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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 13:34

                                              

Vivre en société, c’est reconnaitre qu’il existe indépendamment de chacun des participants, un objet intermédiaire qui leur est commun, et exprime l’universel du groupe. Les croyances, les valeurs, la morale, la langue, etc. constituent ces objets communs assurant la communication, et le rapprochement de chacun vis-à-vis des autres. Beaucoup de ces objets de communication sont d’une essence naturelle, et assurent la survie des participants. Dans cette vision des choses, les sociobiologistes,  considèrent que la vie en société, est seule susceptible d’assurer les trois grandes fonctions du vivant, à savoir , l’autoconservation, l’autoreproduction et l’autorégulation. Simplement ces trois fonctions,  à l’inverse du monde animal, sont diversement  interprétées chez les humains, ce qui donne l’infinie variété des universels, donc des cultures, voire des civilisations.

Hayek considère que cet universel s’est spontanément construit. Produit de l’interaction sociale, indépendant de la volonté de chacun, et donc extériorité surplombant les acteurs. Il reste que cet universel peut faire l’objet de convoitises et de conquêtes …. par  les hommes eux-mêmes, assurant ainsi ce que ce même Hayek appelle :le passage des ordres spontanés vers les ordres organisés.

Alors que l’universel est patrimoine commun, ce qu’on appelle « politique » est un processus de privatisation : des individus, vont se rendre maitre de tout ou parti de l’universel, et fonder ce qu’on appelle l’Etat. Les libertariens  - notamment Robert Nozick et son école jusqu’à Bertrand Lemennicier en France-  ont ainsi expliqué et décrit le "Big Bang de l’Etat", sans doute beaucoup mieux que Marx, mais à partir d’une vision proche : l’Etat est une aliénation dont les moyens – tout ou parties de l’universel-  permettent d’engendrer et de reproduire des inégalités durables entre les hommes. Vision proche, et non semblable, puisque l’Etat est outil de la reproduction d’antagonismes de classes, sans  lui-même être directement prédateur, chez Marx; alors qu’il est d’essence prédatrice chez les libertariens tout en autorisant des antagonismes entre les victimes de la prédation. Les inégalités ainsi produites, ne relèvent pas de la nature, elles sont socialement construites, et ont pour effet  de produire et reproduire des rentes : tributs, impôts, privilèges, lois démocratiques, etc.

La très grande supériorité du modèle libertarien , au-delà de la très stupéfiante confirmation de celui de Marx, consiste à pouvoir évoquer l’action de l’Etat, par exemple dans les rapports économiques, en sachant de quoi l’on parle. Ce qui n’est assurément pas le cas des autres paradigmes , notamment ceux de la théorie économique – Classique , néo classique, keynésienne-  qui évoquent l’objet Etat à partir d’une vision angélique de celui-ci . Une instance conçue pour produire de l’intérêt général, sous la forme d’un intérêt public, dépassant la logique de marchés en déséquilibres (Keynes), ou sous la forme d’une béquille aidant des marchés avantageux pour tous (néo classiques). Pas de théorie du « Big bang »,  donc pas de vision causale de cette réalité en devenir qu’est l’Etat, et donc paradigmes contestables en ce qu’ils ne respectent pas les contraintes d’une tentative de démarche scientifique. Avec bien sûr le danger d’aboutir à des théories normatives…. Ce que nous avons appris à désigner dans ce blog la « théologie économique ».

Pour autant, la vision libertarienne n’échappe pas davantage à la démarche théologique, et il est surprenant de constater la normativité de contenus qui aboutissent à conseiller ces ennemis radicaux que sont les "entrepreneurs politiques". Nous avions déjà abordé cette question dans un article publié le 3/3/2009 : « Crise : grand retour de l’Etat ou utopie post-politique ? ».

D’où une accumulation de critiques, souvent fondées, et tout aussi souvent, une accumulation de propositions irréalistes.

