens.

This is confirmed by the projected interest rate paths, again in our baseline scenario. Graph 5 shows the fraction absorbed by interest payments in each of these countries. From around 5% today,
these numbers rise to over 10% in all cases, and as high as 27% in the United Kingdom.

C'est à la page 9 :

http://www.bis.org/publ/work300.pdf?noframes=1

Pour le Royaume-Uni, la Banque des Règlements Internationaux a prévu que la charge de la dette va atteindre 27 % du budget de l’Etat.

Je dis bien : 27 %.

C’est un pourcentage insupportable pour les Etats européens.

C’est intenable car, pour payer un pourcentage toujours plus grand destiné à la charge de la dette, chaque Etat privatise, chaque Etat démantèle, chaque Etat détruit toutes les protections
sociales.

Or, en faisant cette politique-là, chaque Etat détruit la demande intérieure.

Conclusion : un cercle vicieux est enclenché. Ce qui est en train d’arriver à la Grèce est ce qui va arriver aux autres Etats européens.

En voulant rembourser ses dettes, l’Etat s’endette encore plus. En voulant rembourser ses dettes, chaque Etat détruit encore plus sa demande intérieure. Chaque Etat se prive de ses propres recettes
futures.

C'est un cercle vicieux.

C’est un cercle vicieux qui nous emmène droit dans le mur.

En Europe, nous allons assister à une longue épidémie : les défauts de paiement des Etats européens.

La Grèce ne sera que le premier d'une longue série.


BA 12/04/2010 14:51


Lundi 12 avril 2010 :

Plusieurs économistes américains jugent « inévitable » un défaut de paiement grec.

« Inéluctable ». Le mot commence à se répandre dans les colloques sur la « crise grecque » outre-Atlantique. Malgré les réassurances du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, plusieurs
économistes américains commencent à considérer comme pratiquement inévitable un défaut de paiement grec.

http://www.lesechos.fr/info/inter/020470371508-plusieurs-economistes-americains-jugent-inevitable-un-defaut-de-paiement-grec.htm


BA 11/04/2010 22:41


Je recopie une dépêche Reuters que je trouve hilarante : cette dépêche nous explique que le FMI va prêter 20 milliards d'euros à la Grèce et, tenez-vous bien, les pays membres de la zone euro vont
prêter 60 milliards d'euros à la Grèce !

En tout, le programme de prêts atteint donc 80 milliards d'euros :

"Le montant total de ce programme, destiné à ramener le calme sur les marchés, pourrait aller jusqu'à 80 milliards d'euros, selon un responsable du ministère des Finances grecs, dont 40 milliards
d'euros pour la seule première année. Le Fonds monétaire international fournirait 10 milliards d'euros et les pays de la monnaie unique 30 milliards, à des taux proches de 5% selon le type de prêt.
Lors d'une conférence de presse, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ont précisé que tous les membres de la zone
euro participeraient au mécanisme au prorata de leur participation au capital de la BCE."

Mort de rire !

Qui peut croire encore à cet accord pipeau ?!

Qui peut croire que les pays membres de la zone euro vont prêter 60 milliards d'euros à la Grèce ?!

Prenons par exemple les 4 pays qui possèdent la plus grande partie du capital de la BCE.

- 1er pays : l'Allemagne possède 18,93 % du capital de la BCE. L'Allemagne va donc prêter 11,358 milliards d'euros à la Grèce ! Mais bien sûr ! C'est comme si c'était fait !

- 2ème pays : la France possède 14,22 % du capital de la BCE. La France va donc prêter 8,532 milliards d'euros à la Grèce ! Et où la France va-t-elle trouver ces 8,532 milliards d'euros ? Où ?

- 3ème pays : l'Italie possède 12,49 % du capital de la BCE. L'Italie va donc prêter 7,494 milliards d'euros à la Grèce ! Mais l'Italie est elle-même hyper-endettée !

