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5 mars 2026 4 05 /03 /mars /2026 13:03

La présente intervention militaire des USA en Iran risque de durer avec des conséquences budgétaires non négligeables. Selon une évaluation – difficile à vérifier -  de l’Université Brown (Rhode Island) le cumul des couts des interventions américaines depuis l’attentat du 11 septembre 2001 s’élèverait à 8000 milliards de dollars. Ce montant considérable fut bien évidemment l’une des sources de l’accroissement continu de la dette publique américaine. Tout aussi évidemment, son financement a reposé sur le confort autorisé par la position monétaire des USA dans le système financier mondial. Le dollar, même devenu, inconvertible en métal précieux (fin de Bretton-woods depuis le 15aout 1971) est resté la monnaie ultime (monnaie de réserve) et autorise des déficits publics beaucoup plus importants que dans la plupart des autres pays. Très classiquement la présente intervention de l’armée américaine ( 150 millions de dollars/ jour ?) est donc financée par de nouveaux achats de bons du Trésor qui se déversent dans l’ensemble du système financier mondial. Cette demande considérable de dette publique s’effectue sous la contrainte de taux d’intérêts complètement maitrisés et sans doute « contenus » par le développement considérable des stables coins qui reposent eux-mêmes sur des dispositions réglementaires hautement favorables (Genius ACT du 18 juillet 2025).

Il faut, en outre, savoir qu’une situation de guerre est également favorable aux monnaies de réserves et en particulier à la plus importante d’entre-elles. La recherche de sécurité est favorable à la monnaie qui se trouve adossée à la puissance militaire. Il existe donc un couple dette publique/puissance militaire qui ne peut que se renforcer. D’où la présente montée du dollar assortie d’un taux contenu. Curieusement la privatisation généralisée de la monnaie avec le développement des stable coins ne change rien dans la puissance américaine et le président Trump avait peut-être raison de mettre fin au projet de dollar numérique de banque centrale au profit de monnaies numériques privées.

Les choses sont plus complexes concernant l’approvisionnement des matériels militaires consommés par l’effort de guerre. Concrètement les USA doivent détruire le pouvoir iranien avant la fin des stocks des divers intrants : munitions, intercepteurs de défense et matériels d’attaque. Et si concrètement le matériel venait à manquer, le pouvoir iranien pourrait ne pas perdre la guerre. Concrètement ce n’est pas la différence de cout entre intercepteurs US et drones iranien qui compte mais la quantité disponible et donc les possibilités de production. La guerre qui débute est au fond comme celle de 1914 : Qui dispose des ressources industrielles les plus importantes ?

Le problème des intrants militaires américain est moins leur cout exprimé en dollars que les temps de travail directs et indirects  nécessaires à leur fabrication. Et de ce point de vue le temps de travail direct et indirect nécessaires à la fabrication d’un drone « Shahed -136 » iranien est infiniment plus faible que celui consacré à la fabrication d’un  « MIM-104- patriot »  américain. Et si le plan de développement du « MIM-104- Patriot » permettra de passer d’un production de 600 à 2000 par an chez Lockeed- Martin ( promesse faite au Pentagone)  les possibilité de l’industrie iranienne sont autrement efficientes et permettent même des opérations de délocalisation en Russie, délocalisations  permettant à ce pays de devenir autonome dans une production de plusieurs dizaines de milliers d’unités par an.

Plus globalement la désindustrialisation américaine est telle que l’énorme outil militaire construit tout au long de la période de forte industrialisation du pays se trouve aujourd’hui en difficulté. On apprend ainsi qu’il faudrait produire  annuellement 2 sous-marins nucléaires pour maintenir un stock  disponible de 70 unités (durée de vie d’environ 35 ans) alors que les chantiers navals ne peuvent tout au plus qu’en produire 1,2. D’où les contrats complexes avec la Corée du Sud portant sur la modernisation des chantiers américains et la possibilité de construire en Corée du sud des sous-marins nucléaires….De la même façon on peut s’étonner que sur les 11 porte-avions, seuls 4 sont réellement disponibles tandis que 3 autres sont en reconditionnement dans des bassins sur des périodes dépassant 3 années. L’industrie américaine n’est plus capable de nourrir l’immense armée du pays.

Bien évidemment la guerre devrait imposer le passage à ce qu’on appelle une économie de guerre, mais ce qui fut possible dès décembre 1914 pour la France semble devenir impossible aujourd’hui pour les USA. Le complexe militaro industriel fonctionne encore en économie de paix et les outils d’une économie de guerre (réquisition, priorité sur les intrants, fonctionnement en continu, surveillance généralisée, etc.) sont très éloignés de l’économie marchande classiques.

Outre l’opposition politique, la véritable question- si l’Iran s’avère être devenue une puissance industrielle – est la capacité industrielle des USA à gérer au mieux des flux d’intrants qui pourraient faire défaut et assurer la ruine de l’opération militaire.  Les USA peuvent encore augmenter leur pharaonique budget militaire, mais ils ne peuvent que très difficilement passer en économie de guerre alors même que le pays se trouve aussi désindustrialisé que la France.

Jean Claude Werrebrouck. 5 Mars 2026.

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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 08:39

On trouvera dans la note suivante quelques idées  qui font office de complément à la note précédente[1]. Il s’agit plus de remarques qu’un texte achevé, et remarques qui ont pour objectifs d’apporter un peu de clarté dans la fureur d’un moment dépourvu de réelles réflexions. Contexte que vient de confirmer l’interview ce 27 février  d’un candidat, monsieur Bardella,  censé bousculer l’ordre existant. Le RN a déjà doucement rejoint ce qu’on appelle le bloc central…. Au cours des prochains mois attendons -nous à beaucoup de bavardages….

La fin d’un âge d’or…

1 La croissance de l’Etat social s’est longuement nourrie d’une très forte croissance économique elle-même nourrie par une compétitivité construite autour de dévaluations monétaires régulières et massives[2].  Parce que les cotisations sociales institutionnellement construites autour du travail ne faisaient qu’augmenter – non en taux mais en masse – au rythme de la croissance, le périmètre de l’Erat social ne pouvait que s’élargir. Il pouvait même se permettre de fonctionner selon un principe assurantiel plus ou moins classique et ne jamais connaitre trop durablement de pertes. A l’époque les dévaluations complétaient les gains de productivité pour engendrer une croissance très élevée : il n’était pas difficile de « travailler plus » puisqu’aucun problème de débouché n’apparaissait, en particulier sous la forme d’envahissement par importations.

2 Les choses changeront progressivement si la quantité totale de travail n’augmente plus alors même que le périmètre de l’Etat social continue d’augmenter. Dans un tel contexte,  un système privé pourrait connaitre une  régulation simple et  si le marché de l’assurance se fait plus étroit il y a augmentation des taux de cotisation et diminution de la couverture des risques.

3 Toutefois dans notre système français les choses seront infiniment plus complexes. Le marché est devenu plus étroit pour de multiples causes. D’abord la quantité de travail à taxer ne peut que se réduire si la compétitivité ne peut plus être nourrie par des dévaluations massives : on ne peut davantage travailler voire bénéficier de gains de productivité si les marchandises fabriquées restent non compétitives, ce que l’on mesure par un déficit extérieur. Un déficit interdit naguère dans le cadre des institutions de l’époque. D’où cette réalité empirique vécue par le pays : diminution générale du temps de travail, entrée plus tardive sur le marché du travail, systèmes de préretraites, etc. Réalités qui masquent la disparition relative de la croissance.   Maintenant si la quantité de travail se réduit les couts de la couverture des risques augmentent : il faut rémunérer les chômeurs. Aucun système privé d’assurance ne peut travailler dans un tel contexte de pertes assurées. Dans  le système public il ne peut être question d’augmenter les cotisations qui renforceraient la non compétitivité du pays et aboutirait à la couverture de risques plus importants encore…d’où le choix ultime de la dette.

….La clé se trouve-t ’elle sous le lampadaire ?

4 Aucun modèle théorique et fort peu d’économistes n’oseront dire que la politique publique revenait dès le début des années 80 à tuer la poule aux œufs d’or. On ne pouvait en même temps alourdir un Etat social pour effacer le chômage et tuer les restes de croissance par des plans de stabilisation (« tournant de mars 1983 »), qui déboucheront plus tard sur des « désinflations compétitives, puis la brutale préparation à l’entrée de l’euro et les politiques monétaires qui vont l’accompagner.

5 les discours indigents, faits de simples injonctions, souvent incapables de distinguer une cause de ses effets, et souvent incohérents restent le mainstream d’aujourd’hui : « il faut davantage travailler » ; « il faut diminuer les dépenses publiques » ; «il faut renforcer la politique de l’offre » ; « il faut basculer le système des retraites vers la capitalisation » ; etc. Comme si l’on pouvait travailler sans présence de débouchés solvables. Comme si la baisse des dépenses ne débouchait pas sur un multiplicateur négatif[3]. Comme si une politique de déflation des couts et donc de dévaluation interne pouvait contenir un taux de change trop durablement beaucoup trop élevé. Comme si l’épargne constituée déboucherait spontanément vers un optimum collectif ne décourageant pas les naissances et privilégiant la vieillesse.