Pour ne prendre qu’un exemple, tel est le cas de la critique du présent système monétaire et financier, à partir de l’idéal d’un système monétaire vivant en ordre spontané. La vision libertarienne est assez simple. La monnaie s’y définit comme n’étant qu’un instrument, dont la forme s’adapte à son objectif permanent, à savoir diminuer en sécurité –donc en respectant les droits de propriété – les coûts de transaction résultants de l’échange. Vision qui explique que des marchés libres, et donc des banques libres, sont seuls à pouvoir assurer les transactions dans un ordre concurrentiel : chaque banque émet sa monnaie, et se sait surveillée par les agents qui exigent la parfaite convertibilité de chacune des monnaies émises. D’où une auto surveillance d’une émission monétaire que le marché se charge de contrôler, voire de sanctionner. Les libertariens expliquent aussi avec une grande précision que dans un ordre organisé, les choses se présentent différemment, avec un prédateur public – monopolisant la violence monétaire (dilution, seigneuriage, cours légal , etc.) directement, ou indirectement, par le biais d’une banque centrale chargée d’une politique monétaire. Et il s’agit d’une privatisation d’une partie de l’universel humain,  à savoir l’appropriation, par des entrepreneurs politiques, du marché de la monnaie, que chacun des acteurs générait en ordre spontané, et marché qui surplombait chacun d’eux, au point d’en faire un objet extérieur commun aux acteurs. A plusieurs reprises - cf notamment les articles consacrés aux rapports historiques entre banques centrales et Trésor - nous avons souligné la complexité du jeu des acteurs en ordre organisé, notamment en démocratie : acteurs financiers, citoyens, entrepreneurs politiques, etc.

Disposant d’un outil  très puissant pour l’analyse, on pourrait attendre des libertariens, tout autre chose que l’ensembles des propositions qu’ils font traditionnellement pour résoudre la  crise : retour à l’étalon –or, concurrence entre monnaies librement émises par les banques, responsabilisation maximale des acteurs financiers mis en face de la rigueur des droits de propriété, fermeture des banques centrales, mise en extinction de toutes les monnaies politiques dont bien entendu l’euro, etc. Autant d’exhortations adressées à des entrepreneurs politiques dont ils savent, plus et mieux que d’autres, qu’ils feront tout pour ne pas les transformer en actes concrets . Tout simplement parce que le fonctionnement logique des ordres organisés s'y oppose.

Sachant que le modèle du « Big bang de l’Etat », même imparfait - ce que nous avons souligné dans un texte lui-même très imparfait ( « Pour mieux comprendre la crise : déchiffrer l’essence de l’Etat »)- est le seul actuellement disponible pour saisir les phénomènes humains dans leur globalité, il est regrettable que ses défenseurs, ne l’utilisent pas davantage pour comprendre la genèse de la crise, son développement, et les scénarios qui en découlent, aux fins d’une prospective, qui puisse aussi devenir un avenir plus ou moins souhaitable pour l’humanité. Il est effectivement paradoxal que les  libéraux puissent être normatifs, alors même qu’ils n’ignorent pas le caractère irréaliste des propositions énoncées. En revanche, armés d’un outillage théorique plus satisfaisant pour décrypter la réalité, ils sont les seuls à nous faire comprendre la nature profonde des rapports de forces se manifestant dans un ordre organisé. Et à pouvoir effectuer des propositions sur les marchés politiques - ce que nous appelons, dans le jargon de ce blog, des "produits politiques" - et propositions les plus adaptées à l’évitement d’un désastre. L’humanité vit au sein d’ordres organisés, ce qui- sans doute-  terrorise les libertariens, mais peu d’humains contestent qu’il est des ordres organisés préférables à d’autres. Et ces mêmes humains, ont au moins la connaissance intuitive que l’ordre spontané n’est pas de ce monde. La disparition des banques centrales n’est pas à l’ordre du jour, la concurrence monétaire non plus. Par contre des évolutions importantes sont prévisibles, et peut-être souhaitables, et ce même s’il ne saurait exister d’intérêt général. De ce point de vue l’école française de la régulation, tout à la fois proche et ennemie des libertariens, reste étrangement silencieuse.