- 4ème pays : l'Espagne possède 8,30 % du capital de la BCE. L'Espagne va donc prêter 4,98 milliards d'euros à la Grèce ! Mais l'Espagne est elle-même en faillite !

http://www.ecb.int/ecb/orga/capital/html/index.fr.html

Conclusion : les Etats européens sont déjà surendettés. Ils ne vont pas se surendetter encore plus pour prêter à la Grèce 60 milliards à fonds perdus.

Conclusion numéro 2 : seul le FMI pourra sauver la Grèce du défaut de paiement.


BA 11/04/2010 07:42


La Banque des règlements internationaux vient juste de faire ses calculs.

Dans les 10 ans qui viennent, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

- Au Japon, la dette publique sera de plus de 300 % du PIB.

- Au Royaume-Uni, la dette publique sera de plus de 200 % du PIB.

- En Belgique, en France, en Irlande, en Grèce, en Italie et aux Etats-Unis, la dette publique sera de plus de 150 % du PIB.

- La charge de la dette coûtera plus de 10 % du budget de ces Etats.

- La charge de la dette coûtera 27 % du budget de l'Etat au Royaume-Uni.

C'est à la page 9 :

http://www.bis.org/publ/work300.pdf?noframes=1

Ces prévisions à 10 ans sont dans la même fourchette que les prévisions à 4 ans du FMI.

Les prévisions à 4 ans du FMI sont les suivantes :

En 2014, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

C’est à la page 30 :

http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

Conclusion :

les chefs d'Etat européens NE prêteront PAS des milliards d'euros à la Grèce car ils sont eux-mêmes dans une situation désespérée.

Les chefs d'Etat européens pensent à une chose, et à une seule chose : "Comment faire pour que mon pays ne se déclare pas en défaut de paiement ?"

L'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l'Irlande, l'Italie, la Grèce, etc, ne sont plus capables d'arrêter l'explosion de leur dette publique. Leur dette publique s'est emballée.

Plus personne ne peut contrôler cet emballement.

Les chefs d'Etat européens NE peuvent PAS prêter des milliards d'euros à la Grèce car ils sont eux-mêmes surendettés.

Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est des discours.

Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est des déclarations.

Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est des paroles.


BA 09/04/2010 17:38


Vendredi 9 avril 2010 :

L'agence de notation Fitch a abaissé de deux crans la note de la dette à long terme de la Grèce, de BBB + à BBB -, invoquant l'accroissement des "défis budgétaires" auxquels le gouvernement grec
doit faire face, a-t-elle indiqué dans un communiqué reçu vendredi à Paris.

Fitch avait été la première des agences financières à rétrograder la note de la Grèce, le 8 décembre, donnant le signal d'une crise financière dans laquelle le gouvernement d'Athènes n'a pas cessé
de se débattre.

"La forte hausse des taux d'intérêt à laquelle doit faire face le gouvernement grec va rendre plus difficile pour le gouvernement d'atteindre son objectif budgétaire de réduction du déficit à 8,7 %
du PIB cette année", estime l'agence de notation.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=094e258fb317372259943cbb955dd660


BA 08/04/2010 21:23


Jeudi 8 avril 2010 :

Le taux des obligations grecques à dix ans a atteint jeudi un niveau historique de 7,508 %, inconnu depuis l'adoption de l'euro par la Grèce en 2001. Les investisseurs s'inquiètent de plus en plus
de la capacité du pays à financer sa dette.

La prime exigée par les investisseurs pour détenir des emprunts de l'Etat grec plutôt que des obligations souveraines allemandes, référence dans la zone euro, a atteint dans la matinée, à 456
points de base, soit près de 40 points de base de plus que la veille.

Concrètement, cela signifie que la Grèce doit offrir aux investisseurs un taux d'intérêt de 4,56 points de pourcentage supérieur à celui de l'Allemagne, pour emprunter sur le marché obligataire
afin de refinancer sa dette.

La courbe des rendements grecs entre 2 et 10 ans est restée inversée, le 2 ans restant fermement au-dessus du 10 ans, ce qui atteste des craintes d'une crise de liquidité à court terme.

Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou a affirmé que le pays va continuer à emprunter malgré ces taux élevés. " Le gouvernement a lancé un programme sérieux de stabilisation, il
exécute avec attention le budget et suit un programme de changements structurels importants ", a-t-il dit au cours d'un débat parlementaire sur un projet de loi de finances.

L'agence de notation internationale Standard & Poor's n'a pas exclu une dégradation de la notation de la Grèce si ses coûts d'emprunt restent élevés.

http://www.lesechos.fr/info/marches/300422837.htm?xtor=EPR-1001-[infosoir]-20100408


BA 07/04/2010 19:39


Mercredi 7 avril 2010 :

A 18H00, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans était à 7,161 %, contre 6,976 % la veille à la même heure.

http://www.romandie.com/infos/news/201004071834230AWP.asp

Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.
Jeudi 1er avril : l'obligation grecque à 10 ans était à 6,529 %.
Mardi 6 avril : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,976 %.
Mercredi 7 avril : l’obligation grecque à 10 ans était à 7,161 %.


BA 06/04/2010 21:16


Mardi 6 avril 2010 :

A 18H00, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans était à 6,976 %, contre 6,529 % jeudi soir. Il est passé au-dessus des 7 % en cours de séance. Le différentiel entre l'emprunt grec et le
Bund 10 ans, l'emprunt allemand qui est la référence sur le marché obligataire européen, a atteint 391 points de base, soit un plus haut depuis fin janvier.

http://www.romandie.com/infos/News2/201004061830051AWP.asp

Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.
Jeudi 1er avril : l'obligation grecque à 10 ans était à 6,529 %.
Mardi 6 avril : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,976 %.


BA 31/03/2010 21:08


Mercredi 31 mars :

A 18H00, le taux de l’obligation d’Etat grecque à 10 ans s’est inscrit à 6,522 %, contre 6,434 % mardi.

Le différentiel avec le Bund allemand à 10 ans qui sert de référence sur le marché s’est établi à 343 points, contre 316 points en début de semaine, ce qui traduit les inquiétudes sur la dette
grecque.

Ce mouvement fait suite à l’émission obligataire de maturité à 7 ans, qui s’est déroulée lundi, avec un résultat mitigé et une demande moins importante que lors des précédentes opérations.

A un climat déjà dégradé, est venu s’ajouter mercredi l’abaissement de la note des cinq principales banques grecques par l’agence Moody’s qui a donné lieu à un net mouvement de “fuite vers la
qualité”, a indiqué Jérôme Broustra, responsable de la gestion taux chez Axa IM.

http://www.romandie.com/infos/news/201003311901070AWP.asp

Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.

L’Etat grec ne pourra pas emprunter à des taux aussi élevés.

La Grèce fonce vers le défaut de paiement.


BA 30/03/2010 21:01


Mardi 30 mars 2010 :

Irlande : nationalisation (totale ou partielle) de 5 des plus grandes banques irlandaises.

Le ministre irlandais des Finances Brian Lenihan a dévoilé mardi un plan de sauvetage bancaire, qui verra l'Etat apporter 8,3 milliards d'euros à la banque nationalisée Anglo Irish Bank, aider à se
recapitaliser AIB et BofI, et nationaliser deux banques mutualistes.

"Après avoir stabilisé nos finances publiques, nous devons avancer vers l'étape finale de la stabilisation de notre système bancaire", a expliqué le ministre devant le Parlement.

M. Lenihan a martelé que la nationalisation totale ou partielle de cinq des plus grandes banques du pays, à laquelle ce plan devrait aboutir, était "la moins pire des solutions".

Dans le détail, l'Etat va injecter 8,3 milliards d'euros de capitaux supplémentaires dans l'Anglo Irish Bank, établissement qu'il avait nationalisé début 2009. Le ministre a ajouté qu'elle aura
peut-être encore besoin d'une dizaine de milliards d'euros de capitaux après cette injection, pour mener à bien sa restructuration.