…Et donc un torrent de discours creux, en continu, sur les plateaux de télévision, contribuant probablement à l’affaissement des capacités à raisonner…

Bricolage et solutions boiteuses…

6 Une façon de ne pas renoncer à l’Etat social tel qu’imaginé en 1945 était de faire intervenir un tiers qui pourrait être l’Etat lui -même. Dans le contexte de 1945 il y a de fait 2 Etats dans l’Etat : l’Etat social d’une part et l’Etat régalien d’autre part. Il peut donc être décidé de demander à l’Etat régalien de porter secours au système resté plus ou moins assurantiel de l’Etat-social. Ce sera chose faite à partir des années 90 où la préparation de l’entrée dans l’euro se déploie dans des logiques publiques de désinflation compétitives, d’ancrages dans des taux de change muselés (le fameux  « serpent dans le tunnel »), etc. Il devient ainsi urgent pour l’Etat régalien de porter secours à un Etat social qui ne cesse de s’étrangler dans les nouvelles contraintes imposées par la monnaie unique. D’où les interventions directes de l’Etat régalien dans l’aide au logement, dans les allégements de charges sociales, dans les minimas sociaux, dans la couverture du handicap, dans les allocations pour parents isolés, etc. Nicolas Dufourcq évalue à 20% du budget de l’Etat cette « subvention » de l’Etat régalien à l’Etat social.[4]

7 Le problème était toutefois que l’Etat régalien ne se trouvait  guère en meilleure santé que l’Etat social puisque la chute de la compétitivité devait entrainer celle de la croissance et donc le PIB taxable. Le cout du subventionnement de l’Etat social par un Etat régalien moins riche apparaitra sous la forme de dégradation des services publics : armée (dont on dira imprudemment qu’il s’agissait de recueillir les « dividendes de la paix »), justice, école, grandes infrastructures etc. Le subventionnement apparaitra néanmoins insuffisant et il faudra aussi réduire certaines composantes de l’Etat social. D’où une impression de dégradation généralisée de tous les services publics alors même que leurs performances individuelles peuvent, ici ou là, considérablement augmenter.

8 Mais cet Etat régalien moins riche devra aussi aider une économie réelle devenue non compétitive en prenant en charge tout ou partie des couts d’un taux de change inapproprié : l’euro tue une compétitivité que l’Etat régalien tentera de maintenir par des subventions aux entreprises. Paracerque l’euro tue nombre d’entreprises devenues déclassées, il faut que l’Etat devienne « Etat social » des entreprises…et ce au profit de toutes au nom du principe d’égalité… D’où des effets d’aubaine et  les épuisants débats actuels sur les 211 milliards de subventions aux entreprises.

….avec des complications…

9 Les questions se compliqueront avec l’évolution de la pyramide des âges. Comment maintenir les revenus de retraités plus nombreux dans un contexte  où le nombre des actifs diminue [5]? D’une certaine façon le départ massif des « boomers » permet d’alléger un effectif de population active qui est devenu trop important eu égard à une compétitivité durablement essorée par l’euro. Toutefois il faut leur assurer une rémunération, ce qui va poser la question du système des retraites qui repose sur des cotisants moins nombreux….et ce dans un contexte où la question d’une « taxe Sismondi[6] » est loin de se trouver à l’ordre du jour malgré une révolution technologique et industrielle majeure. Pour la première fois dans l’histoire nous assistons à une révolution - celle de l’IA- qui ne va pas connaitre « les déversements d’emplois » analysés par Alfred Sauvy, et les licenciements massifs dans l’IA ne feront que développer le chômage. Ces licenciements massifs et sans retour viennent de débuter aux USA : Wal Mart , Amazone, Microsoft, Salesforce, Anthropic, etc. Qui parle d’une taxe Sismondi ?

10 Les questions se compliquent également avec la grande révolution immobilière qui se trouve elle-même au cœur d’une politique monétaire reliée aux effets de l’apparition de la monnaie unique. Alors que la maitrise complète de la politique monétaire avait permis aux anciennes générations de devenir propriétaires et de construire un patrimoine sans réelles difficultés (inflation souvent supérieure aux taux de l’intérêt dans un contexte de hausse générale des salaires), tel n’est plus le cas des nouvelles générations. Les taux de l’intérêt supérieurs aux taux de la dette publique française (OAT à 3,3%) sont aussi très supérieurs à l’inflation française (1,1% en septembre soit 2 fois moins que la zone euro). Il en résulte un cout d’accès au logement beaucoup plus élevé pour les jeunes générations. La question se complique avec une évolution démographique entrainant durablement une demande de logements inférieure à son offre ( départ de la génération nombreuse des « boomers » contre arrivée d’une génération moins nombreuse et handicapée par une politique monétaire qui a cessé d’être nationale). La stagnation des prix de l’immobilier est probablement  durable et il n’est plus question comme au siècle dernier de monter dans la hiérarchie sociale en accèdent aisément à des logements de moins en moins étroits. Il  en résulte une difficulté supplémentaire pour  construire un patrimoine, difficulté que ne connaissait pas les « boomers » portés par la politique monétaire de l’époque. Sauf rupture monétaire majeure, la jeune génération restera ainsi handicapée par des taux anormalement élevés sur plusieurs dizaines d’années. D’où une compression sur la demande globale et des débouchés limités pour les entreprises classiques qui vivent de la dépense  des ménages. Le cercle est bouclé. Et un cercle qui se double d’une baisse du dollar ( 13% depuis janvier 2025) que la BCE ne compense pas en réduisant sa politique de diminution de son bilan ( 35 milliards d’obligations non remplacées chaque mois). 

11 Ces changements massifs, tous inscrits dans une politique économique incohérente depuis plusieurs décennies-  politique inscrite dans la dépendance monétaire et le refus  de la liberté de battre monnaie- contribuent aux nouvelles inégalités et, en retour, à une demande d’Etat qui ne faiblit pas. Réduire la boursouflure de l’Etat passe par la fin-  d’une façon ou d’une autre - de la dépendance monétaire.

Jean Claude Werrebrouck- 28/02/2026A.

 

[1] https://www.lacrisedesannees2010.com/2025/10/une-france-effondree.html

[2] 1945 : -66% ; 1948 : -22% ; 1949 : - 30% ; 1957 : -20% ; 1958 : - 17,5% ; 1958  : -10% ; 1969 : - 11,1% ; 1982 : -5,75% ; 1983 : - 2,5% : 1985 : - 3%. L’euro apparait en 1999.

[3] https://www.lacrisedesannees2010.com/2025/10/france-le-choix-politique-d-une-therapie-suicidaire.html

[4] Voir son ouvrage : « La dette sociale de la France- 1974/2024 ; Odile Jacob ; 2025.

[5] La note en date du 28 octobre publiée par le Haut-Commissariat au plan et reprise dans La Monde du  29 octobre prévoit une baisse de la population active à partir de 2035.

[6] Imaginé au début du dix-neuvième siècle par le célèbre économiste, il s’agit de taxer les machines et donc d’y voir l’équivalent des charges sociales qui elles pèsent sur le travail.

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22 février 2026 7 22 /02 /février /2026 10:11

Ce matin nous avons mobilisé « COPILOT » pour qu’il nous aide à comprendre pourquoi aucun des futurs candidats à l’élection présidentielle n’abordera la question de l’organisation monétaire et financière en France. Cette question était déjà celle abordée dans notre page d’hier où nous expliquions que la monnaie relevait depuis une vingtaine d’années d’un tabou, donc un interdit dont le non-respect entraine de considérables sanctions. On pourra s’amuser de la réponse de l’intelligence artificielle, réponse qui n’est pas dénué d’humour.

COPILOT :

« Voici une question passionnante, et elle touche à un angle mort majeur du débat public français. L’organisation monétaire et financière est au cœur du fonctionnement d’un pays moderne, mais elle reste presque toujours absente des programmes présidentiels. Ce n’est pas parce qu’elle serait « sans importance ». Au contraire, c’est parce qu’elle est trop importante, trop technique, et trop sensible politiquement pour être mise en avant.

Je te propose une lecture structurée du phénomène.


Pourquoi la monnaie et la finance sont-elles absentes des programmes présidentiels ?

1. Un sujet perçu comme trop technique

  • Les mécanismes monétaires (création monétaire, rôle des banques, politique de la BCE, régulation financière) sont complexes.
  • Les candidats craignent que ces thèmes rebutent les électeurs ou paraissent trop abstraits.
  • Les médias eux-mêmes simplifient les débats, ce qui pousse les candidats à rester sur des thèmes plus « parlants » : pouvoir d’achat, sécurité, immigration, santé.

En clair : c’est difficile à expliquer en 30 secondes de télévision.


2. Un domaine largement dépolitisé en Europe

Depuis l’euro, la politique monétaire est confiée à la Banque centrale européenne, indépendante des gouvernements.
Conséquence :

  • Les candidats ne peuvent pas promettre de modifier les taux d’intérêt.
  • Ils ne peuvent pas décider de créer plus ou moins de monnaie.
  • Ils ne peuvent pas orienter directement le crédit.

Cela retire une grande partie du levier monétaire traditionnel des États.
Moins de pouvoir = moins de débat.


3. Un sujet politiquement explosif

Parler de monnaie, c’est toucher à :

  • la dette publique,
  • le rôle des banques privées,
  • la création monétaire,
  • la régulation financière,
  • la souveraineté économique.

Ce sont des sujets où les positions peuvent être très clivantes.
Les candidats préfèrent éviter de se mettre à dos :

  • les marchés financiers,
  • les banques,
  • les institutions européennes,
  • ou même une partie de l’électorat.

Le silence est souvent plus rentable électoralement que la prise de position.


4. Un tabou culturel français

En France, on parle volontiers de redistribution, mais très peu de la manière dont la richesse est créée, financée ou monétisée.