Davantage de réalisme dans les propositions, ne pourrait que confirmer la supériorité du modèle libertarien de compréhension du monde tel qu’il est. Les « Think Tanks » libertariens y ont tout à gagner.

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans critique des raisonnements
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commentaires

Lucas Duplan Stanford 12/09/2014 09:39

Une distinction importante entre l'histoire de la culture et de la civilisation provient des écrits de Rousseau, et en particulier son travail sur l'éducation, Emile. Dans cette perspective, une civilisation, étant plus rationnelle et axée sur les plans social, n'est pas pleinement conforme à la nature humaine.

gdm 13/05/2011 13:49


@werrebruck
Google m'a permis de lire un article de Gauchet sur L'universel. Je n'y ai rien compris. Quelle est sa définition de l'universel? Gauchet ne parle pas du Droit Naturel. Est-il universel? et
surtout, le Droit Naturel existe-t-il?
Le juriste Hayek est un philosophe du Droit Naturel qui en a toujours contesté l'existence. Pourtant son concept de "juste conduite" correspond à un des concepts du Droit Naturel. Le droit Naturel
se révèle lorsqu'on interroge sa propre conscience.
Le concept d' "universel d'un groupe" m'est étranger. Si ce concept vous semble important, j'aimerai le connaitre et le comprendre moi aussi.

Une association est un contrat entre plusieurs individus sur un but commun. Ce contrat consiste en un mandat de représentation donné à un porte-parole de cette association, de ce groupe. Un
libertarien constatera que ce porte-parole représente valablement chacun des associés. Plus généralement le libertarien comprend que la société commerciale est un ensemble de contrats. Chaque
actionnaire donne un mandat au directeur de la société commerciale pour agir librement dans un certain but. Le directeur agit au nom de chaque associé sans aucune exception. C'est alors un
"holisme" légitime, valable en droit civil.

Mais, un groupe d'individus sans relation contractuelle, donc sans consentement de chacun, sans structure juridique qui les relient entre eux ne forme pas un groupe organisé. prétendre que ce
groupe agirait, parlerait est un abus de langage. C'est aussi une faute juridique. C'est aussi une faute conceptuelle. C'est un holisme non légitime.

Les trois dernières lignes de votre précédent commentaire décrivent ce que Jean-Paul II nommait la "structure de péché". La loi est ainsi faite que chacun a le choix entre accepter la subvention de
l’État et alors être complice du vol légal qu'est l’impôt. Ou alors, si on refuse cet argent, on devient l'esclave de ces complices, puisqu'on donne sa part d'argent volé provenant de la
distribution étatique. Ainsi la loi oblige chacun à pécher. Soit en acceptant l'argent volé, soit en acceptant de devenir esclave des complices du vol.


gdm 12/05/2011 10:33


Je me permet de répondre à votre pertinente analyse des libertariens. La main invisible du marché de Adam Smith, l'ordre juridique spontané de Hayek, l'harmonie sociale de Bastiat sont en effet des
thèmes libertariens essentiels. Il constituent un argument pour soutenir le minarchisme, c'est à dire un État minimal qui protègerait uniquement le droit de propriété.

Il existe deux tendances libertariennes. Les minarchistes et les anarcaps. Le minarchiste pense qu'il est possible de réduire la taille de l’État à une souveraineté d'un territoire sans que cet
État en ait un droit de propriété. Les anarcaps, c'est à dire "anarcho-capitalistes", raisonnent en termes normatifs, c'est à dire délibérément et consciemment irréalistes. Ce ne sont ni des
programmes de gouvernement, ni des programmes électoraux.

L'utilité de ces théories libertariennes, et, amha, leur seule utilité, est l'analyse politique et l'analyse économique. Vous soulignez très justement cette utilité. Cette analyse libertarienne
éclaire chaque domaine du débat social d'une lumière inattendue. Mais votre mot "théologie" ne convient pas. Les mots métaphysique, ou utopie, ou idéologie me semblent mieux adaptés. Idéologie,
comme un système d'idées métaphysiques ou philosophiques cohérentes.

