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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 10:20

La gestion future de la grande crise passera aussi - à n’en pas douter-  par des modifications dans le fonctionnement financier des Etats et des banques centrales. A cet égard, il n’est pas inutile de se pencher avec précision sur les modalités historiques du fonctionnement et des rapports que ces 2 entités ont entretenus depuis le début du 19ième siècle, notamment  depuis la division  des activités financières de  l’Etat , en deux compartiments : le Trésor d’une part, et la Banque centrale d’autre part. En France, cette division  va intervenir progressivement, avec un texte – qui n’est pas une loi- en date du 18 janvier 1800,  et  portant création de la Banque de France. C’est cette division que nous retiendrons, pour la présentation de cette très instructive histoire. D’où les deux parties suivantes publiées séparément :

1         «  La Banque de France : des propriétaires le plus souvent expropriés » ; et  2  « La dette : entre l’autorité et le marché »

Partie 1- La Banque de France : des propriétaires le plus souvent expropriés.

Bonaparte ne conçoit pas la banque de France, comme la banque d’Angleterre créée en 1694, laquelle fût d’abord conçue pour  interdire à  l’exécutif la gestion de la dette publique. Ainsi, la Banque de France, sera dès sa naissance, une entité privée, fortement soumise aux injonctions publiques. D’où l’expression ambigüe de Bonaparte : « La Banque de France doit être entre les mains du gouvernement et n’y être pas trop ». Entité privée, au statut peu ordinaire,  puisque simple association de droit privé, rapidement encadrée par une loi (loi du 14 Avril 1803) qui fixe dans le détail, les gestes des actionnaires, et va jusqu’à préciser les rémunérations de ces derniers. Par son caractère invasif, la loi sus - visée, est de fait, déjà la nationalisation d’une banque… qui reste néanmoins  privée… Sans doute s’agit-il déjà d’une délégation de service public, puisque le même texte accorde un privilège d’émission pour une durée de 15 ans.

Des banquiers centraux souvent forts malmenés ….

Tout au long du 19 siècle et jusqu’à la loi de nationalisation de 1945, les droits de propriété des actionnaires seront amputés, et ce de façon croissante. Ainsi, la loi du 22 Avril 1806 réservera à l’empereur , le pouvoir de désignation du gouverneur et de ses deux suppléants. Une autre loi, celle du 16 juillet 1908, ne comporte pas moins de 63 articles, lesquels  encadrent complètement l’activité de la Banque. D’autres lois- très nombreuses (25 mars 1817, 4 juillet 1820, etc. )- feront bénéficier l’Etat d’une partie des profits mis en réserve par la Banque. Ces restrictions de liberté s’aggraveront bien évidemment pendant les crises (1848, 1970). Si la banque émet de la monnaie, le pouvoir monétaire est entièrement aux mains de l’Etat, lequel fixe à intervalles réguliers, le volume d’émission (plusieurs dizaines de lois concernent le sujet). L’émission est elle-même taxée selon des procédures complexes, ce qui revient à dire que l’Etat est fiscalement intéressé à la croissance monétaire. Comme si la création monétaire aujourd’hui, création résultant du crédit bancaire, donnait lieu à une taxation directe. La question étant alors de savoir quel monde fonctionne à l’envers : celui d’aujourd’hui, ou celui d’hier ?

Dès le milieu du 19ième siècle, la prédation de l’Etat- donc des entrepreneurs politiques- sur les profits de la banque se fait lourde. C’est ainsi que le « traité du 3 mars 1852 » décide du rééchelonnement de la dette de l’Etat envers la banque, et d’une baisse autoritaire du taux de l’intérêt. A partir du « Traité du 10 juin 1957 », les taux des avances seront obligatoirement inférieurs au taux d’escompte. Comme si l’Agence France Trésor d’aujourd’hui,  pouvait- le plus simplement du monde- imposer aux banques, les volumes et les prix de la dette publique.

Le même texte, celui du 10 juin 1057, fait officiellement naître le compte du trésor au bilan de la banque de France.