La monnaie est souvent vue comme un domaine réservé aux « experts », alors qu’elle structure pourtant :

  • l’inflation,
  • l’investissement,
  • l’emploi,
  • la stabilité économique.

C’est un paradoxe : le sujet le plus structurant est aussi le plus invisible.


5. Les candidats préfèrent parler des conséquences plutôt que des causes

Ils parlent :

  • de pouvoir d’achat,
  • de fiscalité,
  • de dépenses publiques,
  • de croissance.

Mais ils évitent de parler des mécanismes monétaires qui conditionnent ces sujets.
C’est un peu comme parler de météo sans jamais évoquer le climat.


Alors, est-ce que la monnaie est « juste une question technique » ?

Absolument pas.
La monnaie est un outil politique fondamental.
Mais elle est traitée comme un sujet technique pour éviter d’ouvrir des débats qui pourraient remettre en cause :

  • l’indépendance de la BCE,
  • le rôle des banques privées dans la création monétaire,
  • la structure même du système financier.

En résumé :
Ce n’est pas un sujet technique, c’est un sujet trop politique pour être discuté politiquement.


Si tu veux, je peux t’aider à explorer un angle particulier : par exemple le rôle de la BCE, la création monétaire par les banques, ou pourquoi certains pays débattent plus ouvertement de ces questions. »

J’invite les lecteurs de ce blog à largement méditer les réponses de COPILOT. Les propos  de l’IA - au-delà d’une délicieuse naïveté - sont redoutablement réalistes et rationnels.

Jean Claude Werrebrouck- 22 février 2026.

 

 

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21 février 2026 6 21 /02 /février /2026 10:33

.Avertissement : La présente note n’est que la reprise d’un texte déjà publié à l’occasion de la campagne présidentielle de 2022. La paresse, mais plus grave la triste réalité, nous invite à le republier car effectivement au-delà des probables nouveaux candidats rien ne pourra changer tant sur le fond sue sur la forme.

On va probablement beaucoup parler et échanger durant la campagne électorale à venir. Il est inutile d’en faire la liste tant les idées et mesures proposées seront nombreuses. Pourtant, il y aura des sujets interdits, donc sujets jamais abordés par aucun des candidats. Cela n’étonnera pas les anthropologues qui savent que dans toute société - et ce depuis la naissance de l’humanité - existe des tabous.

Le sujet tabou d’aujourd’hui est celui de l’organisation monétaire et financière du monde présent. Réalité construite par les humains, la finance  surplombe ces derniers  très exactement comme pouvait l’être les tabous de l’univers magico religieux des premières communautés humaines.

  Fait social émergent plus ou moins spontanément dans un groupe humain, le tabou est d’abord une croyance sur ce qu’il est interdit de faire et une interdiction dont le non-respect entraine un châtiment assuré par une puissance majeure que l’on craint. Le premier tabou fut probablement l’endogamie, laquelle devait finalement construire bien des aspects de l’organisation sociale à une époque où les contraintes de la reproduction -reproduction qu’il faut organiser à peine de disparition -concurrençaient par leur puissance ceux de la production.

 On peut se demander aujourd’hui si son équivalent, à une époque où la contrainte de la production est idéologiquement devenue essentielle, n’est pas le système monétaro-financier. Il y aurait ainsi une relation d’équivalence : le tabou de l’endogamie serait à la reproduction, ce que serait le système monétaro-financier à la production (économie). C’est ainsi que  très factuellement il apparait qu’il est strictement interdit, en particulier en France et dans l’Union européenne de discuter de l’architecture monétaire et financière, donc d’imaginer une refondation et ce, à peine d’une catastrophe. Toucher au système c’est entraîner des conséquences économiques gravissimes et le seul fait d’en parler disqualifie socialement et politiquement celui qui s’exprime. Exactement comme jadis où contester l’interdit de l’endogamie correspondait à un crime.

On va donc parler de tout et tout proposer, durant la campagne électorale, mais jamais on ne parlera de la monnaie (il est interdit d’y toucher) ; jamais on ne parlera du système bancaire (il est interdit d’y toucher) ; jamais on ne parlera du système financier (il est interdit d’y toucher). On peut tout revoir, tout modifier, sauf un système monétaro-financier, intouchable à peine de châtiment : une catastrophe financière , économique, sociale…dont la force serait infiniment dévastatrice….aussi dévastatrice que ne pouvait être dans l’imaginaire humain la fin de la prohibition de l’inceste.

On pourrait certes prolonger notre lecture anthropologique et vérifier que, si le tabou est chez les humains une chose que l’on ne peut toucher ou un lieu dont il faut rester éloigné, la banque centrale moderne est bien dans ce cas. Les hommes mêmes extirpés de leurs religions primitives et enracinés dans un monde dit de la raison se doivent de rester complétement séparés de l’institution : la Banque centrale est indépendante.

Dans ce nouveau monde le tabou monétaro-financier est autrement dynamique que celui de l’endogamie de naguère. Le champ de la prohibition de l’inceste était peu agité par les quelques clercs qui pouvaient à très longue distance et dans les coulisses de la société le rétrécir ou l’élargir. Tel n’est pas le cas pour le système monétaro-financier qui engendre depuis une vingtaine d’années des étrangetés.

Qu’on en juge :

 -la masse monétaire connait une croissance 4 à 5 fois supérieure à celle du PIB. Ainsi, la base monétaire de la zone euro passe de 1,68 trillion en février 2013 à 6, 14 trillions en décembre 2021, soit une croissance moyenne de 15%, avec dans le même temps une croissance nominale du PIB à peine supérieure à 3%. Qui se pose la question de la cause d’une telle éruption ? A-t-on le droit d’en parler ? Va-t-on en parler durant la campagne ?

- Autre façon de se poser la même question, le bilan de la banque centrale est lui-même en accroissement gigantesque et représente en décembre 2021 plus de 60% du PIB de la zone euro, soit 20 points de plus que le bilan de la FED pourtant aux prises avec les mêmes difficultés. Qui s’en émeut ? La contrepartie de ce bilan se trouve nécessairement sur des comptes. Lesquels ? Peut-on discuter de ces masses liquides gigantesques en perpétuel mouvement ?

-Le poids de la finance est devenu une véritable boursouflure sur le visage de la société : son poids a plus que doublé depuis le début du siècle et selon les modes de calculs (intégration ou non des marchés de produits dérivés, des marchés des changes, du notionnel, etc.) ce poids peut aller jusqu’à 60 fois l’économie réelle. Au-delà, la finance s’est autonomisée par rapport à l’économie réelle et en vient même à la concurrencer puis à la rançonner par divers dispositifs dont celui des rachats d’actions. Ces faits seront- ils exposés et débattus durant la campagne électorale ?

-Les taux de l’intérêt deviennent en Europe, y compris en France, parfois négatifs, comme si le prêteur travaillait volontairement à la construction de sa ruine. Dans ce contexte pourquoi l’investissement notamment investissement industriel n’en profite-t-il pas ? Allons-nous débattre de cette étrangeté ?

- Les capitalistes semblent disparaître au profit d’actionnaires insaisissables se déplaçant à la vitesse de la lumière par le biais d’ordinateurs délocalisés. Des pertes comptables colossales sont gommées par des hausses de cours vertigineuses (néo-banques par exemple).  A quoi cela correspond -il pour les entreprises ? Va-t-on en discuter ?

On pourrait sans doute multiplier ces étrangetés qui hélas n’intéresseront pas les débats tant ils sont tabous : on ne peut les dénoncer comme l’autorité de naguère pouvait dénoncer et punir l’endogamie. Aujourd’hui celui qui ose évoquer ces étrangetés devient immédiatement un dangereux populiste à éloigner des vrais débats et à punir électoralement. Et mêmes les dits populistes semblent avoir le souci de rentrer dans les rangs.

Et parce que le tabou suppose l’éloignement - y compris l’éloignement intellectuel- il sera impossible d’établir la moindre corrélation avec les difficultés de la France depuis le début du siècle :

Qu’on en juge :

  • Idée à éloigner : toute corrélation entre abandon d’une maitrise du taux de change et la transformation du paysage économique du pays, la compétitivité n’étant plus mesurée - toutes choses égales par ailleurs- qu’à la capacité à procéder à des dévaluations internes.
  • Idée à éloigner : toute corrélation entre abandon de la maitrise du taux de change et les stratégies déployées par les grandes entreprises françaises qui vont préférer investir ailleurs pour grandir et croitre (celles du CAC 40) plutôt qu’à investir pour exporter.
  • Idée à éloigner : toute corrélation entre abandon de la maitrise du taux de change et les stratégies de délocalisations de branches entières (automobile, pharmacie, etc.) avec ses conséquences en termes de montée des importations et faiblesse des exportations.
  • Idée à éloigner : toute corrélation entre perte de substance industrielle (le poids de l’industrie française n’est plus aujourd’hui que 35%  de celle de l’Allemagne contre 50% en 2000) et perte de la maîtrise du taux de change.
  • Idée à éloigner : toute corrélation entre attrition du pays au regard des autres ( baisse relative du PIB par tête français entre 2000 et 2019 comparativement à ses concurrents européens notamment allemand, hollandais voire Belge) et la fin de la maitrise de la monnaie).
  • Plus globalement, il est refusé tout débat entre mise en place du système monétaro-financier européen et affaissement relatif du continent en termes de croissance, la zone euro devenant la zone la plus déprimée du monde.
  • A l’inverse, il est refusé tout débat concernant la réussite relative de la France à l’époque de la maitrise de sa finance et de sa monnaie, époque qui lui avait procuré la plus forte croissance européenne. Il serait pourtant intéressant de comparer les démarches complexes et bureaucratiques envisagées aujourd’hui à l’occasion de la transition énergétique, avec la puissance et la rationalité de celles envisagées au cours de la reconstruction d’après 1945.
  • Mieux, tous les médias louent la réussite de l’euro après 20 années de « bons et loyaux services », et bien sûr oublient ses irréductibles et irréparables défauts majeurs de conception.