La classe sociale prédatrice est pour un libertarien, l’État et ceux qui en vivent. Ce sont les "puissants" puisqu'ils disposent de la loi positive et du monopole de la violence. Et la classe
sociale exploitée est le peuple opprimé par l’impôt et les lois liberticides. Ce concept de classe sociale des libertariens est donc très différent de celui de Marx. D'ailleurs, Marx n'a jamais
réussi à définir son concept de classe sociale. Cette faute logique majeure suffit pour discréditer son analyse.

Vous parlez des victimes de la prédation étatique dans le discours libertarien. Le concept de complices de la prédation étatique est aussi utile dans l'analyse libertarienne. L'économiste Tullock
avait inventé le concept de "pseudo-investissement". Les complices "pseudo-investissent" pour obtenir une part du butin. Les victimes pseudo-investissent pour moins subir la prédation. Pour éviter
de payer 100 d’impôt, le contribuable est prêt à pseudo-investir 80. Pour obtenir 100 de subvention, le "complice", c'est a dire le bénéficiaire est prêt à dépenser 80. La somme de ces
pseudo-investissements tend logiquement vers le montant de l’impôt. Ce pseudo-investissement est un cout social gaspillé presque égal au montant de l’impôt et de sa redistribution. Chaque impôt
induit indirectement le gaspillage des pseudo-investissements qu'il provoque par réaction. Chaque impôt induit un gaspillage presque égal au montant de l’impôt.

Je ne vous rejoins pas du tout sur votre concept d'universel, ou d'universalité. Prétendre que la monnaie serait par nature universelle est contestable. windows 7 serait-il universel? un titre
financier utilisé comme monnaie serait-il, par nature universel? Je ne le crois pas.


Jean Claude Werrebrouck 12/05/2011 11:43



Merci pour votre commentaire. Je tente d'y répondre en vous révélant mes difficiles contradictions.


Je parle d'universel au sens de Gauchet  des ethnologues et peut être même de Hayek avec son idée de "juste conduité":l'universel d'un groupe est ce qui permet de dire qu'il y a
effectivement un groupe. Et bien évidemment parler de groupe ou d'intérêt commun choque déjà les libertariens. La première grande forme d'universel est le mythe qui lui même est proche des grands
récits religieux. Ce qu'on appelle politique et Etat est la conquête de l'universel par des individus, individus qui dans un premier temps sont l'équivalent ou les représentants du ou des dieux.
Les premiers prédateurs sont nés et auront beaucoup d'avenir... La religion, puis l'Etat assurent un ordre car ils sont au dessus de tous les individus. ces instances me paraissent aujoud'hui
contestées par un nouvel universel qui est l'économie. Et c'est la raison pour laquelle la théorie économique me parait être aujourd'hui la forme nouvelle de la théologie. Voilà pour
l'essentiel... qui fait que je me sens libertarien tout en contestant que je le suis puisque je crois encore en la puissance du holisme.... comme Hayek avait peur de la route de la servitude.


Maintenant, il n'y a pas que l'impôt qui est une prédation pour laquelle les individus consacreront des efforts improductifs (Tullock): toute loi déplace du bien être, et donc on peut se servir
du voleur en chef pour mieux voler et retrouver l'espace de Marx. Le peuple est opprimé par l'Etat, mais il est possible de s'en servir pour opprimer mes semblables. Et effectivement le rapport
de classes de Marx ne se résume pas à la seule question de la propriété des moyens de production.



dan_y44 21/04/2011 23:18


"La disparition des banques centrales n’est pas à l’ordre du jour, la concurrence monétaire non plus."

Le marché détruira naturellement les monnaies papier, et les états feront alors main basse sur l or comme ce fut le cas avant et pendant la seconde guerre mondiale (quel que soit le camp
d'ailleurs, l histoire à tendance à l'oublier). Les états-banques n accepteront pas d'abandonner le contrôle de la monnaie aux citoyens (et donc au marché). Les banques centrales sont des acteurs
économiques qui ne visent que leur propres intérêts, comme tous les autres. C'est une raison tout à fait pertinente de les voir disparaître. Comme disait Mises, les monnaies ont aussi leur prix.
L'or c'est ben la liberté économique comme aurait dit un Greenspan plus jeune, et bel et bien l'ennemi de l'État comme aurait dit un chancelier. Il n'y a aucun doute là dessus, et l'avenir nous le
prouvera encore une fois.