Après la catastrophe militaire de 1870, la Banque sera déjà durement sollicitée, et les lois vont se multiplier, pour selon un savoureux langage : « autoriser des avances faites à l’Etat ». On est déjà dans les premières phases de la monétisation de la dette, avec un rituel juridique qui va se faire de plus en plus précis : le ministre des finances signe une convention avec le gouverneur, convention autorisée par une loi. Déjà, à la fin du siècle, le gouverneur devient un personnage de simple représentation, et on voit mal comment  il pourrait refuser de signer des conventions, avec ce qui est une vraie autorité de tutelle. A l’extrême fin du siècle, les « avances  autorisées » deviennent gratuites (sans intérêts). C’est ce que précise l’article 6 de la loi du 17 novembre 1997, qui stipule que : « les anciennes avances portant intérêt cessent de l’être ». De la même façon, ces avances jouiront d’une maturité croissante, puisque la même loi, prévoit que : « la Banque ne pourra réclamer le remboursement de tout ou partie de ces avances pendant toute la durée de son privilège » lequel porte sur une durée de 23 ans. Et à Chaque  nouvelle loi,  de nouvelles avances seront prévues à titre gratuit.

Toujours en cette fin de siècle, l’Etat se fait encore plus invasif, et décide que la vente de bons du Trésor auprès du public- vente aussi assurée par les services de la Banque- se fera gratuitement. Tandis que le même Etat, est de plus en plus exigeant sur les profits d’escompte qu’il se met à « partager » avec la banque. Comme si à cette époque, l’adage selon lequel les profits seraient privatisés et les pertes socialisées, était renversé. Mieux, les conquêtes coloniales étant coûteuses, le décret du 22 février 1899 donne une nouvelle mission- à cette banque que les actionnaires ne dirigent plus depuis bien longtemps- celle d’effectuer des avances sur effets publics les plus divers,  y compris ceux émis par le gouvernement général de l’indo-chine.

Des banquiers centraux écrasés….

Si l’histoire du 19ième siècle est celle d’une dépossession progressive des actionnaires par le prédateur public, les choses s’aggraveront considérablement au 20ième siècle, jusqu’à la loi de nationalisation en 1945.

Anticipant la guerre mondiale, une première convention, en date du 11 novembre 1911, prévoit une avance de précaution, avec pour garantie, un seul bon du trésor à l’échéance du 31 décembre 1920. Curieusement, l’avance n’est pas gratuite : 1%. Toutefois, comme elle vient gonfler la masse monétaire, le rendement de la taxe de circulation de la monnaie émise augmente également, ce qui nous renvoie à la quasi gratuité de l’endettement. Cette convention de 1911 est la première d’une très longue série (plusieurs dizaines) portant sur des montants élevés (3 milliards de Francs pour chacune d’elles). La convention du 26 octobre 1917 ira plus loin, et -outre la monétisation massive- l’Etat exigera sa part de profit dans les bons du trésor escomptés, et surtout 85% du profit sur bons achetés par les gouvernements étrangers….en sorte que même l’endettement international devient peu coûteux  pour l’Etat. Il est vrai que -de fait insolvable- la banque réalise de substantiels profits. Situation qui n’est pas sans rappeler le système bancaire d’aujourd’hui- largement insolvable- et néanmoins distributeur de généreux revenus.

L’après guerre, voit s’ouvrir la longue période des « amortissements fantôme » de la dette de l’Etat vis-à-vis de la banque : le premier remboursant, sans intérêt, la seconde, à partir d’avances nouvelles nettement supérieures au remboursement. Ainsi pour ne donner qu’un exemple, l’article 3 de  la convention du 29 décembre 1920, en application d’une convention cadre antérieure, prévoit un remboursement annuel de 2 milliards de francs chaque année et , dit le texte : « en conséquence le montant des avances autorisées sera chaque 31 décembre réduit d’une somme de 2 milliards ». Et promesse qui ne pourra être tenue, tant la situation de la trésorerie est grave. D’où de nouvelles conventions, comme celle du 21 décembre 1922 - et de plusieurs autres - qui stipulent qu’ « à titre exceptionnel » le montant des remboursements sera réduit.