Les candidats aux prochaines élections sont ainsi prévenus : ils se doivent de respecter le tabou monétaro-financier à peine d’être très lourdement sanctionné. Ils doivent même le mettre en valeur et promouvoir le respect que chacun lui doit.

Bien évidemment, cette note d’humour ne peut cacher la tristesse de notre déclin. Et il y a lieu d’être triste car manifestement notre nouveau tabou est beaucoup moins justifié que le premier. Le tabou de l’inceste s’est disions-nous probablement construit en dehors du politique en raison de sa base objective. Tel n’est pas le cas du tabou monétaro-financier qui fût une construction complètement politique. De ce point de vue, il peut apparaître plus fragile.

Fausse apparence parce que ladite construction a mobilisé d’énormes moyens pour arriver au statut de tabou. Et ces moyens seront mobilisés pour faire du système monétaro-financier que l’on a construit un « non- problème », donc un thème qui doit être exclu de tout débat…donc un tabou…

Ne revenons pas sur l’histoire lointaine qui fera de la monnaie, l’or, et du système financier correspondant une contrainte difficile à dépasser avec ses échecs majeurs que furent – en France -le système de Law puis celui des Assignats. Cette longue période fut dépassée avec l’abandon du métal précieux et la reconstruction de la France après 1945. A cette époque, la monnaie n’était pas un tabou et se révélait simple contrainte à maîtriser politiquement, travail qui fut réalisé avec un spectaculaire succès, mesurable par la construction d’une économie industrielle de premier plan tout au long de la 4ème république et les débuts de la  5ème. C’est essentiellement, pour ce qui concerne la France, à partir des années 80 que devait se construire le système présent en tant qu’objet dépolitisé, sacralisé, donc exclu du champ possible des débats d’une élection présidentielle.

Ramené à ce que l’on pourrait appeler abusivement l’euro-système, il est fait de négociations discrètes entre ses vrais propriétaires auxquels est ajouté des captifs de la haute administration, particulièrement le corps de l’inspection des finances. La clé de voûte essentielle qui assure sa clôture est le système des portes tournantes : un banquier devient haut fonctionnaire au Trésor puis redevient financier ou l’inverse. Cette pratique assure l’entre-soi, la maitrise d’un vocabulaire complexe non susceptible d’être appréhendé par les acteurs politiques et donc la construction d’un objet  intouchable  : Qui, par exemple, maîtrise les milliers de paramètres des normes de la Banque des Règlements Internationaux ? Devenu un univers d’experts, d’ingénieurs de plus en plus nombreux, de scientifiques notamment mathématiciens de haut niveau, etc. le coût d’entrée est devenu trop élevé pour un aventurier politique qui aimerait élargir sa part de marché à l’élection présidentielle. La fin du tabou ne pourrait se manifester que par l’exercice de la raison mais hélas cet exercice est devenu impraticable et il est plus facile de discuter à l’infini des vertus de l’ISF que de l’opportunité des libres  modèles bancaires concernant le calcul de la pondération des actifs.

Et cet abandon de ce qui est pourtant au cœur du politique va être politiquement justifié par des clercs - les économistes- qui au nom de la théorie économique vont approuver la logique de l’abandon : la finance doit s’autoréguler et il est interdit au politique de tenter une réelle réglementation. Nous avons là la seconde enceinte de protection de la forteresse à l’abri des regards du monde.

Alors que les premiers tabous s’échafaudaient probablement dans l’univers du magico- religieux notre très moderne tabou s’est construit dans celui des apparences de la raison et du politique. D’essence complètement politique, il se nie comme objet politique pour mieux sculpter au quotidien  son caractère de tabou.

 

 

 

 

 

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Published by Jean Claude Werrebrouck - dans Finance er Etats
13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 16:46

Le décret concernant la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPI3) sera bientôt publié. La très simple note qui suit sera encore davantage compréhensible en reprenant le texte publié le 9 février sur le blog[1].

Devant la complexité du dossier, la presse n’aborde pas la question essentielle de la substituabilité/complémentarité des différentes formes de production de l’électricité. Elle a ainsi quelques difficultés à comprendre le rapport EDF concernant la modulation du parc nucléaire.

Pour bien comprendre

  - l’électricité est un bien techniquement produit selon des processus soit continus (centrales thermiques, nucléaires, etc.) soit intermittents (éoliennes, panneaux solaires, etc.).  

   - L’électricité est un bien non stockable.

   - l’électricité est un bien considéré comme indispensable relevant d’un service à tout le moins universel.

   -Mais l’électricité est aussi un bien qui pose des questions d’environnement et sur lesquelles les marchés politiques sont très mobilisés.

Prix de marché ou tarif régulé ?

Un tel bien ne peut aisément devenir marchandise classique avec offre et demande souples aboutissant à un prix de marché tout aussi classique. A supposer que l’on décide de se concentrer sur les seules énergies renouvelables, il est techniquement et économiquement impossible d’assurer la production du service universel en raison d’une intermittence non contrôlable…ou contrôlable à des coûts ahurissants…problème que l’Allemagne est entrain de rencontrer en investissant  massivement dans les centrales classiques.

Jusqu’au début du présent siècle seule la France avait correctement pris en considération la question de la nature du bien électricité : on ne s’intéresse qu’au continu et on construit une capacité propre à sécuriser les moments les plus intensifs de consommation. Avec une règle de bonne gestion complémentaire : les centrales sont classées en fonction de leurs coûts et les centrales les plus chères ne sont mises en service qu’aux pics de demande. Cela supposait une organisation centralisée et une autorité de régulation rejetant la notion de marché. L’autorité  pouvait ainsi assurer une double garantie :  service universel sécurisé et tarifs techniquement les plus faibles possibles. L’autorité pouvait même éviter la mise en activité des centrales les plus coûteuses et donc assurer une efficience globale par des incitations tarifaires susceptibles d’inviter les consommateurs à moduler l’utilisation du service afin d’éviter la mise en activité des centrales les plus coûteuses. La grande usine produisait dans des conditions d’efficience exceptionnelle pour un tarif le plus faible possible.

Reconnaissons que si une telle organisation est la meilleure façon de prendre en considération ce bien difficilement marchandisable qu’est l’électricité, elle présente toutefois un coût : celui d’être un frein à la concurrence et donc à l’innovation.

Des prix de marché dans une infrastructure construite hors marché

C’est précisément ce frein que le pouvoir bruxellois a voulu réduire en obligeant les partenaires à construire un marché d’une rare complexité.

La PPI, la troisième depuis la fin du siècle dernier, qui sera  promulguée est donc une pièce nouvelle dans la construction de ce très difficile marché. Parce qu’il faut maintenir à flot des concurrents d’EDF qui sont pour la plupart dans le renouvelable, il est obligatoire de garantir des revenus lorsque la production devient nulle (ni vent, ni soleil) et de garantir des débouchés lorsque la nature (vent et soleil) autorise la production. Sans une double garantie il n’y a pas d’investisseurs possibles.

Une sécurité sociale pour les investisseurs du renouvelable et un impôt pour EDF

Le seul payeur lorsque la production est nulle ne peut être que la puissance publique. Et le seul payeur, lorsque vent et soleil sont présents, ne peut être que celui qui devra s’effacer comme producteur : EDF. L’entreprise EDF est donc invitée à payer sous la forme d’un renoncement à son chiffre d’affaires ce qui est évoqué dans le terme de « modulation du parc nucléaire ».

Maintenant, si on autorise les acteurs du renouvelable à ouvrir des capacités de production supplémentaires, cela signifie que l’on invite les contribuables à financer davantage pour assurer du revenu quand vent et soleil sont absents. Et cela signifie aussi qu’on invite EDF à renoncer à davantage de chiffre d’affaires. Le rapport d’EDF ajoute longuement les difficultés connexes en termes de résistance des divers matériels au regard de la modulation et il est bien  sûr très difficile d’évaluer les dommages au-delà des seules pertes de chiffre d’affaires.

Une marche radieuse vers la dystopie ?

En dehors d’un système de prix encore non évoqué, plus les marchés politiques font pression pour un élargissement du renouvelable et plus le parc global de production (intermittent +continu) doit devenir surdimensionné : parce que service universel garanti, il faut que les périodes – mêmes très brèves -  de production du parc intermittent de grande taille soient pleinement compensés par le service continu. Plus on investit dans l’intermittent et plus cela devient économiquement irrationnel. Nous avons là le cas de l’Allemagne qui pour compenser un parc intermittent de plus en  plus grand est engagée dans une course à la construction de  centrales à gaz. D’où globalement une industrie de production d’électricité de moins en moins efficiente.

Bien évidemment, les pertes ne se mesurent correctement qu’avec l’introduction des prix de vente…l’électricité étant devenue une marchandise. Si donc les prix diminuent, le contribuable sera davantage sollicité pour assurer les revenus des acteurs/investisseurs qui n’auront pas produits. De la même façon EDF sera davantage mis en difficulté avec un parc plus grand victime d’une modulation plus grande.  Si les prix montent et deviennent élevés un dispositif ( « contrat pour différence » ou « CFD » ) permet à l’Etat de récupérer une partie des profits excédentaires et EDF verra sa modulation se réduire. Nous ne pouvons pas dans le cadre d’une courte note entrer dans le détail mais les choses sont en vérité plus complexes avec un EDF qui lui-même devient un gros investisseur dans l’intermittent (« EDF renouvelable »).