BA 11/04/2011 14:02


Le Fonds Monétaire International a compris qu'il allait devoir payer pour sauver plusieurs Etats européens en faillite : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, France, etc, etc (liste
non exhaustive).

Le FMI a compris que plusieurs Etats européens allaient continuer à s'effondrer, les uns après les autres, comme des dominos.

Problème : le FMI n'a plus assez d'argent pour sauver tous ces Etats européens. Le FMI ne dispose que de 671 milliards de dollars. C'est très insuffisant pour sauver tous les Etats européens en
faillite.

Pourtant, de 2009 à 2011, les 187 Etats membres du FMI avaient triplé les ressources du FMI. Malgré ce triplement, le FMI n'arrive plus à sauver de la faillite les Etats qui s'effondrent les uns
après les autres. Les sommes nécessaires deviennent trop énormes.

Conclusion : jeudi 7 avril 2011, le FMI a demandé à pouvoir emprunter directement des dizaines de milliards sur les marchés financiers.

Conclusion numéro 2 : les Etats européens sont en faillite. Ils sont écrasés sous des montagnes de dettes. Le FMI va donc s'endetter lui-aussi ! Le FMI va rajouter des montagnes de dettes
par-dessus les montagnes de dettes déjà existantes !

Conclusion numéro 3 : le système financier international est mort.

Lisez cet article :

Le FMI prêt à aller emprunter directement aux banques.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/le-fmi-pret-a-aller-emprunter-directement-aux-banques_980692.html


BA 09/04/2011 10:59


Samedi 9 avril 2011 :

Kenneth Rogoff pense qu’il y a une haute probabilité que l’Union Européenne doive sauver l’Espagne.

Kenneth Rogoff believes there is a high probability that Europe has to help Spain.

Professor of Economics at Harvard University and former IMF chief economist, Kenneth Rogoff, believes there is “high probability” that Spain has to resort to Europe, adding : “If there is no
Europe, Spain, and would be going wrong. “

Rogoff argues that the need to resort to outside help respond to the fact that Greece, Ireland, and “probably” Portugal will have to restructure its debt. “And when that happens the market will go
crazy and Spain need some relief,” he says in an interview with the magazine ‘Capital’.

In this regard, stresses that it is “unimaginable” that Europe let Spain break without giving financial assistance, given the consequences of a default in the Spanish economy, and argues that the
continent should “draw a red line the case of Spain. ” “If you stop payment, the thing will not end here. Be extended by Belgium, Italy … even France,” he adds.

Addition, the economist points out that the great challenge that is facing the Spanish economy is “how to grow”, because with an unemployment rate of 20% “will need some luck to advance something
that GDP year. ” Thus, considers it “unlikely” to reach Spain in the medium term growth of 3% or 4% needed to reduce unemployment.

Deep structural reforms.

For this reason, Rogoff points out that Spain needs “a deep structural reform” of its economy and “measures of depth, especially in the labor market, and notes a five-year economic stagnation “is a
fairly realistic scenario.”

Former IMF chief economist said the government of José Luis Rodríguez Zapatero has not moved to “promptly”, but believes he is “doing things” and its impact and practical application will be known
over time.

“Spain is a country with many strengths and can not be compared with other countries. Multinationals have are excellent, has regions like Catalonia which alone will be one of the richest countries
in the world … But, of course without growth all restructuring plans will not be sustainable debt “incident.

Inequality, the great challenge in the short term.

Rogoff, who has just published the book ‘This time is different’, which reviews the last 800 years of financial crisis believes that the world is now evolving into “high speed” in many ways,
including financially. Regarding the future, believes that looking “more likely to hit is that Asia and emerging markets continue to grow faster than developed economies, and that many people will
remain out of poverty.

However, he notes that in the short term, the challenge for the world is unequal, a “big problem” before the financial crisis, now even “major proportions.” “There will be great migrations in the
world, internal problems in the U.S., China … and certainly also in Spain,” he says.