L'Etat va également aider à se recapitaliser les groupes bancaires cotés Allied Irish Banks (AIB) et Bank of Ireland (BofI), après avoir déjà apporté à chacun 3,5 milliards d'euros.

Du coup, il devrait devenir "l'actionnaire majoritaire" d'AIB, dont il détenait déjà 25 % du capital, et devrait "rester actionnaire minoritaire" de BofI, dont il possède actuellement 16 %.

Enfin, le gouvernement va également recapitaliser deux établissements de crédit mutualistes, de taille bien plus modeste, l'Irish Nationwide et l'EBS, ce qui va conduire à leur nationalisation de
facto, a ajouté M. Lenihan.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=bf97d8f356f3a1fb5ba86018195a5893


BA 30/03/2010 08:56


Mardi 30 mars 2010 :

L'Irlande nationalise la banque Allied Irish Banks. De plus, l'Etat va prendre 40 % du capital d'une deuxième banque, la Bank of Ireland.

Lisez cette dépêche Reuters :

D'après la presse irlandaise, la part de l'Etat dans Allied Irish Banks pourrait passer de 25 % à 70 % à la suite de ce transfert.

"Nous devons faire en sorte que les banques soient en position de se financer dans un climat de confiance sur les marchés mondiaux", a dit le ministre des Finances Brian Lenihan sur la radio
publique RTE.

Prié de dire si l'Etat pouvait prendre une participation majoritaire dans Allied Irish, il a renvoyé au plan qui sera présenté mardi tout en assurant que "le nécessaire" serait fait par l'Etat
irlandais.

D'après le Irish Times, la participation directe de l'Etat dans Bank of Ireland pourrait passer de 16 % à 40 %.

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE62S25S20100329


babypouf 29/03/2010 11:11


Bonjour,
serait il possible Mr BA que vous puissiez créer un blog personnel afin que je puisse suivre facilement vos commentaires personnel sur la crise de la dette grécque et ses conséquences sur l'Europe
communautaire ?

Cela parasiterait moins ce blog ci qui est autrement plus passionnant.

Merci cordialement


BA 26/03/2010 22:20


L’Allemagne a gagné sur tous les tableaux :

1- Le FMI va intervenir pour sauver la Grèce.

2- Une opération de sauvetage de la Grèce ne sera déclenchée qu’à l’unanimité des pays de la zone euro. Un seul pays pourra l’empêcher en votant contre.

3- Chaque Etat membre ne sera pas obligé d’accorder un prêt à la Grèce. Seul les Etats volontaires prêteront quelques milliards d’euros à la Grèce : ce ne sera pas obligatoire.

4- A partir de là, la répartition prévue ne pourra pas avoir lieu dans la réalité. Selon la répartition prévue par l'accord signé le jeudi 25 mars, deux tiers des prêts seront accordés par les
Etats européens. Un tiers des prêts sera accordé par le FMI.

Mais dans la réalité, quels seront les Etats européens volontaires pour prêter à la Grèce ? Tous les Etats européens sont endettés, et même surendettés.

5- En 2014, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB. La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB. La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB. La dette publique
de la Belgique sera de 111,1 % du PIB. La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB. La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB (calculs du FMI).

http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

Quel Etat européen pourra accorder un prêt à la Grèce ?

Et, surtout, avec quel argent ?

Cela impliquerait qu’un Etat européen volontaire emprunte quelques milliards d’euros sur les marchés, et ensuite il les reprêterait à la Grèce !

Par exemple : la France a déjà une dette publique de 84 % du PIB aujourd’hui, soit 1 500 milliards d’euros. La France devrait donc s’endetter encore plus, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce, et
la France ne serait même pas sûre d’être remboursée par la Grèce !

Conclusion : presque aucun Etat européen ne pourra prêter de l'argent à la Grèce.
Seuls deux ou trois Etats européens accepteront de prêter à la Grèce. L’écrasante majorité des prêts sera fournie par le FMI.