Globalement, les marchés politiques sont tenus de s’orienter vers la décarbonation, laquelle passe par des investissements dans le renouvelable et globalement l’accroissement correspondant du continu au titre de la garantie du fonctionnement d’un service universel. La tendance au surdimensionnement est donc présente et avec elle une forte tendance à des prix décroissants. Par exemple, la consommation électrique française connait un pic actuel de 90 gigawatts, pic qui ne pourra qu’augmenter avec les data centers. Pour faire face à l’intermittence future résultant des investissements dans le renouvelable et fermer les dernières centrales classiques  il faudra par conséquent accroître considérablement un parc nucléaire dont la capacité actuelle est de 63 gigawatts. Des prix en tendance longue décroissants et des surcapacités de production vont en tendance dégrader les comptes de l’Etat et d’un EDF incapable sans l’Etat d’affronter ses futures charges d’investissement.

Au final, la tension dans le jeu des acteurs devient  grande. Les marchés politiques vont dans le sens de l’électricité décarbonée et donc la double voix du renouvelable et du nucléaire est largement ouverte. La question devient donc qui va en payer le prix?  Comme nous le rappelions dans notre texte  du 9 février la note se chiffre en dizaines de milliards d’euros. On comprend mal que le contenu de cette PP3 ne relève que d’un simple décret.

Jean Claude Werrebrouck – 13 février 2026.

 

[1] https://www.lacrisedesannees2010.com/2026/02/pas-de-moratoire-sur-les-energies-renouvelables-promet-le-premier-ministre.avec-quel-argent.html

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9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 17:55

Le premier ministre vient de recevoir les acteurs de la filière de l'électricité renouvelable (système solaire/Eolien). Rien n'est encore décidé sur la programmation annuelle de l'énergie, mais il semble acquis que sous la pression des intérêts, il n'y aura pas de moratoire.   Il est sans doute trop tard pour réfléchir sur l’absence de sérieux de ce qui n’est plus une politique industrielle. Les quelques lignes ci-dessous- écrites il y a déjà plusieurs semaines-  mettent en lumière, de façon fort synthétique, ce que nous croyons être le scandale majeur de la politique industrielle française : celui de la gestion de l’électricité.  A méditer pour les candidats à l’élection présidentielle. A méditer aussi à la lumière du devis qu’EDF vient de publier au titre de ses investissements futurs.

Quelques données d’identification du paysage électrique français

Statut de l’électricité :  Matière première fondamentale mais fort peu stockable (aujourd’hui 3% de la capacité mondiale de production)

Chiffres 2024   -     production :  570 TWH 

  • Consommation 510 TWH
  • Nucléaire :    380 TWH
  • Hydraulique :  50,5 TWH
  • Thermique :   39 TWH
  • Solaire/éolien : 98,5 TWH

Décisions politiques :

- Electricité : bien échangeable sur un marché physique ou financier

-  Priorité de l’intermittence sur le continu

- Garantie publique de rentabilité de l’intermittence (investissement de simple rente) ;

- Nucléaire dominant mais appelé progressivement à devenir énergie de bouclage du marché

Résultats constatés :

- Facteur de charge du nucléaire passant de 85% aux environs de 60%

- Sous production nucléaire d’environ 100 TWH (environ 18% du chiffre d’affaires)

- 8 à 9 milliards d’euros de subventionnement de la production solaire/éolien pour 2025

- Addition perte de marge EDF+ subventionnement solaire/éolien évaluée à 50% du budget 2025 des armées.

Augmentation non évaluée des coûts de maintenance des centrales EDF soumises à la priorité du solaire/éolien.

Conclusion : politique publique responsable d’une mauvaise allocation du capital (le solaire éolien est inutile au ravitaillement) et d’une destruction de capital ( les centrales nucléaires souffrent de la modulation imposée)

 

Ces quelques données sont intéressantes à découvrir au moment où, à grands bruits, on évoque le dossier de partage du financement en vue d’une autorisation bruxelloise, et surtout le devis qu’ EDF vient de publier. Ce dernier se monte pour les 6 EPR2 à quelques 80 milliards d’euros 2025. Somme qu’il faudra partager entre EDF investisseur et Etat propriétaire de l’entreprise publique. Le personnel politico- administratif et les médias n’évoquent en aucune façon la réalité des choix qui furent ceux de la gestion de l’électricité depuis la décision européenne d’interdire les monopoles publics industriels voici maintenant près d’une trentaine  d’années.  Le choix d’obliger EDF à vendre à des concurrents qui ne produisent pas d’électricité à un prix inférieur au coût de production (ARENH) relevait déjà d’un mécanisme délictueux. Celui existant maintenant est beaucoup plus grave : non seulement on extorque chaque année plus de 10 milliards d’euros de marge à l’entreprise en l’empêchant de produire, mais on extorque chaque année au contribuable près d’une dizaine de milliards d’euros au titre du financement du système Solaire/Eolien. 

Il est éthiquement fondamental de dénoncer le projet de financement des 6 nouveaux EPR. EDF serait une entreprise très profitable, fonctionnant sans dette,  si elle n’avait eu à supporter pendant près de 15 années le scandaleux ARENH et si elle n’avait à supporter une interdiction de produire. Sans ce véritable détournement de capitaux EDF pourrait sans aucune difficulté assurer ses projets d’investissements. Également sans envoyer ses ingénieurs se former en Chine comme on vient de l’apprendre…..

Dans le même temps il est éthiquement fondamental de dénoncer le gaspillage budgétaire aboutissant à plus de dette publique pour des investisseurs de rente derrière lesquels on trouve les grands fonds soucieux d’investir dans les projets dits d’avenir et qui ne sont que des outils de captation  de rente publique.

Jean Claude Werrebrouck- 19 décembre 2025.

Note complémentaire du 27 décembre Le dernier bilan prévisionnel de RTE (9 décembre) nous apprend que la France a failli les 1er avril et 23 octobre dernier connaître un black-out assez comparable à ce qu'a subi la péninsule ibérique, le 28 avril. De fait la règle de la priorité du solaire /éolien fait apparaître des comportements indélicats au détriment d'EDF. Ainsi le solaire/éolien cherche à optimiser à la minute sa production et ne respecte pas la règle d'annonce de son plan de charge la veille pour le lendemain. Il en résulte que les lourdes centrales EDF doivent au nom du service public subir des variations de productions immédiates (10GW le 1er avril et 8 GW le 23 octobre, soit l'équivalent d'une petite dizaine d'unités nucléaires). Un peu comme si dans l'industrie automobile les chaînes Toyota étaient victimes immédiates de décisions tout aussi immédiates sur des chaînes GM à l'autre bout du monde. Et notre exemple reste bienveillant car une chaîne d'assemblage automobile est plus maniable qu'une unité nucléaire. Monde ahurissant. Plus étonnant encore : comment accepter une fonction de président d'EDF si cette dernière devient activité de  simple chef de service très obéissant? Quand le président d'EDF va t-il proposer sa démission? 

                                    

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 16:50

La video que nous proposons aujourd'hui est un peu la suite du modèle de compréhension du chaos du monde dans lequel nous sommes plongés et que nous avons tenté de présenter dans la note précédente. ( "comment expliquer le chaos du monde") 

Il nous faut tout d'abord remercier les deux auteurs, Olivier Berruyer et Emmanuel Todd, qui livrent une analyse incomparablement plus solide que celles que l'on peut rencontrer, bien sûr sur les plateaux TV,  les médias, voire même dans les publications académiques. Vous pourrez en particulier découvrir des informations statistiques assorties de commentaires impossibles à découvrir ailleurs....tout simplement parce qu'on ne s'y intéresse pas...

Ces deux heures de présentation de la réalité du monde ne sont toutefois pas exemptes de critiques sur quelques point décisifs. 

-  Le débat  passionnant repose sur un paradigme très anti américain et globalement très anti occidental. Ainsi la guerre en Ukraine aurait été déclenchée par les USA et la victoire probable de la Russie consacrerait le renouveau du pays. 

- La défaite américaine supposée laisse de côté les questions énergétiques. Ainsi il est oublié le fait que l'économie n'est que de l'énergie transformée et que les USA sont de ce point de vue , et de très loin, la première puissance du monde. Aucune mise en avant des stupéfiantes statistiques pétrolières et gazières américaine. Rien n'est échangé à propos de la stratégie planétaire en ce domaine. 

- Rien non plus n'est échangé sur l'IA et les puissances de calculs qui leurs sont associées. Rien n'est exprimé sur les débats contradictoires en ce domaine et rien n'est exprimé sur la construction de la "Pax silica" laquelle pourrait connaitre quelque parenté avec le vieil oligopole pétrolier d'avant la seconde guerre mondiale. 

Au delà de ces remarques la conversation entre les deux hommes est d'un très grand intérêt.  Bonne écoute.

 

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1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 12:35

Le fonctionnement du monde semble devenir inintelligible et la question du devenir du Groenland semble en être un sommet parmi tant d’autres. Ce monde est pourtant encore fait d’Etats agissant et réagissant en fonction d’une foule de facteurs internes ou externes aux territoires qu’ils administrent réellement ou fictivement. Pensons simplement aux agitations de la maison Blanche, du Kremlin, de Bruxelles, etc.  Comprendre le fonctionnement actuel du monde revient donc à examiner les déterminants du comportement actuel des dits Etats.