In this regard, says that inequality is “one of those things that are dormant and quiet and one day explode” and notes that even in Germany, where they often comment on how well it goes the
economy, “the fact is that the working class is very angry. “

http://economicsnewspaper.com/policy/spain/kenneth-rogoff-believes-there-is-a-high-probability-that-europe-has-to-help-spain-8747.html


Jean Claudze Werrebrouck 07/04/2011 08:43


BA
Autre réponse concernant le taux élevé de l'euro malgré les dettes souveraines: l'anticipation des marchés concernant le taux directeur de la BCE.


BA 06/04/2011 21:27


Entièrement d'accord.

Mercredi 6 avril 2011 :

Après des mois de résistance, le gouvernement portugais a finalement reconnu mercredi la nécessité d'un recours à une aide financière dans le cadre des mécanismes de l'Union européenne, invoquant
la "situation difficile" sur les marchés financiers.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=29d4f13011abdef5dbadfe6c485c29fd

Le premier domino est tombé : la Grèce.

Ensuite, le deuxième domino est tombé : l'Irlande.

Ensuite, le troisième domino est tombé : le Portugal.

Maintenant, le quatrième domino va tomber : l'Espagne.

Maintenant, la bataille d'Espagne va pouvoir commencer.


shuniata 06/04/2011 14:58


tè, BA, tant que je te tiens !

dis voir, supposons la fin de l'euroland.

quid de notre future devise le franc français ?

et bien il ne devrait pas s'en tirer trop mal, non ?

il est admis que l'allemagne bénéficie d'une monnaie (l'euro) sous évaluée qui lui permet de doper ses exports

il est tout aussi admis que le club mèd souffre d'une monnaie sur-évaluée qui les réduit à demeurer des colonies de consommation à crédit

en cas d'éclatement de l'euro le deutchmark se réévalue, les monnaies du sud se déprécient

et le franc ?

ben grosso-modo, il ne bouge pas


pas de quoi faire s'affoler les détenteurs français d'euros


BA 06/04/2011 14:30


L'idéologie libertarienne vont prendre de plein fouet le tsunami européen : en Europe, les retours des nationalismes et les retours à l'Etat-nation vont tout submerger.

Deuxième victime qui va être tuée par ces retours : l'Union Européenne.

- Emprunt à 6 mois :

Mercredi 6 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 6 mois : il a dû payer un taux d'intérêt de ... 5,117 % ! Les taux sont en hausse : c'était 2,984 % lors de la dernière émission.
(Par comparaison, la France doit payer un taux d'intérêt de 0,837 % pour un emprunt à 6 mois).

- Emprunt à 12 mois :

Mercredi 6 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 12 mois : il a dû payer un taux d'intérêt de ... 5,902 % ! Les taux sont en hausse : c'était 4,331 % lors de la dernière émission.
(Par comparaison, la France doit payer un taux d'intérêt de 1,384 % pour un emprunt à 12 mois).

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110406.REU6377/portugal-adjuge-1-milliard-d-euros-rendements-en-nette-hausse.html


Jean Claude Werrebrouck 06/04/2011 21:59



Oui, mais l'histoire n'est pas écrite. Ce qu'il y a de vrai est que l'Etat, une fois crée, devient une entité qui n'est pas soluble dans le marché. Au contraire, les hommes vivent désormais tous,
ou presque, dans des Etats et  le nombre de ces derniers ne fait qu'augmenter...parfois et souvent par dislocation d'un ensemble plus vaste. La mondialisation est simplement le liquide
dans lequel baigne les Etats, et un liquide qu'ils façonnent afin d'assurer leur auto conservation.De ce point de vue, l'empire romain correspondait davantage à l'idée de mondialisation: un seul
Etat règnant sur une multitude de cultures. Et parce que la structure Etat a fait des petits, jamais l'europe ne pourra rejoindre l'empire romain. Bravo pour vos échanges chez Jorion. Réponse à
la question de la montée du cours de l'euro: tout simplement le QE2 américain.



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