Les propriétaires de la Banque, continueront à n’être que simples spectateurs- intéressés certes- d’une histoire qui n’est point la leur, jusqu’au moment de la nationalisation. Entre temps, il faut préparer une nouvelle guerre, et à titre préventif, comme le précise la convention du 29 septembre 1938, la banque met à la disposition du Trésor la somme de 25 milliards contre des bons à 1%. Avec le déclenchement de la guerre, l’Etat exigera la session d’une partie de l’or de la banque (convention du 25 février 1940) . Entre le déclenchement des hostilités, et la libération, ce n’est pas moins de 25 conventions, soit en moyenne une chaque 70 jours, qui vont porter les avances, sans intérêt cette fois, à 411 milliards de francs. La banque, et ses propriétaires, seront remboursés en monnaie fondante, la dépréciation monétaire annuelle moyenne se fixant à environ 45% entre 1945 et 1949.

D’une certaine façon, la loi de nationalisation du 2 décembre 1945 apporte de la clarification : la banque de France était de fait publique depuis sa naissance, elle le devient en  droit le 1-1-1946, juridiquement un établissement public administratif. Les anciens propriétaires étaient de fait expropriés dès la naissance de la banque. Les nouveaux- idéologiquement le peuple souverain- seront de vrais propriétaires…. jusqu’à leur propre éviction, lorsque la banque deviendra d’abord indépendante, pour intégrer ultérieurement l’euro-système. Mais curieusement, nouveaux, et vrais propriétaires, qui vont maintenir la fiction d’une « indépendance » de la Banque. Ainsi le mode opératoire va demeurer, avec à chaque fois un double texte : convention entre ministre des finances et gouverneur, elle-même « autorisée » par un texte relevant de l’exécutif (décret) ou du législatif (loi). Comme si la convention, était d’essence contractuelle, entre institutions libres de leur destin. Comme si le gouverneur était autre chose qu’un simple préfet soumis à l’exécutif.

Au cours de cette période, la banque reste évidemment banque du Trésor, mais plus encore, l’Etat l’utilise largement dans la construction de ce que l’on pourrait appeler « les infrastructures du Fordisme  naissant ». C’est ainsi que le décret du 13 juin 1962 autorise la banque à effectuer des avances sur les obligations, les bons, et les parts de production émis avec la garantie de l’Etat, au profit d’EDF, GDF et Charbonnages de France. D’autres nombreux textes élargiront cette possibilité, au profit d’une foule d’organismes : Départements, communes, chambres de commerce, ports autonomes (3 août 1963) ; Sociétés de Développement Régional (23 juillet 1964) ; Caisse Nationale des Autoroutes (29 octobre 1965) ; Caisse Centrale de Crédit Hôtelier et Commercial (22 décembre 1965) ; Caisse d’Aide à l’Equipement des Collectivités Locales (24 janvier 1968) ; etc. Faits intéressants, puisque désormais, les investissements publics correspondants se font sans prélèvement de rente : si la banque réalise des profits sur les investissements publics, ils sont empochés par le propriétaire public.

……Mais des banquiers centraux libérés.

La situation va progressivement se détériorer avec l’indépendance officielle de la Banque de France. L’évolution des marchés politiques, développera l’inscription législative de  la fin de la monétisation, et le retour de la rente financière qui lui est associée. D’où la loi du 3 janvier 1973, qui va dans son article 25, arrêter la dite  monétisation : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France ». Mais loi qui n’interdit pas encore- dans son article 19- le jeu des avances et prêts qui assurent la liquidité du Trésor. Article toutefois de précaution, car de fait, la banque de France cessera d’être la Banque de L’Etat, et ne restera qu’instrument technique de bonne circulation de ses flux, avec un compte du Trésor à son bilan, de fait de plus en plus semblable, aux comptes des banques ordinaires qu’elle porte également. Il faudra attendre la loi du 12 mai 1998, loi modifiant les statuts de la banque, pour voir le propriétaire public, renoncer aux droits qui lui sont traditionnellement associés. C’est ainsi que le texte précise que le gouverneur et les sous gouverneurs : « ne peuvent ni solliciter ni accepter d’instructions du gouvernement ou de tout autre personne ». Comme si une assemblée générale d’entreprise, renonçait à tout contrôle de l’activité des managers. Et le texte ira plus loin, puisque son article 5 stipule : « qu’il est interdit à la Banque de France d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics ». Et : « l’acquisition directe par la banque de titres de leurs dettes est également interdite » précisera le texte. Comme s’il était interdit, à un actionnaire de banque, d’obtenir un prêt en provenance de l’  établissement, dont il est en partie ou totalement propriétaire. Le propriétaire de la banque de France dans sa nouvelle version - idéologiquement le peuple souverain- devient ainsi davantage exproprié que les « deux cents familles » de l’époque napoléonienne.