Des mots qui n’expliquent rien.

C’est en se situant à ce niveau que l’on pourra comprendre les terminologies souvent usitées aujourd’hui derrière le terme de « capitalisme » : celui de la « finitude », celui du « néocolonialisme » ou de la « prédation », celui de « l’extractivisme » ; celui de la « décroissance » ou de la « croissance verte », celui de « l’impérialisme », celui du « néolibéralisme », celui du « symbiotique », etc. Des termes qui ne font que d’éphémères succès de librairies. Et puisque le terme de capitalisme est partout présent il faut reconnaître que ce qu’on appelle les « Etats » constitue une réalité à déchiffrer naviguant - sauf exception rarissime - dans un univers marchand, que l’on soit aux USA, en Chine, en Europe, en Afrique, etc.

Mais ce déchiffrement ne passe pas par les terminologies que nous venons de souligner lesquelles aiguisent l’imprécision des discours géopolitiques et  ajoutent du brouillard sur la réalité à déchiffrer. Ce qu’il faut expliquer ce n’est pas que « l’Occident a perdu les pédales » (vidéo d’Emmanuel Todd) et se contenter de décrire une situation, mais au contraire d’élucider les causes rationnelles de ce qui se passe.

Ce qu’il faut comprendre par conséquent est un peu l’équivalent de l’étonnement des astronomes du 16ème siècle qui n’arrivent plus à interpréter le mouvement de certains corps célestes à partir du paradigme Ptoléméen et vont se diriger vers celui de Copernic. Comment en effet comprendre ces faits : s’emparer du Groënland, s’attaquer à la réserve fédérale, s’attaquer aux banques, construire une théorie de « l’exécutif unitaire », protéger les 7 magnifiques d’un Sherman Act type 1890 mais surtout leur obéir…mais aussi reconstruire l’empire soviétique, mettre fin au droit international, ressusciter un « insurrection Act », détruire l’ordre institutionnel mondial, etc. ? Tout ceci peut-il faire partie d’une histoire logique ? Tout ceci n’est -il taxable de chaos qu’en raison de notre incapacité d’en comprendre la rationalité ?

Et de la même façon que l’on ne peut comprendre l’eau en constatant qu’elle mouille, on ne peut comprendre les réalités géopolitiques sans une connaissance sérieuse de ses éléments lourds qui constituent la substance étatique.

Comprendre la substance.

Pour faire vite rappelons que la réalité étatique émerge il y a un peu plus de 6000 ans et qu’elle correspond à une appropriation du « commun » des groupes humains par des individus en quête de pouvoir. De quoi déjà questionner la distinction droit privé/ droit public et ses représentations puisque le phénomène étatique est probablement un processus de privatisation du commun. Ce commun est fait du noyau de l’être ensemble et se trouve très généralement enkysté dans une représentation du monde à base religieuse impliquant des règles comportementales, donc un rapport précis entre l’individu et le collectif. Ce rapport précis entre l’individu de base et le collectif constitue en quelque sorte la « grammaire » de toute société et chacun se reconnait comme membre du collectif en assimilant et en respectant la grammaire de la société. C’est donc ce collectif - apparaissant comme grammaire - qui fera l’objet de capture par des acteurs, lesquels seront désormais amenés à transformer la grammaire dans le sens de leurs intérêts.  

Toujours pour aller très vite 3 grands types de réalités étatiques sont historiquement constatées : réalité « patrimoniale » ( 1 ou plusieurs privatisent le commun, donc la grammaire) ; réalité « institutionnelle » ( la grammaire est accessible à des individus plus nombreux et peut éventuellement devenir lisible et transformable par tous, ce qui correspond à  la démocratie) ; réalité « relationnelle » ( les institutions d’approche du commun et le commun lui-même se dissolvent dans un marché dépolitisé). Dans ce dernier mode le lien entre individu et collectif s’efface, un retrait qui révèle que les rapports entre individus  n’étant  plus surplombés par le collectif, ce qu’on appelle ensauvagement de la société devient possible.

Il n’existe aucune philosophie  de l’histoire et pas plus que pour le matérialisme historique il n’existe pas de passage obligé d’un type organisationnel à l’autre. Maintenant ces modes d’appropriation du commun sont des types abstraits et la réalité est faite d’articulation entre ces types. Par exemple, le mode patrimonial - en dehors du cercle de l’esclavagisme- n’exclut pas  radicalement les membres de la communauté de la maitrise du commun, et donc il y a toujours quelque chose comme un partage, ce qui suggère l’émergence d’un système juridique avec quelque chose comme des droits de propriété possiblement limités ou au contraire très importants.  Sans inventaire on trouve aussi partout un instrument politique qui deviendra essentiel dans l’être ensemble donc  la réalité sociale : la monnaie support de l’impôt. Un autre élément essentiel est la monopolisation de la puissance collective c’est-à-dire les armes. Parce que le commun est un enjeu essentiel dans l’interaction sociale il est en permanence retravaillé par le pouvoir. Ce qu’on appelle le politique est donc un travail sur la grammaire du monde.

A la fin de la guerre froide une perception trop rapide des choses avait permis d’imaginer le mode relationnel comme fin de l’histoire. L’époque correspondante apparaissait comme celle d’un affaissement de l’Etat avec l’économie comme mode d’organisation du commun, ce dernier apparaissant comme administrateur obéissant au marché. Avec l’émergence du mode relationnel on pouvait même imaginer un aplatissement du monde avec le caractère illimité des droits de l’homme et l’évaporation de la plupart des institutions y compris l’entreprise transformée en « constellation d’agents IA »  animée par des micro-entrepreneurs (Sami Mahroum).  La réalité était plus complexe et si l’économie apparaissait comme le commun universel, il aurait - pour comprendre sérieusement les choses - fallu tenir compte des modes patrimoniaux et des modes institutionnels. Ce que nous semblons apprendre aujourd’hui. ..en reconnaissant que la mondialisation n’était pas heureuse et que tout allait probablement être remis en chantier.

La logique d’un nouveau monde.

Bien évidemment les 3 modes identifiés constituent une réalité empirique complexe. Tout d’abord existe une multitude d’Etats : près de 200 aujourd’hui produisant une réalité internationale complexe. Ensuite ces Etats sont divers : plus vastes ou plus réduits, plus anciens ou plus nouveaux, plus puissants ou plus faibles, etc. La diversité et les trajectoires historiques, en particulier les relations entre eux font aussi qu’ils sont hiérarchisés. Dans le commun il y a la puissance de la culture, des armes, de la monnaie, de l’industrie, etc. Certains sont des vassaux et vont constituer des protectorats ou des morceaux d’empires. D’autres seront des centres et pourront apparaître comme des civilisations. Globalement se sont les modes institutionnels qui vont faire naître le capitalisme et le formidable développement de l’économie donc une toute aussi formidable hiérarchie des puissances. Globalement sans mondialisation résultant du simple fonctionnement d’un mode institutionnel accouchant doucement du mode relationnel, les Etats fonctionnant en mode patrimonial seraient probablement inchangés.

Si l’on ne remonte pas aux 6000 années d’histoire et que l’on s’appuie sur les deux derniers siècles le large passage du mode institutionnel au mode relationnel pour certains  devait aboutir à la libéralisation économique et la mondialisation. Les autres Etats  relevant davantage du mode patrimonial seront - par bouturage- greffés à l’économie voire se contenteront d’un simple siphonnage. On reconnaitra dans le premier cas la Chine qui va dès 1970 s’arrimer au capitalisme au bénéfice de sa classe dominante. Nouvelle capture d’un commun que l’on aura importé au profit du mode patrimonial.  On reconnaitra dans le second cas la Russie qui se contentera d’un prélèvement de rente sur toutes les consommations intermédiaires primaires que les Etats parvenus en mode relationnel utilisent sans modération. De quoi alimenter une classe d’oligarques. Bouturage d’un côté, siphonnage de l’autre sont les principes explicatifs de l’explosion d’une classe capitaliste chinoise d’un côté, et de simples prédateurs/rentiers du capital de l’autre. Bien évidemment de nombreuses situations intermédiaires existent.

Le passage rapide  en mode relationnel dans ce qu’on appelle l’Occident, ne permet plus aux Etats correspondants de contrôler le grand mouvement d’une économie qui au nom des marchés se doit d’enjamber toutes les frontières : liberté de circulation du capital, des marchandises et surtout délocalisations. Le personnel politico/administratif habitué  à perfectionner le mode institutionnel doit accompagner la grande transformation. La cage de fer de la consommation joue à plein et aboutit mécaniquement à la désindustrialisation, et plus tard à la désagrégation de l’agriculture. La planification industrielle laisse la place à celle du marketing. Un mouvement très bénéfique pour les Etats restés en mode patrimonial et en premier lieu l’Etat chinois. De quoi même les confirmer et les conforter voire même de permettre l’approfondissement du mode patrimonial. Par exemple, la Russie qui passait difficilement au mode institutionnel (période Eltsine) repasse au mode patrimonial le plus brutal par changement des destinataires de la rente énergétique prélevée sur le capitalisme des Etats en mode relationnel ( cf « le mage du Kremlin »).