La question n'est même plus de savoir si la zone euro va exploser.

La question est de savoir quand la zone euro va exploser.


BA 25/03/2010 21:13


Grèce : l'Allemagne impose son plan.

La pilule qui s'annonce est amère pour le premier ministre Papandréou. Il attendait de l'Europe qu'elle l'aide à se refinancer à moindre coût. Athènes doit trouver 15 milliards d'euros d'ici début
mai et 50 milliards avant la fin de l'année. Les conditions posées par Angela Merkel font du soutien conjoint de l'Union Européenne et du FMI un recours très dissuasif.

La Grèce ne pourra y faire appel qu'en dernier ressort, en clair seulement si les seize pays de l'euro constatent - à l'unanimité selon Berlin - qu'elle ne peut pas se refinancer sur le marché.

Les crédits européens se feront «sans élement de subvention» d'après Paris. Côté FMI, les taux paraissent plus attrayants. Mais ils relèguent la Grèce au rang de pays assisté. Ils passent aussi par
une cure d'austérité supplémentaire qu'Athènes aurait du mal à faire passer face à la colère sociale.

Sur le fond, Angela Merkel semblait hier soir sur le point de dicter sa loi au reste de l'Union Européenne. A priori isolée dans son orthodoxie, l'Allemagne a démontré que rien ne peut se faire
sans elle dans une Europe en crise. Inflexible, la chancelière a imposé son prix.

Nicolas Sarkozy, le patron de la BCE Jean-Claude Trichet, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le chef de l'exécutif européen José Manuel Barroso, tous auraient préféré une solution
européenne. Tous voyaient dans le recours au FMI une atteinte à la fierté européenne. Hier soir, la menace d'une débâcle sur l'euro ne leur a pas laissé le choix.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/03/25/04016-20100325ARTFIG00734-grece-l-allemagne-impose-son-plan-.php


BA 24/03/2010 22:56


Mercredi 24 mars 2010 :

Grèce : la France accepte l'intervention du FMI.

C'est une concession majeure de Paris à Berlin pour arracher le feu vert d'Angela Merkel à un plan de soutien européen à Athènes demain jeudi, à Bruxelles. Jamais depuis la naissance de la monnaie
unique, le Fonds monétaire international, dont le siège est à Washington, n'était intervenu comme prêteur en dernier ressort dans un pays de la zone euro.

«Ce n'est pas souhaitable» a récemment déclaré Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE). «Recourir au FMI pour aider la Grèce serait un signe de faiblesse» pour a
déclaré Patrick Devedjian, ministre de la relance.

La France qui considère traditionnellement le FMI comme une «antenne du Trésor américain» aurait préféré une solution «100 % européenne» à la crise grecque. Le plan validé par l'Eurogroupe le 15
mars dernier ne faisait d'ailleurs pas appel au FMI. Mais l'instransigeance de Berlin, dont la position s'est durcie ces derniers jours, oblige Paris à composer.

Outre le FMI, la France serait prête à accepter que l'on renforce la discipline budgétaire européenne, en actionnant les articles du traité de Lisbonne prévoyant la suppression des droits de vote
pour les pays n'obéissant pas aux règles budgétaires communes, voire l'expulsion d'un Etat membre. Autant de concessions ont fait dire à la presse allemande hier qu'Angela Merkel avait réussi à
imposer ses vues aux dirigeants de la zone euro.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/03/24/04016-20100324ARTFIG00775-grece-la-france-accepte-l-intervention-du-fmi-.php


BA 22/03/2010 21:39


La crise grecque pourrait "affecter directement l'économie des Etats-Unis", a estimé lundi un des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed), Dennis Lockhart.

"Je vois trois façons dont la crise grecque pourrait affecter directement l'économie des Etats-Unis", a déclaré M. Lockhart lors d'un discours à Naples, en Floride, dans le sud-est des
Etats-Unis.