C’est que la nouvelle Banque de France devient un objet juridique fort particulier, et ce n’est pas parce que l’article L-142-1 du code monétaire et financier, stipule que : « la banque de France est une institution dont le capital appartient à l’Etat », et que par ailleurs son gouverneur est nommé par décret, qu’elle reste- réellement- sous le droit français. D’où son classement dans la catégorie des « sui generis », ce qui signifie que la dite institution, est redevable de textes entièrement spécifiques. La nomination du dirigeant, devient l’inverse d’une mise sous tutelle, inverse dûment acté dans le texte de nomination ; le dirigeant, lui-même s’obligeant à : « rechercher impartialement l’intérêt général à long terme ». Et ces particularités devaient être confirmées et précisées, dans une décision du Conseil d’Etat en date du 22mars 2000 : « L’Etat ne peut en rien contrôler ni orienter l’action de la Banque de France, dans l’exercice des missions qu’elle accomplit, à raison de sa participation au système européen des banques centrales ».

Effectivement, l’entrepreneur politique au pouvoir, est désormais, avec radicalité, exproprié. Avec cette différence que si les « 200 familles » du 19ième siècle furent expropriées, l’entrepreneur politique au pouvoir, à l’extrême fin du 20ième siècle s’est lui-même exproprié. En quelque sorte l’expropriateur s’est volontairement exproprié. Mais cette auto-expropriation, n’est évidemment pas la fin du politique, et le renoncement, à l’utilisation des outils de la contrainte publique, à des fins privées. La « libération » des banquiers centraux, s’est faite au nom d’une loi, qui comme toute loi, déplace du bien être d’un groupe social vers un autre groupe, ici entre les rentiers et les autres acteurs, en particulier les contribuables.

 Derrière ce vaste mouvement de l’histoire des banquiers centraux français, se cache une réalité, elle aussi politique : la gestion de la dette publique, dont on verra qu’elle oscille entre 2 modes opératoires, celui  du « règlement » ou celui du « marché ». Question qui sera traitée dans une prochaine publication.

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Finance et Etats
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commentaires

Ademus 26/05/2012 13:02

Article lumineux, mes respects. Je n'ai cependant pas compris si la Banque de France correspond à des intérêts privés (avant 73, après 73 et après 93)

Jean Claude Werrebrouck 29/05/2012 08:52



Vous trouverez une définition de la banque centrale dans mes derniers textes et surtout dans l'ouvrage que je fais paraitre fin septembre (" Banques centrales :indépendance ou soumission, un
formidable enjeu de société") chez Yves Michel. Pour moi, selon la conception que je me fais de l'Etat n'existent que des intérêts privés.



souverainetémonétaire 14/04/2011 00:19


BA, ça suffit, les infos, vu leur nombre, t'as qu'a faire un blog! Et sinon, va du coté de http://www.jovanovic.com/blog.html, t'aura les même et même plus!

Sinon, merci Claude pour cette belle synthèse. C'est effectivement mieux que n'importe quel cours d'économie. On devrait apprendre cela à l'école!

Il est tant que l'on reprenne notre souveraineté monétaire, car ça suffit de laisser les parasites capitaliste se sucrer sur l'argent qui ne devrait être qu'un moyen d'échange, et pas un moyen pour
se sucrer sur le travail et donc échanges des gens!