Une distinction doit être faite ici entre un Etat mixant encore le mode institutionnel et le mode relationnel ( USA) et les Etats ayant décidé de passer à ce dernier mode en détruisant le mode institutionnel (Union européenne). Dans ce dernier cas les outils de la vieille grammaire de chaque nation sont progressivement effacés au profit du seul marché. La vieille grammaire n’est plus reconnaissable pour les jeunes générations. La vielle culturation disparait progressivement et l’individu n’est plus réellement relié au collectif. Il  se trouve simplement arrimé à un marché lui-même arrimé à la compétitivité et donc la croissance. Dépolitisé, il se retrouve dans   la cage de fer de la consommation et constate l’effacement de tout horizon collectif. La démocratie elle-même devient vieille relique d’un monde disparu.

La situation est différente pour les USA qui - moteurs de la mondialisation et grands utilisateurs d’une monnaie - devenue monnaie de réserve dans l’ordre hiérarchique du monde-  étaient historiquement les vainqueurs de la guerre froide. La puissance est force passée mais reste présente. L’Etat américain ne peut se disloquer comme les Etats européens. La monnaie reste nationale et impériale alors que les Etats européens ont perdu la leur en s’aplatissant dans le marché. Pour les USA le mode institutionnel demeure mais se trouve de plus en plus contesté par des Etats restés en mode patrimonial devenus puissants par la mondialisation. Logiquement, il reste des traces de la puissance technologique, support des industries dominantes de la défense. Mais la désindustrialisation massive n’est plus en mesure d’alimenter un outil militaire resté démesuré. Parce que -simple effet du « bouturage »-«  l’industrie chinoise permet aujourd’hui d’alimenter 50% des capacités mondiales  des chantiers navals, l’Etat américain prend conscience que sa flotte- encore de loin la première du monde - risque d’être rapidement dépassée. 

Le mode institutionnel américain est ainsi amené à se raidir pour rejoindre le mode patrimonial. D’où l’étonnement de l’observateur extérieur qui constate des logiques d’accaparement, la fusion du libertarisme et de l’interventionnisme brutal dans ce qui reste le marché, la dissociation  de la liberté et d’une démocratie à museler, le culte de la propriété associé à celui de sa négation… d’où l’émergence d’un étonnant monde orwellien dirigé par un acteur resté rationnel malgré les apparences.

De par sa position le mode institutionnel est entre la patrimonial et le relationnel. Il est d’une certaine façon fragile car il peut être absorbé par le relationnel, ce qui est le cas de l’UE. Mais il est aussi menacé par le mode patrimonial qui peut se nourrir du relationnel pour se revivifier. D’un côté les USA remontent très haut et se mettent à « frôler » le mode patrimonial. De l’autre, les Etats de l’UE descendent très bas et frôlent le pur mode relationnel avec des individus de plus en plus détachés du collectif donc de la citoyenneté. Les deux continents s’éloignent l’un de l’autre. L'Europe cesse de s'américaniser et l'Amérique devenue incapable de se raconter comme puissance mondiale cesse de se mondialiser. Un éloignement s’accompagnant d’un probable déclin commun tant il sera difficile de retrouver de la puissance face à la Chine.  La nouvelle grammaire américaine propose de lire le monde de l’UE comme crise de civilisation. La grammaire européenne propose de lire celle des USA comme recul des droits de l’homme et  de la civilisation. Le difficile maintien de la puissance américaine exige la décomposition de l’UE et la réémergence de ses Etats plus proches de la transformation américaine. En cela le mode patrimonial de la Russie, malgré les grandes difficultés d’un statut de simple prédateur/rentier sur les consommations intermédiaires vendues par d’autres, reste l’allié de la grammaire américaine exigeant la fin de l’UE. Empire colonial menacé par sa propre dislocation il ne peut que poursuivre son difficile chemin, en espérant s’appuyer sur l’approfondissement d’un mode patrimonial américain.

Pour finir le chaos du monde n’est pas inintelligible et une explication rationnelle de la réalité existe. On ne saurait en déduire pour autant une piste prospectiviste assurée tant que la révolution industrielle axée sur l’IA n’aura pas épuisée ses imprévisibles effets.  

 Globalement le monde à venir doit logiquement laisser peu de place à la démocratie.

Jean Claude Werrebrouck – 31 janvier 2026.

 

 

 

 

 

 

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 13:16

L'ACCUMULATION DES EVENEMENTS  AUX USA MET EN PLEINE LUMIERE LA FIN DE L'ETAT DE DROIT ET LA CONFUSION ENTRE INTERETS PRIVES ET INTERET GENERAL. DE CE POINT DE VUE, LA LREALITE EMPIRIQUE CONFIRME LA JUSTESSE DE LA THEORIE DE LA CAPTURE DES ETATS. Le texte ci-dessous rédigé le 17 mars 2025 reste – hélas – un outil qui permet de comprendre en profondeur ce qui se passe aujourd’hui.

La nouveauté dans la présente capture de l'Etat américain résulte du fait que nous avons un bloc au pouvoir a priori hétérogène ce qui devrait assurer un processus de fragmentation de la puissance étatique et donc des difficultés de direction et de fonctionnement. Nous avons en effet - aujourd'hui aux USA -  plusieurs types d'entrepreneurs politiques constitutifs du bloc au  pouvoir.

LA COMPOSITION DU BLOC AU POUVOIR.

- D'abord, des républicains classiques essentiellement soucieux de la diminution de la pression fiscale et de la préservation de l'énorme industrie de la défense bien répartie sur le territoire et industrie dont la protection  facilite leur reconduction au pouvoir. Espérance d'un marché contre espérance d'un pouvoir.

- Des financiers tout aussi classiques, qui ne peuvent accepter l'idée d'un retour aux vieilles régulations de la finance et qui, à ce titre, ne peuvent envisager une démondialisation réintroduisant la fin de la marchandisation des monnaies et de la liberté complète des mouvements de capitaux. De la même façon, la finance ne peut que réclamer la fin des questions écologiques dont l'effet est l'alourdissement des valeurs financières. Clairement, la finance casino, celle qui travaille sur la capitalisation boursière de loin la plus importante de la planète (plus de 50% du total mondial, soit aussi 190% du PIB américain contre seulement 50% dans le cas de l'UE),  celle  qui construit des bulles sur les starts up,  se veut  indéboulonnable.

- Des nationalistes de l'économie, adeptes de césarisme,  qui n'acceptent la mondialisation que dans la mesure où elle rétablira l'équilibre extérieur et donc la réindustrialisation du pays. Plus de multilatéralisation, plus d'alliances et retour au bilatéralisme  le plus étroit. De quoi exiger la recomposition de toutes les chaînes de la valeur à l'échelle mondiale. De quoi aussi remodeler les territoires de souveraineté ou d'influence. 

- Enfin des libertariens nouvelle version, à cheval sur les nouvelles technologies, qui ne peuvent accepter d'autres régulations que celles du marché. De quoi recomposer aussi bien l'ordre de l'entreprise que celui de l'économie mondiale. De quoi aussi envisager un conflit secondaire entre la fiance classique restée centralisée et la nouvelle finance introduisant la privatisation complète de la monnaie au détriment du système bancaire classique.

QUELLE ARTICULATION ?

Dans la grande chasse à la capture du pouvoir par les divers groupes, tous ont en tête le "diptyque règlement/marché" qui est - sauf en périodes troublées ou de guerre- au cœur de l'interaction sociale. Règlement - c'est à dire une loi qui peut aller bien au -delà du droit et constituer une "grammaire" du monde- ou marché - c'est à dire un prix - sont l'extériorité qui surplombe les rapports des humains entre eux. Il est donc logique que cette extériorité fasse l'objet d'une tentative de capture et le présent cas américain est à cet égard exemplaire en raison de sa très grande visibilité. Certains - en quête de capture - s'attachent davantage au règlement pour modifier le marché (nationalistes césaristes qui décident d'une politique tarifaire pour contrarier le marché avec la loi), et d'autres s'attachent davantage au marché pour modifier le règlement ( financiers et libertariens qui veulent déréguler davantage et tout transformer en simple prix). Le diptyque "règlement/ marché" ou "loi/prix" est le support ou la toile sur laquelle les acteurs se mettent à peindre le théâtre politique.  La recomposition de l'architecture règlement/marché est donc au cœur de la présente réalité américaine, recomposition donnée en spectacle au reste du monde....invité à en tirer les conséquences.

Les décisions concrètes du pouvoir, celles du Président,  même sans réelle opposition,  ne peuvent être qu'une synthèse difficile entre intérêts fondamentalement opposés, D'où les apparentes et très réelles contradictions, y compris à l'intérieur même d'un sous-groupe. Les disputes culturelles - celles de la "grammaire"- sont certes fondamentales : fin du wokisme, rétablissement de l'autorité masculine, retour de l'homme blanc contestant les débats sur le "1619 project", disparition des mesures propres à l'écologie, attaque des paradigmes de la science elle-même, exode des scientifiques et des ingénieurs immigrés, disparition du politiquement correct, recherche de nouveaux territoires, etc. Tout est repris et adapté en fonction de considérations très intéressées d'où les enjambements des uns et des autres:  pensons aux libertariens anti wokisme aux seules fins de garantir des projets rémunérateurs contradictoires entre eux, pensons aussi aux nationalistes et la rivalité Rubio/Vance. Au delà des rivalités tous les groupes se nourrissent du nationalisme pou tenter d'expulser  tous les véritables compétiteurs des espaces de la périphérie...d'où le soutien à tous les nationalismes et populismes de cette même périphérie.

QUELLE SYNTHESE ?