"Premièrement, si des pays de l'Union européenne devaient prévoir des ajustements à des problèmes d'ordre budgétaire, cela pourrait entraver la croissance de la zone euro et les exportations
américaines vers cette région", a dit M. Lockhart, rappelant que l'Union européenne à 27 était le premier débouché pour les produits américains.

Deuxièmement, si la crise grecque provoque un mouvement de refuge des capitaux sur le dollar au détriment de l'euro, l'appréciation du billet vert qui pourrait en découler risquerait de "nuire à la
compétitivité des exportations américaines", a ajouté M. Lockhart, selon le texte de son discours distribué à la presse.

"Le troisième point est la possibilité que la crise budgétaire grecque débouche sur un grand choc des marchés financiers. Cela pourrait se manifester dans le système bancaire ou sous la forme d'un
mouvement de retrait général des investisseurs du marché de la dette des Etats", a-t-il ajouté.

(Dépêche AFP)

A propos du marché de la dette des Etats :

Selon le journal allemand DER SPIEGEL, les cinq pays de la zone euro les plus en difficulté devront emprunter sur les marchés 404,6 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2010.

D’ici la fin du mois de mai 2010, les cinq pays de la zone euro les plus en difficulté devront emprunter sur les marchés 143 milliards d’euros.

- L’Italie va devoir emprunter 70 milliards d’euros.

- L’Espagne va devoir emprunter 32,5 milliards d’euros.

- La Grèce va devoir emprunter 20,5 milliards d’euros.

- Le Portugal va devoir emprunter 12,8 milliards d’euros.

- L’Irlande va devoir emprunter 7,2 milliards d’euros.

http://www.spiegel.de/international/europe/bild-684598-67208.html


BA 21/03/2010 15:46


Petit à petit, l'idée fait son chemin dans les esprits : au sein de l'Europe, des voix s'élèvent pour que le Fonds monétaire international (FMI) intervienne dans la crise que traverse la Grèce,
bientôt prise à la gorge par un besoin de refinancement de 20 milliards d'euros d'ici à mai.

Les cris d'orfraies de certains Européens, qui écartaient comme une humiliation l'hypothèse d'un sauvetage d'Athènes par l'institution de Bretton Woods, ont commencé à se dissiper. Et les regards
se tournent vers Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, prêt à endosser le costume du sauveur de la Grèce et par la même occasion de la zone euro aujourd'hui tirée à hue et à dia, et
cela à deux ans des présidentielles françaises.

L'Allemagne a ouvert la voie vendredi matin : «Au cas où il faudrait en venir (à une aide à la Grèce), le gouvernement allemand n'exclut pas le recours aux ressources du Fonds monétaire
international", a indiqué Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement, assurant que l'Allemagne coordonnerait sa position avec celles de ses partenaires européens.

Dans le sillage de Berlin, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, puis la Finlande ont exprimé leur appui à une intervention du FMI dans le dossier grec. "Ce n'est pas une
question de prestige, mais de considérer ce qui serait le meilleur moyen de répondre" à la situation grecque, a expliqué le patron de la Commission.

Les Pays Bas, la Suède, le Royaume Uni et même l'Italie ont dit envisager la possibilité d'un recours au FMI pour la Grèce.

A ce rythme, la France risque de rester l'ultime bastion opposé à l'entrée en scène du FMI.

http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2003/politique-internationale/388334/dominique-strauss-kahn-appele-a-la-rescousse-de-la-grece.html


BA 20/03/2010 21:08


Samedi 20 mars 2010 :

An insolvency mechanism should be set up for nations that are unable to manage their debts, Horst Koehler, Germany's president and a former head of the International Monetary Fund, said in an
interview on Saturday.

Horst Koehler told Focus magazine there was now a need to develop procedures for overly indebted nations similar to those already in place for companies.

He said his suggestion was not aimed at Greece, which is battling to keep a crippling debt burden under control.

"It's possible that there are nations that won't be able to deal with their debt," said Koehler, who headed the IMF until stepping down in 2004 to run for the largely ceremonial post of German
President.