Les oligarques n'ont pas de nationnalités, ils pillent sans frein de partout ou il peuvent, au grès des opportunités machiavéliques, sans jamais réllement travailler et tout en profitant des
infrastructures des états, crée à la sueur du front des citoyens.
Commencons par taxer les mouvements des capitaux (Taxe Tobin à 5%), et alors les investisseur éphémères se muterons en réel investisseurs à long terme, qui donc devront prendre en compte les
facteurs environementaux dans leur calculs, sans quoi, l'économie, mais surtaout la santé de la terre va mourrir! Dehors les parasites!

Une autre chose importante, serait d'interdire cette notion abérrante de société à résponsabilité limitée. Les dirigeants des multinationnales, responsables des destruction environementales, des
polutions, doivent être tenu pour responsable et être jugés lors des problèmes. Il devrait en être de meme des actionnaires qui veulent les bénéfices, sans contrepartie du risque!
Y'en a marre de la privatisation des profits, nationnalisation des dettes!
Au japon, c'est l'état et donc les gens qui subissent la catastrophe, qui vont assumer les réparations, car les assurances ne sont pas tenus par contrat de payer plus qu'un milliard.
La logique capitaliste détruit le planette et en plus personne n'est résponsable! Le peuple n'est pas bette, et un jour, il ne faudra pas s'étonner qu'il y ai des assassinat de banquiers et
oligarques!

Les peuples appellent à la justice, enfin et pour tous! Les arabes sont en train de montrer la voie!


BA 28/01/2011 23:04


Espagne : le chômage atteint 20,33 % fin 2010, son plus haut niveau depuis 13 ans.

Le chômage est reparti à la hausse en Espagne, atteignant fin 2010 un taux de 20,33 %, son plus haut niveau depuis 13 ans, et un record parmi les pays industrialisés, dépassant largement l’objectif
fixé par le gouvernement socialiste.

Deux chiffres restent inquiétants : le chômage des moins de 25 ans, qui dépasse les 40 %, et le nombre de foyers dont aucun membre n’a un emploi, qui atteint 1,3 million.

Et le problème est que la croissance n’est toujours pas au rendez-vous.

« L’activité ne reprend pas », a souligné à la radio un reponsable du syndicat UGT, Toni Ferrer.

Cette semaine le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance, attendant 0,6 % en 2011 (contre 0,7 % avant) et 1,5 % en 2012 (contre 1,8 %).


http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gCcegDdA-_CFj6_IcS5FFTiDzwug?docId=CNG.f3c141c1807a8f271ffe2102e9c9f1c6.411


BA 25/01/2011 17:03


Mardi 25 janvier 2011 :

« Perspectives de l’économie mondiale », par le FMI.

Le risque que les remous financiers se propagent de la périphérie au coeur de l’Europe est une conséquence de la faiblesse persistante des établissements financiers dans de nombreux pays avancés de
la région, ainsi que d’un manque de transparence en ce qui concerne leurs engagements.

Les établissements financiers et les États souverains sont donc étroitement liés, et la contagion entre les deux secteurs se produit dans les deux sens.

Bien que les pays de la périphérie ne représentent qu’une faible partie de la production et du commerce de la zone euro, leurs relations financières importantes avec les pays du coeur de la zone,
ainsi que la contagion financière, sous la forme d’une plus forte aversion au risque et d’une baisse des cours des actions, pourraient entraîner un ralentissement de la croissance et de la demande
qui freinerait la reprise de l’économie mondiale.

En particulier, la persistance de tensions sur les marchés pourrait causer de sérieux problèmes de financement pour des banques et des États souverains importants, et les effets de débordement sur
les pays du coeur de la zone euro seraient d’autant plus probables.

Le graphique 4 présente un autre scénario, qui illustre comment une contagion plus forte pourrait amputer la croissance. Ce scénario — qui est plus ou moins similaire à celui qui est présenté dans
la Mise à jour des PEM de juillet 2010 — suppose qu’un choc majeur suivi d’une action trop lente et pas assez vigoureuse des pouvoirs publics entraîne d’importantes pertes sur titres et prêts dans
la périphérie de la zone euro.