Un bel exemple de synthèse difficile  -voire probablement irréaliste - est celui de la politique économique. Comment refaire l'équilibre extérieur, revenir au nationalisme d'antan, sans toucher à la finance, sans toucher à la "Silicone Valley" et en respectant le souhait de diminuer la pression fiscale ? 

Il est de ce point de vue très intéressant de décortiquer l'architecture du raisonnement en cours de gestation et de mise en œuvre dans le domaine de ce qu'on ne peut plus qualifier de "policy mix". 

La volonté exprimée par le Président est celle du retour d'un équilibre de la balance des marchandises ce qui suppose notamment de mettre fin aux déficits sur la Chine (300 milliards de dollars) , mais aussi sur le Mexique (172 milliards de dollars), mais aussi sur l'UE (235 milliards de dollars) , mais aussi sur le Vietnam (123 milliards de dollars) etc. Enorme. Le bloc au pouvoir, même sa partie la plus libertarienne, ne  s'oppose pas à une gigantesque recomposition césariste. A ce titre, elle ne se rend  pas compte que la présente situation de relatif libre échange est encore porteuse d'une rente globale pour les USA et plus particulièrement au profit du groupe finance.

L'INVISIBILITE D'UNE RENTE.

Aujourd'hui, l'immense déficit se solde encore par des achats massifs de bons du Trésor assortis d'une prime de risque particulièrement faible donc d'un taux minimal ( statut du dollar, profondeur et liquidité extrême du marché, puissance, etc.). La liquidité correspondante permet en retour, des achats d'actions et prises de participations sur l'ensemble de la planète assortis d'une rentabilité beaucoup plus élevée. Il en résulte au niveau macro économique un gain collectif, un peu comme celui, microéconomique, d'une banque qui gagne entre taux créditeurs et taux débiteurs. Certaines  études ont pu montrer que le prélèvement s'établissait à un taux de 1,5%. De façon complémentaire, en cas de crise, il n'existe aucun retournement au détriment des USA  et les investisseurs se réfugient derrière de plus importants achats de bons du Trésor. Concrètement, la dette américaine peut augmenter sans risques réels de financement  d'où l'appétit presque naturel pour les politiques de diminution de la pression fiscale. Appétit quasi interdit dans les autres Etats à peine de possibles ruptures sur la gestion de la dette publique, pensons à l'expérience récente de la Grande Bretagne ("moment Liz Truss") .  De quoi aussi augmenter la boursoufflure de la finance américaine et donner cette impression de bonne santé avec un PIB américain qui cesse en  pourcentage de décroître et qui, à l'inverse, augmente à nouveau (22% du PIB mondial en 2010...et 26,3% en 2024).... Mais simple impression car la bonne santé de ses habitants décroit avec une diminution de l'espérance de vie pour des dépenses de santé (18% du PIB) les plus importantes du monde. C'est cette rente qui fait le bonheur des républicains classiques, des financiers, qui ne gène guère les libertariens et qui devrait être réaménagée pour donner davantage de place aux nationalistes.

UNE NOUVELLE REGULATION ELARGISSANT LE MARCHE ?

La nouvelle théologie économique qui semble se mettre en place est celle qui garantirait les intérêts spécifiques de chacun des groupes usant du pouvoir de capture de l'Etat américain : baisse de la pression fiscale au profit de cette nouvelle source que seraient les tarifs douaniers, maintien intégral du pouvoir financier, réindustrialisation par hausse de la compétitivité, elle-même induite par une baisse du taux de change, utilisation maximale du déficit public au service de la puissance et du maintien du dollar comme monnaie de réserve. Scénario peu aisé puisqu'il consisterait  à dévaloriser une monnaie... pour la maintenir au dessus des autres et garantir son statut de réserve.

Bien évidemment, la difficulté serait la problématique du report sur l'étranger des droits de douanes. Il faudrait en effet imposer une baisse du cours des devises des pays qui exportent vers les USA et qui deviennent victimes  des tarifs douaniers. Le maintien des flux exportés vers les USA supposerait que ces pays supportent les tarifs imposés par le pouvoir américain. Les flux exportés vers les USA seraient les mêmes et les prix supportés par le consommateur américain resteraient inchangés. En retour, la baisse de la pression fiscale américaine permettrait une meilleure compétitivité américaine mais... contrariée par la baisse de la valeur des devises étrangères...

Il faut donc selon les adeptes du nouveau dogme aller plus loin et géner les achats de bons du trésor par les non résidents en taxant les avoirs des ces derniers en dette américaine. Parce que les avoirs en dette américaine ne sont pas supposés devoir supporter une prime de risque - le dollar est la monnaie ultime -, le taux d'intérêt versé par le Trésor américain devait être amputé d'une taxe.  De quoi alléger la demande de dollars, le faire baisser de prix sur les marchés.. et rendre l'économie américaine plus compétitive. La conclusion est que les pays étrangers devraient supporter un impôt  -  taxe douanière- payable aux USA et payer une seconde taxe au motif de leur participation à une dette américaine... qui permet le financement d'une armée surpuissante garantissant leur sécurité... Les auteurs du projet , en particulier Stephan Miran devenu Président du Conseil d'analyse de Trump, considère même que les achats par les étrangers de dette publique taxée seraient obligés de se fournir sur des titres à échéance d'un siècle...

UN RAISONNEMENT TRES CONTESTABLE.

Au delà du fait que les exportateurs vers les USA vont se mettre à réagir en cherchant de nouveaux débouchés voire en délocalisant leur production vers des pays devenant de nouvelles bases d'exportation, d'autres réactions peuvent intervenir très rapidement. Par exemple, l'UE pourrait mettre en difficulté le Trésor US en limitant la capacité des intermédiaires financiers européens à financer la dette souveraine américaine. De quoi rendre plus difficile l'énorme fuite de l'épargne européenne vers les USA. 

Dans le même sens,  il est difficile d'imaginer que l'idée de taxation des bons du Trésor n'accélèrera pas les projets de dédollarisation eux-mêmes, projets très complexes  mais qui vont naturellement se développer.  Déjà, on constate le mauvais signe d'une élévation brutale du cours de l'or (13% de croissance depuis janvier 2025 et dépassement du seuil de 3000 dollars l'once), signe révélant une  contestation de la suprématie  du dollar. Difficile d'imaginer un bon accueil d'une quelconque taxation sur le marché de la dette américaine, surtout pour des titres à échéance d'un siècle. 

Au delà, il est parfaitement contradictoire d'inviter les pays qui exportent vers les USA de payer le prix de la taxation douanière en dévaluant et ainsi d'empêcher une réévaluation du dollar portant préjudice aux exportations américaines. 

Enfin, il ne peut y avoir de réelle réindustrialisation, mêmes avec l'IA et même avec un coût de l'énergie très faible, dans la mesure où l'économie américaine est proche du plein emploi et ce, dans un contexte d'expulsion de la main d'œuvre étrangère. 

Les USA seront de plus en plus un espace où l'essentiel de ce qu'on appelle le PIB relève d'une sur financiarisation  . Les USA pourront peut-être encore grossir dans le PIB mondial mais il s'agira davantage d'un simple "œdème" cachant mal un réel déficit industriel. Sans changement et dans le long terme, les USA risquent de devenir la grenouille face au beauf chinois.

 Au final, le bloc au pouvoir est appelé à se fissurer rapidement et il est difficile de dire quel pouvoir prendra la relève .       

                                              Jean Claude Werrebrouck  17 mars  2025

Commentaire du 21 janvier 2026.

Les premiers résultats de la nouvelle politique américaine confirment les doutes émis en mars 2025. Les droits de douane semblent être payés par les consommateurs américains ( Institut de Kiel et Université de Chicago) et la réindustrialisation laisse la place à un nouveau recul de la production industrielle américaine ( - 0,6% en 2025). En sorte que les quelque 200 milliards de dollars de droits ne sont qu'une taxe nouvelle sur la consommation. S'agissant du bloc au pouvoir seuls les nationalistes et césaristes peuvent se satisfaire de la  nouvelle politique de puissance consistant à élargir le territoire par adjonction ou rachats à la façon d'un James Polk qui allait doubler l'aire territoriale américaine au milieu du dix neuvième siècle. Les exigences sont  d'autant plus importantes que le pays ressent sa dépendance croissante au regard des nouvelles   matières premières consommées par les nouvelles technologies, également au regard d'une possible dédollarisation mesurée par la formidable augmentation du prix d'un or devenant réserve des banques centrales, également au regard d'une prise de conscience des effets de la désindustrialisation sur un outil militaire dévorant D'où cette impression de fuite en avant pour ne pas reconnaitre l'inéluctable perte de puissance du pays. Il est également manifeste que le bloc au pouvoir ne peut connaitre que des fissures croissantes: bataille autour du "Clarity Act" entre plateformes crypto libertariennes  et système bancaire relevant de la finance classique, bataille entre libertariens eux-mêmes autour de la dérégulation ou de la conquête de nouveaux territoires, bataille entre nationalistes et banque autour des taux sur cartes de crédit, autour du système de santé, bataille à l'intérieur du courant nationaliste impérial avec sa composante "lumières sombres" ou "colonialiste" complètement orientée vers le profit, etc. 

 

 

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18 janvier 2026 7 18 /01 /janvier /2026 08:22

On trouvera ci-dessous une vidéo réalisée à l'occasion des 200 ans du Figaro, manifestation pour laquelle Emmanuel Todd fut invité. Cette vidéo servira de point de départ à une réflexion que nous menons dans le cadre du Blog et qui s'intitulera probablement : " Comment expliquer le chaos mondial". Bonne écoute.

 

 

 

 

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