"That's why it's time to start thinking the unthinkable," Koehler added. "We need an orderly insolvency process not only for companies but also for nations."

There was a risk of chaos if a nation were to become insolvent. "That's why we needed an orderly process -- so that everyone knows what the rules are."

Greece's debts are nearing 120 percent of gross domestic product.

http://www.reuters.com/article/idUSTRE62J14D20100320

En clair : la Grèce fonce vers le défaut de paiement.


BA 19/03/2010 15:34


Vendredi 19 mars 2010 :

Le recours au FMI pour la Grèce n'est pas humiliant, dit Barroso.

Le recours au Fonds monétaire international (FMI) pour aider la Grèce dans sa situation budgétaire difficile n'est pas une question de prestige, estime le président de la Commission européenne,
José Manuel Barroso.

Après l'avoir initialement exclu, assurant qu'ils voulaient régler eux-mêmes le problème grec, les responsables de l'Union européenne écartent de moins en moins la piste d'une aide du FMI, qui a
d'ailleurs fait des offres de service.

"Ce que je veux rappeler, c'est que la Grèce et tous les Etats membres de l'UE sont membres du FMI", a dit José Manuel Barroso dans une interview diffusée vendredi sur France 24.

"Donc ce n'est pas une question de prestige, c'est une question de voir quel est le meilleur moyen de répondre à la situation", a-t-il ajouté, en précisant que l'UE travaillait avec le FMI "en très
bons termes" et que lui-même n'avait jamais considéré qu'il serait humiliant d'y faire appel.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=afb7916a7022110450c243ffd3f6bfbf


BA 18/03/2010 16:27


Jeudi 18 mars 2010 :

L'euro poursuit sa baisse face au dollar, la Grèce inquiète toujours.

"Les dissensions persistantes vis-à-vis de la Grèce rendent le marché nerveux" et pèsent sur l'euro, commentait Phil McHugh, analyste du courtier Currencies Direct.

Récemment, "les spéculations sur un plan de sauvetage ont stimulé l'euro, mais le marché semble désormais se rendre compte que parler d'un plan de sauvetage et en mettre un en place sont deux
choses bien distinctes", commentait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Faute de voir émerger un plan européen concret, auquel l'Allemagne reste très réticente, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, n'a pas exclu mercredi soir à Bruxelles d'avoir recours à
l'aide financière du Fonds monétaire international (FMI).

Renforçant l'hypothèse d'un tel recours, Michael Meister, un porte-parole du parti allemand au pouvoir, la CDU, a indiqué mercredi que si la Grèce a besoin d'une aide financière, elle devrait
s'adresser au FMI, notaient des analystes.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=0fedbb6485aaa895e7735e13e72918d4


BA 18/03/2010 08:49


Jeudi 18 mars 2010 :

La monnaie unique européenne a longtemps été un projet. Au cours de la dernière décennie, elle est devenue une réalité. Mais, depuis hier, c'est une question. Une question posée par le dirigeant du
pays le plus puissant d'Europe, la chancelière allemande, Angela Merkel, sous la forme d'une proposition radicale : « A l'avenir, nous aurons besoin d'une disposition dans le traité qui permette,
en dernier recours, d'exclure un pays de la zone euro. » Radicale pour trois raisons.

C'était d'abord la première fois qu'un dirigeant européen disait publiquement que l'euro n'était pas intangible. Une déclaration particulièrement forte en ce qui concerne une monnaie qui n'est rien
d'autre que de la confiance cristallisée.

Ensuite, la chancelière a évoqué la nécessité de changer le traité sur l'Union européenne. Une procédure particulièrement lourde puisqu'elle suppose l'adoption d'un nouveau texte ratifié par chacun
des vingt-sept pays membres.

Enfin, Angela Merkel a parlé de l'exclusion d'un pays ne respectant pas les règles - une action particulièrement violente dans une construction politique fondée depuis un demi-siècle sur l'envie de
participer à une aventure collective.