En conséquence, les ratios de fonds propres diminuent considérablement dans plusieurs pays, tant dans la périphérie qu’au coeur de la zone euro. Dans ce scénario, les banques européennes durcissent
les conditions de prêt dans les mêmes proportions que lors de l’effondrement de Lehman Brothers en 2008.

En conséquence, la croissance dans la zone euro est réduite d’environ 2½ points de pourcentage par rapport au scénario de référence. En supposant que les effets de contagion financière sur le reste
du monde sont limités — le durcissement des conditions de prêt aux États-Unis étant deux fois moindre qu’en Europe —, la croissance mondiale en 2011 est inférieure d’environ 1 point de pourcentage
à celle qui est prévue dans le scénario de référence.

Mais si la contagion financière est plus forte — avec une montée généralisée de l’aversion au risque, un tarissement des liquidités et de fortes baisses sur les marchés d’actions —, les
répercussions sur la croissance mondiale seraient bien plus prononcées, et amplifiées par les faiblesses des bilans dans les autres principaux pays avancés.

Dans les pays avancés, le plus urgent est d’atténuer les tensions financières dans la zone euro, ainsi que de faire avancer les réformes nécessaires du système financier et le rééquilibrage à moyen
terme des finances publiques.

Ces mesures propices à la croissance seraient utiles pour s’attaquer au chômage, qui reste élevé — un enjeu capital pour ces pays. Elles auraient aussi des effets bénéfiques sur les pays émergents,
où les pouvoirs publics ont pour tâches principales de faire face de manière appropriée aux entrées de capitaux, de maîtriser les risques de surchauffe et de faciliter le rééquilibrage
extérieur.

Dans la zone euro, une action globale, rapide et résolue est nécessaire face aux risques de dégradation de la situation.

Des mesures importantes ont été prises depuis mai au niveau national et au niveau de la zone euro, notamment une consolidation des soldes budgétaires et l’exécution de réformes structurelles, le
renforcement de l’aide exceptionnelle en liquidités et la mise en place du programme de rachat d’obligations souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que l’établissement à titre
temporaire du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent après 2013.

Mais, dans beaucoup de pays, il reste essentiel de renforcer encore l’action au niveau national afin d’assurer la viabilité des finances publiques et de raviver la croissance.

Les marchés restent inquiets à propos des pertes potentielles des banques de la région et n’ont pas été apaisés par les tests de résistance qui ont été effectués jusqu’à présent.

De nouveaux tests de résistance, qui sont plus réalistes, plus exhaustifs et plus stricts, clarifieront la situation. Ils devront être suivis rapidement d’une recapitalisation.

Il convient aussi de donner aux marchés l’assurance que le centre mettra à disposition des ressources suffisantes pour faire face aux risques de dégradation et que la stratégie globale est
cohérente.

Donc, le FESF et le MES permanent qui est prévu doivent être en mesure de mobiliser des ressources suffisantes et de les déployer avec souplesse, en fonction des besoins. Entre-temps, la BCE devra
continuer de fournir des liquidités et d’acheter des titres afin de préserver la stabilité financière.


http://www.lesechos.fr/medias/2011/0125//0201099687702_print.pdf


BA 24/01/2011 16:38


- Emprunt à 3 mois :

Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt de 0,574 %.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=336a2e5d05432da35caf9c09be22b070

Et la Grèce ?

Quel taux d'intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 3 mois ?

En janvier 2010, la Grèce avait dû payer un taux d'intérêt de 1,67 %.
Mardi 20 avril 2010, la Grèce avait dû payer un taux d'intérêt de 3,65 %.
Jeudi 20 janvier 2011, la Grèce a dû payer un taux d'intérêt de 4,10 %.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/23/97002-20110123FILWWW00058-grece-un-emprunt-pour-la-diaspora.php

- Emprunt à 6 mois :

Quand la France lance un emprunt à 6 mois, elle doit payer un taux d’intérêt de 0,668 %.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=336a2e5d05432da35caf9c09be22b070

Et la Grèce ?

Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

En janvier 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 1,38 %.
Mardi 13 avril 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,55 %
Le 9 novembre 2010, la Grèce avait dû payer un taux d'intérêt de 4,82 %.
Mardi 11 janvier 2011, la Grèce a dû payer un taux d'intérêt de 4,90 %.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/11/97002-20110111FILWWW00482-grece-leve-195-mds-en-dessous-de-5.php


BA 23/01/2011 21:14


A propos de la Grèce :

- Emprunt à 3 mois :

Allemagne : taux d'intérêt des obligations à 3 mois : 0,470 %.

France : taux d'intérêt des obligations à 3 mois : 0,622 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN3M:IND

Et la Grèce ?

Quel taux d'intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 3 mois ?

Jeudi 20 janvier 2011, pour un emprunt à 3 mois, la Grèce a dû payer un taux d'intérêt de 4,10 %.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/23/97002-20110123FILWWW00058-grece-un-emprunt-pour-la-diaspora.php

- Emprunt à 6 mois :

Allemagne : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,640 %.

France : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,744 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN6M:IND

Et la Grèce ?

Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

Mardi 11 janvier 2011, pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d'intérêt de 4,90 %.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/11/97002-20110111FILWWW00482-grece-leve-195-mds-en-dessous-de-5.php


Absolument Fabuleux 21/01/2011 18:03


Superbe clarté comme d'habitude !
Sinon, j'ai tenté de chercher si vous aviez publié des livres d'éco, et je n'ai trouvé qu'un livre qui traitait de l'école...


BOB 21/01/2011 14:26


cela a commencé par la crise des subprimes, voir un PPS sur le sujet sur http://2ccr.unblog.fr


BA 20/01/2011 22:10


Jeudi 20 janvier 2011 :

Ce matin, la banque américaine Goldman Sachs organisait un séminaire dans le très select Cercle Interallié, pour présenter ses perspectives économiques et financières de l’année. En gros, expliquer
à ses clients quelles étaient les évolutions à attendre en matière de conjoncture et surtout où placer leur argent pour en profiter le mieux possible.

Mais c’est à la fin, lorsque l’on a abordé la question des obligations que j’ai failli tomber de ma chaise : pour les experts de la banque, il faut acheter de la dette grecque et, dans une moindre
mesure irlandaise et portugaise ! Mais pas n’importe laquelle. Dans le cas de la Grèce, il faut prendre les obligations à 30 ans. Surtout pas celle à 10 ans.

Bizarre : les taux à dix ans sont à plus de 11,30 % et ceux à 30 sont à 8,50 %. Les gourous de Wall Street auraient-ils perdu leur calculatrice ? Non, rassurez-vous !

« La Grèce va restructurer sa dette à dix ans », nous a annoncé l’air de rien le stratège obligataire de la banque : ce qui signifie qu’il faut la fuir à tout prix.

Par contre, cette restructuration épargnera la dette à trente ans. Et au contraire, en restructurant à court terme, la Grèce aura plus de chance de nous rembourser à très long terme. Avec des taux
à 8,50 % à 30 ans - imbattable – Athènes offre des rendements uniques au monde, qui vont rapporter plein de sous.

Les clients de Goldman Sachs ont vraiment de la chance. Ils ont appris (c’est un scoop) que la Grèce allait restructurer sa dette et surtout qu’il fallait tout de suite se précipiter sur les taux à
trente ans.

Au fait, ami lecteur, j’ai oublié de vous dire : c’est Goldman Sachs qui a été soupçonné, dans les années 2000 d’avoir aidé le gouvernement Grec à maquiller ses comptes. Une accusation jamais
prouvée, je m’empresse de le préciser, mais que les clients de la banque, hier au Cercle Interallié auraient peut-être mérité de savoir.

http://blog.lefigaro.fr/economie/2011/01/le-scoop-de-goldman-sachs-sur-la-dette-grecque.html


BA 20/01/2011 18:20


Et le naufrage de la zone euro continue.