Bien sûr, la chancelière parlait non devant le Parlement européen mais devant des députés allemands très remontés à l'idée d'un soutien de Berlin à Athènes. Son propos marque néanmoins un moment
décisif. L'euro devait être un début. Une monnaie unique devait engendrer un rapprochement des politiques budgétaires. Comme toujours dans les affaires européennes, l'économique était censé
entraîner le politique.

Mais, depuis, rien n'a été fait. Et, comme l'avaient dit les économistes, le grand écart entre le monétaire et le budgétaire pose un problème vital en temps de crise. La question est posée. Il n'y
a que deux réponses possibles : l'avancée ou l'explosion.

http://www.lesechos.fr/info/france/020422926338-l-euro-consume-de-l-interieur.htm


BA 16/03/2010 08:54


Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a estimé que la Grèce était désormais "en bonne voie" pour atteindre son objectif de réduire cette année de quatre point
de pourcentage son déficit public, par rapport aux 12,7 % du PIB de l'an dernier. Les deux hommes n'ont pas donné de précisions sur le volume des mesures envisagées. Mais, selon une source
informée, un montant de 20 à 25 milliards d'euros est évoqué.

M. Juncker a parlé "des aides bilatérales" d'autres pays de la zone euro sous forme de prêts à la Grèce, avec néanmoins des taux d'intérêts élevés pour ne pas faire de cadeau au pays et "l'inciter
fortement" à retourner rapidement vers les marchés pour trouver de l'argent.

Mais il indique que le mécanisme envisagé, dont certains détails doivent encore être réglés, "n'incluera pas des garanties sur des emprunts" de la Grèce.

En tout état de cause, tous les pays de la zone euro y participeraient, a-t-il souligné.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=76ae817db73b6b8a23925b4e4d7f3d01

Autrement dit : il va y avoir "des aides bilatérales" sous forme de prêts à la Grèce. Chacun des 15 Etats de la zone euro va prêter quelques milliards d'euros à la Grèce.

Le problème, c'est ceci : ces 15 prêts seront accordés à la Grèce avec des taux d'intérêts élevés "pour ne pas faire de cadeau au pays et l'inciter fortement à retourner rapidement vers les marchés
pour trouver de l'argent".

Or, si les taux d'intérêt sont élevés, ces 15 prêts aggraveront la situation financière de la Grèce. Le remède sera pire que le mal.


BA 15/03/2010 21:18


Lundi 15 mars 2010 :

Le ministre des Finances néerlandais s'oppose à un sauvetage de la Grèce.

Le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager a déclaré lundi que son gouvernement était opposé à un plan de sauvetage pour la Grèce, mais que d'autres façons d'aider le pays pouvaient
être mises au point par les ministres des Finances de l'Union européenne.

Le mois dernier, le gouvernement grec a dévoilé de nouvelles mesures d'austérité budgétaire visant à ramener en 2012 son déficit public dans les limites fixées par l'Union européenne.

Cependant, les investisseurs craignent toujours que le pays ne soit pas en mesure d'honorer ses dettes, et la Grèce doit payer des taux d'intérêt si élevés sur ses nouveaux emprunts qu'ils
remettent en question sa capacité à atteindre ses objectifs de réduction du déficit.

"Il n'y aura pas de sauvetage parce que, premièrement, la Grèce doit résoudre ses propres problèmes", a déclaré le ministre néerlandais des Finances à la presse lors de son arrivée à la réunion
mensuelle des ministres de l'Eurogroupe.

"Il n'y aura pas de sauvetage parce que c'est évidemment interdit par les traités", a-t-il ajouté.

Néanmoins, Jan Kees de Jager n'a pas exclu la possibilité de certaines formes d'aide financière pour la Grèce et a indiqué que plusieurs options étaient envisageables, par exemple des prêts
bilatéraux de certains pays européens ou bien des garanties pour les emprunts grecs.

http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-min-fin-neerlandais-s-oppose-a-un-sauvetage-de-la-grece-233419.php


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