Jeudi 20 janvier 2011 :

La confiance des consommateurs se détériore dans la zone euro.

La confiance des consommateurs dans la zone euro est tombé à un plus bas de cinq mois en janvier, montrent des données publiées jeudi, alors que la région rencontre des difficultés pour contenir la
crise de la dette.

La Commission européenne a annoncé lors d'une estimation flash que le moral des consommateurs des 17 pays membres de la zone monétaire était ressortie à -11,4 en janvier contre -11,0 en
décembre.

Au sein de l'Union européenne qui regroupe 27 Etats, cet indicateur a également baissé, passant de -12,1 à -12,8.

Les analystes estiment qu'une solide demande privée est nécessaire pour une croissance auto-entretenue de la zone euro, mais les mesures d'austérité mises en place par de nombreux gouvernements et
les turbulences sur les marchés financiers limitent la demande des consommateurs.

"C'est probablement l'inflation plus importante et la fiscalité croissante dans beaucoup de pays qui pèse de plus en plus sur la confiance des consommateurs", a commenté Howard Archer, analyste
chez IHS Global Insight.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE70J0IT20110120


Astrorock 20/01/2011 17:37


Pardon jean claude, je n'ais pâs ete precis, je voulais dire instrument au service d'une politique bien entendu, la chose paraissais evidente pour moi.

Donc, je reformule, quelles solutions d'apres vous pour reprendre le controle de la monnaie sans detruire l'euro.


Jean Claude Werrebrouck 20/01/2011 17:45



vous aurez - peut-être- une réponse dans mon prochain texte (une bonne semaine sans doute)



Astrorock 20/01/2011 08:58


Bonjour.

Le moins qu'on puisse dire est qu'on en aprend plus en lisant les articles de Jean Claude que dans certains livres traitant d'economie.

Toujours aussi passionant.

J'aimerais un eclaircissement qui necessiteras peut etre un article: La monnaie n'etant, de mon point de vue de beotien,qu'un instrument; ne faut t'il pas cesser de diaboliser l'euro et examiner
les solutions qui permettent la reprise en main de la monnaie en le conservant.


Jean Claude Werrebrouck 20/01/2011 10:28



La monnaie n'est pas un simple instrument technique. Elle est un fait politique majeur.Vous remarquerez d'ailleurs que traditionnellement on y retrouve le visage du prince ( sur les pièces d'or
par exemple).Cordialement.



BA 19/01/2011 19:43


Pour se financer, l'Etat français ne doit pas emprunter sur les marchés internationaux.

La banque, le crédit, la monnaie sont des services publics.

La banque, le crédit, la monnaie doivent être placés sous les ordres du pouvoir exécutif français.

Il faut revenir au franc.

Vite.

Avant l'effondrement.


A-J Holbecq 19/01/2011 16:06


Merci Jean Claude,

J'attends la suite avec impatience

Nous avons encore de la chance en France... tous les Etats des pays d'Europe ne sont pas les propriétaires de leur banque centrale (cf l'Italie par exemple)


Jean Claude Werrebrouck 19/01/2011 18:36



Oui, l'Italie est semble t'il passée directement à l'euro système sans  nationalisation préalable. En sorte que l'équivalent des "deux cents familles" se trouve incorporé dans cette
catégorie "suis généris". Ce qui crée une situation encore plus bizarre qu'en France. Lorsqu'il faudra reprendre les rennes de la monnaie, les juristes auront sans doute beaucoup de travail. Mais
en période de crise on pourra compter sur leur grande inventivité. Dans ce contexte les français doivent se réjouir car notre armement juridique est autrement plus puisant que chez nos
partenaires.A très bientôt.



Coligny 19/01/2011 12:46


Merci pour ce rappel tout-à-fait intéressant; il y a quelques erreurs de date: le "traité" de 1957 doit se lire: traité de 1857 je suppose.
Dans l'attente de la suite.


Jean Claude Werrebrouck 19/01/2011 14:15



Oui bien sûr! Mes relectures sont toujours trop rapides. De même il faut lire 1857 et non pas bien sûr 1057. Pardonnez-moi. Cordialement;


 



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